Recherche:Imagine un monde

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Imagine un monde ! Appréhender la révolution numérique et la société globalisée au départ du mouvement Wikimédia

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Ce travail de recherche est une thèse de doctorat en socio-anthropologie (Click here to see the English part of this PhD thesis).

Université : Université catholique de Louvain.

Doctorant : Lionel Scheepmans (parcours de vie détaillé).

Promoteur de thèse : Olivier Servais.

Membres du comité d’accompagnement : Pierre-Joseph Laurent, Christophe Lazaro, Emmanuel Wathelet.

Laboratoire universitaire : Laboratoire d'anthropologie prospective.

Laboratoire wikiversitaire : Laboratoire d'études du mouvement Wikimédia.


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Sommaire

Introduction au mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

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Une introduction surveillée par la communauté Wikipédienne[modifier | modifier le wikicode]

Avant d'entrer dans des considérations plus spécifiques au sujet du mouvement Wikimédia dans le cadre de ma thèse de doctorat, il me semblait important de fournir au lecteur une première approche de ce qu'est ce mouvement afin qu'il puisse s'en faire une première idée. Une présentation encyclopédique du mouvement m'est alors apparue comme contenu idéal pour cette première étape de lecture. Plutôt que de le rédiger ici, j'ai trouvé plus intéressant de m'investir dans ce qui avait déjà été fait au niveau de l'encyclopédie Wikipédia en langue française[N 1]. J'ai pensé en effet que ce que j'écrirai à propos du mouvement Wikimédia serait ainsi vérifier par les membres du mouvement eux-même, ou pour le moins ceux qui seront actifs sur le projet Wikipédia.

Dans cette perspective, le 21 janvier 2019, je me suis donc lancer, sous le regard et le contrôle de la communauté Wikipédia, dans l'édition de l'article intitulée aujourd'hui « Mouvement Wikimédia ». Je me suis tout de suite étonné de son faible stade d'avancement[P 1] y compris sur le projet Wikipedia anglophone[P 2] qui regroupe pourtant souvent des articles plus aboutis en raison du plus grand nombres de locuteurs et donc de contributeurs. De plus, le 8 avril 2019, j'ai du prendre l'initiative d'inverser la redirection qui partait de l'article « Mouvement Wikimédia » vers l'article « Wikimédia ». Je justifiait cette action dans l’encart de résumé[N 2] en écrivant : « Le contenu de la page correspond plus au mouvement qu'à la marque[N 3] »[P 3]. Apparaissait donc là un deuxième indice qui me faisait croire que l’article encyclopédique consacré au mouvement Wikimédia était délaissé par le mouvement lui-même.

Un jour, le 9 mars 2019, l'une de mes modifications a été annulée par un utilisateur répondant au pseudonyme de (:Julien:) que j'avais identifié en raison de son franc parlé argotique, comme était un jeune contributeur. Neuf mois plus tard, en écrivant ce paragraphe, je découvre sur l'une de ses sous-page utilisateur qu'il est « un ancien membre du premier Comité d'arbitrage[N 4] entre le 22 mars 2005 et le 22 septembre 2005 »[P 4]... Comme quoi, au sein du mouvement Wikimédia, si l'on ne fait pas de recherches, on peut facilement se tromper sur l'identité cachée derrière le pseudonyme d'un utilisateur.

Julien avait justifier l'annulation de ma modification de l'article par le résumé suivant : « § n'a plus aucun sens, mieux vaut rester à la formulation précédente »[P 5]. Comme il avait raison, j'ai alors essayé de reformuler mes propos pour les rendre plus sensés en laissant comme résumé : « Bonjour Julien, peut-on discuter avant que tu supprimes mon travail ? Bien à toi. »[P 6]. Suite à cela, Julien décidera alors d'entamée une discussion sous le titre « formulation » au niveau de la page de discussion[N 5] réservé à l'article « Mouvement Wikimédia »[P 7] :

Bonjour @Lionel Scheepmans,

D'abord non, je ne vais pas discuter avant de reverter tes modifs. Le paragraphe que tu as modifié était truffé de fautes d'ortho et ne voulait plus rien dire. Donc dans ce cas, ce n'est pas comme un débat à avoir sur la pertinence de tel truc ou la formulation de tel autre, c'est juste imbittable donc je dégage.
Ton paragraphe est encore maladroit : la version précédente parlait du nom des projets, toi tu dis que WMF est « Composés d'un [[w:mot-valise|]] ([[w:wiki|]]) ». D'une part ce n'est pas la WMF qui est composée mais son nom, d'autre part le mot-valise n'est pas une composante du nom, mais le nom lui-même. Et il reste des fautes d'orth, c'est pour ça que le paragraphe précédent, à la fois clair et en français correct (même si à la relecture, il y avait aussi des fautes :s) me semble mieux. Cordialement, (:Julien:) 11 mars 2019 à 10:09 (CET)

Merci (:Julien:) d'entamer la discussion. Tu as parfaitement raison sur le fait que ma modification comportait des fautes d'orthographes. si il en reste, je t'invite à les corriger. C'est vrai aussi que j'avais oublier un verbe et que le sens de la phrase posait problème. C'est vrai enfin que le mot valise ne concerne pas la fondation elle même. Mais ne crois tu pas qu'il est mieux d'améliorer les choses que tu qualifies d'imbittable (Si tu pouvais m’expliquer ce néologisme, je t'en serais reconnaissant) plutôt que de les dégager (J'apprécierais que tu utilises d'autres termes, mon travail n'est pas un ballon de football).
Je viens de modifier le paragraphe en fonction de tes recommandations. N'hésite pas à l'améliorer. N'hésite pas non plus à mettre un peu de courtoisie dans tes actions et réactions. On est tous bénévoles ici, autant rendre l'atmosphère de travail agréable tu ne cois pas ? J'envisage aussi de scindé l'article en deux avec un article dédié séparément au [[w:Mouvement Wikimédia|]]. Si le projet t’intéresse, dis le moi on peut travailler ensemble. Tu sembles en effet avoir des compétences qui peuvent combler certains de mes handicapes. Bien à toi. Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 11 mars 2019 à 10:55 (CET)
Salut Lionel,
« Imbitable », ça s’écrit avec un seul T, ça dérive de biter, littéralement « foutre sa bite dans le truc », c’est-à-dire le comprendre — parce qu’on ne pénètrerait pas quelqu’un sans l’avoir cerné/maitrisé, probablement. Voyons, n’as-tu pas songé au Wiktionnaire pour t’aider à biter un mot que tu ne connais pas ! C’est vrai qu’il existe bitter avec deux T, mais ça doit être moins courant… En tout cas y a pas de bittable qui tienne.
Je suis amusé d’assister à une difficulté sociale à laquelle tu fais face en raison de ton trouble !
Néanmoins, je crois avoir à contredire @(:Julien:) sur quelques éléments. Je ne comprends pas vraiment cette histoire de « WMF est composé du mot-valise wiki »… Mais d’une part je sais que l’on peut dire « A est composé de B, de C et de D » pour dire qu’A est composé uniquement de B, C et D et donc qu’il se confond à la combinaison (ou plutôt à une certaine combinaison) de B, C et D. Si on dit que « A est composé de B », ça veut donc dire que A et B se confondent. C’est relativement correct, même si je reconnais que c’est bizarre comme formulation. Ensuite, peut-être que je me trompe, mais dans « Wikimedia Foundation », il n’y a pas que « wiki », il y a aussi « media » et « Foundation » ! Et depuis quand « wiki » est un mot-valise ? Moi, j’aurais plutôt écrit : « Le nom Wikimedia Foundation contient le mot-valise wiki »… C’est Wikimédia qui est un mot-valise ! On ne parle pas de la fondation mais du mouvement ici. Que vient faire un « WMF » à cet endroit ? Va-t’en, intrus !
Quant à la courtoisie… Boh, je reconnais qu’on peut faire sans ! Moi, j’aime bien insulter les gens, de temps en temps !
Frigory (discuter) 18 avril 2019 à 18:41 (CEST)
Non, on ne peut pas contribuer sans courtoisie. C'est précisément ce qui fait que nos wikis sont invivables. Il n'est pas acceptable de lire cela (même « pour rire »). Trizek bla 18 avril 2019 à 19:48 (CEST)
La courtoisie... Un mot clef pour l'avenir de nos projets. Concernant l'histoire du mot valise Frigory, elle n'est pas de ma plume et j'ai tenté de garder le propos sans trop le déformer et dans le respect de l'auteur. Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 18 avril 2019 à 20:38 (CEST)
À vrai dire j’ai pas trop l’expérience, sur Wikipédia j’ai très peu discuté et sur la Wikiversité j’ai toujours trouvé que les discussions se passaient bien. En tout cas, je suis d’accord que le propos de Julien était inapproprié, j’ai l’impression qu’il s’adresse à Lionel comme s’il avait vandalisé la page ! Ce qui signifie aussi qu’il ne faudrait pas être trop poli avec les vandales… Mais la meilleure stratégie reste de profiter de la situation défavorable dans laquelle ils se sont mis pour leur faire la promo de la contribution à Wikimédia. Frigory (discuter) 19 avril 2019 à 16:53 (CEST)

Cette discussion apporte dors et déjà une idée de ce qui peut se passer en ligne au niveau des échanges entre membres du mouvement Wikimédia et plus spécifiquement contributeurs de Wikipédia. Nous y découvrons tout d'abord à quel point le contenu des projets Wikimédia peut faire l'objet de discussion pointilleuse et parfois complexe (la seconde discussion sur la page concerne la présence de l'accent sur le mot Wikimédia). On y remarquera ensuite qu'au départ d'une préoccupations locales focalisant sur l'édition d'un article encyclopédique, peut surgir une préoccupation globale qui concernera le mouvement dans son ensemble. Mais on y réalise surtout au final que les modifications d'un article ou d'une page de discussion sont bel et bien surveillées pas la communauté des contributeurs. Par extension, cela me permet de croire aussi que ce je suis présentement en train d'écrire au sein de ce travail édité en temps réel sur le site Wikiversité, un projet frère de Wikipédia destiné à la production de contenu pédagogique et de travaux de recherche, fera aussi l'objet d'une surveillance.[N 6].

Conscient d'un tel phénomène, Sylvain Firer-Blaess n'hésitera pas à qualifier Wikipédia de : « modèle pour une société hyperpanoptique » (Firer-Blaess, 2007)[S 1]. Cette idée lui sera venue de Nancy Fraser qui avait imaginé avant lui, et même avant l’existence de Wikipédia et des Wikis une « société disciplinaire parfaite [...] totalement 'panopticisée' [dans laquelle] tous se surveilleraient et se contrôleraient les uns les autres » (Fraser, 1985, p.178)[S 2]. La vision de Nancy Fraser avaient été inspirés à son tour des travaux de Michel Foucault et plus particulièrement de son travail sur l'univers carcéral (1975)[S 3]. Dans ceux-ci, l'auteur faisait référence à un concept architectural de Jeremy Bentham (1791)[S 4] intitulé panopticon, traduit en français par terme panoptique (voir illustration ci-contre). D'autres auteurs reprendront aussi le concept d'« holoptisme » définit comme un « espace qui permet à tout participant de percevoir en temps réel les manifestations autres membres du groupe » (Noubel, 2004, p.23)[S 5] Comme quoi, en science sociale comme en chimie, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Lavoisier, 1789)[S 6]. Nous aurons l'occasion de repaler de transparence et de surveillance tout au long de cette étude, passons à présent à la présentation globale du mouvement Wikimédia.

Le mouvement Wikimédia présenté par l'encyclopédie Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Voir l'article sur Wikipédia en attente de la mise en place d'un système de transclusion interwiki[N 7].

Perception du mouvement Wikimédia dans le monde[modifier | modifier le wikicode]

Lors de terrains d'explorations en Inde, au Cap Vert, au Ghana et en Tunisie, j'ai rencontré en dehors du mouvement wikimédia et du milieu de l'éducation, peu de gens qui connaissait Wikipédia. Cette observation personnelle reportée ici à titre indicatif semble toute fois faire échos à des constats similaires fait dans d'autres pays tel le Cameroun qui a décidé de diffuser des vidéos promotionnelles en faveur de Wikipédia (voir vidéo 1.1 ci-dessous).

Vidéo promotionnelle du projet Wikipédia au Cameroun (Epaka, Talla, Pensa, 2014)[S 7].

En contre partie, toutes les personnes équipées d'un smart-phone rencontrées lors de mes terrains exploratoires connaissent Google, un mot utilisé parfois en substitution du mot internet. À coté de Google prendra souvent place au niveau de l'expérience utilisateur, Facebook et le système de messagerie instantanée WhatsApp appartenant aussi à la compagnie Facebook, Inc. Cependant, beaucoup de personnes utilisent Wikipédia sans le savoir, soit en consultant directement les informations restituée directement au niveau du moteurs de recherche, soit après avoir cliqué sur un des premiers liens proposés. L'idée de surfer sur le net en passant d'un site Web à un autre n'était en effet pas toujours très claire dans l'esprit des gens que j'ai rencontré.

Au niveau de la Belgique et d'autres parties d'Europe où j'ai eu l'occasion de parler de Wikipédia avec des amis qui ne partagent pas ma nationalité, le projet Wikipédia est connu de tous. Cependant, la connaissance de Wikipédia se limite à l'espace encyclopédique uniquement qui ne représente en fait que la petite partie visible du grand iceberg organisationnel que représente l'ensemble des pages du site Web. Ensuite, dès que l'on évoque le terme « Wikimedia », c'est souvent l'ignorance complète. Souvent même au niveau des organes de presses la confusion s'installe dans l'utilisation des termes Wikipédia et Wikimédia[réf. nécessaire].

L'une des première motivation de ce travail de recherche sera donc de sortir de l'ombre le mouvement Wikimédia afin de le rendre visible et compréhensible par les personnes que cela intéresse. Je pense ici particulièrement aux membres du mouvement eux même, en particulier les non anglophones, qui ont souvent du mal à visualiser ce qui les entoure. Je pense ensuite à la presse et au monde académique qui jusqu'à présent s'est principalement focalisé sur le projet Wikipédia alors qu'il y a tant d'autres espace et enjeux au sein du mouvement. Pour ce faire, il est maintenant question de plonger plus en profondeur dans l'univers de ce mouvement qui comme nous le verrons, a de telle particularités qu'il nous invite à imaginer le monde différemment et notamment au niveau du comment faire science.


Notes

  1. Dans la suite de cette ouvrage, le terme Wikipédia sera utilisé pour désigné le projet Wikipédia francophone alors que le projet anglophone sera désignée par le terme wikipedia (en italique et sans accent).
  2. À chaque modification d'une page sur les sites maintenu par le mouvement Wikimédia et supporté par le logiciel MediaWiki, il est possible de justifier son action en laissant un résumé destiné à informer succinctement les autres utilisateurs de ce qui vient d'être fait.
  3. Avant la naissance de l'expression « Mouvement Wikimédia », le terme Wikimédia désignait principalement le nom de marque de la Wikimedia Foundation. Aujourd'hui Wikimédia est considéré comme synonyme racourci de l'expression « mouvement Wikimédia ».
  4. Le comité d'arbitrage est un groupe d'utilisateurs élus par la communauté pour trancher les cas de litiges entre utilisateurs en conflits. A l'issue des débats, les arbitres peuvent notamment ordonner aux administrateurs du site un blocage en écriture d'un utilisateur. Les administrateurs constitue un autre groupe d'utilisateurs élus par la communauté qui disposent à eux seuls d'outils de blocage, de protection, de suppression, et autres, spécifique à la maintenance du site.
  5. Sur les sites maintenus par le mouvement Wikimédia et supportés par le logiciel MediaWiki, il est possible de discuter du contenu d'une page éditoriale dans une page de discussion qui lui est dédiée.
  6. A titre indicatif, un graphique de fréquentation des pages produit au départ de l'oulis statitsique « Pageviews Analysis » sera affiché en bas des pages Web qui constitueront les différente partie de ce travail.
  7. Il est à noté que au cœur de cette ouvrage, l'article encyclopédique apparaîtra dans son état actuelle pour ceux qui le lirons en ligne, et dans sa version en date de son téléchargement pour ceux qui le liront hors ligne.


Quand le mouvement Wikimédia questionne les pratiques d'une science[modifier | modifier le wikicode]

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Adapter sa science à son terrain de recherche et son cadre institutionnel[modifier | modifier le wikicode]

Alain Testart disait « La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale ? »[1]. Jean-Paul Colleyn quand à lui affirmait qu' « il y a aujourd’hui autant d’anthropologies qu’il y a d’objets d’études (anthropologie de l’art, de la musique, de la religion, de la santé ou de la perception) [...] »[2]. Michael Singleton, à son tour, nous dira que « l'anthropologie ça n’existe pas, [...] ce qui existe réellement, ce sont des anthropologues »[3].

Dans le prolongement de ces affirmations, et selon ma propre expérience, j'aurais à mon tour envie de dire qu'au delà des objets d'études et de la personnalité des chercheurs, il y a finalement aussi autant d'anthropologies possibles qu'il y a de terrain de recherche et d'environnement institutionnel. Tout au long de mon observation participante au sein du mouvement wikimédia et de mon intégration au sein du laboratoire d'anthropologie prospective, j'ai en effet acquis une certaine « familiarité informée » (Laurent, 2019, p.13)[4], qui me poussera à me positionner, et souvent même à me repositionner, par rapport à toute une séries d'enjeux méthodologiques, épistémologiques et déontologiques. De ce travail de positionnement, parfois raisonné, parfois contraint, prendra naissance une séries de postures que je présenterai ci-dessous. La première d'entre me permettra de positionner mes travaux de recherches parmi ces nombreuses disciplines coexistantes, concurrentes parfois et souvent partisanes que regroupe les sciences humaines et sociales.

Opter pour une socio-anthropologie à l'écart du corporatisme[modifier | modifier le wikicode]

En avril 2011, J'ai eu pour idée d'écrire mon mémoire de fin de Master intitulé : Culture FR Wikpédia, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l'espace francophone de Wikipédia (Scheepmans, 2011)[5] au sein même de Wikipédia. J'avais ainsi pour souhait de faire d'une pierre deux coups en incluant l'écriture de mon ethnographie au sein même de mon terrain d'observation participante. Malheureusement, il s'est avéré que cela n'était pas possible en référence au premier des cinq « principes fondateurs »[S 8] du projet encyclopédique que l'on peut résumé en cette phrase : « Wikipédia est une encyclopédie »[S 9]. Une affirmation triviale de première abord, mais qui derrière une simple définition permet de définir tout « Ce que Wikipédia n'est pas »[S 10]. J’apprenais donc à mes dépends que :« Les essais personnels et travaux inédits (TI)[N 1] n'ont pas leur place sur Wikipédia.»[S 9]. Je fus dès lors redirigé vers un autre site intitulé Wikiversité que je ne connaissais pas à l'époque bien qu'il faisait partie d'une quinzaine de « projets frères de Wikipédia »[S 11] (voir fig.1 ci-dessous). Wikiversité en tant que projet dédié au « partage de contenus pédagogiques et à la rédaction de travaux de recherche »[S 12], était en effet le bonne endroit pour écrire mon mémoire.

Après avoir annoncé mon arrivée au sein du projet sur la page intitulée « la salle café »[S 13], sorte de forum général du projet Wikiversité, j'ai ensuite cherché l'endroit dans quel je pouvais situé mon travail. Au cours de cette recherche, Crochet.david[S 14], de son nom d'utilisateur, un enseignant en électrotechnique[S 15] faisant partie des administrateurs[N 2] du projet Wikiversité[S 16] qui avait sympathiquement[S 13] répondu à mon message d'arrivée, me propose dans une discussion entamée sur son espace de discussion utilisateur[N 3], de placer mon travail au niveau des « Travaux de recherche en sociologie »[S 17]. Surpris au premier abord, je découvrais par la suite dans l'organigramme du projet Wikiversité, que l'anthropologie faisait partie des départements de la faculté de sociologie[S 18]. Cette situation m’apparus compliquée. Non seulement je devais demander l'accord de mon promoteur pour écrire mon mémoire en ligne et en tant réel, mais en plus, je devais lui dire qu'il serait publié dans une faculté de sociologie, alors que dans mon université la sociologie et l'anthropologie ne fait pas trop bon ménage.

