Recherche:Imagine un monde

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Imagine un monde ! Appréhender la révolution numérique et la société globalisée au départ du mouvement Wikimédia

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Ce travail de recherche est une thèse de doctorat en socio-anthropologie (Click here to see the English part of this PhD thesis).

Université : Université catholique de Louvain.

Doctorant : Lionel Scheepmans (parcours de vie détaillé).

Promoteur de thèse : Olivier Servais.

Membres du comité d’accompagnement : Pierre-Joseph Laurent, Christophe Lazaro, Emmanuel Wathelet.

Laboratoire universitaire : Laboratoire d'anthropologie prospective.

Laboratoire wikiversitaire : Laboratoire d'études du mouvement Wikimédia.


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Sommaire

Remerciements[modifier | modifier le wikicode]

En cours de collecte...

Utilisateur:Ortografe — Wikiversité

Introduction au mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

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Une introduction sous la surveillance de la communauté Wikipédienne[modifier | modifier le wikicode]

Avant d'entrer dans des considérations plus spécifiques au sujet du mouvement Wikimédia dans le cadre de ma thèse de doctorat, il me semblait important de fournir aux lecteurs une description succincte de ce qu'est ce mouvement afin de pouvoir s'en faire une première idée avant d'entrer dans des considérations plus spécifiques. Une présentation encyclopédique du mouvement m'est alors apparue comme contenu idéal pour cette première étape de lecture. Plutôt que de la rédiger ici sur Wikiversité, j'ai trouvé plus intéressant de m'investir dans ce qui avait déjà été fait sur l'encyclopédie Wikipédia en langue française[N 1]. J'ai pensé en effet que ce que j'écrirais là-bas à propos du mouvement Wikimédia serait plus rapidement vérifié par les membres du mouvement eux-mêmes, ou pour le moins ceux qui sont actifs sur le projet Wikipédia. L'objectif ne sera pas de produire un article parfait, mais bien de l'éditer jusqu'à ce qui puisse recevoir le titre d'article de qualité suite au contrôle de la communauté sur un ensemble de critères rigoureux[W 1].

Figure 1.1 : Logos des projets frères de Wikipédia.
Fig. 1.1 : Logos des projets éditoriaux frères de Wikipédia destinés aux internautes (Mannivu, 2019).

Dans cette perspective, le 21 janvier 2019, je me suis donc lancé dans l'édition de l'article intitulée aujourd'hui « Mouvement Wikimédia ». Je me suis tout de suite étonné de son faible stade d'avancement[W 2]. Une petite visite sur le projet Wikipedia[W 3] me permit de constater que la situation était semblable du côté anglophone bien que cette version linguistique possède souvent des articles plus aboutis en raison du plus grand nombres de locuteurs, et donc fatalement, de contributeurs. De plus, le 8 avril 2019, j'ai du prendre l'initiative d'inverser une redirection qui partait de l'article « Mouvement Wikimédia » vers l'article « Wikimédia ». Je justifiais cette action dans l’encart de résumé[N 2] en écrivant : « Le contenu de la page correspond plus au mouvement qu'à la marque[N 3] »[W 4]. Avant que le terme Wikimédia soit attribué au mouvement et avant même que l'on parle de mouvement wikimédia, celui-ci était effectivement lié au nom de marque de la fondation Wikimédia créer pour assurer l'hébergement et un soutien institutionnel aux différents projets linguistiques Wikipédia et par la suite de ses nombreux projets frères (voir fig. 1.1).

Une autre action nécessaire fut celle de créer l'article encyclopédique traitant du site Méta-Wiki, un espace Web dédié à la gestion du mouvement Wikimédia qui fera l'objet d'une présentation de type monographique dans l'un des prochains chapitres de cette ouvrage. De nouveau, tant dans la version linguistique francophone[W 5] que anglophone[W 6], les page encyclopédique titrées Meta-Wiki possédaient toutes deux une redirection vers l'article consacré à la Wikimedia Foundation.

Ces divers observations me permettent donc de croire, sans pouvoir en identifier les raisons de façon heuristique, que les articles encyclopédiques consacrés au mouvement Wikimédia sont quelque peut délaissés par les membres du mouvement eux-même. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils ne sont pas surveillés. Le 9 mars 2019, l'une de mes modifications a été annulée par un utilisateur répondant au pseudonyme de (:Julien:) que j'avais identifié comme était un jeune contributeur en raison de son franc parlé argotique. Neuf mois plus tard, en écrivant ce paragraphe, je découvre sur l'une de ses sous-page utilisateur qu'il est « un ancien membre du premier Comité d'arbitrage[N 4] entre le 22 mars 2005 et le 22 septembre 2005 »[W 7]... Comme quoi, au sein de l'espace numérique du mouvement Wikimédia, si on ne prend pas la peine de faire quelques recherches, on peut facilement se tromper sur l'identité des contributeurs.

Julien avait justifié l'annulation de ma modification de l'article par le résumé suivant : « § n'a plus aucun sens, mieux vaut rester à la formulation précédente »[W 8]. Comme il avait raison, j'ai alors essayé de reformuler mes propos pour les rendre plus sensés en laissant comme résumé : « Bonjour Julien, peut-on discuter avant que tu supprimes mon travail ? Bien à toi. »[W 9]. Suite à cela, Julien décidera alors d'entamer un dialogue ayant pour titre « formulation », sur la page de discussion[N 5] réservée à l'article « Mouvement Wikimédia »[W 10] :

Bonjour @Lionel Scheepmans,

D'abord non, je ne vais pas discuter avant de reverter tes modifs. Le paragraphe que tu as modifié était truffé de fautes d'ortho et ne voulait plus rien dire. Donc dans ce cas, ce n'est pas comme un débat à avoir sur la pertinence de tel truc ou la formulation de tel autre, c'est juste imbittable donc je dégage.
Ton paragraphe est encore maladroit : la version précédente parlait du nom des projets, toi tu dis que WMF est « Composés d'un [[w:mot-valise|]] ([[w:wiki|]]) ». D'une part ce n'est pas la WMF qui est composée mais son nom, d'autre part le mot-valise n'est pas une composante du nom, mais le nom lui-même. Et il reste des fautes d'orth, c'est pour ça que le paragraphe précédent, à la fois clair et en français correct (même si à la relecture, il y avait aussi des fautes :s) me semble mieux. Cordialement, (:Julien:) 11 mars 2019 à 10:09 (CET)

Merci (:Julien:) d'entamer la discussion. Tu as parfaitement raison sur le fait que ma modification comportait des fautes d'orthographes. si il en reste, je t'invite à les corriger. C'est vrai aussi que j'avais oublier un verbe et que le sens de la phrase posait problème. C'est vrai enfin que le mot valise ne concerne pas la fondation elle même. Mais ne crois tu pas qu'il est mieux d'améliorer les choses que tu qualifies d'imbittable (Si tu pouvais m’expliquer ce néologisme, je t'en serais reconnaissant) plutôt que de les dégager (J'apprécierais que tu utilises d'autres termes, mon travail n'est pas un ballon de football).
Je viens de modifier le paragraphe en fonction de tes recommandations. N'hésite pas à l'améliorer. N'hésite pas non plus à mettre un peu de courtoisie dans tes actions et réactions. On est tous bénévoles ici, autant rendre l'atmosphère de travail agréable tu ne cois pas ? J'envisage aussi de scindé l'article en deux avec un article dédié séparément au [[w:Mouvement Wikimédia|]]. Si le projet t’intéresse, dis le moi on peut travailler ensemble. Tu sembles en effet avoir des compétences qui peuvent combler certains de mes handicapes. Bien à toi. Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 11 mars 2019 à 10:55 (CET)
Salut Lionel,
« Imbitable », ça s’écrit avec un seul T, ça dérive de biter, littéralement « foutre sa bite dans le truc », c’est-à-dire le comprendre — parce qu’on ne pénètrerait pas quelqu’un sans l’avoir cerné/maitrisé, probablement. Voyons, n’as-tu pas songé au Wiktionnaire pour t’aider à biter un mot que tu ne connais pas ! C’est vrai qu’il existe bitter avec deux T, mais ça doit être moins courant… En tout cas y a pas de bittable qui tienne.
Je suis amusé d’assister à une difficulté sociale à laquelle tu fais face en raison de ton trouble !
Néanmoins, je crois avoir à contredire @(:Julien:) sur quelques éléments. Je ne comprends pas vraiment cette histoire de « WMF est composé du mot-valise wiki »… Mais d’une part je sais que l’on peut dire « A est composé de B, de C et de D » pour dire qu’A est composé uniquement de B, C et D et donc qu’il se confond à la combinaison (ou plutôt à une certaine combinaison) de B, C et D. Si on dit que « A est composé de B », ça veut donc dire que A et B se confondent. C’est relativement correct, même si je reconnais que c’est bizarre comme formulation. Ensuite, peut-être que je me trompe, mais dans « Wikimedia Foundation », il n’y a pas que « wiki », il y a aussi « media » et « Foundation » ! Et depuis quand « wiki » est un mot-valise ? Moi, j’aurais plutôt écrit : « Le nom Wikimedia Foundation contient le mot-valise wiki »… C’est Wikimédia qui est un mot-valise ! On ne parle pas de la fondation mais du mouvement ici. Que vient faire un « WMF » à cet endroit ? Va-t’en, intrus !
Quant à la courtoisie… Boh, je reconnais qu’on peut faire sans ! Moi, j’aime bien insulter les gens, de temps en temps !
Frigory (discuter) 18 avril 2019 à 18:41 (CEST)
Non, on ne peut pas contribuer sans courtoisie. C'est précisément ce qui fait que nos wikis sont invivables. Il n'est pas acceptable de lire cela (même « pour rire »). Trizek bla 18 avril 2019 à 19:48 (CEST)
La courtoisie... Un mot clef pour l'avenir de nos projets. Concernant l'histoire du mot valise Frigory, elle n'est pas de ma plume et j'ai tenté de garder le propos sans trop le déformer et dans le respect de l'auteur. Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 18 avril 2019 à 20:38 (CEST)
À vrai dire j’ai pas trop l’expérience, sur Wikipédia j’ai très peu discuté et sur la Wikiversité j’ai toujours trouvé que les discussions se passaient bien. En tout cas, je suis d’accord que le propos de Julien était inapproprié, j’ai l’impression qu’il s’adresse à Lionel comme s’il avait vandalisé la page ! Ce qui signifie aussi qu’il ne faudrait pas être trop poli avec les vandales… Mais la meilleure stratégie reste de profiter de la situation défavorable dans laquelle ils se sont mis pour leur faire la promo de la contribution à Wikimédia. Frigory (discuter) 19 avril 2019 à 16:53 (CEST)
Fig. 1.2. Photographie intérieure d'une des prisons de Presidio Modelo inspirée de l'architecture panoptique de Bentham, Isla de la Juventud, Cuba. (Friman, 2005)

Cette discussion apporte d'ores et déjà une petite idée de ce qui peut se passer en ligne dans les échanges entre membres du mouvement Wikimédia et plus spécifiquement entre les contributeurs de Wikipédia. Nous voyons tout d'abord à quel point le contenu des page web peut faire l'objet de discussions pointilleuses et parfois complexes[N 6]. Il apparaît ensuite qu'au départ d'une préoccupation locale portant sur le contenu d'un article encyclopédique, peut surgir une préoccupation globale qui concernera cette fois l'ensemble du projet voir du mouvement. Mais ce qui reste le plus marquant, c'est la surveillance des modifications faite à un article et à sa page de discussion[N 7]. Par extension donc, ce je suis présentement en train d'écrire au sein de ce travail édité en temps réel sur le site Wikiversité[N 8] fera donc aussi l'objet d'une surveillance qui sera par ailleurs sollicitée par moi-même dans un souhait d'écriture dialogique comme cela sera expliqué en détails dans le prochain chapitre.[N 9].

Conscient d'un tel phénomène, Sylvain Firer-Blaess n'hésitera pas à qualifier Wikipédia de : « modèle pour une société hyperpanoptique » (Firer-Blaess, 2007)[B 1]. Cette idée lui fut inspirée par Nancy Fraser qui avait imaginé avant lui 10 ans avant la création du premier Wiki, une « société disciplinaire parfaite [...] totalement 'panopticisée' [dans laquelle] tous se surveilleraient et se contrôleraient les uns les autres » (Fraser, 1985, p.178)[B 2]. La vision de Nancy Fraser avaient été inspirée à son tour des travaux de Michel Foucault et plus particulièrement de son travail sur l'univers carcéral (1975)[B 3]. Dans ceux-ci, l'auteur faisait référence au concept architectural de Jeremy Bentham (1791)[B 4] intitulé panopticon, traduit en français par le terme panoptique (voir figure 1.2 ci-contre).

D'autres auteurs encore mobiliserons le terme d' « holoptisme » comme « espace qui permet à tout participant de percevoir en temps réel les manifestations des autres membres du groupe » (Noubel, 2004, p.23)[B 5], ou de « vigilance participative » dans le cas précis de Wikipédia (Cardon, 2009). Autant de façons au final de souligner l'importance de la transparence et de la surveillance au sein des sociétés tel que nous l'aborderons plus en profondeur tout au long de cette ouvrage.

L'article « Mouvement Wikimédia » rédigé sur Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Introduction à l'article[modifier | modifier le wikicode]

Tant que sa transclusion sera impossible, l'article encyclopédique présent dans la prochaine section de ce travail sera un copier-coller de l'article sur Wikipédia consacré au Mouvement Wikimédia. La copie de l'article sera donc figée alors que l'original continuera à être édité au sein de l'encyclopédie. Une page web du l'outil statistique en ligne Xtools accessible à l'adresse https://xtools.wmflabs.org/articleinfo/fr.wikipedia.org/Mouvement_Wikim%C3%A9dia rend visible ma contribution au sein de l'article.

Avec l'outil Xtools, il suffit d'encodé la version linguistique d'un projet wikimedia et le titre d'un article, pour voir sous forme de chiffres et de graphiques le nombre d'éditions et la proportion de texte ajouté par chaque éditeur de la page. Il est aussi possible de voir l'évolution dans le temps de certaines de ces composantes statistiques. Pour les lecteurs d'une version imprimée de ce présent ouvrage, une copie de la page d'analyse statistique Xtools se situe dans l'annexe X.

Xtools apparait donc ici comme un nouvel outil de surveillance renforcent les capacités de surveillance des membres de la communauté par les autres membres de la communauté, mais aussi au final par n'importe quel internaute puisque l'outil Xtools est totalement libre d'accès et d'utilisation.

Version de l'article en date du 08/01/2020[modifier | modifier le wikicode]

Le mouvement Wikimédia, est un mouvement international et intercommunautaire qui a pour mission d'apporter un contenu éducatif gratuit au monde[W 11]. L'appellation du mouvement (Wikimédia) provient du nom de marque de la Wikimedia Foundation dont l'une des missions consiste à inciter les gens du monde entier à collecter et à développer des contenus éducatifs sous licence libre ou dans le domaine public et à les diffuser efficacement et mondialement[W 12]. Au travers de la fondation Wikimedia, d'un ensemble de projets éditoriaux ou organisationnels en ligne, d'associations nationales appelées chapitres, de groupes d'utilisateurs, et d'organisations thématiques, le mouvement Wikimédia s'efforce au final de créer un monde dans lequel chaque être humain peut partager librement la somme de toutes les connaissances[W 13],[B 6].

Carte de répartition géographique du mouvement Wikimédia. En bleu les chapitres, en vert les groupes utilisateurs à thématiques régionales
Fig. 1.3. Répartition géographique du mouvement Wikimédia. En bleu les chapitres, en vert les groupes utilisateurs à thématiques régionales (Baiji, 2019).
Histoire du mouvement[modifier | modifier le wikicode]
Origine du terme Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Le terme Wikimédia fut inventé par l'écrivain américain Sheldon Rampton dans un post sur la liste de diffusion anglaise en mars 2003 dans une discussion relative une déclinaison possible de Wikipédia dans d'autres projets éditoriaux participatif[B 7].

Pour trouver l'origine étymologique du mot Wikimédia, il faut le scinder en deux parties pour obtenir d'une part le préfixe Wiki originaire d'une fonctionnalité collaborative du Web intitulée WikiWikiWeb dont le nom fut inspiré de l'expression hawaienne « wikiwiki» que l'on pourrait traduire en français par « vite-vite »[W 14]. Vient ensuite le mot média qui « désigne tout moyen de distribution, de diffusion ou de communication, d'œuvres, de documents, ou de messages sonores ou audiovisuels »[W 15].

Il est à noter que le mot-valise (w:wiki) est utilisé par de nombreux projets qui ne font aucunement partie du mouvement Wikimédia et qui n'ont aucun lien avec la fondation Wikimédia. C'est le cas par exemple des projets WikiLeaks, Wikia, WikiHow ou encore de nombreux wikis territoriaux.

Naissance du mouvement[modifier | modifier le wikicode]

L'histoire du mouvement Wikimédia est étroitement liée à l'histoire de Wikipédia qui en est la première manifestation et celle de la Wikimedia Foundation qui lui succéda. Cet organisme Californien fut créé suite à la décision de Jimmy Wales d'abandonner un projet d'encyclopédie commercial initialement appelé Nupédia au profit d'un organisme sans but lucratif. Ce choix fut notamment motivé suite à la création de l'Enciclopedia Libre Universal en Español, un fork de la version linguistique espagnole de Wikipédia le 26 février 2002 avec pour raisons principales : la censure, l'existence d'une ligne éditoriale[W 16] mais surtout la prise en considération d'inclure des publicités sur le site[B 8].

Croissance, plans stratégiques, vision et mission[modifier | modifier le wikicode]

Dès 2004 et suite à la création de la w:Wikimedia Foundation le 20 juin 2003, le mouvement Wikimédia fit l'objet de divers plans stratégiques tout d'abord élaborés au niveau des premiers conseils d'administration. Par la suite, plus d'une vingtaines de commités, dont 8 toujours actifs, furent créés répondant chacun à une charte décrivant sa structure et sa fonction[W 17]

Plan stratégique du Mouvement Wikimedia, format imprimable.
Fig 1.4. Plan stratégique 2015 du Mouvement Wikimedia, format imprimable (JayWalsh for the Wikimedia Foundation, 2011).

En 2011, un premier plan stratégique (voir version pdf ci-contre) couvrant la période de 2010 à 2015 vit le jour suite à un processus complexe regroupant la participation de milliers de volontaires dispersés dans le monde[B 9]. Faisant appel à l'intelligence et au soutient du personnel de Wikimedia collective pour identifier, affiner et relever les défis stratégiques fondamentaux et reposant sur un principe de transparence, de collaboration et de participation répondant aux attentes des parties prenantes[B 10], un nouveau plan stratégique est en cours d'élaboration pour l'horizon 2030 dont la vision (illustrée en vidéo ci-contre) s'établit de la sorte :

« D'ici à 2030, Wikimédia deviendra la principale infrastructure de l’écosystème de la connaissance libre, et quiconque partageant notre vision aura la possibilité de nous rejoindre. »[W 18].

D'autres plans stratégiques sont aussi développés dans d'autres organisations et associations Wikimédia régionales ou thématiques et avec comme Wikimedia Deutschland comme organisation pionnière dans cette démarche [W 19].

Vid. 1.1. Vision du mouvement Wikimédia à l'horizon 2030 (Wikimedia Foundation, 2016)[V 1].

Sur le site Méta-Wiki centralisant la gestion collaborative du mouvement Wikimédia la fondation wikimédia a pour vision :

« Imagine un monde dans lequel chaque être humain puisse partager librement la somme de toutes les connaissances. [...]»[W 20]

Et pour mission :

« [...] donner la possibilité aux personnes du monde entier de collecter et développer du contenu éducatif sous licence libre ou se trouvant dans le domaine public, et de distribuer ce contenu efficacement et globalement.

En collaboration avec un réseau mondial d'associations, la Fondation Wikimédia met à disposition l’infrastructure technique et la structure organisationnelle nécessaires afin de soutenir et de développer des projets wiki multilingues et toute autre initiative au service de cette mission. La Fondation rendra toute information utile émanant de ces projets disponible sur Internet gratuitement et cela de façon permanente. »[W 21]

Géographie en ligne de la communauté des contributeurs bénévoles[modifier | modifier le wikicode]
Outre le projet Wikipédia disponible en plus de 300 versions linguistiques gérées chacune de manière indépendante par des communautés d'éditeurs bien distinctes, la Wikimedia Foundation héberge aussi de nombreux autres projets frères qui partagent avec Wikipédia l'objectif commun du libre partage de la somme de toutes les connaissances. Certains projets peuvent être multilingues comme c'est le cas de Wikispecies et de plus centralisateur tel que Wikidata pour les données factuelles et Wikimedia commons pour les fichiers image, audio, vidéo, etc. D'autres projets internes enfin, souvent multilingues, sont destinés non plus au public internaute, mais bien aux personnes actives au sein du mouvement Wikimédia.
Projets publics

Accueil de Commons
Wikimedia Commons est une médiathèque libre qui a pour but de stocker et partager son contenu entre les versions linguistiques des projets. En savoir plus.
Accueil de Wiktionnaire
Wiktionnaire est un projet de dictionnaire multilingue qui a comme finalité de devenir un ensemble de dictionnaires descriptifs. En savoir plus.
Accueil de Wikinews
Wikinews est un projet offrant une source d'informations libre et impartiale, permettant à tout utilisateur de l'Internet de publier des nouvelles. En savoir plus.
Accueil de Wikiversité
Wikiversité est une plate-forme collaborative libre de création de matériel pédagogique pour l'étude et de recherche scientifique. En savoir plus.
Accueil de Wikiquote
Wikiquote est un recueil de citations de toutes sortes, dont le contenu est librement réutilisable. En savoir plus.
largeAccueil de Wikilivres
Wikilivres est un projet collaboratif créé pour contenir une collection d'ouvrages pédagogiques librement accessibles et réutilisables. En savoir plus.
Accueil de Wikisource
Wikisource est un projet collaboratif multilingue d'une bibliothèque numérique librement distribuable, édifiée par des bénévoles. En savoir plus.
Accueil de Wikispecies
Wikispecies est un répertoire collaboratif multilingue librement réutilisable spécialisé dans le recensement et des espèces du vivant. En savoir plus.
Accueil de Wikidata
Wikidata est une base de connaissance libre qui peut être lue et éditée aussi bien par des humains que par des machines. Elle fournit des données dans toutes les langues des projets Wikimédia et permet un accès centralisé aux données. En savoir plus
Accueil de Wikivoyage
Wikivoyage est un guide de voyage du monde entier, libre, complet, à jour et fiable. Le projet fournit des informations touristiques, des données climatiques, des suggestions de transports, etc. En savoir plus
Projets internes

Accueil de Meta-Wiki
Meta-Wiki est un site de travail multilingue utilisé par les contributeurs afin de coordonner les projets de Wikimedia Foundation. En savoir plus.
Accueil de Wikimania
Wikimania est une conférence annuelle pour les utilisateurs des projets de Wikimedia. Elle se déroule chaque fois dans une ville différente. En savoir plus.
Accueil de l'Incubateur Wikimedia
L'Incubateur Wikimedia est utilisé afin de tester les nouveaux projets potentiels ou des nouvelles versions linguistiques de projets Wikimedia déjà existants. En savoir plus.
Accueil de Phabricator
.
Phabricator est une plateforme de collaboration ouverte à tous les contributeurs de Wikimedia utilisée pour gérer le travail lié aux logiciels mais es initiatives non techniques sont les bienvenues. En savoir plus.
Accueil de « Test Wiki »
Test Wiki est un site Web destiné aux développeurs des projets Wikimedia, afin de tester leurs codages sans endommager d'autres wikis. En savoir plus.
Accueil de MediaWiki
MediaWiki est un logiciel libre développé à l'origine pour Wikipédia et utilisé aujourd'hui par de nombreux autres projets de la Wikimedia Foundation. En savoir plus.
Accueil de « Outreach »
Outreach est un site Web destiné à coordonner le développement et la promotion des projets Wikimédia, ainsi qu'à développer des partenariats (résidences, ambassadeurs dans les institutions, etc.) En savoir plus.
Accueil de « Wikimedia Space »
Wikimedia Space est une plateforme d'information, de collaboration et de support comprenant un blog et un forum destiné aux acteurs du mouvement Wikimédia. En savoir plus

Il est important de savoir que chaque projet et chaque version linguistique est indépendant tant au niveau du logiciel MediaWiki qu'au niveau des règles instituées par sa communauté de contributeurs. Les différentes version linguistiques de Wikipédia par exemple ne fonctionnent pas sur la même plate-forme et en dehors des cinq principes fondateurs, leurs règles peuvent varier fortement[B 11]. Pour exemple, le projet Wikipédia germanophone possède des règles beaucoup plus strictes au niveau de l’acceptation des sujets d'article que les autres projets linguistiques, le fair use n'y est pas d'application, les ébauches d'article ne sont pas conservées, le bannissement d'utilisateur nécessite un vote public à la majorité des deux tiers, etc[N 10].

