Recherche:Imagine un monde/Introduction

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Mise en contexte et méthodologie
Premier chapitre de l'ouvrage Le mouvement Wikimédia

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De Lionel Scheepmans

Pour débuter cette introduction, il m'est apparu utile d'aider le lecteur non averti à mieux cerner la portée et les enjeux d'une recherche socio-anthropologique. Alain Testart disait en effet que : « La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale ? »[B 1]. Dans cette perspective et contrairement à d'autres sciences, une recherche socio-anthropologique ne repose donc pas sur un cahier des charges préétablit qu'il faudrait respecter à la lettre. D'ailleurs, Jean-Paul Colleyn ne disait-il pas qu'« il y a aujourd'hui autant d'anthropologies qu'il y a d'objets d'études (anthropologie de l'art, de la musique, de la religion, de la santé ou de la perception) [...] »[B 2].

Michael Singleton, pour sa part nous dit que « l'anthropologie ça n'existe pas, [...] ce qui existe réellement, ce sont des anthropologues »[B 3]. Si l'on ajoute à cela l'idée de Pierre-Joseph Laurent selon laquelle « l'anthropologue ne sous-traite pas le terrain. Il s'y engage lui-même. » et celle de Vincent Mirza qui considère que « le premier terrain d'une ethnologie de la mondialisation commence dans les universités et les centres de recherche »[B 4], on réalise alors que la personnalité de l'anthropologue, son cadre institutionnel et la nature de son terrain d'étude sont trois facteurs déterminants dans le choix des méthodes de recherche et par conséquent des résultats produits.

Mon parcours doctoral est en ce sens un bel exemple puisque mon terrain d'étude aura largement inspiré certains choix méthodologique et même permis l’émergence de nouvelles pratiques ethnographiques. Du côté institutionnel, c'est un véritable esprit d'ouverture qui m'aura permis de réaliser cette thèse de doctorat sans qu'elle ne soit financée. Le laboratoire d'anthropologie prospective au sein duquel j'ai réalisé mes recherches, aura aussi été le cadre idéal pour pouvoir assumer ma part de subjectivité au sein de mon travail d'écriture. Cet environnement de travail fut enfin propice à l’émergence d'un regard critique et prospectif sur l'environnement universitaire et la société mondial et numérique de demain.

J'aurai donc finalement réalisé ce travail de recherche en côtoyant deux communautés épistémiques[B 5] bien distinctes et même diamétralement opposées d'un point de vue philosophie alors qu'elles s'engagent toutes deux dans cette mission commune qu'est le partage des connaissances humaines. D'un côté effectivement, j'aurai découvert dans Wikimédia un mouvement social collaboratif, très inclusif, profondément égalitaire, libre d'accès et de toute forme de relation marchande et même épargné jusqu'à ce jour par la présence de publicité, alors que de l'autre, le milieu universitaire m'est apparu extrêmement compétitif, élitiste par excellence, réservés aux personnes qui bénéficie d'une certaine capacités financières[B 6] et tristement réputé pour sa marchandisation du savoir[B 7] [V 1].

Les défenseurs de l'Université et autres personnes en postures d'oppositions issue du milieu intellectuel[B 8] répondront sans doute à cette assertion en citant divers travaux qui dénoncent le manque de mixité de genre, et de participation des pays du Sud au sein du projet Wikipédia. Mais il se fait que confondre le mouvement Wikimédia et le projet Wikipédia est une erreur fréquente qu'il est toujours bon d'éviter. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'une distinction claire entre le mouvement social Wikimédia et le projet encyclopédie Wikipédia sera faite avant de poursuivre ce chapitre de mise en contexte par rapport à ma présence sur le terrain et aux spécificités de mon laboratoire d'anthropologie, avant de présenter les méthodes et pratiques de recherche mise en œuvre dans la réalisation de ce travail de recherche.

1. Wikimédia n'est pas Wikipédia[modifier | modifier le wikicode]

Ce présent travail porte donc sur le mouvement social Wikimédia qu'il ne faut en aucun cas confondre avec le projet encyclopédique Wikipédia qui en fait partie. Il est vrai que l'encyclopédie libre représente jusqu'à ce jour le projet phare du mouvement Wikimédia et que sa naissance aura été sa première manifestation. Mais il ne faut pas ignorer pour autant qu'après Wikipédia ce sont plus d'une quinzaine de projets qui virent le jour avec la capacité de connaître un développement similaire. Aussi important qu'il soit, le projet Wikipédia ne représente donc qu'un seul de projet au sein d’une organisation beaucoup plus vaste que représente le mouvement Wikimédia dans son ensemble. Alors que l'ethnographie de la communauté francophone de Wikipédia[B 9] m'aura demandé moins d'un an d'observation, ce sont dix ans qui m'auront été nécessaire pour faire la synthèse de ce qui se passe dans le mouvement Wikimédia[N 1]. Voici donc de quoi offrir une première idée sur le changement d'échelle nécessaire pour passer d'une étude du projet Wikipédia à celle du mouvement Wikimédia.

Logo du mouvement Wikimédia entouré de 15 autres logos de projets actifs en son sein
Fig. 1.1. Logo du mouvement Wikimédia entouré de 15 autres logos de projets actifs en son sein (source:https://w.wiki/qbx)

Il faut savoir en effet qu'en fin 2020, observer le mouvement Wikimédia en ligne, c'est potentiellement s'intéresser à environ 64 millions de modifications par mois[W 1], réalisées sur plus de 400 millions de pages Web, elles-mêmes publiées sur près de 900 sites web dont 300 seulement représentent les différentes versions linguistiques de Wikipédia[W 2]. Il faut savoir ensuite que toute cette quantité colossale d'informations fait l'objet d'un archivage presque complet, libre en consultation et statistiquement analysé par une centaine de sites web tout aussi libre d'accès.

À ces observations numériques, faut-il encore ajouter toutes celles nécessaires aux activités hors ligne produites au sein du mouvement. En 2020, Wikimédia comprenait en effet plus de 130 groupes d'utilisateurs[W 3] et près d'une quarantaine d'associations étatiques[W 4] ou thématiques[W 5] réparties dans le monde entier. Ajouté à ceci, la Wikimedia Foundation chargée de la gestion technique, juridique et administrative du mouvement au niveau international rassemblait à elle seule et en octobre 2020 plus de 450 salariés aux origines très diverses[W 6].

Distinguer Wikimédia de Wikipédia semble aussi par ailleurs quelque chose d'important pour la majorité des acteurs du mouvement. Un vote au sein de la communauté Wikimédia a en effet récolté 540 voix contre 46 pour s'opposer à la substitution du terme Wikimédia par celui de Wikipédia[W 7]. Cette idée avait germé au sein de la fondation Wikimédia pour apporter une plus « haute visibilité » au mouvement et « attirer les milliards de personnes » grâce au nom de marque « Wikipédia, l'un des plus connus au monde »[B 10]. Dans le premier paragraphe d'une lettre ouverte signée en date du 22 janvier 2021 par 73 organisations affiliées au mouvement et 984 membres, la communauté Wikimédia s'exprimait en ces termes:

Depuis 20 ans, les bénévoles ont bâti la réputation de Wikipédia en tant que ressource indépendante et communautaire. Les projets du mouvement Wikimedia, dont Wikipédia, se développent autour de la décentralisation et du consensus. Il est essentiel d’établir des distinctions claires entre la Wikimedia Foundation, les affiliés et les contributeurs individuels. Tout changement qui affecte cet équilibre exige le consentement éclairé et la collaboration des communautés. Il est donc très préoccupant de voir « Wikipédia » présenté pour le nom de l’organisation et du mouvement malgré le mécontentement général de la communauté.[W 8]

Ce présent travail de recherche répond donc quelque part à l'appel des signataires de cette lettre. Dès le prochain chapitre, une distinction claire sera donc établie entre (1) la fondation Wikimédia et ses différentes instances organisationnelles, (2) les comités d'assistance à la fondation, (3) les associations étatiques affiliées au mouvement, (4) les associations thématiques affiliées au mouvement, (5) les groupes d'utilisateurs et (6) les projets en ligne de partage de la connaissance gérés par des communautés bénévoles, ainsi que leurs projets d'aide, de coordination et d'assistance technique.

2. Une socio-anthropologie prospective[modifier | modifier le wikicode]

Alors que l'expression « anthropologie prospective » semble être apparue en 1888 dans un cours de George Vacher de Lapouge[B 11], son concept à proprement parlé d'« anthropologie prospective » sera formulé par Gaston Berger[B 12] en 1955, lorsqu' « il trace les contours d'une méthode nouvelle [la prospective] qui réconcilie savoir et pouvoir, finalités et moyens, en donnant à l'homme politique la possibilité de transformer sa vision de l'avenir en actions, ses rêves en projets. » (Durance, 2008, p.13)[B 13]. Au sein d'une humanité encore inconsciente d'un réchauffement climatique naissant, Gaston Berger observait déjà une dangereuse accélération :

« L'homme est devenu capable d'actes irréversibles (Berger, 1960a)[B 14]. Par ailleurs, cette accélération n'affecte pas tout, ni tout le monde, de la même façon ; des " décalages ", des tensions, apparaissent un peu partout, qui renforcent encore ce sentiment de transformation du monde[B 15]. » (Id.).

Définie par son auteur comme science de « l'homme à venir » [B 16],[B 17] l'anthropologie prospective aura donc pour objet d'« élaborer de nouvelles formes d'études prospectives, qui auraient comme sujet les différentes situations dans lesquelles l'homme pourrait se trouver dans l'avenir [...] Ces études devront s'attacher à dégager les structures profondes des phénomènes, puis faire jouer l'imagination pour esquisser les premiers schémas des situations à venir » (Id.). Dans l'esprit de Gaston Berger, « Cette " mission " devra être confiée à des spécialistes de divers horizons (psychologie, sociologie, économiste, pédagogue, ingénieurs, médecin, statisticien, démographe, etc.). » (Id.).

Afin de rassembler toutes ces disciplines un « Centre International de la prospective » fut créé en mai 1957, trois ans avant le décès de Gaston Berger qui en fut le premier président[B 18]. D'autre centres naîtront ensuite sous la même impulsion, tel que le Centre d'études prospectives (Association Gaston-Berger)[B 19] ou encore le centre d'anthropologie prospective de Rouen qui produira en 1973, une première et dernière publication[W 9] contenant les actes d'un premier colloque axé sur le thème « La psychanalyse d'aujourd'hui » [B 20] dans lesquels l'anthropologie prospective restera présenté comme un « projet d'unification et de synthèse » (Clancier, 1974, p.15)[B 21]. Par la suite, Gaston Berger restera cité dans la littérature mais de moins en moins durant les vingt ans qui suivront son décès[W 10]. Le concept de « prospective » aura cependant marqué les esprits et lancé une mouvance qui se concrétisera notamment par la naissance club de Rome connu pour son rapport sur Les limites à la croissance (Meadows, 1972)[B 22], et ses préoccupations concernant une crise planétaire naissante.

