Recherche:Imagine un monde/Partie 1

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IMAGINE UN MONDE
Quand le mouvement Wikimédia témoigne des forces et dérives d'une société globale et numérique

Découverte et enjeux
(Première partie)
De Lionel Scheepmans

Accès deuxième partie

Résumé du travail de recherche
Dans l'ombre du projet Wikipédia qui a fêté son vingtième anniversaire en début d'année 2021 tout en restant l'unique sites web du top 50 des fréquentations sans but lucratif, s'est développé un mouvement social pratiquement inconnu du grand public que l'on nomme « Le mouvement Wikimédia » et qui au cœur de sa mission, imagine un monde dans lequel chaque être humain peut partager librement la somme de toutes les connaissances. Très peu médiatisé, tant par la presse que par la littérature scientifique, ce mouvement social s'occupe pourtant de la gestion de près d'un millier de sites web et regroupe à lui seul, plusieurs centaines d'associations humaines actives dans plus de 70 nations du monde. En tant qu'héritier direct des valeurs et pratiques développées par le mouvement du logiciel libre, Wikimédia apparait donc comme l'expression mondiale et contemporaine d'une contre-culture opposée au capitalisme marchand et défiante d'un système socio-politique profondément élitiste.

Dans le but premier de rendre ce mouvement visible et compréhensible par tous, ce travail de recherche socio-anthropologique repose sur une observation participante de 10 ans dont le rendu fait référence à d'innombrables archives numériques issues de l'espace web. Fort de cette matière première empirique et ethnographique, cette étude qui s'inscrit dans le courant d'une anthropologie prospective a pour seconde ambition d'analyser le développement d'une société globale et numérique dont le mouvement Wikimédia illustre remarquablement bien les tensions et les enjeux.

Dans une première partie de l'ouvrage consacrée à la découverte du mouvement et à ses enjeux cachés, il est question dans un premier temps de découvrir un reflet de l’hypercomplexité de la société globale et numérique au travers de tout une galaxie Wikimédia cachée derrière l'imposante planète Wikipédia. Fort de cette découverte, vient ensuite le moment de percevoir au sein des projets wikimédia une source d'inspiration épistémologique propice à nourrir une plaidoirie en faveur d'une évolution de la science. Cette première partie, se clôture ensuite par la découverte des origines du mouvement qui permettent de mieux comprendre l'espace numérique, tout en faisant resurgir les enjeux de ce perpétuel combat qui oppose une part de l'humanité en quête de liberté, d'autonomie et d'égalité à une autre part désireuse d'accroitre ses richesses économiques et son contrôle politique.

La deuxième partie de l'ouvrage, consacrée cette fois aux analyses et projections, est alors l'occasion de contextualiser cette lutte entre autonomie et pouvoir au sein de l'histoire du mouvement dans le but d'y découvrir une certaine dérive de la mission Wikimédia originairement dédiée au libre partage, mais peu à peu pervertie par mimétisme d'un monde économique et politique environnant. Par la suite, et au travers d'une présentation des différents acteurs Wikimédia, des mécanismes de perversions du partage par le don et par la mise en place insidieuse d'une servitude involontaire sont ensuite analysés. La découverte d'une culture Wikimédia au sein d'un environnement numérique très particulier, permet ensuite de découvrir d'un certain dualisme entre acteurs en ligne et hors ligne, mais aussi et surtout entre bénévoles fidèles aux pratiques et principes hérités de la culture libre et salariées empêtrés dans les logiques du marché du travail. Avant de conclure, et départ d'une prise de conscience de l'importance et du pouvoir de l'imagination chez l'être humains, vient alors un dernier chapitre où il est question d'imaginer le monde de demain, à l'image du mouvement Wikimédia bien sûr, mais aussi et ce grâce aux enseignements apportés par cette étude, au niveau de notre société humaine globale et numérique.

Remerciements

(En cours de rédaction).

D’ores et déjà, merci à l'utilisateur Ortografe et toutes les autres personnes qui m’ont déjà soutenues au niveau de ma dysorthographie ainsi que tous ceux et celles qui sont intervenu.e.s sur les pages de discussions portant sur le contenu rédactionnel de ma thèse publiée en temps réel sur le projet Wikiversité francophone.

Toujours au niveau de l’orthographe, je remercie aussi les développeurs de Grammalecte et LanguageTool deux logiciels libres de correction orthographique dont le premier est gratuit et fonctionne en extension de mon navigateur Internet et le second seulement payant dans sa version pro et fonctionne via un plugin et un serveur distant.

Introduction

Si l'encyclopédie libre Wikipédia reste à ce jour le projet phare du mouvement Wikimédia, il ne faut pas ignorer pour autant l'existence de nombreux autres projets Wikimédia dont les objectifs pédagogiques variés sont potentiellement soumis au même succès que celui de l'encyclopédie. Aussi importante qu'elle puisse être, une version linguistique du projet Wikipédia ne devrait donc pas être l'arbre qui cache une forêt peuplée de près d'un millier d'autres sites web tous développés au sein du mouvement Wikimédia. Il est vrai que découvrir le mouvement Wikimédia apparait comme une tâche conséquent dès lors que l'on sait que six mois d'observation d'observation m'auront suffi pour produire un ethnographie la communauté des éditeurs actifs au sein du projet Wikipédia en français[B 1], alors que ce furent plus de dix ans de participation qui me sont apparus nécessaires à la synthèse de ce qui se passe dans l'ensemble du mouvement Wikimédia[N 1]. Une entreprise de taille certes, mais qui en fin de compte permet de situer les choses dans toute la complexité réelle du monde globale et numérique qui nous entoure.

Logo du mouvement Wikimédia entouré de 15 autres logos de projets actifs en son sein
Fig. 1.1. Logo du mouvement Wikimédia entouré de 15 autres logos de projets actifs en son sein (source: https://w.wiki/qbx)

Pour se rendre compte de l'ampleur du mouvement Wikimédia au niveau de son espace numérique, il faut en effet savoir qu'en fin 2020, observer le mouvement Wikimédia en ligne, c'est potentiellement s'intéresser à environ 64 millions de modifications par mois[W 1], réalisées sur plus de 400 millions de pages Web, elles-mêmes publiées sur près de 900 sites web différents dont 300 seulement représentent les différentes versions linguistiques de Wikipédia[W 2]. Ceci sans oublier que toute cette quantité colossale d'informations fait l'objet d'un archivage presque complet et libre de consultation, qui est statistiquement analysé par une centaine de sites web tout aussi libre d'accès.

À toute cette sphère d'activités numériques, faut-il encore ajouter toutes les activités hors ligne réalisées au sein du mouvement. En 2020, Wikimédia comprenait en effet plus de 130 groupes d'utilisateurs[W 3] et près d'une quarantaine d'associations étatiques[W 4] ou thématiques[W 5] réparties dans le monde entier. Et dans le but de coordonner toute cette effervescence, la Wikimedia Foundation chargée de la gestion technique, juridique et administrative du mouvement au niveau international rassemblait à elle seule en octobre 2020, plus de 450 salariés aux origines très diverses[W 6].

Distinguer Wikimédia de Wikipédia est par ailleurs quelque chose d'important pour certains membres du mouvement et certainement pour ceux qui se seront rassemblés sur une page du projet central Meta-Wiki afin de discuter de l'opportunité de substituer le terme Wikimédia par celui de Wikipédia pour renommer le mouvement et la fondation. Sur cette page, un vote a en effet regroupé 540 personnes sur près de 600 en opposition à cette substitution[W 7]. Quant à cette idée de changement de nom de marque, elle fut proposée par la fondation Wikimédia dans le but d'apporter une plus « haute visibilité » au mouvement et « attirer les milliards de personnes » grâce au nom de marque « Wikipédia, l'un des plus connus au monde »[B 2]. Mais suite à cette mobilisation de la communauté, une lettre ouverte signée par 73 organisations affiliées au mouvement et 984 membres contributeurs Wikimédia aura été adressée à la fondation Wikimédia pour expliquer que :

Depuis 20 ans, les bénévoles ont bâti la réputation de Wikipédia en tant que ressource indépendante et communautaire. Les projets du mouvement Wikimedia, dont Wikipédia, se développent autour de la décentralisation et du consensus. Il est essentiel d’établir des distinctions claires entre la Wikimedia Foundation, les affiliés et les contributeurs individuels. Tout changement qui affecte cet équilibre exige le consentement éclairé et la collaboration des communautés. Il est donc très préoccupant de voir « Wikipédia » présenté pour le nom de l’organisation et du mouvement malgré le mécontentement général de la communauté.[W 8]

À cette nécessité de distinguer les projets Wikimédia de la fondation et des organisations affiliées qui les supportent, s'ajoute encore le fait que de nombreuses personnes ignorent tout, ou dans tous les cas beaucoup de choses, par rapport à ce qui se passe au-delà de la version linguistique du projet Wikipédia qu'ils consultent ou qu'ils éditent régulièrement. D'ailleurs, même au sein de Wikipédia, l'article consacré au mouvement Wikimédia en français est resté très peu développé jusqu'en 2019[W 9], alors que du côté anglophone, il n'a dépassé le stade d'ébauche qu'à partir de 2016[W 10]. Quant au reste des projets Wikipédia, en date du 17 novembre 2020, seulement 22 d'entre eux sur les près de 300 versions linguistiques existantes, possèdent un article consacré au mouvement[W 11]. De ces nombreuses lacunes découlent sans doute les divers commentaires extraits des débats portant sur le renommage de la fondation qui témoignent chacun à leur manière d'une importante confusion quant à l'utilisation du terme Wikimédia.

[...] personne en dehors du mouvement n'a compris la différence entre wikimedia et wikipedia [...] (Poupou l'quourouce) [...] Lorsque les gens contactent une filiale de Wikimedia, ils s'attendent en réalité à recevoir une réponse de Wikipedia. Quand j'ai essayé de faire un don à un chapitre de Wikimedia, la banque a essayé d'envoyer mon don à un chapitre de Wikipedia » [...] (NickK) [...] « Depuis de nombreuses années, nous essayons d'expliquer au public qu'il y a beaucoup plus dans wikimedia que l'encyclopédie wikipedia » [...] (Relf PP) [...] « Faire comprendre aux gens la différence (que ce soit dans OTRS ou dans la vie réelle) entre WMF et Wikipedia est déjà difficile » [...] (Nosebagbear) [etc.][W 12][N 2]

Ces multiples commentaires parmi tant d'autres, illustrent donc à quel point le mouvement Wikimédia demande à être connu et compris de tous et par toutes. Pour combler cette lacune et avant même d'entamer l'incontournable chapitre méthodologique qui sera aussi une belle occasion plaider en faveur d'une évolution de la science, le premier chapitre de la première partie de cette ouvrage sera une présentation synthétique et aussi complète que possible du mouvement Wikimédia. Par la suite et en guise de préambule à une deuxième partie d'ouvrage plus ethnographique consacré aux acteurs, à la culture et à l'imaginaire Wikimédia, les origines du mouvement seront étudiées dans le but cette fois de dévoiler les enjeux d'une révolution numérique philosophiquement et techniquement complexe tout en acquérant les bases d'une meilleur compréhension de l'espace numérique qui en fut le fruit.

