Recherche:Sur l’extension des genres grammaticaux en français

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Au-delà du stéréotype phallocratique du puissant – assimilé au viril – ayant un droit naturel de domination, sur le vulnérable – assimilé au féminin – la question du genre biologique et sociologique a fait l’objet d’une large couverture dans les humanités, notamment à travers les études de genre. Dans cette mouvance, ce projet de recherche vise à fournir une analyse du genre grammaticale en français dans une perspective principalement synchronique, sous le spectre de ses implications représentationelles.

Cette recherche souhaite notamment éclairer les usages et les descriptions linguistiques des usages au regard de l’influence qu’elles exercent sur la représentation du monde pour ses usagers. Après un exposé des genres grammaticaux existants ne se bornant pas au français, et une analyse critique des grammaires usuels du français plus particulièrement, elle proposera des champs de pratiques alternatives possiblement utiles aux sociétés qui, dans un souci de justice, porterait le principe d’équité citoyenne jusque dans les prémisses intégré dans la langue qu’elle emploi.

D’un autre côté, cette recherche ne se borne pas au seul cas du genre grammatical lorsqu’il interfère avec les logiques de stéréotype sexuel, qui alimente grandement cette thématique et souvent en limite la perspective[1]. Loin de se caler sur cette considération sexualisante du monde, le traitement du genre grammatical varie déjà amplement d’une langue à l’autre dans le temps et l’espace, aussi bien dans son étendu (genre commun, genre neutre…) que dans sa logique (genre animé, genre inanimé…). Cette recherche vise donc au contraire à élargir le plus possible l’exploration des genres grammaticaux employés ou absents à travers les cultures ; et de cette horizon élargie au besoin d’idées originales, traiter les sujets plus spécifique au regard d’un spectre plus variée de considérations.

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Contexte de rédaction[modifier | modifier le wikicode]

Le français contemporain, tel que pratiqué dans la francophonie de ce début du troisième millénaire de l’ère commune, connaît essentiellement deux genres grammaticaux : le féminin et le masculin. Historiquement, comme pour beaucoup de langue romanes, cette situation résulte de la disparition d’un neutre qui était pleinement assumé parmi ses langues ascendantes il y a quelques siècles. Et bien en amont encore à rebours de quelques millénaires, les théories linguistiques contemporaines admettent généralement une famille linguistique indo-européenne en tant qu’ancêtres communs, et qui auraient entre autres caractéristiques les genres animé et inanimé comme mécanisme de première articulation, complété par d’autres catégories dont le féminin, le neutre et le masculin, en seconde articulation. Même en français contemporain se trouve d’ailleurs encore des composants vestigial de cette articulation complémentaire originelle comme dans ceci, cela, ça, en et y qui ne servent qu'aux inanimés.

Les théories dominantes finissent donc par acter l’abrogation du neutre et du couple animé/inanimé. Dans la foulé, les catégories de féminin et de masculin se sont vues réaffecter des connotations préalablement imputés à celles évanouis. Ces changements opérés dans un contexte fortement patriarcal aboutissent dans de nombreuses langues romanes à une réassignation qui globalement dissipe l’animé dans le masculin et l’inanimé dans le féminin, à travers le prisme convenu d’une idéologie dominante faisant de la femme un objet tout au plus participant à la vie comme utilitaire procréatif et libidinal. Dans le même temps du côté des prépositions, le masculin se voit attribuer un primat pour désigner les groupes de référés au genre hétérogène, d’où sera tiré l’adage le masculin l’emporte toujours sur le féminin.

Depuis un peu moins d’un siècle, les femmes ont dans de nombreux pays francophones conquit un statut social bien moins avilissant[N 1]. Encore plus proche de nous se trouve des personnes qui, s’étant vu administrativement attribuer un genre femme à la naissance, veulent socialement se sexuer homme et inversement, et d’autres personnes qui naviguent dans un flou entre ou en dehors de ces catégories, et qui s’épanouissent ainsi là où tous les « traitements à leurs déviances » ne saurait que les noyer dans le désespoir.

Voilà qui dresse une cinématique en avance rapide, ne s’encombrant pas trop de détails ou nuances, des enjeux socio-linguistiques qui alimentent les débats sur le genre grammatical en francophonie.

La suite de cette recherche pourra être guidée par la thèse suivante, qu’il s’agira de confronter à des faits empiriques et statistiques :

Historiquement, les grammaires officielles ont pris le parti d’amalgamer, dans leurs propositions d’analyse de la langue française, des notions qui restent tacitement actives sur le plan connotatif et donc sémantique. Généralement[N 2], le féminin est chargé entre autres des genres connotatifs du délicat/raffiné, du fragile, de l’inactif, de l’inanimé, de l’injurieux et du passif, tandis que le masculin se voit attribué entre autres des genres connotatifs du brutal, du puissant, de l’actif, de l’animé, du neutre et du prestigieux.

Cette thèse peut notamment s’appuyer sur les conclusions de Michel Roché en 1992, qui au terme de son analyse statistique de la répartition du nom par genre en fonction de son mode de production conclue[2] :

Le masculin est donc non seulement plus productif que le féminin, mais le lexique qu'il constitue est plus varié, plus valorisé que le lexique féminin. Celui-ci apparaît comme plus archaïque, ou plus marginal : langue savante d'un côté, registre familier de l'autre. Alors que la sexuisemblance se trouve rarement à l'origine de l'attribution du genre, une sexuisemblance a posteriori entretient un cercle vicieux entre la répartition des genres dans la langue d'une part, les stéréotypes et les préjugés sexistes d'autre part. Moins visibles que ceux qui concernent les noms de personnes, les déséquilibres qui caractérisent le genre des noms /-humain/ ont peut-être un impact aussi important.

Typologie de genres grammaticaux[modifier | modifier le wikicode]

Cette partie vise à distinguer les cas qui sont susceptibles d’être rendu par un appareillage linguistique de genre. Avant de détailler ces différentes catégories, cette section fait le point sur quelques précisions typologiques.

D’abord il convient de rappeler que le genre grammatical porte principalement sur le nom, par opposition à d’autres classes grammaticales comme l’adverbe qui lui est généralement invariable en genre et en nombre[N 3][3]. Aussi si c’est le nom qui est porteur intrinsèque du genre grammatical, sa présence dans une phrase influe sur d’autres éléments. Dans un énoncée comme « sa majesté s’est dite lumineuse », le nom majesté détermine la forme de l’article sa, du verbe dite et de l’adjectif lumineuse. De plus, si majesté est toujours de genre grammaticale féminin, il n’informe pas avec certitude du sexe du référé. C’est un titre qui peut s’employer en principe indépendamment de cet attribut. Cependant tant sur un plan historique que du stéréotype social, l’usage l’associe majoritairement à une figure mâle. À l’inverse, un mot potentiellement tout aussi ambivalent sur le référé comme pute ou sage-femme, sont dans l’imaginaire connotatif collectif avant tout attaché à la femme. La grammaire du français affecte donc toujours au moins un genre énonciatif[N 4] à chaque nom, à l’influence morpho-syntaxique manifeste ; mais s’y adjoint généralement un second genre connotatif, dont l’influence purement sémantique reste tacite. Les deux pouvant se dissocier.