Géographie hors ligne des organisations et associations affiliées au mouvement[modifier | modifier le wikicode]
Les organisations nationales[modifier | modifier le wikicode]

Au sein du mouvement Wikimédia se retrouvent une quarantaine d'associations appelées chapitres (de la traduction littérale du terme anglais chapter) qui représentent autant de sections nationales de la Wikimedia Foundation autorisées à utiliser sa marque déposée au bénéfice de leurs activités. Les objectifs de ces partenaires locaux de la fondation est d'assurer un support local au communauté d'éditeurs tout en assurant la promotion et un certain lobbying au sein des autres institution locales[B 12], mais aussi le recrutement locale de nouveau contributeur lors de réunions hors ligne qui parfois rassembleront aussi des contributeurs très actifs[B 13]. En Suède par exemple, un partenariat le mouvement Wikimédia, l'w:UNESCO et l'association Cultural Heritage without Borders a permis de mettre sous licences libres des informations concernant certaines formes d'héritages culturels en péril[B 14].

Bien qu'elles soient toute à but non lucratif, chacune de ces associations restera statutairement indépendante et de grandes variations peuvent exister entre elles au niveau de leurs tailles, de leurs financements, de l’existence ou non d'employés, de leurs infrastructures, etc. Certaines profiteront d'une allocation en provenance de l'état comme c'est le cas de l'association Polonaise et en Italienne[réf. nécessaire], d'autres comme l'association Suisse et Allemande (la première ayant vu le jour seulement un an après la création de la fondation[B 15]), pourrons gérer de façon indépendante les dons en provenance de leur pays récoltés lors des campagnes de donations organisée par la fondation[réf. nécessaire], d'autres encore ne seront financer que par des dons directes fiscalement déductible ou non, et/ou par un financement de leurs programmes et dépenses opérationnelles encadré par un processus rigoureux de demande et de rapport orchestré par la fondation[W 22].

À titre d'exemple, la plus grosse de ces organisations est Wikimédia Deutchland qui emploie en juin 2019 plus de 130 personnes[W 23].

Voici la liste des associations locales en janvier 2019[W 24] :

  • Wikimédia Afrique du Sud
  • Wikimédia Allemagne
  • Wikimédia Argentine
  • Wikimédia Arménie
  • Wikimédia Australie
  • Wikimédia Autriche
  • Wikimédia Bangladesh
  • Wikimédia Belgique, association créée en 2014, communique en français, en néerlandais, en allemand et en anglais.
  • Wikimédia Canada, association créée en 2011, communique en français et en anglais.
  • Wikimédia Chili, association créée en 2011, communique en espagnol.
  • Wikimédia Danemark
Fig. 1.Les chapters Wikimedia en janvier (Baiji, 2019).
  •      Chapters existants
  •      Chapters approuvés, mais pas encore fondés
  •      Chapters dont la création est planifiée
  •      Chapters en discussion
  • Wikimédia Espagne
  • Wikimédia Estonie
  • Wikimédia Finlande
  • Wikimédia France, association loi de 1901 créée en 2004.
  • Wikimédia Hongrie
  • Wikimédia Inde
  • Wikimédia Indonésie
  • Wikimédia Israël
  • Wikimédia Italie
  • Wikimédia Mexique
  • Wikimédia Norvège
  • Wikimédia New York
  • Wikimédia Pays-Bas
  • Wikimédia Pologne
  • Wikimédia Portugal
  • Wikimédia République tchèque
  • Wikimédia Royaume-Uni
  • Wikimédia Russie
  • Wikimédia Serbie
  • Wikimédia Suède
  • Wikimédia CH, pour la Suisse, association créée en 2006, communique dans les quatre langues nationales| de la Suisse ainsi qu'en anglais.
  • Wikimédia Taïwan
  • Wikimédia Ukraine
  • Wikimédia Uruguay
  • Wikimédia Venezuela
  • Wikimédia Washington D.C.

A l'image des différent projet linguistiques en ligne, les chapitres

Les organisations thématiques[modifier | modifier le wikicode]

Les organisations thématiques regroupent des organisations à but non lucratif indépendantes représentant le mouvement Wikimédia et appuyant des travaux axés sur un thème, un sujet ou une question spécifique dans ou entre les pays et les régions[W 25]. Il existe actuellement qu'une seule organisation thématique au sein du mouvement intitulée Amicale Wikimédia. Son intérêt est la langue et la culture catalane et sa mission première est de faire en sorte que l’ensemble du savoir humain soit aussi disponible en catalan et que le savoir sur la culture catalane soit aussi disponible dans chaque langue[W 26].

Les groupes d'utilisateurs[modifier | modifier le wikicode]

Un groupe d’utilisateurs de Wikimédia est possibilités d’affiliation simples et flexibles qui demande moins de prérequis qu’un chapitre ou qu’une organisation thématique. En juin 2019 ces groupes était au nombre de 112[W 27].

Les Wikimédiens en résidence[modifier | modifier le wikicode]

Parmi les personnes actives au sein du mouvement Wikimédia, certaines deviennent Wikimédien.ne.s en résidence et donc engagés par une institution désireuse de faciliter la création d'entrées sur les projets Wikimédia ; d'encourager et aider à la publication de documents sous licences libres ; et de développer les relations entre l'institution et le mouvement Wikimédia[W 28]. De part le monde, environ 170 cas de résidence ont été recensées, pour des contrats de quelques heures par semaine ou beaucoup plus[W 29].

Graphique synthétique du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]
Mindmap du mouvement Wikimédia (2019)
Figure 1.3 Mindmap du mouvement Wikimédia (Aschmidt 2019).

Notes

  1. Dans la suite de cet ouvrage, le terme Wikipédia sera utilisé pour désigner le projet Wikipédia francophone alors que le projet anglophone sera désigné par le terme wikipedia (en italique et sans accent).
  2. À chaque modification d'une page sur les sites maintenu par le mouvement Wikimédia et supporté par le logiciel MediaWiki, il est possible de justifier son action en laissant un résumé destiné à informer succinctement les autres utilisateurs de ce qui vient d'être fait.
  3. Avant la naissance de l'expression « Mouvement Wikimédia », le terme Wikimédia désignait principalement le nom de marque de la Wikimedia Foundation. Aujourd'hui Wikimédia est considéré comme synonyme racourci de l'expression « mouvement Wikimédia ».
  4. Le comité d'arbitrage est un groupe d'utilisateurs élus par la communauté pour trancher les cas de litige entre utilisateurs en conflit. À l'issue des débats, les arbitres peuvent notamment ordonner aux administrateurs du site un blocage en écriture d'un utilisateur. Les administrateurs constituent un autre groupe d'utilisateurs élus par la communauté qui disposent à eux seuls d'outils de blocage, de protection, de suppression, et autres, spécifiques à la maintenance du site.
  5. Sur les sites maintenus par le mouvement Wikimédia et supportés par le logiciel MediaWiki, il est possible de discuter du contenu d'une page éditoriale dans une page de discussion qui lui est dédiée.
  6. La discussion suivante sur la page en question concernera la pertinence de mettre l'accent sur le mot Wikimédia en fonction de son contexte grammatical.
  7. Cette surveillance est grandement facilitée par des outils techniques permettant de notifier les changement des articles qu'un contributeur enregistré veux suivre sur un projet Wikimédia. En configurant ses préférences, il peut en effet recevoir un mail dès qu'une modification est faite comprenant un lien qui pointera vers une page ou apparaîtra en gras ce qui a été ajouté et en surligné ce qui a été retiré.
  8. Wikiversité est un projet frère de Wikipédia destiné à la production de contenu pédagogique et de travaux de recherche.
  9. A titre indicatif, un graphique de fréquentation des pages produit grâce au modèle « PageViews » est affiché en bas des pages Web qui constitueront les différents chapitres de cet ouvrage.
  10. Voir à ce sujet la section caractéristique de l'article consacré à Wikipédia en allemand.


Quand le mouvement Wikimédia questionne les pratiques d'une science[modifier | modifier le wikicode]

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Influence du terrain de recherche et de son cadre institutionnel[modifier | modifier le wikicode]

Alain Testart disait « La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale ? »[B 16]. Jean-Paul Colleyn quant à lui affirmait qu' « il y a aujourd’hui autant d’anthropologies qu’il y a d’objets d’études (anthropologie de l’art, de la musique, de la religion, de la santé ou de la perception) [...] »[B 17]. Michael Singleton, à son tour, nous dira que « l'anthropologie ça n’existe pas, [...] ce qui existe réellement, ce sont des anthropologues »[B 18].

Dans le prolongement de ces affirmations, et selon ma propre expérience, j'aurais à mon tour envie de dire qu'au-delà des objets d'études et de la personnalité des chercheurs, il y a finalement aussi autant d'anthropologies possibles qu'il y a de terrains de recherche et d'environnements institutionnels. En effet, tout au long de mon observation participante au sein du mouvement Wikimédia et de mon intégration au sein du laboratoire d'anthropologie prospective, j'ai fini par établir une certaine « familiarité informée » (Laurent, 2019, p.13)[B 19] avec ce qui apparu dans ma vie comme tout un ensemble de nouveautés. De cette familiarité découlera ce besoin de me positionner, et me repositionner parfois, par rapport à toute une série d'enjeux méthodologiques, épistémologiques et déontologiques lié à la production de ce travail académique. Parfois de façon raisonnée, parfois de façon contraintes, prendra ainsi naissance toute une série de postures présentées ci-dessous. La première d'entre elle m'aura permis de positionner mes travaux de recherche parmi ces nombreuses disciplines coexistantes, concurrentes parfois, et souvent partisanes que regroupent les sciences humaines et sociales.

Opter pour une socio-anthropologie à l'écart du corporatisme[modifier | modifier le wikicode]

En avril 2011, J'ai eu pour idée d'écrire mon mémoire de fin de Master intitulé : Culture FR Wikpédia, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l'espace francophone de Wikipédia (Scheepmans, 2011)[B 20] au sein même de Wikipédia. J'avais ainsi pour souhait de faire d'une pierre deux coups en incluant l'écriture de mon ethnographie au sein même de mon terrain d'observation participante. Malheureusement, il s'est avéré que cela n'était pas possible en référence au premier des cinq « principes fondateurs »[W 30] du projet encyclopédique que l'on peut résumé en cette phrase : « Wikipédia est une encyclopédie »[B 21]. Une affirmation triviale de premier abord, mais qui derrière une simple définition permet de définir tout « Ce que Wikipédia n'est pas »[W 31]. J’apprenais donc à mes dépends que : « Les essais personnels et travaux inédits (TI)[N 1] n'ont pas leur place sur Wikipédia. »[B 21]. Je fus dès lors redirigé vers un autre site intitulé Wikiversité que je ne connaissais pas à l'époque bien qu'il faisait partie d'une quinzaine de « projets frères de Wikipédia »[W 32] (voir fig.1 ci-dessous). Wikiversité en tant que projet dédié au « partage de contenus pédagogiques et à la rédaction de travaux de recherche »[W 33], était en effet le bon endroit pour écrire mon mémoire.

Après avoir annoncé mon arrivée au sein du projet sur la page intitulée « la salle café »[B 22], sorte de forum général du projet Wikiversité, j'ai ensuite cherché l'endroit dans lequel je pouvais situer mon travail. Au cours de cette recherche, Crochet.david[W 34], de son nom d'utilisateur, un enseignant en électrotechnique[W 35] faisant partie des administrateurs[N 2] du projet Wikiversité[W 36] qui avait sympathiquement[B 22] répondu à mon message d'arrivée, me propose dans une discussion entamée sur son espace de discussion utilisateur[N 3], de placer mon travail au niveau des « Travaux de recherche en sociologie »[W 37]. Surpris au premier abord, je découvrais par la suite dans l'organigramme du projet Wikiversité, que l'anthropologie faisait partie des départements de la faculté de sociologie[W 38]. Cette situation m’apparut compliquée. Non seulement je devais demander l'accord de mon promoteur pour écrire mon mémoire en ligne et en tant réel, mais en plus, je devais lui dire qu'il serait publié dans une faculté de sociologie, alors que dans mon université la sociologie et l'anthropologie ne font pas trop bon ménage.

J'ai alors tenté de placer mon travail au niveau du département d'anthropologie de la Wikiversité sans faire mention de la faculté de sociologie. Mais David Crochet, de son vrai nom, est alors revenu vers moi pour me dire que « Les projets sont associés aux facultés et non aux départements. »[W 39]. S'entame alors un débat qui fut transféré[W 40] dans la salle café pour le rendre accessible aux autres membres de la communauté. Au terme des discussions, nous sommes finalement arrivés à la conclusion qu'il fallait que je lance une prise de décision[N 4] pour renommer la faculté de sociologie. Lors de cette prise de décision[W 41], JackPotte[W 42], un ingénieur en informatique[W 43] et autre administrateur du site, avait déposé un message[W 44] pour nous tenir informés de la classification décimale universelle. Dans cette version de la CDU[N 5], le terme anthropologie y apparaissait plusieurs fois, une fois dans le champ des sciences sociales (anthropologie culturelle) et une autre fois dans le champ de la biologie (anthropologie physique). Cette observation appuyait donc ma proposition de renommer la faculté de sociologie en faculté de socio-anthropologie pour permettre ainsi, avec un seul mot et de façon explicite, de regrouper la sociologie et l'anthropologie au sein d'une co-disciplinarité, tout en y excluant l'anthropologie physique.

L'acceptation de ma proposition à l'unanimité, fut pour moi une double satisfaction. D'une part celle de pouvoir présenter mon projet de mémoire dans de bonnes conditions, d'autre part, celle d'avoir mené à terme ma première grande participation au sein d'un projet Wikimédia. Mais cette expérience suscita aussi un certain questionnement. Comment en effet une séparation entre la sociologie et l'anthropologie a-t-elle pu voir le jour et comment a-t-elle pu persister jusqu'à nos jours ? Pourquoi aussi devrais-je me situer dans le camps de l'anthropologie, alors que je bénéficie aussi d'une formation universitaire en sociologie (bachelier/bachelor). Et finalement, pourquoi situer mon étude en anthropologie alors qu'elle pourrait très bien trouver sa place dans le champ de la sociologie ?

Coïncidence ou presque, j'ai trouvé les réponses à ces questions dans une revue intitulée « socio-anthropologie », fondée en 1997 par Pierre Bouvier, dans le but d'aborder « les déstructurations et les recompositions qui sont au cœur du monde contemporain »[W 45]. Dans le premier numéro de cette revue[N 6], on s'y remémore en effet qu'à une certaine époque « l’anthropologie, la science de l’homme, s’est consacrée principalement à l'étude des peuples primitifs » (Grafmeyer et Joseph, l984, par. 12[B 23] cité par Hamel, 1997, p.2-3)[B 22]. On y découvre aussi l'idée selon laquelle « l’anthropologie incombe à l’étude des sociétés sans écriture où se révèlent des cultures exotiques tandis que reviennent de droit à la sociologie les sociétés avancées dans l’urbanisation et l’industrialisation. » (Hamel, 1997, par. 9)[B 22].

Voici donc qui répondait à ma question sur l'origine du clivage entre anthropologie et sociologie. Mais il ne s'agit là que d'une explication sur les origines, car aujourd'hui, l'expression “peuples primitifs” a disparu et je ne vois plus beaucoup de sens à la notion d'exotisme maintenant que des laboratoires d'anthropologie peuvent rassembler des chercheurs originaires des quatre coins d'un monde[W 46]. Quant aux sociétés dites « avancées » dans l'urbanisation et l'industrialisation elles se retrouvent maintenant partout sur le globe. De plus, et ce dès la fin du vingtième siècle, les terrains anthropologiques n'ont cessé de se diversifier et de s'intéresser au monde occidental et contemporain. Parmi les premiers travaux attestant ce changement, on retrouvera par exemple les travaux d'observations participantes réalisés dans le monde du travail par Pierre Bouvier (1989)[B 24] déjà cité précédemment. Avec Marc Augé (1995)[B 25], Pierre Bouvier sera aussi par ailleurs,Web contenant les projets wikimédia l'un des premiers anthropologues francophones à parler d'une « Socio-anthropologie du contemporain » (Bouvier, 1995)[B 26]. Mobiliser de nos jours la question d'exotisme et d'un prétendu stade d'avancement des sociétés pour dissocier l'anthropologie de la sociologie n'a donc à mes yeux plus aucun sens.

Reste alors la possibilité de distinguer les deux disciplines par leurs approches et leurs méthodes. Mais, là aussi, les choses se discutent. Suite à l'arrivée du courant interactionniste au sein de l'école de Chicago, les pratiques anthropologiques, telles que l'ethnographique et l'observation participante furent en effet adoptées par la sociologie dans une approche que Harold Garfinkel intitulera un jour « l'ethnométhodologie » (Garfinkel, 2016©1967)[B 27]. Voici ce que dit la revue socio-anthropologique à ce propos :

« L’école de Chicago constitue d’ailleurs un véritable laboratoire des méthodes anthropologiques, et le crédit dont celles-ci bénéficient lui assure la suprématie sur la sociologie américaine jusqu’en 1935. A cette date, elle est en butte à la vive concurrence des sociologues de Columbia University de New York qui prennent prétexte des méthodes utilisées pour contester sa domination. Le « conflit des méthodes » s’exacerbe alors et verra bientôt la victoire des méthodes quantitatives puis, en conséquence, le déclin des méthodes qualitatives - des méthodes anthropologiques en sociologie pour être précis - ainsi que la fin de l’hégémonie de l’école de Chicago » (Hamel, 1997, p.3)[B 22].

Nous voyons donc qu'une opposition des méthodes peut apparaître au sein d'une même discipline et ne représente donc plus un argument spécifique permettant de distinguer l'anthropologique de la sociologique. Quant à la « victoire des méthodes quantitatives », elle est très relative car on serait en droit de se demander aujourd'hui : quelle est encore le sociologue qui se verrait interdire la pratique de l'ethnographie, de l'étude de cas, ou autre démarche inductive ? Il est vrai par contre que l'anthropologie, celle que je connais, que l'on m'a enseigné et que je pratique aujourd'hui, reste bien à l'écart des démarches déductives, ou hypothético-déductives. Au terme de ce raisonnement, j'aurai donc tendance à croire que ce qui distingue l'anthropologie de la sociologie de nos jours, c'est le maintien d'un certain « corporatisme » (Olivier de Sardan, 2008, p.36)[B 28] présent au sein des universités. Un constat bien triste, car les appartenances sectaires nuiront toujours à l'échange entre chercheurs et donc in fine au progrès et au développement des connaissances et de la science en général.

Mais comme le dira Rémi Bachelet, maître de conférences à l'École Centrale de Lille[W 47] et contributeur du projet depuis septembre 2009[W 48], sur Wikiversité, « On est loin des guerres de disciplines !»[W 49]. À l’abri de cette écueil, je m'y suis donc senti libre de produire une étude ethnographique et inductive tout en intégrant dans mon étude qualitative les données et analyses quantitatives, tant incontournables que problématiques de par leur surabondance.

Intégrer l'analyse d'un Big Data statistique et textuel au sein de son étude ethnographique[modifier | modifier le wikicode]

Suite à cette première expérience de terrain qui me sensibilisera à la pratique d'une socio-anthropologie non partisane, viendra une autre remises en questions portant cette fois sur la manière d'intégrer au sein d'un travail ethnographique typiquement considéré comme étude qualitative, une multitude de données quantitatives ou statistiques et de textes de discussions librement accessibles sur mon terrain.

Pour clarifier les choses, il est peut-être bon de se rappeler qu'une donnée quantitative, au contraire d'une donnée qualitative se caractérise par quelque chose de mesurable. Comme exemple trivial, nous avons cette citation de Rosie Stephenson-Goodknight au sujet des éditeurs de Wikipédia : « You can imagine probably 90 percent being men »[W 50], l'information « 90 % » sera d'ordre quantitative tandis que l'information « homme » sera d'ordre qualitative. Mais, il faut ensuite garder à l'esprit qu'une donnée quantitative peut être la source d'un donnée qualitative et vice versa. Les 29 entailles présentes sur l'os de Lebombo, le plus ancien bâton de comptage connu à ce jour, est un très bel exemple. Ces marques attestent d'une part, que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre quantitative, mais aussi, elle nous permettent de supposer, de par leur nombre (donnée quantitative), qu'elle furent réalisé par une femme africaine (donnée qualitative) en référence à son cycle menstruel (Darling 2004)[B 29].

Il est donc important de souligner ici qu'une étude dite qualitative, ne peut se permettre d'ignorer, ou même de négliger, des données quantitatives présentes sur le terrain. Et comme dit précédemment, il se fait que l'espace en ligne du mouvement Wikimédia regorge d'une quantité insondable de données quantitatives, tantôt à l'état brut, tantôt sous forme de tableaux statistiques et d'illustrations libres d'accès et d'utilisation.

Pour comprendre cette situation, il faut savoir que la grande majorité des sites Web contenant les projets Wikimédia sont gérés par un programme informatique appelé MediaWiki et que ce programme enregistre instantanément et automatiquement la totalité des actions faites par les contributeurs et les programmes informatiques qu'ils y mettent en œuvre, et ce dès la création du site. Toutes ces données sont dès lors archivées et rendues accessibles à tout internaute (à quelques exceptions près[N 7]) par un classement chronologiquement sous forme de liens listés dans des pages de journaux ou des pages d'historiques de contributions toute deux paramétrables (voir fig. 1.2 et 1.3 ci-dessous).

Fig. 1.2 : Copie d'écran des journaux du projet Wikiversité francophone.
Fig 1.3 : Copie d'écran de la page affichant l'historique des contributions d'un utilisateur sur le projet Wikiversité francophone.

En plus de leurs archivages et de leurs facilités d’accès, toutes ces informations sont publiées sous licence creative commons CC.BY.SA. Selon les termes de cette licence, toutes ces données sont donc libres d'exploitation et de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés, sous deux conditions: premièrement, « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », deuxièmement, « diffuser l'œuvre modifiée dans les même [sic] conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[W 51]. Cette licence représente donc une véritable aubaine pour les chercheurs et plus précisément pour les statisticiens comme en atteste l’existence d'une multitude de sites web présentant des analyses effectuées en temps réels sur base de données récoltées par API directement sur les serveurs hébergeant les sites Wikimédia[N 8]. À leurs tour, licence oblige, ces analyses statistiques sont publiées sous licence CC.BY.SA et sont donc disponibles pour les chercheurs dans les conditions qui viennent d'être présentées.

Au-delà de cette profusion de données quantitatives et statistiques, le mouvement Wikimédia est aussi producteur d'une quantité insondable d'informations textuelles permettant de constituer des corpus de tailles considérables. Tout cette information provient des nombreux lieux de discussions disséminés sur la toile au niveau des projets, des listes de diffusions de courriels [B 16] et plus récemment de l'espace communautaire Wikimedia space[W 52] lancé le 25 juin 2019[W 53].

Il semblerait d'ailleurs que la surabondance d'informations textuelles ne soit pas propre à l'environnement Wikimedia, mais qu'elle serait plutôt liée au contexte numérique. Olivier Servais, ethnographe au sein de l'univers virtuel World of Warcraft en témoigne lorsqu'il se pose des questions similaires aux miennes : « Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec cette ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? » (Servais, p.61, à paraître)[B 21].

(Texte à investiguer[B 30][B 31][B 32][B 33]) Devant une tel quantité d'information textuel, le chercheur doit donc se situer entre deux extrêmes : soit faire l'impasse sur un traitement exhaustif des données statistiques et textuelles au risque d'offrir une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité, soit se lancer dans un traitement informatisé des données quantitatives et des corpus linguistiques au risque cette fois de manquer de compétence, de temps d'investigation et de puissance informatique.

Un certain équilibre peut je pense être atteint dans un processus d'aller-retour récursif entre, d'une part, des informations extraites d'un traitement informatique, et d'autre part, les résultats obtenus au départ d'un travail ethnographique plus classique reposant par exemple sur des entretiens semi-directifs et une observation participante prolongée. Alors que le dispositif de traitement informatisé permettra d'extraire des informations utiles à l’accomplissement du travail ethnographique, celles récoltées durant les observations de terrain et les entretiens permettront quant à elles, de configurer le dispositif informatique dans le but d'extraire de nouvelles informations utiles à la recherche. Au final, cet aller-retour constituera aussi une belle occasion pour le socio-anthropologue de prendre régulièrement distance par rapport à son terrain pour revenir avec de nouvelles informations qu'il pourra confronter à l'opinion des acteurs.