Quant à l'anthropologie prospective, on n'en parlait déjà plus en 1979 dans un titre de la collection Que sais-je pourtant intitulé « La prospective »[B 23]. Cependant, le concept réapparu soudainement en 2001, dans le titre de la revue Recherche Scociologique de l'Université Catholique de Louvain. Sous la direction de Mike Singleton [B 24], cette revue marquera les débuts d'un laboratoire d'anthropologie prospective (LAAP) dont je suis actuellement membre actif et quelque part héritier. L'anthropologie prospective, venait donc d'être réinventée quarante-cinq ans plus tard et de façon « inédite » (ibid., p.3), comme le croyaient ses nouveaux fondateurs, ignorant à l'époque l'existence des travaux de Gaston Berger tombés dans l'oubli au cours des années 70. Un fait quelque peu amusant, puisqu'il s'agissait pour ces créateurs d'un acte de « réincarnation » (ibid., p.2), non pas de l'anthropologie de Gaston Berger, mais bien d'une anthropologie dont « on prédisait sa mort imminente » [B 25].

En faisant renaître l'anthropologie prospective, les créateurs de ce laboratoire ont aussi opté pour une transdisciplinarité (ibid., p.4), et non plus un projet interdisciplinaire telle qu'elle avait été conçue par Gaston Berger lorsqu'il rassembla au sein de son projet, différentes disciplines scientifiques. A contrario, la stratégie du laboratoire d'anthropologie fut de rassembler au sein d'une anthropologie comme unique discipline, des personnes originaires d'horizons scientifiques différents (droit, agronomie, histoire, économie, communication, astrophysique, etc.). Une deuxième stratégie consista ensuite à retrancher le fait anthropologique derrière un « fait d'anthropologues » (ibid., p.3) ou autrement dit, d'accorder plus d'importance et de reconnaissance aux travaux singuliers d'anthropologues qu'à l'anthropologie elle-même qui n'est dès lors plus perçue comme une pratique monolithique mais comme une posture commune.

Tant pour le LAAP[B 26] que pour le centre de Gaston Berger[B 27], faire de l'anthropologie prospective, c'est aussi adopter une posture à la fois réflexive et engagée. J'assumerai pour ma part le côté réflexif en adoptant par moment un style d'écriture auto-ethnographique[B 28], qui permettra aux lecteurs de se situer par rapport à mon vécu au sein du mouvement Wikimédia et donc aussi par rapport aux biais d'interprétation que ce vécu pourrait engendrer. Au niveau de l'engagement, il sera aussi très présent dans mon style d'écriture autant qu'il l'a été lors de mon observation participante où je n'ai pas hésité à me présenter à plusieurs reprise comme candidat dans divers conseil d'administration. Au niveau du style d'écriture, j'utiliserai donc la première personne du singulier pour exprimer mes propres propos et le discours direct pour les paroles prononcée par les acteurs.

Selon Mike Singleton cofondateur du laboratoire d'anthropologie prospective, « on ne fait pas de l'anthropologie prospective pour satisfaire sa curiosité théorique [...] mais pour activer l'énergie humaine » [B 29]. J'aurai donc suivit cet enseignement en me remémorant cette phrase bien connue par la communauté Wikimédia qui m'était réapparue en toute fin d'un ouvrage ethnographique portant sur le projet Wikipédia : « le problème avec Wikipédia, c'est que cela fonctionne seulement en pratique, en théorie cela ne fonctionne pas » [B 30] [N 2]. Une affirmation que je considère tout aussi valable pour le mouvement Wikimédia dans son ensemble.

3. Une étude non exhaustive mais sans fin[modifier | modifier le wikicode]

L'espace numérique du mouvement Wikimédia rassemble ainsi une somme colossale d'informations accessibles en quelques clics, alors qu'a contrario et dans sa sphère hors ligne, l'information est extrêmement dispersée géographiquement et donc difficilement accessible dans sa globalité. Un tel contexte rend donc impossible d'établir une présentation exhaustive et détaillée du mouvement dans le simple cadre de ce travail solitaire que représente l'écriture d'une thèse de doctorat. Pour rester fidèle à mon vœu de présenter le mouvement dans son ensemble, m'est alors apparue l'alternative de produire une image du mouvement réduite et partielle, mais aussi fidèle et représentative que possible. Un tel défi doit faire face à des limites de temps au niveau de la recherche[N 3], de budget pour les déplacements[N 4] et de capacités linguistiques[N 5] dans le cadre des interactions humaines. Toutes ces contraintes m'ont ainsi amené à me concentrer principalement sur la sphère francophone du mouvement et sur les activités internationales dès lors que la francophonie y était concernée, ou que celles-ci apportaient une plus-value dans la perception globale du mouvement.

Dessin de L.L. de Mars pour Framasoft:un toi sans mur observé par deux pingoins
Fig. 1.2. Dessin de L.L. de Mars pour Framasoft (source:https://w.wiki/$eq)

Au niveau des sites Web, trois d'entre eux ont fait l'objet d'une observation et d'une participation assidue. Le premier est la version francophone du projet Wikipédia bien connu en tant que projet fondateur du mouvement. Le deuxième est le site francophone du projet Wikiversité, dernier-né des projets soutenus par la fondation Wikimédia et que je trouve important dans l'écosystème Wikimédia étant donné qu'il se dédie à la publication de matériaux pédagogiques et aux travaux de recherche. Le troisième enfin, est le projet Méta-Wiki qui représente le principal espace en ligne de coordination et de gouvernance du mouvement. Dans une moindre mesure cette fois, le site Wikimédia Commons constitua aussi un de mes lieux d'activités puisqu'il est l'endroit central et conseillé pour télécharger des fichiers (photos, vidéo, etc.) avant de les utiliser sur les autres projets Wikimédia[N 6].

En plus des limites de temps, de finances et de capacités linguistiques, je me suis vu aussi imposer des limites d'accès par manque d'autorisation. Au niveau numérique, le rejet de ma candidature aux élections du statut d'administrateur sur le site Meta-Wiki[W 11] et par la suite sur l'ensemble des projets Wikimédia[W 12] ne me permis pas par exemple, d'expérimenter cette fonction à ces endroits. J'aurai par contre été administrateur du projet Wikiversité francophone à partir d'octobre 2015[W 13] pour renouveler ensuite mon statut d'administrateur d'interface en novembre 2019[W 14]. Dans la version anglophone de ce projet, ma candidature aura aussi été retenue au sein du comité d'édition du WikiJournal of Humanities en juin 2019[W 15]. Dans un cadre un peu isolé des projets de production et de partage de savoir, j'aurai enfin participé à la première édition du Wikimedia & Education Greenhouse Project[W 16] un programme pilote destiné à former les membres des communautés locales à lancer de nouveaux projets éducatifs avec le soutien du mouvement.

Au niveau hors ligne cette fois, le rejet de ma candidature au conseil d'administration de Wikimédia France[W 17] ne m'aura pas permis de découvrir cette association aussi bien que l'association belge dont je fus l'un des membres fondateurs[W 18] et membre du conseil d'administration de janvier 2017[W 19] à août 2020[W 20]. Bien que j'aie pourtant fait preuve de beaucoup d'insistances, il ne m'aura pas non plus été possible de participer à l'une des Wikimedia Conference organisées chaque année à Berlin et dont la dernière fut annulée suite à la pandémie de Covid-19, [W 21]. En raison d'une demande trop tardive, je n'aurai malheureusement pas non plus réussi à rejoindre l'un des groupes de travail formé dans le cadre de l'élaboration de la stratégie du mouvement [W 22]. Ma candidature au conseil d'administration de la fondation Wikimédia n'aura enfin pu voir le jour en raison d'un report des élections d'avril 2020 en août, puis en juin 2021[W 23], toujours en raison de la pandémie de COVID-19.

En compensation, j'aurai par contre participé, en Angleterre[W 24], en Italie[W 25] et en Suède[W 26], à trois éditions de la plus importante rencontre annuelle internationale du mouvement intitulée Wikimania, ainsi qu'aux hackathons qui traditionnellement la précèdent. J'aurai aussi pris part à un sommet de recherche consacré au mouvement qui succéda à la rencontre en Suède[W 27] et aux conversations mondiales au sujet de la stratégie du mouvement[W 28]. Au niveau international toujours, j'ai aussi été présent l'une des conférences WikiIndaba, celle de Tunis[W 29] en 2018, qui rassemblent les communautés wikimédiennes situées en Afrique. Il m'aura de plus été possible de participer à une formation à Berlin destinée aux membres des conseils d'administration des associations locales[W 30]. Au niveau de la francophonie, j'ai participé activement à deux wikiconventions francophones, l'une à Strasbourg[W 31], l'autre à Bruxelles[W 32], ainsi qu'à de nombreux ateliers Wikipédia en Belgique et diverses rencontres informelles en Belgique et en France comme ce fut le cas lors d'un soupé à Paris spontanément organiser à l'initiative d'un éditeur de Wikipédia[W 33].

En dehors des instances et des rencontres Wikimédia, j'aurai enfin effectué quatre voyages d'exploration dans le but de mieux comprendre la perception du mouvement Wikimédia dans le monde. Le premier se déroula en Inde[B 31], le second au Cap Vert[B 32], le troisième en Tunisie[B 33] et le dernier au Ghana[B 34]. Un cinquième voyage vers le Québec prévu pour l'automne 2020 fut malheureusement avorté en raison d'une quarantaine imposée à Montréal cumulé à une absence de garantie quant à la possibilité de rencontrer la communauté autochtone attikamekw récemment porteuse d'un projet Wikipédia en langue locale[B 35].

Bien qu'elle fût parfois limitée, ma participation au mouvement aura en fin de compte permis de nourrir cette thèse de doctorat de manière suffisante. Pour paraphraser Pierre-Joseph Laurent, je dirais que mes dix ans de participation m'ont en effet permis d'atteindre une « familiarité informée » avec le mouvement qui succéda à une prise de conscience des méprises possibles. Au départ de cette situation, j'aurai donc pu « expérimenter la mise en résonance de composantes importantes (le réel, l'imaginaire, le symbolique, pour reprendre ces catégories) de deux sociétés »[B 36], la mienne et celle du mouvement Wikimédia. Malheureusement cette familiarité, qui me rend intarissable dès que l'on aborde le sujet Wikimédia, ne pourra pas dans le cadre de cette thèse de doctorat faire l'objet de descriptions denses[B 37] tel que l'aurait désiré Clifford Geertz. En compensation, je me suis donc efforcé de produire une description aussi complète qu'il m'a semblé possible, en laissant pour le futur ou pour d'autres personnes la tâche de la densifier.

Il faut savoir en effet qu'avant son impression pour être soumise à évaluation, cette thèse de doctorat fut publiée tout au long de son écriture sur l'espace recherche du projet Wikimédia intitulé Wikiversité[B 38]. En raison de la licence libre CC. BY. SA 3.0[W 34] appliquée sur l'ensemble des pages du site, la réutilisation de ce travail et sa transformation complète ou partielle et même commerciale est donc possible et autorisée. Contrairement à un ouvrage imprimé dans l'attente d'une éventuelle réédition, ce présent travail de recherche sera donc toujours susceptible d'être complété ou amélioré par la suite, par moi ou par d'autres, sur Wikiversité ou toute autre endroit imaginable. Au même titre qu'un article encyclopédique sur Wikipédia, le projet porté par cet ouvrage n'a donc aucune date de clôture présumée.

4. Un travail de recherche immersif et vérifiable[modifier | modifier le wikicode]

En plus d'en autoriser sa libre utilisation, rédiger ma thèse sur Wikiversité m'aura aussi permis de comprendre qu'il m'était possible d'offrir à ses lecteurs un accès direct à mon terrain d'observation numérique. Au départ d'un simple clic pour les versions numériques ou en recopiant une adresses URL dans un navigateur pour les versions imprimées, il est en effet possible aux lecteurs de découvrir mon terrain dans les mêmes conditions que je l'aurai fait moi-même. Si ce petit geste semble anodin pour le commun des internautes, il a cependant une conséquence épistémologique importante au niveau de la production d'un travail en science sociale.