De surcroît, lorsque le référé lui-même est supposé genré, notamment via une correspondance à un sexe biologique, un troisième type de genre se superpose, un genre référentiel. Celui-ci peut tout à fait influer sur le genre énonciatif, par exemple les pronoms, bien que cette influence peut tout à fait être outrepassé par l’interférence du genre énonciatif d’un référant pointant vers le même référé. Ainsi dans Dominique est si affectueuse, qu’elle en est charmante et Dominique est si affectueux, qu’il est en charmant, c’est directement le sexe attribué au référé Dominique qui détermine la forme de l’adjectif. Alors que dans Dominique, cette personne si affectueuse, qu’elle en est charmante, ça n’est plus le cas : c’est le genre énonciatif du référant personne qui détermine la forme des termes anaphoriques subséquents et le sexe de Dominique n’influe plus son charme.

Au passage, il peut être remarqué qu’en français les pronoms personnelles ne sont eux même directement marqués par le genre qu’à la troisième personne :elle et elles ou il et ils selon le nombre, mais je, tu, vous quel que soit le genre. Cela contraste avec ce qui se pratique en khasi, koasiti ou thaï[4].

Le genre grammatical est parfois également nommé classe nominale. Mais en fonction des approches linguistiques, la classe nominale peut être présentée comme un système de catégorisation pleinement distinct. Notamment parce que dans les langues non-indoeuropéennes, la classe des catégories associées est nettement plus variée. Le peul à lui seul possède 26 classes nominales, et les langues nigéro-congolaises dont il fait partie ont généralement une dizaine de classes ou plus, définies selon des critères non liées au sexe. Cette richesse est également présente dans les langues bantoues où les oppositions sémantiques comme liquide/solide, grand/petit, plat/en relief, rond comme une bague/rond comme une balle sont exprimées par des classes nominales[5].

À l’extrême inverse, les langues finno-ougriennes, comme le finlandais et le hongrois, se caractérisent par l'absence totale de genre grammatical, même dans le cas du pronom personnel.

Et dans une perspective plus large, une typologie segmentant des classes de mots tel que nom, verbe, etc. n’est pas toujours aisément applicable, comme en mandarin ou malgache, voir complètement inopérante dans certaines langues amérindienne[4]. Il importe donc de garder à l’esprit que le genre grammaticale, ni même le fait qu’elle soit présente et porté par le nom ne tiens l’épreuve d’une confrontation aux us et coutumes divers.

Cette section à déjà permis d’affiner plusieurs types de genres grammaticaux :

  • énonciatif, qui se rattache avant tout au mot indépendamment de ce à quoi il réfère, et qui constitue la principale influence morpho-syntaxique du genre ;
  • connotatif, qui se rattache avant tout à la catégorie stéréotypique de la classe des référés désignables par le terme concerné, et qui est essentiellement sans effet morpho-syntaxique mais joue pleinement sur le champ sémantique ;
  • référentiel. qui se rattache avant tout aux préjugés culturelles par lequel le référé spécifique est catégorisé.

Catégories de genres grammaticaux[modifier | modifier le wikicode]

Cette section vise à répertorier les termes de catégorisation qui ont un usage plus ou moins répandu en tant que valeur possible affectable au genre grammaticale. Elle vise plus à fournir un tour d’horizon des pratiques qu’une description exhaustive de chacune de ces catégories.

Animéité[modifier | modifier le wikicode]

Les théories linguistiques contemporaines présentent l’animéité comme le critère originel de discrimination par genre grammatical, tout au moins pour les langues indo-européennes[6]. Toujours selon cette vue consensuelle, cette structuration du genre distingué donc l’animé et l’inanimé. L’animé comprenant lui-même les sous genre féminin et masculin, et l’inanimé portant le sous-genre neutre.

Animé[modifier | modifier le wikicode]

Étymologiquement, animé dérive du latin ănĭma : souffle, vent, exhalaison, provenant lui-même de l’indo-européen commun *anə- : respirer[7]. Ce dernier donne aussi en latin animus : esprit, âme, et halo : exhaler une odeur ; le grec ancien anemos/ἄνεμος : vent, agitation de l’âme ; le protoslave *vonja ; le tchèque vůně : odeur ; le russe vonʹ/вонь : odeur forte. Par ailleurs le français animal vient du latin homographe animal : être vivant, être animé, créature, animal, qui dérive lui aussi de anima.

Toute spéculation sur une manière exogène de concevoir le monde, et de l’impact d’une telle représentation sur le langage et sa grammaire sera de toute évidence au mieux à accueillir avec un scepticisme bienveillant. Même pour une personne, tel Ahmadou Kourouma, qui s’est vue bercée dans une culture animiste et francophone contemporaine, le lexique francophone ne peut retranscrire qu’improprement les représentations mentales correspondantes[8]. Le lectorat est donc invité à user de son esprit critique et à évaluer avec circonspection les idées présentées ci-après : indépendamment du sérieux de leurs expressions, elles ne saurait établir une correspondance certaine aux croyances et pratiques effectives, et de surcroît à la conscience représentationelle qui s’y rapporte, de peuples depuis longtemps disparus et n’ayant laissé aucune trace écrite.

Bien sûr en synchronie le terme animé peut évoquer l’aptitude autonome pour un objet d’impulser des mouvements, dont son notamment les êtres vivants. En terme de catégorie de genre grammatical il découle cependant assurément d’un terme qui renvoie à l’âme de cet objet plus que d’une manifeste motilité.

Sous une perspective animiste, paradigme métaphysique qui à eu court dans les cultures qui ont forgé les langues indo-européennes, le fait de distinguer ce qui à une âme de ce qui n’en a pas, n’offre pas une correspondance forte entre genre énonciatif et genre référentiel. Si, pour l’anisme, tout objet désignable porte une âme[9], alors une correspondance grammaticale dans un paradigme de l’animéité devrait classer tout référant à des objets concrets comme animé. Poussée dans leurs degrés les plus totaux, une perspective moniste — l’un de l’âme du monde est partout diffuse — ou omniste — chaque objet appréhendable est doué de son âme propre — les catégories dualistes sont infondables.

Inanimé ou non-animé[modifier | modifier le wikicode]

La littérature utilise aussi bien le terme inanimé que non-animé comme nom s’opposant à l’animé. Si cette diversité de nom peut paraître anodine, la synonymie est en fait bien loin de se recouper dans des correspondances sémantiques équivoques. Le premier, inanimé, lexicalise de manière intégré, plus propre à conféré une autonomie sémantique. Le second, non-animé, construit par composition, renforce morphologiquement l’explicitation sémantique d’un lien d’interdépendance et de subordination à l’animé.

Si l’animisme, ou tout moins la notion d’âme, ne fournie pas le critère discriminant de l’animéité, il reste à chercher dans une analyse comparative comment en contre partie de fournir à l’animé ses bornes fondatrices, l’inanimé se voit pourvut d’une existence propre pourvu de son évolution autonome bien qu’inextricablement liée.