J'ai alors tenté de placer mon travail au niveau du département d'anthropologie de la Wikiversité sans faire mention de la faculté de sociologie. Mais David Crochet, de son vrai nom, est alors revenu vers moi pour me dire que « Les projets sont associés aux facultés et non aux département »[S 19]. S'entame alors un débat qui fut transférée[S 20] dans la salle café pour le rendre accessible aux autres membres de la communauté. Au terme des discussions, nous sommes finalement arrivé à la conclusion qu'il fallait que je lance une prise de décision[N 4] pour renommer la faculté de sociologie. Lors de cette prise de décision[S 21], JackPotte[S 22], un ingénieur en informatique[S 23] et autre administrateur du site, avait déposé un message[S 24] pour nous tenir informé de la classification décimale universelle. Dans cette version de la CDU[N 5], le terme anthropologie y apparaissait plusieurs fois, une fois dans le champ des sciences sociales (anthropologie culturelle) et une autre fois dans le champ de la biologie (anthropologie physique). Cette observation appuyait donc ma proposition de renommer la faculté de sociologie en faculté de socio-anthropologie pour permettre ainsi, avec un seul mot et de façon explicite, de regrouper la sociologie et l'anthropologie au sein d'une codisciplinarité, tout en y excluant l'anthropologie physique.

L'acceptation de ma proposition à l'unanimité, fut pour moi une double satisfaction. D'une part celle de pouvoir présenter mon projet de mémoire dans de bonnes conditions, d'autre part, celle d'avoir mené à terme ma première grande participation au sein d'un projet Wikimédia. Mais cette expérience suscita aussi un certain questionnement. Comment en effet une séparation entre la sociologie et l'anthropologie a-t-elle pu voir le jour et comment a-t-elle pu persister jusqu'à nos jours ? Pourquoi aussi devrais-je me situer dans le camps de l'anthropologie, alors que je bénéficie aussi d'une formation universitaire en sociologique au niveau de mon bachelier. Et finalement, pourquoi situer mon étude en anthropologie alors qu'elle pourrait très bien trouver sa place dans le champs de la sociologie ?

Coïncidence ou presque, j'ai trouvé les réponses à ces questions dans une revue intitulée « socio-anthropologie », fondée en 1997 par Pierre Bouvier, dans le but d'aborder « les déstructurations et les recompositions qui sont au cœur du monde contemporain »[S 25]. Dans le premier numéro de cette revue[N 6], on s'y remémore en effet qu'à une certaine époque « l’anthropologie, la science de l’homme, s’est consacrée principalement à l'étude des peuples primitifs » (Grafmeyer et Joseph, l984, par. 12[6] cité par Hamel, 1997, p.2-3)[7]. On y découvre aussi l'idée selon laquelle « l’anthropologie incombe l’étude des sociétés sans écriture où se révèlent des cultures exotiques tandis que reviennent de droit à la sociologie les sociétés avancées dans l’urbanisation et l’industrialisation » (Hamel, 1997, par. 9)[7].

Voici donc qui répondait à ma question sur l'origine du clivage entre anthropologie et sociologie. Mais il ne s'agit là que d'une explication sur les origines, car aujourd'hui, l'expression peuples primitifs a disparu et je ne vois plus beaucoup de sens à la notion d'exotisme maintenant que des laboratoires d'anthropologie peuvent rassembler des chercheurs originaires des quatre coins d'un monde[S 26]. Quant aux sociétés dite « avancées » dans l'urbanisation et l'industrialisation elles se retrouvent maintenant partout sur le globe. De plus, et ce dès la fin du vingtième siècle déjà, les terrains anthropologiques n'ont cessé de se diversifier et de s'intéresser au monde occidental et contemporain. Parmi les premiers travaux attestant ce changement, on retrouvera par exemple les travaux d'observations participantes réalisés dans le monde du travail par Pierre Bouvier (1989)[8] déjà cité précédemment. Avec Marc Augé (1995)[9], Pierre Bouvier sera aussi par ailleurs, l'un des premiers anthropologues francophones à parler d'une « Socio-anthropologie du contemporain » (Bouvier, 1995)[10]. Mobiliser de nos jour la question l'exotisme et d'un prétendu stade d'avancement des sociétés pour dissocier l'anthropologie de la sociologie n'a donc à mes yeux plus aucun sens.

Reste alors la possibilité de distinguer les deux disciplines par leurs approches et leurs méthodes. Mais, là aussi, les choses se discutent. Suite à l'arrivée du courant interactionniste au sein de l'école de Chicago, les pratiques anthropologiques, telles que l'ethnographique et l'observation participante furent en effet adoptées par la sociologie dans une approche que Harold Garfinkel intitulera un jour « l'ethnométhodologie » (Garfinkel, 2016©1967)[11]. Voici ce que dit la revue socio-anthropologique à ce propos :

« L’école de Chicago constitue d’ailleurs un véritable laboratoire des méthodes anthropologiques, et le crédit dont celles-ci bénéficient lui assure la suprématie sur la sociologie américaine jusqu’en 1935. A cette date, elle est en butte à la vive concurrence des sociologues de Columbia University de New York qui prennent prétexte des méthodes utilisées pour contester sa domination. Le « conflit des méthodes » s’exacerbe alors et verra bientôt la victoire des méthodes quantitatives puis, en conséquence, le déclin des méthodes qualitatives - des méthodes anthropologiques en sociologie pour être précis - ainsi que la fin de l’hégémonie de l’école de Chicago » (Hamel, 1997, p.3)[7].

Nous voyons donc qu'une opposition des méthodes peut apparaître au sein d'une même discipline et ne représente donc plus un argument spécifique permettant de distinguer l'anthropologique de la sociologique. Quand à la « victoire des méthodes quantitatives », elle est très relative car on serait en droit de se demander aujourd'hui : quelle est encore le sociologue qui se verrait interdire la pratique de l'ethnographie, de l'étude de cas, ou autre démarche inductive ? Il est vrai par contre que l'anthropologie, celle que je connais, que l'on m'a enseigné et que je pratique aujourd'hui, reste bien à l'écart des démarches déductives, ou hypothético-déductives. Au terme de ce raisonnement, j'aurai donc tendance à croire que ce qui distingue l'anthropologie de la sociologie de nos jours. c'est le maintient d'un certain « corporatisme » (Olivier de Sardan, 2008, p.36)[12] présent au sein des universités. Un constat bien triste, car les appartenances sectaires nuiront toujours à l'échange entre chercheurs et donc in fine au progrès et au développement des connaissances et de la science en général.

Mais comme le dira Rémi Bachelet, maître de conférences à l'École Centrale de Lille[S 27] et contributeur du projet depuis septembre 2009[S 28], sur Wikiversité, « On est loin des guerres de disciplines !»[S 29]. A l’abri de cette écueil, je m'y suis donc senti libre de produire une étude ethnographique et inductive tout en intégrant dans mon étude qualitative les données et analyses quantitatives, tant incontournables que problématiques de par leur surabondance.

Intégrer l'analyse d'un Big Data statistique et textuel au sein de son étude ethnographique[modifier | modifier le wikicode]

Suite à cette première expérience de terrain qui me sensibilisera à la pratique d'une socio-anthropologie non partisane, viendra une autre remises en questions portant cette fois sur la manière d'intégrer au sein d'un travail ethnographique typiquement considéré comme étude qualitative, une multitude de données quantitatives ou statistiques et de textes de discussions librement accessibles sur mon terrain.

Pour clarifier les choses, il est peut-être bon de se rappeler qu'une donnée quantitative, au contraire d'une donnée qualitative se caractérise par quelque chose de mesurable. Comme exemple trivial, nous avons cette citation de Rosie Stephenson-Goodknight au sujet des éditeurs de Wikipédia : « You can imagine probably 90 percent being men »[S 30], l'information « 90 % » sera d'ordre quantitative tandis que l'information « homme » sera d'ordre qualitative. Mais, il faut ensuite garder à l'esprit qu'une donnée quantitative peut être la source d'un donnée qualitative et vice versa. Les 29 entailles présentes sur l'os de Lebombo, le plus ancien bâton de comptage connu à ce jour, est un très bel exemple. Ces marques attestent d'une part, que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre quantitative, mais aussi, elle nous permettent de supposer, de par leur nombre (donnée quantitative), qu'elle furent réalisé par une femme africaine (donnée qualitative) en référence à son cycle menstruel (Darling 2004)[13].

Il est donc important de souligner ici qu'une étude dite qualitative, ne peut se permettre d'ignorer, ou même de négliger, des données quantitatives présentes sur le terrain. Et comme dit précédemment, il se fait que l'espace en ligne du mouvement Wikimédia regorge d'une quantité insondable de données quantitatives, tantôt à l'état brut, tantôt sous forme de tableaux statistiques et d'illustrations libres d'accès et d'utilisation.

Pour comprendre cette situation, il faut savoir que la grande majorité des sites Web contenant les projets wikimédia sont gérés par un programme informatique appelé MediaWiki et que ce programme enregistre instantanément et automatiquement la totalité des actions faites par les contributeurs et les programmes informatiques qu'ils y mettent en œuvre, et ce dès la création du site. Toutes ces données sont dès lors archivées et rendues accessible à tout internautes (à quelques exceptions près[N 7]) par un classement chronologiquement sous forme de liens listés dans des pages de journaux ou des pages d'historiques de contributions toute deux paramétrables (voir fig. 1.2 et 1.3 ci-dessous).

Fig. 1.2 : Copie d'écran des journaux du projet Wikiversité francophone.
Fig 1.3 : Copie d'écran de la page affichant l'historique des contributions d'un utilisateur sur le projet Wikiversité francophone.

En plus de leurs archivages et de leurs facilités d’accès, toutes ces informations sont publiées sous licence creative commons CC.BY.SA. Selon les termes de cette licence, toutes ces données sont donc libres d'exploitation et de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés, sous deux conditions: premièrement, « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », deuxièmement, « diffuser l'œuvre modifiée dans les même [sic] conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[S 31]. Cette licence représente donc une véritable aubaine pour les chercheurs et plus précisément pour les statisticiens comme en atteste l’existence d'une multitude de sites web présentant des analyses effectuées en temps réels sur base de données récoltées par API directement sur les serveurs hébergeant les sites Wikimédia[N 8]. À leurs tour, licence oblige, ces analyses statistiques sont publiées sous licence CC.BY.SA et sont donc disponibles pour les chercheurs dans les conditions qui viennent d'être présentées.

Au delà de cette profusion de données quantitatives et statistiques, le mouvement Wikimédia est aussi producteur d'une quantité insondable d'informations textuelles permettant de constituer des corpus de tailles considérables. Tout cette information provient des nombreux lieux de discussions disséminés sur la toile au niveau des projets, des listes de diffusions de courriels [S 32] et plus récemment de l'espace communautaire Wikimedia space[S 33] lancé le 25 juin 2019[S 34].

Il semblerait d'ailleurs que la surabondance d'informations textuelles ne soit pas propre à l'environnement Wikimedia, mais qu'elle serait plutôt liée au contexte numérique. Olivier Servais, ethnographe au sein de l'univers virtuel World of Warcraft en témoigne lorsqu'il se pose des questions similaires aux miennes : « Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec cette ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? » (Servais, p.61, à paraître)[14].

(Texte à investiguer[15][16][17][18]) Devant une tel quantité d'information textuel, le chercheur doit donc se situer entre deux extrêmes : soit faire l'impasse sur un traitement exhaustif des données statistiques et textuelles au risque d'offrir une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité, soit se lancer dans un traitement informatisé des données quantitatives et des corpus linguistiques au risque cette fois de manquer de compétence, de temps d'investigation et de puissance informatique.

Un certain équilibre peut je pense être atteint dans un processus d'aller-retour récursif entre, d'une part, des informations extraites d'un traitement informatique, et d'autre part, les résultats obtenus au départ d'un travail ethnographique plus classique reposant par exemple sur des entretiens semi-directifs et une observation participante prolongée. Alors que le dispositif de traitement informatisé permettra d'extraire des informations utiles à l’accomplissement du travail ethnographique, celles récoltées durant les observations de terrain et les entretiens permettront quand à elles, de configurer le dispositif informatique dans le but d'extraire de nouvelles informations utiles à la recherche. Au final, cet aller-retour constituera aussi une belle occasion pour le socio-anthropologue de prendre régulièrement distance par rapport à son terrain pour revenir avec de nouvelles informations qu'il pourra confronter à l'opinion des acteurs.

Comme exemple de traitement des données quantitatives, voici comme cas de figure développé en annexe 3, une analyse statistique faite au départ des rapports financiers publier sur le site de la fondation Wikimedia[S 35]. Cette analyse aura abouti à la production d'un histogramme très parlant concernant les dépenses de la fondation. Dans ce graphique (voir fig. 1.4 ci-dessous), nous voyons apparaître clairement que, d'une façon croissante, une grande partie du budget de la fondation est alloué au paiement des salaires de ses employés alors que contre intuitivement, le coût d'hébergement des projets éditoriaux se serait relativement stable. Cette information est importante, car elle m'aura permis de mettre à jour l'article du projet Wikipédia francophone consacré à la fondation Wikimédia qui stipulait, en date du 26 juin 2018 et sur base d'une source datant de 2009, que « Près de la moitié des ressources financières [de la fondation] sont utilisées pour acheter de nouveaux serveurs et payer l'hébergement »[S 36]. Cette information obsolète aura probablement influencé le contenu d'une de la deuxième vidéos du WikiMOOC 2017 dans laquelle on entendra l'affirmation suivante : « D'où viennent les fonds de la Wikimedia foundation ? Car fournir l'infrastructure technique, les serveurs pour le cinquième site Web le plus visité au monde, ce n'est pas gratuit. » (Guillaume, 2017, t. 4'04'')[19]. Nous voyons donc que cette analyse comptable, aussi rébarbative qu'elle puisse paraître pour un chercheur habitué aux études qualitatives, peut s’avérer crucial pour accéder à une certaine réalité de terrain ignorée, volontairement ou non, dans le discours des acteurs.

Fig. 1.4 : Histogramme illustrant l'évolution des dépenses de la fondation Wikimédia de 2004 à 2017.

Concernant le traitement des données textuelles, prenons un autre exemple développé pour sa part en annexe 4 de ce travail intitulée : « Utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique en ligne ». Il s'agit dans cette exemple d'exploiter l'une des 300 listes de diffusion actives au sein du mouvement Wikimédia et réparties par projets et/ou des sphères linguistiques. Toutes ces échanges de courriels sont en effet archivées mois par mois, historicisées et rendues librement disponibles sous licence CC.BY.SA au niveau d'un site hébergé par la fondation Wikimédia[S 32]. Au départ des archives de la liste de diffusion intitulée « Wikimedia-l »[S 37], réputée être un espace de discussion pour « la communauté wikimédienne au plus large du réseau des organisations »[S 38], il est possible de constituer rapidement des corpus textuel et les soumettre à un logiciel de traitement automatique du langage naturel.

Le logiciel choisi fut TXM, un programme informatique co-développé par deux universités française. Ce programme me permit par exemple de découvrir au départ d'un simple requête lexical, et en référence au mot « the » apparaissant à une fréquence de 1869554 fois, que le signe « @ » apparaissait dans le corpus 879105 fois, tout de suite suivit du mot « gmail » apparaissant lui 877346 fois. Un simple requête au départ de laquelle on peut donc conclure que les utilisateurs de cette liste de diffusion communique pour la quasi totalité au départ d'un compte Google. On y verra ensuite que les premier noms/prénoms apparaissant dans la liste seront « Gerard » (27888), suivit de « Erik » (21924) et de David (20624). Un analyse des occurrences dans le texte permettra ensuite de voir que les noms « Gérard » sont associé à la personne de « Gerard Meijssen » (11096) faisant l'objet d'un article sur Wikidata[S 39] mais aussi de « David Gerard » (12717)dont on peut retrouver la page utilisateur détaillée sur Wikipedia[S 40] et que le nom « Erik » est principalement associé à la personne d'« Erik Moeller » (8616) présentée dans un article de Wikipédia[20].

Nous voyons donc qu'au départ d'informations textométriques très basiques produites au départ du logiciel TXM, ils nous est déjà permis d'une part, de remarquer une grande corrélation entre l'usage de la mailing list et la possession d'un compte gmail, mais aussi d'autre part, de repérer quelques personnes très actives au sein de la liste et même de connaitre leur adresse email. Toutes ces informations sont bien sûr très utiles au travail ethnographique puisque elle permettrons de rencontrer par courriel des interlocuteurs privilégiés susceptibles de narrer de façon globale et historique ce qui se passe dans ce lieu de discussions.

Dans des analyses et fonctions plus poussées, TXM permettra aussi de faire apparaître des illustrations graphiques permettant par exemple de visualiser l'évolution de la fréquence d'un mot au sein des conversations. L'exemple ici sera repris du mot « harassement » (harcèlement en français) et l'évolution du nombre d'apparitions au sein de la liste de diffusion se visualise au départ de la fig x présentée ci-dessous.

Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.
Fig. 1.5 Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.

Nous voyons donc apparaître dans ce graphique que le sujet du harcèlement est apparu relativement tôt et par vagues successives dans l'histoire du mouvement Wikimédia[N 9]. Le sujet du harcèlement semble donc important et devra donc être considéré lors des observations de terrain. Mais avant cela, une analyse en plein texte est déjà rendue possible via TXM grâce à son outils de recherche de concordance qui affichera une liste d’extraits de texte centré autour du mot pivot harassment (Voir fig. 1.6 ci-dessous).

Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.
Fig. 1.6 Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.

En sachant ceci, nous voyons donc qu'une démarche réciproque, c'est a dire non plus de partir de l'analyse textométrique pour nourrir la recherche de terrain, mais bien de partir de la recherche de terrain pour nourrir les analyses produite au départ du logiciel TXM. En effet, le mot harassement n'a pas été choisi par hasard. Le sujet du harcèlement est en effet très présent dans mes observations de terrain, avec pour exemple des témoignages très détaillés comme celui fourni par la contributrice Idéalité sur sa page utilisatrice[21]. Dans ce cas précis d'une expérience vécue au sein de la communauté Wikipédia francophone, il serait aussi intéressant d'établir une analyse textométrique au départ de corpus tiré cette fois des lieux de conversation existant sur Wikipédia pour en extraire au départ du mot « Idéalité » des informations statistiques,mais aussi s'octroyer un accès rapide et localisé aux propos qu'elle aura échangés avec la communauté. De ces lecture apparaîtrons sans doute de nouveaux mots clef ou des pseudonymes d'acteurs important dans l'expérience décrite que l'on pourra à leur tour mobiliser pour refaire des analyses similaires et ainsi de suite.

Pour ne pas alourdir cette section, une présentation plus approfondie des requêtes syntaxiques, notamment type SQL, et mobilisant la lemmatisation des corpus est détaillée autre part. Mais nous en savons assez pour voir que grâce à un traitement informatisé de corpus textuels issus d'un terrain ethnographique en ligne, il devient dès lors possible de comparer et de confronter le discours des acteurs ou actrices entre eux mais aussi par rapport à leur propres dires récolté hors ligne ou en ligne dans des endroits distribués. A un niveau plus avancé enfin, un chercheur autre que moi plus spécialisé en anthropologie linguistique par exemple, pourrait aussi se lancer dans un travail d'analyse du discourt.

Faute de temps et de compétences, je me limiterai pour ma part à utiliser TXM dans le contexte que je viens de présenter. Un travail qui me semble déjà conséquent pour un homme seul et que je me réjouis de faire dans l'idée de pouvoir comparer, sans désire d'accusation ou de stigmatisation aucune, « imaginaire social » des acteurs du mouvement Wikimédia (Castoriadis, 1975)[22] à la réalité de mon terrain d'observation.

Faire la part des choses entre imaginaire et réalité[modifier | modifier le wikicode]

Voici donc un troisième questionnement bien connu des socio-anthropologies et que mon terrain d'étude m'oblige à reconsidérer : Peut-on faire confiance au discourt de nos interlocuteurs et informateurs de terrain pour rendre compte de la réalité ? Et si non, comment traiter l'imaginaire des acteurs en rapport aux réalités de terrains.

L'histoire de la socio-anthropologie nous a déjà appris que l'ethnographie en tant que méthode d'observation de la réalité pouvait atteindre certaines limites, voir même dans certains cas les plus extrêmes, produire des omissions ou des erreurs flagrandes.

Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[23] contesté par Wouter Eildert Albert van Beek (1991)[24]. Un autre exemple, dans la sphère anglophone cette fois, constituera les travaux de Margaret Mead et son ouvrage intitulé Coming of age in Samoa : a psychological study of primitive youth for western civilisation (Mead, 1928)[25], critiqué lui aussi à maintes reprises et finalement remis en cause lors d'une enquête menée par Serve Tcherkésoff. Dans celle-ci, on y apprend par exemple que la chercheuse « habitait au poste américain de l’île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles » (Tcherkésoff 1997, p.3)[26]. Si l'on se limite à cette information sur sa méthode, nous voyons que chercheuses n'aurait pas pris le soin de vérifier le contenu de ses entretiens avec une observation participante ou tout autres méthodes permettant de recouper des informations qui se sont avérées fausses par la suite ou du moins mal interprétée selon les écrit de Derek Freeman (1983)[27].

Ces deux leçons d'histoire proviennent de terrains ethnographiques que l'on pourrait qualifier de classiques et qui se déroulèrent bien avant l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les choses ont bien changé depuis et certainement pour les socio-anthropologues amenés à travailler dans, sur, ou avec des espaces et outils numériques. Elle ont changé certes au niveau de la diversité des terrains, mais sans pour autant rendre obsolète les leçons d'histoire concernant les question de méthodologie en socio-anthropologie.

Prenons par exemple connaissance de l'article de Thierry Boissière dans lequel il nous fait part de sa « socio-anthropologie à distance » avec des « informateurs skype » (Boissière, 2015, p.124)[28] dont les propos sont parfois difficiles à vérifier ou recouper. Une situation non choisie cette fois, mais qui nous fera penser à celles de Marcel Griaule et Margaret Mead. Voyons à présent ma propre expérience de recherche au sein du mouvement Wikimédia où il est loisible d'observer librement, en temps réel ou asynchrone, clique par clique, l'historique complet de presque tous ce qui se passe sur la partie numérique de mon terrain d'observation. D'un coté donc, un chercheur qui n'y a d'autre choix que d'accorder une certaine confiance aux informateurs et de composer avec les risques liés au « syndrome narratif » (Farrugia, 2009)[29] produisant un « reflet déformé du réel » (Kaufmann, 2011, p.63)[30], de l'autre, un terrain que l'on pourrait qualifié d'holoptique ( ou l'on pourrait se demander si s'entretenir de façon individuel avec les acteurs fait sens tant leur vies et leur opinions peuvent être observables, comme il a été vu de manière précise, exhaustive, facile et libre d'accès, au départ d'un simple ordinateur connecté à Internet.

Voici donc deux cadres de recherches diamétralement opposés, mais pas complètement, car dans un cas comme dans l’autre ces deux travaux doivent répondre à des attentes liées au travail de production scientifique. Dans le cadre d'une socio-anthropologie à distance, et comme le préconise l'auteur, il ira de soi par exemple que les informations récoltées par skype soient recoupées par d'autres informations provenant d'autres sources tels que les communiqué de presse ou autre informations transmises sur les réseaux sociaux. Dans le cadre de mon travail, j'envisage bien évidement aussi d'établir des entretiens avec les acteurs et actrices de terrain, non pas pour décrire ce que je peux observer moi-même, mais bien pour accéder à leurs intériorités et leurs imaginaires. En effet, au delà d'une réalité tangible, je tiens à ce que mes travaux décrivent aussi de manière précise « La construction sociale de la réalité » (Berger, 1996)[31], produite un « imaginaire comme tel » (Castoriadis, 2008)[32] emplis de toutes les dissonances cognitives (Festinger, 1957)[33] inhérentes à la nature humaine.

Voir et comprendre les différences entre imaginaire et réalité me semble donc être une démarche incontournable pour comprendre objectivement mais aussi sereinement ce qui se passe sur un terrain d'étude socio-anthropologique. Car dans les sociétés humaines, l'imaginaire prend souvent le pas sur la réalité. comme l'illustre parfaitement. Le « mythe anthropologique » (Freeman, 1983)[27] sur la sexualité à Samoa promu par les écris de Margaret Mead, l'étude la plus citée depuis 1928 dès qu'il s'agit de parler d'éducation, de sexualité et d'adolescence en est un parfait exemple et fera dire à Serge Tcherkésoff, suite à un examen approfondit du dossier que cette épisode pourrait « être l’occasion de s’interroger sérieusement sur les moyens dont disposent les sciences sociales pour conduire leur autocritique. » (Tcherkésoff, 2001, p. 157)[26]. Un réflexion de première importance me semble-t-il qui nous invite à réfléchir sur comment rendre le contenu d'un travail de socio-anthropologie numérique plus réfutable.

Rédiger une « webographie » au service de la vérifiabilité[modifier | modifier le wikicode]

La « vérifiabilité » dans l'univers Wikimédia, peut être vue comme un déclinaison particulière de la réfutabilité empirique et théorique introduite par Karl Popper (1963)[34] dans sa démarcation entre science et non science. Alors que Karl Popper demande aux scientifiques d'offrir à leurs pairs un maximum d'informations utiles à la corroboration d'une théorie pour en déterminer sa scientificité au départ d'un ratio réfutabilité/falsifiabilité (Popper, 1934)[35], les wikipédiens quand à eux, établiront une règle de vérifiabilité selon laquelle « Une information ne peut être mentionnée que si les lecteurs peuvent la vérifier »[S 41]. Ce qui est donc indispensable au yeux des wikipédiens francophones, « c'est que toutes les informations susceptibles d'être contestées, ainsi que toutes les théories, opinions, revendications ou arguments, soient attribués à une source identifiable et vérifiable » , et il en résultera que l'« On peut supprimer une affirmation invérifiable »[S 41].

Ainsi, le point commun avec la proposition de Karl Popper sera une recherche de réfutabilité via un contrôle de la falsifiabilité, mais appliquée cette fois au niveau de information et non d'une théorie. De la règle de vérifiabilité wikipédienne, découlera alors la recommandation de citer ses sources dans laquelle on demande que « tout contenu, mis en doute ou susceptible d'être mis en doute, doit être étayé par une annotation menant à une ou plusieurs références qui s'appuient sur des sources fiables et clairement identifiées »[S 42]

La position de Karl Popper fut toute fois critiquée par Jean-Claude Passeron qui dira que de telles attentes épistémologique sont incompatibles avec « la pertinence empirique des énoncés sociologiques [qui] ne peuvent être définie que dans une situation de prélèvement de l’information sur le monde qui est celle de l’observation historique, jamais celle de l’expérimentation. » (Passeron, 2006, p. 554)[36]. Il est vrai, que le lecteur d'un ouvrage scientifique en science social sera toujours dans l'incapacité de revivre au même instant et donc de façon identique, l'expérience ou l'observation d'un phénomène décrit par un auteur. C'est pour cette raison que Jean-Claude Passeron introduit le terme d'historicité offrant aux sciences, historiques par nature, un régime de vérité différent des sciences dites de la nature (id.).

À cette impasse épistémologique d'ordre temporel peut s'ajouter une autre impasse d'ordre spatial dans le cas de travaux ethnographiques réalisés sur des terrains éloignés ou difficilement accessible pour le lecteur. En socio-anthropologie certain auteur parle d'ailleurs d'un « pacte ethnographique » (Olivier de Sardan, 2008, p.28)[37] grâce auquel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. » (Descola, 1993, p.480)[38]. Autrement dit, ce qu'un ethnographe demandera implicitement à ses lecteurs au travers de ce « pacte », c'est : faite moi confiance, même si je ne vous apporte pas les moyens de le vérifier ce que je vous raconte, croyez moi sur parole.

Nous parlions précédemment de l'imaginaire des acteurs de terrain comme facteur limitant l'accès à la réalité de terrain, voici maintenant venu le moment de parler de l'imaginaire de l'ethnographe. À ce sujet, l'une des polémiques les plus connue concerne les écris de Carlos Castañeda. Traduis en 17 langues et vendus à 8 millions d'exemplaires, les 15 livres de Castañeda[S 43] sont considérés aujourd'hui comme une œuvre autobiographie productrice de faux (Simon et Bibeau, 2004, p.11)[39]. Dans ses ouvrages Castañeda décrit un enseignement reçu par un mystérieux chaman répondant au nom de Don Juan Matus, dont personne n'a jamais réussi a retrouver la trace. Robert Marshall retrace en quelques ligne l'histoire de cette polémique :

« Le statut des livres en tant qu'anthropologie sérieuse n'a pratiquement pas été remis en question pendant cinq ans. Le scepticisme a augmenté en 1972 après que Joyce Carol Oates, dans une lettre au New York Times, ait exprimé son étonnement qu'un critique ait accepté les livres de Castaneda comme non fiction. L'année suivante, Time publia un article de couverture révélant que Castaneda avait beaucoup menti sur son passé. Au cours de la décennie suivante, plusieurs chercheurs, notamment Richard de Mille, fils du légendaire réalisateur, ont travaillé sans relâche pour démontrer que le travail de Castaneda était un canular. » (Marshall, 2007)[40].

Un tel épisode soulèvera donc la question de savoir où se place la limite entre l'ethnographie et la fiction ? (Narayan, 2008)[41]. À cette question Karl Popper répondra qu'il faut ré-expérimenter le vécu de l'ethnographe en retournant sur le terrain alors que Jean-Claude Passeron signalera qu'il sera impossible de ré-expérimenter les choses dans les mêmes conditions. D'ailleurs, les informateurs sont-ils toujours vivants ? N'ont-ils pas changé d'avis, de point de vue, d'imaginaire ? Et puis ce n'est pas tous les lecteurs qui pourrons partir à la recherche Don Juan Matus le shaman de Castaneda, ou se rendre sur les îles Samoa pour rencontrer les filles interrogées par Margaret Mead, ou encore programmer une rencontre avec Ogotemmeli, l'informateur de Marcel Griaule. Au bout du compte, toutes ces impasses demanderont au lecteur de se situer entre adhérer au pacte ethnographique,ou considéré sa lecture comme une potentiel œuvre de fiction.

Mais il se fait que ces impasse tentent à disparaitre dans le cas d'une étude basée, ou partiellement basée sur un observatioin du Web. Et ce fait est d'autant plus vrai que l'on travail dans un environnement aussi transparent et archivée que peut l'être le mouvement Wikimédia.Nous savons en effet que grâce au système MediaWiki de sauvegarde d'historiques librement accessibles, il est très souvent possible dans le cadre des activités en ligne au sein du mouvement wikimédia[N 10] d'offrir aux lecteurs un accès Internet vers l’information tel qu'elle aura été découverte par le chercheur. Concrètement parlant, il suffit pour cela de fournir des hyperliens ou plus précisément un permaliens qui redirigeront les lecteurs vers des pages Internet qui resteront dans l'état ou elles auront été examinées par le chercheur. Dans l'interface de MediaWiki, ces permaliens sont accessibles via item « Lien permanent » situé dans le menu de gauche apparaissant sur toute les pages des projet. Une autre manière plus précise de fournir une information figée sera de fournir le lien vers la page de « différences entre versions » (appelées « diffs » en jargon Wikipédien), celle qui s'affiche au départ d'un historique lorsque l'on veut consulté l'état d'une page avant et après une modification. Une des avantages de cette pages par rapport au permalien, c'est quelle affichera aussi le nom de l'auteur la modification et le moment exacte où elle a été faite.

Produire un hyperlien pointant vers des pages « diffs » représente par ailleurs une obligation procédurale dans le cadre par exemple d'une protestation à l'encontre d'un autre utilisateur. Sur la page Wikipédia:Contestation du statut d'administrateur[42], il est en effet clairement stipulé qu' « Une contestation doit être expliquée et étayée par des diffs ou entrées de journal, sinon elle n'est pas valide. ». Ces pages « diffs » ou du journal des activités du site présenté précédemment, permettront ainsi à chacun de vérifier ou « réfuter » les accusations faite à l'encontre d'une personne désignée administrateur du site. Typiquement, on y retrouvera des liens pointant vers des propos ou des actes contraires aux règles et recommandations en vigueurs au sein des projets. Pour exemple : des propos diffamatoires adressés à un autre utilisateur, la suppression abusive d'un article, le blocage arbitraire d'un utilisateur, etc.

A nouveau donc, nous voyons que l'univers Wikimédia m'aura servi d’inspiration sur la manière d'organiser mon travail ethnographique. De manière concrète, voici donc mes résolutions sur la manière dont je citerai les source en provenance du Web mobilisées dans ce présent travail : Chaque fois qu’apparaîtra une information ou une observation en provenance d'une page Web, celle-si se verra suivie d'un appel de note (chiffre en exposé précédé de la lettre s majuscule) redirigeant le lecteur vers le permalien qui lui permettra de retrouver l'information dans l'état identique à ma propre observation. Quand l'information proviendra d'une page MediaWiki, deux cas de figure sont possibles. Si il s'agit d'une information issue d'une page organisationnel, la référence pointera vers le lien permanent de la page dans sa version consultée. Si il s'agit d'une information au sujet des dires ou des faits d'un acteur de terrain, la référence pointera alors vers la page de différence entre la version pré et post écriture ou le journal des actions utilisateurs. Enfin, si la page n'est pas issue d'un site MediaWiki, la référence pointera dans ce cas vers une version archivée de la page conservée et visualisable sur le site du projet Internet Archive[S 44]. Au final, c'est donc toute une webographie qui trouvera sa place au côté de la traditionnel bibliographie apparaissant habituellement en fin d'ouvrage. De la sorte, dans la liste de références webographique apparaîtront donc les sources primaires, alors que dans la liste de référence bibliographique, figureront les sources secondaires.

Vidéo 1.1 Explications au sujet des sources primaires et secondaires destinée au éditeurs francophone de Wikipédia et produite dans le cadre d'un MOOC[43].

Cette distinction entre sources primaires et secondaires fera de nouveau écho à mon expérience de terrain. à un autre principe bien connu au sein des projets Wikimédia. Comme présenté précédemment dans la section « Choisir le terme socio-anthropologie et se tenir à l'écart du corporatisme » de ce chapitre, sur l'encyclopédique Wikipédia au contraire du projet Wikiversité, les contributeurs sont invités autant que possible à mobiliser des sources secondaires voir tertiaires dans la rédaction des article et le moins possible de sources primaires[44] (Voir à ce titre la vidéo 1.1 ci-contre). Dans le cas contraire, un travail contenant trop de source primaire, risquerait d'être perçu comme un travail de recherche original dit « travail inédit » en jargon Wikimédien et sera candidat soit à une suppression, soit à un transfère vers Wikiversité ou un autre projet Wikimédia plus adéquat. Pour exemple concret, les données issue d'un courrier postal ne sont pas acceptable sur Wikipédia[45], alors que les même données issues d'un article de presse le seront.

Remarquons enfin que le projet Wikipédia s'inscrit dans une rhétorique similaire à celle de Karl Popper lorsqu'elle demande à ses éditeurs de Citez ses source[46] dans une recommandation résumée en ces termes :

« tout contenu, mis en doute ou susceptible d'être mis en doute, doit être étayé par une annotation menant à une ou plusieurs références qui s'appuient sur des sources fiables et clairement identifiées. Cette page explique comment réclamer ou trouver des sources de qualité. »

Il s'agit donc bien de fournir au lecteurs et autres contributeurs la possibilité de réfuté les informations reprise dans un article en offrant la possibilité d'un retour à le source. Ce retour à la source, en plus de validé l'information, permettra aussi au lecteur de Wikipédia comme au lecteur de ce présent travail, de découvrir des informations périphériques à coté de celles sélectionnées d'autres qui auront été potentiellement omises de manière volontaire ou non. De la sorte, les références webographie offre donc au lecteur de se positionner sur la sélection et la manière de structurer l'information au sein du travail présenté.

Malheureusement, il reste enfin à traiter d'un autre enjeux épistémique touchant tout particulièrement la rédaction d'articles sur Wikipédia, au même titre que tous travaux bibliographiques tributaire de l'accès des sources secondaires. En effet, depuis longtemps déjà, ces sources font l'objet d'une dramatique marchandisation au sein de laquelle les prix d'accès au support papier ou numérique, peuvent parfois atteindre des prix exorbitants pour des personnes à simple revenus. Il est question pour certain d'un « oligopole d’éditeurs qui tire un profit maximum du fait que laboratoires scientifiques et chercheurs sont évalués en fonction des revues ou des maisons d’édition où ils publient leurs résultats »[47]. Dans un tel contexte, des « questions d'éthique concernent la publication scientifique » (Scheepmans, Wolf, 2016)[48] ne manquent pas de soulever le fait que limité l'accès à une production scientifique, c'est aussi quelque part limiter sa réfutabilité et donc sa scientificité. La nécessité d'une science ouverte se fait donc sentir. Une science dans laquelle toute information serait inconditionnellement accessible mais aussi, tant qu'à faire, respectueuse de la vie privée des gens.

Aspirer à une science ouverte, transparente et respectueuse de la vie privée[modifier | modifier le wikicode]

Comme nous allons le voir, les questions d'ouverture, de transparence et de respect de la vie privée me sont aussi apparues comme autant de nouvelles remises en cause épistémologiques issue de mon terrain d'étude. Ce questionnement n'est cependant pas nouveau au niveau de la recherche scientifique. Depuis longtemps déjà, un mouvement s'est crée autour de l'expression « OpenScience » avec l'apparition en 1999 du site www.openscience.org dédié à l'écriture et à la diffusion de logiciels scientifiques libres et open source[S 45]. Des termes anglais naîtrons la traduction française de « science ouverte » qu'il ne faut pas confondre avec l'expression « Science libre » correspondant au titre d'un magazine publié sous copyright[S 46].

Le mouvement des sciences ouvertes se voyait donc dès le départ étroitement lié à celui du logiciel libre dont il fut quelque part l'héritier. L'ouvrage intitulé : « Richard Stallman et la révolution du logiciel libre » (Stallman, 2013)[49] permettra aux lecteurs désireux de découvrir les origines et les enjeux du mouvement du logiciel libre dans la biographie de l'initiateur du premier projet de logiciel libre. Il s'agissait du projet GNU, lancé le 27 septembre 1983 sur la newsletter net.unix-wirards via Arpanet avec la règle d'or en guise de motivation exprimé de la sorte : « si j'aime un programme, je doit le partager avec d'autres »[S 47]. Voici un extrait de cette ouvra qui me semble suffisant pour poursuivre le débat entamé :

« Stallman propose de classer les œuvres soumises au copyright en trois catégories.

La première, fonctionnelle, comprend les logiciels informatiques, les dictionnaires, les manuels.

La deuxième comprend les œuvres ayant rôle de témoignage — par exemple des documents scientifiques ou historiques. Leur fonction pourrait être mise à mal si les auteurs comme les lecteurs étaient libres de les modifier à volonté. Cette catégorie inclut aussi les œuvres d’expression personnelle — journaux intimes, autobiographies ... — dont la modification reviendrait à falsifier les souvenirs d’une personne ou ses opinions, ce que Stallman considère comme injustifiable d’un point de vue éthique.

Enfin, la troisième catégorie concerne les travaux artistiques et de divertissement. Les droits accordés aux utilisateurs de chaque œuvre doivent, pour Stallman, être adaptés au type d’œuvre. Ainsi pour la première catégorie des œuvres fonctionnelles, les utilisateurs devraient-ils se voir conférer le droit illimité d’en faire des versions modifiées.

Pour les deuxième et troisième catégories, les droits de l’utilisateur devraient être modulés selon le souhait de l’auteur. Cependant, Stallman insiste sur le fait que, quelle que soit la catégorie de l’œuvre, la liberté de copier et de redistribuer de manière non commerciale devrait s’appliquer intégralement et en tout temps. Si cela signifie de laisser les internautes imprimer une centaine de copies d’un article, d’une image, d’une chanson ou d’un livre et ensuite d’en distribuer par courriel les copies à une centaine d’étrangers, alors qu’il en soit ainsi. »

Concernant la science ouverte, c'est à un récent ouvrage intitulé : « Science ouverte, le défi de la transparence » (Rentier, 2018)[50] que je ferai cette fois référence. Voici à nouveau un extrait qui pourra suffire à la poursuite du raisonnement :

« Il est impératif qu'à l'avenir, les articles écrits par des chercheurs et évalués par d'autres spécialistes cessent d'être des marchandises commerciales, mais qu'on les considère pleinement comme un savoir commun donc un bien public à partager gratuitement et sans entrave avec toute personne qui le souhaite et un patrimoine précieux à préserver pour les générations futures.