Un accès direct du lecteur au terrain d'observation supprime en effet cette étape de « l'adéquation empirique »[B 39] que constitue la production et la présentation de « données d'enquête ». Un libre accès au terrain d'étude permet en effet au lecteur d'établir directement un rapport d'adéquation entre l'argumentation du chercheur et le « réel de référence » entendu comme « morceau d'espace social et de temps social dont le chercheur veut rendre compte et qu'il se donne pour tâche de comprendre »[B 40]

Dans de telles circonstances, une étude socio-anthropologique portant sur un espace numérique ouvert et accessible à tous, ne peut donc plus décemment se contenter d'être « plausible et valide »[B 41], mais doit à mon sens répondre à un critère de « vérifiabilité » par ailleurs déjà bien connu et argumenté au sein du projet Wikipédia. Sans être assimilable au principe de réfutabilité empirique et théorique introduite par Karl Popper[B 42] dans sa démarcation entre science et non-science, la règle de vérifiabilité Wikipédienne me semble toute fois en avoir certaines similitudes. En effet, alors que Karl Popper demande aux scientifiques d'offrir à leurs pairs un maximum d'informations utiles à la corroboration d'une théorie pour en déterminer sa scientificité au départ d'un ratio réfutabilité/falsifiabilité[B 43], le projet Wikipédia demande pour sa part à ses contributeurs de respecter cette règle selon laquelle « une information ne peut être mentionnée que si les lecteurs peuvent la vérifier » en sachant que « toutes les informations susceptibles d'être contestées, ainsi que toutes les théories, opinions, revendications ou arguments, soient attribués à une source identifiable et vérifiable »[W 35].

Similairement au projet Wikipédia mais aussi en conformité avec la ligne de conduite des projets de recherche sur Wikiversité[W 36], j'aurai donc choisi dans l'écriture de cette thèse de doctorat de « citer mes sources » en respectant cette seconde règle Wikipédienne selon laquelle « tout contenu, mis en doute ou susceptible d'être mis en doute, doit être étayé par une annotation menant à une ou plusieurs références qui s'appuient sur des sources fiables et clairement identifiées »[W 37]. Autant que cela soit possible, cette méthode permet donc de substituer certains verbatims, citations ou autres type de restitution du terrain, par un hyperlien (ou son URL pour les versions imprimées) qui pointe directement vers le réel de référence dès lors qu'il est accessible par tous au départ d'un simple navigateur web.

Un tel dispositif rend donc au final tout à fait obsolète ce que les anthropologies appellent communément le « pacte ethnographique »[B 44] selon lequel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. »[B 45]. Un tel pacte a du sens dans le contexte d'une épistémologie des sciences sociale dont Jean-Claude Passeron nous dit que « la pertinence empirique des énoncés sociologiques [qui] ne peuvent être définies que dans une situation de prélèvement de l'information sur le monde qui est celle de l'observation historique, jamais celle de l'expérimentation. »[B 46]. Autrement dit, le lecteur d'un ouvrage scientifique en science sociale sera toujours dans l'incapacité de revivre dans des circonstances identiques, l'expérience ou l'observation d'un phénomène décrit par un auteur.

Cependant ce que Passeron décrit en parlant d'« historicité » des sciences dites historiques par nature qui réponde à un régime de vérité différent des sciences dites de la nature[B 47] ne s'applique pas du tout au cas précis de cette présente étude dès le moment où elle se base sur l'observation d'un espace numérique public et archivé. Bien qu'ils le feront forcément après moi, les personnes qui liront les pages web au départ des quelles j'aurai tiré « la pertinence empirique de mes énoncés sociologiques » peuvent en effet revivre mes propres observations de façon tout à fait identique et ce grâce aux propriétés asynchrones et de dé-spatialisation offerte par tout type d'archivage du réel de référence accessible à distance et en l’occurrence via le réseau Internet dans notre cas de figure.

Je souligne donc le fait que briser le pacte ethnographique en fournissant un accès libre au réel de référence ne m’apparaît pas comme une option que le chercheur pourrait choisir selon son bon vouloir. Ceci tout simplement parce que le pacte ethnographique fit l'objet de plusieurs abus reconnus en science sociale et dont je ne citerai ici l'exemple que du best-seller intitulé « La Vie des maitres »[B 48] deBaird Thomas Spalding et des nombreux ouvrages de Carlos Castañeda. Traduis en 17 langues et vendus à 8 millions d'exemplaires, les 15 livres de Castañeda[W 38] sont de fait considérés aujourd'hui comme une œuvre autobiographie productrice de faux[B 49] alors qu'ils ne l'étaient pas au départ comme le confirme Robert Marshall dans ce résumé :

« Le statut des livres en tant qu'anthropologie sérieuse n'a pratiquement pas été remis en question pendant cinq ans. Le scepticisme a augmenté en 1972 après que Joyce Carol Oates, dans une lettre au New York Times, ait exprimé son étonnement qu'un critique ait accepté les livres de Castañeda comme non fiction. L'année suivante, le New York Times publia un article de couverture révélant que Castañeda avait beaucoup menti sur son passé. Au cours de la décennie suivante, plusieurs chercheurs, notamment Richard de Mille, fils du légendaire réalisateur, ont travaillé sans relâche pour démontrer que le travail de Castañeda était un canular. »[B 50].

Un tel épisode soulève donc la question de savoir où placer la limite entre l'ethnographie et la fiction ?[B 51] Dans le cadre de ce présent travail de recherche, je tiens donc à présenter une réponse claire et sans ambiguïté. Lorsque je renonce au pacte ethnographique en offrant un accès inconditionnel à mon terrain d'étude et dans des identiques à ma propre observation, je tiens donc à faire disparaître tout soupçon sur une représentation fictive du mouvement Wikimédia. En plus de cette garantie, j'invite alors le lecteur à poursuivre lui-même ses propres observation dans le but de détecter un éventuel biais qui serait lié à la sélection du réel de référence. Par contre dès lors que je fais référence à mon propre vécu sans prendre la peine, faute de moyens la plupart du temps, de le rattacher à des archives librement consultables, j'invite alors le lecteur de prendre du recul par rapport à ce qui est dit. Dans le cadre de citation d'autres auteurs enfin, je transfère alors vers ces derniers toutes responsabilités sur la véracité de leurs propos.

Dans le but de faire la part des choses, je cantonnerai donc mon approche auto-ethnographique qui sera bientôt motivée dans une prochaine section de ce chapitre, aux paragraphes introductifs aux différents chapitres de cet ouvrage. Pour le reste du contenu, j'utiliserai comme de coutume des notes de renvoi présent en indice au cœur du texte pour notifier de manière distincte la présence : (1) d'une note explicative (2) d'une référence bibliographique produites par un ou plusieurs auteurs (3) d'une référence vidéographique produites par un ou plusieurs auteurs (4) d'un hyperlien pointant vers la page web où se trouve le lieu de mon observation. Ces indices de renvois numérotés seront de plus précédés d'une lettre de telle sorte à en identifier les différences au cours même de la lecture :

Les serveurs d'Internet Archive au siège de San Francisco
Fig. 1.3. Les serveurs d'Internet Archive au siège de San Francisco (source:https://w.wiki/$eV)
  • [N] pour un renvoi vers les notes apportant un complément d'explication ou un texte original avant traduction.
  • [B] pour un renvoi vers les références bibliographiques ou autres sources secondaires constituées d'ouvrages ou d'articles publiés sous le nom de ses auteurs et sous la responsabilité d'un éditeur. Ces références sont complétées par un hyperlien lorsque le document est librement accessible en ligne.
  • [V] pour un renvoi vers les références vidéographiques complétées d'un hyperlien lorsque le document est librement accessible en ligne.
  • [W] pour un renvoi vers les permaliens pointant vers le site web.archive.org du projet Internet Archive[W 39], où furent archivées, chaque fois que cela fut possible[N 7], l'ensemble des pages Web retenues lors mes observations. Ces pages web qui proviennent de l'ensemble de l'espace web publiquement accessible et pas seulement de l'espace numérique Wikimédia, constituent ainsi les sources primaires numériques mobilisées dans ce travail de recherche.

En complément à ces renvois numérotés, et uniquement dans les versions numériques (page de Wikiversité, PDF, etc.), apparaîtront aussi en caractères bleus sur Wikiversité ou encore soulignée dans d'autres formats, des hyperliens pour faciliter l'accès du lecteur aux pages web originales indépendamment de leurs archivages. Ceci permet en effet aux lecteurs qui le désirent d'accéder à de très probable mises à jour des pages archivées dans le but d'y acquérir par exemple un complément d'information. Pour les versions imprimées de cet ouvrage, l'accès à ces pages est aussi possible étant donné que les adresses URL des permaliens pointant vers web.archive.org se termine par l'URL de la page archivée. Pour accéder à la version actuelle d'une page qui n'aurait pas été supprimée, il suffit donc de recopier dans un navigateur web cette dernière partie qui apparait en caractères gras dans l'exemple suivant:http://web.archive.org/web/20201220231650/https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Imagine_un_monde[N 8].

Enfin, pour la version publiée sur Wikiversité et uniquement pour celle-ci, j'aurai aussi pris la peine de « Wikifier » des mots ou passages de texte lorsque j'ai estimé qu'un complément d'information pouvait être utile pour le lecteur. Un peu comme une note informative présente en bas de page des documents imprimés, la wikification est un hyperlien visible en bleu au niveau du texte qui permet l'accès à une autre page de Wikiversité ou vers la page d'un autre projet Wikimédia tel que Wikipédia, Wiktionnaire, Wikisource, etc.

Un surcroît de travail important est nécessaire pour la mise en œuvre de tels dispositifs et explique probablement pourquoi je n'ai jamais rencontré un référencement similaire lors de mes lectures scientifiques. Je ne regrette en rien cependant cet investissement dès lors qu'il pourra, comme je l'espère, faire évoluer les consciences et pratiques scientifiques. En outre, le fait de briser mon « monopole des sources »[B 40] par un accès direct vers mes lieux d'observation en ligne, donnera aussi la possibilité à d'autres chercheurs, non seulement de vérifier l'adéquation entre mes sources et mes propos, mais aussi de faire d'autres observations plus approfondies dans le but, pourquoi pas, de contredire mon argumentation. J'espère enfin de tout cœur, que ce processus donnera envie à d'autres chercheurs de produire de nouveaux travaux de recherche au sujet du mouvement Wikimédia au départ des accès qui leur sont offerts dans ce premier travail d'exploration et de synthèse que j'ai voulu qualitatif malgré la quantité insondable d'information à traiter.

5. Un traitement qualitatif du big data[modifier | modifier le wikicode]

Faire une étude socio-anthropologique dans l'espace web, au même titre que tout autres espaces numériques, c'est aussi s'exposer à la nécessité de traitement de données massives qu'il est commun aujourd’hui d'appeler le Big data. Et il se fait que l'espace numérique Wikimédia produit énormément de données quantitatives et qualitatives que l'on peut parcourir grâce à des outils de recherche de plus en plus perfectionnés et que l'on peut même consulter sous forme de graphique produits par des analyses statistiques faite au sein même du mouvement.