De là il n’est pas étonnant de constater une répartition du genre qui ne suive pas de logique unique claire. Ainsi en algonquin, le genre animé concerne toutes les vies animales, ce qui suit directement la logique déjà explicitée se calquant sur l’aspect biologique. Les Algonquins emploi ce même genre pour ce qui a de l'importance dans leur système de valeur culturel. Cela comprends par exemple arbres, arcs, astres, avirons, certains fruits, la glace, la neige, peaux, pipes et tonnerre. Les hommes entrent également dans cette catégorie. Quant au genre inanimé, il concerne tout ce qui considéré sans vie ou de peu d'importance pour le peuple autochtone algonquien comme un avion, un canon, un château[10].


Il y a donc via l’animéité de l’algonquin infusion d’un prestige qui dépasse le cadre — supposé originel — de la dignité accordé initialement aux animaux. Ce glissement sémantique, ou en mettant de côté l’idée d’originelité, cette flexibilité conceptuelle, est également pleinement opérante en français contemporain. Par exemple dans une métaphore telle transformer une œuvre au point de la vider de son âme, ce qui est signifié c’est que l’œuvre est vidé de la cohérence constitutive de l’affection qui lui est porté et d’un potentiel prestige social qui lui correspond.

Lemme grammatical sur le genre[modifier | modifier le wikicode]

Cette première catégorie expose très nettement les distinctions observables qui existent entre nomenclature grammaticale et les différents niveaux de catégorisation qui ont été proposé dans la typologie linguistique précédemment exposée distinguant genre énonciatif, connotatif et référentiel.

Si une dichotomie sémantique plus ou moins nettement définissable peut être supposé à l’origine des effets syntaxiques observables dans les énoncés, ces deux plans linguistiques se montrent à tout le moins propres à une dissociation pragmatique que la plupart des grammaires n’explicitent pas par une autonomisation terminologique, préférant un maintien de l’ambiguïté des analyses historiques.

Sans aller jusqu’à mettre en doute l’interférence entre des plans qui peuvent assurément se recouper de manière plus ou moins prégnante en fonction des situations, il paraît ici approprié d’affirmer que :

toute grammaire usant d’une notion de genre sans en préciser les modalités superpositionnelles introduit plus d’équivoque que de clarification.

Biotique[modifier | modifier le wikicode]

Raoul de La Grasserie nomme biotique ce qui se nomme souvent par ailleurs Animéité[11]. Cela étant, le distinguo terminologique peut aussi servir à une distinction sémantique. Car en pratiques pour les langues usant de l’animéité, comme il vient d’être exposé, tout ce qui vie n’est pas grammaticalement classé dans l’animé, et tout ce qui est abiotique n’est pas classé dans le non-animé. Pour la majeure partie des noms d’animaux par exemple, le français s’analyserait comme attachant le trait non-animé[2].

Caractérisant[modifier | modifier le wikicode]

Cette section part notamment du couple abstrait et concret, qu’elle groupe sous le nom de caractère, à l’instar du trésor de la langue française informatisé (TLFi). Ce dernier donne également une liste complémentaire de caractères qui s’avèrent pleinement pertinent pour catégoriser des noms : absolu, actuel, aléatoire, arbitraire, artificiel, authentique, contingent, cyclique, exceptionnel, factice, facultatif, irréversible, nouveau, précaire, provisoire, traditionnel, urgent, vraisemblable[12]. Chacun de ces termes peut évidemment donner lieu à des couples constituants, si ce n’est des pôles opposés, tout au moins des bornes nettement éloignés d’un spectre de valeurs :

  • absolu et relatif
  • actuel et virtuel
  • aléatoire et déterminé
  • arbitraire et contraint
  • artificiel et brut
  • authentique et contrefait
  • contingent et nécessaire
  • cyclique et linéaire
  • exceptionnel et régulier
  • factice et adventice
  • facultatif et obligatoire
  • irréversible et attingible
  • nouveau et désuet
  • précaire et stable
  • provisoire et pérenne
  • traditionnel et exotique
  • urgent et différable
  • vraisemblable et fabulatif

Il s’agit là de couples arbitrairement choisis dans les possibilités des panels d’antinomies correspondant à chaque terme mis en avant dans le TLFi.

Une telle profusion catégorielle n’est assurément pas traditionnelle dans le traitement du genre en français. Sur ce plan, cette approche se rapproche plus du traitement en classe nominale d’autres langues. Elle en diffère en cela qu’elle porte plus une classification sur le référé que le référant. Cette section se consacrera ci-après plus à l’analyse du genre abstrait s’opposant au genre concret, tout en tenant compte que ses propos seraient facilement transposables à d’autres formes de caractères sémantiques telles que ceux listés ci-avant.

Dans une représentation chronologique de la construction cognitive des représentations que se font les individus, le concret arrive préalablement à l’abstrait, dans la mesure où la multiplicité éparse d’expériences concrètes précède la synthèse unifiante dans une abstraction[N 5]. Sur le plan linguistique également, le concret pourrait être rapporté à ce qui peut être directement pointé par des déictique à des objets extra-linguistiques. L’abstrait lui peut être présenté comme arrivant dans un second temps, via un jeu référentiel intra-linguistique. Par celui-ci il sera éventuellement possible de se rapporter vers une réalité extra-linguistique, via une série de dénotation[13]. Plus la série de processus dénotationnelle est longue, plus le niveau d’abstraction est conséquent. Le cycle de dénotation peut-être rendu arbitrairement long, par exemple via des autoréférences récursives, aussi le degré d’abstraction n’est pas proportionnel à la longueur de l’énoncé.

Ainsi dans la situation idoine, je bois ce verre d’eau est un syntagme concret, tandis que je fais le nécessaire pour assimiler ce liquide si précieux à la vie sur terre est déjà plus abstrait, et j’effectue l’action désignée dans les deux syntagmes précédents mis en emphase dans ce paragraphe pousse le niveau d’abstraction encore d’un cran.

Par rapport à la présente recherche, ce qui importe est de noter que l’objet référé n’influence en rien le genre caractérisant.

[14][15][16][17][18][19][20][21][22][23]

Classifiant[modifier | modifier le wikicode]

Raoul de La Grasserie propose également un genre classifiant, en se référant expressément à ce que font les langues bantous[11], à savoir répartir les référents, ici les noms, selon des propriétés attribuées aux référés, ici les objets désignés : aspect, utilité, etc. Ce genre fournie donc un complémentaire au genre caractérisant précédemment exposé sur le plan de l’analyse référentiel.

Bien que pour rester proche de l’usage, cette recherche maintien les genres faisant référence au trait de la sexualité dans un catégorie de premier niveau, il est évident que le genre classifiant pourrait répertorier un sous-genre sexuel, dont le commun, l’épicène, le féminin, le masculin et le mixte formeraient des sous-sous-genre.