Notes et références

[N]otes

  1. Mon observation participante au sein du mouvement Wikimédia a débuté le 26 février 2011, jour où j'ai créé un nouveau compte utilisateur dans le projet Wikipédia francophone dans le but d'afficher mon identité d'étudiant de master en anthropologie réalisant son travail de fin d'étude sur la communauté des contributeurs actifs au sein du projet.
  2. Texte original en anglais avant sa traduction : The two are already confused and the chapter receives lawyer letters demanding to remove content X of article Y (Ash Crow) / When people are contacting a Wikimedia affiliate, in reality they expect to get an answer from Wikipedia. When I tried to make a donation to a Wikimedia chapter, the bank tried to send my donation to a Wikipedia chapter (NickK) / Getting people to understand the difference (whether in OTRS or real life) between WMF and Wikipedia is tough as it is (Nosebagbear) / For many years now we try to explain to the public that there is much more to wikimedia than the wikipedia encyclopedia (Relf PP) / etc.

[B]ibliographiques

  1. Lionel Scheepmans, « Recherche: Culture fr Wikipédia », Wikiversité, (consulté le 2 novembre 2020)
  2. Zack McCune, « Leading with Wikipedia: A brand proposal for 2030 », Wikimedia Foundation, (consulté le 17 janvier 2021)

[V]idéographiques

[W]ebographiques

  1. Wikimedia Statistics, « All wikis » (consulté le 7 octobre 2020)
  2. Wikiscan, « Wikiscan statistics », (consulté le 7 octobre 2020)
  3. Meta-Wiki, « Groupes d'utilisateurs de Wikimédia » (consulté le 7 octobre 2020)
  4. Meta-Wiki, « Wikimedia locaux » (consulté le 7 octobre 2020)
  5. Meta-Wiki, « Organisations thématiques » (consulté le 7 octobre 2020)
  6. Wikimedia Foundation, « Staff and Contractors » (consulté le 6 octobre 2020)
  7. Meta-Wiki, « Requests for comment/Should the Foundation call itself Wikipedia » (consulté le 26 octobre 2020)
  8. Meta-Wiki, « Lettre ouverte de la Communauté sur le changement de nom » (consulté le 22 janvier 2021)
  9. XTools, « Mouvement Wikimédia - Historique de la page » (consulté le 25 mars 2021)
  10. XTools, « Wikimedia mouvement - Historique de la page » (consulté le 25 mars 2021)
  11. Wikidata, « Wikimedia Movement » (consulté le 17 novembre 2020)
  12. Meta-Wiki, « Requests for comment/Should the Foundation call itself Wikipedia » (consulté le 26 octobre 2020)

Le mouvement Wikimédia comme source d'inspiration épistémologique


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Avant de s'attarder sur les questions méthodologies liée cette étude et aux réflexions qu'elle suscitent par rapports au pratiques scientifiques, il m'est apparu utile d'aider le lecteur non averti à mieux cerner la portée et les enjeux d'une recherche socio-anthropologique. Alain Testart disait en effet que : « La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale »[B 1]. Dans cette perspective et contrairement à d'autres sciences, une recherche socio-anthropologique ne repose donc pas sur un cahier des charges préétablit qu'il faudrait respecter à la lettre. À ce propos Jean-Paul Colleyn écrivait d'ailleurs « il y a aujourd'hui autant d'anthropologies qu'il y a d'objets d'études (anthropologie de l'art, de la musique, de la religion, de la santé ou de la perception) […] »[B 2].

Michael Singleton, pour sa part nous dit que « l'anthropologie ça n'existe pas, […] ce qui existe réellement, ce sont des anthropologues »[B 3]. Si l'on ajoute à cela l'idée de Vincent Mirza selon laquelle « le premier terrain d'une ethnologie de la mondialisation commence dans les universités et les centres de recherche »[B 4], on réalise alors à quel point la personnalité de l'anthropologue, son cadre institutionnel et la nature de son terrain d'étude représentent trois facteurs déterminants dans le choix des méthodes et pratiques de recherche.

Ce présent travail de recherche est en ce sens un bel exemple de ce type d'influence puisque son sujet d'étude, le mouvement Wikimédia, aura largement inspiré ma méthodologie de travail et même donné l'occasion de faire émerger de nouvelles pratiques scientifiques. De cette expérience quelque peu particulière d'écrire le compte rendu d'un travail de recherche au sein même de son terrain de recherche, m'est alors venu l'idée de construire une plaidoirie en faveur d'un changement, ou pour le moins d'un élargissement, des méthodes et pratiques appliqués en anthropologie, en socio-anthropologie, en sciences sociales voir même en science de manière général dès lors qu'il s'agit de publier le résultat de ses recherches.

Il faut savoir en effet que durant la réalisation de cette thèse de doctorat, j'ai été confronté à deux communautés épistémiques[B 5] engagées chacune dans une mission de partage des connaissances humaines, mais cependant diamétralement opposées quant à leurs valeurs et philosophie d'action. D'un côté, au niveau de la communauté Wikimédia, j'ai découvert un mouvement social collaboratif, très inclusif, profondément égalitaire, libre d'accès et de toute forme de relation marchande et épargné jusqu'à ce jour de tout contenu publicitaire, alors que de l'autre, dans le milieu universitaire, s'est présenté à moi un milieu compétitif, élitiste par excellence, dont l'accès nécessite souvent de sérieuses capacités financières[B 6] et qui se voit tristement reconnu comme lieu de marchandisation du savoir[B 7][V 1].

Une étude holistique, non exhaustive, mais sans fin

Au sein de l'espace numérique du mouvement Wikimédia, il est possible de rassembler une somme colossale d'informations en quelques clics, alors qu'a contrario et au niveau de la sphère hors ligne du mouvement, l'information se voit extrêmement dispersée géographiquement et donc difficilement accessible dans sa globalité. Dans un tel contexte et dans le cadre de cette recherche solitaire doctorale, il me fut donc impossible d'établir une présentation exhaustive du mouvement sans ses moindres détails. Cependant, pour rester fidèle à un premier désir d'approche holistique, m'est alors apparue comme alternative, l'idée de produire une image réduite et synthétique du mouvement tout en m'efforçant autant que possible de la garder fidèle et représentative. Un tel défi dut faire face à des limites de temps au niveau de la recherche[N 1], de budget concernant les déplacements[N 2] et de capacités linguistiques dans le cadre des interactions humaines[N 3]. Toutes ces contraintes représentent donc autant de raisons pour lesquelles, l'étude de la sphère francophone du mouvement fut privilégiée, mais sans omettre pour autant toutes l'activité internationale du mouvement indispensable à sa perception globale.

Dessin de L.L. de Mars pour Framasoft: un toit sans mur observé par deux pingouins
Fig. 1.2. Dessin de L.L. de Mars pour Framasoft (source: https://w.wiki/$eq)

Au niveau des projets en ligne et pour les mêmes raisons qui viennent d'être citées, trois d'entre eux auront fait l'objet d'une observation et d'une participation plus assidue. Le premier est la version francophone du projet Wikipédia bien connue en tant que projet fondateur du mouvement. Le deuxième est le site francophone du projet Wikiversité, dernier-né des projets soutenus par la fondation Wikimédia et d'une grande importance dans l'écosystème Wikimédia, puisqu'il se dédie au partage de contenus pédagogiques mais aussi à la publication de travaux de recherche. Le troisième et dernier est le projet Méta-Wiki, qui représente l'espace numérique de coordination et de gouvernance du mouvement. Dans une moindre mesure enfin, le site Wikimédia Commons constitua aussi un de mes lieux d'activités puisqu'il est l'endroit central et désigné pour télécharger des fichiers (photos, vidéo, etc.) avant de les utiliser sur les autres projets Wikimédia[N 4].

En plus des limites de temps, de finances et de capacités linguistiques, j'aurai aussi été confronté à des restrictions d'accès au niveau de certaines sphères du mouvement. Dans l'espace numérique, le rejet de ma candidature aux élections du statut d'administrateur sur le site Meta-Wiki[W 1] et par la suite sur l'ensemble des projets Wikimédia[W 2] ne me permit pas par exemple, d'expérimenter ces différentes fonctions. Par contre, j'aurai été administrateur du projet Wikiversité francophone dès le mois d'octobre 2015[W 3] avec un renouvellement de mon statut d'administrateur d'interface en novembre 2019[W 4]. Dans la version anglophone de ce projet, ma candidature aura aussi été retenue au sein du comité d'édition du WikiJournal of Humanities en juin 2019[W 5]. Toujours au niveau des activités en ligne, j'aurai enfin participé à la première édition du Wikimedia & Education Greenhouse Project[W 6], un programme pilote destiné à former les membres des communautés locales à lancer de nouveaux projets éducatifs avec le soutien du mouvement.

Au niveau de l'espace hors ligne cette fois, le rejet de ma candidature au conseil d'administration de Wikimédia France[W 7] ne m'aura pas permis de découvrir cette association aussi bien que l'association belge dont je fus l'un des membres fondateurs[W 8] et membre du conseil d'administration de janvier 2017[W 9] à août 2020[W 10]. Bien que j'aie pourtant fait preuve de beaucoup d'insistance, il ne m'aura pas non plus été possible de participer à l'une des Wikimedia Conference organisées chaque année à Berlin et dont celle de 2020 fut annulée suite à la pandémie de Covid-19[W 11]. En raison d'une demande trop tardive, je n'aurai malheureusement pas non plus réussi à rejoindre l'un des groupes de travail formé dans le cadre de l'élaboration de la stratégie du mouvement [W 12]. Quant à ma candidature au conseil d'administration de la fondation Wikimédia, elle aussi n'aura pas pu se faire en raison de la pandémie qui contraint un report des élections d'avril 2020 en août, prolongé par la suite jusqu'en juin 2021[W 13].

En compensation, j'aurai par contre participé, en Angleterre[W 14], en Italie[W 15] et en Suède[W 16], à trois éditions de la plus importante rencontre annuelle internationale du mouvement intitulée Wikimania, ainsi qu'aux hackathons qui traditionnellement la précèdent. J'aurai de plus pris part à un sommet de recherche consacré au mouvement qui succéda à la rencontre en Suède[W 17] et aux conversations mondiales au sujet de la stratégie du mouvement[W 18]. Au niveau international toujours, j'ai aussi été présent l'une des conférences Wiki Indaba, celle de Tunis[W 19] en 2018, qui rassemblent les communautés wikimédiennes situées en Afrique et à une formation à Berlin destinée aux membres des conseils d'administration des associations locales[W 20]. Au niveau de la francophonie enfin, j'ai participé activement à deux wikiconventions francophones, l'une à Strasbourg[W 21], l'autre à Bruxelles[W 22], ainsi qu'à de nombreux ateliers Wikipédia en Belgique et autres rencontres informelles comme ce fut le cas lors d'un soupé à Paris organisé à l'initiative d'un éditeur de Wikipédia[W 23].