Toutes ces informations sont de plus publiées sous licence creative commons CC.BY.SA. Ce qui veut donc dire qu'elles sont libres d'exploitation et de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés et sous deux conditions seulement:(1) « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », (2) « diffuser l'œuvre modifiée dans les même [sic] conditions, c'est à dire [sic] avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[W 34][N 9]. Pouvoir disposer d'une telle quantité d'information sans devoir se préoccuper d'une autorisation d'accès ou de traitement m'est donc apparu comme une réelle aubaine alors qu'en contrepartie, cela m'a confronté à d'importantes difficultés de traitement tant au niveau des données quantitatives que qualitatives.

Pour clarifier les choses, il est d'ailleurs bon de se rappeler qu'une donnée quantitative, au contraire d'une donnée qualitative, se caractérise par quelque chose de mesurable. Comme exemple trivial, nous avons cette citation de Rosie Stephenson-Goodknight au sujet des éditeurs de Wikipédia:« You can imagine probably 90 percent being men »[B 52], l'information « 90 % » sera d'ordre quantitatif tandis que l'information « homme » sera d'ordre qualitatif. Il faut ensuite se remémorer qu'une donnée quantitative peut devenir la source d'une information qualitative et vice versa.

Les 29 entailles présentes sur l'os de Lebombo, le plus ancien bâton de comptage connu à ce jour, en est un bel exemple. Ces marques attestent en effet d'une part, que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre comptable (information qualitative). De plus elles ont permis de supposer, de part leur nombre (donnée quantitative), qu'elles furent réalisées par une femme africaine (donnée qualitative) comptant les jours de son cycle menstruel[B 53]. De manière itérative, et en tenant pour vrai cette supposition, on peut donc tenir compte que la personne qui a creusé ces encoches avait une masse musculaire inférieure à celle d'un homme (donnée quantitative et comparative).

Suite à ce raisonnement, il devient donc difficile dans le cadre d'une étude dite qualitative, d'ignorer, ou même de négliger, les données quantitatives présentes sur le terrain. Ceci d'une part donc, parce que les données quantitatives peuvent être sources de données qualitatives comme cela vient d'être démontré, mais aussi d'autre part, parce que les données quantitatives sont plus aptes à établir des comparaisons objectives. Une comparaison qualitative des compétences physiques entre deux personnes, qui peut s'avérer être un exercice délicat tant il peut être influencé par la subjectivité de l'évaluateur, repose bien souvent en effet sur des données quantitatives tel que la taille en centimètre, le poids en kilogramme, etc.

Au cours de ce travail j'aurai donc veillé à ne pas oublier de considérer les informations quantitatives lorsqu'elles apparurent lors de mes observations. Pour en faire l'illustration, voici l'exemple d'une analyse statistique[N 10] que j'aurai faite au départ des rapports financiers[W 40] publiés sur le site de la fondation Wikimedia. Cette analyse aura abouti à la production d'un histogramme (figure 1.4 ci-dessous) très parlant concernant les dépenses de la fondation. On y voit clairement que les dons offerts à la fondation Wikimédia servent en grande partie pour payer les salaires de ses employés. Ceci alors que paradoxalement et sur base d'une source qui datait de 2009, l'article Wikipédia francophone consacré à la fondation Wikimédia stipulait que « près de la moitié des ressources financières [de la fondation] sont utilisées pour acheter de nouveaux serveurs et payer l'hébergement ».

À la vue du graphique, on voit pourtant qu'en 2009 déjà, il était possible aux départs des rapports financiers de la fondation de savoir que la majeure partie du budget de la fondation était alloué au paiement des salaires. D'ailleurs entre 2009 et en date le 26 juin 2018, date de ma correction de l'article[W 41], le coût des salaires n'aura fait qu'augmenter de manière très significative alors que le coût d'hébergement restera relativement stable dès l'année 2012.

Fig. 1.4. Histogramme illustrant l'évolution des dépenses de la fondation Wikimédia de 2004 à 2018. (source:LS)

Il apparaît donc ici clairement qu'un travail comptable et statistique, aussi rébarbatif qu'il puisse paraître pour un chercheur habitué aux études qualitatives, fut nécessaire pour accéder à une véritable description du mouvement, là ou un simple travail d'observation, ou même une série d'entretiens, n'aurait pu aboutir. À la place de ce graphique, j'aurai en effet très bien pu, comme cela se fait en ethnographie, me contenter de recouper l'information trouvée dans l'article Wikipédia par celle trouvée dans l'une des vidéos du WikiMOOC de 2017 qui stipule que « fournir l'infrastructure technique, les serveurs pour le cinquième site Web le plus visité au monde, ce n'est pas gratuit. »[V 2]. Par acquis de conscience ensuite, j'aurais encore pu faire un dernier recoupement avec les réponses fournies lors de l'interview d'une personne très active au sein du mouvement sur France Inter[V 3], puisque celle-ci affirmait effectivement qu'en 2019 et sur « 90 millions de budget », « à peu près entre 50 et 60 millions viennent pour les serveurs »[N 11].

Heureusement pour moi et dans beaucoup de cas, ils existent de nombreux sites de traitements automatiques et statistiques réalisés parfois en temps réel[N 12], au sein de l'espace numérique Wikimédia. Ceux-ci m'auront souvent épargné de faire moi-même le traitement des informations pouvant être récoltée au sein des projets. Malheureusement par contre, ces sites d'information statistique ne m'auront souvent été d'aucun recours dans le traitement d'une gigantesque quantité de textes accessibles dans de nombreux lieux de discussions disséminés au sein des projets tel que forums, pages de discussions ou de prise de décision, mais aussi espaces blog, journaux, info-lettres, listes de diffusions, etc. Un big data textuel, sans doute comparable à celui qu'Olivier Servais aura découvert durant son ethnographie du monde virtuel Warcraft et qui présente de la sorte:

« il s’agit d’une multiplication incommensurable de textes à disposition de l’anthropologue mais avec une décroissance aussi importante de la qualité d’un panorama contextuel pertinent issu de l’ethnographie. De ce fait, le métier s’en trouve profondément transformé[B 54]. C’est un peu comme se trouver dans un café du commerce bondé où on ne peut saisir l’entièreté de ce qui se dit, de ce qui se joue. On peut mettre en place un dispositif technique pour enregistrer tout ce qui se dit, se fait dans cette pièce et être confronté à ce big data. Reste qu’ici c’est l’essence même du terrain, il produit par lui-même des datas massives, et il est souvent impossible de pré-sélectionner avant analyse. Face à cette menace de noyade par le texte, l’anthropologue doit apprendre de nouvelles stratégies de terrain et de traitement des données.

Or, la démarche d’ethnographe demeure avant tout de nature foncièrement compréhensive, et conséquemment qualitative. Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec une ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? »[B 55]

En réponse à cette dernière question, voici donc sommairement quelle fut ma propre stratégie de traitement qualitatif du big data textuel. Mon angoisse première fut effectivement de me situer entre deux positions extrêmes. La première était de faire l'impasse sur le traitement des corpus au risque d'offrir une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité. La deuxième fut de me lancer dans un traitement automatique et informatisé du langage naturel des corpus linguistiques au risque cette fois de manquer de compétence, de temps d'investigation, de puissance informatique et d'informations contextuelles comme le soulignait pertinemment et précédemment Olivier Servais.

À force de pratique, et après plusieurs années de tâtonnement, j'en suis finalement venu à établir une sorte de compromis basé sur un processus d'aller-retour entre les deux extrêmes envisagés. Alors que part moment, je me suis attelé à un traitement informatique et statistique des données textuelles utiles dans l'orientation mon observation participante, à d'autres moments, j'ai poursuivi mon observation participante et mes discussions informelles qui me permettait en retour, d'orienter mes choix dans le traitement informatique de nouvelles données, et ainsi de suite. Ce va-et-vient avait aussi pour avantage de m'offrir un recul régulier par rapport à mes observations de terrain et des pauses fréquentes dans mes traitements informatiques.

Voici cette fois-ci un exemple de traitement des données textuelles en guise d'illustration. Il se fit au départ de l'une des 300 listes de diffusion réparties par projets et sphères linguistiques au sein du mouvement Wikimédia. Tous les échanges de courriels au sein de ces listes sont en effet archivés mois par mois, historicisés et rendus librement disponibles sous licence CC.BY.SA au niveau du site Wikimédia Mailservicies[W 42]. Grâce aux archives de la liste de diffusion intitulée « Wikimedia-l »[W 43], réputée comme espace de discussion pour la communauté wikimédienne au sens large[W 44], il me fut ainsi possible de constituer un corpus et de le soumettre à une analyse textométrique à l'aide d'un logiciel de traitement automatique du langage naturel appelé TXM.

Ce programme me permit par exemple de découvrir au départ d'une simple requête lexicale, et en référence au mot « the » apparaissant à une fréquence de 1 869 554 fois, que le signe « @ » apparaissait dans le corpus 879 105 fois, tout de suite suivi du mot « gmail » apparaissant lui 877 346 fois. Cette simple requête me permit donc de découvrir que les utilisateurs de cette liste de diffusion communiquent en toute grande majorité au départ d'un compte Google, une information qui sera par ailleurs reprise en compte dans un prochain chapitre consacré à l'enjeu d'une centralisation des acteurs politique et économiques mondiaux.

Une autre requête me permit ensuite de découvrir que les premiers noms/prénoms qui apparaissent dans la liste sont « Gerard » (27 888 fois), suivit de « Erik » (21 924 fois) et de David (20 624 fois). Une analyse des occurrences dans le texte indiquait ensuite que le prénom « Gérard » était associé à la personne de « Gerard Meijssen » (11 096) faisant l'objet d'un article sur Wikidata[W 45] mais aussi à celle de « David Gerard » (12 717) dont on peut retrouver la page utilisateur détaillée sur Wikipédia[W 46] et que le prénom « Erik » est principalement associé à la personne d'« Erik Moeller » (8 616) présentée dans un article de Wikipédia[W 47]. Ce traitement textométrique m'a donc ainsi permis de repérer les personnes très actives au sein de la liste et même d'en connaître leurs caractéristiques et leur adresse de courrier électronique, un ensemble d'informations bien utiles pour mes recherches de terrain.

Dans des analyses et fonctions plus poussées, TXM permettra aussi de faire apparaître des illustrations graphiques permettant par exemple de visualiser l'évolution de la fréquence d'un mot au sein des conversations. L'exemple repris ici est celui du mot « harassement » (harcèlement en français) qui évolue donc de la sorte en fonction de son nombre d'apparitions au sein de la liste de diffusion (voir fig 2.5 ci-dessous).

Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.
Fig. 1.5. Progressions du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia. (

Ce premier graphique, m'a donc permis de prendre conscience que la question du harcèlement apparue relativement tôt au sein du mouvement[N 13] est régulièrement et périodiquement sujet à discussion au sein de cette liste de discussion. À la vue de son importance, j'ai donc pas la suite entrepris de parcourir l'ensemble du corpus à la recherche des conversations en sachant que l'outil de recherche de concordance de TXM permet d'afficher les extraits de textes contenant le mot harassment en les listant de manière chronologique et en centrant le texte sur le mot en question (voir figure 2.6 ci-dessous). À la lecture de ceux-ci, j'ai alors constaté que la question du harcèlement rencontrée au niveau de mes observations dans l'espace francophone n'est pas un épiphénomène mais qu'il est aussi connu dans d'autres projets Wikimédia.

Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.
Fig. 1.6. Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot « harassment » dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.