Commun[modifier | modifier le wikicode]

Nicolas Durnovo, dans le cadre de son étude sur la catégorie du genre en russe moderne, défini le genre commun comme celui des substantifs qui ne sont pas des noms de personnes du sexe masculin[24]. Dans certaines langue comme le danois, où le commun à pleinement absorbé féminin et masculin, il s’oppose uniquement au neutre. Le commun rivalise évidement avec l’individuel, mais plus précisément dans le cas du genre grammatical, sur la distinction d’inspiration sexuelle. Et ce, même quand par ailleurs cette distinction est globalement absente dans le genre énonciatif d’une langue.

Patrizia Violi présente pour sa part une analyse en double articulation[5] :

  1. d’une part la construction de négation d’un classifiant,
  2. et d’autre par la superposition de plusieurs genres en un seul.

Cette analyse est reprise et complété ci-dessous par un attribut origine évalué à l’aune des catégories grammaticales exposées par ailleurs :

Relation du commun entre commun, féminin, masculin et neutre dans l’analyse de Patrizia Violi
origine genre
caractérisant superposant directement les classifiants commun
classifiant sexuel féminin masculin
négation du classifiant non-féminin non-masculin
caractérisant superposant les négations des classifiants neutre

Douteux[modifier | modifier le wikicode]

[25]

Épicène[modifier | modifier le wikicode]

Clerico Geneviève, dans son Ellipse et syntaxe de concordance chez quelques grammairiens classiques, rappel l’étymologie epíkoinos/ἐπίκοινος : sur-commun, et rapporte la définition suivante[26] :

Sous un seul genre, qui est celui de la terminaison, un mot épicène comprend les deux espèces soit qu’on parle du mâle ou de la femelle sans toutefois les déterminer [ex. agricola ; en fr. professeur]. C’est le genre commun dans lequel l’un des deux l’emporte.

Féminin[modifier | modifier le wikicode]

Logistique[modifier | modifier le wikicode]

Raoul de La Grasserie propose également un genre logistique, dont le critère supposé de discrimination repose sur l’intelligence, qui sépare les êtres qui en sont doués et de ceux qui en sont privés[11].

Masculin[modifier | modifier le wikicode]

Neutres[modifier | modifier le wikicode]

Neutre assexuant[modifier | modifier le wikicode]

L'absence d'un neutre en français est d'autant plus marquant qu'on le retrouve dans de nombreuses autres langues. Suggestion par la géométrie de l’objet de courbes féminines ou de forme phallique mis à part, la sexualisation d'objets de toute évidence dépourvu d'une quelconque dynamique sexuelle, prise en pure synchronie, à de quoi surprendre. D’autant que même dans des langues possédant un neutre on trouve une sexualisation, ou tout du moins une assignation de genre grammatical, à de tels objets : die Maschine (la machine), der Mond (le lune, traduction littéral qui nous montre bien l'arbitraire du procédé), alors que ce qui sans nul doute se perpétue par une dynamique sexuelle se voit attribuer un neutre : das Pferd (le cheval), das Rind (le bovin), das Fräulein (la demoiselle), das Mädchen (la fille).

Probablement, une majorité des concepts que nous employons couramment pourrait se décliner en un neutre asexué : le nombre, la neige, le feu, le neutre, etc. Possiblement, cela pourrait ajouter une barrière conceptuelle aux tentations d'anthropomorphisme. En tout les cas cela offrirait une typologie de genre bien plus cohérente et évidente. Dans une certaine mesure, ce neutre existe déjà en français : pour peu qu'on le considère comme un homonyme de son pendant masculin, le il de « cet après midi, il pleut » ne désigne pas un masculin[27]. De plus des pronoms personnels comme y et en sont généralement qualifiés de neutre ou tout au moins d’adverbiaux et donc invariable en genre[28].

Les genres biologiques[modifier | modifier le wikicode]

D’amblé il peut être noté que pour de simple considérations pratiques, aucune typologie de genre en usage ne propose autant de genres grammaticaux que de types biologiques de sexe. En effet, en s’éloignant des problématiques purement anthropocentriques, pour certaines espèces la biologie contemporaine distingue des milliers de sexe[29][30][31]. Il n’est en aucun cas envisagé ici d’introduire des centaines de genres grammaticaux pour aligner la langue sur la diversité biologique.

Cette section s’attardera donc plus les genres manquant pour désigner les personnes humaines qui ne se reconnaissent pas dans la conception binaire du genre sexué. Les désignations sont assez variées, et des classifications rendant compte des différences concrètes quand elles existent, fussent-elles subtiles, peut s’avérer une gageure en soi. Il ne s'agit pas de parquer de manière discriminatoire « les autres cas » dans un seul genre grammaticale.

Les genres dans le vécu psychologique humain[modifier | modifier le wikicode]

D'ailleurs ici, il s'agit déjà d'un cas qui n’est pas applicable à toute personne en sentiment de déphasage vis à vis d'un archétype de genre imposé par des normes sociales. Les transgenres qui souhaitent adopter pleinement le sexe opposé à celui de leur naissance, souhaiteront probablement le plus fréquemment être désigné sous le genre adopté, féminin ou masculin.

Le groupe mixte ou genre commun[modifier | modifier le wikicode]

C'est le genre qu’il manque pour éviter de tomber dans le fameux archaïsme du masculin qui l'emporte toujours sur le féminin et, au-delà, du postulat de la binarité. C'est le genre qui correspond à la désignation d'un groupe de personnes, donc sexuées, et de sexes variés.

Le groupe sexué indéterminé ou genre indéterminant[modifier | modifier le wikicode]

Comme pour le précédent on parle d'un groupe d'individus sexués, mais dans un cadre ou l’on ne se préoccupe pas des sexes représentés. Il désigne un groupe abstrait de personnes, mixte ou non. Ici le français comprends déjà le pronom on pour exprimer ce genre, bien que celui-ci prends nécessairement à partie l'allocutaire. Dans le cas général, on emploie le genre établit du dernier substantif employé pour désigner le groupe : Le groupe était arrivé à destination, il se reposa. La coterie repartie le lendemain à l'aube, elle avait pris du retard.

Détours hors du genre[modifier | modifier le wikicode]

Réflexion sur le dualisme cognitif[modifier | modifier le wikicode]

La revue des catégorie de genre dont ont pu user les grammairiens, et notamment celles qui s’articule en sémantisation bipartite, amène à la thèse qu’aucun couple de conceptualisation dichotomique de structure linguistique ne correspond pleinement à une représentation psychologique effective. L’humain use certes de tels catégorisations duels, mais la multitude de représentations occupant simultanément les psychés individuelles et collectives ne peut en aucun cas être qualifiée de strictement et pleinement cohérente. La résolution des dissonances cognitives de tout ordre est même assurément l’une des fonctions les plus consommatrice parmi les activités cérébrales.

En conséquence, il serait illusoire d’escompter voir apparaître dans la grammaire une cohérence de l’attribution des genres en fonction de catégories à des objets considérés extra-linguistiques et porteurs de caractéristiques inhérents autonomes. Les objets extra-mentaux ne sont accessibles à la conscience que dans les typologies que ces objets imprime avec le monde mental par interaction au sein d’un contexte socio-culturel en perpétuelle évolution. Le dépassement du solipsisme ne saurait s’opérer par un appel à la cohérence, et relève de l’acte de foi : il existe un monde en dehors de la présente consciente, et le langage permet d’y référer.