En dehors des instances et des rencontres Wikimédia, j'aurai finalement effectué quatre voyages d'exploration dans le but de mieux comprendre la perception du mouvement Wikimédia dans le monde. Le premier se déroula en Inde[B 8], le second au Cap Vert[B 9], le troisième en Tunisie[B 10] et le dernier au Ghana[B 11]. Un cinquième voyage vers le Québec qui était prévu pour l'automne 2020 fut malheureusement avorté en raison d'une quarantaine imposée à Montréal cumulé à une absence de garantie quant à la possibilité de rencontrer la communauté autochtone attikamekw récemment porteuse d'un projet Wikipédia en langue locale[B 12].

Bien que parfois limitée, ma participation au sein de Wikimédia a donc finalement été suffisante pour rassembler le matériel nécessaire à l'écriture de cette thèse de doctorat[N 5]. De plus, toute ces années d'observation participante au sein du mouvement me permirent aussi d'atteindre une certaine « familiarité informée » du mouvement, ou pour le moins, d'y vivre une séries de « moments ethnographiques » qui au delà des méprises, me permirent de mettre en résonance avec mon propre vécu, le réel, l'imaginaire et le symbolique de l'univers Wikimédia[B 13].

Pour le reste, il faut savoir enfin que cette thèse de doctorat aura été entièrement écrite et publiée en temps réel sur le site web du projet Wikimédia intitulé Wikiversité, un projet qui se destine à la production de contenu pédagogique et à la réalisation de travaux de recherche[B 14]. En raison de la licence libre CC. BY. SA 3.0[W 24] appliquée sur l'ensemble des pages de ce site, la réutilisation de cette thèse de doctorat ainsi que sa transformation complète ou partielle et même commerciale est donc possible et autorisée. Ce qui apparait comme une première au sein des projets Wikimédia, le sera aussi au niveau académique puisque en tout et pour tout je n'aurai trouvé sur le net qu'une seule expérience similaire à la mienne. Ce fut celle de Doug Belshaw qui avant soutenir sa thèse de doctorat[B 15] à l'université de Durham, l'avait édité sous licence CC.0 sur un site MediaWiki auto hébergé intitulé « The never ending thesis »[W 25] pour ensuite la publier sous forme de livre électronique sous le titre The essential elements of digital literacies[B 16].

Cependant, et contrairement à la thèse de Doug Belshaw dont le site web a finalement disparu, ce travail de recherche tel qu'il se présente sur Wikiversité restera soumis à d'éventuelles améliorations faites, par moi ou par tout autres personnes qui accéderont à ses pages web. Autrement dis, et ce au même titre qu'un article encyclopédique sur Wikipédia, ce présent travail de recherche n'a ainsi aucune date de clôture présumée et fera donc fort probablement l'objet d'améliorations futures préalablement débattues sur les pages de discussions dédiées à cet effet. Au delà de la version officielle de ma thèse de doctorat qui devra être remise à mon université, et grâce à cette pratique d'édition collaborative héritée du mouvement Wikimédia, j'espère donc que cette expérience originale apportera la preuve que la « slow science »[B 17] n'est pas forcément incompatible avec l'ère du numérique et que la publication de travaux socio-anthropologie dans l'espace web n'a aucune raison de nourrir les inquiétudes de ceux qui redoutent de voir un jour « le format de la monographie complètement désuet »[B 18].

Un terrain d'étude peu homogène et propice à l'auto-ethnographique

Si l'étude du mouvement Wikimédia peut apparaitre sous certains aspects comme une tâche sans fin, elle m'est apparue cependant limitée au niveau de certains espaces du mouvement à la fois très peu fréquenté par les acteurs et très peu développés au niveau de son organisation. Créée en 2014 seulement, l'association Wikimédia Belgique par exemple rassemblait seulement une douzaine de ses quarante membres lors de sa première assemblée générale organisée par les 6 membres de son conseil d'administration[B 19]. Cinq ans plus tard en 2020, lors de mon départ du conseil, celui-ci se voyait réduit à 3 personnes[W 26], un président issu de la communauté flamande de Belgique, une Française et un Hollandais, tous préoccupés par le manque de participation et d'engagement au sein de l'association. Avec sa trentaine de membres effectifs en 2020[W 10], le mouvement Wikimédia au niveau de la Belgique ne pouvait donc constituer à mes yeux, une organisation suffisamment grande pour faire l'objet d'une recherche doctorale.

Photo du groupe de conversations mondiales de la stratégie du mouvement Wikimedia (5 décembre 2020)
Fig. 1.8. Photo du groupe de conversations mondiales de la stratégie du mouvement Wikimedia du 5 décembre 2020 (source: https://w.wiki/$eX)Petit jeu… Où se trouve l'auteur de ce travail de recherche parmi ces 100 photos ?

J'avais déjà été confronté à ce même type de situation au niveau des projets Wikimédia lorsque j'avais eu l'idée de baser mon mémoire de fin master en anthropologie sur une observation participante au sein du projet Wikipédia en wallon. La proximité culturelle et la connaissance de la langue m'avait attiré vers cette communauté. Malheureusement, je me suis vite rendu compte que les deux administrateurs qui assumaient la maintenance du site et les cinq à dix personnes qui l'éditaient plus de cinq fois par mois [W 27] ne pouvaient apporter matière suffisante à mon projet.

Mais alors que l'activité au sein du mouvement Wikimédia apparait très diffuse par endroits, elle peut aussi s'avérer très dense dans d'autres. Hors ligne par exemple, il existe deux grands pôles d'activité que représente la fondation Wikimédia avec plus de 450 employés[W 28] et l'association Wikimedia Deutchland, la première à avoir vu le jour en 2004, qui rassemble en 2020 plus de 80 000 membres[W 29] et 120 employés[W 30]. Ceci alors que dans l'espace numérique du mouvement, on peut comparer au projet Wikipédia en wallon, le projet Wikipédia en français qui comprend pour sa part près de 160 administrateurs et plus de 20 000 éditeurs ayant contribué au projet dans les 30 jours qui ont précédé le 15 janvier 2021[W 31].

Pareillement aux associations affiliées au mouvement, les projets d'éditions Wikimédia, affichent donc une grande disparité de tailles avec pour exemple au niveau du projet Wikipédia et en date du 22 octobre 2020, 18 versions linguistiques qui comprennent plus d'un million d'articles, 50 plus de 100 000, 83 plus de 10 000, 119 plus de 1000, 34 plus de 100 et 10 moins de 10[W 32], alors qu'en octobre 2020 et au niveau de la quarantaine d'associations nationales, le nombre de membres peut varier d'une vingtaine à plus de 80 000[W 33].

Tant hors ligne qu'en ligne, Wikimédia apparait donc comme un mouvement social très peu homogène et « multi-situé »[B 20] propice aux « désarrois de l'ethnographe »[B 21] similaire à celui décrit par Christophe Lazaro dans son ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian:

« paysage réticulaire aux multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; […] la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrements subtils qu'il s'avère difficile de démêler »[B 22].

Mais n'est-ce pas cependant dans les zones d'inconfort que l'on devient le plus créatif ? Et n'est-il pas vrai que « le numérique peut donner lieu à d'autres types d'expérimentations, tout aussi éclectiques et atypiques les une que les autres » ?[B 23] C'est en tout cas ce qui se sera passé pour ma part dans le cadre de cette étude puisqu'elle fut l'occasion d'expérimenter de nouvelles pratiques socio-anthropologique telles que « l'écriture vérifiable » et « la pratique ethnographique récursive » qui seront prochainement discutées, mais aussi l'auto-ethnographie[B 24] qui n'est pas une méthode nouvelle en soi, mais dont on parle très peu dans la sphère francophone des sciences sociales alors qu'elle fait débat dans le milieu anglophone[W 34].

Sans qu'elle n'intervienne réellement comme charpente de mon travail d'écriture, l'auto-ethnographie m'est toute fois apparue comme une solution intéressante à certaines impasses liées précisément au caractère réticulaire et peu homogène de mon terrain d'observation. Dans le contexte d'une approche holistique de mon terrain d'étude, il m'est en effet apparu difficile et peu pertinent de me baser sur des témoignages issus d'entretiens compréhensifs[B 25] avec un nombre limité d'informateurs d'origines et de cultures très différentes. Ce genre de pratique, pourtant courante en sciences sociales, me semblait de fait très risquée d'une part, en raison de impossibilité de faire un rendu complet de l'hétérogénéité de mon terrain, d'autre part, aux vues des possibilités d'« encliquage »[B 26] au sein de certains groupes d'acteurs, mais aussi au final en raison d'une réalité de terrain « bien loin de l'image d'Épinal qui voudrait que les participants à une activité numérique soient interrogeables aisément »[B 27].

C'est donc au fil du temps et de mes lectures que je finis par mobiliser aux moments les plus opportuns l'auto-ethnographique comme méthode d'écriture et de restitution de mon terrain d'étude[B 28]. Un tel choix comportait évidemment le risque intrinsèque de voir ma propre histoire devenir insidieusement l'histoire du mouvement Wikimédia au départ d'un point de vue « complaisant, narcissique, introspectif et individualisé »[B 29]. Pour éviter cet écueil, j'ai donc veillé à ce que le récit de mes propres expériences ne reste qu'une option et pas une règle tout en veillant porter plus d'attention à ce qui m'entoure plutôt qu'à ma propre personne. En adoptant ce principe, je me suis enfin rappelé que Mike Singleton affirmait pour sa part que narrer ses expériences représentait « le plafond et non pas seulement le plancher de l'anthropologie » mais à condition toute fois de lorsqu'on décode les codes des acteurs de terrains pour les recoder dans les miens de ne jamais « prendre les miens pour décisifs ou définitifs »[B 30].

Ce risque d'égocentrisme une fois écarté, je vis donc dans le récit auto-ethnographique cet avantage d'implicitement mettre en garde le lecteur sur la subjectivité des informations qu'il reçoit tout en le faisant dans un discours qui me semble plus accrocheur. De plus ces passages auto-ethnographique m'encourageait aussi à utiliser la première personne du singulier au lieu du nous de modestie (ou de fausse modestie)trop désuet à mon goût. Faire part au lecteur de ma propre expérience sans en faire mon objet d'étude, était enfin une belle manière d'assumer et de partager pleinement mes propres « sensibilités »[B 31] parfois « très proche »[B 32] de celles des acteurs Wikimédiens dont je m'estime faire partie aujourd'hui et ce bien sûr sans sortir du cadre réflexif bien connue des anthropologues.