Suite à ces analyses textométriques et de retour sur mon terrain, j'aurai donc porté d'avantage mon attention sur la question de harcèlement. Grâce à de nouvelles expériences et observations, je finis ensuite par illustrer le phénomène harcèlement pour en faciliter sa compréhension au départ de mon propre vécu, mais aussi au départ d'un témoignage très documenté publié par une contributrice francophone[W 48]. D'autres analyses textométriques plus poussées[N 14], basé cette fois sur de nouveaux corpus formés au départ des espaces de discussions sélectionnés filtrés en fonction de l'activité de l'utilisatrice me permirent ensuite de comparer son discours avec ce qui s'est réellement passé sur le terrain, et ce dans le but de me rapprocher le plus possible de la réalité des faits[N 15].

6. Une écriture dialogique[modifier | modifier le wikicode]

Rédiger le résultat de ses recherches ethnographiques au sein même de son terrain d'étude et sous les yeux de ses acteurs en les invitant à relire et à commenter ce que l'on écrit est un procédé d'écriture peu courant en science sociale. Comparée à d'autres types d' « écritures anthropologiques »[B 56] ou « écriture collaborative », l'écriture de cette thèse ne doit pas être assimilée aux « écritures plurielles » dans lesquelles on se met à « écrire avec »[B 57] mais bien à une écriture collaborative et dialogique dans lequel je favorise une collaboration avec les acteurs de terrain au travers d'un dialogue heuristique qui permet confronter mon point de vue « etic » de chercheur aux points de vue « émiques » des acteurs[B 58].

Mondher Kilani parlait déjà d'écriture dialogique dans les années nonante en citant pour exemple les écrits de Philippe Descola[B 59], de Jeanne Favret-Saada[B 60] et les siens[B 61]. Il décrit par ailleurs sa propre expérience comme telle:

« Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation. »[B 62]

Plus récemment, Frédéric Laugrand mettra au point un système d'atelier de transmission intergénérationnelle des savoirs (ATIS) visant à une construction collaborative des savoirs entre des chercheurs et acteurs participants dans une dynamique de transmission à destination des jeunes par le « faire comme si ». Ce processus aura pour but final de produire des documents sous forme de verbatims ultimement validés par les participants[B 63].

En comparaison à ces deux modes d'écriture, il ne sera donc pas tant question dans ce travail d'une production collective du savoir comparable au ATIS, mais bien d'une forme de négociation similaire à celle exprimée par Kilani. Autrement dit, en dehors de certaines corrections orthographiques ou syntaxique, et comme l'explicitait Kilani avant moi il s'agit donc bien ici d' « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique »[B 64] mais sans pour autant donner l'occasion aux autres de participer à l'écriture de ce récit.

De nouveau, et de manière un peu similaire à l'anthropologue Tom Boellstorf, qui dans son étude de Second Life organisait des groupes de discussion au sein de sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia »[B 65], ce mode d'écriture dialogique me fut inspirée des pratiques observées sur mon terrain d'étude. Il est en effet coutume au sein des projets Wikimédia d'entamer une discussion dès que des divergences d'opinions apparaissent entre deux contributeurs travaillant sur une même page ou un même sujet. Cet échange écrit se tiendra traditionnellement sur l'une des pages de discussions individuellement accessibles au départ de l'onglet « Discussion » présent en haut de chaque page de contenu.

Étant donné que les pages Web sur lesquelles je rédige cette thèse de doctorat possèdent elles aussi des pages de discussions, j'ai donc profité de ces dernières pour susciter le dialogue avec les membres du mouvement au sujet de mes recherches. Des discussions se sont ainsi établies soit dans un espace de discussion principal[W 49] portant sur l'ensemble de mon travail et spécialement équipé d'un système de discussions structurées afin de faciliter l'expression des personnes qui ne connaissent pas l'usage du wikicode, soit sur d'autres pages de discussions éditables en Wikicode et associées à chaque chapitre de mon ouvrage.

J'ai par la suite incité les acteurs du mouvement à entrer en dialogue au sujet de ma recherche, en postant régulièrement des messages d'invitations sur les principaux espaces de type forum disponibles au sein du mouvement Wikimédia. Cette décision n'aura pas forcément abouti à un nombre exceptionnel d'échanges mais aura par contre engendré un nombre important de consultations puisque la page de Wikiversité reprenant l'entièreté de ma thèse fut visitée au total 3288 fois entre le premier janvier 2020 et le 31 décembre de la même année avec une moyenne de 9 fois par jour et des pics journaliers pouvant atteindre 150 visite[W 50]. Un ensemble de chiffres rassurant pour peu que l'on croie en cet adage bien connu:« Qui ne dit mot consent ! ».

Voici pour exemple le contenu d'une courte discussion titré « Avis de travail en cours » tenue sur le forum principal de Wikipédia communément baptisé « le bistro » par la communauté d'éditeurs. Cet échange fit suite à un message posté le 31 mai 2019 dans le but de lancer une invitation à la relecture de mes travaux[W 51]:

Bonjour,

J'ai entamé la rédaction d'une thèse de doctorat publiée sur Wikiversité et portant sur le mouvement Wikimédia. Le premier chapitre de ce travail consacré à la méthodologie est actuellement prêt à être relu par les personnes actives au sein du mouvement. La mise en forme du texte n'est pas terminée et l'orthographe doit y être déplorable, mais j'aimerais le soumettre à réaction avant un prochain rendez-vous avec mon comité d'accompagnement dans le cadre d'une épreuve de confirmation. J'invite donc toutes les personnes intéressées à réagir librement sur la page de discussion consacré au chapitre. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe durant votre lecture. Je vous en serais très reconnaissant. En vous remerciant d'avance et vous souhaitant une belle journée à tous. Bien cordialement, Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 01:43 (CEST)

Intéressant, mais, à part l'orthographe, qui écrit la thèse, le doctorant ou la communauté Wikipédia ? – Siren(discuter) 31 mai 2019 à 14:12 (CEST)
Bonjour Siren, Pour répondre à la question:Au niveau de des mots et des phrases, c'est le doctorant. Au niveau de la connaissance et des idées, c'est le doctorant et la communauté, celle de Wikipédia mais aussi celles de tous les projets soutenu par la fondation. Si la question est posée, c'est sans doute que les choses ne sont pas assez claire. Je vais donc tenter de reformuler les choses de façon plus explicite. D'ailleurs cette présente interaction entre nous illustre déjà en partie l'idée d'une construction dialogique de la connaissance. Dans le cadre de mon doctorat, elle ne peut malheureusement pas être similaire à ce qui se passe sur Wikipédia. Ce travail débouche sur un diplôme, et dans le monde académique qui m'entoure, pour se voir attribuer le titre de docteur, il faut défendre seul une thèse réalisée en solo. Ceci dit Jimbo Wales a reçu de mon université le titre de docteur honoris causa, sans avoir écrit aucune thèse. Donc voilà, il y a bien d'autres personnes encore qui en savent bien plus que moi sur le mouvement Wikimédia et ce serait donc idiot et présomptueux de ma part de ne pas les inviter à entrer en dialogue autour de l'écriture de ma thèse. Déjà un grand merci pour les corrections orthographiques et une belle fin de journée ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 23:45 (CEST)
Ouaaah, je vais faire un tour par désœuvrement sur cette page, et chtonk ! scotch. Absolument passionnant, ce truc, je recommande fortement la lecture ! Alors, évidemment, comme toutes les thèses dans un domaine pas mien, c'est tellement concentré que pour mon pauvre esprit va falloir un tit moment pour tout absorber, mais déjà des réflexions fusent.
Par exemple j'adore l'idée de base que l'objet de recherche, ancré dans la vraie de vraie réalité, met en forme les méthodologies et pas le contraire, ce qui est pourtant normalement ce qu'on nous enseigne. Je suis bien d'accord pourtant, nos tendances à déterminer des cadres stricts, bien léchés, universels, etc. ça vient d'une époque (disons depuis le XVIIIᵉ) où on va favoriser la création de catégories avant même de mettre des objets dedans, une volonté de tout régenter, en quelque sorte, de tout classer et universaliser, de produire des cadres vides. Très Newtonien. Peut-être lié à l'ensemble des représentations du temps (le milieu temporel), chais pas.
J'aime aussi, intuitivement, la réflexion sur l'imaginaire et sa force de construction ! Un dernier point sur le premier chapitre (je vois qu'il y a eu plein d'ajouts), il est dit que les sciences sociales ne prétendent pas à définir un ensemble de paramètres absolus qui rendent les expériences reproductibles, contrairement aux sciences autres, dites dures. Mais à mon avis, dans les autres sciences non plus. On y prétend, on prétend faire reproductible, mais c'est juste un outil utile. Les paramètres y sont soumis aux mêmes différences, simplement les sciences dures tendent aussi à des applications et donc veulent être opérationnelles. Un peu comme si on faisait un raisonnement en coupant le chemin à faire en petites étapes (comme Descartes) pour atteindre le but, mais qu'on est bien conscient que le chemin en tant que tel n'existe pas, c'est nous qui l'avons créé pour résoudre le problème.--Dil (discuter) 31 mai 2019 à 23:57 (CEST)
Merci pour ce retour encourageant Dil ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 2 juin 2019 à 01:42 (CEST)»

J'aurai enfin autorisé certaines intervention directement au coeur de mon texte et sans qu'une discussion soit nécessaire lorqu'il s'agit de correction orthographiques, syntaxiques et typographiques. Dans d'autre cas relativement rare, il est arrivé aussi que certain lecteur en vienne à corriger une erreure d'encodage dans un de mes tableaux comme ce fut le cas d'une contribution anonyme rectifiant une donnée au sein de mon analyse statistique des finances de la fondation Wikimédia[W 52].

7. Une pratique ethnographique récursive[modifier | modifier le wikicode]

La discussion de bistro reprise ci-dessus est une première illustration du processus par lequel en faisant appel à une relecture de mes travaux par les membres du mouvement Wikimédia, je suscite l'apparition de nouveaux évènements qui deviennent l'objet de nouveaux rendus ethnographiques susceptibles, de manière récursive, de produire de nouveaux écrits et ainsi de suite. Une telle expérience pourrait être qualifiée d' « ethnographie récursive » si cette expression n'avait pas déjà été utilisée par Amiria Salmond dans le cadre d'une réflexion ontologique au sujet d'un projet de numérisation de trésors tangible et intangible de la culture Maori intitulé taonga.

Selon Salmond, les approches récursives « cherchent à explorer comment l'analyse est façonnée en fonction de la manière dont les objets d'étude arrivent à générer une attention ethnographique »[B 66]. Autrement dit l'ethnographie récursive définie par Salmon représente donc « une simple observation de la configuration ethnographique »[B 67] alors que je définis pour ma part mon expérience ethnographique au sein du mouvement Wikimédia plutôt comme une méthode de travail. Pour cette raison, je distinguerai donc l'expression « ethnographie récursive » de Salmond à celle de « pratique ethnographique récursive » que je ferai mienne.

essin récursif d'une femme entrain de se dessiner dans la situation où elle se trouve.
Fig. 1.7. Dessin récursif d'une femme qui se dessine en train de dessiner la situation dans laquelle elle se trouve à l'instant présent où elle se dessine. (source:https://w.wiki/$eu)

Un autre exemple de cette mise en abyme ethnographique apparaîtra au sein de mes recherches lorsque il m'est venu l'idée de réécrire l'article Wikipédia traitant du Mouvement Wikimédia[W 53] pour d'importer mon travail au sein de ma thèse de doctorat[N 16]. Avant son importation, j'avais pris la peine de proposer l'article au label de bon article[W 54] dans le cadre d'un processus d'évaluation établit par les éditeurs de Wikipédia. Son évaluation se sera déroulé sur une page de discussion associée à celle de l'article et aura duré 15 jours (du 6 au 20 février 2020). Elle fut l'occasion pour les participants de partager leurs avis et de justifier leurs votes[W 55].