Les progrès technologiques en matière de communication permettent dès à présent un tel changement de paradigme, aussi est-il nécessaire de vaincre la résistance des maisons d'édition qui rechignent à faire évoluer leur mode de fonctionnement et leur relation avec le monde de la recherche — dont elles dépendent, en principe. Il faudra également vaincre la réticence de ce même monde de la recherche en lui faisant accepter la modernisation de cet aspect de sa mission, alors qu'il est friand de ces progrès lorsqu'il s'agit de la conduite de sa recherche. Il est temps également que le monde de la recherche utilise plus systématiquement, plus judicieusement et plus efficacement la ressource du Web qui a, après tout, été inventé par des chercheurs dans le but de communiquer entre eux ! »

Sur base de ces deux citations, nous pouvons donc dors et déjà réaliser à quel point le mouvement Wikimédia et son projet de libre partage des connaissances humaines reposant uniquement sur des logiciels libres, répond déjà au attente de la science ouverte. Voyons à présent que grâce au dispositif d'archivage automatisé des modifications faite au contenu des projets éditoriaux tel qu'il fut déjà décrit précédemment, l'environnement Wikimédia offre aussi une parfaite transparence et une grande traçabilité dans la production et la reproduction du savoir.

De façon concrète, cette traçabilité repose sur l'affichage de pages reprenant, sauf rares exceptions[N 11], l'historique de toutes les modifications apportées aux des pages éditable d'un projet wikimédia tel que l'on peut le voir au niveau de la figure 1.7 présente ci-dessous reprenant une copie d'écran de l'historique des versions de l'article Wikipédia intitulé « science ouverte ». Sur cette page s'affiche de manière chronologique une liste de lignes reprenant dans cette ordre une séries d'informations et de liens utiles :

  • Un lien « actu » pointant vers la page de contenu tel qu'il se présente actuellement.
  • Un lien « diff » pointant vers une page de différence entre version dans laquelle apparaît en gras (texte ajouté) et en surligné (texte retiré) les modification faites au contenu.
  • la date et l'heure exacte de la modification sous forme d'un lien pointant vers la version de la page archivée juste après la modification.
  • le nom d'utilisateur l'auteur de la modification suivit entre parenthèse d'un lien « discuter » pointant vers sa page de discussion et d'un lien « contributions » pointant vers une page listant chronologiquement toute les modification faite par l'utilisateur au sein du projet. Par défaut de compte utilisateur, s'affichera alors l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'éditeur sous forme de lien pointant vers une page listant toute les modifications faite par cette ardresse au sein du projet. S'affichera ensuite entre parenthèse un lien « discuter » pointant vers une page de discussion consacrée à des échanges avec le ou les utilisateurs de cette connexion Internet.
  • en cas de modification mineure la lettre « m » en caractère gras
  • la taille de la page suite à la modification et celle de la modification exprimée en octets
  • entre parenthèse, un résumé des modifications éventuellement apporté par l'auteur ou le titre de la section automatiquement fourni par le système
  • et finalement entre parenthèse un lien annuler permettant d'enregistrer la version de la page antérieure à la modification et un lien « remercier » permettant d'adresse une notification de remerciement à l'auteur.
Page historique de l'article « Science ouverte »
Fig. 1.7 Copie d'écran de l'historique des modifications faite à l'article Wikipédia : « Science ouverte ».
Vidéo 6.1 Évolution de l'article Pomme sur le projet Wikipédia francophone, du 20 novembre 2002 date de création au 26 janvier 2012.

Au départ de ces pages d'historiques, il est donc possible de visualisé l'édition d'une page au fil du temps (voir video 6.2 ci-contre), tout en pouvant vérifier étape par étape les différences entre chaque version. Mais il est encore possible de pousser l'analyse encore plus loin grâce à un ensemble d'outils externes et statistiques présenté en tête de page. Dans leurs ordre d'apparition, ces outils permettent :

  • de filtrer les informations historiques affichée sur la page
  • d'afficher des statistique sur les éditions et les auteurs
  • de retrouver l'auteur de certains mots produits sur une page
  • de consulté des statistiques de consultation de la page
  • de connaître le nombre de contributeurs suivant la page
  • d'afficher toute les modifications de cette page faite par un seul contributeur

Tout ceci illustre donc à quel point est poussé le soucis de transparence dans le partage du savoir effectuer au sein du mouvement Wikimédia. Certains y verrons peut-être un « fantasme de la technologie » (Mazzocchetti, Servais, Boelllstorff, Maurer, 2015, p.16)[51], d'autres quelque chose qui relèvera le « défi de la transparence » en science ouverte (Rentier, 2018)[50], pour ma part, j'y ai vu l'occasion de rédiger une thèse de doctorat de façon inédite au sein du projet Wikiversité, tout en inscribant mon travail dans un processus de sciences ouverte qui je l'espère fera des émules ou pour le moins suscitera question.

Un tel niveau de transparence soulèvera cependant la question du respect de la vie privée. Suite aux descriptions précédentes, on est en effet en droit de se demander si le dispositif technique Wikimédia ne serait pas contraire à ce droit fondamental bien connu des commités d'étiques en sciences humaines et sociales.

La réponse à cette question peut se trouver au départ d'un lien intitulé « condition d'utilisation »[52] présent en bas chaque page des projets Wikimédia. Au départ de ce lien que je soupçonne peut utilisé, on accède à une page d'informations générales comprenant un autre hyperlien pointant cette fois-ci vers une page consacrée à la politique de confidentialité adoptée par la fondation Wikimédia[53].

Bien que la fondation Wikimédia soit reconnue, en Italie[54] comme dans de nombreux autres pays, responsable de l'hébergement des projets Wikimédia mais pas de leur contenu, on s'aperçoit que dès ses débuts, elle sera très à cheval sur la protection de la vie privée et des données à caractères personnelles des utilisateurs des sites qu'elle héberge. Par exemple, il existe sur le projet Wikipédia francophone une page titrée Wikipédia:droit de disparaître[55] qui apporte réponse à cette « écologie déséquilibrante de l'oubli »[56] propre à l'espace Web (do Kim, 2012). Traduite en français le 14 juin 2005[57], cette page aura largement anticiper l'apparition du droit à l'oubli ou plus précisément du « droit à l'effacement » apparu en 2016 dans l'article 17 du règlement no 2016/679 édité par la commission Européenne, aussi appelé règlement général sur la protection des données (RGPD).

Au delà de ce droit, plusieurs autres options s'offrent aux utilisateurs de l'espace numérique Wikimédia qui signalons le déjà, n'ont pas besoin de transmettre une adresse courriel pour ouvrir un compte utilisateur. La première, et la plus populaire, consiste à créer un compte utilisateur avec pseudonyme de telle sorte que les modifications et actions faites ne soient pas attribuées à son identité propre. La seconde option plus fréquente parmi les utilisateurs moins actifs, est celle de contribuer aux projets sans se connecter. Dans ce cas de figure, en lieu et place du pseudonyme utilisateur, apparaîtra l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'utilisateur.

Cette deuxième option est cependant moins respectueuse de la vie privée d'un utilisateur, car au départ d'une simple adresse IP, un quelconque internaute pourra soit connaître l'organisation publique qui l'utilise, soit connaître la ville la plus proche d'une connexion Internet privée. Par exemple au départ de l'adresse IPv4 : 130.104.34.155, le site whatismyipaddress.com indiquera qu'elle est utilisée par l'Université Catholique de Louvain[S 48] alors que l'adresse IPV4 : 176.164.50.155 affichera sur la carte du site fr.geoipview.com la ville de Blois en France[S 49]. Il faut savoir enfin qu'il existe dans l’écosystème wikimédia un lien en bas de chaque page répertoriant les contributions d'une adresse IP un lien pointant vers l'outil « Whois Gateway » qui affichera directement les informations concernant le fournisseur d'un l'adresse IP. Au départ de l'ardresse IPv6 : 2A01:CB05:8315:CB00:68DF:3702:8AF6:391F, Whois Gateway indiquera comme fournisseur Orange S.A. à Chantillon.

Plus fréquemment utilisées par les connections mobiles, les adresses IPV6 seront donc moins facilement géolocalisables. Cependant et comme nous l'avons vu, il sera toujours possible par une personne mandatée de contacter le fournisseur d'accès Internet (FAI) d'une adresse IP quel qu’elle soit. Ce dernier est en effet tenu obligé selon les lois en vigueurs dans les états, de conserver les informations qui permettront l'identification de l'auteur d'un contenu ou d'une action apparus sur le Web. A titre d'exemple, en France, ces informations doivent être gardées un an[58], alors que sur le projet Wikipédia francophone, l'adresse IP des éditeurs connectés est confidentiellement gardées au niveau des serveurs informatiques pendant trois mois seulement pour être ensuite perdues à jamais[59].

Comme dernière option enfin, il est aussi possible de créer un compte utilisateur dans lequel on dévoile sa propre identité. Cela représente alors un choix personnel qu'il faut assumer tout en gardant à l'esprit qu'une partie de sa vie s'expose dès lors au yeux du monde connecté et de façon potentiellement irréversible. On le sait, sur le Web toute information publique peut toujours être sauvegardée par un autre internaute et réapparaître quelque part sur la toile après effacement. Les vidéos interdites de diffusion sur le Net, qui disparaissent et apparaissent sans cesse d'une page à l'autre en est un bonne exemple. Ceci dit, afficher sa réelle identité offre aussi l'avantage d'assurer la paternité de ses écrits et donc de les protéger d'un risque de plagiat tout en les publiant dans la plupart des cas[N 12] sous une licence CC.BY.SA qui les protégera d'une éventuelle récupération et mise sous copyright. Un tel choix enfin, peut aussi répondre à des obligations d'ordre déontologique liés au cadre d'une recherche scientifique par exemple.

C'est donc ainsi que le 26 février 2011, jour du début de mon observation participante au sein de l'espace numérique Wikimédia, j'ai décidé de crée un compte affichant mon nom et prénom pour me décrire ensuite brièvement sur ma page utilisateur[60]. Au fil du temps cette petit description est devenue une présentation complète de ma personne suivie de la liste exhaustive de mes écrits et activités réalisé au sein ou en relation avec le Mouvement Wikimédia. Cette idée m'est apparue petit en pensant qu'il serait bon pour ma recherche d'établir une collecte de liens attestant mes observations participante tout en informant la communauté wikimédienne de mon niveau d'implication au sein du mouvement. A terme, j'ai maintenu deux pages utilisateur distincte, une première sur le site de la Wikiversité francophone où je répertorie tous mes travaux écris réalisés depuis mes études de secondaire de qualifications techniques et une autres pour tous les autres projets de la fondation où je répertorie l'entièreté de mes activités en lien avec le mouvement Wikimédia.

Maintenant, avoir un compte sous identité propre n’empêche pas la création ou le maintient d'un ou de plusieurs comptes anonymes. Cependant, il est recommander par un grand nombre de Wikipédiens de signaler que les différents comptes sont utiliser par une seul personnes sans quoi il y a un risque de se voir accusé d'utilisateur de faux-nez ou autrement dit d'utiliser plusieurs comptes pour tromper les autres Wikipédiens pour voter plusieurs fois, lancer des accusations sans se faire identifier ou encore contourner un blocage de compte utilisateur[61]. On parlera aussi sur Wikipédia de compte à objet unique (répondant à l'acronyme CAOU dans le jargon Wikipédien)[62] lorsque ce dernier est utiliser uniquement lors d'une intervention limitée et uniquement sur un sujet ou une cause unique.

Autre possibilité encore, il est toujours possible aussi d'éditer les projets Wikimédia en prenant le soin de se déconnecter de tel sorte à ne pas être identifier, ni de son vrai nom, ni de son pseudo par les autres utilisateurs. Pour l'avoir fait à une occasion ou l'autre, et souvent même de façon distraite en oubliant de me connecter, j'imagine que la pratique ne doit pas être rare et qu'elle peut permettre de porter rapidement un acte sans qu'il soient lié à son compte utilisateur.

En fin de compte, toutes ces options et dispositions garantissent donc une gestion « à la carte » du respect de la vie privée des acteurs wikimédiens et de leurs données à caractère personnelles. Elle permettront aussi à certains utilisateurs situés dans des pays sujet à la censure des projets wikimédia et à la répression de leurs utilisateurs de se connecter via des réseaux privés virtuels sans risquer de dévoiler ni leur identité ni l'adresse de la connexion étrangère par lequel ils passent pour avoir accès au sites.

Une dernière chose important à retenir sera que toute les informations fournies par les utilisateurs, sur leurs pages de présentations, lors de discussion, ou sur d'autres endroits et lors d'autres types d'activités, sont elles aussi placées sous licence créative commons CC.BY.SA. Par conséquent, elles représentent donc des données directement utilisables par un chercheur sans autorisation nécessaires dès lors qu'il produira son travail sous licence CC.BY.SA. Dans la plupart des cas malheureusement, le respect de la clause copyleft est soit ignorée soit négligée par des chercheurs travaillant au départ du contenu de Wikipédia pour publier ensuite leurs travaux sous copyright ou sous une licence différente de celle appliquée sur les matériaux qu'il ont récupéré.

En produisant mes travaux de recherche au sein même d'un projet Wikimédia, je m'assurais donc d'être en conformité au niveau licence tout en me sentant libre d'exploiter sans retenue toutes les informations trouvées sur les site de la fondation. De plus et comme nous allons le voir à présent, ce choix me permettra aussi d'établir plus facilement un dialogue avec la communauté Wikimédiennes lors de la rédaction de mon travail, un peu à la manière de Tom Boellstorf, anthropologue dansqui dans son ethnographie de Second Life organisait des groupe de discussion dans sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia » (Boellstorf, 2013, p.148 )[63]. Une occasion unique quelque part de conjuger le point de vue « émique » des acteurs à ma propre production épistémique (Olivier De Sardan, 2008, p.105)[12].

Établir un dialogue sur l'écriture de la recherche[modifier | modifier le wikicode]

L'écriture dialogique en socio-anthropologie n'est pas un concept nouveau. Un anthropologue tel que Mondher Kilani en parlait déjà dans les années nonante en citant pour exemple les écrits de Philippe Descola (2006)[38], de Jeanne Favret-Saada (1977)[64] et les siens (Kilani, 1992)[65]. Il décrirat sa propre expérience comme telle : « Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation » (Kilani, 1994, p.53)[66].

Cette négociation représente aussi l'une de mes attentes, mais une thèse de doctorat reste cependant une épreuve qualifiante qui se doit d'être écrite par un seul auteur dans son intégralité. En raison de cette contrainte institutionnel, la co-construction des idées devra clairement être séparée de l'écriture du texte même si des retouches au niveau orthographique ou syntaxique seront toujours les bienvenues. Il sera donc bien question d' « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique » (Kilani, 1999, p.101)[67] mais en gardant bien à l'esprit que ces autres ne seront en aucun cas les auteurs de ce récit. Il me faut donc expliquer à présent comment je compte exploité le dispositif socio-technique mis en œuvre au sein des projets Wikimédia pour écrire de manière dialogique ma thèse de doctorat.

Pour ce faire, revenons tout d'abord sur la description d'un contexte tout à fait favorable à une écriture dialogique et participative. Wikipédia comme tous les sites éditoriaux soutenus par le mouvement Wikimédia sont en effet des sites collaboratifs. Au sein de ces sites, la coconsturction de l'encyclopédie par les éditeurs aguerris finit par ce faire sur base de gestes anodin durant lesquels lorsque les uns édites, les autres surveilles et réciproquement.

Par exemple, lorsque j'ai consulté l'article « Science ouverte » dont il était question précédemment, je n'ai pas hésité à reformuler la phrase d'introduction en laissant pour résumé : « Reformulation de la première phrase en vue d'une meilleure compréhension. »[S 50] . Une fois ma modification publiée, elle devient alors visible sur une page « diff »[N 13] où sera affiché les différences entre le contenu de l'article avant et après l'édition. Apparaît surligné dans le cadre de gauche ce qui a été supprimé et en gras dans le cadre de droite ce qui a été ajouté (voir fig. 1.7 ci-dessous).

Capture d'écran de la page de Wikipédia « Science ouverte » affichant les différences apportées par ma modification de la phrase d'introduction
Fig. 1.7 Capture d'écran de la page de Wikipédia « Science ouverte » affichant les différences apportées par ma modification de la phrase d'introduction.

Dès sauvegarde de la modification, cette page « diff » sera alors notifiée sous forme dans la liste de suivit de tous les utilisateurs enregistrés qui auront cliqué sur la petite étoile située entre l'onglet « Voir l'historique » et le cadre « Rechercher dans Wikipédia ». Cette liste de suivit ressemble à une page historiques présentée précédemment dans laquelle sera affiché par ordre chronologique toutes les modifications faites aux articles qu'un utilisateur à décidé de suivre en cliquant sur la petite étoile (voir fig. 1.8 ci-dessous). Les utilisateurs qui auront configurer adéquatement leur système de notification dans le menu de leurs préférences utilisateur recevront en plus de leur liste de suivit, ce lien vers la page « diff » dans un courrier électronique.

Capture d'écran de la page de suivit utilisateur Wikipédia.
Fig. 1.8 Capture d'écran de la page de suivit utilisateur Wikipédia.

Au départ de ce dispositif technique, la dimension dialogique dans la participation du projet apparaîtra dès lors qu'il y aura divergences d'opinions sur l'édition qui vient d'être faite. Lorsque deux éditeurs sont en désaccord sur le contenu d'une page, la communauté attend d'eux qu'ils cliquent sur l'onglet « Discussion » présent en haut de toutes les pages des projets Wikimédia. De cette manière, il se rendrons sur une page unique à chaque article dans laquelle chaque protagoniste pourra alors argumenter ses souhaits ou objections au sujet de l'article.

Dans ce même ordre d'idée, j'invite donc sur Wikiversité le projet dans lequel je rédige ma thèse, toutes personnes désireuses d'entrer en dialogues sur le contenu de mes recherche a s'exprimer sur différentes pages de discussion. Soit sur un premier espace de discussion principale[68] portant sur l'ensemble de ma thèse existe et bénéficiant d'un système de discussions structurées qui simplifiera les échanges pour les personnes non initiée à l'écrire du wikicode, soit sur d'autres pages de discussions associées à chaque chapitre de ma thèse et rendue visible et accessible par un hyperliens « [ Réagir au contenu de ce chapitre ] » situés en dessous du titre de chaque chapitre. En plus de nourrir ma propre autocritique, ces pages de discussions toujours accessibles aux internautes qui consulteront mon travail directement sur le Web, leurs permettrons à leur tour d’aiguiser leur propre esprit critique sur le contenu de mon travail.