Une écriture vérifiable au sein d'une lecture immersive

Par rapport aux nombreux travaux réalisés en anthropologie numérique, cette présente étude se situe donc aux frontières entre une approche « holistique » puisqu'elle porte sur un espace numérique mais sans s'y limiter, et celles d'une approche « instrumentale » puisque ce travail de recherche porte sur un mouvement social dont l'espace numérique constituera l'un des principaux moyens d'observation[B 33]. En complément de ce qui a déjà été fait, ce travail d'écriture ne manquera pas non plus d'apporter une nouvelle illustration des six principes clefs qui semblent faire consensus au sein de la discipline. (1) Le numérique intensifie la dialectique nature culture, (2) il offre une meilleure compréhension de la vie pré-numérique (3) il doit être abordé d'un point de vue holistique et comme partie intégrante de l'humanité, (4) il n'est pas facteur d’homogénéisation mais au contraire réaffirme la notion de relativisme culturel, (5) il apporte une ambivalence au sein de la vie politique et privée, (6) il développe une nouvelle culture matérielle dans laquelle l’anthropologue se trouve lui-même imbriqué[B 33].

À ces précédentes considérations faut-il encore ajouter dans le cadre bien spécifique de ce travail de recherche publié sur le web, la possibilité de s'immerger au sein même du terrain d'étude au cours de sa lecture tout en ayant la possibilité de retourner sur les lieux d'observation pour y vérifier la véracité des informations traitées. Permettre une tel expérience au départ d'un simple clic[N 6], a bien entendu des conséquences épistémologiques majeurs qui bouleverse le système d' « adéquation empirique » habituellement mis en place par les chercheurs en sciences sociales et dans lequel il s'agit habituellement de fournir des « données produites » au départ d'un « réel de référence » dans le but d'établir un « rapport d'adéquation entre l'argumentation et les données d’enquête »[B 34]. Grâce aux hyperliens apparaissant tout au long de la lecture, la nécessité de « produire des données d'enquête » fait donc place à un accès direct au « morceau d'espace social et de temps social dont le chercheur veut rendre compte et qu'il se donne pour tâche de comprendre »[B 35],

Au départ de ce changement épistémologique radical apporté par une « lecture immersive » au sein d'une « écriture vérifiable », apparait ainsi une réduction drastique des risques de falsification ou de torsions du réel de référence lors de sa restitution par le chercheur. De plus, grâce à cette pratique d'immersion et de vérification, il ne s'agira donc plus de fournir un contenu scientifique « plausible et valide »[B 36], mais bien cette fois, d'offrir un ensemble d'informations « vérifiables » dans le but de limiter les questions de plausibilité et de validité à l'argumentation du chercheur uniquement.

Par ailleurs, il est intéressant de voir que ce principe de « vérifiabilité » fit l'objet de débat méthodologiques au sein des projets Wikipédia depuis 2006, dans le cadre de discussions au sujet de la présentation des sources au sein des articles encyclopédiques en tant que nouvelle exigence éditoriales[B 37]. Cette règle de vérifiabilité[W 35] Wikipédienne fait aussi penser au terme de « verifiabiliy » introduit par Karl Popper[B 38] dans sa démarcation entre science et non-science qui m'avait déjà interpellé en 2011 dans le cadre de la rédaction mémoire de master portant sur le sujet Wikipédia[B 39]. Sans revenir sur des analyses produites autre part[B 40][N 7] et pour recontextualiser simplement ici les choses, voici un extrait des propos de Karl Popper qui me semble apporter une rapide synthèse de ce qu'il dit sur la question de vérifiabilité :

ce n'est pas la vérifiabilité mais la falsifiabilité d'un système qui doit être considérée comme un critère de démarcation. En d'autres termes :  Je n'exigerai pas d'un système scientifique qu'il puisse être distingué, une fois pour toutes, dans un sens positif ; mais j'exigerai que sa forme logique soit telle qu'il puisse être distingué, au moyen de tests empiriques, dans un sens négatif : un système scientifique empirique doit pouvoir être réfuté par l'expérience...[B 41][N 8]

Comparativement à ces considérations épistémologiques formulées par Popper, voici à présent la règle de vérifiabilité de Wikipédia tel qu'elle se résume au niveau du projet francophone :

La vérifiabilité est l'une des règles essentielles de Wikipédia qui découle du principe de la neutralité de point de vue. Avec l'interdiction de publier des travaux inédits, les règles déterminent ce qui peut ou non être publié dans Wikipédia. Elles doivent être interprétées les unes par rapport aux autres, et il est recommandé aux contributeurs de Wikipédia de bien les connaître et de se les approprier.

Une information ne peut être mentionnée que si les lecteurs peuvent la vérifier, par exemple si elle a déjà été publiée par une source ou référence de qualité. Les contributeurs doivent fournir une telle source pour toutes les informations contestées ou susceptibles de l'être. Dans le cas contraire, elles peuvent être retirées.

La vérifiabilité n'est pas la vérité : nos opinions personnelles sur la nature vraie ou fausse des informations n'ont aucune importance dans Wikipédia. Ce qui est indispensable, c'est que toutes les informations susceptibles d'être contestées, ainsi que toutes les théories, opinions, revendications ou arguments, soient attribués à une source identifiable et vérifiable.[W 35]

Au départ de ces deux extraits, il apparait donc évident que la vérifiabilité Wikipédienne repose sur un critère d'autorité que sont les « sources ou référence de qualité » alors la vérifiabilité de Popperienne est tout autre, puisqu'elle repose au contraire sur l'« expérience » de « tests empiriques » et non sur un quelconque positivisme. Face à ces deux approches distinctes, « l'écriture vérifiable » mise en œuvre dans le cadre du rendu de ce travail de recherche, semble donc se placer du côté Popperien étant donné que la présence d'hyperliens offrent précisément aux lecteurs la possibilité de ré-expérimenter de manière empirique mes propres observations et non de les valider au départ d'un argument d'autorité. Ce à quoi renonce Popper et vers quoi tend l'écriture vérifiable, est donc de minimiser autant que possible la dimension positive d'un document scientifique au bénéfice d'une plus grande véracité des informations traitées au sein de l'argumentation.

Comme premier repositionnement épistémologique des travaux anthropologique soumis à la pratique d'une écriture vérifiable au sein d'une lecture immersive apparaîtra donc la disparition de ce qui est communément appelé le « pacte ethnographique »[B 42] selon lequel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. »[B 43]. Un tel pacte a certes du sens dans le contexte d'une épistémologie des sciences sociale dont Jean-Claude Passeron disait que « la pertinence empirique des énoncés sociologiques ne peuvent être définies que dans une situation de prélèvement de l'information sur le monde qui est celle de l'observation historique, jamais celle de l'expérimentation. »[B 44], mais deviendra de fait tout à fait obsolète suite aux dispositions méthodologiques précédemment expliqués.

De la sorte, le régime d'« historicité » des sciences sociale que Passeron considère comme historiques par nature et qui vise à atteindre une vérité différente des sciences dites de la nature[B 45], ne s'applique donc plus du tout au cadre bien précis d'une étude, ou toute partie d'une étude, qui se baserait sur le prélèvement d'informations en provenance d'un espace numérique à la fois public et archivé. Grâce aux propriétés asynchrones et la dé-spatialisation propre à un tel type espace numérique, la pertinence empirique des énoncés socio-anthropologique qui le concerne ne peuvent donc plus reposer sur un quelconque contrat de confiance qui serait établi entre l'auteur d'un ouvrage scientifique et ses lecteurs, mais bien sur la mise à disposition d'un ensemble d'hyperliens qui permettront d' ré-expérimenter l'observation du réel de référence.

Je souligne donc le fait que briser le pacte ethnographique à chaque fois que cela s'est présenté au cours du rendu de mes travaux de recherche, ne m’est pas apparu comme une option, mais bien comme un devoir d’authenticité et de transparence guidé par une honnêteté intellectuelle qui se doit d'être honorer. Un tel devoir me semble d'autant plus désirable que l'imposture scientifique existe de tout temps[B 46] et que cette imposture intellectuelle perdure jusqu'à nos jours[B 47] dans une facilitée qui pourrait être accrue en science sociale comme le démontre sans doute le canular[B 48] de l' « automobilités postmodernes »[B 49]. Ceci sans oublier la publication de best-sellers tel que « La Vie des maitres »[B 50] de Baird Thomas Spalding ou encore la quinzaine de livres écrits par Carlos Castañeda dont certains furent traduis en 17 langues et vendus à 8 millions d'exemplaires[W 36]. alors que Robert Marshall nous informe que :

« Le statut des livres en tant qu'anthropologie sérieuse n'a pratiquement pas été remis en question pendant cinq ans. Le scepticisme a augmenté en 1972 après que Joyce Carol Oates, dans une lettre au New York Times, ait exprimé son étonnement qu'un critique ait accepté les livres de Castañeda comme non fiction. L'année suivante, le New York Times publia un article de couverture révélant que Castañeda avait beaucoup menti sur son passé. Au cours de la décennie suivante, plusieurs chercheurs, notamment Richard de Mille, fils du légendaire réalisateur, ont travaillé sans relâche pour démontrer que le travail de Castañeda était un canular. »[B 51].

Tout en plaçant une limite claire entre ethnographie et la fiction[B 52][B 53], une écriture vérifiable offre de plus au lecteur la possibilité de récolter d'autres informations et de conduire d'autres observations dans le but de détecter d'éventuels biais au niveau de la sélection ou même certaines omissions. Pour renforcer ce nouvel avantage, mes observations hors ligne qui par nature, ne peuvent être ré-expérimentées au même titre que les observations issues du terrain archivée et librement accessibles par le web, se verront autant que possible recoupées par des informations en ligne. Quant à la question de citer mes sources bibliographiques, et conformément à la ligne de conduite des projets de recherche sur Wikiversité[W 37], elles seront bien sûr référencées comme il se doit, alors que reviendra aux auteurs d'assumer tout responsabilité sur la validité des informations qui s'y trouvent. Au delà de ces multiples engagements enfin, et conformément à ce qui a déjà été fait dans certaine paragraphes précédents, je n'hésiterai pas non plus à placer au sein de mon texte certains verbatims ou autres type de citations et données d’enquête en prenant le soin de toujours les compléter d'un hyperlien dès qu'il m'en sera possible. Permettre une lecture immédiate de ce type d'information est en effet incontournable pour les lecteurs qui ne bénéficieront que d'une version papier de mon travail et permettra de plus et dans certains cas, de fournir la traduction d'un texte avant d'en restituer sa version originale au niveau de mes notes.