Comme exemple de traitement des données quantitatives, voici comme cas de figure développé en annexe 3, une analyse statistique faite au départ des rapports financiers publier sur le site de la fondation Wikimedia[W 54]. Cette analyse aura abouti à la production d'un histogramme très parlant concernant les dépenses de la fondation. Dans ce graphique (voir fig. 1.4 ci-dessous), nous voyons apparaître clairement que, d'une façon croissante, une grande partie du budget de la fondation est alloué au paiement des salaires de ses employés alors que contre intuitivement, le coût d'hébergement des projets éditoriaux se serait relativement stable. Cette information est importante, car elle m'aura permis de mettre à jour l'article du projet Wikipédia francophone consacré à la fondation Wikimédia qui stipulait, en date du 26 juin 2018 et sur base d'une source datant de 2009, que « Près de la moitié des ressources financières [de la fondation] sont utilisées pour acheter de nouveaux serveurs et payer l'hébergement »[W 55]. Cette information obsolète aura probablement influencé le contenu d'une de la deuxième vidéo du WikiMOOC 2017 dans laquelle on entendra l'affirmation suivante : « D'où viennent les fonds de la Wikimedia foundation ? Car fournir l'infrastructure technique, les serveurs pour le cinquième site Web le plus visité au monde, ce n'est pas gratuit. » (Guillaume, 2017, t. 4'04'')[B 34]. Nous voyons donc que cette analyse comptable, aussi rébarbative qu'elle puisse paraître pour un chercheur habitué aux études qualitatives, peut s’avérer crucial pour accéder à une certaine réalité de terrain ignorée, volontairement ou non, dans le discours des acteurs.

Fig. 1.4 : Histogramme illustrant l'évolution des dépenses de la fondation Wikimédia de 2004 à 2017.

Concernant le traitement des données textuelles, prenons un autre exemple développé pour sa part en annexe 4 de ce travail intitulée : « Utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique en ligne ». Il s'agit dans cette exemple d'exploiter l'une des 300 listes de diffusion actives au sein du mouvement Wikimédia et réparties par projets et/ou des sphères linguistiques. Toutes ces échanges de courriels sont en effet archivées mois par mois, historicisées et rendues librement disponibles sous licence CC.BY.SA au niveau d'un site hébergé par la fondation Wikimédia[B 16]. Au départ des archives de la liste de diffusion intitulée « Wikimedia-l »[W 56], réputée être un espace de discussion pour « la communauté wikimédienne au plus large du réseau des organisations »[W 57], il est possible de constituer rapidement des corpus textuel et les soumettre à un logiciel de traitement automatique du langage naturel.

Le logiciel choisi fut TXM, un programme informatique co-développé par deux universités françaises. Ce programme me permit par exemple de découvrir au départ d'une simple requête lexicale, et en référence au mot « the » apparaissant à une fréquence de 1869554 fois, que le signe « @ » apparaissait dans le corpus 879105 fois, tout de suite suivi du mot « gmail » apparaissant lui 877346 fois. Une simple requête au départ de laquelle on peut donc conclure que les utilisateurs de cette liste de diffusion communiquent quasiment tous au départ d'un compte Google. On y verra ensuite que les premiers noms/prénoms apparaissant dans la liste seront « Gerard » (27888), suivit de « Erik » (21924) et de David (20624). Une analyse des occurrences dans le texte permettra ensuite de voir que les prénoms « Gérard » sont associés à la personne de « Gerard Meijssen » (11096) faisant l'objet d'un article sur Wikidata[W 58] mais aussi de « David Gerard » (12717) dont on peut retrouver la page utilisateur détaillée sur Wikipedia[W 59] et que le prénom « Erik » est principalement associé à la personne d'« Erik Moeller » (8616) présentée dans un article de Wikipédia[B 35].

Nous voyons donc qu'au départ d'informations textométriques très basiques produites au départ du logiciel TXM, il nous est déjà permis d'une part, de remarquer une grande corrélation entre l'usage de la mailing list et la possession d'un compte gmail, mais aussi d'autre part, de repérer quelques personnes très actives au sein de la liste et même de connaitre leur adresse email. Toutes ces informations sont bien sûr très utiles au travail ethnographique puisque elle permettrons de rencontrer par courriel des interlocuteurs privilégiés susceptibles de narrer de façon globale et historique ce qui se passe dans ce lieu de discussions.

Dans des analyses et fonctions plus poussées, TXM permettra aussi de faire apparaître des illustrations graphiques permettant par exemple de visualiser l'évolution de la fréquence d'un mot au sein des conversations. L'exemple ici sera repris du mot « harassement » (harcèlement en français) et l'évolution du nombre d'apparitions au sein de la liste de diffusion se visualise au départ de la fig x présentée ci-dessous.

Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.
Fig. 1.5 Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.

Nous voyons donc apparaître dans ce graphique que le sujet du harcèlement est apparu relativement tôt et par vagues successives dans l'histoire du mouvement Wikimédia[N 9]. Le sujet du harcèlement semble donc important et devra donc être considéré lors des observations de terrain. Mais avant cela, une analyse en plein texte est déjà rendue possible via TXM grâce à son outils de recherche de concordance qui affichera une liste d’extraits de texte centré autour du mot pivot harassment (Voir fig. 1.6 ci-dessous).

Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.
Fig. 1.6 Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.

En sachant ceci, nous voyons donc qu'une démarche réciproque, c'est a dire non plus de partir de l'analyse textométrique pour nourrir la recherche de terrain, mais bien de partir de la recherche de terrain pour nourrir les analyses produite au départ du logiciel TXM. En effet, le mot harassement n'a pas été choisi par hasard. Le sujet du harcèlement est en effet très présent dans mes observations de terrain, avec pour exemple des témoignages très détaillés comme celui fourni par la contributrice Idéalité sur sa page utilisatrice[B 36]. Dans ce cas précis d'une expérience vécue au sein de la communauté Wikipédia francophone, il serait aussi intéressant d'établir une analyse textométrique au départ de corpus tiré cette fois des lieux de conversation existant sur Wikipédia pour en extraire au départ du mot « Idéalité » des informations statistiques, mais aussi s'octroyer un accès rapide et localisé aux propos qu'elle aura échangés avec la communauté. De ces lectures apparaîtront sans doute de nouveaux mots clés ou des pseudonymes d'acteurs important dans l'expérience décrite que l'on pourra à leur tour mobiliser pour refaire des analyses similaires et ainsi de suite.

Pour ne pas alourdir cette section, une présentation plus approfondie des requêtes syntaxiques, notamment type SQL, en mobilisant la lemmatisation des corpus sera détaillée en annexe. Concentrions nous à présent sur la manière dont sera référencé les informations en provenance de ces corpus afin de les rendre accessibles aux lecteurs dans leurs contextes respectifs pour au final rendre me propos vérifiables et mes éventuelles suppositions réfutables.

Rédiger une « webographie » au service de la vérifiabilité[modifier | modifier le wikicode]

La « vérifiabilité » dans l'univers Wikimédia, peut être vue comme un déclinaison particulière de la réfutabilité empirique et théorique introduite par Karl Popper (1963)[B 37] dans sa démarcation entre science et non science. Alors que Karl Popper demande aux scientifiques d'offrir à leurs pairs un maximum d'informations utiles à la corroboration d'une théorie pour en déterminer sa scientificité au départ d'un ratio réfutabilité/falsifiabilité (Popper, 1934)[B 38], les wikipédiens quant à eux, établiront une règle de vérifiabilité selon laquelle « Une information ne peut être mentionnée que si les lecteurs peuvent la vérifier »[B 39]. Ce qui est donc indispensable au yeux des wikipédiens francophones, « c'est que toutes les informations susceptibles d'être contestées, ainsi que toutes les théories, opinions, revendications ou arguments, soient attribués à une source identifiable et vérifiable » , et il en résultera que l'« On peut supprimer une affirmation invérifiable »[B 39].

Ainsi, le point commun avec la proposition de Karl Popper sera une recherche de réfutabilité via un contrôle de la falsifiabilité, mais appliquée cette fois au niveau de information et non d'une théorie. De la règle de vérifiabilité wikipédienne, découlera alors la recommandation de citer ses sources dans laquelle on demande que « tout contenu, mis en doute ou susceptible d'être mis en doute, doit être étayé par une annotation menant à une ou plusieurs références qui s'appuient sur des sources fiables et clairement identifiées »[W 60]

La position de Karl Popper fut toute fois critiquée par Jean-Claude Passeron qui dira que de telles attentes épistémologique sont incompatibles avec « la pertinence empirique des énoncés sociologiques [qui] ne peuvent être définie que dans une situation de prélèvement de l’information sur le monde qui est celle de l’observation historique, jamais celle de l’expérimentation. » (Passeron, 2006, p. 554)[B 40]. Il est vrai, que le lecteur d'un ouvrage scientifique en science social sera toujours dans l'incapacité de revivre au même instant et donc de façon identique, l'expérience ou l'observation d'un phénomène décrit par un auteur. C'est pour cette raison que Jean-Claude Passeron introduit le terme d'historicité offrant aux sciences, historiques par nature, un régime de vérité différent des sciences dites de la nature (id.).

À cette impasse épistémologique d'ordre temporel peut s'ajouter une autre impasse d'ordre spatial dans le cas de travaux ethnographiques réalisés sur des terrains éloignés ou difficilement accessible pour le lecteur. En socio-anthropologie certain auteur parle d'ailleurs d'un « pacte ethnographique » (Olivier de Sardan, 2008, p.28)[B 41] grâce auquel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. » (Descola, 1993, p.480)[B 42]. Autrement dit, ce qu'un ethnographe demandera implicitement à ses lecteurs au travers de ce « pacte », c'est : faites-moi confiance, même si je ne vous apporte pas les moyens de le vérifier ce que je vous raconte, croyez-moi sur parole.

Nous parlions précédemment de l'imaginaire des acteurs de terrain comme facteur limitant l'accès à la réalité de terrain, voici maintenant venu le moment de parler de l'imaginaire de l'ethnographe. À ce sujet, l'une des polémiques les plus connue concerne les écris de Carlos Castañeda. Traduis en 17 langues et vendus à 8 millions d'exemplaires, les 15 livres de Castañeda[W 61] sont considérés aujourd'hui comme une œuvre autobiographie productrice de faux (Simon et Bibeau, 2004, p.11)[B 43]. Dans ses ouvrages Castañeda décrit un enseignement reçu par un mystérieux chaman répondant au nom de Don Juan Matus, dont personne n'a jamais réussi a retrouver la trace. Robert Marshall retrace en quelques ligne l'histoire de cette polémique :

« Le statut des livres en tant qu'anthropologie sérieuse n'a pratiquement pas été remis en question pendant cinq ans. Le scepticisme a augmenté en 1972 après que Joyce Carol Oates, dans une lettre au New York Times, ait exprimé son étonnement qu'un critique ait accepté les livres de Castaneda comme non fiction. L'année suivante, Time publia un article de couverture révélant que Castaneda avait beaucoup menti sur son passé. Au cours de la décennie suivante, plusieurs chercheurs, notamment Richard de Mille, fils du légendaire réalisateur, ont travaillé sans relâche pour démontrer que le travail de Castaneda était un canular. » (Marshall, 2007)[B 44].

Un tel épisode soulèvera donc la question de savoir où se place la limite entre l'ethnographie et la fiction ? (Narayan, 2008)[B 45]. À cette question Karl Popper répondra qu'il faut ré-expérimenter le vécu de l'ethnographe en retournant sur le terrain alors que Jean-Claude Passeron signalera qu'il sera impossible de ré-expérimenter les choses dans les mêmes conditions. D'ailleurs, les informateurs sont-ils toujours vivants ? N'ont-ils pas changé d'avis, de point de vue, d'imaginaire ? Et puis ce n'est pas tous les lecteurs qui pourrons partir à la recherche Don Juan Matus le shaman de Castaneda, ou se rendre sur les îles Samoa pour rencontrer les filles interrogées par Margaret Mead, ou encore programmer une rencontre avec Ogotemmeli, l'informateur de Marcel Griaule. Au bout du compte, toutes ces impasses demanderont au lecteur de se situer entre adhérer au pacte ethnographique,ou considéré sa lecture comme une potentiel œuvre de fiction.

Mais il se fait que ces impasses tendent à disparaitre dans le cas d'une étude basée, ou partiellement basée sur une observatioin du Web. Et ce fait est d'autant plus vrai que l'on travail dans un environnement aussi transparent et archivée que peut l'être le mouvement Wikimédia. Nous savons en effet que grâce au système MediaWiki de sauvegarde d'historiques librement accessibles, il est très souvent possible dans le cadre des activités en ligne au sein du mouvement Wikimédia[N 10] d'offrir aux lecteurs un accès Internet vers l’information tel qu'elle aura été découverte par le chercheur. Concrètement parlant, il suffit pour cela de fournir des hyperliens ou plus précisément un permaliens qui redirigeront les lecteurs vers des pages Internet qui resteront dans l'état ou elles auront été examinées par le chercheur. Dans l'interface de MediaWiki, ces permaliens sont accessibles via l’item « Lien permanent » situé dans le menu de gauche apparaissant sur toute les pages des projets. Une autre manière plus précise de fournir une information figée sera de fournir le lien vers la page de « différences entre versions » (appelées « diffs » en jargon wikipédien), celle qui s'affiche au départ d'un historique lorsque l'on veut consulté l'état d'une page avant et après une modification. Une des avantages de cette pages par rapport au permalien, c'est quelle affichera aussi le nom de l'auteur la modification et le moment exacte où elle a été faite.

Produire un hyperlien pointant vers des pages « diffs » représente par ailleurs une obligation procédurale dans le cadre par exemple d'une protestation à l'encontre d'un autre utilisateur. Sur la page Wikipédia:Contestation du statut d'administrateur[B 46], il est en effet clairement stipulé qu' « Une contestation doit être expliquée et étayée par des diffs ou entrées de journal, sinon elle n'est pas valide. ». Ces pages « diffs » ou du journal des activités du site présenté précédemment, permettront ainsi à chacun de vérifier ou « réfuter » les accusations portées à l'encontre d'une personne désignée administrateur du site. Typiquement, on y retrouvera des liens pointant vers des propos ou des actes contraires aux règles et recommandations en vigueurs au sein des projets. Pour exemple : des propos diffamatoires adressés à un autre utilisateur, la suppression abusive d'un article, le blocage arbitraire d'un utilisateur, etc.

A nouveau donc, nous voyons que l'univers Wikimédia m'aura servi d’inspiration sur la manière d'organiser mon travail ethnographique. De manière concrète, voici donc mes résolutions sur la manière dont je citerai les source en provenance du Web mobilisées dans ce présent travail : Chaque fois qu’apparaîtra une information ou une observation en provenance d'une page Web, celle-ci se verra suivie d'un appel de note (chiffre en exposé précédé de la lettre s majuscule) redirigeant le lecteur vers le permalien qui lui permettra de retrouver l'information dans l'état identique à ma propre observation. Quand l'information proviendra d'une page MediaWiki, deux cas de figure sont possibles. S'il s'agit d'une information issue d'une page organisationnel, la référence pointera vers le lien permanent de la page dans sa version consultée. S'il s'agit d'une information au sujet des dires ou des faits d'un acteur de terrain, la référence pointera alors vers la page de différence entre la version pré et post écriture ou le journal des actions utilisateurs. Enfin, si la page n'est pas issue d'un site MediaWiki, la référence pointera dans ce cas vers une version archivée de la page conservée et visualisable sur le site du projet Internet Archive[W 62]. Au final, c'est donc toute une webographie qui trouvera sa place au côté de la traditionnel bibliographie apparaissant habituellement en fin d'ouvrage. De la sorte, dans la liste de références webographiques apparaîtront donc les sources primaires, alors que dans la liste de références bibliographiques, figureront les sources secondaires.

Vidéo 2.1 Explications au sujet des sources primaires et secondaires destinée au éditeurs francophone de Wikipédia et produite dans le cadre d'un MOOC[B 47].

Cette distinction entre sources primaires et secondaires fera de nouveau écho à mon expérience de terrain. à un autre principe bien connu au sein des projets Wikimédia. Comme présenté précédemment dans la section « Choisir le terme socio-anthropologie et se tenir à l'écart du corporatisme » de ce chapitre, sur l'encyclopédique Wikipédia au contraire du projet Wikiversité, les contributeurs sont invités autant que possible à mobiliser des sources secondaires voir tertiaires dans la rédaction des article et le moins possible de sources primaires[B 48] (Voir à ce titre la vidéo 1.1 ci-contre). Dans le cas contraire, un travail contenant trop de source primaire, risquerait d'être perçu comme un travail de recherche original dit « travail inédit » en jargon wikimédien et sera candidat soit à une suppression, soit à un transfère vers Wikiversité ou un autre projet Wikimédia plus adéquat. Pour exemple concret, les données issue d'un courrier postal ne sont pas acceptable sur Wikipédia[B 49], alors que les même données issues d'un article de presse le seront.

Remarquons enfin que le projet Wikipédia s'inscrit dans une rhétorique similaire à celle de Karl Popper lorsqu'elle demande à ses éditeurs de Citez ses source[B 50] dans une recommandation résumée en ces termes :

« tout contenu, mis en doute ou susceptible d'être mis en doute, doit être étayé par une annotation menant à une ou plusieurs références qui s'appuient sur des sources fiables et clairement identifiées. Cette page explique comment réclamer ou trouver des sources de qualité. »

Il s'agit donc bien de fournir aux lecteurs et autres contributeurs la possibilité de réfuter les informations reprises dans un article en offrant la possibilité d'un retour à le source. Ce retour à la source, en plus de validé l'information, permettra aussi au lecteur de Wikipédia comme au lecteur de ce présent travail, de découvrir des informations périphériques à coté de celles sélectionnées d'autres qui auront été potentiellement omises de manière volontaire ou non. De la sorte, les références webographie offre donc au lecteur de se positionner sur la sélection et la manière de structurer l'information au sein du travail présenté.

Malheureusement, il reste enfin à traiter d'un autre enjeux épistémique touchant tout particulièrement la rédaction d'articles sur Wikipédia, au même titre que tous travaux bibliographiques tributaire de l'accès des sources secondaires. En effet, depuis longtemps déjà, ces sources font l'objet d'une dramatique marchandisation au sein de laquelle les prix d'accès au support papier ou numérique, peuvent parfois atteindre des prix exorbitants pour des personnes à simple revenus. Il est question pour certain d'un « oligopole d’éditeurs qui tire un profit maximum du fait que laboratoires scientifiques et chercheurs sont évalués en fonction des revues ou des maisons d’édition où ils publient leurs résultats »[B 51]. Dans un tel contexte, des « questions d'éthique concernent la publication scientifique » (Scheepmans, Wolf, 2016)[B 52] ne manquent pas de soulever le fait que limité l'accès à une production scientifique, c'est aussi quelque part limiter sa réfutabilité et donc sa scientificité. La nécessité d'une science ouverte se fait donc sentir. Une science dans laquelle toute information serait inconditionnellement accessible mais aussi, tant qu'à faire, respectueuse de la vie privée des gens.

Aspirer à une science ouverte, transparente et respectueuse de la vie privée[modifier | modifier le wikicode]

Comme nous allons le voir, les questions d'ouverture, de transparence et de respect de la vie privée me sont aussi apparues comme autant de nouvelles remises en cause épistémologiques issue de mon terrain d'étude. Ce questionnement n'est cependant pas nouveau au niveau de la recherche scientifique. Depuis longtemps déjà, un mouvement s'est crée autour de l'expression « OpenScience » avec l'apparition en 1999 du site www.openscience.org dédié à l'écriture et à la diffusion de logiciels scientifiques libres et open source[W 63]. Des termes anglais naîtrons la traduction française de « science ouverte » qu'il ne faut pas confondre avec l'expression « Science libre » correspondant au titre d'un magazine publié sous copyright[W 64].

Le mouvement des sciences ouvertes se voyait donc dès le départ étroitement lié à celui du logiciel libre dont il fut quelque part l'héritier. L'ouvrage intitulé : « Richard Stallman et la révolution du logiciel libre » (Stallman, 2013)[B 53] permettra aux lecteurs désireux de découvrir les origines et les enjeux du mouvement du logiciel libre dans la biographie de l'initiateur du premier projet de logiciel libre. Il s'agissait du projet GNU, lancé le 27 septembre 1983 sur la newsletter net.unix-wirards via Arpanet avec la règle d'or en guise de motivation exprimé de la sorte : « si j'aime un programme, je doit le partager avec d'autres »[W 65]. Voici un extrait de cette ouvra qui me semble suffisant pour poursuivre le débat entamé :

« Stallman propose de classer les œuvres soumises au copyright en trois catégories.

La première, fonctionnelle, comprend les logiciels informatiques, les dictionnaires, les manuels.

La deuxième comprend les œuvres ayant rôle de témoignage — par exemple des documents scientifiques ou historiques. Leur fonction pourrait être mise à mal si les auteurs comme les lecteurs étaient libres de les modifier à volonté. Cette catégorie inclut aussi les œuvres d’expression personnelle — journaux intimes, autobiographies ... — dont la modification reviendrait à falsifier les souvenirs d’une personne ou ses opinions, ce que Stallman considère comme injustifiable d’un point de vue éthique.

Enfin, la troisième catégorie concerne les travaux artistiques et de divertissement. Les droits accordés aux utilisateurs de chaque œuvre doivent, pour Stallman, être adaptés au type d’œuvre. Ainsi pour la première catégorie des œuvres fonctionnelles, les utilisateurs devraient-ils se voir conférer le droit illimité d’en faire des versions modifiées.

Pour les deuxième et troisième catégories, les droits de l’utilisateur devraient être modulés selon le souhait de l’auteur. Cependant, Stallman insiste sur le fait que, quelle que soit la catégorie de l’œuvre, la liberté de copier et de redistribuer de manière non commerciale devrait s’appliquer intégralement et en tout temps. Si cela signifie de laisser les internautes imprimer une centaine de copies d’un article, d’une image, d’une chanson ou d’un livre et ensuite d’en distribuer par courriel les copies à une centaine d’étrangers, alors qu’il en soit ainsi. »

Concernant la science ouverte, c'est à un récent ouvrage intitulé : « Science ouverte, le défi de la transparence » (Rentier, 2018)[B 54] que je ferai cette fois référence. Voici à nouveau un extrait qui pourra suffire à la poursuite du raisonnement :

« Il est impératif qu'à l'avenir, les articles écrits par des chercheurs et évalués par d'autres spécialistes cessent d'être des marchandises commerciales, mais qu'on les considère pleinement comme un savoir commun donc un bien public à partager gratuitement et sans entrave avec toute personne qui le souhaite et un patrimoine précieux à préserver pour les générations futures.

Les progrès technologiques en matière de communication permettent dès à présent un tel changement de paradigme, aussi est-il nécessaire de vaincre la résistance des maisons d'édition qui rechignent à faire évoluer leur mode de fonctionnement et leur relation avec le monde de la recherche — dont elles dépendent, en principe. Il faudra également vaincre la réticence de ce même monde de la recherche en lui faisant accepter la modernisation de cet aspect de sa mission, alors qu'il est friand de ces progrès lorsqu'il s'agit de la conduite de sa recherche. Il est temps également que le monde de la recherche utilise plus systématiquement, plus judicieusement et plus efficacement la ressource du Web qui a, après tout, été inventé par des chercheurs dans le but de communiquer entre eux ! »

Sur base de ces deux citations, nous pouvons donc dors et déjà réaliser à quel point le mouvement Wikimédia et son projet de libre partage des connaissances humaines reposant uniquement sur des logiciels libres, répond déjà au attente de la science ouverte. Voyons à présent que grâce au dispositif d'archivage automatisé des modifications faite au contenu des projets éditoriaux tel qu'il fut déjà décrit précédemment, l'environnement Wikimédia offre aussi une parfaite transparence et une grande traçabilité dans la production et la reproduction du savoir.

De façon concrète, cette traçabilité repose sur l'affichage de pages reprenant, sauf rares exceptions[N 11], l'historique de toutes les modifications apportées aux des pages éditable d'un projet Wikimédia tel que l'on peut le voir au niveau de la figure 1.7 présente ci-dessous reprenant une copie d'écran de l'historique des versions de l'article Wikipédia intitulé « science ouverte ». Sur cette page s'affiche de manière chronologique une liste de lignes reprenant dans cette ordre une séries d'informations et de liens utiles :

  • Un lien « actu » pointant vers la page de contenu tel qu'il se présente actuellement.
  • Un lien « diff » pointant vers une page de différence entre versions dans laquelle apparaît en gras (texte ajouté) et en surligné (texte retiré) les modification faites au contenu.
  • la date et l'heure exacte de la modification sous forme d'un lien pointant vers la version de la page archivée juste après la modification.
  • le nom d'utilisateur l'auteur de la modification suivit entre parenthèse d'un lien « discuter » pointant vers sa page de discussion et d'un lien « contributions » pointant vers une page listant chronologiquement toute les modification faite par l'utilisateur au sein du projet. Par défaut de compte utilisateur, s'affichera alors l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'éditeur sous forme de lien pointant vers une page listant toute les modifications faites par cette adresse au sein du projet. S'affichera ensuite entre parenthèses un lien « discuter » pointant vers une page de discussion consacrée à des échanges avec le ou les utilisateurs de cette connexion Internet.
  • en cas de modification mineure la lettre « m » en caractère gras
  • la taille de la page suite à la modification et celle de la modification exprimée en octets
  • entre parenthèse, un résumé des modifications éventuellement apporté par l'auteur ou le titre de la section automatiquement fourni par le système
  • et finalement entre parenthèse un lien annuler permettant d'enregistrer la version de la page antérieure à la modification et un lien « remercier » permettant d'adresse une notification de remerciement à l'auteur.
Page historique de l'article « Science ouverte »
Fig. 1.7 Copie d'écran de l'historique des modifications faite à l'article Wikipédia : « Science ouverte ».
Vidéo 6.1 Évolution de l'article Pomme sur le projet Wikipédia francophone, du 20 novembre 2002 date de création au 26 janvier 2012.