Dans le but d'inciter les acteurs du mouvement à entrer en dialogue au niveau de ma recherche, je posterai régulièrement à la clôture de chaque chapitre des messages d'invitations au niveau des principaux espaces de discussions existant au sein du mouvement Wikimédia. A titre d'exemple, un premier message titré « Avis de travail en cours »[S 51] fut déposé dans le bistro de Wikipédia[N 14] le 31 mai 2019 et reçu pour réactions les commentaire repris ci-dessous :

Bonjour,

J'ai entamé la rédaction d'une thèse de doctorat publiée sur Wikiversité et portant sur le mouvement Wikimédia. Le premier chapitre de ce travail consacré à la méthodologie est actuellement prêt à être relu par les personnes actives au sein du mouvement. La mise en forme du texte n'est pas terminée et l'orthographe doit y être déplorable, mais j'aimerai le soumettre à réaction avant un prochain rendez-vous avec mon comité d'accompagnement dans le cadre d'une épreuve de confirmation. J'invite donc toutes les personnes intéressées a réagir librement sur la page de discussion consacré au chapitre. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe durant votre lecture. Je vous en serais très reconnaissant. En vous remerciant d'avance et vous souhaitant une belle journée à tous. Bien cordialement, Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 01:43 (CEST)

Intéressant, mais, à part l'orthographe, qui écrit la thèse, le doctorant ou la communauté Wikipédia ? - Siren - (discuter) 31 mai 2019 à 14:12 (CEST)
Bonjour Siren, Pour répondre à la question : Au niveau de des mots et des phrases, c'est le doctorant. Au niveau de la connaissance et des idées, c'est le doctorant et la communauté, celle de Wikipédia mais aussi celles de tous les projets soutenu par la fondation. Si la question est posée, c'est sans doute que les choses ne sont pas assez claire. Je vais donc tenter de reformuler les choses de façon plus explicite. D'ailleurs cette présente interaction entre nous illustre déjà en partie l'idée d'une construction dialogique de la connaissance. Dans le cadre de mon doctorat, elle ne peut malheureusement pas être similaire à ce qui se passe sur Wikipédia. Ce travail débouche sur un diplôme, et dans le monde académique qui m'entoure, pour se voir attribuer le titre de docteur, il faut défendre seul une thèse réalisé en solo. Ceci dit Jimbo Wales a reçu de mon université le titre de docteur honoris causa, sans avoir écrit aucune thèse. Donc voilà, il y a bien d'autres personnes encore qui en savent bien plus que moi sur le mouvement Wikimédia et ce serait donc idiot et présomptueux de ma part de ne pas les inviter à entrer en dialogue autour de l'écriture de ma thèse. Déjà un grand merci pour les corrections orthographique et une belle fin de journée ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 23:45 (CEST)
Ouaaah, je vais faire un tour par désoeuvrement sur cette page, et chtonk ! scotch. Absolument passionnant, ce truc, je recommande fortement la lecture ! Alors, évidemment, comme toutes les thèses dans un domaine pas mien, c'est tellement concentré que pour mon pauvre esprit va falloir un tit moment pour tout absorber, mais déjà des réflexions fusent.
Par exemple j'adore l'idée de base que l'objet de recherche, ancré dans la vraie de vraie réalité, met en forme les méthodologies et pas le contraire, ce qui est pourtant normalement ce qu'on nous enseigne. Je suis bien d'accord pourtant, nos tendances à déterminer des cadres stricts, bien léchés, universels etc. ça vient d'une époque (disons depuis le XVIIIème) où on va favoriser la création de catégories avant même de mettre des objets dedans, une volonté de tout régenter, en quelque sorte, de tout classer et universaliser, de produire des cadres vides. Très Newtonien. Peut-être lié à l'ensemble des représentations du temps (le milieu temporel), chais pas.
J'aime aussi, intuitivement, la réflexion sur l'imaginaire et sa force de construction ! Un dernier point sur le premier chapitre (je vois qu'il y a eu plein d'ajouts), il est dit que les sciences sociales ne prétendent pas à définir un ensemble de paramètres absolus qui rendent les expériences reproductibles, contrairement aux sciences autres, dites dures. Mais à mon avis, dans les autres sciences non plus. On y prétend, on prétend faire reproductible, mais c'est juste un outil utile. Les paramètres y sont soumis aux mêmes différences, simplement les sciences dures tendent aussi à des applications et donc veulent être opérationnelles. Un peu comme si on faisait un raisonnement en coupant le chemin à faire en petites étapes (comme Descartes) pour atteindre le but, mais qu'on est bien conscient que le chemin en tant que tel n'existe pas, c'est nous qui l'avons créé pour résoudre le problème.--Dil (discuter) 31 mai 2019 à 23:57 (CEST)
Merci pour ce retour encourageant Dil ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 2 juin 2019 à 01:42 (CEST)»

En plus des forum de discussion, j'utiliserai aussi le système de notification Echo mis en place au sein de l'espace numérique Wikimédia. Ce système permet de prévenir un utilisateur enregistré à partir de n'importe quelle page des sites Wikimédia. Cette notification se fait soit par courriel quand la fonction a été activée par l'utilisateur, soit par message dès que ce dernier se connectera à n'importe quel site Wikimédia.

Concrètement, il me suffit par exemple au sein de ce présent texte que je suis en train d'écrire sur Wikiversité de produire l'hyperlien : « Psychoslave » pour que l'utilisateur répondant au pseudonyme « Psychoslave » soit averti que je le mentionne ici. De la sorte, il saura que je désire attirer son attention sur cette page, et dans ce cas-ci, le remercier de l'intérêt qu'il porte sur mes travaux. Pour ne pas attirer son attention, j'aurai pu tout aussi bien écrire son nom d'utilisateur sans créer d'hyperlien comme je l'ai fait dans les signature de la discussion repris ci-dessus. Sans notification, Psychoslave devra alors faire une recherche laborieuse à l'aide d'un moteur de recherche interne ou externe à Wikiversité pour savoir que je parle de lui. Au contraire, quand je le notifie, il recevra dans sa boite mail et/ou dans son système de notification un hyperlien qui lui permettra d'accéder directement aux propos que j'ai tenu sur lui, de tel sorte à ce qu'il puisse régir à ceux-ci en manifestant par exemple un éventuel désaccord.

Comme dernier aspect important en matière de dialogue, m'est aussi apparu la nécessité de me former au principaux langages informatiques utiliser dans la configuration du Web. Sans une certaine maîtrise du vocabulaire et la grammaire HTML, CSS, JavaScript, PHP et Lua, il m'aurait été difficile en effet de dialoguer avec les acteurs les plus impliqués au niveau de la gestion technique du mouvement Wikimédia. Comme l'écrivait Lawrence Lessig, au niveau de l'espace numérique, Code is law (2000)[69] :

« Ce code, ou cette architecture, définit la manière dont nous vivons le cyberespace. Il détermine s’il est facile ou non de protéger sa vie privée, ou de censurer la parole. Il détermine si l’accès à l’information est global ou sectorisé. Il a un impact sur qui peut voir quoi, ou sur ce qui est surveillé. Lorsqu’on commence à comprendre la nature de ce code, on se rend compte que, d’une myriade de manières, le code du cyberespace régule.» (Kauffman, 2010)[70]

Afin de pousser l'idée de rendre ma recherche participative, j'ai enfin pris l'initiative de créer sur Wikiversité un Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia[71], dans lequel j'invite tout un chacun à s'investir dans l'étude du mouvement Wikimédia. En plus de la création d'un espace collaboratif, cet espace représente aussi l'occasion pour moi de partager publiquement tout un ensemble de sources et ressources découvertes lors de mes travaux de recherche mais qui ne pouvaient trouver place dans l'édition de mon travail final. Parmi ces ressources figurent notamment dans des versions qui resterons perpétuellement améliorable, un état de l'art sur le mouvement Wikimédia, un répertoire des acteurs du mouvement et de nombreuses listes d'hyperliens pointant vers des sources d'informations statistiques ou des sources et outils d'analyse divers.

Tous ces processus, nous amènent donc au final à une réflexion plus profonde sur le comment faire science aujourd'hui et plus particulièrement en ce qui me concerne, sur comment imaginer la production de la connaissance socio-anthropologie dans un monde en pleine mutation épistémique. En toute modestie, j'espère que le témoignage apporté par ce présent ouvrage pourra servir au débats qui permettront de trouver réponse à ces questions. Il s'inscrit en tout cas parfaitement dans une démarche prospective sur ce que pourrait devenir la socio-anthropologie ou pour la socio-anthropologie numérique dans un avenir plus ou moins proche. Une telle démarche, n'aurait probablement jamais pu voir le jour en dehors d'un laboratoire d'anthropologie prospective dont je suis à la fois redevable et reconnaissant.

S'inscrire dans la démarche d'une anthropologie prospective[modifier | modifier le wikicode]

L'expression écrite « anthropologie prospective » semble être apparue pour la première fois en 1888 dans un cours de George Vacher de Lapouge (1888, p.29)[72], mais le concept à proprement parlé d'« anthropologie prospective » fut créés par Gaston Berger (1956)[73]. « Dès 1955, il trace les contours d'une méthode nouvelle [la prospective] qui réconcilie savoir et pouvoir, finalités et moyens, en donnant à l'homme politique la possibilité de transformer sa vision de l'avenir en actions, ses rêves en projets. » (Durance, 2008, p.13)[74]. Au sein d'une humanité encore inconsciente d'un réchauffement climatique naissant, Gaston Berger observait déjà une dangereuse accélération :

« L'homme est devenu capable d'actes irréversibles (Berger, 1960a)[75]. Par ailleurs, cette accélération n'affecte pas tout, ni tout le monde, de la même façon ; des " décalages ", des tensions, apparaissent un peu partout, qui renforcent encore ce sentiment de transformation du monde (Berger, 1957a)[76]. » (Id.)[74].

Définie par son auteur comme science de « l'homme à venir (Berger, 1956b)[77]» (Durance, 2008, p.17)[74], l'anthropologie prospective aura donc pour objet d' « élaborer de nouvelles formes d'études prospectives, qui auraient comme sujet les différentes situations dans lesquelles l'homme pourrait se trouver dans l'avenir [...] Ces études devront s'attacher à dégager les structures profondes des phénomènes, puis faire jouer l'imagination pour esquisser les premier schémas des situation à venir » (Id.). Dans l'esprit de Gaston Berger, « Cette " mission " devra être confiée à des spécialistes de divers horizons (psychologie, sociologie, économiste, pédagogue, ingénieurs, médecin, statisticien, démographe, etc.). » (Id.)[74].

Afin de rassembler toutes ces disciplines un « Centre International de la prospective » fut créé en mai 1957, trois ans avant le décès de Gaston Berger qui en fut le premier président (Durance, 2008, p.19)[74]. D'autre centres naîtront ensuite sous la même impulsion, tel que le Centre d'études prospectives (Association Gaston-Berger)[78] ou encore le le centre d'anthropologie prospective de Rouen qui produira en 1973, une première et dernière publication[79] contenant les actes d'un premier colloque axé sur le thème « La psychanalyse d'aujourd'hui »[80] dans lesquels l'anthropologie prospective restera présenté comme un « projet d'unification et de synthèse » (Clancier, 1974, p.15)[81]. Pour la suite, Gaston Berger restera cité dans la littérature mais de moins en moins durant les vingt ans qui suivront son décès[82]. Le concept de « prospective » aura cependant marqué les esprits et lancé une mouvance qui se concrétisera notamment par la naissance club de Rome connu pour son rapport sur Les limites à la croissance (Meadows, 1972)[83], et ses préoccupation concernant une crise planétaire naissante.

Quand à l'anthropologie prospective, on n'en parlait déjà plus en 1979 dans un titre de la collection Que sais-je pourtant intitulé « La prospective » (Decouflé, 1979)[84]. Cependant, le concept réapparu soudainement en 2001, dans le titre de la revue Recherche Scociologique de l'Université Catholique de Louvain. Sous la direction de Mike Singleton (2001)[85], cette revue marquera les débuts d'un laboratoire d'anthropologie prospective (LAAP) dont je suis actuellement membre actif et quelque part héritier. L'anthropologie prospective, venait donc d'être réinventée quarante-cinq ans plus tard et de façon « inédite » (id., p.3)[85], comme le croyaient ses nouveaux fondateurs, ignorant à l'époque l’existence des travaux de Gaston Berger tombés dans l'oubli au cours des années 70. Un fait quelque peu amusant, puisqu'il s'agissait pour ces créateurs d'un acte de « réincarnation » (id., ), non pas de l'anthropologie de Gaston Berger, mais bien d'une anthropologie dont « on prédisait sa mort imminente » (Worsley, 1966[86] cité par Singleton, 2001, p.2)[85].

En faisant renaître l'anthropologie prospective, les créateurs de ce laboratoire ont aussi opté pour une transdisciplinarité (id., p.4)[85], et non plus un projet interdisciplinaire telle qu'elle avait été conçue par Gaston Berger lorsqu'il rassembla au sein de son projet différentes disciplines scientifiques. A contrario, la stratégie du laboratoire d'anthropologie fut de rassembler au sein d'une anthropologie comme unique discipline, des personnes originaires d'horizons scientifiques différents (droit, agronomie, histoire, économie, communication, astrophysique, etc.). Une deuxième stratégie consista ensuite à retrancher le fait anthropologique derrière un « fait d'anthropologues » (id., p.3) ou autrement dit, d'accorder plus d'importance et de reconnaissance aux travaux singuliers d'anthropologues qu'à l'anthropologie elle-même qui n'est dès lors plus perçue comme une pratique monolithique mais comme une posture commune.

Tant pour le LAAP (Hermesse, 2011)[87] que pour le centre de Gaston Berger (Durance, 2010, p.19)[88], faire de l'anthropologie prospective, c'est aussi adopter une posture à la fois réflexive et engagée. J'assumerai pour ma part le côté réflexif en adoptant par moment un style d'écriture auto-ethnographique (Hayano, 1979)[89], qui permettra aux lecteurs de se situer par rapport à mon vécu au sein du mouvement Wikimédia et donc aussi par rapport aux biais d’interprétation que ce vécu pourrait engendrer. Au niveau de l'engagement, il sera aussi très présent dans mon style d'écriture autant qu'il a été lors de mon observation participante où je n'ai pas hésité à me présenter à plusieurs reprise comme candidat dans divers conseil d'administration. Au niveau du style d'écriture, j'utiliserai donc la première personne du singulier pour exprimer mes propres propos et le discours direct pour les paroles prononcée par les acteurs.

Selon Mike Singleton enfin, « on ne fait pas de l'anthropologie prospective pour satisfaire sa curiosité théorique [...] mais pour activer l'énergie humaine » (Singleton, 2011, p.52)[90]. Je suivrai donc aussi ce dernier enseignement en me remémorant la lecture d'une ethnographie de Wikipédia dans laquelle la dernière citation faisait référence à un Wikipédien qui disait que : « le problème avec Wikipédia, c'est que cela fonctionne seulement en pratique, en théorie cela ne fonctionne pas »[N 15] (Jemielniak, 2015, p.192)[91]. Reste enfin à tenir compte que l'énergie humaine à la quelle faisait allusion Mike Singleton dans cette dernière citation n'est malheureusement pas sans limite.

L'impossibilité d'une immersion local[modifier | modifier le wikicode]

Au dépôt de mon dossier d'admission, ma thèse portait pour titre : « La révolution numérique vécue par le Sud, focus sur l’incidence culturelle du mouvement Wikimédia et Open Street Map au sein du peuple X ». J'avais pour idée de mener ma recherche au sein d'un peuple situé dans l’hémisphère Sud de notre planète pour y étudier le mouvement Wikimédia à un niveau local, chez les Kunas plus précisément. Depuis, j'ai eu la chance de m'investir dans une vie de père et puis comme déjà le mouvement Wikimédia est peu connu et donc peu actif au niveau des pays du sud. Au bout du compte, même en Belgique, étudier le mouvement de manière localisée n'avait pas beaucoup de sens. L'association Wikimédia Belgique, aura rassemblé hors ligne une douzaine de membre à l'occasion de sa première assemblées général annuelles de 2015 à une époque où l'association ne regroupait que 40 membres[92]. Mais depuis, la participation hors ligne n'a fait que diminuer et près de 5 ans plus tard, le conseil d'administration dont je fais partie depuis bientôt deux ans se préoccupe toujours de trouver des participants pour ses activités.

Wikimédia est en faite un mouvement très diffus et principalement actif dans son espace numérique. Et je me suis donc rapidement rendu compte que ma situation était proche d'un autre terrain « multi-situé » (Marcus, 1986, p.171)[93] décrit par Christophe Lazaro (2008, p.10) dans son ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian :

« paysage réticulaire au multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; [...] la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrement subtils qu'il s'avère difficile de démêler »[94].

Depuis la fin d'année 2019, il est possible de visualiser les activités du mouvement sur la plateforme Wikimedia space soit sur une mappemonde, soit dans un agenda (voir fig. 2.x et 2.x ci-dessous). On y découvrir beaucoup de rencontres sporadiques et quelque activités régulières. Les rencontres sporadiques sont relativement bien peuplées quand il s'agit de conférences pour lesquelles des bourses de participation sont octroyées. Mais sans incitation financière, la fréquentation des rencontres hors ligne est très limitée et il n'est pas rare que personne ne se présente à l'évènement en dehors des organisateurs[réf. nécessaire].

Carte de répartition des activités au sein du mouvement Wikimédia le 2 décembre 2019
Fig. 2.x Carte de répartition des activités au sein du mouvement Wikimédia le 2 décembre 2019
Agenda des activités du mouvement Wikimédia au mois de décembre 2019
Fig. 2.x Agenda des activités du mouvement Wikimédia au mois de décembre 2019

En plus de nombreuses atelier organiser en Belgique et exceptionnellement en Inde et au Cap vert, j'ai donc aussi participer aux rencontres internationales dès que je pouvais bénéficier d'un financement en provenance du mouvement. A deux reprise, il m'a aussi été possible de rassembler les fonds propres nécessaires[N 16] pour me rendre au Ghana et en Tunisie. Toutes ces expériences auront été riches d'enseignements, mais insuffisantes pour couvrir un thèse de doctorat portant sur le mouvement dans son ensemble. Heureusement, il restait la présence du big data informationnel dont il a déjà été question et puis surtout d Cependant, même au niveau de l'espace numérique le mouvement Wikimédia représente toujours un

Face à l'impasse du terrain multi-situé, ma stratégie sera donc d'articuler mon travail ethnographiques au départ cette espace singulier que représente la plateforme communautaire centrale au mouvement Meta-Wik. Elle représente en effet à mes yeux, comme aussi aux yeux de nombreux Wikimédiens, l'espace numérique central au mouvement Wikimédia. Ce sera donc autour de l'architecture de ce projets que je tenterai de donner sens à toutes mes données de terrains qu'elle soient issues d'observation en ligne ou hors ligne.

Je considérerai l'espace numérique Méta-Wiki comme partie intégrante de l'humanité (Heather, 2013, p.15)[95] qui compose le mouvement Wikimédia. Mais contrairement à ma précédente étude ethnographique portant sur la communauté francophone active au sein du projet Wikipédia (Scheepmans, 2011)[5] où j'avais opter pour une observation « immersive » (id. p.120)[95] au sein de l'espace numérique, j'ai choisi cette fois, de mener aussi des observations dans les espaces hors ligne du mouvement, et ce partout où j'ai l'occasion de m'y rendre[N 17].

De ce fait, je n'hésiterai pas par exemple à décrire les incidences que peuvent avoir des décisions prises dans l'espace numérique Meta-Wiki sur les activités hors ligne du mouvement, ou réciproquement de marquer l'influence des activités hors ligne sur ce qui se passe au sein de l'espace numérique. Bien sûr, il se passe plein de chose hors ligne qui sont susceptible d'influencer ce qui se passe dans le mouvement Wikimédia. Mais c'est choses sont d'une part souvent surestimées par l'imaginaire complotiste et d'autre part ne sont pas nécessaire à l'analyse des enjeux lié au mouvements, et ce au même titre que la méconnaissance de la vie sexuel et privée des acteurs publiques n'a jamais rendu impossible la mise en œuvre de processus politique ni de leurs analyses.

Je ne vais pas par contre refaire ce qui a déjà été fait.

Quand à la finalité de ce travail, elle ne sera aucunement de produire une nouvelle théories socio-anthropologie parmi tant d'autres, ni même d'en affirmer ou infirmer l'une de celles qui sont déjà existantes. En ce sens, je n'opterai pas non plus pour une démarche déductive ou hypothético-déductive souvent produite à cette effet. Au lieu de ceci, mon choix sera de me mettre au service du lecteur plutôt qu'au service de la Science et plus précisément encore au service du lecteur wikimédien plutôt qu'à celui d'autres scientifiques. J'aimerai ainsi aider les personnes qui me liront à mieux comprendre le mouvement Wikimédia et de l'espace numérique dans toute leurs complexités. Les choses seront abordées par des descriptions dense et détaillées reposant sur des observations à la fois micro et macroscopique. En cas de nécessité, je n'hésiterai pas non plus à faire usage de métaphores heuristiques pour aider le lecteurs à cerner des explications trop complexes, trop technique ou trop distante des schèmes de pensées habituels.