Les serveurs d'Internet Archive au siège de San Francisco
Fig. 1.3. Les serveurs d'Internet Archive au siège de San Francisco (source: https://w.wiki/$eV)

De manière pratique, ma méthode d'écriture vérifiable se concrétise donc par l'utilisation au sein du texte de divers types d'indices de renvoi qui permette de notifier soit la présence d'une note explicative, soit d'une référence bibliographique produite par un ou plusieurs auteurs, soit d'une référence vidéographique produite par un ou plusieurs auteurs, soit encore d'un hyperlien pointant vers la page web où se trouve le lieu de mon observation entendu comme réel de référence. Afin d'accroitre le confort du lecteur, ces indices de renvois numérotés sont aussi précédés d'une lettre qui indique la nature de l'information ciblée sans pour autant devoir la consulter. Voici donc en résumé quelles lettres sont utilisées et à quoi elles se réfèrent :

  • [N] pour un renvoi vers les notes apportant un complément d'explication ou un texte original avant traduction.
  • [B] pour un renvoi vers les références bibliographiques ou autres sources secondaires constituées d'ouvrages ou d'articles publiés sous le nom de ses auteurs et sous la responsabilité d'un éditeur. Ces références sont complétées par un hyperlien lorsque le document est librement accessible en ligne.
  • [V] pour un renvoi vers les références vidéographiques complétées d'un hyperlien lorsque le document est librement accessible en ligne et lorsque la vidéo en question n'aura pu être directement insérées au niveau de la publication du travail sur Wikiversité.
  • [W] pour un renvoi vers les permaliens pointant vers le site web.archive.org du projet Internet Archive[W 38], où furent archivées, chaque fois que cela fut possible[N 9], l'ensemble des pages Web retenues lors mes observations. Situées dans tout l'espace numérique publiquement accessible par le réseau Internet et pas seulement de l'espace numérique Wikimédia, ces documents constituent donc autant de sources primaires numériques mobilisées.

En complément à ces renvois numérotés, les parties de texte en caractères bleus sur Wikiversité ou soulignée dans d'autres formats numérique, comportent d'autres hyperliens qui permettent de consulter les pages en dehors de leur archivage dans le but d'accéder à de possible mises à jour qui pourrait constituer un complément d'information. Pour les versions imprimées de cet ouvrage, l'accès à ces pages sera aussi possible du fait que l'adresse URL des permaliens pointant vers web.archive.org se termine toujours par l'URL de la page archivée. Pour accéder à la version actuelle d'une page qui n'aurait pas été supprimée, il suffit donc de recopier dans un navigateur ce qui pour exemple apparait en caractères italiques dans l'URL suivante : http://web.archive.org/web/20201220231650/https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche: Imagine_un_monde[N 10]. Enfin, pour la version publiée sur Wikiversité et uniquement pour celle-ci, j'aurai enfin pris la peine de « Wikifier » certains mots ou expression lorsque j'ai estimé qu'un complément d'information en provenance d'une autre pages des projets Wikimédia pouvait être utile pour le lecteur. Comme de coutume sur ces projets, ces hyperliens apparaissent en bleu au niveau du texte.

Un surcroît de travail important fut donc nécessaire pour la mise en œuvre de tels dispositifs et explique probablement pourquoi je n'ai jamais rencontré de référencement similaire lors de mes lectures scientifiques. Je ne regrette en rien cependant cet investissement dès lors qu'il pourra, comme je l'espère, faire évoluer les consciences, pratiques et habitudes scientifiques. En outre, le fait de briser mon « monopole des sources »[B 35] par un accès direct vers mes lieux d'observation en ligne, donnera aussi la possibilité à d'autres chercheurs, non seulement de bénéficier d'une lecture immersive et de la vérifiabilité de mes écrits, mais aussi de faire d'autres observations plus approfondies dans le but, pourquoi pas, de contredire mon argumentation. J'espère enfin de tout cœur, que ce processus donnera envie à d'autres chercheurs de le reproduire, mais aussi de se lancer à leurs tours dans des nouveaux travaux de recherche au sujet du mouvement Wikimédia aidé par les accès offerts au niveau de ce premier travail d'exploration et de synthèse.

Un traitement qualitatif du big data

Faire une étude socio-anthropologique dans l'espace web, au même titre que tout autres espaces numériques, c'est aussi s'exposer à la nécessité de traitement de données massives qu'il est commun aujourd’hui d'appeler le Big data. Et il se fait que l'espace numérique Wikimédia produit énormément de données quantitatives tout comme qualitatives que l'on peut parcourir grâce à des outils de recherche de plus en plus perfectionnés et qui dans certains cas peuvent même produire des graphiques et autres analyses statistiques.

Toutes ces informations sont de plus publiées sous licence creative commons CC. BY. SA. Ce qui veut donc dire qu'elles sont libres d'exploitation et de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés et sous deux conditions seulement : (1) « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », (2) « diffuser l'œuvre modifiée dans les mêmes [sic] conditions, c'est à dire [sic] avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[W 24][N 11]. Pouvoir disposer d'une telle quantité d'information sans devoir se préoccuper d'une autorisation d'accès ou de traitement est donc une réelle aubaine pour un chercheur, mais en contrepartie cela le confronte à une abondance d'informations tel que son traitement tant quantitatif que qualitatif devient difficile.

Pour clarifier les choses, il est d'ailleurs bon de se rappeler qu'une donnée quantitative, au contraire d'une donnée qualitative, se caractérise par quelque chose de mesurable. Comme exemple trivial, nous avons cette citation de Rosie Stephenson-Goodknight au sujet des éditeurs de Wikipédia : « You can imagine probably 90 percent being men »[B 54], dans laquelle l'information « 90 % » sera d'ordre quantitatif tandis, alors que l'information « homme » sera d'ordre qualitatif. Mais il est ensuite important de bien garder à l'esprit qu'une donnée quantitative peut devenir source d'une information qualitative et vice versa.

Les 29 entailles présentes sur l'os de Lebombo, le plus ancien bâton de comptage connu à ce jour, en est un bel exemple. Ces marques attestent en effet d'une part, que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre comptable (information qualitative). De plus elles ont permis de supposer, de part leur nombre (donnée quantitative), qu'elles furent réalisées par une femme africaine (donnée qualitative) qui aurait comptabilisé les jours de son cycle menstruel[B 55]. De manière itérative, et en tenant pour vrai cette supposition, on peut enfin déduire que la personne qui a creusé ces encoches avait une masse musculaire inférieure à celle d'un homme (donnée quantitative).

Suite à ce principe, il devient donc difficile dans le cadre d'une étude dite qualitative, d'ignorer, ou même de négliger, les données quantitatives présentes sur le terrain. D'une part et comme cela vient d'être démontré, parce que les données quantitatives peuvent être sources de données qualitatives, mais aussi d'autre part, parce que les données quantitatives sont plus aptes à établir des comparaisons objectives. Une comparaison qualitative des compétences physiques entre deux personnes peut par exemple s'avérer un exercice délicat tant il peut être influencé par la subjectivité de l'évaluateur, alors que si cette comparaison repose sur des données quantitatives tel que la taille en centimètre, le poids en kilogramme, etc. la tâche devient dès lors plus à la fois plus facile et le résultat plus objectif.

Au cours de ce travail et d'une manière qui plaira sans doute aux amateurs de descriptions denses[B 56], j'ai donc veillé à ne pas oublier de tenir compte des informations quantitatives qui m'auront été mises à dispositions. Comme illustration, voici repris ci-dessous, un des divers graphiques produit dans le cadre d'une analyse approfondie[B 57] des rapport financiers publiés par la fondation Wikimédia[W 39]. Cette analyse aura ainsi permis d'établir clairement que près de 50 % des dons offerts à la fondation Wikimédia servent à payer les salaires de ses employés. Ceci alors que paradoxalement et sur base d'une source qui datait de 2009, l'article Wikipédia francophone consacré à la fondation Wikimédia stipulait que « près de la moitié des ressources financières [de la fondation] sont utilisées pour acheter de nouveaux serveurs et payer l'hébergement ». Ceci alors qu'à la vue de ce graphique, on peut constater qu'en 2009 déjà, il était possible aux départs des rapports financiers de la fondation de savoir que près de 40 % des dons était alloué au paiement des salaires pour 15 % seulement dédiés au frais d'hébergement et que par la suite le pourcentage consacré aux salaires aura fait augmenter jusqu’à près de 50 % pour se stabiliser à ce niveau alors que le pourcentage du coût d'hébergement ne fera que diminuer.

Histogramme illustrant l'évolution des dépenses de la fondation Wikimédia de 2004 à 2018.
Fig. 1.4. Histogramme illustrant l'évolution entre 2004 et 2020 des dépenses de la fondation Wikimédia en pourcentage du total des dons qu'elle a reçus[N 12]. (source: LS)

Un travail comptable et statistique, aussi rébarbatif qu'il puisse paraître pour un chercheur habitué aux études qualitatives, semble donc parfois nécessaire pour accéder à une véritable description de la réalité des choses et permettre dans ce cas de figure de corriger des informations fausses diffusées sur le terrain de recherche[W 40]. Car à la place de produire ce graphique et dans une démarche purement qualitative, j'aurai en effet très bien pu, comme cela se fait en général dans les recherches ethnographies, me contenter de recouper l'information trouvée dans l'article Wikipédia par celle trouvée dans l'une des vidéos du WikiMOOC de 2017 qui stipule que « fournir l'infrastructure technique, les serveurs pour le cinquième site Web le plus visité au monde, ce n'est pas gratuit. »[V 2] et encore par la suite par les propos tenus par une personne très active au sein du mouvement lors d'une Interview sur France Inter[V 3] durant laquelle elle affirmait en 2019 que sur « 90 millions de budget », « à peu près entre 50 et 60 millions viennent pour les serveurs »[N 13].

Une chance pour moi et comme cela a déjà été dit, ils existent de nombreux sites de traitements automatiques et statistiques réalisés parfois en temps réel[N 14] au sein de l'espace numérique Wikimédia. Ceux-ci m'auront donc épargné de faire moi-même de nombreux traitement d'information bien que ces sites d'informations statistiques ne m'auront par permis de traiter une gigantesque quantité de textes disponibles dans de nombreux lieux de discussions disséminés au sein des projets tel que forums, pages de discussions ou de prise de décision, mais aussi espaces blog, journaux, info-lettres, listes de diffusions, etc. Un ensemble d'informations donc qui constituent un big data textuel qui suscita chez Olivier Servais ethnographe du monde virtuel Warcraft la réflexion suivante :

« il s’agit d’une multiplication incommensurable de textes à disposition de l’anthropologue mais avec une décroissance aussi importante de la qualité d’un panorama contextuel pertinent issu de l’ethnographie. De ce fait, le métier s’en trouve profondément transformé[B 58]. C’est un peu comme se trouver dans un café du commerce bondé où on ne peut saisir l’entièreté de ce qui se dit, de ce qui se joue. On peut mettre en place un dispositif technique pour enregistrer tout ce qui se dit, se fait dans cette pièce et être confronté à ce big data. Reste qu’ici c’est l’essence même du terrain, il produit par lui-même des datas massives, et il est souvent impossible de pré-sélectionner avant analyse. Face à cette menace de noyade par le texte, l’anthropologue doit apprendre de nouvelles stratégies de terrain et de traitement des données.