Des couples antagonistes comme animé et inanimé, femelle et mâle, féminin et masculin, révèle assurément de phénomènes mentaux mesurables, d’une pratique transculturelle qu’ont les humains de séparer le fond de la forme. Autrement dit l’objet circoncis, de son complément, qui constitue simultanément son antithèse et sa limite fondatrice.

Mais si la pratique est invariante, sa mise en œuvre est éminemment variable, changeant dans le temps et l’espace, aussi bien pour l’individu que le collectif.

Il pourra être utile ici de passer passer par une comparaison avec une perspective mathématique pour apporter à ce sujet la précision sémantique accordé à ce dernier domaine. En arithmétique se distingue entre autres :

  • inverse, comme un demi, souvent noté 1/2 ;
  • contraire, comme moins deux, souvent noté -2 ;
  • conjugué, comme le conjugué de l’unité deutéromense doublée[N 6], souvent noté .

D’autres sous-domaines mathématiques, comme l’algèbre, aborde également la notion de complémentaire.

En logique, la converse d’une proposition se distingue du contraire : par conversion Bob aime Ada, donne Ada aime Bob. Ce qui se distingue du contraire Bob n’aime pas Ada. Ce contraire est lui-même à distinguer de sa négation « Il est faux que “Bob aime Ada ». Cette dernière proposition peut tout aussi bien opérer lorsque l’existence de Ada n’a même jamais effleuré l’esprit de Bob.

Sans détailler plus avant ces notions discernantes, il faut remarquer qu’elles sont très nettes, et bien que toutes appellent à une notion de rivalité, elles se placent chacune sur des rives distincts des fleuves qui modèlent le paysage mathématique.

Comme l’eau qui scinde les berges des fleuves, une notion discriminante ne saurait être attachée de manière inhérente à un lit unique. Son contraire n’est pas son inverse ou sa négation. Ce constat se généralise aisément à toutes les discriminations conceptuelles. Un concept peut toujours être analysé dans des perspectives multidimensionnelles plutôt que sous un axe unitaire et sous un prisme spectrale plutôt qu’une bipartition polaire.

Entre autres hypothèses pour expliquer la prégnance de cette forme de conceptualisation dualiste sur la cognition humaine, se dégage celle reposant sur la physionomie des corps. Latéralisation, symétrie axiale approximative des visages, chiralité des mains, sont autant d’expériences qui paraissent indissociable de l’expérience humaine, vécue en sa chair. Certaines personnes comme Michel Serres n’hésitent pas, en emboîtant le pas à des postulats linguistiques comme ceux d’André Martinet, à lier explicitement latéralisation d'origine génétique avec binarisation conceptuelle affirmant « que la division du corps en gauche et droite favorisait un langage fonctionnant sur des oppositions[32] ». Ces thèses peuvent être modérés par les réflexions et études de l’acquisition de notions liés à la psychomotricité et à la didactique qui mettent en avant le rôle actif de l’éducation sur la conceptualisation de l’espace[33]. D’autres thèses, comme celle de la bicaméralité de Julian Jaynes, viennent aussi nuancer un distinction entre conscience et conception, tout en se modelant elle même pleinement sur un paradigme dualiste[34].

Premières personnes du pluriel[modifier | modifier le wikicode]

Le français possède plusieurs pronoms pour la première personne du pluriel, on et nous. Il fait par ailleurs usage de cette personne sous plusieurs aspects :

  • nous de majesté, comme dans « nous, gros ignare ès monde et merveille, déclarons performativement cet énoncé imprédicatif » ;
  • nous de modestie[35], comme dans par « cet énoncé nous démontrons un cas pratique » ;
  • nous de subrogation, comme dans « alors, aimable anagnoste, comment comprenons-nous cet énoncé ? ».

Cependant il ne couvre pas le distinguo entre nous exclusif et nous inclusif.

Distributions de genres grammaticaux[modifier | modifier le wikicode]

Avant de s’attarder plus précisément au cas du français lui-même, cette section propose d’explorer d’abord la distributions des genres grammaticaux dans ses langues mères. Pour cela, la première étape indispensable est bien évidemment d’évaluer la proportion du lexique venant de chaque fond identifiés.

Bernard Bouillon[36] donne la répartition suivante :

Composition du lexique français
Origine Bernard Bouillon[37] Dieter Messner[38] Christiane Marchello-Nizia[39]
préceltique 0,00001 % n/a n/a
celtique/gauloise 0,08 % 0,08 % 0,08 %
scandinave n/a 0,12 % 0,12 %
francique/germanique 1,35 % 1,35 % n/a
latin 86,53 % 86,53 % >85 % (supposé 86,53 %)
reste lié aux emprunts 10 % 11.92 % 13.26 %

Si cette analyse manque assurément de granularités pour la catégorie autres, elle a le mérite de dresser un portrait où domine largement un fond latin. Ces études ne précisent pas la proportion de mots grecs, bien que Bernard Bouillon mentionne la grande quantité de doublets entre latins présents en français. Du reste le latin à lui-même abondamment emprunté au grec, rendant ce compte rendu d’autant plus imprécis. À noter par ailleurs que la somme des taux données par Bernard Bouillon donn 97.96001 %, ce qui ajoute à ces problèmes d’imprécision, une incomplétude manifeste. À sa défense, il est le seul à fournir un nombre pour le reste, quand les autres se contentent que celui-ci est à imputer aux emprunts – les nombres apparaissant dans les cellules ci-avant ont donc été calculés pour compléter le tableau.

S’il faut souligner la partialité de ces chiffres lorsqu’ils mentionnant un fond préceltique qui se compterait sur les doigts d’une main tout en néglige de donner un taux spécifique pour l’arabe et l’italien, le constat de la primauté globalement incontesté du fond latin n’étonnera guère. Il n’empêche qu’un tel résultat suffit à faire considérer le latin comme principal langue à analyser pour évaluer la tendance majeure de l’évolution du genre du lexique, depuis les pratiques des fonds auxquels emprunte le français, jusqu’à leur intégration dans son système contemporain, promu strictement bivalent.

Au passage il pourra être noté que les noms, principales porteurs du genre, représente 54 % du stock lexical du français[2].