Au départ de ces pages d'historiques, il est donc possible de visualisé l'édition d'une page au fil du temps (voir video 6.2 ci-contre), tout en pouvant vérifier étape par étape les différences entre chaque version. Mais il est encore possible de pousser l'analyse encore plus loin grâce à un ensemble d'outils externes et statistiques présenté en tête de page. Dans leurs ordre d'apparition, ces outils permettent :

  • de filtrer les informations historiques affichée sur la page
  • d'afficher des statistique sur les éditions et les auteurs
  • de retrouver l'auteur de certains mots produits sur une page
  • de consulté des statistiques de consultation de la page
  • de connaître le nombre de contributeurs suivant la page
  • d'afficher toute les modifications de cette page faite par un seul contributeur

Tout ceci illustre donc à quel point est poussé le soucis de transparence dans le partage du savoir effectuer au sein du mouvement Wikimédia. Certains y verrons peut-être un « fantasme de la technologie » (Mazzocchetti, Servais, Boelllstorff, Maurer, 2015, p.16)[B 55], d'autres quelque chose qui relèvera le « défi de la transparence » en science ouverte (Rentier, 2018)[B 54], pour ma part, j'y ai vu l'occasion de rédiger une thèse de doctorat de façon inédite au sein du projet Wikiversité, tout en inscrivant mon travail dans un processus de science ouverte qui je l'espère fera des émules ou pour le moins suscitera question.

Un tel niveau de transparence soulèvera cependant la question du respect de la vie privée. Suite aux descriptions précédentes, on est en effet en droit de se demander si le dispositif technique Wikimédia ne serait pas contraire à ce droit fondamental bien connu des comités d'étiques en sciences humaines et sociales.

La réponse à cette question peut se trouver au départ d'un lien intitulé « condition d'utilisation »[B 56] présent en bas chaque page des projets Wikimédia. Au départ de ce lien que je soupçonne peut utilisé, on accède à une page d'informations générales comprenant un autre hyperlien pointant cette fois-ci vers une page consacrée à la politique de confidentialité adoptée par la fondation Wikimédia[B 57].

Bien que la fondation Wikimédia soit reconnue, en Italie[B 58] comme dans de nombreux autres pays, responsable de l'hébergement des projets Wikimédia mais pas de leur contenu, on s'aperçoit que dès ses débuts, elle sera très à cheval sur la protection de la vie privée et des données à caractères personnelles des utilisateurs des sites qu'elle héberge. Par exemple, il existe sur le projet Wikipédia francophone une page titrée Wikipédia:droit de disparaître[B 59] qui apporte réponse à cette « écologie déséquilibrante de l'oubli »[B 60] propre à l'espace Web (do Kim, 2012). Traduite en français le 14 juin 2005[B 61], cette page aura largement anticiper l'apparition du droit à l'oubli ou plus précisément du « droit à l'effacement » apparu en 2016 dans l'article 17 du règlement no 2016/679 édité par la commission Européenne, aussi appelé règlement général sur la protection des données (RGPD).

Au delà de ce droit, plusieurs autres options s'offrent aux utilisateurs de l'espace numérique Wikimédia qui signalons le déjà, n'ont pas besoin de transmettre une adresse courriel pour ouvrir un compte utilisateur. La première, et la plus populaire, consiste à créer un compte utilisateur avec pseudonyme de telle sorte que les modifications et actions faites ne soient pas attribuées à son identité propre. La seconde option plus fréquente parmi les utilisateurs moins actifs, est celle de contribuer aux projets sans se connecter. Dans ce cas de figure, en lieu et place du pseudonyme utilisateur, apparaîtra l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'utilisateur.

Cette deuxième option est cependant moins respectueuse de la vie privée d'un utilisateur, car au départ d'une simple adresse IP, un quelconque internaute pourra soit connaître l'organisation publique qui l'utilise, soit connaître la ville la plus proche d'une connexion Internet privée. Par exemple au départ de l'adresse IPv4 : 130.104.34.155, le site whatismyipaddress.com indiquera qu'elle est utilisée par l'Université Catholique de Louvain[W 66] alors que l'adresse IPV4 : 176.164.50.155 affichera sur la carte du site fr.geoipview.com la ville de Blois en France[W 67]. Il faut savoir enfin qu'il existe dans l’écosystème Wikimédia un lien en bas de chaque page répertoriant les contributions d'une adresse IP un lien pointant vers l'outil « Whois Gateway » qui affichera directement les informations concernant le fournisseur d'un l'adresse IP. Au départ de l'ardresse IPv6 : 2A01:CB05:8315:CB00:68DF:3702:8AF6:391F, Whois Gateway indiquera comme fournisseur Orange S.A. à Chantillon.

Plus fréquemment utilisées par les connections mobiles, les adresses IPV6 seront donc moins facilement géolocalisables. Cependant et comme nous l'avons vu, il sera toujours possible par une personne mandatée de contacter le fournisseur d'accès Internet (FAI) d'une adresse IP quel qu’elle soit. Ce dernier est en effet tenu obligé selon les lois en vigueurs dans les états, de conserver les informations qui permettront l'identification de l'auteur d'un contenu ou d'une action apparus sur le Web. À titre d'exemple, en France, ces informations doivent être gardées un an[B 62], alors que sur le projet Wikipédia francophone, l'adresse IP des éditeurs connectés est confidentiellement gardées au niveau des serveurs informatiques pendant trois mois seulement pour être ensuite perdues à jamais[B 63].

Comme dernière option enfin, il est aussi possible de créer un compte utilisateur dans lequel on dévoile sa propre identité. Cela représente alors un choix personnel qu'il faut assumer tout en gardant à l'esprit qu'une partie de sa vie s'expose dès lors au yeux du monde connecté et de façon potentiellement irréversible. On le sait, sur le Web toute information publique peut toujours être sauvegardée par un autre internaute et réapparaître quelque part sur la toile après effacement. Les vidéos interdites de diffusion sur le Net, qui disparaissent et apparaissent sans cesse d'une page à l'autre en est un bonne exemple. Ceci dit, afficher sa réelle identité offre aussi l'avantage d'assurer la paternité de ses écrits et donc de les protéger d'un risque de plagiat tout en les publiant dans la plupart des cas[N 12] sous une licence CC.BY.SA qui les protégera d'une éventuelle récupération et mise sous copyright. Un tel choix enfin, peut aussi répondre à des obligations d'ordre déontologique liés au cadre d'une recherche scientifique par exemple.

C'est donc ainsi que le 26 février 2011, jour du début de mon observation participante au sein de l'espace numérique Wikimédia, j'ai décidé de crée un compte affichant mon nom et prénom pour me décrire ensuite brièvement sur ma page utilisateur[B 64]. Au fil du temps cette petit description est devenue une présentation complète de ma personne suivie de la liste exhaustive de mes écrits et activités réalisé au sein ou en relation avec le Mouvement Wikimédia. Cette idée m'est apparue petit en pensant qu'il serait bon pour ma recherche d'établir une collecte de liens attestant mes observations participante tout en informant la communauté wikimédienne de mon niveau d'implication au sein du mouvement. A terme, j'ai maintenu deux pages utilisateur distincte, une première sur le site de la Wikiversité francophone où je répertorie tous mes travaux écris réalisés depuis mes études de secondaire de qualifications techniques et une autres pour tous les autres projets de la fondation où je répertorie l'entièreté de mes activités en lien avec le mouvement Wikimédia.

Maintenant, avoir un compte sous identité propre n’empêche pas la création ou le maintient d'un ou de plusieurs comptes anonymes. Cependant, il est recommander par un grand nombre de Wikipédiens de signaler que les différents comptes sont utiliser par une seul personnes sans quoi il y a un risque de se voir accusé d'utilisateur de faux-nez ou autrement dit d'utiliser plusieurs comptes pour tromper les autres Wikipédiens pour voter plusieurs fois, lancer des accusations sans se faire identifier ou encore contourner un blocage de compte utilisateur[B 65]. On parlera aussi sur Wikipédia de compte à objet unique (répondant à l'acronyme CAOU dans le jargon Wikipédien)[B 66] lorsque ce dernier est utiliser uniquement lors d'une intervention limitée et uniquement sur un sujet ou une cause unique.

Autre possibilité encore, il est toujours possible aussi d'éditer les projets Wikimédia en prenant le soin de se déconnecter de tel sorte à ne pas être identifier, ni de son vrai nom, ni de son pseudo par les autres utilisateurs. Pour l'avoir fait à une occasion ou l'autre, et souvent même de façon distraite en oubliant de me connecter, j'imagine que la pratique ne doit pas être rare et qu'elle peut permettre de porter rapidement un acte sans qu'il soient lié à son compte utilisateur.

En fin de compte, toutes ces options et dispositions garantissent donc une gestion « à la carte » du respect de la vie privée des acteurs wikimédiens et de leurs données à caractère personnelles. Elle permettront aussi à certains utilisateurs situés dans des pays sujet à la censure des projets Wikimédia et à la répression de leurs utilisateurs de se connecter via des réseaux privés virtuels sans risquer de dévoiler ni leur identité ni l'adresse de la connexion étrangère par lequel ils passent pour avoir accès au sites.

Une dernière chose important à retenir sera que toute les informations fournies par les utilisateurs, sur leurs pages de présentations, lors de discussion, ou sur d'autres endroits et lors d'autres types d'activités, sont elles aussi placées sous licence créative commons CC.BY.SA. Par conséquent, elles représentent donc des données directement utilisables par un chercheur sans autorisation nécessaires dès lors qu'il produira son travail sous licence CC.BY.SA. Dans la plupart des cas malheureusement, le respect de la clause copyleft est soit ignorée soit négligée par des chercheurs travaillant au départ du contenu de Wikipédia pour publier ensuite leurs travaux sous copyright ou sous une licence différente de celle appliquée sur les matériaux qu'il ont récupéré.

En produisant mes travaux de recherche au sein même d'un projet Wikimédia, je m'assurais donc d'être en conformité au niveau licence tout en me sentant libre d'exploiter sans retenue toutes les informations trouvées sur les site de la fondation. De plus et comme nous allons le voir à présent, ce choix me permettra aussi d'établir plus facilement un dialogue avec la communauté wikimédienne lors de la rédaction de mon travail, un peu à la manière de Tom Boellstorf, anthropologue qui dans son ethnographie de Second Life organisait des groupes de discussion dans sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia » (Boellstorf, 2013, p.148 )[B 67]. Une occasion unique quelque part de conjuguer le point de vue « émique » des acteurs à ma propre production épistémique (Olivier De Sardan, 2008, p.105)[B 28].

Rédiger sa recherche dans un processus dialogique[modifier | modifier le wikicode]

L'écriture dialogique en socio-anthropologie n'est pas un concept nouveau. Un anthropologue tel que Mondher Kilani en parlait déjà dans les années nonante en citant pour exemple les écrits de Philippe Descola (2006)[B 42], de Jeanne Favret-Saada (1977)[B 68] et les siens (Kilani, 1992)[B 69]. Il décrit sa propre expérience comme telle : « Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation » (Kilani, 1994, p.53)[B 70]. Plus récemment, Frédéric Laugrand, actuel directeur de mon laboratoire de recherche mettra au point système d'atelier de transmission intergenérationnelle des savoirs (ATIS) visant à une coconstruction des savoirs entre des chercheurs et des participants dans une dynamique de transmission à destination des jeunes par le « faire comme si » afin d'aboutir à la production de document sous forme de verbatims ultimement validés par les participants (Laugrand, à paraitre)[B 6].

Dans le cas de ce présent travail, il ne sera pas question d'atelier ou de production collective du savoir, mais bien d'une négociation tel qu'exprimée par Kilani dans une thèse de doctorat attendue comme une épreuve qualifiante se devant d'être écrite par un seul auteur. En raison de cette contrainte institutionnel, la co-construction des idées devra clairement être séparée de l'écriture du texte, même si des retouches au niveau orthographique ou syntaxique seront toujours les bienvenues. Il sera donc bien question d' « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique » (Kilani, 1999, p.101)[B 71] mais en gardant bien à l'esprit que ces autres ne seront en aucun cas les auteurs de ce récit. Il me faut donc expliquer à présent comment j'ai exploité le dispositif socio-technique mis en œuvre au sein des projets Wikimédia pour écrire de manière dialogique ma thèse de doctorat.

Pour ce faire, revenons tout d'abord sur la description d'un contexte tout à fait favorable à une écriture dialogique et participative. Wikipédia comme tous les sites éditoriaux soutenus par le mouvement Wikimédia sont des espaces collaboratifs au sein des quels, le partage du savoir par les éditeurs aguerris finit par répondre à des gestes anodin d'édition et de surveillance réciproque. Par exemple, lorsque j'ai consulté l'article « Science ouverte » dont il était question précédemment, je n'ai pas hésité à reformuler la phrase d'introduction en laissant pour résumé : « Reformulation de la première phrase en vue d'une meilleure compréhension. »[W 68] . Une fois ma modification publiée, elle devient alors visible sur une page « diff »[N 13] où sera affiché les différences entre le contenu de l'article avant et après l'édition. Apparaît surligné dans le cadre de gauche ce qui a été supprimé et en gras dans le cadre de droite ce qui a été ajouté (voir fig. 1.7 ci-dessous).

Capture d'écran de la page de Wikipédia « Science ouverte » affichant les différences apportées par ma modification de la phrase d'introduction
Fig. 1.7 Capture d'écran de la page de Wikipédia « Science ouverte » affichant les différences apportées par ma modification de la phrase d'introduction.

Dès sauvegarde de la modification, cette page « diff » sera alors notifiée sous forme dans la liste de suivit de tous les utilisateurs enregistrés qui auront cliqué sur la petite étoile située entre l'onglet « Voir l'historique » et le cadre « Rechercher dans Wikipédia ». Cette liste de suivit ressemble à une page historiques présentée précédemment dans laquelle sera affiché par ordre chronologique toutes les modifications faites aux articles qu'un utilisateur à décidé de suivre en cliquant sur la petite étoile (voir fig. 1.8 ci-dessous). Les utilisateurs qui auront configurer adéquatement leur système de notification dans le menu de leurs préférences utilisateur recevront en plus de leur liste de suivit, ce lien vers la page « diff » dans un courrier électronique.

Capture d'écran de la page de suivit utilisateur Wikipédia.
Fig. 1.8 Capture d'écran de la page de suivit utilisateur Wikipédia.

Au départ de ce dispositif technique, une dimension dialogique apparaîtra dès lors qu'il y aura divergences d'opinions sur le contenu d'un article. Lorsque deux éditeurs sont en désaccord sur le contenu d'une page, la communauté attend d'eux qu'ils cliquent sur l'onglet « Discussion » présent en haut de toutes les pages des projets Wikimédia. De cette manière, il se rendrons sur une page unique à chaque article dans laquelle chaque protagoniste pourra alors argumenter ses souhaits ou objections au sujet de l'article.

Dans ce même ordre d'idée, j'invite donc sur Wikiversité le projet dans lequel je rédige ma thèse, toutes personnes désireuses d'entrer en dialogues sur le contenu de mes recherche a s'exprimer sur différentes pages de discussion. Soit sur un premier espace de discussion principale[B 72] portant sur l'ensemble de ma thèse existe et bénéficiant d'un système de discussions structurées qui simplifiera les échanges pour les personnes non initiée à l'écrire du wikicode, soit sur d'autres pages de discussions associées à chaque chapitre de ma thèse et rendue visible et accessible par un hyperliens « [ Réagir au contenu de ce chapitre ] » situés en dessous du titre de chaque chapitre. En plus de nourrir ma propre autocritique, ces pages de discussions toujours accessibles aux internautes qui consulteront mon travail directement sur le Web, leurs permettrons à leur tour d’aiguiser leur propre esprit critique sur le contenu de mon travail.

Dans le but d'inciter les acteurs du mouvement à entrer en dialogue au niveau de ma recherche, je posterai régulièrement à la clôture de chaque chapitre des messages d'invitations au niveau des principaux espaces de discussions existant au sein du mouvement Wikimédia. A titre d'exemple, un premier message titré « Avis de travail en cours »[W 69] fut déposé dans le bistro de Wikipédia[N 14] le 31 mai 2019 et reçu pour réactions les commentaires repris ci-dessous :

Bonjour,

J'ai entamé la rédaction d'une thèse de doctorat publiée sur Wikiversité et portant sur le mouvement Wikimédia. Le premier chapitre de ce travail consacré à la méthodologie est actuellement prêt à être relu par les personnes actives au sein du mouvement. La mise en forme du texte n'est pas terminée et l'orthographe doit y être déplorable, mais j'aimerai le soumettre à réaction avant un prochain rendez-vous avec mon comité d'accompagnement dans le cadre d'une épreuve de confirmation. J'invite donc toutes les personnes intéressées a réagir librement sur la page de discussion consacré au chapitre. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe durant votre lecture. Je vous en serais très reconnaissant. En vous remerciant d'avance et vous souhaitant une belle journée à tous. Bien cordialement, Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 01:43 (CEST)

Intéressant, mais, à part l'orthographe, qui écrit la thèse, le doctorant ou la communauté Wikipédia ? - Siren - (discuter) 31 mai 2019 à 14:12 (CEST)
Bonjour Siren, Pour répondre à la question : Au niveau de des mots et des phrases, c'est le doctorant. Au niveau de la connaissance et des idées, c'est le doctorant et la communauté, celle de Wikipédia mais aussi celles de tous les projets soutenu par la fondation. Si la question est posée, c'est sans doute que les choses ne sont pas assez claire. Je vais donc tenter de reformuler les choses de façon plus explicite. D'ailleurs cette présente interaction entre nous illustre déjà en partie l'idée d'une construction dialogique de la connaissance. Dans le cadre de mon doctorat, elle ne peut malheureusement pas être similaire à ce qui se passe sur Wikipédia. Ce travail débouche sur un diplôme, et dans le monde académique qui m'entoure, pour se voir attribuer le titre de docteur, il faut défendre seul une thèse réalisé en solo. Ceci dit Jimbo Wales a reçu de mon université le titre de docteur honoris causa, sans avoir écrit aucune thèse. Donc voilà, il y a bien d'autres personnes encore qui en savent bien plus que moi sur le mouvement Wikimédia et ce serait donc idiot et présomptueux de ma part de ne pas les inviter à entrer en dialogue autour de l'écriture de ma thèse. Déjà un grand merci pour les corrections orthographique et une belle fin de journée ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 23:45 (CEST)
Ouaaah, je vais faire un tour par désoeuvrement sur cette page, et chtonk ! scotch. Absolument passionnant, ce truc, je recommande fortement la lecture ! Alors, évidemment, comme toutes les thèses dans un domaine pas mien, c'est tellement concentré que pour mon pauvre esprit va falloir un tit moment pour tout absorber, mais déjà des réflexions fusent.
Par exemple j'adore l'idée de base que l'objet de recherche, ancré dans la vraie de vraie réalité, met en forme les méthodologies et pas le contraire, ce qui est pourtant normalement ce qu'on nous enseigne. Je suis bien d'accord pourtant, nos tendances à déterminer des cadres stricts, bien léchés, universels etc. ça vient d'une époque (disons depuis le XVIIIème) où on va favoriser la création de catégories avant même de mettre des objets dedans, une volonté de tout régenter, en quelque sorte, de tout classer et universaliser, de produire des cadres vides. Très Newtonien. Peut-être lié à l'ensemble des représentations du temps (le milieu temporel), chais pas.
J'aime aussi, intuitivement, la réflexion sur l'imaginaire et sa force de construction ! Un dernier point sur le premier chapitre (je vois qu'il y a eu plein d'ajouts), il est dit que les sciences sociales ne prétendent pas à définir un ensemble de paramètres absolus qui rendent les expériences reproductibles, contrairement aux sciences autres, dites dures. Mais à mon avis, dans les autres sciences non plus. On y prétend, on prétend faire reproductible, mais c'est juste un outil utile. Les paramètres y sont soumis aux mêmes différences, simplement les sciences dures tendent aussi à des applications et donc veulent être opérationnelles. Un peu comme si on faisait un raisonnement en coupant le chemin à faire en petites étapes (comme Descartes) pour atteindre le but, mais qu'on est bien conscient que le chemin en tant que tel n'existe pas, c'est nous qui l'avons créé pour résoudre le problème.--Dil (discuter) 31 mai 2019 à 23:57 (CEST)
Merci pour ce retour encourageant Dil ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 2 juin 2019 à 01:42 (CEST)»

En plus des forums de discussion, j'utiliserai aussi le système de notification Echo mis en place au sein de l'espace numérique Wikimédia. Ce système permet de prévenir un utilisateur enregistré à partir de n'importe quelle page des sites Wikimédia. Cette notification se fait soit par courriel quand la fonction a été activée par l'utilisateur, soit par message dès que ce dernier se connectera à n'importe quel site Wikimédia.

Concrètement, il me suffit par exemple au sein de ce présent texte que je suis en train d'écrire sur Wikiversité de produire l'hyperlien : « Psychoslave » pour que l'utilisateur répondant au pseudonyme « Psychoslave » soit averti que je le mentionne ici. De la sorte, il saura que je désire attirer son attention sur cette page, et dans ce cas-ci, le remercier de l'intérêt qu'il porte sur mes travaux. Pour ne pas attirer son attention, j'aurai pu tout aussi bien écrire son nom d'utilisateur sans créer d'hyperlien comme je l'ai fait dans les signature de la discussion repris ci-dessus. Sans notification, Psychoslave devra alors faire une recherche laborieuse à l'aide d'un moteur de recherche interne ou externe à Wikiversité pour savoir que je parle de lui. Au contraire, quand je le notifie, il recevra dans sa boite mail et/ou dans son système de notification un hyperlien qui lui permettra d'accéder directement aux propos que j'ai tenu sur lui, de tel sorte à ce qu'il puisse régir à ceux-ci en manifestant par exemple un éventuel désaccord.

Pour aller encore plus loin dans le partage et la participation, j'ai aussi eu l'idée de créer le Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia[B 73], sur Wikiversité dans lequel j'invite tout un chacun, à s'investir dans l'étude du mouvement Wikimédia. Un tel espace me permet de partager publiquement tout un ensemble de ressources découvertes lors de mes travaux de recherche mais qui ne peuvent trouver leur place dans ma thèse de doctorat. Parmi ces ressources figurent notamment, un état de l'art francophone sur le mouvement Wikimédia qui sera repris en annexe de ce travail, mais aussi un répertoire des acteurs du mouvement et de nombreuses listes d'hyperliens pointant vers des sources d'informations statistiques ou des sources et outils d'analyse divers. J'avais aussi pour espoir d'être rejoint par d'autres personnes intéressées par mon sujet d'étude, mais à ma grande déception, ce sujet ne semble pas plus intéresser les internautes que les étudiants de master de mon université.

Tout ceci étant fait, je devais encore au final m'assurer d'être capable de maîtriser un minimum le langage de mes interlocuteurs. Joseph-Marie de Gérando, l'un des précurseurs de l'anthropologie moderne, n'écrivait-il pas dans le journal de la société des observateurs de l'homme : « Le premier moyen pour bien connaître les Sauvages [expression courante de son époque], est de devenir en quelque sorte comme l'un d'entre eux ; et c'est en apprenant leur langue qu'on deviendra leur concitoyen. » (de Gérando, 1800, p.13)[B 74] ?