Or, la démarche d’ethnographe demeure avant tout de nature foncièrement compréhensive, et conséquemment qualitative. Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec une ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? »[B 59]

En réponse à cette dernière question, voici donc sommairement quelle fut ma propre stratégie. Elle émergea d'une première angoisse apparue par le fait qu'il me semblait d'un côté indispensable de traiter les corpus pour ne pas produire une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité. Alors que d'un autre côté, je ne me sentais pas du tout à l'aise avec l'idée de me lancer dans un traitement automatique et informatisé du langage naturel en raison cette fois d'un manque de compétence, de temps d'investigation, de puissance informatique, mais aussi de l'importance du « panorama contextuelle » souligné par Olivier Servais.

À force de pratique, et après plusieurs années de tâtonnement, j'en suis finalement venu à établir une sorte de compromis basé sur un processus d'aller-retour entre une suite d'investigation tantôt ethnographique et tantôt automatisée. Autrement dit, part moment, je me suis attelé à un traitement informatique et statistique des données textuelles utiles à mon observation participante, alors qu'à d'autres moments, j'ai poursuivi mes observations de terrain en consultant de nombreuses discussions informelles ou en participant à de nouvelles de telle sorte qu'en retour de ces expériences, je pouvais alors orienter mes choix dans mes traitements informatiques, et ainsi de suite. Outre le fait de mobiliser les deux approche, cette méthode m’apporta aussi cet autre avantage de m'offrir un recul régulier par rapport à mes observations de terrain et des pauses fréquentes dans mes traitements informatiques.

Voici donc à présent un exemple de traitement du big data textuelle en guise d'illustration. Il se réalisa au départ de l'une des 300 listes de diffusion réparties par projets et sphères linguistiques au sein du mouvement Wikimédia. Tous les échanges de courriels au sein de ces listes sont en effet archivés mois par mois, historicisés et rendus librement disponibles sous licence CC. BY. SA au niveau du site Wikimédia Mailservicies[W 41]. Grâce aux archives de la liste de diffusion intitulée « Wikimedia-l »[W 42], réputée comme espace de discussion central de la communauté wikimédienne au sens large[W 43], il me fut ainsi possible de constituer un corpus et de le soumettre à une analyse textométrique à l'aide d'un logiciel de traitement automatique du langage naturel appelé TXM.

Ce programme me permit par exemple de découvrir au départ d'une simple requête lexicale, et en référence au mot « the » apparaissant à une fréquence de 1 869 554 fois, que le signe « @ » apparaissait dans le corpus 879 105 fois, tout de suite suivi du mot « gmail » apparaissant lui 877 346 fois. Depuis cette simple requête, j'aurai donc déjà découvert que les utilisateurs de cette liste de diffusion utilisent en toute grande majorité au départ d'un compte Google. Par la suite, une analyse des occurrences me permit de découvrir que les premiers noms/prénoms qui apparaissent dans la liste sont « Gerard » (27 888 fois), suivit de « Erik » (21 924 fois) et de David (20 624 fois). En peaufinant cette première analyse, je découvris ensuite que le prénom « Gérard » était associé à la personne de « Gerard Meijssen » (11 096) faisant l'objet d'un article sur Wikidata[W 44] mais aussi à celle de « David Gerard » (12 717) dont on peut retrouver la page utilisateur détaillée sur Wikipédia[W 45] et que le prénom « Erik » est principalement associé à la personne d'« Erik Moeller » (8 616) présentée dans un article de Wikipédia[W 46]. Grâce à ce traitement textométrique, j'aurai donc réussi dans un premier temps, à repérer les personnes les plus actives au sein de cette liste de diffusion, et dans un second temps à découvrir leurs profils et même leur adresse de courrier électronique si jamais il me semblait utile de les contacter.

Au départ de fonctions plus poussées, TXM permet aussi de faire apparaître des graphiques qui permettent de visualiser l'évolution de la fréquence d'un mot dans le temps et au sein du corpus conversationnel. L'exemple repris ici est celui du mot « harassement » (harcèlement en français) qui évolue donc de la sorte en fonction de son nombre d'apparitions au sein de la liste de diffusion (voir fig 1.5 ci-contre). Au départ de ce graphique, j'aurai donc pu découvrir que la question du harcèlement apparue relativement tôt au sein du mouvement[N 15] fait régulièrement et périodiquement l'objet de nouvelle discussion. Ensuite et grâce à cette échelle de temps, il me fut alors plus facile de retrouver au sein des autres espace de discussion pour une analyse plus qualitative cette fois ce qu'il s'est passé durant ces périodes. Avec une recherche de concordance, il me fut enfin possible de retrouver au sein du corpus analysé pour retrouver les portions de textes qui entourent le mot harassment afin d'en situer le contexte et d'en identifier les auteurs dans le but éventuel de les contacter ou d'affiner mes observations de terrain à leur propos.

Suite à de telles analyses textométriques et de retour sur mon terrain, je peut dès lors porté d'avantage mon attention sur la question de harcèlement et de manière nettement plus précise. Grâce à de nouvelles expériences et observations, je finis ensuite par illustrer le phénomène harcèlement pour en faciliter sa compréhension au départ de mon propre vécu, mais aussi au départ d'un témoignage très documenté publié par une contributrice francophone[W 47]. D'autres analyses textométriques plus poussées[N 16], basé cette fois sur de nouveaux corpus formés au départ des espaces de discussions sélectionnés filtrés en fonction de l'activité de l'utilisatrice me permirent ensuite de comparer son discours avec ce qui s'est réellement passé sur le terrain, et ce dans le but de me rapprocher le plus possible de la réalité des faits[N 17].

Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot harassment dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimediaL.
Fig. 1.6. Graphique illustrant la recherche en plein texte par concordance du mot « harassment » dans le corpus tiré de la liste de diffusion archivewikimedia-l (source : L.S.).
Progression du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia.
Fig. 1.5. Progressions du mot « harassment » dans les archives de la liste de diffusion Wikimédia (Source : L.S.).

Il résulte donc à l'issue de ces explications qu'une recherche ethnographique faite au cœur du big data semble donc requérir d'autres pratiques et compétence que celles demandées dans le cadre d'une recherche hors ligne, alors que celles-ci ne sont pas forcément assimilées lors d'un cursus universitaire en science sociale et a fortiori en anthropologie. De plus, un terrain numérique se différencie d'un terrain hors ligne par le fait que le chercheur peut difficilement suspendre son observation de terrain pour éditer et publier à tête reposée les résultats de ses recherches. Un avantage par contre réside dans le fait qui fut très marqué dans le cadre de mes recherches, qu'un terrain en ligne au sein d'un espace numérique archivé et publiquement accessible, dispense le chercheur de devoir sauvegarder lui-même les informations qu'il trouve au moyen de carnet de terrain par exemple ou encore d'appareil d'enregistrement audio visuel. Dans un tel cadre, seules les émotions intimes et personnelles ne font pas l'objet d'enregistrement alors que par chance, elles m'ont semblé être les plus faciles à se remémorer en détails. Reste enfin qu'un terrain numérique reste constamment à côté de vous tout au long de votre travail d'écriture et empêchera donc une certaine distanciation nécessaire à certaines personnes pour réussir à se concentrer. Cette situation, je n'ai pas éprouvé personnellement, alors qu'au contraire elle m'apparut comme une très belle opportunité de réaliser un travail de recherche dialogique que je vais expliquer à l'instant.

Un travail de recherche dialogique

En décidant de rédiger le résultat de ses recherches au sein même de son terrain d'étude et sous les yeux de ses acteurs, il m'est donc venu à l'esprit de les inviter à relire et à commenter mes écrits selon une procédure peu courant en sciences sociales. Comparée à d'autres types d' « écritures anthropologiques »[B 60], l'écriture de cette thèse ne doit pas être assimilée aux « écritures plurielles » dans lesquelles on se met à « écrire avec »[B 61] mais bien à une écriture collaborative et dialogique dans lequel je favorise la collaboration avec les acteurs de terrain dans le but de confronter mon point de vue « etic » de chercheur aux points de vue « émiques » des acteurs[B 62].

Il est en effet coutume au sein du mouvement Wikimédia et dans le projet Wikipédia notamment, d'entamer une discussion dès qu'il y a divergences d'opinions entre deux contributeurs travaillant sur un même sujet. Traditionnellement ces échanges se déroulent sur des pages de discussions annexées à chaque page web des sites Wikimedia reposant sur le logiciel MediaWiki et auxquelles on peut directement accéder en cliquant sur l'onglet « Discussion » présent en haut de chaque page de contenu. Puisque que les pages Web sur lesquelles je rédige cette thèse de doctorat possèdent aussi chacune une page de discussions de ce type, j'ai donc eu l'idée d'en profiter pour y inviter les membres du mouvement à débattre au sujet de ce que j'étais en train d'écrire à leur sujet et au sujet de ce qui les entoure. Ces discussions furent ainsi établies d'un côté, sur une page de discussion principal[W 48] portant sur l'ensemble de mon travail équipé d'un système de discussions structurées afin de faciliter les échanges avec ceux qui ne connaissent pas l'usage du wikicode et d'autre part, sur chaque page de discussions, éditables en Wikicode cette fois, qui furent associées aux différentes pages dans lesquelles j'ai rédigé séparément chaque chapitre de ma thèse de doctorat.

Photo de dialogues tenus dans le cadre de la conférence Wiki Indaba à Tunis en 2018
Photo de dialogues tenus dans le cadre de la conférence Wiki Indaba à Tunis en 2018[N 18] (source : https://w.wiki/3GZ2)

J'ai par la suite incité les acteurs du mouvement à entrer en dialogue au sujet de ma recherche, en postant régulièrement des messages d'invitations sur les principaux espaces de type forum disponibles au sein du mouvement Wikimédia. Cette décision n'aura pas forcément abouti à un nombre exceptionnel d'échanges, mais aura par contre engendré un nombre important de consultations, puisque la page de Wikiversité reprenant l'entièreté de ma thèse fut visitée au total 3288 fois entre le premier janvier 2020 et le 31 décembre de la même année, avec donc une moyenne de 9 visite par jour et des pics journaliers pouvant atteindre 150 visites[W 49]. Pour peu que l'on adhère à cet adage bien connu « Qui ne dit mot consent ! » la faible quantité de discussions apparue par rapport à la relativement grande fréquentation des pages a donc un côté plutôt rassurant. Comme nous allons le voir avec cette conversation titrée « Avis de travail en cours » reprise ci-dessous et tiré du forum principal de Wikipédia en français appelé « le bistro », certaines discussions au sujet de ma thèse eurent aussi lieu en dehors du projet Wikiversité.