Évolution de la répartition du nom par genre en fonction des langues et de l’origine de production
Langue Analyse féminin masculin neutre
latin
français lexique hériditaire[2] 54 % 46 % N/A
lexique ancien français[2] 53 % 47 %
tendance au dix-septième siècle 39 % 61 %
Séguin 1969[40] 41,6 % 58,4 %
Petit Robert 1988,

sous-ensemble restreint à

oui-humain et non-épicène[2]

6 % 40 %
français

Petit Robert 1988,

échantillon A à Cri-

et Sou- à -Z[2]

44 % 56 %
emprunts en ancien français 64 % 36 %
nouveau emprunts exogènes

de langues agenres ou

à genre allomorphes[2]

15 % 85 %
nouveau emprunts en général[2] 19 % 81 %
adjectifs substantivés[2] [28-34] % [66-72] %
participes passés substantivés

issus de l’ancien français[2]

74 % 26 %
participes passés substantivés

en français contemporain[2]

15 %[N 7] 85 %
déverbaux radicaux[2] 50 %[N 7] 50 %
compositions traditionnelles[2] 17 % 83 %
compositions allogènes 57 % 43 %
compositions endocentriques 74 % 26 %
compositions exocentriques 6% 94 %

À faire :

  • déterminer les ratios des origines étymologiques du français : arabe, gaulois, germanique, grec, latin…
  • pour chacune de ces origines, quantifier la distribution des genres
  • quantifier la distribution des genres en français contemporain, à minima pour le genre énonciatif
  • en particulier, analyser la distribution des masculins issues du neutre, par rapport aux autres genres, avec l’interrogation suivante à résoudre : le masculin français porte-t-il un fond d’origine en genre neutre, auquel cas, explorer la piste faisant du français une langue non pas dénué de neutre, mais dénué de masculin

[41][42][43][44][45][46][47][48][49][50]

Propositions de perspectives grammaticales nouvelles[modifier | modifier le wikicode]

Réaffirmation de la présence du neutre[modifier | modifier le wikicode]

Vu les constats fait jusque là, une idée s’impose : le neutre n’a jamais quitté l’usage concret des locuteurs francophones. Ce qui a été aboli dans les théories grammaticales n’a jamais cessé d’habiter l’usage et la productivité du neutre. Sous un certain angle, cet écran de fumé théorétique d’abrogation du neutre et sa tentative d’assimilation au masculin aura plutôt conduit à graduellement à neutraliser le trait sémantique masculin du genre masculin, au point qu’en l’état ce soit d’avantage ce trait masculin qui soit dénué de sémaphore énonciatif autonome.

À minima, il faudrait cesser de nommer masculin, ce qui de toute évidence est loin de caractériser le trait linguistique majeur présidant à la production de nouveaux termes attribués à ce genre non-marqué. D’ailleurs tout au moins en synchronie, il serait le plus souvent morphologiquement plus pertinent de parler d’une forme de flexion minimalisante, qui porte trace d’un retranchement de la forme plus complète dont elle dérive. Aussi plutôt que genre féminin et genre masculin, les termes genre commun, et genre distinctif sembleraient bien plus appropriés pour qualifier cette articulation. Cela n’empêche d’ailleurs de la compléter par d’autres genres de seconde articulation.

Sur le plan terminologique, il est même possible de se débarrasser complètement de la notion de genre, et d’emprunter par exemple au vocabulaire de la taxonomie. Celle-ci emploi notamment les qualificatifs suivants :

  • holotype : individu à partir duquel une espèce végétale ou animale a été décrite pour la première fois et qui sert de référence[51] ;
  • lectotype : spécimen à partir duquel a été décrit un nouveau taxon lorsque ce dernier est né du démantèlement d'un taxon préexistant[52] ;
  • paratype : spécimen d'une série déjà décrite par un holotype, donc sur un autre spécimen dont il se distingue tout en présentant les similarités suffisantes pour les grouper sous le même taxon[53] ;
  • allotype : particularités propres à un individu, qui permettent de l'identifier parmi les autres individus de son espèce[54]. Par métonymie, cette individu même, en tant qu’entité distinct de cette espèce.

La transposition individu/spécimen vers un terme de vocable et de ses correspondances paradigmatiques classés sous un même groupe par la linguistique est patent. Philologie et biologie ont du reste une longue tradition d’emprunts conceptuels mutuels[55]. La taxonomie pourvoie par ailleurs déjà un stock de termes offrant une variété de nuances typologiques qui ne seront pas employés ici, mais qui faciliterait moult besoin de précisions supplémentaires : hapantotype, isotype, neotype, paralectotype, syntype[56]

Propositions de typologies explicitant le neutre
Type de

nomenclature

Première

articulation

Seconde

articulation

genre commun neutre
taxème holotypique

lectotypique

genre genre distinctif féminin

masculin

neutre

taxème allotypique

paratypique

Réautonomisation scripturale du féminin et masculin[modifier | modifier le wikicode]

Dans la continuité du point précédent, et pour aller plus loin, il sera également possible de réattribuer au féminin et au masculin un traitement grammaticale autonome.

À cette fin, outre le cas des substantifs traités ultérieurement, il faudra donc employer de nouveaux pronoms personnels, article défini et article indéfini, pour le distinctif féminin et le distinctif masculin.

Propositions de termes complémentaires
Classe lexicale Genre
Commun Distinctif
neutre féminin masculin
article défini le la
les lês lès
article indéfini un une ûne ùn
pronom personnel je jĕ (jhe)
tu
il elle êlle ìl (ïl)
ils elles êlles ìls (ïls)
nous noûs noùs
vous voûs voùs
adjectif possessif mon ma mön
mes mês mès
tes tês tès
sa son sön
notre nótre (nhotre) nòtre (nhotre)
votre vótre (vhotre) vòtre (vhotre)
leur leûr leùr
pronom personnel lui lûi lùi
elles eux êlles eùx
leur leûr leùr
adverbe tout toute toûte toùt

D’amblé, il faut relever que la proposition maintien toutes les pratiques usuels, mais leur réassigne des interprétation en sous-genre neutre. Cela contraste nettement avec d’autres propositions faites par ailleurs qui supposent un besoin de réintroduire le neutre par l’emploi obligatoire de nouvelles lexies. Tout à l’inverse cette approche n’introduit des compléments que pour reformer des féminins et masculins, qui explicite dès lors un genre qui opère à minima par connotation stéréotypique, et possiblement par dénotation du sexe biologique d’un référé.

De plus la proposition de cette section se fait globalement dans la continuité de la tradition francophone : désambiguïser par l’emploi de diacritique, souci du maintien de la physionomie du mot.

Mode d’emploi[modifier | modifier le wikicode]

La section suivante détail comment la proposition c’est stabilisé dans sa forme actuelle. La présente section se concentre sur la fourniture d’un mode d’emploi pratique pour qui souhaite pouvoir rapidement intégrer ces nouvelles graphies à son usage en bénéficiant de mnémotechniques.

Les règle de correspondances sont les suivantes :

  1. commun et distinctif neutres sont homophones respectivement du distinctif masculin et du distinctif féminin
  2. un seul diacritique portée par une voyelle marque le distinguo (ou en forme alternative, un h muet s’antépose à la voyelle)
  3. pour les distinctifs féminins
    1. , emploi la lettre e-bref (ou sa forme alternative)
    2. notre et votre emploient un o-accent-aigüe (ou leurs formes alternatives)
    3. accent circonflexe sinon, prioritairement sur un u
  4. pour les distinctifs masculins
    1. tréma sur les o qui font les son en -on-, /ɔ̃/ voyelle moyenne inférieure postérieure arrondie nasalisée,
    2. tréma sur les e font le son -eu-, /ə/ voyelle neutre centrale
    3. accent grave sinon, prioritairement sur le u

Exposition des choix opérés et de leurs motivations[modifier | modifier le wikicode]

Globalement ces choix sont orientés par une volonté de répondre aux contraintes suivantes : autant que possible, n’utiliser que des diacritiques, diacritiques différenciés à chaque genre distinct, maximiser l’homogénéité à chaque genre distinct, sans introduire d’ambiguïté avec des graphies existantes, ni d’association phonétique inédite.