Résumé des incidences du terrain Wikimédia au niveau de la recherche[modifier | modifier le wikicode]

Le projet Wikiversité, qui se présente lui même dans sa version francophone comme une « communauté pédagogique libre à laquelle chacun peut prendre part »[S 52], pris naissance dans Wikibooks (Wikilivres en français), un autre projet éditorial wikimédia qui se définit quand à lui comme : « La bibliothèque de livres pédagogiques libres que chacun peut améliorer »[S 53]

Dès ses début, en mai 2004, le projet Wikiversité faisait déjà mention d'une recherche collaborative libre (« free collaborative research »[S 54] ). Cependant, l'idée de créer un lieu d'apprentissage et de recherche au sein d'une bibliothèque a déclencha, le 12 août 2005, une longue discussion dans laquelle il sera question de supprimer le projet Wikiversité et/ou son transférer[S 55] vers le projet Meta-Wiki qui pour rappel est « le site communautaire global des projets de la Fondation Wikimédia et du mouvement Wikimédia en général »[S 56]. C'est donc finalement sur le site Mete-Wiki que le débat s'est déplacé.

En date du 22 août 2006 mûrit l'idée de faire de Wikiversité un projet indépendant[S 57]. Cette idée fut soumise à un vote qui devait « recueillir une majorité qualifiée de deux tiers pour être transmise au Conseil d'Administration de la Fondation Wikimedia (CA) en vue du commencement d'une période d'essai »[S 58]. Le 13 novembre 2005, la proposition fut rejetée par les cinq membres du conseil d'administration en demandant au projet d'exclure la conduite de cours en ligne et la remise de titre de compétence, tout en demandant de clarifier le concept de plate-forme de elearning[S 59][N 18]. Un acte manqué me semble-t-il par rapport à une proposition visionnaire si l'on en juge par l’existence aujourd'hui de nombreuse plate-forme proposant la dispense de cours en ligne et d'attestation de suivit.

Le 31 juillet 2006 sera finalement la date à laquelle la création d'un projet Wikiversité en version béta sera accepté par le special projects commitee[S 60] grâce aux amendements fait au projet de départ[96]. Suite au transfert du contenu en provenance de Wikilivre le projet avait alors six mois pour développer son potentiel sans en exclure la recherche collaborative[N 19]. Au fil du temps les projets linguistiques pouvant rescencer au moins 10 participants actifs au sein du projet beta auront pris leur envole sur des sites Web indépendant. Les activités de recherche y seront les bienvenues et feront même dans le cas de la version francophone l'objet d'un espace de nom dédié suite à une décision communautaire prise le 16 mai 2011[S 61].

Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia[97], dans lequel j'invite tout un chacun, à s'investir dans l'étude du mouvement Wikimédia. En plus d'être une invitation à partager mon sujet de recherche sans prendre part à ma propre recherche, cet espace représente aussi pour moi l'occasion de partager publiquement tout un ensemble de ressources découvertes lors de mes travaux de recherche et qui ne peuvent trouver leur place dans ma thèse de doctorat. Parmi ces ressources figurent notamment, un état de l'art francophone sur le mouvement Wikimédia qui sera repris en annexe de ce travail, mais aussi un répertoire des acteurs du mouvement et de nombreuses listes d'hyperliens pointant vers des sources d'informations statistiques ou des sources et outils d'analyse divers.

Joseph-Marie de Gérando, l'un des précurseurs de l'anthropologie moderne, écrivait ceci dans un texte publié au sein de la société des observateurs de l'homme : « Le premier moyen pour bien connaître les Sauvages [expression courante de son époque], est de devenir en quelque sorte comme l'un d'entre eux ; et c'est en apprenant leur langue qu'on deviendra leur concitoyen. » (de Gérando, 1800, p.13)[98].

« tensions entre régimes épistémique »[99] mais aussi reconnu comme « trouble-fête de l'édition scientifique »[100] ou encore « objet scientifique non identifié »[101]


Notes

  1. Bien que cette formulation soit ambiguë, on parle souvent de « travaux inédits » sur Wikipédia en référence à ce que la communauté anglophone nome de façon plus appropriée : « original research » que je traduirais pas l'expression travail de recherche original.
  2. Sur les projets éditoriaux Wikimédia, les administrateurs (aussi nommés sysop) sont des utilisateurs nommés par la communauté pour assurer la maintenance du site grâce à des outils techniques qui leurs sont réservé et qui leurs permettre de suspendre la publication de pages ou d'en empêcher l'édition aux autres utilisateurs, ou encore de bloquer un utilisateur malveillant, etc.
  3. Dans l'espace numérique des projets éditoriaux Wikimédia, chacune des pages des site web possède une page de discussion associée qui permet aux lecteurs ou éditeurs de la page de s'entretenir de dialoguer sur le choix du contenu de la page. D'autre part, chaque utilisateur enregistré au sein des projets bénéficie aussi d'une page de présentation et donc d'une la page de discussion associée à cette page de présentation. Cette page de discussion représente dès lors un lieu où l'on peut déposer un message public à l'intention de l'utilisateur. Cette espace représente le seul un moyen d'écrire à un utilisateur quand on ne possède pas son adresse e-mail et que la fonction « envoyer un courriel » n'a pas été activée par ce dernier au niveau de ses préférences personnelles.
  4. Selon les projets éditoriaux Wikimédia et leurs versions linguistiques, il existe différentes façon de prendre des décisions collectives sur des changements majeurs qui pourraient toucher toute la communauté. Dans le cas précis du projet Wikiversité francophone, les prises de décisions sont faites sur des pages créées à cet effet, et dans lesquelles les membres de la communauté discutent en vue d'obtenir un consensus. Si nécessaire, et c'est souvent le cas, un vote sera organisé et les propositions seront acceptées dès lors qu'il y a plus de 75 % des votes en sa faveur. Pour pouvoir voter, il faut répondre à certains critères d'éligibilités des votants essentiellement déterminés sur base d'une certaine ancienneté et un minimum de participation au sein du projet.
  5. La classification décimale universelle a connu plusieurs éditions depuis sa création en 1905 par les deux juristes belges Paul Otlet et Henri La Fontaine fondateurs de l’Institut international de bibliographie.
  6. Le premier exemplaire de la revue Socio-anthropologie comme ceux qui suivront, sont disponibles en accès ouvert sur le portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales OpenEdition.org.
  7. Certaines informations récoltées par le logiciel MediaWiki sont en effet masquées pour des raison juridiques liées par exemple au copyright ou au respect de la vie privée.
  8. Pour une liste voulue exhaustive de ces sources d'informations statistiques sur le mouvement wikimédia, voir la section « source d'information » du laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia.
  9. À noté que interprétation de ce graphique doit se faire en tenant compte que la courbe illustre l'addition du nombre d'apparition. Une position verticale signifie donc une grande apparition du mot tandis qu'une courbe parfaitement plate signifie que le mot n’apparaît pas durant cette période.
  10. L'information pourrait cependant ne plus être accessible au lecteur si entre temps elle a été masquée pour des raisons légales ou, chose peu probable, si le site a été victime d'actions malveillantes au niveau des serveurs. À noté enfin que le choix de la fondation d'ouvrir de nouveaux espaces en ligne reposant sur d'autres logiciels que MediaWiki fait disparaître la possibilité de consulter des pages d'historiques. C'est notamment le cas depuis la migration du site de la fondation Wikimedia depuis l'adresse foundation.wikimedia.orgvers l'adresse wikimediafoundation.org mais aussi depuis la création du Wikimedia space. Un archivage de ces deux sites reste cependant disponible sur le site https://archive.org/ du projet Internet Archive, mais représentera toujours une source d'information bien plus limitée que ce que peut offrir le logiciel MediaWiki.
  11. Certaines modifications peuvent être masquée pour des raisons légales suite à une plainte par exemple, mais ce cas de figure reste relativement rare.
  12. Dans certains cas comme sur le sites Wikidata et plus récemment sur Wikimédia commons, certaines contributions sont publiées sous licence CC0.
  13. Les wikipédiens comme les éditeurs actifs sur d'autres projets Wikimédia en général, aiment utiliser des acronymes ou autre raccourci syntaxique dans le but de rendre leur communication plus rapide.
  14. Le bistro Wikipédia est une sorte de forum centrale au projet utiliser pour partager des information d'ordre général ou pour notifier des discussions en cours sur d'autres espaces de discussion plus spécialisés.
  15. Texte original : The problem with Wikipedia is that it only works in practice. In theory, it can never work.
  16. Il est à noté que je réalise ma thèse de doctorat sous fond propre.
  17. Dans le but de donner un aperçu complet sur mon observation participante, mon parcours wikipmédien est retracé de façon exhaustive au niveau de ma page d'utilisateur sur le site Meta-Wiki.
  18. En anglais dans le texte original : « exclude credentials, exclude online-courses and clarify the concept of elearning platform »
  19. En anglais dans le texte original : « six months, during which guidelines for further potential uses of the site, including collaborative research, will be be developed ». Plus d'information sur l'historique de la naissance du projet Wikiversité peuvent être trouvées sur les pages https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=No_to_Wikiversity&oldid=5436519 et https://en.wikiversity.org/w/index.php?title=User:JWSchmidt/history&oldid=602770.


Le mouvement Wikimédia vu au départ de son site communautaire Méta-Wiki[modifier | modifier le wikicode]

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Mise en contexte historique au sein de la révolution numérique[modifier | modifier le wikicode]

Ma propre révolution numérique[modifier | modifier le wikicode]

Sans pour autant faire partie des digital native, pour peu qu'ils existent vraiment, ma vie numérique n'a bien sûr pas commencé avec Wikipédia. Pour la petite histoire, je suis né en janvier 1969, un peu plus de 9 mois avant le tout premier message transmis sur Arpanet[102]. C'était l'époque où le transistor était abandonné au profit du circuit intégré dans la construction des ordinateurs. A l'age de deux ans, j'aurais pu assister à la première émission en couleur de la RTBf diffusée dans un épisode du « jardin extraordinaire ». Mais l'arrivée de la télévision couleur arriva plus tard dans notre famille et ce fut l'occasion de recycler notre télévision noir et blanc en jeux d'arcade vidéo. Mon père y avait installé un jeu Ping Pong électronique qui nous enchantait. De mon enfance, je me souviens aussi du plaisir que j'éprouvais lors des ducasses d'été où je dépensais l'argent reçu par ma famille entre les auto-scooter et le Luna Parck. J'avais des amis chez qui je pouvais jouer à pack-man. Leur père s'intéressait à l’informatique et avait fait la possession d'un commodore 64 réputé pour être l'ordinateur ayant été le plus vendu au monde jusqu'à ce jour avec plus de 17 millions d'exemplaire et dont le premier fut fabriqué en 1982. C'était le plein essore de l'ordinateur personnel avec la sortie en 1981 de l'IBM Personal computer et la vente de million d'exemplaires dont l'architecture ouverte fut à l'origine de tous les ordinateurs produite aujourd'hui.

L'arrivée des ordinateurs personnels sonna le glas d'une coopération transparente au sein des informaticiens. De ce nouveau marché découla l'apparition de nombreux brevets et copyrights sur les codes informatiques qui rapidement obligèrent les programmeur à garder secret les codes indispensables au bon fonctionnement des machine. Le hold-up planétaire[103] dont profita Bill Gate et sa compagnie Microsoft profitant de la négligence de la société IBM lors de la signature d'un contrat assurant les droits exclusifs sur le système d'exploitation équipant les

Au niveau de Wikimédia, tout a commencé le 11 juin 2008 à 22 h 24 (UTC) très exactement. Ce fut le moment précis où je cliquais pour la première fois sur le bouton « Créer votre compte » affiché sur une des millions de pages que comporte le projet Wikipédia francophone[104]. Si je me souviens si précisément du moment de la création de ce compte, ce n'est pas grâce à ma mémoire, ni à un carnet de notes quelconque, mais bien parce que depuis ce moment, chacune de mes actions au sein du projet furent enregistrées et datée sur les serveurs informatiques de la fondation Wikimedia. Il me suffisait donc de retourner voir l'historique de la totalité de mes actions au sein du site pour revenir à la première action effectuée et noté la moment précis enregistré par le système informatique. Ce que j'ai fait pour connaître le moment exacte de la création de mon compte, je peux aussi le faire pour chaque autre action effectuée au sein du site. Pour se faire, il me suffit de voyagé dans mon historique de contribution et d'utiliser les différents menus de navigation.

À l'époque de mon inscription, je ne savais bien sûr pas que toute les modifications faite sur l'un des projet hébergé par la fondation Wikimédia était attribué à un utilisateur ou une adresse IP avec un horodatage si précis. Je ne savais pas non plus que l'on pouvait consulter ces informations de façon publique. Pour tout dire, j'étais comme la plupart des Internautes qui consultent l'encyclopédie, ignorant de la puissance informatique que pouvait cacher le réseau Internet en général et les sites hébergés par la fondation Wikimédia en particulier. Je n'étais qu'un nouveau venu dans la communauté, un péon comme le disent les Wikipédiens. J'étais somme toute inconscient d'une révolution numérique qui prenait cours sous mes yeux et à laquelle je participais sans même m'en rendre compte. C'était donc le 11 juin 2008, plus de dix ans avant que je sois considéré, à tord ou à raison, comme geek au sein de mon laboratoire d'anthropologie prospective et spécialiste, voir professionnel de Wikipédia comme le dira un jour Pierre-Joseph Laurent lors de notre séminaire qu'il coprésidait. Être reconnu comme professionnel me faisait sourire puisque durant toutes ces années de pratiques et d’apprentissage, il n'a jamais été question de contrat ni de rémunération. Toute mes activités en ligne au sein du mouvement Wikimédia ont toujours été faite bénévolement. Quand à mes activités hors ligne elles ont été dans le meilleurs des cas simplement défrayées au niveau des déplacements et du logement.

Calculatrice Texas Instrument, programmation d'un jeux de mémoire en 1986

La révolution numérique Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Mise en contexte géographie au sein d'une ville électromagnétique nommée Internet[modifier | modifier le wikicode]

L'espace numérique vu comme une ville électromagnétique[modifier | modifier le wikicode]

« métaphore heuristique ». Cette technique qualifiée de « redescription heuristique de la réalité » par Guy Bouchard (1987)[106] a aussi inspirée Paul Ricœur dans son ouvrage « La métaphore vive » de (2002)[107]. Le but du procédé en ce qui me concerne, sera de décrire l'espace numérique Wikimédia et l'espace Web dont il fait partie, avec des mots compréhensibles par tous.

Méthaphore de Mcluhan "global village"

L'espace Web peut être vu sous la métaphore heuristique d'une une ville électromagnétique, avec cette particularité que tout se trouve à deux pas, ou deux clics de là où l'on se situe. En ce sens, la métaphore de la ville appliquée à l'espace numérique a tout son sens puisque et particulièrement dans l'espace Web, car sur la toile, tout se trouve aussi à deux clique de là où l'on se situe. Un premier clique vers un moteur de recherche, un deuxième clique vers ce que l'on cherche. Dans cette vision des choses, le moteur de recherche, présent à chaque entrée de la ville électronumérique planétaire s'apparente aux jeunes natifs que j'ai pu rencontrer dans mes voyages, se tenant toujours à disposition du nouvel arrivant ou de l'expatrié pour lui donner l'information dont il a besoin. Sorte de guide touristique pouvant dépasser le cadre du tourisme, tout ces jeunes rencontrés me donnaient l'impression, au même titre qu'un moteur de recherche dans l'espace numérique, de tout connaître sur le village. En réalité, tout comme les moteurs de recherche, ils ne connaissent pas tout puisqu'il existe toujours des choses cachées au sein d'un village, et parmi ce qu'ils connaissent, ils feront toujours un choisi intéressé, en me guidant par exemple vers un lieu de vente qui leur donnera une commission à chaque fois qu'il apporte un nouveau client.

La communication au village peut se faire par voix orale ou par voix écrite. Si l'on utilise la voix écrite, on se trouve devant deux options similaires à ce qui existe dans l'espace numérique. Soit on envoie une carte postale qui pourra être lue et même photographiée par toutes les personnes qui la manipuleront tel que les agents de la poste par exemple, soit on envoie une lettre sous plis postal[108]. Dans l'espace numérique la carte postale correspond au message que l'on envoi via sa boite de courriel (e-mail), sur les réseaux sociaux et autres plate-formes permettant l'envoi de messages instantanés, tandis que la lettre sous enveloppe correspond aux messages cryptés que l'on ne peut déchiffrer qu'avec une clef de déchiffrage. Il s'agit ici de courriels ou de messages envoyés par des services garantissant le cryptage de l'information (Fournir exemple...)

Rétissence dans la connexion de l'espace numérique à l'espace analogie suite l'échec des Google glass.

La géographie du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Lieux de rencontres

Lieux d'information et de communication

Lieux de prises de décisions

L'organisation social du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Groupes et acteurs

Motivations et pouvoirs

« Imagine a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge. »[109]

KikiPedia

Noircir Wikipédia — Programs & Events Dashboard

Txikipedia:Azala — Wikipedia

stevejankowski_thesis_v18.pdf An Epistemological Critique of Wikipedia | Pierre Levy's Blog

L'imaginaire Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

En 1938, William Isaac Thomas écrivait : « si l'homme définit les situations comme réelles, elles seront réelles dans leurs conséquences »[N 1] (Thomas, 1938, p.572)[110]. Cette phrase devenue célèbre, Robert King Merton en fit le théorème de Thomas et s'en inspirera pour produire le concept de prophétie autoréalisatrice (Merton, 1948)[111] avec pour classique exemple celui d'une banque que l'on fait croire en faillite et qui le deviendra vraiment quand tous ses clients se précipiteront pour récupérer leur argent. En 1962, John Langshaw Austin, s’intéressera aussi à la construction du future au départ du présent en produisant le concept de performativité qui apparaîtra au sein de son ouvrage Things with Words[N 2] (Austin, 1970)[112]. Dans celui-ci, l'auteur explique en effet que la parole peu aller bien au-delà d'une simple description du réel et devenir un acte d’auto-réalisation comme dans cette phrase qu'il choisit pour exemple : « je vous déclare uni par les liens du mariage ».

À venir...

Notes

  1. Texte original en anglais : If men define situations as real, they are real in their consequences »
  2. L'ouvrage fut traduit sous le titre Quand dire, c'est faire.


Wikimédia, volontariat serviable ou servitude volontaire ?[modifier | modifier le wikicode]

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La servitude volontaire, 500 ans déjà[modifier | modifier le wikicode]

Ressources

  • Discours de la servitude volontaire (de la Boétie, 1574)[113] - Texte audio[114]
  • L’Énigme de la "servitude volontaire" (Lablénie, 1930)[115]
  • La servitude volontaire (Testar, 2004)[116]
  • La question du consentement au travail : de la servitude volontaire à l'implication contrainte (Durant, Le floch, 2006)[117]
  • De la servitude moderne (Brient, 2007 )[118] - Vidéo[119]
  • La servitude volontaire aujourd'hui : esclavages et modernité (Chaignot, 2012)[120]
  • La chaîne invisible : travailler aujourd'hui, flux tendu et servitude volontaire (Durant, 2012)[121]
  • Penser "la servitude volontaire": une anthropologie de notre présent, Gérard Althabe (Traimond, 2012)[122]
  • Du refus de la servitude volontaire (Bernard, 2015)[123]
  • La nouvelle servitude volontaire : enquête sur le projet politique de la Slicon valley (Vion-Dury, 2016)[124]
  • Principe de Pareto loi des 80-20

Dons et contre-dons au sein du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

La question du don fut introduite en socio-anthropologie par Marcel Mauss. Il y voyait un « fait social total » ou autrement dit un « fait social », que son oncle Émile Durkheim définissait comme : « toute manière de faire, [...] ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles » (Durkheim, 1919, p.19)[125], mais total, « c'est à dire qui met en branle dans certains cas la totalité de la société (...) et dans d'autres cas, seulement un très grand nombre d'institutions, en particulier lorsque ces échanges et ces contrats concernent plutôt des individus. » (Mauss, 2007, p.241)[126].

Vidéo 4.1 Clip de Jimmy Wales dans le cadre de la campagne de récolte de fond de 2007.

La question du don placée dans le contexte du mouvement Wikimédia illustre bien cette idée de fait social total. Elle dépasse largement le cadre d'une manifestation individuel, rappelons à ce propos que les projets éditoriaux Wikimédia qui représentent des dons en soi puisqu'il sont gratuit d'accès et sans publicité, font le bonheur de plus de X visiteur par jour[réf. nécessaire], qu'il sont produit par plus de X bénévoles faisant don de leur temps et compétences[réf. nécessaire] et que ces tous ces projets sont propriété de la fondation Wikimédia qui se voit financée par une campagne de don monétaire dont la dernière en date a récolté plus de 100 millions de dollars en provenance de x donateurs à hauteur moyenne de 15 €[réf. nécessaire]. Dans cette perspective, la question du don au sein du mouvement wikimédia apparaît donc effectivement comme un phénomène d'ampleur planétaire, touchant probablement au niveau des bénéficiaires une énorme partie de l'humanité connectée.