Bien que la candidature fut rejetée[N 17], l'évènement aura considérablement augmenté l'audience de l'article[W 56] et de sa page de discussion[W 57]. Cette dernière n'aura été le siège que d'une dizaine d'échanges entre les contributeurs et moi-même portant respectivement:sur la candidature prématurée de l'article, sur la présence de nombreuses fautes d'orthographe, et surtout sur la quantité disproportionnée de sources primaires au sein de l'article[W 58]. Ces discussions constituèrent toute foi un matériel ethnographique précieux que je repris dans mon travail d'écriture. Celui-ci étant dialogique, il produit de nouvelles discussions qui fournissent à leur tour de nouvelles observations ethnographiques potentiellement reprises dans mon travail d'écriture et ainsi de suite.

En plus de produire un surplus d'observations ethnographique, cette pratique ethnographique récursive aura pour autre avantage de limiter les risques de « violence épistémique » qui furent mises en évidence au sein des études portant sur la subalternité. Il est en effet possible que certains chercheurs « ne tolèrent pas les épistémologies alternatives et prétendent nier l'altérité et la subjectivité des Autres »[B 68], les acteurs du mouvement Wikipédia dans notre cas de figure. Sous une autre forme, cette violence peut aussi apparaitre dans les questions posées par un chercheur ou lorsque ce dernier aborde des sujets qui ne sont pas souhaités[B 69].

Dans le cadre de la pratique ethnographique récursive appliqué dans cette étude et de l'écriture dialogique qui en est indissociable, il me semble que ce type de violence pourrait rapidement être détecté et signalé par les acteurs concernés. Pour renforcer cette garantie, j'ai donc veillé à notifier toutes les personnes citées dans mon travail d'écriture pour qu'elles puissent réagir aux propos tenus qui les concerne. Afin de respecter le souhait d'anonymats des personnes actives sous le couvert d'un pseudonyme, j'ai aussi pris la peine de ne jamais relier ces pseudonymes à une identité réelle dès lors que cela n'aura jamais été fait précédemment au sein des projets. À nouveau, la relecture de mon travail par les personnes concernées leur permettra de réagir en cas de besoin.

Il serait malhonnête enfin de cacher que la pratique ethnographique récursive au sujet et au sein de l'espace Web apporte aussi malheureusement son lot d'inconvénients. D'un côté, cela nécessite des compétences techniques plus élaborées et plus de temps d'investigation comparé à la pratique d'une ethnographie classique et sa rédaction sur un traitement de texte. De l'autre et plus particulièrement dans le cadre d'une thèse de doctorat, l'acquisition de ces compétences donnera toujours envie d'aller plus loin dans l'utilisation du potentiel offert par le numérique, mais avec ce risque indissociable de s'éloigner des attentes, habitudes, voir préjugés du milieu universitaire chargé d'évaluer son travail. En ce qui me concerne et dans le cadre de cette présente étude, s'ajoutent encore les problèmes liés à un double terrain, à la fois en ligne et hors ligne, dans les deux cas multi-situé.

8. Un terrain d'étude peu homogène et propice à l'auto-ethnographique[modifier | modifier le wikicode]

Si l'étude du mouvement Wikimédia peut apparaitre sous certains aspects, sans limite au niveau du temps et très riche au niveau des procédés d'écriture, elle m'est cependant apparue limitée dès lors que l'on s'intéresse à certains espaces très peu développés. L'association Wikimédia Belgique par exemple créée en 2014, rassemblait seulement une douzaine de membres sur quarante lors de sa première assemblée générale annuelle organisée par les 6 membres de son conseil d'administration[B 70]. Cinq ans plus tard en 2020, lors de mon départ du conseil, celui-ci se voyait réduit à 3 personnes[W 59], un président issu de la communauté flamande de Belgique, une Française et un Hollandais, tous préoccupés par le manque de participation et d'engagement au sein de l'association. Avec sa trentaine de membres effectif en 2020[W 20], le mouvement Wikimédia au niveau de la Belgique ne constituait donc pas à mes yeux une organisation suffisamment grande pour faire l'objet d'une recherche doctorale.

Photo du groupe de conversations mondiales de la stratégie du mouvement Wikimedia (5 décembre 2020)
Fig. 1.8. Photo du groupe de conversations mondiales de la stratégie du mouvement Wikimedia du 5 décembre 2020 (source:https://w.wiki/$eX)Petit jeu... Où se trouve l'auteur de ce travail de recherche parmi ces 100 photos ?

Je fus confronté à une situation similaire en ligne au niveau des projets Wikimédia lorsque j'ai eu l'idée de baser mon travail de fin d'étude de master en anthropologie sur une observation participante au sein du projet Wikipédia en wallon. La proximité culturelle et la connaissance de la langue m'avait attiré vers cette communauté, mais malheureusement je me suis vite rendu compte que les deux administrateurs qui assumait la maintenance du site et les cinq à dix personnes qui l'éditaient plus de cinq fois par mois [W 60] ne pouvait pas être matière suffisante à mon projet.

Cependant, alors que l'activité au sein du mouvement Wikimédia apparait très diffuse par endroits, elle peut aussi s'avérer très dense dans d'autres. Hors ligne par exemple, il existe deux grands pôles d'activité que représente la fondation Wikimédia avec plus de 450 employés[W 6] et l'association Wikimédia Deutchland, la première à avoir vu le jour en 2004, qui rassemble en 2020 plus de 80 000 membres[W 61] et 120 employés[W 62]. Dans l'espace numérique du mouvement, on peut aussi comparer au projet wallon, le projet Wikipédia en français qui comprend pour sa part près de 160 administrateurs et plus de 20 000 éditeurs ayant contribué au projet dans les 30 jours qui ont précédé le 15 janvier 2021[W 63].

Les projets Wikipédia, pareillement aux autres projets Wikimédia, affichent donc une grande disparité de taille au niveau de ses versions linguistiques. C'est ainsi qu'en date du 22 octobre 2020, 18 versions linguistiques de Wikipédia avec plus d'un million d'articles, 50 avec plus de 100 000, 83 avec plus de 10 000, 119 avec plus de 1000, 34 avec plus de 100 et 10 avec moins de 10[W 64]. La situation hors-ligne du mouvement fait aussi preuve d'une telle disparité avec une quarantaine d'associations nationales de tailles variables et dont le nombre de membres peut varier entre une vingtaine et plus de 80 000 en octobre 2020[W 4].

Tant hors ligne qu'en ligne, Wikimédia apparait donc comme un mouvement social très peu homogène et « multi-situé »[B 71] propice aux « désarrois de l'ethnographe »[B 72] tel que celui décrit par Christophe Lazaro dans son ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian:

« paysage réticulaire aux multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; […] la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrements subtils qu'il s'avère difficile de démêler »[B 73].

Mais n'est-ce pas dans les zones d'inconfort que l'on devient le plus créatif ? En conclusion de sa propre aventure ethnographique en ligne, Jeanne Drouet répond à cette question en concluant qu'il est « possible d'affirmer que le numérique peut donner lieu à d'autres types d'expérimentations, tout aussi éclectiques et atypique les une que les autres »[B 74]. La découverte d'une pratique ethnographique récursive en était une de toute évidence, son rendu auto-ethnographique en sera peut-être une autre.

En raison du caractère réticulaire et peu homogène de mon terrain d'observation, il m'est apparu à la fois difficile et peu pertinent de baser mon récit sur des entretiens compréhensifs[B 75] issus d'un nombre limité d'informateurs d'origines et de cultures très différentes. Intuitivement, j'ai pensé que cela m'exposerait à un trop grand risque d' « encliquage »[B 76] au sein d'un ou plusieurs groupes d'acteurs qui aboutirait à coup sûr à une représentation biaisée du mouvement et pour le moins statistiquement injuste. Cette intuition de fausse route fut par ailleurs renforcée par la lecture d'un travail sociologique dans lequel j'apprenais que la communauté Wikipédia était « bien loin de l'image d'Épinal qui voudrait que les participants à une activité numérique soient interrogeables aisément »[B 77].

Pauvre en récits de vie en provenance des acteurs de terrains, mais riche d'expériences dialogiques et participatives, j'ai donc au fil du temps et de mes lectures finit par penser à l'option du récit autoethnographique[B 78] comme fil conducteur de mon travail de restitution de donnée de terrain. Un tel choix comportait évidemment le risque de voir ma propre histoire devenir insidieusement le sujet principal de mon compte dans un mauvais réflexe « complaisant, narcissique, introspectif et individualisé »[B 79]. Pour éviter cet écueil, j'ai donc veillé tout au long de mon travail d'écriture à ce que le récit de mes expériences accorde toujours plus d'attention à l'environnement et aux faits qui les entourent plutôt qu'à ma propre personne. En adoptant ce principe, je me suis aussi rappelé que Mike Singleton affirmaient pour sa part que narrer des expériences représentait « le plafond et non pas seulement le plancher de l'anthropologie » à cette condition cependant concernant les acteurs de terrain:« Décoder leurs codes et les recoder dans les miens, oui. Prendre les miens pour décisifs ou définitifs, non »[B 80].

Le risque d'égocentrisme une fois écarté, je vis dans le récit auto-ethnographique l'avantage de rendre mon discours plus accrocheur. Il m'encourageait aussi à utiliser la première personne du singulier au lieu du nous de modestie (ou de fausse modestie) trop désuet à mon goût. Faire part au lecteur de ma propre expérience sans en faire mon objet d'étude, était aussi une belle manière d'assumer pleinement mon regard subjectif porté sur le mouvement Wikipédia tout en endossant cette posture réflexive bien connue des anthropologues. Cela me permit enfin de ne pas cacher mes propres « sensibilités »[B 81] parfois « très proche »[B 82] de celles des acteurs Wikimédiens dont je m'estime faire partie aujourd'hui.

9. Une induction qualitative basée sur des faits plutôt que des dires[modifier | modifier le wikicode]

L'hypoitético-déduction et l'hypotético-induction sont deux méthodes utilisées en sciences sociales. La première débute par une question de départ comme guide à la récupération ou constitution de modèles et d'hypothèses et concepts. Ceux-ci sont ensuite articulés en dimensions et composants dans le but de les vérifier ou infirmer à l'aide d'un ensemble d'indicateurs. La seconde méthode au contraire fera le trajet inverse et débutera par une observation et la production d'indicateurs empiriques qui permettront seulement par la suite de construire ou récupérer des concepts, hypothèses, dans le but éventuel de produire ou de confirmer un ou plusieurs modèles théoriques[B 83].

Par tradition peut-être ou en raison de son histoire et de certaines convictions partagées, la méthode inductive fut celle choisie par les anthropologues. Elle fut aussi mon choix, influencé par mon environnement de travail très certainement, mais aussi comme nous le verrons bientôt en raison de nombreux biais cognitifs qui peuvent se développer au départ de préjugés de départ, peu importe qu'ils soient issus d'autres études prestigieuses, de concepts et hypothèses savamment produites ou encore de modèles théoriques inébranlables.