Avec plus de 300 versions linguistique de Wikipédia, le mouvement Wikimédia apparaît comme un espace de rencontre extrêmement cosmopolite et polyglotte. Heureusement pour moi, ma maîtrise de l'anglais, lingua franca universel pratiquée au sein du mouvement s'est avérée suffisante pour communiquer sur les projets en ligne multilingues et durant les rencontres internationales. Cependant, dans l'espace numérique Wikimédia, la connaissance du langage naturel ne suffit plus. Pour participer aux discussions sur les pages hébergée par le logiciel MediWiki il faut en effet appréhender le wikicode appelé aussi wikitexte qui permet de définir la mise en forme du texte. On peut s'en sortir dès le début, mais si on en juger l'affichage en wikicode de la discussion reprise quelques paragraphes on réalise que cela peut être déconcertant au premier abord :

Bonjour, <br> J'ai entamé la rédaction d'une thèse de doctorat [[v:Recherche:Ce_que_le_mouvement_Wikimédia_nous_apprend_sur_l'Homme_et_la_Société_globalisée|publiée sur Wikiversité]] et portant sur le mouvement Wikimédia. [[v:Recherche:Ce_que_le_mouvement_Wikimédia_nous_apprend_sur_l'Homme_et_la_Société_globalisée/Innovations|Le premier chapitre de ce travail]] consacré à la méthodologie est actuellement prêt à être relu par les personnes actives au sein du mouvement. La mise en forme du texte n'est pas terminée et l'orthographe doit y être déplorable, mais j'aimerai le soumettre à réaction avant un prochain rendez-vous avec mon comité d'accompagnement dans le cadre d'une épreuve de confirmation. J'invite donc toutes les personnes intéressées a réagir librement sur [[v:Discussion Recherche:Ce que le mouvement Wikimédia nous apprend sur l'Homme et la Société globalisée/Innovations|la page de discussion consacré au chapitre]]. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe durant votre lecture. Je vous en serais très reconnaissant. En vous remerciant d'avance et vous souhaitant une belle journée à tous. Bien cordialement, [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉ </big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 31 mai 2019 à 01:43 (CEST) :Intéressant, mais, à part l'orthographe, qui écrit la thèse, le doctorant ou la communauté Wikipédia ? - [[Utilisateur:Siren|<font color="blue">Siren</font>]] - [[Discussion Utilisateur:Siren |(discuter)]] 31 mai 2019 à 14:12 (CEST) ::Bonjour [[Utilisateur:Siren|<font color="blue">Siren</font>]], Pour répondre à la question : Au niveau de des mots et des phrases, c'est le doctorant. Au niveau de la connaissance et des idées, c'est le doctorant et la communauté, celle de Wikipédia mais aussi celles de tous les projets soutenu par la fondation. Si la question est posée, c'est sans doute que les choses ne sont pas assez claire. Je vais donc tenter de reformuler les choses de façon plus explicite. D'ailleurs cette présente interaction entre nous illustre déjà en partie l'idée d'une construction dialogique de la connaissance. Dans le cadre de mon doctorat, elle ne peut malheureusement pas être similaire à ce qui se passe sur Wikipédia. Ce travail débouche sur un diplôme, et dans le monde académique qui m'entoure, pour se voir attribuer le titre de docteur, il faut défendre seul une thèse réalisé en solo. Ceci dit Jimbo Wales a reçu de mon université le titre de docteur honoris causa, sans avoir écrit aucune thèse. Donc voilà, il y a bien d'autres personnes encore qui en savent bien plus que moi sur le mouvement Wikimédia et ce serait donc idiot et présomptueux de ma part de ne pas les inviter à entrer en dialogue autour de l'écriture de ma thèse. Déjà un grand merci pour les corrections orthographique et une belle fin de journée ! [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉ </big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 31 mai 2019 à 23:45 (CEST) ::: Ouaaah, je vais faire un tour par désoeuvrement sur cette page, et chtonk ! scotch. Absolument passionnant, ce truc, je recommande fortement la lecture ! Alors, évidemment, comme toutes les thèses dans un domaine pas mien, c'est tellement concentré que pour mon pauvre esprit va falloir un tit moment pour tout absorber, mais déjà des réflexions fusent. :::Par exemple j'adore l'idée de base que l'objet de recherche, ancré dans la vraie de vraie réalité, met en forme les méthodologies et pas le contraire, ce qui est pourtant normalement ce qu'on nous enseigne. Je suis bien d'accord pourtant, nos tendances à déterminer des cadres stricts, bien léchés, universels etc. ça vient d'une époque (disons depuis le XVIIIème) où on va favoriser la création de catégories avant même de mettre des objets dedans, une volonté de tout régenter, en quelque sorte, de tout classer et universaliser, de produire des cadres vides. Très Newtonien. Peut-être lié à l'ensemble des représentations du temps (le milieu temporel), chais pas. :::J'aime aussi, intuitivement, la réflexion sur l'imaginaire et sa force de construction ! Un dernier point sur le premier chapitre (je vois qu'il y a eu plein d'ajouts), il est dit que les sciences sociales ne prétendent pas à définir un ensemble de paramètres absolus qui rendent les expériences reproductibles, contrairement aux sciences autres, dites dures. Mais à mon avis, dans les autres sciences non plus. On y prétend, on prétend faire reproductible, mais c'est juste un outil utile. Les paramètres y sont soumis aux mêmes différences, simplement les sciences dures tendent aussi à des applications et donc veulent être opérationnelles. Un peu comme si on faisait un raisonnement en coupant le chemin à faire en petites étapes (comme Descartes) pour atteindre le but, mais qu'on est bien conscient que le chemin en tant que tel n'existe pas, c'est nous qui l'avons créé pour résoudre le problème.--[[Utilisateur:Dilwenor46|Dil]] ([[Discussion utilisateur:Dilwenor46|discuter]]) 31 mai 2019 à 23:57 (CEST) ::::Merci pour ce retour encourageant [[Utilisateur:Dilwenor46|Dil]] ! [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉ </big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 2 juin 2019 à 01:42 (CEST)»

Pour la suite et pour peut que l'on tient à comprendre pleinement les enjeux du numérique, c'est aux langages informatiques utiliser dans les projets Wikimédia qu'il faut s'attaquer. Sans une certaine maîtrise du vocabulaire et la grammaire HTML, CSS, JavaScript, PHP et Lua, il m'aurait été difficile en effet de dialoguer avec les acteurs impliqués dans la gestion technique des espaces numérique utilisés par le mouvement Wikimédia. Aussi faire l'impasse sur la connaissance du code informatique me semblait être une erreur fatale, au vue de ce qu'écrit Lawrence Lessig, au sujet du code informatique dans sont célèbre article intitulé : « Code is law » (2000)[B 75] :

« Ce code, ou cette architecture, définit la manière dont nous vivons le cyberespace. Il détermine s’il est facile ou non de protéger sa vie privée, ou de censurer la parole. Il détermine si l’accès à l’information est global ou sectorisé. Il a un impact sur qui peut voir quoi, ou sur ce qui est surveillé. Lorsqu’on commence à comprendre la nature de ce code, on se rend compte que, d’une myriade de manières, le code du cyberespace régule.» (Lessig traduit par Kauffman, 2010)[B 76]

Quand on pense au nombre de gens capables de le comprendre ce code au sein d'un monde où bientôt tout le monde se laissera guider par son smartphone, ce genre d'affirmation peu faire froid dans le dos. Elle impose au final de ce questionner sur l'avenir des sociétés face à une révolution numérique quelque peut débridée qui ne semble pas prête à vouloir s'arrêter demain. En tant que recherche en socio-anthropologie numérique je me sens donc investi d'une réflexion prospective sur l'avenir des sociétés. Une démarche cadre parfaitement avec les habitudes du laboratoire d'anthropologie prospective dans lequel je suis actif, redevable et reconnaissant.

S'inscrire dans la démarche d'une anthropologie prospective[modifier | modifier le wikicode]

L'expression écrite « anthropologie prospective » semble être apparue pour la première fois en 1888 dans un cours de George Vacher de Lapouge (1888, p.29)[B 77], mais le concept à proprement parlé d'« anthropologie prospective » fut créés par Gaston Berger (1956)[B 78]. « Dès 1955, il trace les contours d'une méthode nouvelle [la prospective] qui réconcilie savoir et pouvoir, finalités et moyens, en donnant à l'homme politique la possibilité de transformer sa vision de l'avenir en actions, ses rêves en projets. » (Durance, 2008, p.13)[B 79]. Au sein d'une humanité encore inconsciente d'un réchauffement climatique naissant, Gaston Berger observait déjà une dangereuse accélération :

« L'homme est devenu capable d'actes irréversibles (Berger, 1960a)[B 80]. Par ailleurs, cette accélération n'affecte pas tout, ni tout le monde, de la même façon ; des " décalages ", des tensions, apparaissent un peu partout, qui renforcent encore ce sentiment de transformation du monde (Berger, 1957a)[B 81]. » (Id.)[B 79].

Définie par son auteur comme science de « l'homme à venir (Berger, 1956b)[B 82]» (Durance, 2008, p.17)[B 79], l'anthropologie prospective aura donc pour objet d' « élaborer de nouvelles formes d'études prospectives, qui auraient comme sujet les différentes situations dans lesquelles l'homme pourrait se trouver dans l'avenir [...] Ces études devront s'attacher à dégager les structures profondes des phénomènes, puis faire jouer l'imagination pour esquisser les premier schémas des situation à venir » (Id.). Dans l'esprit de Gaston Berger, « Cette " mission " devra être confiée à des spécialistes de divers horizons (psychologie, sociologie, économiste, pédagogue, ingénieurs, médecin, statisticien, démographe, etc.). » (Id.)[B 79].

Afin de rassembler toutes ces disciplines un « Centre International de la prospective » fut créé en mai 1957, trois ans avant le décès de Gaston Berger qui en fut le premier président (Durance, 2008, p.19)[B 79]. D'autre centres naîtront ensuite sous la même impulsion, tel que le Centre d'études prospectives (Association Gaston-Berger)[B 83] ou encore le le centre d'anthropologie prospective de Rouen qui produira en 1973, une première et dernière publication[B 84] contenant les actes d'un premier colloque axé sur le thème « La psychanalyse d'aujourd'hui »[B 85] dans lesquels l'anthropologie prospective restera présenté comme un « projet d'unification et de synthèse » (Clancier, 1974, p.15)[B 86]. Pour la suite, Gaston Berger restera cité dans la littérature mais de moins en moins durant les vingt ans qui suivront son décès[B 87]. Le concept de « prospective » aura cependant marqué les esprits et lancé une mouvance qui se concrétisera notamment par la naissance club de Rome connu pour son rapport sur Les limites à la croissance (Meadows, 1972)[B 88], et ses préoccupation concernant une crise planétaire naissante.

Quant à l'anthropologie prospective, on n'en parlait déjà plus en 1979 dans un titre de la collection Que sais-je pourtant intitulé « La prospective » (Decouflé, 1979)[B 89]. Cependant, le concept réapparu soudainement en 2001, dans le titre de la revue Recherche Scociologique de l'Université Catholique de Louvain. Sous la direction de Mike Singleton (2001)[B 90], cette revue marquera les débuts d'un laboratoire d'anthropologie prospective (LAAP) dont je suis actuellement membre actif et quelque part héritier. L'anthropologie prospective, venait donc d'être réinventée quarante-cinq ans plus tard et de façon « inédite » (id., p.3)[B 90], comme le croyaient ses nouveaux fondateurs, ignorant à l'époque l’existence des travaux de Gaston Berger tombés dans l'oubli au cours des années 70. Un fait quelque peu amusant, puisqu'il s'agissait pour ces créateurs d'un acte de « réincarnation » (id., ), non pas de l'anthropologie de Gaston Berger, mais bien d'une anthropologie dont « on prédisait sa mort imminente » (Worsley, 1966[B 91] cité par Singleton, 2001, p.2)[B 90].

En faisant renaître l'anthropologie prospective, les créateurs de ce laboratoire ont aussi opté pour une transdisciplinarité (id., p.4)[B 90], et non plus un projet interdisciplinaire telle qu'elle avait été conçue par Gaston Berger lorsqu'il rassembla au sein de son projet différentes disciplines scientifiques. A contrario, la stratégie du laboratoire d'anthropologie fut de rassembler au sein d'une anthropologie comme unique discipline, des personnes originaires d'horizons scientifiques différents (droit, agronomie, histoire, économie, communication, astrophysique, etc.). Une deuxième stratégie consista ensuite à retrancher le fait anthropologique derrière un « fait d'anthropologues » (id., p.3) ou autrement dit, d'accorder plus d'importance et de reconnaissance aux travaux singuliers d'anthropologues qu'à l'anthropologie elle-même qui n'est dès lors plus perçue comme une pratique monolithique mais comme une posture commune.

Tant pour le LAAP (Hermesse, 2011)[B 92] que pour le centre de Gaston Berger (Durance, 2010, p.19)[B 93], faire de l'anthropologie prospective, c'est aussi adopter une posture à la fois réflexive et engagée. J'assumerai pour ma part le côté réflexif en adoptant par moment un style d'écriture auto-ethnographique (Hayano, 1979)[B 94], qui permettra aux lecteurs de se situer par rapport à mon vécu au sein du mouvement Wikimédia et donc aussi par rapport aux biais d’interprétation que ce vécu pourrait engendrer. Au niveau de l'engagement, il sera aussi très présent dans mon style d'écriture autant qu'il a été lors de mon observation participante où je n'ai pas hésité à me présenter à plusieurs reprise comme candidat dans divers conseil d'administration. Au niveau du style d'écriture, j'utiliserai donc la première personne du singulier pour exprimer mes propres propos et le discours direct pour les paroles prononcée par les acteurs.

Selon Mike Singleton enfin, « on ne fait pas de l'anthropologie prospective pour satisfaire sa curiosité théorique [...] mais pour activer l'énergie humaine » (Singleton, 2011, p.52)[B 95]. Je suivrai donc aussi ce dernier enseignement en me remémorant la lecture d'une ethnographie de Wikipédia dans laquelle la dernière citation faisait référence à un wikipédien qui disait que : « le problème avec Wikipédia, c'est que cela fonctionne seulement en pratique, en théorie cela ne fonctionne pas »[N 15] (Jemielniak, 2015, p.192)[B 96].

Se positionner face aux tensions épistémiques inter et intra communautaires[modifier | modifier le wikicode]

Comme cela a déjà été partiellement décrit précédement, en me situant à la fois au sein d'un laboratoire et institut universitaire en tant que chercheur, du projet encyclopédique Wikipédia en tant qu'éditeur et au sein de la communautés Wikiversitaire en tant qu'administrateur, j'ai pu à mainte reprise observer des tentions épistémiques entre mes trois communautés d'apartenance mais aussi au sein même de chaqu'une d'entre elles. Ce dernier tour d'horizon suivit d'un ultime positionnement me permettra de conclure ce chapitre consacré à l'éthique et la méthodologie de ma rechecher.

Tension épistémique au sein de Wikipédia

A partir de 2007 par exemple, et non sans une certaine résistance de la part d'une frange de la communauté d'éditeurs, le projet Wikipédia dut se positionner autour de l’émergence d'un lobby en faveur du référencement des informations. Le référencement ou « sourçage des articles » en terme d'actuelles recommandations Wikipédiennes[W 70], fut quelque peu plébiscité par le fondateur de l'encyclopédie, et permis au final « de résoudre les problèmes de confiance épistémique interne (arbitrage des conflits entre contributeurs) et externe (prise en compte d'un impératif de crédibilité) » (Sahut, 2014)[B 97]. Suite à l'aboutissement de cette transformation épistémique « Tout texte présent dans un article Wikipédia doit pouvoir être justifié par une source de qualité »[W 71] et comme le précisait déjà la vidéo 2.1. les sources secondaires et tertiaires seront valorisées par rapport aux sources primaires, ce qui renforcera d'autant plus cette règle selon laquelle Wikipédia n'est pas un lieu de production de travaux de recherche originale, mais bien de compilation d'un savoir déjà existant et déjà publier par des organismes reconnu. Et comme en témoignait un contributeur créateur de plus de 400 articles et auteur de plus de 86 000 modifications[W 72] lors d'une conversation, cette évolution épistémique ne s'est pas faite sans frai au niveau du travail d'édition :

« tout le travail que suppose le sourçage (recherche de sources (pas seulement sur le net), compréhension du contenu et appréciation de sa qualité, évaluation des référent(e)s de compétence associé(e)s, confrontation des sources, synthèse, etc.) n'apparaît pas dans les historiques de WP. Or, ajouter quelques phrases dans un article de WP prend quelques secondes. Les rédiger est l'affaire de plusieurs minutes (voire moins : copié-collé, bricolage de citations, etc.). Les sourcer convenablement peut prendre des heures. Je comprends dès lors que, ne serait-ce que sur le plan quantitatif, l'exigence du sourçage peut paraître exorbitante à certain(e)s bénévoles. --ContributorQ(✍) 2 décembre 2019 à 20:01 (CET) »[W 73]

La pratique et la valorisation du référencement provoquera aussi une inévitable « délégitimé » voir le « rejet du savoir issu de l'expérience personnelle » (Sahut, 2014)[B 97] alors qu'au sein du peuple Inuites par exemple qui « n'accordent peu de valeurs aux généralisations [... et où] l'idée d'un savoir vrai visant un objectif particulier n'intéresse personne [... et où le] savoir est très personnel, lié à un nom et enraciné dans la pratique [...] bien que les blancs, eux, ne croient que ce qui est écrit » (Laugrand, à paraitre, p. 164 et 169)[B 6]. Cette fracture épistémique apparaîtra d'autant plus grande, lorsque l'on sait qu'une fois confronté à l'alphabétisation, une personne vivant précédemment dans une complète oralité viendra à se poser cette question : « quelle part de moi-même suis-je forcé de délégitimer quand j’accepte de reconnaître la légitimité de l’écriture ? » (Rougier, 2016)[B 98][N 16].

Une observation plus systématique des tensions épistémique interne au projet Wikipédia francophone permet aussi d’aboutir à une typologie tensions entre quatre régimes épistémiques. Poursuivre... (Carbou, Sahut, 2019)[B 99]

Tension épistémique au sein de Wikiversité

A développer

Tension épistémique au sein de l'Université

A développer

Tension épistémique entre Wikipédia et Wikiversité

A développer

Tension epistémique entre l'université et Wikipédia

De l'autre côté, au sein des article scientifiques, Wikipédia apparaît tantôt comme un « trouble-fête de l'édition scientifique » qui référencent de plus en plus de productions scientifiques (Barbe, 2010) [B 100], ou comme un « objet scientifique non identifié » pour lequel la posture d’opposition est stérile et risquée (Allagui, Barbe, Beaude et Broudoux, 2015)[B 101], restant toute fois un « objet frontières » dans lequel on identifie facilement certains biais liés aux inégalités de genre, à la culture populaire, aux pressions défendant les intérêts de personnes ou d'organisation, etc. (Gauthier et Sawchuk, 2018).

Tention épistémique entre l'université et Wikiversité

Cette dernière tention épistémique, il me semble à été en grande partie illustrée dans les précédentes section de ce chapitre que l'on peut résumé ainsi : (1) corporatisme académique et sentiment de liberté et d'isolement au sein de Wikivestié (section 2) ; terrain d'étude localisé et big data (section 3) ; pacte ethnographique et vérifiabilité (section 5) ; élitisme compétitif soumis au copyright de maisons d'éditions et anonyma collaboratif soumis aux licences libres de publication en ligne (section 6) , rédaction monologique et rédaction dialogique (section 7) vision prospective réflexive et vision à court terme compulsive (section !)

Sources à traiter


Notes

  1. Bien que cette formulation soit ambiguë, on parle souvent de « travaux inédits » sur Wikipédia en référence à ce que la communauté anglophone nome de façon plus appropriée : « original research » que je traduirais pas l'expression travail de recherche original.
  2. Sur les projets éditoriaux Wikimédia, les administrateurs (aussi nommés sysop) sont des utilisateurs nommés par la communauté pour assurer la maintenance du site grâce à des outils techniques qui leur sont réservés et qui leur permettent de suspendre la publication de pages ou d'en empêcher l'édition aux autres utilisateurs, ou encore de bloquer un utilisateur malveillant, etc.
  3. Dans l'espace numérique des projets éditoriaux Wikimédia, chacune des pages des sites web possède une page de discussion associée qui permet aux lecteurs ou éditeurs de la page de dialoguer, de s'entretenir sur le choix du contenu de la page. D'autre part, chaque utilisateur enregistré au sein des projets bénéficie aussi d'une page de présentation et donc d'une page de discussion associée à cette page de présentation. Cette page de discussion représente dès lors un lieu où l'on peut déposer un message public à l'intention de l'utilisateur, seul un moyen d'écrire à un utilisateur quand on ne possède pas son adresse e-mail et que la fonction « envoyer un courriel » n'a pas été activée par ce dernier au niveau de ses préférences personnelles.
  4. Selon les projets éditoriaux Wikimédia et leurs versions linguistiques, il existe différentes façon de prendre des décisions collectives sur des changements majeurs qui pourraient toucher toute la communauté. Dans le cas précis du projet Wikiversité francophone, les prises de décisions sont faites sur des pages créées à cet effet, et dans lesquelles les membres de la communauté discutent en vue d'obtenir un consensus. Si nécessaire, et c'est souvent le cas, un vote sera organisé et les propositions seront acceptées dès lors qu'il y a plus de 75 % des votes en sa faveur. Pour pouvoir voter, il faut répondre à certains critères d'éligibilités des votants essentiellement déterminés sur base d'une certaine ancienneté et un minimum de participation au sein du projet.
  5. La classification décimale universelle a connu plusieurs éditions depuis sa création en 1905 par les deux juristes belges Paul Otlet et Henri La Fontaine fondateurs de l’Institut international de bibliographie.
  6. Le premier exemplaire de la revue Socio-anthropologie comme ceux qui suivront, sont disponibles en accès ouvert sur le portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales OpenEdition.org.
  7. Certaines informations récoltées par le logiciel MediaWiki sont en effet masquées pour des raison juridiques liées par exemple au copyright ou au respect de la vie privée.
  8. Pour une liste voulue exhaustive de ces sources d'informations statistiques sur le mouvement wikimédia, voir la section « source d'information » du laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia.
  9. À noté que interprétation de ce graphique doit se faire en tenant compte que la courbe illustre l'addition du nombre d'apparition. Une position verticale signifie donc une grande apparition du mot tandis qu'une courbe parfaitement plate signifie que le mot n’apparaît pas durant cette période.
  10. L'information pourrait cependant ne plus être accessible au lecteur si entre temps elle a été masquée pour des raisons légales ou, chose peu probable, si le site a été victime d'actions malveillantes au niveau des serveurs. À noté enfin que le choix de la fondation d'ouvrir de nouveaux espaces en ligne reposant sur d'autres logiciels que MediaWiki fait disparaître la possibilité de consulter des pages d'historiques. C'est notamment le cas depuis la migration du site de la fondation Wikimedia depuis l'adresse foundation.wikimedia.orgvers l'adresse wikimediafoundation.org mais aussi depuis la création du Wikimedia space. Un archivage de ces deux sites reste cependant disponible sur le site https://archive.org/ du projet Internet Archive, mais représentera toujours une source d'information bien plus limitée que ce que peut offrir le logiciel MediaWiki.
  11. Certaines modifications peuvent être masquée pour des raisons légales suite à une plainte par exemple, mais ce cas de figure reste relativement rare.
  12. Dans certains cas comme sur le sites Wikidata et plus récemment sur Wikimédia commons, certaines contributions sont publiées sous licence CC0.
  13. Les wikipédiens comme les éditeurs actifs sur d'autres projets Wikimédia en général, aiment utiliser des acronymes ou autre raccourci syntaxique dans le but de rendre leur communication plus rapide.
  14. Le bistro Wikipédia est une sorte de forum centrale au projet utiliser pour partager des information d'ordre général ou pour notifier des discussions en cours sur d'autres espaces de discussion plus spécialisés.
  15. Texte original : The problem with Wikipedia is that it only works in practice. In theory, it can never work.
  16. Nous reparlerons de ce sujet plus en détailles dans une section du chapitre IV consacrée à l'avenir des cultures orales au sein du mouvement Wikimédia.



Le mouvement Wikimédia vu au départ d'Internet[modifier | modifier le wikicode]

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De Lionel Scheepmans.

Géographie du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Le mouvement Wikimédia est un mouvement global et mondial englobant actuellement une communauté de plusieurs milliards d’utilisateurs, plusieurs millions de contributeurs et plus d’un million de page Web, plus d’un millier de projets Internet dans plus de 300 langues et soutenus par des centaines de groupes et associations dont plus d’une quarantaines sont reconnues comme chapitre de l’unique Wikimédia foundation située au états--Unis, en californie, dans la ville de San Francisco non loin de la silicone vallée.

Un tel tableau semble difficile voir impossible à dépendre dans sa totalite. Fort heureusement, le mouvement Wikimédia fait l’objet d’un nombre impressionnant d’observation statistique souvent commendité par la fondation wikimédia et desquelles résulte un ensemble de cartes et de données permettant d’offrir une certaine vue synthétique sur la géographie du mouvement. Pour simplifier et organiser cette information, une division du globe terrestre en deux parties, appelées respectivement par les anglo-saxons : « Global North - Global South » et que l’on traduira ici par pays du Nord et pays du Sud, semble d’autant pertinente dans le sens qu’elle reflète, tant dans le mouvement qu’au niveau de l’usage internet en général, des différences relativement bien marquées.