Bonjour,

J'ai entamé la rédaction d'une thèse de doctorat publiée sur Wikiversité et portant sur le mouvement Wikimédia. Le premier chapitre de ce travail consacré à la méthodologie est actuellement prêt à être relu par les personnes actives au sein du mouvement. La mise en forme du texte n'est pas terminée et l'orthographe doit y être déplorable, mais j'aimerais le soumettre à réaction avant un prochain rendez-vous avec mon comité d'accompagnement dans le cadre d'une épreuve de confirmation. J'invite donc toutes les personnes intéressées à réagir librement sur la page de discussion consacré au chapitre. Si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi corriger l'une ou l'autre faute d'orthographe durant votre lecture. Je vous en serais très reconnaissant. En vous remerciant d'avance et vous souhaitant une belle journée à tous. Bien cordialement, Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 01:43 (CEST)

Intéressant, mais, à part l'orthographe, qui écrit la thèse, le doctorant ou la communauté Wikipédia ? – Siren(discuter) 31 mai 2019 à 14:12 (CEST)

Bonjour Siren, Pour répondre à la question: Au niveau de des mots et des phrases, c'est le doctorant. Au niveau de la connaissance et des idées, c'est le doctorant et la communauté, celle de Wikipédia mais aussi celles de tous les projets soutenu par la fondation. Si la question est posée, c'est sans doute que les choses ne sont pas assez claire. Je vais donc tenter de reformuler les choses de façon plus explicite. D'ailleurs cette présente interaction entre nous illustre déjà en partie l'idée d'une construction dialogique de la connaissance. Dans le cadre de mon doctorat, elle ne peut malheureusement pas être similaire à ce qui se passe sur Wikipédia. Ce travail débouche sur un diplôme, et dans le monde académique qui m'entoure, pour se voir attribuer le titre de docteur, il faut défendre seul une thèse réalisée en solo. Ceci dit Jimbo Wales a reçu de mon université le titre de docteur honoris causa, sans avoir écrit aucune thèse. Donc voilà, il y a bien d'autres personnes encore qui en savent bien plus que moi sur le mouvement Wikimédia et ce serait donc idiot et présomptueux de ma part de ne pas les inviter à entrer en dialogue autour de l'écriture de ma thèse. Déjà un grand merci pour les corrections orthographiques et une belle fin de journée ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 31 mai 2019 à 23:45 (CEST)

Ouaaah, je vais faire un tour par désœuvrement sur cette page, et chtonk ! scotch. Absolument passionnant, ce truc, je recommande fortement la lecture ! Alors, évidemment, comme toutes les thèses dans un domaine pas mien, c'est tellement concentré que pour mon pauvre esprit va falloir un tit moment pour tout absorber, mais déjà des réflexions fusent.

Par exemple j'adore l'idée de base que l'objet de recherche, ancré dans la vraie de vraie réalité, met en forme les méthodologies et pas le contraire, ce qui est pourtant normalement ce qu'on nous enseigne. Je suis bien d'accord pourtant, nos tendances à déterminer des cadres stricts, bien léchés, universels, etc. ça vient d'une époque (disons depuis le XVIIIᵉ) où on va favoriser la création de catégories avant même de mettre des objets dedans, une volonté de tout régenter, en quelque sorte, de tout classer et universaliser, de produire des cadres vides. Très Newtonien. Peut-être lié à l'ensemble des représentations du temps (le milieu temporel), chais pas.

J'aime aussi, intuitivement, la réflexion sur l'imaginaire et sa force de construction ! Un dernier point sur le premier chapitre (je vois qu'il y a eu plein d'ajouts), il est dit que les sciences sociales ne prétendent pas à définir un ensemble de paramètres absolus qui rendent les expériences reproductibles, contrairement aux sciences autres, dites dures. Mais à mon avis, dans les autres sciences non plus. On y prétend, on prétend faire reproductible, mais c'est juste un outil utile. Les paramètres y sont soumis aux mêmes différences, simplement les sciences dures tendent aussi à des applications et donc veulent être opérationnelles. Un peu comme si on faisait un raisonnement en coupant le chemin à faire en petites étapes (comme Descartes) pour atteindre le but, mais qu'on est bien conscient que le chemin en tant que tel n'existe pas, c'est nous qui l'avons créé pour résoudre le problème.--Dil (discuter) 31 mai 2019 à 23:57 (CEST)

Merci pour ce retour encourageant Dil ! Lionel Scheepmans Contact Désolé pour ma dysorthographie, dyslexie et "dys"traction. 2 juin 2019 à 01:42 (CEST)»[W 50]

En plus de ce type d'échange très précieuse quant à savoir si je ne faisais pas fausse route dans ma description du mouvement ou dans mes analyses et leurs argumentations, j'aurai ensuite sollicité les lecteurs et relecteurs de mes travaux à corriger les éventuelles erreurs, syntaxiques, typographiques ou orthographiques. De manière beaucoup plus exceptionnelle enfin, il est aussi arrivé qu'une personne corrige un jour une erreur d'encodage située dans l'un de mes tableaux d'analyse des finances de la fondation Wikimédia[W 51]. En fin de compte, ce processus dialogique mis en œuvre dans le cadre de l'écriture de mes travaux aura donc été quelque peu similaire à l'expérience faite par Tom Boellstorf au cours de son ethnographie de Second Life où il organisait des groupes de discussion au sein de sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia »[B 63]. Il me faut signaler aussi par ailleurs que Mondher Kilani parlait déjà d'écriture dialogique dans le courant des années nonante, lorsqu'il citait pour exemple les écrits de Philippe Descola[B 64], de Jeanne Favret-Saada[B 65], et les siens[B 66], dans un autre ouvrage où il décrivait sa propre expérience de la sorte :

« Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation. »[B 67]

Plus récemment, Frédéric Laugrand aura mis au point lui aussi pour sa part, un système d'atelier de transmission intergénérationnelle des savoirs (ATIS) visant à une construction collaborative des savoirs entre des chercheurs et acteurs participants dans une dynamique de transmission à destination des jeunes par le « faire comme si » dont l'objectif final était de produire des documents sous forme de verbatims ultimement validés par les participants[B 68]. Par rapport à ces deux témoignages cependant, ma propre expérience fut tout autre, puisqu'elle ne pourrait ni être assimilée à une création collective de type ATIS; ni être réellement comparable à « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique »[B 69] telle que décrite par Kilani.

Ce qu'il reste enfin à signaler par contre, c'est que pour pouvoir assumer parfaitement mon dispositif d'écriture dialogique, j'aurai du dans certaines situations et plus particulièrement lors de mes échanges hors ligne, être capable de maîtriser un minimum le langage de mes interlocuteurs. Joseph-Marie de Gérando, l'un des précurseurs de l'anthropologie moderne, n'écrivait-il pas dans le journal de la société des observateurs de l'homme que « Le premier moyen pour bien connaître les Sauvages [expression commune à cette époque], est de devenir en quelque sorte comme l'un d'entre eux ; et c'est en apprenant leur langue qu'on deviendra leur concitoyen. »[B 70] Dans le cadre du mouvement Wikimédia, il ne s'agira bien sûr pas d’appendre les plus 300 langues pratiquées par sa communauté, mais certainement d'acquérir une maîtrise suffisante de l'anglais qui s'est imposé comme lingua franca du mouvement au même titre que de nombres autres organisations internationales.

De manière moins évidente ensuite, il me fallut aussi apprendre certains langages informatiques indispensables à une profonde compréhension de l'environnement numérique Wikimédia. Le wikicode fut le premier d'entre eux et sa compréhension fort heureusement ne constitua pas un obstacle insurmontable, bien qu'elle nécessite tout de même un certain temps d'assimilation. Malheureusement, dans les débats techniquement plus poussés, ce premier acquis apparut rapidement insuffisant pour pour pouvoir suivre les débats, mais aussi percevoir les enjeux de plein conscience. C'est donc pour ces raisons que j'aurai aussi pris la peine de m'initier aux principaux langages informatiques utiliser au sein du mouvement que sont l'HTML, le CSS, le JavaScript et le PHP. Ce fut un choix que je n'aurai jamais regretté, car il me permit de comprendre que chaque langage informatique a son propre vocabulaire et sa propre grammaire dans lesquels se véhiculent au même titre que les langages naturels, un imaginaire et une façon de percevoir les choses de manière tout à fait différente.

Toutes ces dispositions propices aux dialogues m'auront donc permis en fin de compte d'établir de nombreux échanges écris et verbaux avec les membres de la communauté Wikimédia qui m'auront permis de mieux appréhender leur univers tout en récoltant des avis au sujet de mes travaux de recherches. Certains d'entre eux auront bien évidement influencé mon point de vue, d'autres encore m'auront permis de rectifier certaines erreurs, mais la chose la plus curieuse sans nul doute fut l'apparition d'un nouveau type pratique ethnographique dans laquelle finit par s'établir un processus itératif et récursif entre mon activité d'écriture et mon observation de terrain.

Une pratique ethnographique récursive

Pour expliquer cette nouvelle pratique ethnographique que je qualifie de récursive, nous pouvons repartir de la discussion de bistro reprise en citation dans la précédente section de ce chapitre. On y voit qu'en faisant appel à une relecture de mes travaux, j'ai suscité l'apparition d'un nouvel évènement qui sera devenu l'objet d'un nouveau compte rendu ethnographiques et donc d'un complément d'écriture qui sera par la suite et de manière récursive, susceptibles de produire de nouveaux commentaires et donc de nouveaux évènements a récupérer au sein de l'écriture. Une telle expérience pourrait être qualifiée d' « ethnographie récursive » si cette expression n'avait pas déjà été utilisée par Amiria Salmond dans le cadre d'une réflexion ontologique au sujet d'un projet de numérisation de trésors tangible et intangible de la culture Maori intitulé taonga.

essin récursif d'une femme entrain de se dessiner dans la situation où elle se trouve.
Fig. 1.7. Dessin récursif d'une femme qui se dessine en train de dessiner la situation dans laquelle elle se trouve à l'instant présent où elle se dessine. (source: https://w.wiki/$eu)

Selon Salmond, les approches récursives « cherchent à explorer comment l'analyse est façonnée en fonction de la manière dont les objets d'étude arrivent à générer une attention ethnographique »[B 71]. Autrement dit l'ethnographie récursive définie par Salmon représente donc « une simple observation de la configuration ethnographique »[B 72] alors que ce que je définis pour ma part au sein de ma propre expérience ethnographique s'apparente plutôt comme une méthode de travail. Pour cette raison donc, je prends le soin de distinguer l'expression « ethnographie récursive » introduite par Salmond à celle de « pratique ethnographique récursive » que j'introduis en ce moment précis.