Les choix d’implémentation peuvent se lire comme suit :

  • si possible, associer un accent circonflexe au distinct féminin, ou en première solution de replie, l’accent aigüe ;
  • si possible, associer un tréma au distinct masculin, ou en première solution de replis, un accent grave.

Au final, en les considérant sous le prisme de toutes ces contraintes intentionnelles, le nombre d’exceptions est extrêmement réduit, il n’y en a qu’une :

  • et jé sont rejetés, puisqu’il faudrait ou établir une exception de prononciation pour échapper à l’énonciation allophone /ʒɛ/.


Pour notre et votre, l’accent circonflexe étant déjà employé à fin de désambiguïsation entre adjectif et pronom[57], les possibilités alternatives restantes sont assez restreintes. Le faire porter sur le e final est ici impossible dans les contraintes données vu l’usage scripturo-phonétique. Bien qu’employer un o-accent-aigüe rend la notation moins aisé à respecter sur moult systèmes numériques, il n’est pas inédit en français : de abipón à yóm, une vingtaine de mots l’emploi déjà. Pour ces cas une graphie alternative est proposé pour pallier au systèmes de saisies lacunaires, l’adjonction d’un h antéposé.

L’utilisation du e-bref dans permet de concilier une graphie semblable à l’accent circonflexe, tout en se calant sur un usage phonologique antérieur. En effet, sur un plan purement graphique le caron, aussi dit circonflexe culbuté, eu été plus proche. Mais a priori il n’existe pas de précédent emploi de ě pour représenter une voyelle moyenne centrale /ə/, entendu dans je, alors que ĕ a été employé à cette fin en roumain jusqu’en 1904.

La proposition ne prévoit pas de modifications phonétiques entre neutres, bien que comme en toute chose l’usage décidera.

Ces choix pourront bien sûr être critiqués, aucun système n’étant parfait. Le tableau suivant résume quelques points majeurs d’attraits et complications de cette proposition. Bien qu’il s’appuie sur une tradition bien ancré en francophonie de désambiguïser certains termes par des diacritiques dénuer d’indication phonologique[57].

Intégré Écarté Complications
Le système contemporain de base reste valable.

Il ne requière pas de changement à qui n’y adhère pas pour

Les nouveaux termes sont identiques à leurs correspondants neutreus, à une diacritique prêt.
Pas d’introduction de nouveau signe graphique
  • -ön-, se prononce /øn/ dans bön, religion tibétaine
  • -oû- se prononce /u/ dans agoûter et août
  • -û- se prononce /y/ dans affût
  • -ù- se prononce /y/ dans ù, nom de la lettre : /y a.ksɑ̃ ɡʁav/
  • -où- se prononce /u/ dans et ankoù
  • -eû- se prononce /œ/ dans beûrre
  • L’introduction de signes diacritiques peu ou pas usité en français. Par exemple jō, baton martial, contient un o macron. Cela poserait peut de soucis pour un écrit au crayon, mais tous les moyens de saisie numérique usuels en francophonie ne s’y prêtent pas.
  • lès introduit une homonymie à la préposition signifiant près de
  • introduit un bigramme

L’accord en genre libéré[modifier | modifier le wikicode]

En français, comme il a été rappelé dans la section Typologie de genres grammaticaux, la grammaire stipule une concordance du genre qui, sous l’influence d’un substantif qui intègre intrinsèquement cet attribut, fléchie plusieurs classes de mots qui se rapporte à se même référant pour déterminer leur forme exacte. Cette approche à elle seule laisse entière la résolution de l’accord en cas d’énonciation explicite de plusieurs noms de genre distinct dans une même conjonction nominale, ou pour leur regroupement pronominal.

Une première approche possible, qui est notamment celle retenue dans la plupart des enseignements scolaires depuis le dix-huitième siècle, est de retenir le pluriel d’un des genres comme ayant primauté en tel cas. En français, c’est le genre qui a été ci-avant qualifié de commun neutre, qui se voit conféré ce statut prépondérant.

Ainsi, dans un énoncé comme « les bronzes et les rondes-bosses, tous ces chefs-d’œuvres sont beaux », c’est uniquement le genre de chef-d’œuvre qui s’applique à l’adjectif indépendamment des genres des noms précédemment listés. De même « ces philosophe sont sages », ne gage en rien du genre grammaticale des individus composant les philosophes en question, et encore moins de leur sexe biologique, ils pouvant tout à fait référer à Hypatie et Zénon. Cela explique la formation d’énoncés comme « chez les éléphants, les adultes sont grands » et « chez les girafes, les adultes sont grands ».

Une seconde approche utilisé est l’accord de proximité. Cette pratique constitue même l'accord prépondérant en grec ancien, en latin, ainsi que dans le français oral jusqu'au XVIIIe siècle. Dans cette pratique, le verbe prends la marque, d'abord en cas, genre et nombre, puis seulement en genre, du substantif le plus proche. Ainsi au XVIIe siècle, un énoncé comme « Le chat et la souris sont belles » est plus courant que « le chat et la souris sont beaux »[58].

Par soucis d’intégrité, il importe de remarquer ici que le tableau dressé pour ces deux premières approches ne s’embarrasse pas trop de détails. Plus de nuances pourraient de toute évidence être évidemment précisées, par exemple en distinguant l’adjectif épithète et qualificatif, les variations diatopiques, les fréquences de tournure selon qui les formule, et même au niveau individuel la pratique retenue selon le contexte d’expression : privé ou public, institutionnel ou informel, allocutaires[N 8] supposés… L’examen de ces variations, tout intéressant et éclairant pourrait-il être, est décidé hors champ de cette étude.

Une troisième approche possible, dont la mise en lumière est rare, voir relève de la description originale, permet de concilier les deux pratiques pour ces pluriels de groupes plurigenrés. Cette troisième approche suppose globalement de régir l’accord sur des termes implicites. Autrement dit, c’est un groupe nominal virtuel qui fourni l’unique genre spécifique du référant sur lequel réaliser l’accord au sein d’un syntagme.

Cette approche peut par exemple s’analyser comme rémanence syntaxique d’une ellipse. Ainsi, « nous sommes toutes très curieuse, nous autres personnes qui lisons cet article » s’élidera en « nous sommes toutes très curieuses ». Par ce biais tandis que « les adultes sont tous grands » pourra être analysé comme figurant l’élision de l’énoncé « les adultes, ces individus femelles et mâles, sont tous grands », un énoncé comme « les enfants, ces personnes femelles et mâles, étaient toutes malicieuses » pourra s’élider en « les enfants étaient toutes malicieuses ». Et puisqu’en pratique l’élément ellipsé n’a généralement pas vocation à être explicité, cette analyse permet un emploi virtuellement arbitraire du genre au sein d’un syntagme sans déroger au cadre d’une grammaire scolaire traditionnelle.