Figure 1.3 Division global north - global south[W 74]
Pourcentage d'internautes par pays (par rapport au nombre d'habitants du pays)
Figure 3.1 Pourcentage d'internautes par pays (par rapport au nombre d'habitants du pays)[1].
Version linguistique la plus populaire de Wikipédia par pays
Figure Version linguistique la plus populaire de Wikipédia par pays[2]
Figure [3]

Wikipédia:Cartographie de la communauté — Wikipédia

Pays du Sud[modifier | modifier le wikicode]

Lors de mes terrains exploratoires dans ce que les appellent le global south (voir fig, 1.3 ci-contre), en Inde, au Cap Vert, au Ghana et en Tunisie, j'ai rencontré en dehors du mouvement Wikimédia et du milieu de l'éducation, très peu de gens qui connaissaient Wikipédia. Cette observation anecdotique au premier abord fut par la suite recoupée par d'autres informations provenant de pays du Sud que je n'avais pas visités. Il s'agissait de témoignages divers récoltés lors de rencontres hors lignes avec des ressortissants des pays du sud, mais la découverte de plusieurs vidéos promotionnelles produites au Cameroun, au Nigeria et en Inde. Chacune d'elle me permettait en effet de renforcer cette idée que dans les pays du sud et respectivement dans les pays ou ces vidéos ont été produites, la méconnaissance de Wikipédia au sein de la population en justifiait sa promotion (voir galerie vidéo 1.1 à 1.5 ci-dessous).

J'ai ensuite remarqué lors de mes voyages dans les pays du Sud que toutes les personnes équipées d'un smart-phone connaissent Google, et que le nom de la compagnie californienne été parfois utilisé en substitution du mot Internet. En utilisant le moteur de recherche Google, il ne doit pas être rare que les utilisateurs en question en vienne à consulter l'encyclopédie sans même s'en rendre compte soit en cliquent sur les premiers résultats de recherches soit encore en lisant directement le introductif d'un article de Wikipédia présenté sur les pages de Google research. Cette fréquentation est par ailleurs observable dans une série de cartes illustrant la fréquentation par pays de diverses versions linguistique de Wikipédia (voir fig. 1.4 à 1.10)[N 1]. Ces observations portent donc à croire que le fonctionnement de l'espace Web dans lequel on « surfe » d'un site Web à un autre, n'est pas pleinement conscientisé au sein des pays du sud.

Figure 1.11 Carte de distribution mondiale des éditions de Wikipédia en anglais le 17 mai 2011[W 82].

Cette méconnaissance du projet Wikipédia dans les pays du Sud suscitera certaines préocupations au sein de la fondation Wikimédia. Celles-ci seront sans doutes renforcées après 17 mai 2011 lors de la mise en ligne d'une carte animée où apparaît distinctement selon les versions linguistiques et de façon chronologique, les endroits du monde où se situaient les éditeurs de Wikipédia[W 83] (Voir fig. 1.11 ci-contre pour une carte au sujet de l'encyclopédie de langue anglaise). Ces éditeurs étant très majoritairement situés dans les pays du Nord, et sachant que Wikipédia est très prisé dans les pays du Sud, le projet encylopédique en ligne peut en effet être perçu comme une nouvelle forme de « colonisation culturelle occidentale » (Scheepmans, 2016)[B 102].

Probablement suite à cette prise de conscience, le premier plan stratégique d'envergure de la fondation Wikimedia visant l'horizon 2015, comprendra parmi ses objectifs une augmentation de 37 % des rédacteurs de Wikipédia en provenance des pays du Sud (Fondation Wikimédia, 2011, p. 20)[W 84] et fixera à une prévision de 100 le nombre de versions linguistiques de Wikipédia contenant 120 000 articles significatifs (Lovink et al., 2012, p.286)[B 103]. En début d'année 2020, ce dernier objectif ne sera toute fois pas atteint. Soixante versions linguistiques de Wikipédia seulement dépasseront la barre des 120 000 articles[W 85] et 70 celle des 100 000[W 86]. Dans la suite de ces préocupations sans doute, un observatoire de la diversité culturelle de Wikipédia (WCDO) verra aussi le jour en novembre 2018 et aura pour but de fournir « des données à valeur stratégique et des ressources pour organiser et lutter pour plus de diversité culturelle au sein de Wikipedia »[W 87], une mission qui sera assurée par un ensemble de 7 axes d'activités (Voir fig 1.4 ci-dessous).

Figure 1.11 Activités développées par le WCDO[W 88]

À son stade actuel de développement[W 89], cette observatoire nous permet déjà de savoir beaucoup de choses au sujet de la diversité culturelle au travers les différents projets linguistique de Wikipédia et malheureusement seulement Wikipédia. Toute ses informations son disponibles au départ de la page du projet et les recopier ici dans leur intégralité n'aura aucun sens. Voici par contre en résumé de celles qui m'ont semblé les plus significatives sur la question du développement du mouvement Wikimédia dans le monde :

  • que sur près de 300 versions linguistique de Wikipédia x sont des langues exclusivement utilisée dans le Sud et que parmis celles-ci
  • 150 langues, leur contenu de contexte culturel est inférieur à 10% du contenu, ce qui indique qu'il est probablement sous-représenté; seules 48 éditions de langue Wikipédia sont des langues qui ne coexistent pas avec d'autres langues sur un territoir .

Pays du Nord[modifier | modifier le wikicode]

Au niveau de l'hémisphère nord à présent, en Belgique et dans d'autres parties d'Europe où j'ai eu l'occasion de parler de Wikipédia avec différentes personnes lors de conversations tout à fait informelles, le projet Wikipédia semble connu par tous. Cependant, cette connaissance se limite aux pages encyclopédiques qui ne représentent, redirections comprises, qu'un cinquième de la totalité des pages de l'encyclopédie et plus ou moins la moitié du volume d'information en terme de octets[W 90]. La connaissance du contenu non encyclopédique hébergé sur les sites Wikipédia (pages de discussions, de prises de décisions, de coordinations, d'aides, de soutiens techniques, etc.) semblent donc réservées à un public restreint d'initiés. Les projets frères de Wikipédia sont aussi méconnus par la plupart des ressortissants européens, et dès que l'on évoque le terme Wikimédia », c'est souvent l'ignorance ou la confusion complète. Cette observation faite lors de mes entretiens se voit confirmée par le contenu d'un débat portant sur le remplacement du terme Wikimédia au profit de celui de Wikipédia pour amélioré la visibilité du mouvement au près du grand public :

« le chapitre [Wikmédia France] reçoit des lettres d'avocats demandant de supprimer régulièrement le contenu X de l'article Y [...] Lorsque les gens contactent un affilié Wikimedia, ils s'attendent en réalité à obtenir une réponse de Wikipédia. Quand j'ai essayé de faire un don à un chapitre Wikimedia, la banque a essayé d'envoyer mon don à un chapitre Wikipédia [...] Faire en sorte que les gens comprennent la différence (que ce soit dans OTRS ou dans la vie réelle) entre WMF et Wikipedia est difficile [...] Depuis de nombreuses années, les gens se demandent quelle est la différence entre Wikimedia et Wikipedia [etc] »[W 91]

Reste enfin à considérer la connaissance du mouvement Wikimédia au sein même des communautés de contributeurs actifs au sein des projets éditoriaux. Il n'est pas rare en effet qu'un contributeur très engagé, en tant qu'administrateur d'un projet par exemple, soit partiellement, voir complètement, ignorant de ce qui se passe dans les autres versions linguistiques, ou encore dans la gestion globale du mouvement Wikimédia principalement orchestrée sur le site Meta-Wiki. Comme indice de cette état de fait, il a déjà été dit que l'article encyclopédie anglophone et francophone traitant du mouvement Wikimédia étaient peu développés et même inexistant en ce qui concerne le site Meta-Wiki. Autre indice, une recherche dans l'espace de nom « Wikipédia » dans lequel se trouve le forum central de l'encyclopédie francophone au départ de l'expression "wikimédia mouvement" ne donnera aucun résultat alors qu'un seul résultat apparaîtra au départ de l'expression "wikimedia mouvement" pointant une seule discussion de laquelle on peut extraire certaines séquences à nouveau révélatrices des confusions qui peu avoir entre ce qui englobe le terme Wikipédia et Wikimédia :

« Attention je parle de WikiMedia pas de Wikipedia. C'est ce que je précise, la discussion ne porte pas sur le contenu qui lui doit absolument être neutre mais sur le mouvement. [...] Bref, bien séparer les fonctions d'hébergeur des projets, de porte-parole du mouvement... C'est difficile de ne pas faire d'amalgame [...] Wikimédia est surtout et largement connu pour (à cause de) Wikipédia [...] Bah en fait je ne dissocie réellement jamais les deux parce que dans les faits les gens ne le font pas réellement. [...] Il n'y a que les employés des différentes associations liés à la WMF qui utilisent deux comptes différents. C'est tout l'avantage de notre mode de fonctionnement - on ne demande pas aux "pontes" des assos [administrateurs bénévoles] de se dissocier de leur compte de contributeur. »[W 92]

Au départ de ces observations empiriques, l'une de mes premières motivations dans la réalisation de ce travail est donc de sortir de l'ombre le mouvement Wikimédia afin de le rendre visible et compréhensible par les personnes qui s'y intéressent ou qui y sont impliquées. Je pense ici aux acteurs du mouvement, et en particulier ceux qui ne pratiquent pas l'anglais. Je pense ensuite à la presse mais aussi au monde académique qui a parfois des difficultés de faire la part des choses entre ce qui se passe dans localement dans une communauté de contributeurs sur Wikipédia et globalement dans mouvement Wikipédia. Au niveau de la francophonie et même le monde anglophone dans une moindre mesure, l'intérêt scientifique s'est principalement focalisé sur Wikipédia et très peux sur le mouvement Wikimédia comme en témoigne le nombres de résultats dans les moteurs de recherche spécialisés.

L'impossibilité d'une immersion locale[modifier | modifier le wikicode]

Au dépôt de mon dossier d'admission, ma thèse portait pour titre : « La révolution numérique vécue par le Sud, focus sur l’incidence culturelle du mouvement Wikimédia et Open Street Map au sein du peuple X ». J'avais pour idée de mener ma recherche au sein d'un peuple situé dans l’hémisphère Sud de notre planète pour y étudier le mouvement Wikimédia à un niveau local, chez les Kunas plus précisément. Depuis, j'ai eu la chance de m'investir dans une vie de père et puis comme déjà le mouvement Wikimédia est peu connu et donc peu actif au niveau des pays du sud. Au bout du compte, même en Belgique, étudier le mouvement de manière localisée n'avait pas beaucoup de sens. L'association Wikimédia Belgique, aura rassemblé hors ligne une douzaine de membre à l'occasion de sa première assemblées général annuelles de 2015 à une époque où l'association ne regroupait que 40 membres[B 104]. Mais depuis, la participation hors ligne n'a fait que diminuer et près de 5 ans plus tard, le conseil d'administration dont je fais partie depuis bientôt deux ans se préoccupe toujours de trouver des participants pour ses activités.

Wikimédia est en fait un mouvement très diffus et principalement actif dans son espace numérique. Et je me suis donc rapidement rendu compte que ma situation était proche d'un autre terrain « multi-situé » (Marcus, 1986, p.171)[B 105] décrit par Christophe Lazaro (2008, p.10) dans son ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian :

« paysage réticulaire au multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; [...] la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrement subtils qu'il s'avère difficile de démêler »[B 106].

Depuis la fin d'année 2019, il est possible de visualiser les activités du mouvement sur la plateforme Wikimedia space soit sur une mappemonde, soit dans un agenda (voir fig. 2.x et 2.x ci-dessous). On y découvrir beaucoup de rencontres sporadiques et quelque activités régulières. Les rencontres sporadiques sont relativement bien peuplées quand il s'agit de conférences pour lesquelles des bourses de participation sont octroyées. Mais sans incitation financière, la fréquentation des rencontres hors ligne est très limitée et il n'est pas rare que personne ne se présente à l'évènement en dehors des organisateurs[réf. nécessaire].

Carte de répartition des activités au sein du mouvement Wikimédia le 2 décembre 2019
Fig. 2.x Carte de répartition des activités au sein du mouvement Wikimédia le 2 décembre 2019
Agenda des activités du mouvement Wikimédia au mois de décembre 2019
Fig. 2.x Agenda des activités du mouvement Wikimédia au mois de décembre 2019

En plus de nombreuses atelier organiser en Belgique et exceptionnellement en Inde et au Cap vert, j'ai donc aussi participer aux rencontres internationales dès que je pouvais bénéficier d'un financement en provenance du mouvement. A deux reprise, il m'a aussi été possible de rassembler les fonds propres nécessaires[N 2] pour me rendre au Ghana et en Tunisie. Toutes ces expériences auront été riches d'enseignements, mais insuffisantes pour couvrir un thèse de doctorat portant sur le mouvement dans son ensemble. Heureusement, il restait la présence du big data informationnel dont il a déjà été question et puis surtout d Cependant, même au niveau de l'espace numérique le mouvement Wikimédia représente toujours un

Face à l'impasse du terrain multi-situé, ma stratégie sera donc d'articuler mon travail ethnographiques au départ cette espace singulier que représente la plateforme communautaire centrale au mouvement Meta-Wik. Elle représente en effet à mes yeux, comme aussi aux yeux de nombreux Wikimédiens, l'espace numérique central au mouvement Wikimédia. Ce sera donc autour de l'architecture de ce projets que je tenterai de donner sens à toutes mes données de terrains qu'elle soient issues d'observation en ligne ou hors ligne.

Je considérerai l'espace numérique Méta-Wiki comme partie intégrante de l'humanité (Heather, 2013, p.15)[B 107] qui compose le mouvement Wikimédia. Mais contrairement à ma précédente étude ethnographique portant sur la communauté francophone active au sein du projet Wikipédia (Scheepmans, 2011)[B 20] où j'avais opter pour une observation « immersive » (id. p.120)[B 107] au sein de l'espace numérique, j'ai choisi cette fois, de mener aussi des observations dans les espaces hors ligne du mouvement, et ce partout où j'ai l'occasion de m'y rendre[N 3].

De ce fait, je n'hésiterai pas par exemple à décrire les incidences que peuvent avoir des décisions prises dans l'espace numérique Meta-Wiki sur les activités hors ligne du mouvement, ou réciproquement de marquer l'influence des activités hors ligne sur ce qui se passe au sein de l'espace numérique. Bien sûr, il se passe plein de choses hors ligne qui sont susceptible d'influencer ce qui se passe dans le mouvement Wikimédia. Mais c'est choses sont d'une part souvent surestimées par l'imaginaire complotiste et d'autre part ne sont pas nécessaire à l'analyse des enjeux lié au mouvements, et ce au même titre que la méconnaissance de la vie sexuel et privée des acteurs publiques n'a jamais rendu impossible la mise en œuvre de processus politique ni de leurs analyses.

Géographie numérique du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

« métaphore heuristique ». Cette technique qualifiée de « redescription heuristique de la réalité » par Guy Bouchard (1987)[B 108] a aussi inspirée Paul Ricœur dans son ouvrage « La métaphore vive » de (2002)[B 109]. Le but du procédé en ce qui me concerne, sera de décrire l'espace numérique Wikimédia et l'espace Web dont il fait partie, avec des mots compréhensibles par tous.

Méthaphore de Mcluhan "global village"

L'espace Web peut être vu sous la métaphore heuristique d'une une ville électromagnétique, avec cette particularité que tout se trouve à deux pas, ou deux clics de là où l'on se situe. En ce sens, la métaphore de la ville appliquée à l'espace numérique a tout son sens puisque et particulièrement dans l'espace Web, car sur la toile, tout se trouve aussi à deux clique de là où l'on se situe. Un premier clique vers un moteur de recherche, un deuxième clique vers ce que l'on cherche. Dans cette vision des choses, le moteur de recherche, présent à chaque entrée de la ville électronumérique planétaire s'apparente aux jeunes natifs que j'ai pu rencontrer dans mes voyages, se tenant toujours à disposition du nouvel arrivant ou de l'expatrié pour lui donner l'information dont il a besoin. Sorte de guide touristique pouvant dépasser le cadre du tourisme, tout ces jeunes rencontrés me donnaient l'impression, au même titre qu'un moteur de recherche dans l'espace numérique, de tout connaître sur le village. En réalité, tout comme les moteurs de recherche, ils ne connaissent pas tout puisqu'il existe toujours des choses cachées au sein d'un village, et parmi ce qu'ils connaissent, ils feront toujours un choisi intéressé, en me guidant par exemple vers un lieu de vente qui leur donnera une commission à chaque fois qu'il apporte un nouveau client.

La communication au village peut se faire par voix orale ou par voix écrite. Si l'on utilise la voix écrite, on se trouve devant deux options similaires à ce qui existe dans l'espace numérique. Soit on envoie une carte postale qui pourra être lue et même photographiée par toutes les personnes qui la manipuleront tel que les agents de la poste par exemple, soit on envoie une lettre sous plis postal[B 110]. Dans l'espace numérique la carte postale correspond au message que l'on envoi via sa boite de courriel (e-mail), sur les réseaux sociaux et autres plate-formes permettant l'envoi de messages instantanés, tandis que la lettre sous enveloppe correspond aux messages cryptés que l'on ne peut déchiffrer qu'avec une clef de déchiffrage. Il s'agit ici de courriels ou de messages envoyés par des services garantissant le cryptage de l'information (Fournir exemple...)

Réticence dans la connexion de l'espace numérique à l'espace analogie suite l'échec des Google glass.

Préhistoire du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Alors que l'apparition de l'écriture détermine la séparation entre l'histoire et la préhistoire de l'humanité, nous choisirons ici la création de de la fondation Wikimédia en date du 3 juin 2003 comme moment charnière entre l'histoire et de la préhistoire du mouvement Wikimédia. La connaissance préhistorique du mouvement au même titre que celle de l'humanité apparait comme un élément indispensable pour contextualiser et comprendre la situation et les enjeux contemporains. L’histoire du mouvement s'inscrit effectivement dans le prolongement de l'histoire d'une révolution numérique dans laquelle nous allons passer en revue certains évènements ponctuels et marquants sans lesquels le mouvement Wikimédia n'aurait jamais vu le jour.

Sans pour autant faire partie des digital native, pour peu qu'ils existent vraiment, ma vie numérique n'a bien sûr pas commencé avec Wikipédia. Pour la petite histoire, je suis né en janvier 1969, un peu plus de 9 mois avant le tout premier message transmis sur Arpanet[B 111]. C'était l'époque où le transistor était abandonné au profit du circuit intégré dans la construction des ordinateurs. A l'age de deux ans, j'aurais pu assister à la première émission en couleur de la RTBf diffusée dans un épisode du « jardin extraordinaire ». Mais l'arrivée de la télévision couleur arriva plus tard dans notre famille et ce fut l'occasion de recycler notre télévision noir et blanc en jeux d'arcade vidéo. Mon père y avait installé un jeu Ping Pong électronique qui nous enchantait. De mon enfance, je me souviens aussi du plaisir que j'éprouvais lors des ducasses d'été où je dépensais l'argent reçu par ma famille entre les auto-scooter et le Luna Parck. J'avais des amis chez qui je pouvais jouer à pack-man. Leur père s'intéressait à l’informatique et avait fait la possession d'un commodore 64 réputé pour être l'ordinateur ayant été le plus vendu au monde jusqu'à ce jour avec plus de 17 millions d'exemplaire et dont le premier fut fabriqué en 1982. C'était le plein essore de l'ordinateur personnel avec la sortie en 1981 de l'IBM Personal computer et la vente de million d'exemplaires dont l'architecture ouverte fut à l'origine de tous les ordinateurs produite aujourd'hui.

L'arrivée des ordinateurs personnels sonna le glas d'une coopération transparente au sein des informaticiens. De ce nouveau marché découla l'apparition de nombreux brevets et copyrights sur les codes informatiques qui rapidement obligèrent les programmeur à garder secret les codes indispensables au bon fonctionnement des machine. Le hold-up planétaire[B 112] dont profita Bill Gate et sa compagnie Microsoft profitant de la négligence de la société IBM lors de la signature d'un contrat assurant les droits exclusifs sur le système d'exploitation équipant les

Au niveau de Wikimédia, tout a commencé le 11 juin 2008 à 22 h 24 (UTC) très exactement. Ce fut le moment précis où je cliquais pour la première fois sur le bouton « Créer votre compte » affiché sur une des millions de pages que comporte le projet Wikipédia francophone[B 113]. Si je me souviens si précisément du moment de la création de ce compte, ce n'est pas grâce à ma mémoire, ni à un carnet de notes quelconque, mais bien parce que depuis ce moment, chacune de mes actions au sein du projet furent enregistrées et datée sur les serveurs informatiques de la fondation Wikimedia. Il me suffisait donc de retourner voir l'historique de la totalité de mes actions au sein du site pour revenir à la première action effectuée et noté la moment précis enregistré par le système informatique. Ce que j'ai fait pour connaître le moment exacte de la création de mon compte, je peux aussi le faire pour chaque autre action effectuée au sein du site. Pour se faire, il me suffit de voyagé dans mon historique de contribution et d'utiliser les différents menus de navigation.

À l'époque de mon inscription, je ne savais bien sûr pas que toute les modifications faite sur l'un des projet hébergé par la fondation Wikimédia était attribué à un utilisateur ou une adresse IP avec un horodatage si précis. Je ne savais pas non plus que l'on pouvait consulter ces informations de façon publique. Pour tout dire, j'étais comme la plupart des Internautes qui consultent l'encyclopédie, ignorant de la puissance informatique que pouvait cacher le réseau Internet en général et les sites hébergés par la fondation Wikimédia en particulier. Je n'étais qu'un nouveau venu dans la communauté, un péon comme le disent les Wikipédiens. J'étais somme toute inconscient d'une révolution numérique qui prenait cours sous mes yeux et à laquelle je participais sans même m'en rendre compte. C'était donc le 11 juin 2008, plus de dix ans avant que je sois considéré, à tord ou à raison, comme geek au sein de mon laboratoire d'anthropologie prospective et spécialiste, voir professionnel de Wikipédia comme le dira un jour Pierre-Joseph Laurent lors de notre séminaire qu'il coprésidait. Être reconnu comme professionnel me faisait sourire puisque durant toutes ces années de pratiques et d’apprentissage, il n'a jamais été question de contrat ni de rémunération. Toute mes activités en ligne au sein du mouvement Wikimédia ont toujours été faite bénévolement. Quand à mes activités hors ligne elles ont été dans le meilleurs des cas simplement défrayées au niveau des déplacements et du logement.

Calculatrice Texas Instrument, programmation d'un jeux de mémoire en 1986

How the Web was Born: The Story of the World Wide Web - James M. Gillies, James Gillies, James and Cailliau Robert Gillies, R. Cailliau - Google Livres

L’histoire du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Progression des termes 'Wikimedia movement'
Fig. 3.x. Progression des termes « Wikimedia movement » (Scheepmans, 2019).

Le projet Wikiversité, qui se présente lui même dans sa version francophone comme une « communauté pédagogique libre à laquelle chacun peut prendre part »[W 93], pris naissance dans Wikibooks (Wikilivres en français), un autre projet éditorial wikimédia qui se définit quant à lui comme : « La bibliothèque de livres pédagogiques libres que chacun peut améliorer »[W 94]

Dès ses début, en mai 2004, le projet Wikiversité faisait déjà mention d'une recherche collaborative libre (« free collaborative research »[W 95] ). Cependant, l'idée de créer un lieu d'apprentissage et de recherche au sein d'une bibliothèque a déclencha, le 12 août 2005, une longue discussion dans laquelle il sera question de supprimer le projet Wikiversité et/ou son transférer[W 96] vers le projet Meta-Wiki qui pour rappel est « le site communautaire global des projets de la Fondation Wikimédia et du mouvement Wikimédia en général »[W 97]. C'est donc finalement sur le site Mete-Wiki que le débat s'est déplacé.

En date du 22 août 2006 mûrit l'idée de faire de Wikiversité un projet indépendant[W 98]. Cette idée fut soumise à un vote qui devait « recueillir une majorité qualifiée de deux tiers pour être transmise au Conseil d'Administration de la Fondation Wikimedia (CA) en vue du commencement d'une période d'essai »[W 99]. Le 13 novembre 2005, la proposition fut rejetée par les cinq membres du conseil d'administration en demandant au projet d'exclure la conduite de cours en ligne et la remise de titre de compétence, tout en demandant de clarifier le concept de plate-forme de elearning[W 100][N 4]. Un acte manqué me semble-t-il par rapport à une proposition visionnaire si l'on en juge par l’existence aujourd'hui de nombreuse plate-forme proposant la dispense de cours en ligne et d'attestation de suivit.

Le 31 juillet 2006 sera finalement la date à laquelle la création d'un projet Wikiversité en version béta sera accepté par le special projects commitee[W 101] grâce aux amendements fait au projet de départ[B 115]. Suite au transfert du contenu en provenance de Wikilivres le projet avait alors six mois pour développer son potentiel sans en exclure la recherche collaborative[N 5]. Au fil du temps les projets linguistiques pouvant recencer au moins 10 participants actifs au sein du projet beta auront pris leur envole sur des sites Web indépendant. Les activités de recherche y seront les bienvenues et feront même dans le cas de la version francophone l'objet d'un espace de nom dédié suite à une décision communautaire prise le 16 mai 2011[W 102].