Le don dans le mouvement Wikimédia apparaît aussi dans une dimension totale et même planétaire. Pour cerner la question du don au sein du mouvement Wikimédia, il faut en effet s'intéresser à de nombreuses institutions internationales :

La première est bien sûr la fondation Wikimédia dont on ne reparlera pas ici. Mais qui rappelons le a vu le jour suite à la pression des volontaire travaillant sur le projet Wikipédia et désireux de maintenir ce projet au sein de ce que l'économie du don[réf. nécessaire].

La deuxième est du domaine informatique. C'est le Word Wide Web, un consortium international répondant au sigle W3C. Réputé organisme à but non lucratif - nous restons donc toujours dans le paradigme du don - le W3C à pour devise : « Un seul web partout et pour tous »[S 62]. Cette devise dévoilera aux yeux inconscients de la plupart de ses utilisateurs que le Web aussi est un don. Il semble tout naturel en effet que cette outils de partage d'informations reposant sur l'architecture Internet soit gratuit alors que pourtant, il aurait très bien pu devenir payant en faisant l'objet par exemple, d'un nouveau hold-up planétaire (Di Cosmo et al., 1998)[127] orchestré par la firme Microsoft.

Sans la présence d'esprit de François Flückiger, qui assumait la responsabilité du logiciel pionnier WorlWideWeb[N 1] au sein du CERN (Gille et Caillau, 2007, p.283 )[128] suite au départ de son créateur Tim Berners-Lee, ce logiciel déposé dans le domaine public par Robert Cailliau le 30 avril 1993, aurait en effet très bien pu être « embrasser » par la firme américaine pour réponde à ses « besoin de normes » (Jardon, 2019, p.154)[7]. Afin d'éviter ce drame, en octobre 1994 François Flûckiger se rendra à l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle suisse pour retirer du domaine public le code du premier logiciel Web et le placer sous licence open source (id., p.156)[7] de telle sorte à ce que la clause copyleft de la licence empêche toute récupération et mise sous copyright suite à la moindre transformation.

Cette petite incursion dans le domaine juridique, nous dirige vers une troisième institution mondial qu'est la licence libre et qui a comme ambassadeur une nouvelle organisation internationale et non lucrative appelée Creative Commons dont le but est de permettre « le partage et la réutilisation de la créativité et des connaissances grâce à la fourniture d’outils juridiques gratuits »[S 63].


Comme quatrième institution figurera la science et la connaissance au sens large dont il a déjà été question dans un chapitre précédent.


Le cinquième institution humaine sera en toute logique l'économie qui prend de plus en plus le pas sur la politique autre institution humaine intemporel et incontournable. Ces deux aspects seront discuter plus en profondeur dans le chapitre Wikimédia, une exception dans l'hypercentralisation du web.



A poursuivre avec sources suivantes

De l'importance du copyleft dans le paradigme du don[modifier | modifier le wikicode]

Polémique apparue dans le monde des hackers et du mouvement du logiciel libre ayant opposé les partisans du concept de logiciel libre à ceux du concept de logiciel open source.

D'un côté, il y avait les adepte de Richard Stalleman, le créateur de la première licence libre à laquelle succédera tant d'autres popularisées aujourd'hui par l'association creative commons (voir schéma illustratif ci-contre), fervent défenseur du copyleft[N 2] et des quatre libertés fondamentales[S 64][N 3] que se dernier protège. De l'autre côté, se situait les partisants d'Éric Raymond auteur de La Cathédrale et le Bazar[129] qui mobilisera et popularisera le terme open source dans le but de mettre de côté les enjeux éthiques et politiques liés aux licences libres afin de se concentrer principalement sur l'accès en lecture au code source des logiciels informatiques. A l'issue de ce conflit idéologique, naîtra finalement l'expression anglaise inclusive de « Free/Libre Open Source Software » abrégé FLOSS reprise comme tel en langue française.

Le copyleft, c'est la garantie qu'un travail produit au bénéfice de la communauté ne soit pas récupéré par un acteurs pour en faire un produit dérivé non libre et non ouvert dans le but par exemple d'en assurer le monopole d'une utilisation commerciale. Au sein des licence libre le copyleft se manifeste au niveau de la condition « share alike » (CC.SA) traduite en français par « partage dans les même conditions ». Concrètement, cette condition s'exprime en ces termes :

Dans le cas où vous effectuez un remix, que vous transformez, ou créez à partir du matériel composant l'Oeuvre originale, vous devez diffuser l'Oeuvre modifiée dans les même conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'Oeuvre originale a été diffusée.[130]

Dans le cadre d'un travail volontaire au service de la communauté, cette condition apparaît donc comme un élément crucial. Elle permettra par exemple dans le cadre du mouvement Wikimédia d'assurer que les services rendus à la communauté soient porteurs de nouveaux services librement accessibles à cette même communauté. Prenons un exemple :

Si la communauté Wikimédienne produit du contenu informationnel sous condition share alike, la description d'une photographie par exemple, aucune entreprise par la suite ne pourra au départ de ce travail bénévole produire un moteur de recherche d'image sous copyright fonctionnant grâce à un code informatique non ouvert et dans le but de répondre à aux intérêts propres et limités d'investisseurs financiers. Ce cas de figure me semble tout à fait possible à partir du moment ou la condition share alike disparait dans le cas de l'adoption par exemple d'un licence moins restrictive tel que la CC.0 qui s'apparente au domaine public.

Sources à consulter

Volontariat serviable ou servitude volontaire ?[modifier | modifier le wikicode]

Motivation, occuper son temps, une ligne sur le cv, valorisation sociabilisation...

Daniel Dumont : comment atteindre le revenu de base en renforcant la sécurité sociale


Edwine doctorat sur perception du volontariat, consulter sa thèse

Idées

L'expérience Wikipédia nous oblige à reprendre le débat sur le don au sein des sciences sociales et plus particulièrement au sujet de qu'il est convenu d'appeler le « don pur » selon la formule de Malinowski ou « don aux inconnus » selon la formule de Godbout.

Une chute dans la croissance de nouveaux contributeurs s'est clairement manifestée en 2007. Elle s'explique par plusieurs hypothèses :

  • l'établissement de règle par une communauté de départ qui repousse les nouveaux arrivants.
  • la difficulté de contribuer en raison d'article de plus en plus complets et exhaustif.
  • la migration de l'utilisateur Internet de l'ordinateur vers le smart-phone.

Il existe une quatrième piste qui n'est pas encore exploitée :

  • le démarrage de campagne de récolte de dons : la gratitude des utilisateurs de l'encyclopédie (contre don) anciennement présente au travers de la participation à l'édition est remplacée par le don d'argent plus propice au développement de la fondation qu'au développement de l'encyclopédie.

Notes

  1. Il ne faut pas confondre le Worl Wide Web qui désigne aujourd'hui un espace numérique avec le WorlWideWeb qui désigne le premier éditeur HTML et donc navigateur web.
  2. Le copyleft est un jeux de mot anglophone illustrant l'une des clauses des licences libre destinée à protéger un travail d'une réappropriation placée sous copyright. Plus précisément, cette clause interdit de placer un travail issu de la transformation d'un travail préexistant placé sous copyleft, sous une autre licence que le travail préexistant. La question du copyleft sera abordée plus en profondeur sous le titre : « Servitude volontaire ou volontariat serviable ? »
  3. Ces quatre libertés sont : « la liberté de faire fonctionner le programme comme vous voulez, pour n'importe quel usage (liberté 0) ; la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu'il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l'accès au code source est une condition nécessaire ; la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider les autres (liberté 2) ; la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l'accès au code source est une condition nécessaire. »

  1. Sylvain Firer-Blaess, « Wikipedia, modèle pour une société hyperpanoptique - Homo Numericus », sur homo-numericus.net, (consulté le 19 mai 2019)
  2. Nancy Fraser, « Michel Foucault: A "Young Conservative"? », Ethics, vol. 96, no  1, 1985, p. 165–184 (ISSN 0014-1704) [texte intégral (page consultée le 2019-05-19)]
  3. Michel Foucault, Surveiller et punir: naissance de la prison, Gallimard, 2012 (ISBN 9782070729685) (OCLC 832461927) [lire en ligne] 
  4. Jeremy Bentham et Chaulveron, Le panoptique: Préface et annotation de Chaulveron, Books on Demand, 2018-01-08 (ISBN 9782322149193) [lire en ligne] 
  5. Jean-François Noubel, Inteligeance Collective la révolution invisible, 2004 [lire en ligne], p. 23 
  6. Antoine Laurent Lavoisier, Traité élémentaire de chimie 1. 1., t. 1, Cuchet, 1789 (OCLC 311386202) [lire en ligne], p. 107 
  7. Michael Epaka, Regis Talla, Iolanda Pensa, English: Video Wikipedia Waht is about - Wikipedia C koi - Dance / Dance. Script Michael Epaka, film director Regis Talla, promoter doual'art, project concept and coordination Iolanda Pensa within What is about - C'est quoi. A series of communication tools about Wikipedia. Cameroon pilot project on meta. This project was funded by an Individual Engagement Grant from the Wikimedia Foundation. Wikipedia and the Wikipedia Puzzle Globe are registered trademarks of the Wikimedia Foundation used with permission., 2014-09-29 [lire en ligne] 
  8. « Wikipédia:Principes fondateurs », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  9. 9,0 et 9,1 « Wikipédia:Wikipédia est une encyclopédie », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  10. « Wikipédia:Ce que Wikipédia n'est pas », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  11. « Wikipédia:Projets frères », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  12. « Wikiversité », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  13. 13,0 et 13,1 « Wikiversité:La salle café/15 2011 — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 8 juin 2019)
  14. « Crochet.david - Statistiques utilisateur - Wikiscan », sur frwikiversity.wikiscan.org (consulté le 12 juin 2019)
  15. « Utilisateur:Crochet.david — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 10 juin 2019)
  16. « Wikiversité:Administrateur/Liste des administrateurs — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 10 juin 2019)
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  18. « Faculté:Socio-anthropologie : Différence entre versions — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 10 juin 2019)
  19. « Discussion utilisateur:Lionel Scheepmans/Archive 1 — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 10 juin 2019)
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  22. « JackPotte - Statistiques utilisateur - Wikiscan », sur frwikiversity.wikiscan.org (consulté le 12 juin 2019)
  23. « User:JackPotte - Meta », sur meta.wikimedia.org (consulté le 10 juin 2019)
  24. « Projet:Wikiversité/Faculté de Socio-anthropologie : Différence entre versions — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 6 mai 2019)
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  26. « Membres du LAAP | UCLouvain », sur uclouvain.be (consulté le 11 juin 2019)
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  48. (en) « Complete IP Address Details for 130.104.34.155 », sur WhatIsMyIPAddress.com (consulté le 23 novembre 2019)
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  62. « La mission du W3C | W3C - Bureau France », sur web.archive.org, (consulté le 1er décembre 2019)
  63. « Foire Aux Questions - Creative Commons », sur web.archive.org, (consulté le 1er décembre 2019)
  64. « Qu'est-ce que le logiciel libre ? - Projet GNU - Free Software Foundation », sur web.archive.org, (consulté le 14 novembre 2019)

Wikimédia, une exception dans l'hypercentralisation du Web ?[modifier | modifier le wikicode]

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Les enjeux de l'hypercentralisation du Web[modifier | modifier le wikicode]

L'hypercentralisation du World Wide Web, dénoncé par son inventeur de 2014[132] à 2018[133], semble rester l'un des enjeux majeurs dans la gestion de l'Internet. Si l'on s'en tient à une traduction littérale de l'anglais, le Web représente un vaste réseau mondial qu'il ne faut pas confondre avec l'Internet. Le mot Internet désigne l'aspect physique du réseau composé de produits informatiques interconnectés à l'aide de protocoles divers : ordinateurs, téléphones, moyens de transport, installations électriques, bracelet électroniques, sex toys, etc. D'où est tirée d'ailleurs l'expression d'Internet des objets.

En dehors des points d'échanges, sortes de nœuds au sein du réseau rationalisant la circulation des informations entre les fournisseurs d'accès, il est donc quelque part absurde de parler de centralisation lorsque l'on parle de l'Internet alors que la question d'hypercentralisation s'applique parfaitement au niveau du Web où l'on voit apparaître toute une série d'acteurs économiques qui gèrent de façon monopolistique toute une série d'applications.

Statistiques d'utilisation des navigateurs Web de 2009 à 2017.

Pour expliquer les choses simplement et sans entrer dans les détails[134], l'espace Web, inventée par Tim Berners-Lee plusieurs années après la création de l'Internet, pourrait se résumer à tout ce qui est accessible au départ d'un navigateur Web pouvant être installé sur un ordinateur, un smartphone, une tablette, une montre, etc. Plus concrètement, le Web se compose d'un ensemble de pages au contenu audiovisuel qui la plupart du temps propose des liens hypertextes pointant vers d'autres pages de même type. Surfer sur la Toile, c'est donc passer d'une page à l'autre en cliquant sur ces liens.

Pour comprendre à présent le phénomène d'hypercentralisation du Web, il faut observer comment s'est développé le marché économique et politique dans cet espace. L'espace Web est actuellement dominé par ce que l'on appelle les géants du Web. Parmi ceux-ci figure du poles. L'un du coté américain, avec cinq firmes réunies sous l'acronyme GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ayant toutes leur siège social en Californie dans la Silicone Valley, à l’exception de Microsoft et Amazon situées dans l'état de Washington, l'autre du côté chinois avec quatre firmes réunies sou l'acronyme BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaom). Parmi les firmes américaine, la plus connue est sans doute la plate-forme de réseau social Facebook. Celle-ci revendiquait en juin 2017 plus de deux milliards d'utilisateurs[135], soit plus d'un quart de la population mondiale. Son directeur général est son jeune fondateur de 34 ans devenu cinquième homme le plus riche au monde en moins de 15 ans.

Le succès de Facebook semble en partie lié au concept de technologie de rupture qui fut établi au départ d'une analyse pionnière menée par Clayton M. Christensen, dans son ouvrage intitulé The innovator's Dilemma[136]. Ce concept, aussi adopté par Google[137], propose l'innovation comme leitmotiv dans la lutte pour l'acquisition de parts de marché. À ce principe d'innovation s'ajouteront d'autres effets favorables tels qu'une communauté de départ valorisante issue du milieu universitaire, une couverture médiatique croissante et finalement un effet de réseau irréversible qui se produit lorsqu'une communauté d'utilisateurs dépassant de loin celle des autres communautés similaires et attire donc vers elle les membres des autres communautés pour des raison évidentes d'efficacité de rencontre[138].

Quant aux bénéfices financiers, il faut comprendre que ce que vendent les géants du Net est, d'une part, un droit à la publicité au sein de leurs site Web et, d'autre part, un accès à un ensemble de données fournies par leurs utilisateurs devenant, sans le savoir, les réels producteurs du travail numérique (digital labour) vendu par ces entreprises, les. Appelées « le nouvel or noir »[139], toutes les données et méta-données informatiques produites par les utilisateurs (identités, coordonnées, comportements sociaux, réseaux d'amitiés, etc) sont d'une très grande valeur étant donné qu'elle peuvent être directement traitées par des ordinateurs pour établir des analyses statistiques rapides – parfois en temps réel – au départ d'une quantité colossale de données que certain appelleront Big Data. Réalisées à l'aide d'algorithmes divers, ces analyses offrent des indications précises pour la mise en place d'un marketing particulièrement ciblé ou pour établir des stratégies de communication extrêmement efficaces et pouvant être paramétrées à une dimension planétaire. Il en résulte que ce marché est extrêmement prisé par les personnes et sociétés les plus riches de la planète, soucieuses de poursuivre efficacement leurs buts lucratifs ou d'accumulation de pouvoir politique.

Signature de la loi USA PATRIOT Act par le président George W. Bush.

Toutes situés au États-Unis, ces sociétés monopolistiques sont aussi soumises à des pressions politiques, juridiques voire financières en provenance de l'État ou d'organismes étatiques. Par exemple, la loi USA PATRIOT Act votée le 26 octobre 2011 à la suite des attentats du 11 septembre 2001, permet aux autorités américaines d'accéder aux données informatiques détenues par les particuliers et les entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs[140].

Au final, l'accaparement de l'espace Web par un nombre restreint d'acteurs commerciaux basés aux États-Unis posera donc les problème suivants :

  • un renforcement de l'influence des plus riches (personnes ou sociétés) sur le reste du monde ;
  • une concentration des capitaux et d'actions dans un seul état du monde ;
  • le renforcement d'une puissance étatique en matière de contrôle des activités humaines.

Gardons enfin à l'esprit, mais sans entrer dans les détails pour ne pas nous éloigner du sujet qui nous intéresse, qu'au niveau de l'informatique le phénomène d'hypercentralisation n'est pas propre au Web. En effet, la société Microsoft, déjà accusée en 1998 de hold-up planétaire[141] au travers l'établissement d'un monopole, reste en janvier 2018 propriétaire du système d'exploitation appelé Windows installé sur plus de 80% des ordinateurs de bureaux[142].

Au final, donc, la question d'hypercentralisation liée au développement de l'informatique et des nouvelles technologies de communication peut aller au delà de l'intérêt que l'on porte aux GAFAM. Le projet d'encyclopédie libre en ligne Wikipédia par exemple, bien qu'il ne réponde pas à un but lucratif institué, se situe en cinquième place au niveau de la fréquentation du Web et bénéficiant de près de 70% du trafic en provenance des moteurs de recherche[143]. À ce titre, ce projet peut légitimement être repris parmi la liste des géants du Web qui ont réussi à établir un certain monopole sur le réseau. Bien sûr, au niveau des enjeux économiques et politiques, Wikipédia ne doit pas être comparé aux GAFAM. Gardons bien à l'esprit qu'il est issu d'un travail bénévole et que de ce projet ne découle aucune vente d'espace publicitaire ou de données produites par ses utilisateurs. Cependant, il n'en reste pas moins vrai que ce monopole est source de revenus financiers provenant d'un ensemble de dons s'élevant à un montant 100 000 000 de dollars américains lors de la dernière récolte 2017-2018[144]. Il est vrai aussi que cette somme d'argent est gérée au niveau d'un ensemble d'acteurs limités gravitant autour de la fondation Wikimédia et que cela peut poser question. Il est tout aussi vrai qu'au delà de l'aspect financier on peut dénoncer au sein de l'encyclopédie, bien qu'elle soit éditée de façon bénévole par un nombre d'acteurs important, une certaine centralisation culturelle liée aux origines ethniques de ses nombreux contributeurs et contributrices.

L'une des fins d'Internet[145]

Wikipédia soleil d'ombre de la galaxie Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Centralisation possible des contributions sur fr.wikipedia

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Église catholique » sur fr.wikipedia

Une analyse statistique étayée par une observation ethnographique révèle que les articles traitant de la religion catholique sont édités, surveillés et protégés par un nombres restreint d'utilisateurs membres ou présupposés membres de la communauté. Il en ressort ainsi un fait marquant, c'est qu'en date du 5 février 2018, l'article intitulé « Histoire de l'Église catholique »[146] n'apporte aucune information ni liens sur la question des abus sexuels au sein de cette église. [147].

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Histoire de l'église catholique » sur fr.wikipedia.

Une analyse statistique accessible en ligne[148] de la page Église catholique faite par le laboratoire Wikimedia Toolforge illustre au travers d'un ensemble de diagrammes que près de la moitié du texte de l'article a été ajoutée par un utilisateur, près des trois quarts par deux utilisateurs et plus de 85% par trois utilisateurs. Une autre page d'analyse statistique[149] nous informe que, au niveau de l'article « Histoire de l'Église catholique », 87,4% du texte a été ajouté par un seul utilisateur.

Principe de neutralité de point de vue

Il semblerait toutefois que « l’aspiration à un processus de rédaction convivial et serein soit mise de facto au-dessus de l’examen critique de la présentation pluraliste des points de vue. »[150]

Faire référence à l'article Krisna, eglise catholique. pédagogie Steiner dans différente langue.