Cette dernière approche ne justifie pas pour autant un emploi hétérogène arbitraire au sein d’un même syntagme. La tournure syntagmatique fréquente de conjonction dissociative agent femelle et agent mâle, comme dans « nous sommes amoureuses et amoureux du français », rends toute collocation de ce type trop suggestive d’une division référentielle, même sur des adjectives distincts comme « nous sommes amoureuses et adorateurs de toutes les langues »

La liberté d’accord et ses limites fondatrices par l’exemple
Forme pleine Abréviation par élipses Remarque
Nous sommes toutes merveilleuses, nous autres personnes, nous sommes tous éblouissants, nous autres individus. Nous sommes toutes merveilleuses, nous sommes tous éblouissants. Préservation de la cohésion syntagmatique de genre. D’où libre interprétation d’une scission lié à des référents lexicaux virtuels distincts sur chaque syntagme, bien que tout deux désignant les même référé extra-linguistiques.
Nous sommes merveilleuses et éblouissants. Rupture de la cohésion syntagmatique de genre par énonciation collocative d’accords hétérogènes. D’où stimulation d’une interprétation connotative divisant ontologiquement les référés présents, par suggestion d’un regroupement grammaticale fortuit sous un même référant, privilégiant donc plutôt une réexpension comme :

Nous sommes, respectivement, merveilleuses et éblouissants, nous autres femelles et mâles.

L’association versatile de genre[modifier | modifier le wikicode]

Enfin, sur un tout autre plan, il convient de remarquer qu’en français l’extrême majorité des noms ont certes généralement un genre nettement privilégié par l’usage, mais que les cas de versatilité persistante du genre ne manque pas pour autant. Le Wikitionnaire par exemple, entre les mots parfois masculins ou féminins ou ceux parfois féminins ou masculins, répertorie près de 1000 entrées. Cela sans compter la majorité de termes épicènes dans le cas des noms référant à des humains. Ceux-ci se distinguent évidemment nettement des homographes de genre distinct pour lesquels existent des sens distinct, et possiblement des étymologies séparées, dont le même ouvrage référence près de 300 cas.

Cela atteste sans équivoque la capacité des locuteurs à s’accommoder de tels variations sans que la clarté de leur échanges en pâtisse. Aussi n’existe-t-il aucune barrière pragmatique à la généralisation de cette liberté d’expression. Sans remettre en cause la primauté d’un genre déterminé pour une majorité de nom, rien n’empêche d’autoriser cette flexibilité à tous les mots à des fins d’emphase ou de possibilité de distinction syntagmatique, notamment en prévision de l’emploi anaphorique de pronoms :

Un philosophe et une philosophe discutent : celui-ci fait part de ses doutes à celle-là et en retour elle lui apporte de nouveaux éclairages.

De même

Un fille et une fille discutent : celui-ci fait part de ses doutes à celle-là et en retour elle lui apporte de nouveaux éclairages.

Pour un francophone contemporain, cette dernière phrase sera certainement tout aussi interpellante sur sa pratique inacoutumièrement souple de l’emploi du genre sur un terme connotativement sexué, que parfaitement compréhensible parce que incontestablement aligné sur l’emploi usuel du genre énonciatif. De même un emploi modéré de genre énonciatif adventice peut servir l’emphase du propos de façon générique :

C’est ma grande amour, le passion de ma vie.

Sur l’ordre d'énonciation des personnes[modifier | modifier le wikicode]

Loin de la discrimination stéréotypique de l'adage les femmes et le enfants d’abord, il sera recommandé ici d'énumérer les protagonistes d'une phrase dans l’ordre alphabétique, sauf évidemment si un impératif contextuel rendrait un autre ordre plus approprié, par exemple présenter des enfants du cadet à l’aîné ou inversement.

Quelques exemples :

  • le féminin, le masculin et le neutre ;
  • la femme, la fille, le garçon et l'homme ;
  • mesdames, messieurs ;
  • un mec et une nana ;
  • un cheval et une jument ;
  • Ada, Bob, Chloé, Dominique, Ève, etc.

Chronologie des propositions d’évolution morphosyntique du français liées au genre grammatical[modifier | modifier le wikicode]

Cette section vise à détailler les diverses propositions de pratiques alternatives dans l’expression écrite du français. Évidemment, l’écrit et l’orale sont largement perméables et influencent mutuellement l’évolution de leurs formes. Aussi sans prétendre couvrir ici une exhaustivité des évolutions phonétiques, cette section n’exclura pas les changements qui trouvent leurs origines dans de tels considérations.

En terme d’exhaustivité également, il sera intéressant de noter toutes propositions connues, qu’elles soient opérées dans des essais individuels relevant plus ou moins sciemment de l’hapax, jusqu’aux projets institutionnels de réformes systémiques. Outre la chronologie, il importera donc de distinguer l’origine de la démarche, sa motivation explicite ou supputée et son destin a posteriori dans l’usage – tout au moins dans l’étendue de la mise à jour de cette liste.

Synthèse des évolutions
Date Objet Origine Description Usage Remarques

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. C’est évidement l’ampleur générale du phénomène au niveau social qui est pointé ici. Même dans les systèmes patriarcaux les plus extrêmes, des femmes peuvent occuper des positions sociales remarquables ou prestigieuses en marge de la sujétion générale.
  2. Évidemment, les exceptions ne manquent pas, comme dans la majorité des heuristiques grammaticales.
  3. Avec comme souvent quelques notables exceptions comme ''toutes''.
  4. Abstraction faite des quelques cas ou l’usage hésite, tel bretzel, ou le genre fluctue en fonction du nombre, tel délice, où de la position syntaxique, tel gens.
  5. De même l’actuel précède le virtuel, le relatif précède l’absolue, le brut précède l’artificiel, etc.
  6. Autrement dit, le nombre imaginaire doublé. Ici le terme deutéromense est à comprendre comme quantification dans la seconde dimension. Cette appelation un brin orginal suit un raisonnement largement enterriné en pratique, considérant un nombre complexe comme un vecteur bidimensionnel.
  7. 7,0 et 7,1 Productif uniquement dans le registre familier
  8. Au sens de personne à qui s’adresse un énoncé.

Références[modifier | modifier le wikicode]

[59][60][61][2][62][63][64][65][66][67][68][69][70][71][72][73][74][75][76][77][78][79][80][25][81][82]

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  27. Note hors de propos du sujet qui nous intéresse ici, ce il ne désigne même rien du tout, la formulation nous évite de longue périphrase comme je perçois que des gouttes d’eau tombent du ciel, et c’est en ce sens qu'on pourra signifier un propos comme il pleut, certainement pas en cherchant à dénoter une entité autonome à rattacher à ce il.
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Recueil de bibliographies afférentes[modifier | modifier le wikicode]

[B 1]

  1. « Féminisation, etc. : références bibliographiques », sur j.poitou.free.fr, (consulté le 8 juillet 2021)
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Sur l’extension des genres grammaticaux en français

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