La première élection de Steward[W 103] a eu lieu en avril 2004 [W 104]

La communautés du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Communications/Wikimedia Foundation messaging strategy/2014-16 audit — Meta

Communications — Meta

Lieux de rencontres

Wikipédia:Rencontres — Wikipédia

Jules (@JulesWP) | Twitter

Lieux d'information et de communication

Lieux de prises de décisions

Groupes et acteurs

Gouvernance et motivation

« Imagine a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge. »[B 116]

Démocratie élection et votes

L'imaginaire Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Peut-on faire confiance au discourt de nos interlocuteurs et informateurs de terrain pour rendre compte de la réalité ? Et si non, comment traiter l'imaginaire des acteurs en rapport aux réalités de terrains. L'histoire de la socio-anthropologie nous a déjà appris que l'ethnographie en tant que méthode d'observation de la réalité pouvait atteindre certaines limites, voir même dans certains cas les plus extrêmes, produire des omissions ou des erreurs flagrantes.

Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[B 117] contesté par Wouter Eildert Albert van Beek (1991)[B 118]. Un autre exemple, dans la sphère anglophone cette fois, constituera les travaux de Margaret Mead et son ouvrage intitulé Coming of age in Samoa : a psychological study of primitive youth for western civilisation (Mead, 1928)[B 119], critiqué lui aussi à maintes reprises et finalement remis en cause lors d'une enquête menée par Serve Tcherkésoff. Dans celle-ci, on y apprend par exemple que la chercheuse « habitait au poste américain de l’île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles » (Tcherkésoff 1997, p.3)[B 39]. Si l'on se limite à cette information sur sa méthode, nous voyons que chercheuses n'aurait pas pris le soin de vérifier le contenu de ses entretiens avec une observation participante ou tout autres méthodes permettant de recouper des informations qui se sont avérées fausses par la suite ou du moins mal interprétée selon les écrit de Derek Freeman (1983)[B 120].

Ces deux leçons d'histoire proviennent de terrains ethnographiques que l'on pourrait qualifier de classiques et qui se déroulèrent bien avant l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les choses ont bien changé depuis et certainement pour les socio-anthropologues amenés à travailler dans, sur, ou avec des espaces et outils numériques. Elle ont changé certes au niveau de la diversité des terrains, mais sans pour autant rendre obsolète les leçons d'histoire concernant les question de méthodologie en socio-anthropologie.

Prenons par exemple connaissance de l'article de Thierry Boissière dans lequel il nous fait part de sa « socio-anthropologie à distance » avec des « informateurs skype » (Boissière, 2015, p.124)[B 121] dont les propos sont parfois difficiles à vérifier ou recouper. Une situation non choisie cette fois, mais qui nous fera penser à celles de Marcel Griaule et Margaret Mead. Voyons à présent ma propre expérience de recherche au sein du mouvement Wikimédia où il est loisible d'observer librement, en temps réel ou asynchrone, clique par clique, l'historique complet de presque tous ce qui se passe sur la partie numérique de mon terrain d'observation. D'un coté donc, un chercheur qui n'y a d'autre choix que d'accorder une certaine confiance aux informateurs et de composer avec les risques liés au « syndrome narratif » (Farrugia, 2009)[B 122] produisant un « reflet déformé du réel » (Kaufmann, 2011, p.63)[B 123], de l'autre, un terrain que l'on pourrait qualifié d'holoptique ( ou l'on pourrait se demander si s'entretenir de façon individuel avec les acteurs fait sens tant leur vies et leur opinions peuvent être observables, comme il a été vu de manière précise, exhaustive, facile et libre d'accès, au départ d'un simple ordinateur connecté à Internet.

Voici donc deux cadres de recherches diamétralement opposés, mais pas complètement, car dans un cas comme dans l’autre ces deux travaux doivent répondre à des attentes liées au travail de production scientifique. Dans le cadre d'une socio-anthropologie à distance, et comme le préconise l'auteur, il ira de soi par exemple que les informations récoltées par Skype soient recoupées par d'autres informations provenant d'autres sources tels que les communiqué de presse ou autre informations transmises sur les réseaux sociaux. Dans le cadre de mon travail, j'envisage bien évidement aussi d'établir des entretiens avec les acteurs et actrices de terrain, non pas pour décrire ce que je peux observer moi-même, mais bien pour accéder à leurs intériorités et leurs imaginaires. En effet, au delà d'une réalité tangible, je tiens à ce que mes travaux décrivent aussi de manière précise « La construction sociale de la réalité » (Berger, 1996)[B 124], produite un « imaginaire comme tel » (Castoriadis, 2008)[B 125] emplis de toutes les dissonances cognitives (Festinger, 1957)[B 126] inhérentes à la nature humaine.

Voir et comprendre les différences entre imaginaire et réalité me semble donc être une démarche incontournable pour comprendre objectivement mais aussi sereinement ce qui se passe sur un terrain d'étude socio-anthropologique. Car dans les sociétés humaines, l'imaginaire prend souvent le pas sur la réalité. comme l'illustre parfaitement. Le « mythe anthropologique » (Freeman, 1983)[B 120] sur la sexualité à Samoa promu par les écris de Margaret Mead, l'étude la plus citée depuis 1928 dès qu'il s'agit de parler d'éducation, de sexualité et d'adolescence en est un parfait exemple qui fera l'objet d'un examen approfondit par Serge Tcherkésoff (2001, p. 157)[B 39].

D'ailleurs, en 1938 déjà, William Isaac Thomas n'écrivait-il pas : « si l'homme définit les situations comme réelles, elles seront réelles dans leurs conséquences »[N 6] (Thomas, 1938, p.572)[B 127]. Cette phrase devenue célèbre, Robert King Merton en fit le théorème de Thomas et s'en inspirera pour produire le concept de prophétie autoréalisatrice (Merton, 1948)[B 128] avec pour classique exemple celui d'une banque que l'on fait croire en faillite et qui le deviendra vraiment quand tous ses clients se précipiteront pour récupérer leur argent. En 1962, John Langshaw Austin, s’intéressera aussi à la construction du future au départ du présent en produisant le concept de performativité qui apparaîtra au sein de son ouvrage Things with Words[N 7] (Austin, 1970)[B 129]. Dans celui-ci, l'auteur explique en effet que la parole peu aller bien au-delà d'une simple description du réel et devenir un acte d’auto-réalisation comme dans cette phrase qu'il choisit pour exemple : « je vous déclare uni par les liens du mariage ».

Grâce à un traitement informatisé de corpus textuels issus d'un terrain ethnographique en ligne, il devient dès lors possible de comparer et de confronter le discours des acteurs ou actrices entre eux mais aussi par rapport à leur propres dires récolté hors ligne ou en ligne dans des endroits distribués. A un niveau plus avancé enfin, un chercheur autre que moi plus spécialisé en anthropologie linguistique par exemple, pourrait aussi se lancer dans un travail d'analyse du discourt.

Resources



Notes

  1. Les sources statistiques utilisées pour la production de ces cartes sont disponibles et archivées sur le site https://stats.wikimedia.org/ dont le remplacement est prévu en janvier 2020 par un nouveau site plus fonctionnel.
  2. Il est à noté que je réalise ma thèse de doctorat sous fond propre.
  3. Dans le but de donner un aperçu complet sur mon observation participante, mon parcours wikipmédien est retracé de façon exhaustive au niveau de ma page d'utilisateur sur le site Meta-Wiki.
  4. En anglais dans le texte original : « exclude credentials, exclude online-courses and clarify the concept of elearning platform »
  5. En anglais dans le texte original : « six months, during which guidelines for further potential uses of the site, including collaborative research, will be be developed ». Plus d'information sur l'historique de la naissance du projet Wikiversité peuvent être trouvées sur les pages https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=No_to_Wikiversity&oldid=5436519 et https://en.wikiversity.org/w/index.php?title=User:JWSchmidt/history&oldid=602770.
  6. Texte original en anglais : If men define situations as real, they are real in their consequences »
  7. L'ouvrage fut traduit sous le titre Quand dire, c'est faire.
  1. (en) WikimediaFoundation, « shared understanding », (Vid. 1.1.), (consulté le 13 janvier 2020)
  2. Michael Epaka, Regis Talla, Iolanda Pensa, English: Video Wikipedia Waht is about - Wikipedia C koi - Dance / Dance. Script Michael Epaka, film director Regis Talla, promoter doual'art, project concept and coordination Iolanda Pensa within What is about - C'est quoi. A series of communication tools about Wikipedia. Cameroon pilot project on meta. This project was funded by an Individual Engagement Grant from the Wikimedia Foundation. Wikipedia and the Wikipedia Puzzle Globe are registered trademarks of the Wikimedia Foundation used with permission., 2014-09-29 [lire en ligne] 
  3. Michael Epaka, Regis Talla, Iolanda Pensa, English: Video Wikipedia Waht is about - Wikipedia C koi - Dance / Dance. Script Michael Epaka, film director Regis Talla, promoter doual'art, project concept and coordination Iolanda Pensa within What is about - C'est quoi. A series of communication tools about Wikipedia. Cameroon pilot project on meta. This project was funded by an Individual Engagement Grant from the Wikimedia Foundation. Wikipedia and the Wikipedia Puzzle Globe are registered trademarks of the Wikimedia Foundation used with permission., 2014-09-29 [lire en ligne] 
  4. WikimediaFoundation, English: How does young Emmanuella know everything Mark Angel doesn’t? Wikipedia. In this short video, Nigerian comedy star Emmanuella ruins her brother’s day at school by knowing all the answers. Her secret weapon is WIKIPEDIA., 2017-09-20 [lire en ligne] 
  5. WikimediaFoundation, English: How can you learn about the world from even the smallest village? Wikipedia. In this short video, Nigerian film legend Peter Edochie reprises one of his most famous roles to show how Wikipedia can help anyone, anywhere learn more about the world., 2017-09-20 [lire en ligne] 
  6. Wikimedia Foundation, English: Finding the answer to a question on Wikipedia leads to many happy discoveries., 2018-04-02 [lire en ligne] 

Wikimédia, volontariat serviable ou servitude volontaire ?[modifier | modifier le wikicode]

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La servitude volontaire, 500 ans déjà[modifier | modifier le wikicode]

Ressources

  • Discours de la servitude volontaire (de la Boétie, 1574)[B 130] - Texte audio[B 131]
  • L’Énigme de la "servitude volontaire" (Lablénie, 1930)[B 132]
  • La servitude volontaire (Testar, 2004)[B 133]
  • La question du consentement au travail : de la servitude volontaire à l'implication contrainte (Durant, Le floch, 2006)[B 134]
  • De la servitude moderne (Brient, 2007 )[B 135] - Vidéo[B 136]
  • La servitude volontaire aujourd'hui : esclavages et modernité (Chaignot, 2012)[B 137]
  • La chaîne invisible : travailler aujourd'hui, flux tendu et servitude volontaire (Durant, 2012)[B 138]
  • Penser "la servitude volontaire": une anthropologie de notre présent, Gérard Althabe (Traimond, 2012)[B 139]
  • Du refus de la servitude volontaire (Bernard, 2015)[B 140]
  • La nouvelle servitude volontaire : enquête sur le projet politique de la Slicon valley (Vion-Dury, 2016)[B 141]
  • Principe de Pareto loi des 80-20

Dons et contre-dons au sein du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

La question du don fut introduite en socio-anthropologie par Marcel Mauss. Il y voyait un « fait social total » ou autrement dit un « fait social », que son oncle Émile Durkheim définissait comme : « toute manière de faire, [...] ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles » (Durkheim, 1919, p.19)[B 142], mais total, « c'est à dire qui met en branle dans certains cas la totalité de la société (...) et dans d'autres cas, seulement un très grand nombre d'institutions, en particulier lorsque ces échanges et ces contrats concernent plutôt des individus. » (Mauss, 2007, p.241)[B 143].

Vidéo 4.1 Clip de Jimmy Wales dans le cadre de la campagne de récolte de fond de 2007.

La question du don placée dans le contexte du mouvement Wikimédia illustre bien cette idée de fait social total. Elle dépasse largement le cadre d'une manifestation individuel, rappelons à ce propos que les projets éditoriaux Wikimédia qui représentent des dons en soi puisqu'il sont gratuit d'accès et sans publicité, font le bonheur de plus de X visiteur par jour[réf. nécessaire], qu'il sont produit par plus de X bénévoles faisant don de leur temps et compétences[réf. nécessaire] et que ces tous ces projets sont propriété de la fondation Wikimédia qui se voit financée par une campagne de don monétaire dont la dernière en date a récolté plus de 100 millions de dollars en provenance de x donateurs à hauteur moyenne de 15 €[réf. nécessaire]. Dans cette perspective, la question du don au sein du mouvement wikimédia apparaît donc effectivement comme un phénomène d'ampleur planétaire, touchant probablement au niveau des bénéficiaires une énorme partie de l'humanité connectée.

Le don dans le mouvement Wikimédia apparaît aussi dans une dimension totale et même planétaire. Pour cerner la question du don au sein du mouvement Wikimédia, il faut en effet s'intéresser à de nombreuses institutions internationales :

La première est bien sûr la fondation Wikimédia dont on ne reparlera pas ici. Mais qui rappelons le a vu le jour suite à la pression des volontaire travaillant sur le projet Wikipédia et désireux de maintenir ce projet au sein de ce que l'économie du don[réf. nécessaire].

La deuxième est du domaine informatique. C'est le Word Wide Web, un consortium international répondant au sigle W3C. Réputé organisme à but non lucratif - nous restons donc toujours dans le paradigme du don - le W3C à pour devise : « Un seul web partout et pour tous »[W 105]. Cette devise dévoilera aux yeux inconscients de la plupart de ses utilisateurs que le Web aussi est un don. Il semble tout naturel en effet que cette outils de partage d'informations reposant sur l'architecture Internet soit gratuit alors que pourtant, il aurait très bien pu devenir payant en faisant l'objet par exemple, d'un nouveau hold-up planétaire (Di Cosmo et al., 1998)[B 144] orchestré par la firme Microsoft.

Sans la présence d'esprit de François Flückiger, qui assumait la responsabilité du logiciel pionnier WorlWideWeb[N 1] au sein du CERN (Gille et Caillau, 2007, p.283 )[B 145] suite au départ de son créateur Tim Berners-Lee, ce logiciel déposé dans le domaine public par Robert Cailliau le 30 avril 1993, aurait en effet très bien pu être « embrasser » par la firme américaine pour réponde à ses « besoin de normes » (Jardon, 2019, p.154)[B 146]. Afin d'éviter ce drame, en octobre 1994 François Flûckiger se rendra à l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle suisse pour retirer du domaine public le code du premier logiciel Web et le placer sous licence open source (id., p.156)[B 146] de telle sorte à ce que la clause copyleft de la licence empêche toute récupération et mise sous copyright suite à la moindre transformation.

Cette petite incursion dans le domaine juridique, nous dirige vers une troisième institution mondial qu'est la licence libre et qui a comme ambassadeur une nouvelle organisation internationale et non lucrative appelée Creative Commons dont le but est de permettre « le partage et la réutilisation de la créativité et des connaissances grâce à la fourniture d’outils juridiques gratuits »[W 106].

Comme quatrième institution figurera la science et la connaissance au sens large dont il a déjà été question dans un chapitre précédent.

Le cinquième institution humaine sera en toute logique l'économie qui prend de plus en plus le pas sur la politique autre institution humaine intemporel et incontournable. Ces deux aspects seront discuter plus en profondeur dans le chapitre Wikimédia, une exception dans l'hypercentralisation du web.

A poursuivre avec sources suivantes


En 2011 déjà dans une interview de Nathaniel Tkacz[7], Edgar Enyedy raconte que « 

« Wales always replied that a foundation was very difficult to set up. I told him it was an easy deal: you are contributing to the project with the servers, we are giving our time and effort in an altruistic way, but no one is going to make money from the project unless it is proven that the money goes to people who really need it – and that doesn’t include staff members.

When I asked Wales through private emails to set up something – to set up the Basque Wikipedia, for example – he always replied: ‘I’m not a wealthy man’. I heard that many times. A couple of years back he said in an interview ‘I don’t care about money’[1]. When I think about this position and those exchanges, it makes me laugh. Wikipedia has created a large foundation of wage earners, and each year he has to ask for ever-increasing amounts of money. This is what I didn’t want to happen: a large, money-centred organisation made possible by the free work of the community. »

resources

De l'importance du copyleft dans le paradigme du don[modifier | modifier le wikicode]

Polémique apparue dans le monde des hackers et du mouvement du logiciel libre ayant opposé les partisans du concept de logiciel libre à ceux du concept de logiciel open source.

D'un côté, il y avait les adepte de Richard Stalleman, le créateur de la première licence libre à laquelle succédera tant d'autres popularisées aujourd'hui par l'association creative commons (voir schéma illustratif ci-contre), fervent défenseur du copyleft[N 2] et des quatre libertés fondamentales[W 107][N 3] que se dernier protège. De l'autre côté, se situait les partisants d'Éric Raymond auteur de La Cathédrale et le Bazar[B 147] qui mobilisera et popularisera le terme open source dans le but de mettre de côté les enjeux éthiques et politiques liés aux licences libres afin de se concentrer principalement sur l'accès en lecture au code source des logiciels informatiques. A l'issue de ce conflit idéologique, naîtra finalement l'expression anglaise inclusive de « Free/Libre Open Source Software » abrégé FLOSS reprise comme tel en langue française.

Le copyleft, c'est la garantie qu'un travail produit au bénéfice de la communauté ne soit pas récupéré par un acteurs pour en faire un produit dérivé non libre et non ouvert dans le but par exemple d'en assurer le monopole d'une utilisation commerciale. Au sein des licence libre le copyleft se manifeste au niveau de la condition « share alike » (CC.SA) traduite en français par « partage dans les même conditions ». Concrètement, cette condition s'exprime en ces termes :

Dans le cas où vous effectuez un remix, que vous transformez, ou créez à partir du matériel composant l'Oeuvre originale, vous devez diffuser l'Oeuvre modifiée dans les même conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'Oeuvre originale a été diffusée.[B 148]

Dans le cadre d'un travail volontaire au service de la communauté, cette condition apparaît donc comme un élément crucial. Elle permettra par exemple dans le cadre du mouvement Wikimédia d'assurer que les services rendus à la communauté soient porteurs de nouveaux services librement accessibles à cette même communauté. Prenons un exemple :

Si la communauté Wikimédienne produit du contenu informationnel sous condition share alike, la description d'une photographie par exemple, aucune entreprise par la suite ne pourra au départ de ce travail bénévole produire un moteur de recherche d'image sous copyright fonctionnant grâce à un code informatique non ouvert et dans le but de répondre à aux intérêts propres et limités d'investisseurs financiers. Ce cas de figure me semble tout à fait possible à partir du moment ou la condition share alike disparait dans le cas de l'adoption par exemple d'un licence moins restrictive tel que la CC.0 qui s'apparente au domaine public.

Sources à consulter

Volontariat serviable ou servitude volontaire ?[modifier | modifier le wikicode]

Motivation, occuper son temps, une ligne sur le cv, valorisation sociabilisation...

Daniel Dumont : comment atteindre le revenu de base en renforcant la sécurité socialeEdwine doctorat sur perception du volontariat, consulter sa thèse

Idées

L'expérience Wikipédia nous oblige à reprendre le débat sur le don au sein des sciences sociales et plus particulièrement au sujet de qu'il est convenu d'appeler le « don pur » selon la formule de Malinowski ou « don aux inconnus » selon la formule de Godbout.

Une chute dans la croissance de nouveaux contributeurs s'est clairement manifestée en 2007. Elle s'explique par plusieurs hypothèses :

  • l'établissement de règle par une communauté de départ qui repousse les nouveaux arrivants.
  • la difficulté de contribuer en raison d'article de plus en plus complets et exhaustif.
  • la migration de l'utilisateur Internet de l'ordinateur vers le smart-phone.

Il existe une quatrième piste qui n'est pas encore exploitée :

  • le démarrage de campagne de récolte de dons : la gratitude des utilisateurs de l'encyclopédie (contre don) anciennement présente au travers de la participation à l'édition est remplacée par le don d'argent plus propice au développement de la fondation qu'au développement de l'encyclopédie.

Source à traiter


Notes

  1. Il ne faut pas confondre le Worl Wide Web qui désigne aujourd'hui un espace numérique avec le WorlWideWeb qui désigne le premier éditeur HTML et donc navigateur web.
  2. Le copyleft est un jeux de mot anglophone illustrant l'une des clauses des licences libre destinée à protéger un travail d'une réappropriation placée sous copyright. Plus précisément, cette clause interdit de placer un travail issu de la transformation d'un travail préexistant placé sous copyleft, sous une autre licence que le travail préexistant. La question du copyleft sera abordée plus en profondeur sous le titre : « Servitude volontaire ou volontariat serviable ? »
  3. Ces quatre libertés sont : « la liberté de faire fonctionner le programme comme vous voulez, pour n'importe quel usage (liberté 0) ; la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu'il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l'accès au code source est une condition nécessaire ; la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider les autres (liberté 2) ; la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l'accès au code source est une condition nécessaire. »


Wikimédia, une exception dans l'hypercentralisation du Web ?[modifier | modifier le wikicode]

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Les enjeux de l'hypercentralisation du Web[modifier | modifier le wikicode]

L'hypercentralisation du World Wide Web, dénoncé par son inventeur de 2014[B 150] à 2018[B 151], semble rester l'un des enjeux majeurs dans la gestion de l'Internet. Si l'on s'en tient à une traduction littérale de l'anglais, le Web représente un vaste réseau mondial qu'il ne faut pas confondre avec l'Internet. Le mot Internet désigne l'aspect physique du réseau composé de produits informatiques interconnectés à l'aide de protocoles divers : ordinateurs, téléphones, moyens de transport, installations électriques, bracelet électroniques, sex toys, etc. D'où est tirée d'ailleurs l'expression d'Internet des objets.

En dehors des points d'échanges, sortes de nœuds au sein du réseau rationalisant la circulation des informations entre les fournisseurs d'accès, il est donc quelque part absurde de parler de centralisation lorsque l'on parle de l'Internet alors que la question d'hypercentralisation s'applique parfaitement au niveau du Web où l'on voit apparaître toute une série d'acteurs économiques qui gèrent de façon monopolistique toute une série d'applications.

Statistiques d'utilisation des navigateurs Web de 2009 à 2017.

Pour expliquer les choses simplement et sans entrer dans les détails[N 1], l'espace Web, inventée par Tim Berners-Lee plusieurs années après la création de l'Internet, pourrait se résumer à tout ce qui est accessible au départ d'un navigateur Web pouvant être installé sur un ordinateur, un smartphone, une tablette, une montre, etc. Plus concrètement, le Web se compose d'un ensemble de pages au contenu audiovisuel qui la plupart du temps propose des liens hypertextes pointant vers d'autres pages de même type. Surfer sur la Toile, c'est donc passer d'une page à l'autre en cliquant sur ces liens.

Pour comprendre à présent le phénomène d'hypercentralisation du Web, il faut observer comment s'est développé le marché économique et politique dans cet espace. L'espace Web est actuellement dominé par ce que l'on appelle les géants du Web. Parmi ceux-ci figure du poles. L'un du coté américain, avec cinq firmes réunies sous l'acronyme GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ayant toutes leur siège social en Californie dans la Silicone Valley, à l’exception de Microsoft et Amazon situées dans l'état de Washington, l'autre du côté chinois avec quatre firmes réunies sou l'acronyme BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaom). Parmi les firmes américaine, la plus connue est sans doute la plate-forme de réseau social Facebook. Celle-ci revendiquait en juin 2017 plus de deux milliards d'utilisateurs[B 152], soit plus d'un quart de la population mondiale. Son directeur général est son jeune fondateur de 34 ans devenu cinquième homme le plus riche au monde en moins de 15 ans.

Le succès de Facebook semble en partie lié au concept de technologie de rupture qui fut établi au départ d'une analyse pionnière menée par Clayton M. Christensen, dans son ouvrage intitulé The innovator's Dilemma[B 153]. Ce concept, aussi adopté par Google[B 154], propose l'innovation comme leitmotiv dans la lutte pour l'acquisition de parts de marché. À ce principe d'innovation s'ajouteront d'autres effets favorables tels qu'une communauté de départ valorisante issue du milieu universitaire, une couverture médiatique croissante et finalement un effet de réseau irréversible qui se produit lorsqu'une communauté d'utilisateurs dépassant de loin celle des autres communautés similaires et attire donc vers elle les membres des autres communautés pour des raison évidentes d'efficacité de rencontre[B 155].

Quant aux bénéfices financiers, il faut comprendre que ce que vendent les géants du Net est, d'une part, un droit à la publicité au sein de leurs site Web et, d'autre part, un accès à un ensemble de données fournies par leurs utilisateurs devenant, sans le savoir, les réels producteurs du travail numérique (digital labour) vendu par ces entreprises, les. Appelées « le nouvel or noir »[B 156], toutes les données et méta-données informatiques produites par les utilisateurs (identités, coordonnées, comportements sociaux, réseaux d'amitiés, etc) sont d'une très grande valeur étant donné qu'elle peuvent être directement traitées par des ordinateurs pour établir des analyses statistiques rapides – parfois en temps réel – au départ d'une quantité colossale de données que certain appelleront Big Data. Réalisées à l'aide d'algorithmes divers, ces analyses offrent des indications précises pour la mise en place d'un marketing particulièrement ciblé ou pour établir des stratégies de communication extrêmement efficaces et pouvant être paramétrées à une dimension planétaire. Il en résulte que ce marché est extrêmement prisé par les personnes et sociétés les plus riches de la planète, soucieuses de poursuivre efficacement leurs buts lucratifs ou d'accumulation de pouvoir politique.