L'anthropologie est aussi une discipline où l'on s'intéresse davantage aux aspects qualitatifs que quantitatif durant l'observation de son terrain d'étude. Afin de garantir une certaine « rigueur du qualitatif », Olivier de Sardan préconise dans les enquêtes ethnographique de produire des « indicateurs qualitatifs » qu'il intitule « descripteurs » et définit de la sorte:

Chaque enquête produit ses propres descripteurs : déterminer des thèmes de " séquence de vie " à recueillir, mener des enquêtes systématiques sur la sémiologie populaire, organiser une série précise d'observations ciblées, se focaliser sur quelques acteurs-clés éminents ou obscurs, faire un panorama approfondi des associations existantes, choisir des conflits significatifs… Dans les études comparatives multi-site, de plus en plus nombreuses, la construction de descripteurs communs est par ailleurs indispensable pour permettre une certaine homogénéité des données produites, et assurer ainsi leur comparabilité.[B 84]

Tous ce indicateurs apparaitrons donc comme le substrat de cette étude. Vu l'ampleur du mouvement et la quantité insondable d'indicateurs qu'il est possible de produire, je n'aurai pas pris l'option, bien qu'elle possible, de faire le chemin inverse de l'étude déductive qui consisterait à produire dans un ordre chronologique de nouveaux concepts, hypothèses et théories anthropologiques. Cette idée m'était venue à l'esprit en cours d'écriture, mais elle est finalement apparue impossible au vue de la quantité de travail et de pages que nécessite déjà la description synthétique du mouvement Wikimédia.

En addition à ce précédent manquement, on peut aussi regretté l'absence d'interview ou de sondage au sein de la communauté Wikimédia dans le cadre de ce travail. En me faisant ce reproche à moi-même au cours de mon enquête de terrain, je me suis demandé si l'on pouvait vraiment se fier au discours des acteurs pour se faire une représentation du réel ? L'histoire de la socio-anthropologie nous a en effet enseigné que se fier au dires des acteurs de terrain pouvait dans certains cas produire des omissions voir des erreurs flagrantes par rapport à la réalité des choses.

Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[B 85] contesté par Wouter Eildert Albert van Beek (1991)[B 86]. Comme autre exemple dans le milieu anglophone cette fois, on trouve aussi les travaux de Margaret Mead dont elle rend compte dans son ouvrage Coming of age in Samoa[B 87]. Critiqués à maintes reprises, les résultats de cette recherche auront effectivement été remis en cause par Serve Tcherkésoff lors d'une enquête subséquente qui permis de savoir que la chercheuse « habitait au poste américain de l'île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles »[B 88]. Se fier de la sorte à ce que l'on entends lors d'entretiens individuels revient donc à prendre le risque de reproduire un mythe plutôt que de faire par du réel[B 89].

Malgré les prises de conscience suscitées au sein de la discipline anthropologique par ces deux importantes polémiques, le questionnement sur la fiabilité du discours des acteurs restera toujours d'actualité avec pour exemple les travaux de Thierry Boissière qui pratique en raison des risques de conflits armés sur son terrain une « socio-anthropologie à distance » avec des « informateurs skype » dont les propos sont parfois difficiles à vérifier ou recouper (Boissière, 2015, p.124)[B 90]. Une situation tout à fait à l'antipode de ma propre expérience puisque de mon côté il m'est loisible d'observer librement, en temps réel ou de manière asynchrone, clique par clique, l'archivage presque complet tous ce qui se passe dans la partie numérique de mon terrain d'observation.

D'un côté donc, un chercheur qui n'y a d'autre choix que d'accorder une certaine confiance aux dires de ses informateurs et se soumettre ainsi aux risques du « syndrome narratif »[B 91] et du « reflet déformé du réel »[B 92] tout en essayant de recouper comme il peut ce qu'il récolte avec d'autres sources tels que les communiqué de presse ou ce qu'il peut lire sur les réseaux sociaux, de l'autre, mon terrain que l'on pourrait presque qualifier d'holoptique tant il me fut possible d'accéder directement au réel de référence sans devoir passer par la collecte d'information lors d'entretiens individuels ou collectifs.

Quant à la question de réaliser des sondages au sein du mouvement et de produire mois même des indicateurs statistique, je n'en n'ai pas non plus ressenti de nécessité puisqu'il me fut aussi loisible de récupérer le travail précédemment fournit par la fondation Wikimédia et de nombreux chercheurs actifs au sein du mouvement. En réalité la profusion de ces données est tel que j'ai trouvé plus pertinent de me pencher sur leurs évolution dans le temps plutôt que d'en produire moi-même de nouvelles avec un expertise beaucoup moins grande.

10. Un questionnement progressif et une ignorance de départ[modifier | modifier le wikicode]

Un dernier reproche que l'on pourrait peut-être faire à présent à mon travail de recherche serait qu'il n'aura pas fait l'objet d'une question de départ. A vrais dire, j'ai déjà expérimenté la question de départ dans le cadre d'un travail sociologique et hypothético-déductiif qui avait pour but de répondre à la question : « Un site de rencontres crée ou dévoile-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? »[B 93]. Cette approche me permit d'aboutir rapidement et de manière très objective à une question portant sur une caractéristique bien précise de la communauté que j'avais décidé d'observer. Cependant, ma motivation première dans l'étude du mouvement Wikimedia est tout autre et ne pouvait répondre à une question de départ bien précise.

Ceci ne m'a pas pour autant empêché de me poser de nombreuses questions tout au long de ma découverte du mouvement et nombre d'entre elles d'ailleurs aura fait l'objet d'un travail universitaire[W 65][N 18]. En rédigeant ces travaux, je me suis effectivement demandé si Wikipédia n'était pas « une démocratie à deux vitesses »[B 94] ou « un nouveau média de colonisation culturelle occidentale »[B 95] et si aborder le projet sous la « métaphore du jeu »[B 96] pouvait être une approche heuristique. J'ai ensuite tenté de savoir si la « démocratie et la responsabilité sociale »[B 97] était présente au sein du projet encyclopédique et si l' « anonymat des contributeurs y était désirable »[B 98]. Concernant plus spécifiquement le mouvement Wikimédia, je me suis enfin posé des questions sur de probables « dérives éthiques »[B 99] et sur la manière d'y « inclure la culture orale »[B 100] et d'y développer une « économie plus juste »[B 101]. A vrai dire, mon questionnement fut tel qu'il finit par me pouser à écrire une Trilogie pour un monde juste et sain[B 102] dans je me questionne sur les conditions d'émancipation des êtres humains au travers cette fois d'un travail personnel.

Toutes ces questions me sont donc parvenues au cours de mon parcours d'observation et au départ d'une complète ignorance du mouvement Wikimédia. Pour tout dire, lorsque j'ai débarqué sur Wikipédia en tant que contributeur, cette ignorance était telle, qu'il m'a fallu tout un temps pour comprendre que le premier message reçu[W 66] sur ma page de discussion[N 19] avait été postés par un bot informatique[N 20]. D'ailleurs en visitant la page utilisateur de Salbot, un autre robot informatique qui avait réagi à mes premières actions sur Wikipédia, j’étais tombé sur un message d'accueil qui me semblait incompréhensible au premier abord (foir figure 1.3 ci-dessous)[W 67]. Au moment de sa lecture, je ne savais effectivement pas ce qu'était un bot et il me fallut donc faire quelque recherche pour comprendre ce qu'il m'arrivait.

Avec un peu d'autodérision, je vois dans cet épisode un lamentable échec au test de Turing[B 103] qui me fut soumis par le projet Wikipédia lors de mon arrivée. Mais ceci dit, si je n'avais pas vécu cette expérience, je n'aurai probablement pas non plus compris de la même manière comment l'abandon de la participation de nouveaux arrivants aux projets Wikimédia pouvait être liée à l'arrivée de robots de maintenances[N 21]. Mon ignorance de départ m'avait ainsi permis de vivre moi-même cette expérience de nouvel utilisateur par ce fait de mieux la comprendre.

ATTENTION:BOT MÉCHANT
Salebot.png
Ce bot ne respecte pas les trois lois de la robotique.
Vandales:passez votre chemin et ne touchez pas à cette page !

Fig. 1.8. Message d'accueil situé sur la page utilisateur de Salebot un robot informatique chargé de gérer les actes de vandalismes sur Wikipédia. (source: https://w.wiki/$ev)

Ce petit exemple illustre pourquoi il m'a semblé intéressant de débuter un terrain d'observation en toute ignorance de ce qui s'y passe. De plus, je suis aussi persuadé qu'une hypothèse de départ peut exposer le chercheur à une perception sélective de la réalité qui pour susciter l'apparition d'un biais de confirmation. Une théorie retenue par simple effet de mode parfois, peut je crois susciter un désir de rationalisation et de réification propice à des corrélations illusoires pouvant être renforcées par l'effet Einstellung[B 104]. De manière générale, il semble d'ailleurs que toute connaissance antérieure à une observation de terrain risque de faire apparaitre de nombreux biais cognitifs[N 22] tel que l'erreur fondamentale d'attribution, réputée très puissante dans la culture occidentale[B 105]. Dans certains cas externes enfin et selon la personnalité du chercheur et la quantité de préjugés qu'il dispose, une certaine illusion de connaissance asymétrique risque aussi de voir le jour dans le cadre d'une violence épistémique déjà précédemment décrite.

Plongé dans une « anthropologie du proche »[B 106], ou lorsque l'on a déjà accumulé une connaissance passive du terrain durant d'autres expériences de recherches par exemple, il serait bien entendu impossible d'effacer la présence du moindre préjugé de sa mémoire. Par chance je dirais, ce ne fut pas ma situation dans le cadre de cette étude, puisque qu’en tout et pour tout, ma seule expérimentation de l'univers Wikimédia avait été de vérifier s'il était vrai que tout le monde pouvait modifier Wikipédia. Dans ce réflexe de curiosité expérimenté par bien d'autres personnes je pense, j'en étais même venu à créer un nouvel article au sujet d'un petit groupe d'étudiants que j'avais réunis dans le but de promouvoir les logiciels libres au sein de mon université.

Ce groupe appelé « Copyleft ULB » aura disparu au même titre que son article encyclopédique et en raison de manque flagrant de notoriété. Si j'en parle à l'instant, c'est pour signaler que j'avais déjà développé une certaine adhésion à la culture libre avant le démarrage de mon observation participante au sein du mouvement Wikimédia. Il est donc probable que celle-ci a influencé ma perception du mouvement Wikimédia même s’il m'est difficile de m'en rendre compte aujourd'hui. Ce que je peux affirmer par contre, c'est que ma connaissance du mouvement du logiciel libre m'aura permis sans aucun doute, de mieux cerner les origines profondes du mouvement Wikimédia présentées en détails dans le troisième chapitre de ce travail.

11. Une limite aux ambitions de départ[modifier | modifier le wikicode]

Il me serait impossible de terminer ce chapitre sans formuler un dernier aveu d'impuissance face aux ambitions affichées dans ce chapitre d'introduction. Dans mon université et à l’exception des assistantes et assistants engagés par l'université sous contrat de six ans, on accorde pour une thèse de doctorat en général entre quatre et six ans de travail à des personnes qui dans le meilleurs des cas seront financée pour une période de quatre ans. N'ayant pas réussi à trouver un financement, j'ai pour ma part réussi à trouver des rentrées financières extérieures à mon projet de thèse. J'aurai ainsi changé quatre fois de statuts pour finalement me retrouver en situation d'incertitude. Poursuivre mon parcours doctoral au-delà des quatre ans habituels m'est donc apparu comme une option à la fois peu raisonnable et très inconfortable.