Wikimédia, fondation ou ONG ?[modifier | modifier le wikicode]

Dérive de la mission[modifier | modifier le wikicode]

Quel destin pour la culture orale dans le mouvement Wikimédia et l'espace Web ?[modifier | modifier le wikicode]

L'épisode Wikipédia Zéro[modifier | modifier le wikicode]


Idées et documentation à parcourir

Info depuis le formulaire d'inscription conf berlin :

  • Asia Meet-up, CEE Meeting IberoCoop India Conference WikiArabia WikiCon Francophone WikiIndaba Wikimedia Conference North America WikiWomen’s Camp.
  • Sharing best practices (e.g., leading Lightning Talk sessions, facilitating Creative Problem Solving sessions or “Fail fest”)
  • Teaching basics of conflict mediation
  • Anti-harassment tools and protecting Friendly Space
  • Project planning & support (facilitating the pilot project workshop, teaching grant proposal best practices)
  • Measuring and evaluating impact (leading a logic model session, tools demonstrations or rotation)
  • Communications skills (facilitation, presentation, teaching the ABCDs of storytelling)
  • Designing Wikimedia programs and events (e.g., facilitating the Making It Count workshop, sharing program toolkits, designing workshops, teaching others to lead successful events)

Notes

Le mouvement Wikimédia pour imaginer le monde[modifier | modifier le wikicode]

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Il existe des imaginaires féconds, il en existe d'autres néfastes. Croire en une hiérarchie statutaire et morale entre les êtres humain apparaît à mes yeux comme un imaginaire néfaste dont l'une des expressions les plus dramatique dans l’historie de l'humanité fut certainement la foi en l'eugénisme et la croyance en une « race supérieur » d'être humain.

Imaginer, comme le fait le mouvement Wikimédia, un monde dans lequel chaque être humain peu librement partager et contribuer à la somme de tous les savoirs[153][154], apparaît à mes yeux comme un imaginaire fécond susceptible de mobiliser l'énergie de l'humanité toute entière dans la construction d'un monde meilleurs. du monde dans lequel je vis, et du milieu dans lequel je travail. Trois espaces distincts, mais qui au finale répondent tous aux même enjeux :

Un monde public transparent, une vie privée secrète[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

La Wikigouvernance comme première démocratique universelle[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Donner et redonner sens à notre humanité[modifier | modifier le wikicode]

À venir...


Notes

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Source et références sitographiques[modifier | modifier le wikicode]


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  119. « De la servitude moderne », sur AgoraVox, (consulté le 2 janvier 2019)
  120. Nicolas Chaignot, La servitude volontaire aujourd'hui: esclavages et modernité, 2012 (ISBN 9782130642664) [lire en ligne] 
  121. Jean-Pierre Durand, La chaîne invisible: travailler aujourd'hui, flux tendu et servitude volontaire, Éd. du Seuil, 2012 (ISBN 9782021092165) [lire en ligne] 
  122. Bernard Traimond, Penser "la servitude volontaire": une anthropologie de notre présent, Gérard Althabe, Bord de l'eau, 2012 (ISBN 9782356871558) [lire en ligne] 
  123. André Bernard, Du refus de la servitude volontaire, Atelier de création libertaire, 2015 (ISBN 9782351040829) [lire en ligne] 
  124. Philippe Vion-Dury, La nouvelle servitude volontaire: enquête sur le projet politique de la Silicon Valley, 2016 (ISBN 9782364051454) [lire en ligne] 
  125. Émile Durkheim, , Alcan, 1919 [lire en ligne], « Les Règles de la méthode sociologique », p. 5–19 
  126. Mauss, Marcel, 1872-1950., Essai sur le don : forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques, Presses universitaires de France, 2007 (ISBN 9782130554998 et 2130554997) (OCLC 300157291) [lire en ligne] 
  127. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Le hold-up planétaire: la face cachée de Microsoft, Calmann-Lévy, 1998 (ISBN 978-2-7021-2923-4) (OCLC 40511092) [lire en ligne] 
  128. James Gillies et Robert Cailliau, How the web was born: the story of the world wide web, Oxford University Press, 2007 (ISBN 978-0-19-286207-5) (OCLC 603986579) [lire en ligne] 
  129. Eric Steven Raymond, The cathedral and the bazaar, Snowball Publishing, 2009 (ISBN 9781607962281) (OCLC 756489890) [lire en ligne] 
  130. « Creative Commons — Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 2.5 Générique — CC BY-SA 2.5 », sur creativecommons.org (consulté le 5 juin 2019)
  131. anglais Clare Talwalker, « What Kind of Global Citizen is the Student Volunteer? », Journal of Global Citizenship & Equity Education, vol. 2, no  2, 2012-10-02, p. 21–40 (ISSN 1927-2669) [texte intégral (page consultée le 2019-01-02)]
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  133. « Tim Berners-Lee, inventeur du Web, appelle à la régulation de Facebook, Google et Twitter », FIGARO, 2018-03-12 [texte intégral]
  134. Une compréhension plus juste et plus fine du réseau est possible mais dépasserait l'exercice de ce travail. Pour les lecteurs désireux d'en savoir plus, je leur conseille la lecture de l'article Web des objets sur Wikipédia.
  135. « Facebook passe la barre des deux milliards d’utilisateurs », sur Le Monde.fr (consulté le 7 juin 2018)
  136. The Innovator's Dilemma: When New Technologies Cause Great Firms to Fail, Harvard Business Review Press, 15 December 2015. Consulté le 07/06/2018
  137. search results et search results, How Google Works, Grand Central Publishing, 2014-09-23 (ISBN 9781455582341) [lire en ligne] 
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  140. (en) « USA PATRIOT Act », sur it.ojp.gov (consulté le 7 juin 2018)
  141. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora Calmann-Levy 1998, ISBN 2-7021-2923-4 sur http://www.dicosmo.org
  142. (en) « Desktop operating system market share 2013-2018 | Statistic », sur Statista (consulté le 26 juin 2018)
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  145. Boris Beaude, Les fins d'Internet, Fyp, 2014 (ISBN 9782364051058) [lire en ligne] 
  146. « Histoire de l'Église catholique », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  147. « Catholicisme », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  148. « Église catholique - Page History - XTools », sur xtools.wmflabs.org (consulté le 5 février 2019)
  149. « Histoire de l'Église catholique - Page History - XTools », sur xtools.wmflabs.org (consulté le 5 février 2019)
  150. Rivka Dvira, « L’Éthique du discours dans Wikipédia : la question de la neutralité dans une encyclopédie participative », Argumentation et Analyse du Discours, no  17, 2016-10-15 (ISSN 1565-8961) [texte intégral (page consultée le 2019-01-03)]
  151. Hélène Bourdeloie, « Ressources ouvertes, construction coopérative de la connaissance et fracture numérique. Le cas de l'encyclopédie en ligne Wikipédia », dans Fractures, mutations, fragmentations : de la diversité des cultures numériques, Hermès Lavoisier, (lire en ligne), p. 195–224.
  152. Emanuela Chiriac, « Wikipédia, la chimère du savoir libre », Documentation et bibliothèques, vol. 61, no  4, 2015, p. 159–166 (ISSN 2291-8949 et ISSN 0315-2340) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-01-03)]
  153. « Wikimedia Foundation Vision », sur Wikimedia Foundation, (consulté le 15 mai 2019)
  154. Traduit par moi depuis : Imagine a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge.

Analyse statistique des rapports financiers de la Fondation Wikimedia[modifier | modifier le wikicode]

A traduire depuis la page Statistical analysis of Wikimedia Foundation financial reports - Wikiversity

Utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique en ligne[modifier | modifier le wikicode]

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Introduction et contextualisation[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'essor des TIC, les anthropologues, comme les autres travailleurs en sciences humaines, sont de plus en plus confrontés à l'utilisation et à l'observation de nombreux moyens de communication mis en œuvre au sein espaces numériques. Les réseaux sociaux, les forums, les groupes de messageries instantanées, les listes de diffusion, les sites collaboratifs, etc. sont devenus des lieux de vie partagés par de nombreuses communautés humaines. Au fils du temps, ces nouveaux espaces numériques produiront de nouveaux terrains ethnographiques qui seront à leur tour à l'origine de nouveaux domaines d'investigations en anthropologie. On parle en effet aujourd'hui d'anthropologie virtuel ou des mondes virtuels, d'ethnographie numérique ou de netnographie, de techno-anthropologie, de cyber-anthropologie, d'anthropologie du numérique ou des espaces numériques, etc. que l'on peut regrouper autour du terme « anthropologie numérique ».

Dans ce contexte, ce présent travail tentera de mettre en lumière l'intérêt d'utiliser des outils informatiques de traitement automatique du langage appliqué sur des corpus linguistiques accessibles accessible au départ de terrain ethnographique. Bien que ce type de logiciel soient généralement conçus et utilisés par les linguistes, nous n'aborderons pas ici les questions liées à l'anthropologie linguistique. Ce travail de recherche ne s'intéressera donc pas à l'analyse linguistique de corpus issus de travaux ethnographies[1], mais bien à l'utilisation d'un logiciel d'analyse de corpus linguistique dans le but d'améliorer ou faciliter un travail de recherche ethnographique en anthropologie. Ces corpus linguistiques peuvent être nombreux (réseaux sociaux, liste de diffusions, blogs, chats autre communication instantanée, etc) et il existe de nombreux logiciels d'analyse de corpus disponibles sur le marché. Dans le cadre de cette étude, nous nous concentrerons uniquement à titre d'exemple aux archives d'une liste de diffusion et à l'utilisation du logiciel TXM.

La liste de diffusion Wikimedia comme corpus linguistique[modifier | modifier le wikicode]

Pourquoi la liste de diffusion Wikimedia ?[modifier | modifier le wikicode]

Une des raisons pour lesquelles j'ai choisi la liste de diffusion de Wikmedia comme corpus est liée au fait que le mouvement de Wikimedia constitue la thématique principale de ma thèse de doctorat. Une autre raison fut la facilité de constitution du corpus par un copié collé des archives publiée sur le Net. Il me fut donc facile de constituer, mois par mois, des fichiers séparés au format.txt pour qu'il soient directement utilisables par le logiciel TXM. Un autre argument taille, c'est que les archives de cette liste de diffusion sont publiées sous licence CC-BY 3.0 license[2], ce qui simplifie grandement les questions d'autorisation d'usage et de diffusions des informations contenues dans les archives.

Description de la liste de diffusion[modifier | modifier le wikicode]

La liste de diffusion de la communauté Wikimedia intitulée "Wikimedia-l"[3] est un lieu de communication au sein mouvement Wikimédia entre différent acteur tel que la Wikimedia Foundation, ses chapitres et autres organisations affiliées, ses partenaires institutionnels, les contributeurs au sein des projets, etc.

Cette liste de diffusion peut, par exemple, être utilisée pour :

  • La planification des nouveaux projets ou initiatives au sein du mouvement.
  • Les questions d'organisation de la Wikimedia Foundation, des sections locales, d'autres organisations affiliés, etc.
  • Discuter de la mise en place des nouveaux chapitres locaux de Wikimedia.
  • Élaborer et évaluer des programmes d'octroi de subventions.
  • Électricité de planification
  • Planification des élections, des scrutins et des votes
  • Discussion sur les projets qui n'ont pas déjà une liste de diffusion
  • Trouver des moyens de collecter des fonds
  • Autres questions liées à Wikimedia
Description du corpus[modifier | modifier le wikicode]

Le corpus est constitué d'un dossier contenant X fichiers (un fichier par mois d'avril 2004 à avril 2018) pour un taille de X Mo et X mots.

Le logiciel gratuit TXM comme outil d'analyse[modifier | modifier le wikicode]

TXM User Manual Version 0.7 ALPHA.
Pourquoi TXM[modifier | modifier le wikicode]

De la même manière que certaines personnes adhère au végétarisme et ne mangent pas de viande, je prétends pour ma part adhérer au mouvement 'libriste et refuse de "manger" ou plutôt de me faire manger par du logiciel propriétaire et donc d'utilisé exclusivement et autant que possible des logiciels libres tes qu'ils furent définis par Richard Stallman. Le logiciel TXM répondait à mes attentes à cet égard. De plus il est développé par une équipe de chercheurs français qui produisent une bonne documentation en français diffusée sur le site Internet du projet [4] notamment sous forme d'un manuel[5] tutorial vidéo[6]. Enfin, le projet a une liste de diffusion [7] et un Wiki[8] qui me donnent la possibilité de recevoir en français le soutien de l'équipe TXM [9] et des membres de la communauté.

TXM description[10][modifier | modifier le wikicode]

TXM est un environnement d'analyse de texte/corpus et d'analyse graphique gratuit, open-source, Unicode, XML & TEI compatible et basé sur CQP et R. Il est disponible pour Microsoft Windows, Linux, Mac OS X et comme portail web J2EE. Il prévoit.

Analyse qualitative

  • Concordances de modèles lexicaux basées sur le moteur de recherche plein texte CQP efficace et son langage de requête CQL
  • Listes de fréquence des motifs CQL pour n'importe quelle propriété de mot (type, lemme, pos...) grâce à l'intégration de l'intégration TreeTagger pour la lemmatisation et le tagging de pos.
  • Graphiques d'occurrence de motif CQL
  • Les modèles lexicaux sont exprimés dans le langage de requête CQL, basé sur les propriétés au niveau du mot et de la structure.
  • Navigation riche en édition de texte basée sur HTML avec des liens de tous les autres outils

Analyse quantitative

  • Analyse factorielle des correspondances
  • Spécificités constratives des mots
  • Classification hiérarchique
  • Analyse de mots cooccurrents ou de modèles lexicaux
Modèle de données du corpus[modifier | modifier le wikicode]
  • Indexe les mots et leurs propriétés ainsi que la structure hiérarchique des textes.
  • Répertorie les métadonnées externes ou internes des textes ou des locuteurs.
  • Permet la construction de différentes sous-corpores et partitions (pour l'analyse de structures de texte ou de groupes de mots)
Retour sur l'installation, l'importation et l'utilisation des fonctions[modifier | modifier le wikicode]

Avant TXM, j'avais utilisé très peu de logiciels textométriques et toujours de manière très ponctuelle. Se familiariser avec ce logiciel ne m'a pas semblé excessivement difficile, mais l'aurait peut-être été si je n'avais pas acquis auparavant quelques connaissances en analyse de corpus en linguistique. Sans cette formation préalable, j'aurais dû assimiler en même temps que la découverte du logiciel tout un ensemble de concepts tels que occurrence, lemme, tolken, etc. Ceci dit, au départ du manuel en français et avec l'aide de la communauté, il me semble tout à fait possible de partir de zéro dans l'utilisation de ce logiciel.

Au final, les seuls problèmes que j'ai rencontrés dans cette expérience ont été l'installation et l'utilisation du logiciel d'automatisation Treetagger, qui, contrairement au logiciel de traitement statistique R, n'était pas pré-installé dans TXM. Ces problèmes étaient liés à des erreurs de configuration de ma part et un autre problème probablement lié à un fichier téléchargé et corrompu. Ce problème a cependant disparu depuis la dernière version 0.7.9 du logiciel qui intègre automatiquement le logiciel Treetagger.

Il est à noter que le processus d'importation de mon corpus menant à la création d'un fichier XML contenant les informations de catégorisation et de lemmatisation a pris plus de trois heures sur un ordinateur de bureau ( i5 3.40 GHz 64 bits). A la fin du processus, une surcharge de ma RAM de 8 Go oblige l'ordinateur à utiliser l'espace d'échange sur le disque dur. Enfin, le dossier en format binaire du corpus produit en plus d'une heure de calcul, avait une taille de 6,5 Go et ne pouvait être chargé sur mon ordinateur portable faute d'espace disque alors que plus de 15 Go étaient disponibles.

Il me semble donc important de souligner qu'avant de se lancer dans l'analyse d'un corpus avec TXM, il est nécessaire de s'assurer que le matériel informatique est suffisamment puissant en fonction de la taille du texte. Autre exemple, après avoir créé deux partitions au sein de mon corpus, le démarrage du logiciel est passé de quelques secondes à près de cinq minutes.

Le logiciel m'a semblé relativement stable lorsque vous n'effectuez qu'un calcul à la fois. Face à la taille du corpus et à la puissance de mon ordinateur de bureau, certains processus peuvent atteindre des temps d'exécution élevés, voire excessifs. Lorsque le logiciel se bloque et que son arrêt doit se faire via le système d'exploitation de l'ordinateur, une partie du travail effectué avant l'arrêt peut être perdue. Il est donc conseillé de redémarrer l'application après avoir effectué un travail important.

Fonctionnalités de TXM utiles pour l'ethnographe[modifier | modifier le wikicode]

Une à une, nous discuterons ici des fonctionnalités offertes par le logiciel TXM, et de leur capacité à fournir des informations utiles à l'ethnographe. Pour chaque fonctionnalité utile, nous donnerons un exemple appliqué à l'analyse des archives de la liste de diffusion Wikimedia-l.

Édition[modifier | modifier le wikicode]

La fonction d'édition vous permet de parcourir l'ensemble du corpus en affichage html avec l'affichage d'une bulle d'information sur chaque mot indiquant sa catégorie lexicale. La navigation se fait fichier par fichier avec le nom du fichier comme en-tête de l'onglet et un menu contextuel par clic droit permet l'envoi d'un mot vers le concordancer. Sans quitter le logiciel TXM, cette fonction permet de parcourir l'intégralité du texte pour appréhender sa structure et lancer des recherches plus approfondie sur base de mots clefs choisis. Il est par exemple possible de parcourir facilement toutes les interventions d'un acteur que vous souhaitez suivre dans ses intervention au niveau de la liste de diffusion. Nous reviendrons plus tard sur la fonctionnalité du concordancier..

Lexique[modifier | modifier le wikicode]

Une analyse lexicale (liste des mots classés par fréquence) donne déjà de bonnes informations à l'ethnographe concernant les mots qui sont le plus souvent utilisés par les acteurs de la liste de diffusion, un chercheur peut par exemple obtenir des informations sur :

  • Les principaux sujets de discussion au sein de la communauté et les mobiliser dans les entretiens individuel semi-directif ;
  • Les membres les plus actifs de la liste de diffusion dans le but de choisir des personnes à interviewer ;
  • Les fournisseurs d'adresse courriel les plus utilisés dans le but de connaître les canaux de communication les mieux adapter pour entrer en contact avec les acteurs du mouvement.

Exemple tiré du corpus :

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

  • Autre type de corpus possible.

Ressources théoriques

  • Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE [11].
  • Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List[12].
  • Analyse de complexité des textes coutumostratiques[13]
  • Aperçu du traitement du langage naturel [14]
  • Manuel utilisateur français TXM [15]

Papiers à explorer

  • Explorez, jouez, analysez votre corpus avec TXM[16]
  • Analyse de la littérature anthropologique pourrait être un travail très intéressant en mobilisant par exemple l'archivage numérique fait par la plateforme ODAS[17].

Ressources externes


Note et sources <références />

Autres annexes[modifier | modifier le wikicode]


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « P », mais aucune balise <references group="P"/> correspondante n’a été trouvée, ou bien il manque une balise fermante </ref>

  1. Jannis Androutsopoulos, « Potentials and Limitations of Speech-Centred Online Ethnography », Language@Internet, vol. 5, no  8, 2008-09-04 (ISSN 1860-2029) [texte intégral]
  2. Source : https://lists.wikimedia.org/mailman/listinfo/wikimedia-l
  3. Source : https://lists.wikimedia.org/pipermail/wikimedia-l/
  4. Projet Textométrie
  5. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  6. Atelier d'initiation à TXM de Bénédicte Pincemin du 27 septembre 2012
  7. txm-users - TXM users mailing list - subrequest
  8. index[Le wiki de la liste txm-users]
  9. L'équipe TXM - Projet Textométrie
  10. Présentation - Projet Textométrie
  11. George Kuk, « Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE », Science de la gestion, vol. 52, 2006-07, p. 1031-1042 (ISSN 0025-1909) [texte intégral lien DOI]
  12. Purchase : Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List
  13. Recherche:Analyse de complexité des textes coutumostratiques - Wikiversité
  14. « Outline_of_natural_language_processing&oldid=863062167 », Wikipedia, 2018-10-08
  15. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  16. Explore, jouez, analysez votre corpus avec TXM | DHd-Blog
  17. https://www.odsas.net.