Signature de la loi USA PATRIOT Act par le président George W. Bush.

Toutes situés au États-Unis, ces sociétés monopolistiques sont aussi soumises à des pressions politiques, juridiques voire financières en provenance de l'État ou d'organismes étatiques. Par exemple, la loi USA PATRIOT Act votée le 26 octobre 2011 à la suite des attentats du 11 septembre 2001, permet aux autorités américaines d'accéder aux données informatiques détenues par les particuliers et les entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs[B 157].

Au final, l'accaparement de l'espace Web par un nombre restreint d'acteurs commerciaux basés aux États-Unis posera donc les problème suivants :

  • un renforcement de l'influence des plus riches (personnes ou sociétés) sur le reste du monde ;
  • une concentration des capitaux et d'actions dans un seul état du monde ;
  • le renforcement d'une puissance étatique en matière de contrôle des activités humaines.

Gardons enfin à l'esprit, mais sans entrer dans les détails pour ne pas nous éloigner du sujet qui nous intéresse, qu'au niveau de l'informatique le phénomène d'hypercentralisation n'est pas propre au Web. En effet, la société Microsoft, déjà accusée en 1998 de hold-up planétaire[B 158] au travers l'établissement d'un monopole, reste en janvier 2018 propriétaire du système d'exploitation appelé Windows installé sur plus de 80% des ordinateurs de bureaux[B 159].

Au final, donc, la question d'hypercentralisation liée au développement de l'informatique et des nouvelles technologies de communication peut aller au delà de l'intérêt que l'on porte aux GAFAM. Le projet d'encyclopédie libre en ligne Wikipédia par exemple, bien qu'il ne réponde pas à un but lucratif institué, se situe en cinquième place au niveau de la fréquentation du Web et bénéficiant de près de 70% du trafic en provenance des moteurs de recherche[W 108]. À ce titre, ce projet peut légitimement être repris parmi la liste des géants du Web qui ont réussi à établir un certain monopole sur le réseau. Bien sûr, au niveau des enjeux économiques et politiques, Wikipédia ne doit pas être comparé aux GAFAM. Gardons bien à l'esprit qu'il est issu d'un travail bénévole et que de ce projet ne découle aucune vente d'espace publicitaire ou de données produites par ses utilisateurs. Cependant, il n'en reste pas moins vrai que ce monopole est source de revenus financiers provenant d'un ensemble de dons s'élevant à un montant 100 000 000 de dollars américains lors de la dernière récolte 2017-2018[W 109]. Il est vrai aussi que cette somme d'argent est gérée au niveau d'un ensemble d'acteurs limités gravitant autour de la fondation Wikimédia et que cela peut poser question. Il est tout aussi vrai qu'au delà de l'aspect financier on peut dénoncer au sein de l'encyclopédie, bien qu'elle soit éditée de façon bénévole par un nombre d'acteurs important, une certaine centralisation culturelle liée aux origines ethniques de ses nombreux contributeurs et contributrices.

L'une des fins d'Internet[B 160]

Wikipédia soleil d'ombre de la galaxie Wikimédia et[modifier | modifier le wikicode]

Considération historique[modifier | modifier le wikicode]

Avant la création de la Wikimedia Foundation, le projet encyclopédique a bien risqué de devenir une entreprise commecial comparable au autre GAFAM. Edgar Enyedy, l'un des organisateur du fork espagnol écrivait en effet suite à cette épisode dans une lettre traduite sur l'une des page de Wikipédia traduite le 5 octobre 2002 qu'il n'a jamais eu de mal entendu sur ce sujet et qu'il pouvait apporter les preuves au départ « de textes du wikipedia anglo-saxon et de nombreux courriers privés »[W 110].

Près de 10 ans plus tard en 2011 dans une interview de Nathaniel Tkacz, Edgar Enyedy partage l'avis que « Wikipedia has led us to a verbatim information Internet. There used to be a lot of different sources, but nowadays the info you get is carbon copy all over the net. There aren’t enough filters. A lot of pages are just circulating Wikipedia texts, including its rights and wrongs, but without its disclaimers. »[W 111]

Centralisation possible des contributions sur fr.wikipedia

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Église catholique » sur fr.wikipedia

Une analyse statistique étayée par une observation ethnographique révèle que les articles traitant de la religion catholique sont édités, surveillés et protégés par un nombres restreint d'utilisateurs membres ou présupposés membres de la communauté. Il en ressort ainsi un fait marquant, c'est qu'en date du 5 février 2018, l'article intitulé « Histoire de l'Église catholique »[W 112] n'apporte aucune information ni liens sur la question des abus sexuels au sein de cette église. [W 113].

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Histoire de l'église catholique » sur fr.wikipedia.

Une analyse statistique accessible en ligne[W 114] de la page Église catholique faite par le laboratoire Wikimedia Toolforge illustre au travers d'un ensemble de diagrammes que près de la moitié du texte de l'article a été ajoutée par un utilisateur, près des trois quarts par deux utilisateurs et plus de 85% par trois utilisateurs. Une autre page d'analyse statistique[W 115] nous informe que, au niveau de l'article « Histoire de l'Église catholique », 87,4% du texte a été ajouté par un seul utilisateur.

« 5 % environ des contributeurs sont à l'origine de 90 % du contenu » et « la genèse de la plupart des articles de l'encyclopédie en ligne est donc due à quelques centaines de Wikipédiens » (Barbe, 2006, 2010)[B 161].

Principe de neutralité de point de vue

Il semblerait toutefois que « l’aspiration à un processus de rédaction convivial et serein soit mise de facto au-dessus de l’examen critique de la présentation pluraliste des points de vue. »[B 162]

Faire référence à l'article Krisna, eglise catholique. pédagogie Steiner dans différente langue.


Source à traiter

Le Thé — Wikipédia

Qu'est-ce que Wikipédia ? Par Wikimédia - YouTube

Wikipedia:Hat collecting - Wikipedia

Celette

You can now use Google Translate to translate articles on Wikipedia – Wikimedia Foundation

Google and Wikimedia Foundation partner to increase knowledge equity online – Wikimedia Foundation
Expanding knowledge access with the Wikimedia Foundation

Wikimédia, ONG ?[modifier | modifier le wikicode]

Dérive de la mission[modifier | modifier le wikicode]

Quel destin pour la culture orale dans le mouvement Wikimédia et l'espace Web ?[modifier | modifier le wikicode]

L'épisode Wikipédia Zéro[modifier | modifier le wikicode]


Idées et documentation à parcourir

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  • Sharing best practices (e.g., leading Lightning Talk sessions, facilitating Creative Problem Solving sessions or “Fail fest”)
  • Teaching basics of conflict mediation
  • Anti-harassment tools and protecting Friendly Space
  • Project planning & support (facilitating the pilot project workshop, teaching grant proposal best practices)
  • Measuring and evaluating impact (leading a logic model session, tools demonstrations or rotation)
  • Communications skills (facilitation, presentation, teaching the ABCDs of storytelling)
  • Designing Wikimedia programs and events (e.g., facilitating the Making It Count workshop, sharing program toolkits, designing workshops, teaching others to lead successful events)

Notes

  1. Une compréhension plus juste et plus fine du réseau est possible mais dépasserait l'exercice de ce travail. Pour les lecteurs désireux d'en savoir plus, je leur conseille la lecture de l'article Web des objets sur Wikipédia.


Le mouvement Wikimédia pour imaginer le monde[modifier | modifier le wikicode]

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L'imaginaire à la rescousse de la complexité ou de l'absence de réponse.[modifier | modifier le wikicode]

La complexité du monde ne réside pas dans les processus basiques relativement simples quand on les obtiens par décomposition des processus plus globaux mais bien les combinaisons parfois extrême de ceux-ci. Cette complexité est étroitement liée aux capacités de l'esprit humain limité dans le traitement d'information et de processus de façon simultanée. La mémoire à court terme, sorte de mémoire vive du cerveaux humain est en effet limitée et oblige ce dernier à appréhender les choses de manière simplifiée et structurées pour les rendre intelligible. L'opposition, la bipolarisation, la catégorisation, la classification, la taxonomie, etc. sont autant d'artifices inventés par l'homme pour lui faciliter la compréhension d'un monde qu'un se voit incapable appréhender en un tout mais seulement partiellement sous forme de représentations imaginaires.

Ces imaginaires vienne donc à la rescousse de la complexité ou à l'absence de réponse et ils peuvent être à mon sens plus ou moins féconds, ou plus ou moins néfastes. Croire en une hiérarchie statutaire et morale entre les êtres humain m’apparaît par exemple comme un imaginaire néfaste dont l'une des expressions les plus dramatique dans l’historie de l'humanité fut certainement la foi en l'eugénisme et la croyance en une « race supérieur et des races inférieurs d'êtres humain » pouvant dans le pire des cas justifier des actes ou projets génocidaires. Imaginer par contre, comme le fait le mouvement Wikimédia, un monde dans lequel chaque être humain peu librement partager et contribuer à la somme de tous les savoirs[P 1][C 1], m'apparaît être un imaginaire fécond susceptible de mobiliser l'énergie humaine dans la construction d'un monde meilleurs pour tous.

Un monde public transparent, une vie privée secrète[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

La Wikigouvernance comme première démocratique universelle[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Donner et redonner sens à notre humanité[modifier | modifier le wikicode]

À venir...


Notes


Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Sources webographiques[modifier | modifier le wikicode]

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Références bibliographies et vidéographiques[modifier | modifier le wikicode]

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  15. Jörg Sydow, Elke Schüssler et Gordon Müller-Seitz, Managing inter-organizational relations: debates and cases, 2016 (ISBN 978-1-137-37002-0) (OCLC 1061274553) [lire en ligne], p. 295 
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  17. (Colleyn, 2012, p.2) Jean-Paul Colleyn, « Champ et hors champ de l’anthropologie visuelle », L Homme, no  203-204, 2012-12-04, p. 457–480 (ISSN 0439-4216 et ISSN 1953-8103) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-10-03)]
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  164. Emanuela Chiriac, « Wikipédia, la chimère du savoir libre », Documentation et bibliothèques, vol. 61, no  4, 2015, p. 159–166 (ISSN 2291-8949 et ISSN 0315-2340) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-01-03)]

Analyse statistique des rapports financiers de la Fondation Wikimedia[modifier | modifier le wikicode]

A traduire depuis la page Statistical analysis of Wikimedia Foundation financial reports - Wikiversity

Utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique en ligne[modifier | modifier le wikicode]

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Introduction et contextualisation[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'essor des TIC, les anthropologues, comme les autres travailleurs en sciences humaines, sont de plus en plus confrontés à l'utilisation et à l'observation de nombreux moyens de communication mis en œuvre au sein espaces numériques. Les réseaux sociaux, les forums, les groupes de messageries instantanées, les listes de diffusion, les sites collaboratifs, etc. sont devenus des lieux de vie partagés par de nombreuses communautés humaines. Au fils du temps, ces nouveaux espaces numériques produiront de nouveaux terrains ethnographiques qui seront à leur tour à l'origine de nouveaux domaines d'investigations en anthropologie. On parle en effet aujourd'hui d'anthropologie virtuel ou des mondes virtuels, d'ethnographie numérique ou de netnographie, de techno-anthropologie, de cyber-anthropologie, d'anthropologie du numérique ou des espaces numériques, etc. que l'on peut regrouper autour du terme « anthropologie numérique ».

Dans ce contexte, ce présent travail tentera de mettre en lumière l'intérêt d'utiliser des outils informatiques de traitement automatique du langage appliqué sur des corpus linguistiques accessibles accessible au départ de terrain ethnographique. Bien que ce type de logiciel soient généralement conçus et utilisés par les linguistes, nous n'aborderons pas ici les questions liées à l'anthropologie linguistique. Ce travail de recherche ne s'intéressera donc pas à l'analyse linguistique de corpus issus de travaux ethnographies[8], mais bien à l'utilisation d'un logiciel d'analyse de corpus linguistique dans le but d'améliorer ou faciliter un travail de recherche ethnographique en anthropologie. Ces corpus linguistiques peuvent être nombreux (réseaux sociaux, liste de diffusions, blogs, chats autre communication instantanée, etc) et il existe de nombreux logiciels d'analyse de corpus disponibles sur le marché. Dans le cadre de cette étude, nous nous concentrerons uniquement à titre d'exemple aux archives d'une liste de diffusion et à l'utilisation du logiciel TXM.

La liste de diffusion Wikimedia comme corpus linguistique[modifier | modifier le wikicode]

Pourquoi la liste de diffusion Wikimedia ?[modifier | modifier le wikicode]

Une des raisons pour lesquelles j'ai choisi la liste de diffusion de Wikmedia comme corpus est liée au fait que le mouvement de Wikimedia constitue la thématique principale de ma thèse de doctorat. Une autre raison fut la facilité de constitution du corpus par un copié collé des archives publiée sur le Net. Il me fut donc facile de constituer, mois par mois, des fichiers séparés au format.txt pour qu'il soient directement utilisables par le logiciel TXM. Un autre argument taille, c'est que les archives de cette liste de diffusion sont publiées sous licence CC-BY 3.0 license[9], ce qui simplifie grandement les questions d'autorisation d'usage et de diffusions des informations contenues dans les archives.

Description de la liste de diffusion[modifier | modifier le wikicode]

La liste de diffusion de la communauté Wikimedia intitulée "Wikimedia-l"[10] est un lieu de communication au sein mouvement Wikimédia entre différent acteur tel que la Wikimedia Foundation, ses chapitres et autres organisations affiliées, ses partenaires institutionnels, les contributeurs au sein des projets, etc.

Cette liste de diffusion peut, par exemple, être utilisée pour :

  • La planification des nouveaux projets ou initiatives au sein du mouvement.
  • Les questions d'organisation de la Wikimedia Foundation, des sections locales, d'autres organisations affiliés, etc.
  • Discuter de la mise en place des nouveaux chapitres locaux de Wikimedia.
  • Élaborer et évaluer des programmes d'octroi de subventions.
  • Électricité de planification
  • Planification des élections, des scrutins et des votes
  • Discussion sur les projets qui n'ont pas déjà une liste de diffusion
  • Trouver des moyens de collecter des fonds
  • Autres questions liées à Wikimedia
Description du corpus[modifier | modifier le wikicode]

Le corpus est constitué d'un dossier contenant X fichiers (un fichier par mois d'avril 2004 à avril 2018) pour un taille de X Mo et X mots.

Le logiciel gratuit TXM comme outil d'analyse[modifier | modifier le wikicode]

TXM User Manual Version 0.7 ALPHA.
Pourquoi TXM[modifier | modifier le wikicode]

De la même manière que certaines personnes adhère au végétarisme et ne mangent pas de viande, je prétends pour ma part adhérer au mouvement 'libriste et refuse de "manger" ou plutôt de me faire manger par du logiciel propriétaire et donc d'utilisé exclusivement et autant que possible des logiciels libres tes qu'ils furent définis par Richard Stallman. Le logiciel TXM répondait à mes attentes à cet égard. De plus il est développé par une équipe de chercheurs français qui produisent une bonne documentation en français diffusée sur le site Internet du projet [11] notamment sous forme d'un manuel[12] tutorial vidéo[13]. Enfin, le projet a une liste de diffusion [14] et un Wiki[15] qui me donnent la possibilité de recevoir en français le soutien de l'équipe TXM [16] et des membres de la communauté.

TXM description[17][modifier | modifier le wikicode]

TXM est un environnement d'analyse de texte/corpus et d'analyse graphique gratuit, open-source, Unicode, XML & TEI compatible et basé sur CQP et R. Il est disponible pour Microsoft Windows, Linux, Mac OS X et comme portail web J2EE. Il prévoit.

Analyse qualitative

  • Concordances de modèles lexicaux basées sur le moteur de recherche plein texte CQP efficace et son langage de requête CQL
  • Listes de fréquence des motifs CQL pour n'importe quelle propriété de mot (type, lemme, pos...) grâce à l'intégration de l'intégration TreeTagger pour la lemmatisation et le tagging de pos.
  • Graphiques d'occurrence de motif CQL
  • Les modèles lexicaux sont exprimés dans le langage de requête CQL, basé sur les propriétés au niveau du mot et de la structure.
  • Navigation riche en édition de texte basée sur HTML avec des liens de tous les autres outils

Analyse quantitative

  • Analyse factorielle des correspondances
  • Spécificités constratives des mots
  • Classification hiérarchique
  • Analyse de mots cooccurrents ou de modèles lexicaux
Modèle de données du corpus[modifier | modifier le wikicode]
  • Indexe les mots et leurs propriétés ainsi que la structure hiérarchique des textes.
  • Répertorie les métadonnées externes ou internes des textes ou des locuteurs.
  • Permet la construction de différentes sous-corpores et partitions (pour l'analyse de structures de texte ou de groupes de mots)
Retour sur l'installation, l'importation et l'utilisation des fonctions[modifier | modifier le wikicode]

Avant TXM, j'avais utilisé très peu de logiciels textométriques et toujours de manière très ponctuelle. Se familiariser avec ce logiciel ne m'a pas semblé excessivement difficile, mais l'aurait peut-être été si je n'avais pas acquis auparavant quelques connaissances en analyse de corpus en linguistique. Sans cette formation préalable, j'aurais dû assimiler en même temps que la découverte du logiciel tout un ensemble de concepts tels que occurrence, lemme, tolken, etc. Ceci dit, au départ du manuel en français et avec l'aide de la communauté, il me semble tout à fait possible de partir de zéro dans l'utilisation de ce logiciel.

Au final, les seuls problèmes que j'ai rencontrés dans cette expérience ont été l'installation et l'utilisation du logiciel d'automatisation Treetagger, qui, contrairement au logiciel de traitement statistique R, n'était pas pré-installé dans TXM. Ces problèmes étaient liés à des erreurs de configuration de ma part et un autre problème probablement lié à un fichier téléchargé et corrompu. Ce problème a cependant disparu depuis la dernière version 0.7.9 du logiciel qui intègre automatiquement le logiciel Treetagger.

Il est à noter que le processus d'importation de mon corpus menant à la création d'un fichier XML contenant les informations de catégorisation et de lemmatisation a pris plus de trois heures sur un ordinateur de bureau ( i5 3.40 GHz 64 bits). A la fin du processus, une surcharge de ma RAM de 8 Go oblige l'ordinateur à utiliser l'espace d'échange sur le disque dur. Enfin, le dossier en format binaire du corpus produit en plus d'une heure de calcul, avait une taille de 6,5 Go et ne pouvait être chargé sur mon ordinateur portable faute d'espace disque alors que plus de 15 Go étaient disponibles.

Il me semble donc important de souligner qu'avant de se lancer dans l'analyse d'un corpus avec TXM, il est nécessaire de s'assurer que le matériel informatique est suffisamment puissant en fonction de la taille du texte. Autre exemple, après avoir créé deux partitions au sein de mon corpus, le démarrage du logiciel est passé de quelques secondes à près de cinq minutes.

Le logiciel m'a semblé relativement stable lorsque vous n'effectuez qu'un calcul à la fois. Face à la taille du corpus et à la puissance de mon ordinateur de bureau, certains processus peuvent atteindre des temps d'exécution élevés, voire excessifs. Lorsque le logiciel se bloque et que son arrêt doit se faire via le système d'exploitation de l'ordinateur, une partie du travail effectué avant l'arrêt peut être perdue. Il est donc conseillé de redémarrer l'application après avoir effectué un travail important.

Fonctionnalités de TXM utiles pour l'ethnographe[modifier | modifier le wikicode]

Une à une, nous discuterons ici des fonctionnalités offertes par le logiciel TXM, et de leur capacité à fournir des informations utiles à l'ethnographe. Pour chaque fonctionnalité utile, nous donnerons un exemple appliqué à l'analyse des archives de la liste de diffusion Wikimedia-l.

Édition[modifier | modifier le wikicode]

La fonction d'édition vous permet de parcourir l'ensemble du corpus en affichage html avec l'affichage d'une bulle d'information sur chaque mot indiquant sa catégorie lexicale. La navigation se fait fichier par fichier avec le nom du fichier comme en-tête de l'onglet et un menu contextuel par clic droit permet l'envoi d'un mot vers le concordancer. Sans quitter le logiciel TXM, cette fonction permet de parcourir l'intégralité du texte pour appréhender sa structure et lancer des recherches plus approfondie sur base de mots clefs choisis. Il est par exemple possible de parcourir facilement toutes les interventions d'un acteur que vous souhaitez suivre dans ses intervention au niveau de la liste de diffusion. Nous reviendrons plus tard sur la fonctionnalité du concordancier..

Lexique[modifier | modifier le wikicode]

Une analyse lexicale (liste des mots classés par fréquence) donne déjà de bonnes informations à l'ethnographe concernant les mots qui sont le plus souvent utilisés par les acteurs de la liste de diffusion, un chercheur peut par exemple obtenir des informations sur :

  • Les principaux sujets de discussion au sein de la communauté et les mobiliser dans les entretiens individuel semi-directif ;
  • Les membres les plus actifs de la liste de diffusion dans le but de choisir des personnes à interviewer ;
  • Les fournisseurs d'adresse courriel les plus utilisés dans le but de connaître les canaux de communication les mieux adapter pour entrer en contact avec les acteurs du mouvement.

Exemple tiré du corpus :

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

  • Autre type de corpus possible.

Ressources théoriques

  • Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE [18].
  • Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List[19].
  • Analyse de complexité des textes coutumostratiques[20]
  • Aperçu du traitement du langage naturel [21]
  • Manuel utilisateur français TXM [22]

Papiers à explorer

  • Explorez, jouez, analysez votre corpus avec TXM[23]
  • Analyse de la littérature anthropologique pourrait être un travail très intéressant en mobilisant par exemple l'archivage numérique fait par la plateforme ODAS[24].

Ressources externes


Note et sources <références />

Autres annexes[modifier | modifier le wikicode]


Graphique illustrant le nombre de consultations de cette page durant les jours passés

  1. Jeff Ogden, English: A world map colored to show the level of Internet penetration (number of Internet users as a percentage of a country's population)., 2012-04-24 [lire en ligne] 
  2. BlankMap: Frank Bennett, English: Data from: Wikipedia Page Views Per Country, 2013 Q4., 2015-11-22 [lire en ligne] 
  3. RENDER Project, Wikimedia Deutschland, English: Geotagged articles in english Wikipedia, 2012-10-26 [lire en ligne] 
  4. Jörg Sydow, Elke Schüssler et Gordon Müller-Seitz, Managing inter-organizational relations: debates and cases, 2016, 298 p. (ISBN 978-1-137-37002-0) (OCLC 1061274553) [lire en ligne] 
  5. Noam Cohen, « Success may be Wikipedia’s biggest challenge », Boston.com, 2010-07-12 [texte intégral (page consultée le 2020-01-10)]
  6. Jörg Sydow, Elke Schüssler et Gordon Müller-Seitz, Managing inter-organizational relations: debates and cases, 2016 (ISBN 978-1-137-37002-0) (OCLC 1061274553) [lire en ligne], p. 298 
  7. « CPOV | ‘Good luck with your WikiPAIDia’: Reflections on the 2002 Fork of the Spanish Wikipedia », sur networkcultures.org (consulté le 23 décembre 2019)
  8. Jannis Androutsopoulos, « Potentials and Limitations of Speech-Centred Online Ethnography », Language@Internet, vol. 5, no  8, 2008-09-04 (ISSN 1860-2029) [texte intégral]
  9. Source : https://lists.wikimedia.org/mailman/listinfo/wikimedia-l
  10. Source : https://lists.wikimedia.org/pipermail/wikimedia-l/
  11. Projet Textométrie
  12. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  13. Atelier d'initiation à TXM de Bénédicte Pincemin du 27 septembre 2012
  14. txm-users - TXM users mailing list - subrequest
  15. index[Le wiki de la liste txm-users]
  16. L'équipe TXM - Projet Textométrie
  17. Présentation - Projet Textométrie
  18. George Kuk, « Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE », Science de la gestion, vol. 52, 2006-07, p. 1031-1042 (ISSN 0025-1909) [texte intégral lien DOI]
  19. Purchase : Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List
  20. Recherche:Analyse de complexité des textes coutumostratiques - Wikiversité
  21. « Outline_of_natural_language_processing&oldid=863062167 », Wikipedia, 2018-10-08
  22. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  23. Explore, jouez, analysez votre corpus avec TXM | DHd-Blog
  24. https://www.odsas.net.
  1. « Wikimedia Foundation Vision », sur Wikimedia Foundation, (consulté le 15 mai 2019)


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