Il en résulte que les méthodes et pratiques qui viennent d'être présentées n'auront pas pu être exploitées tel que je l'aurai voulu. Si je pense avoir honoré ma promesse de récursivité, de vérifiabilité, de rendu auto-ethnographique et de prospection sur l'avenir de l'humanité, je suis par contre resté impuissant devant un traitement adéquat du big data qualitatif Wikimédia. Ce traitement informatique des données et plus spécifiquement des archives textuelles apparenté aux sciences de traitement de données n'est pas une activité courante en socio-anthropologie. De plus cela demande un temps de calcul non négligeable largement tributaire des capacités informatiques disponibles mais aussi des compétences en informatiques du chercheur. Appliquer cela à un mouvement aussi vaste que Wikimédia, dépasse donc largement ce qu'il est possible de faire dans le cadre d'une thèse de doctorat. Pour s'en convaincre, plongeons à présent dans les dédales organisationnelle du mouvement le temps d'un voyage au cœur de ce que l'on nomme depuis dix ans déjà : « la galaxie Wikimédia ».

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

[N]otes

  1. Mon observation participante au sein du mouvement Wikimédia a débuté le 26 février 2011, jour où j'ai créé un nouveau compte utilisateur dans le projet Wikipédia francophone dans le but d'afficher mon identité d'étudiant de master en anthropologie réalisant son travail de fin d'étude sur la communauté des contributeurs actifs au sein du projet.
  2. Texte original :The problem with Wikipedia is that it only works in practice. In theory, it can never work.
  3. À côté de mes quatre ans activités doctorales prenait place d'autres priorités tels que prendre soin de mon fils et de mon entourage.
  4. Mon parcours doctoral n'a malheureusement pas pu faire l'objet d'un financement. Le délai entre la fin de mon master et le début de mon doctorat était trop long pour que je puisse déposer ma candidature au fond national de recherche scientifique (FNRS). Parallèlement, les recherches au niveau d'autres organismes ont été infructueuses. Par la suite, mes deux dossiers de candidatures pour un fond de développement pédagogique au sein de mon université (FDP) furent rejetés tout comme de nombreuses demandes de financement au sein du mouvement. Les seuls financements que j'ai pu obtenir furent quelques remboursements de frais de transport en Belgique lors de diverses réunions ou ateliers, et de manière plus conséquente, une bourse de Wikimedia Suisse qui me permis de participer sans frais à ma première rencontre internationale Wikimania de 2014, une autre en provenance de l'association française qui me permis d'assister à celle de 2016 et une dernière de l'association belge pour l'édition 2019.
  5. En plus du français comme langue maternelle, les seules langues dans lesquelles je peux communiquer plus ou moins aisément sont l'anglais et le portugais.
  6. L'ensemble des fichiers que j'ai importés est accessible sur la page:https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:ListFiles?limit=500&user=Lionel+Scheepmans
  7. Lorsque des pages Web affichent des graphiques ou tableaux mis à jour en temps réel par exemple, ou lorsqu'un site l'interdit, l'archivage devient alors malheureusement impossible.
  8. Cet exemple choisi correspond à l'hyperlien pointant vers l'archivage du 5 décembre 2020 de la page principale de ce travail de recherche. L'adresse permettant l'accès direct à la dernière version mise à jour sur Wikiversité est donc:https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Imagine_un_monde
  9. Cette licence creative commons représente donc une véritable aubaine pour les chercheurs et surtout pour les statisticiens comme pourra en attester l'existence d'une multitude de sites web présentant des analyses effectuées parfois en temps réel au départ de données récoltées sur les sites Wikimédia via une interface de programmation d'application (API). À leurs tours, licence oblige, ces analyses statistiques sont publiées sous licence CC.BY.SA et reviennent donc disponibles pour les chercheurs sous les mêmes conditions que celles évoquées précédemment.
  10. Pour plus de détails au sujet de cette analyse voir annexe 3:Statistical analysis of Wikimedia Foundation financial reports - Wikiversity
  11. Je reviendrai sur cette information contradictoire dans le courant du chapitre 6.
  12. Publiés sur des sites Web séparés ou parfois intégrés dans certaines pages des projets éditoriaux, ces projets statistiques bénéficient la plupart du temps d'une interface de programmation d'application (API) qui permet une automatisation de la récolte et du traitement des informations. Les résultats statistiques produits par ces traitements seront aussi publiés sous licence CC.BY.SA.
  13. À noter que interprétation de ce graphique doit se faire en tenant compte que la courbe illustre l'addition du nombre d'apparition. Une position verticale signifie donc une grande apparition du mot tandis qu'une courbe parfaitement plate signifie que le mot n'apparaît pas durant cette période.
  14. Pour ne pas alourdir cette section, une présentation plus approfondie des requêtes syntaxiques, notamment type SQL, rendue plus puissante grâce à une lemmatisation des corpus sera détaillée en annexe.
  15. La question de harcèlement sera traitée plus en détails dans le chapitre 5 consacré à la vie communautaire Wikimédia.
  16. Je profite de l'occasion pour anticiper une éventuelle discrétisation de mon travail au départ d'une accusation d'auto-plagiat, utilisé dans certains milieux académiques pour condamner la récupération de ses propres écrits dans un autre contexte d'édition dans le but d'accroitre son nombre de publications. L'intérêt pour l'auteur étant bien entendu de faire croire à une plus grande expérience d'écriture dans le cadre d'une candidature à un post académique ou un financement quelconque. Il se fait cependant que la rédaction de l'article encyclopédique ne sera jamais, à tort ou à raison, considérée comme une production scientifique et qu'elle ne fera donc jamais l'objet d'une reconnaissance quelconque en milieu universitaire. Son écriture par contre aura représenté une charge de travail importante dans le but de répondre aux attentes éditoriales de Wikipédia qui n'ont rien en commun avec celles établies pour l'écriture d'une thèse de doctorat. Sur Wikipédia, il fut me fut par exemple reproché d'utiliser trop de sources primaires, alors que ces sources sont au contraire très attendues dans le cadre d'un travail socio-anthropologique.
  17. À la clôture du vote, le label ne fut pas attribué puisque que seulement 4 des 9 personnes votantes étaient en sa faveur alors que la labellisation requière 66 % de votes favorables et au moins 5 votes positifs.
  18. Tous ces travaux produits durant un master en anthropologie, un certificat en éthique sociale et économique et ce récent parcours doctoral, tout comme ce présent ouvrage et bien d'autres travaux encore, furent publiés dans l'espace recherche du projet Wikiversité francophone pour être ensuite référencé sur ma page d'utilisateur commune à tous les projets Wikimédia conjointement au résumé toute ma participation au sein du mouvement. Une fois son compte créé sur les projets Wikimédia, il est en effet possible d'éditer librement une page de présentation tant que son contenu est en lien avec le mouvement Wikimédia. Pour les versions imprimées de cet ouvrage, une copie de ma page de présentation au sein des projets Wikimédia sera disponible au niveau des annexes.
  19. Sur les projets Wikimédia, un espace de discussion personnel constitué d'une page web est créé lors de l'ouverture d'un nouveau compte utilisateur. D'autres fonctionnalités offertes aux utilisateurs enregistrés seront vues en détails dans les prochaines sections de cet ouvrage.
  20. Un bot informatique est un agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques.
  21. La réduction de la participation des nouveaux arrivant sera illustré plus en détails dans la partie de cet ouvrage consacré à l'histoire du mouvement.
  22. En parcourant la catégorie biais cognitif sur Wikipédia, bon nombre d'entre eux semblent applicables à notre cas de figure:biais d'attention, de cadrage, de conformisme, d'anticonformisme, d'équiprobabilité ou effet de halo et de primauté.

[B]ibliographie

  1. Alain Testart, « L'Objet de l'anthropologie sociale », L'Homme, vol. 26, no  97, 1986, p. 139 (ISSN 0439-4216) [texte intégral (page consultée le 2019-05-09)]
  2. Jean-Paul Colleyn, « Champ et hors champ de l'anthropologie visuelle », L Homme, no  203-204, 2012-12-04, p. 457 (ISSN 0439-4216 et ISSN 1953-8103) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-10-03)]
  3. Mike Singleton. Interview par Lionel Scheepmans. Un anthropologue venu des pères blancs. 25 janvier 2012. (consulté le 03/10/2019). début de plage :25 min 13 sec
  4. Vincent Mirza, « Une ethnologie de la mondialisation est-elle possible? », Anthropologie et Sociétés, vol. 26, no  1, 2002, p. 159–175 (ISSN 0702-8997 et ISSN 1703-7921) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2021-01-07)]
  5. Morgan Meyer et Susan Molyneux-Hodgson, « « Communautés épistémiques »:une notion utile pour théoriser les collectifs en sciences ? », Terrains & travaux, vol. 18, no  1, 2011, p. 151 (ISSN 1627-9506) [texte intégral (page consultée le 2020-03-15)]
  6. Pierre Gervais, « Marchandisation ou managérialisation du savoir ? Réflexions sur le cas étatsunien », Hal université Paris 3, 2015 [texte intégral (page consultée le 2021-03-03)]
  7. Philippe Paillou, « Universités, la marchandisation du savoir », sur Club de Mediapart, (consulté le 3 mars 2021)
  8. Alexandre Moatti, « Posture d'opposition à Wikipédia en milieu intellectuel en France », dans Wikipédia: objet scientifique non identifié, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, (ISBN 978-2-84016-205-6, lire en ligne), p. 123-133
  9. Lionel Scheepmans, « Recherche:Culture fr Wikipédia », Wikiversité, (consulté le 2 novembre 2020)
  10. Zack McCune, « Leading with Wikipedia:A brand proposal for 2030 », Wikimedia Foundation, (consulté le 17 janvier 2021)
  11. Georges (1854-1936) Auteur du texte Vacher de Lapouge, Les sélections sociales :cours libre de science politique professé à l'Université de Montpellier, 1888-1889 ([Reprod. en fac-sim.])/par G. Vacher de Lapouge, 1896 [lire en ligne], p. 29 
  12. Gaston Berger, « L'homme et ses problème dans le monde de demain. Essai d'anthropologie prospective » , Les Études philosophiques, XI, 1, pp. 150-151.
  13. Gaston Berger, Jacques de Bourbon Busset, Pierre Massé et Philippe Durance, De la prospective:textes fondamentaux de la prospective française, 1955-1966, L'Harmattan, 2008, 13 p. (ISBN 9782296041806) (OCLC 470622785) [lire en ligne] 
  14. Gaston Berger, « L'idée d'avenir », Les annales, nouvelles série, août 1960, 118.
  15. Gaston Berger « Sciences humaines et prévision », La Revue des Deux Mondes, 3, 1er février 1957, pp, 417-426.
  16. Gaston Berger, « L'avenir des sciences de l'homme », La Nef, XIII, 13 :Condition de l'homme, Paris :Julliard, pp. 215-224.
  17. Gaston Berger, Jacques de Bourbon Busset, Pierre Massé et Philippe Durance, De la prospective:textes fondamentaux de la prospective française, 1955-1966, L'Harmattan, 2008 (ISBN 9782296041806) (OCLC 470622785) [lire en ligne], p. 17 
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