Un autre exemple de cette mise en abyme ethnographique apparaîtra au sein de mes recherches lorsqu'il m'est venu l'idée de réécrire l'article Wikipédia traitant du Mouvement Wikimédia[W 52] pour ensuite importer mon travail au sein de ma thèse de doctorat[N 19]. Avant son importation, j'avais pris la peine de proposer l'article au label de bon article[W 53] dans le cadre d'un processus d'évaluation établit par les éditeurs de Wikipédia. Son évaluation se sera déroulé sur une page de discussion associée à l'article et aura duré 15 jours (du 6 au 20 février 2020). Elle fut l'occasion pour les participants de partager leurs avis et de justifier leurs votes[W 54].

Bien que la candidature fut rejetée[N 20], l'évènement aura considérablement augmenté l'audience de l'article[W 55] et de sa page de discussion[W 56]. Pourtant, cette dernière n'aura fait l'objet que d'une dizaine d'échanges entre les contributeurs et moi-même portant respectivement sur la candidature prématurée de l'article, sur la présence de nombreuses fautes d'orthographe, et surtout sur la quantité disproportionnée de sources primaires aux vues de ce que l'on attend d'un article Wikipédia[W 57]. Ces discussions constituèrent ainsi un matériel ethnographique précieux que je repris dans l'écriture de ma thèse qui par la suite et selon le processus dialogique précédemment décrit, fera l'objet d'un appel à discussion qui fournira peut-être à son tour de nouvelles observations ethnographiques qui pourront être potentiellement reprises dans mon travail d'écriture et ainsi de suite.

En plus de produire de nouvelles observations ethnographiques, cette pratique ethnographique récursive a aussi pour autre avantage de limiter des risques apparentés à ce que les études sur la subalternité identifie comme « violence épistémique » au sein de laquelle les chercheurs « ne tolèrent pas les épistémologies alternatives et prétendent nier l'altérité et la subjectivité des Autres »[B 73], les acteurs du mouvement Wikipédia dans notre cas de figure. Sous une autre forme, cette violence peut aussi apparaitre dans les questions posées par un chercheur ou lorsque ce dernier aborde des sujets qui ne sont pas souhaités[B 74].

Dans le cadre de la pratique ethnographique récursive appliqué dans cette étude et de l'écriture dialogique qui en est indissociable, il me semble que si ce type de violence apparaissait par malheur au sein de mes propos ou de mon comportement, pourrait alors être rapidement détecté et signalé par les personnes concernées. Pour renforcer cette garantie, j'ai donc aussi veillé à notifier toutes les personnes citées dans mon travail d'écriture pour qu'elles puissent réagir aux propos qui les concerne. Et pour respecter le souhait d'anonymats des personnes actives sous le couvert d'un pseudonyme, j'ai ensuite pris la peine de ne jamais relier ces pseudonymes à une identité réelle dès lors que cela n'aura jamais été fait précédemment au sein des projets. À nouveau, la relecture de mon travail par les personnes concernées leur permettra de réagir en cas de besoin.

Il serait malhonnête enfin de cacher que la pratique ethnographique récursive au sujet et au sein de l'espace Web apporte aussi malheureusement son lot d'inconvénients. Tout d'abord, cela nécessite des compétences techniques plus élaborées et plus de temps d'investigation comparé à la rédaction d'un travail ethnographie de manière isolée et face à un traitement de texte. Ensuite, et comme je l'aurai moi-même expérimenté dans le cadre d'une thèse de doctorat, ce genre de pratique donne toujours envie d'aller plus loin dans l'utilisation du potentiel offert par le numérique, mais avec ce risque non négligeable de s'éloigner des attentes, habitudes, voir préjugés du milieu universitaire qui sera ultimement chargé d'évaluer le travail accompli et la manière dont il fut réalisé. Et puis enfin, il faut aussi au bout du compte se prémunir des risques de déformation de la réalité par l'imaginaire des acteurs qui pourraient influencer d'une mauvaise manière les perceptions premières d'un chercheur, raison pour laquelle il me semble aussi important de baser son étude sur des faits et pas uniquement des dires.

Une induction qualitative basée sur des faits et pas uniquement des dires

L'hypoitético-déduction et l'hypotético-induction sont deux méthodes couramment utilisées en sciences sociales. La première débute souvent par une question de départ, comme guide à la sélection de modèles, d'hypothèses et concepts. Ceux-ci sont ensuite articulés en dimensions et composants dans le but de les vérifier ou infirmer à l'aide d'un ensemble d'indicateurs. La seconde méthode au contraire fait le trajet inverse et commence d'abord par une observation pour ensuite seulement produire des indicateurs empiriques qui permettront de construire ou de récupérer des concepts, hypothèses, dans le but éventuel de produire ou de confirmer un ou plusieurs modèles théoriques[B 75]. Par tradition peut-être, ou en raison de son histoire et de certaines convictions partagées, la méthode inductive fut celle choisie par les anthropologues. Elle fut aussi mon propre choix influencé très certainement par mon environnement de travail, mais aussi comme il sera vu bientôt en raison de nombreux biais cognitifs possible qui peuvent se développer lorsque l'on commence son travail de recherche en se basant des concepts et hypothèses modèles théoriques aussi savants ou inébranlables qu'ils puissent être.

L'anthropologie est aussi une discipline où l'on s'intéresse davantage aux aspects qualitatifs que quantitatif dans la manière d'aborder son terrain d'étude. Afin de garantir toute fois une certaine « rigueur du qualitatif », Olivier de Sardan préconise dans dans le cadre d'enquêtes ethnographiques de produire des « indicateurs qualitatifs » qu'il intitule « descripteurs » et définit de la sorte:

Chaque enquête produit ses propres descripteurs : déterminer des thèmes de " séquence de vie " à recueillir, mener des enquêtes systématiques sur la sémiologie populaire, organiser une série précise d'observations ciblées, se focaliser sur quelques acteurs-clés éminents ou obscurs, faire un panorama approfondi des associations existantes, choisir des conflits significatifs… Dans les études comparatives multi-site, de plus en plus nombreuses, la construction de descripteurs communs est par ailleurs indispensable pour permettre une certaine homogénéité des données produites, et assurer ainsi leur comparabilité.[B 76]

Auto portrait d'une personne faite au départ de son ombre dont les proportions anatomiques sont déformées
Auto portrait d'une personne faite au départ de son ombre dont les proportions anatomiques sont déformées (source :https://w.wiki/3GZS)

C'est donc sur base d'un ensemble de descripteurs très variés produits au départ d’informations qui comme cela a été vu seront vérifiables dans le mesure du possible, que repose repose l'architecture de ce travail de recherche. Face à cela, certains peuvent regretter l'absence d'interview ou de récits de vie en provenance d'entretiens compréhensifs. Mais en me faisant ce reproche à moi-même, je me suis alors demandé si l'on pouvait vraiment se fier au discours des acteurs pour se faire une représentation fiable de la réalité. L'histoire de la socio-anthropologie nous a en effet démontré que les dires des acteurs de terrain pouvait dans certains cas contenir de grave omissions voir des erreurs flagrantes par rapport une réalité qu'il est parfois difficile à verbaliser ou qui ne semble par répondre aux attentes du chercheur.

Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[B 77] contesté par la suite par Wouter Eildert Albert van Beek qui s'étonna entre autres que « la trajectoire initiatique de Griaule n'a jamais été mise en parallèle ou même approchée par aucun de ses élèves »[B 78][N 21] alors que « la variation culturelle interne entre les Dogons peut être un facteur des inévitables styles et interprétations personnels »[B 79]. Comme autre exemple dans le milieu anglophone cette fois, on trouve aussi les travaux de Margaret Mead dont elle rend compte dans son ouvrage Coming of age in Samoa[B 80]. Critiqués à maintes reprises, les résultats de cette recherche auront eu aussi été remis en cause par Serve Tcherkésoff cette fois lors d'une enquête subséquente qui permis d'apprendre que la chercheuse « habitait au poste américain de l'île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles »[B 81].

Voici donc deux controverses anthropologiques porte donc réflexion sur la validité des informations recueillies lors d'entretiens individuels ainsi que de leur interprétation par le chercheur lorsque l'on désire accéder à la pure réalité des choses et pas aux mythes qui la décrivent au sein d'une communauté et qui par nature seront toujours sujet à reconstruction[B 82]. De nos jours et suite à ces deux importantes polémiques, la nécessité de se positionner par rapport à la fiabilité du discours des acteurs semble toujours d'actualité. Les travaux de recherche de Thierry Boissière en est un bel exemple puisqu'en raison de son terrain exposé à des conflits armés, il se voit obligé de pratiquer ce qu'il appelle lui-même une « socio-anthropologie à distance » parmi des « informateurs skype » dont les propos sont parfois difficiles à vérifier ou recouper[B 83]. Une situation tout à fait à l'antipode de ma propre expérience, puisque de mon côté, il m'est loisible d'observer librement, en temps réel ou de manière asynchrone, clique par clique, l'archivage presque complet tous ce qui se passe dans la partie numérique de mon terrain d'observation. D'un côté figure donc l'expérience de Thierry Boissière qui n'a d'autre choix que de s'exposer aux risques du « syndrome narratif »[B 84] et du « reflet déformé du réel »[B 85] pour ensuite recouper autant qu'il peut les informations récoltées avec d'autres sources tels que les communiqués de presse et les réseaux sociaux. De l'autre, se trouve ensuite ma propre expérience d'un terrain que l'on pourrait presque qualifier d'holoptique tant il m'est loisible d'accéder directement à l'ensemble de ce qui est réel sans nécessité de collecter des informations au travers d'entretiens individuels ou collectifs.

Ceci étant dit, il va de soi que récolté le point de vue des acteurs autant que les mythes qu'ils véhiculent, reste une tâche tout à fait indispensable pour accéder à l'imaginaire de la communauté que l'on étudie. Cet aspect très important ne sera donc pas mis de côté dans le cadre de cette étude et fera d'ailleurs l'objet d'une attention toute particulière dans les deux derniers chapitres de cet ouvrage. Solliciter ces acteurs au travers de sondages apparait enfin comme une autre démarche très utile pour produire des indicateurs statistiques représentatifs. Par chance et alors que je ne suis pas des plus aptes à réaliser ce genre de tâche en solitaire, il me fut possible à ce niveau de récupérer les informations produites par des travaux d'enquêtes précédemment réalisés par la fondation Wikimédia ou certains centres de recherche commandité.

Un questionnement progressif et une ignorance de départ

Les adeptes de la démarche hypothético-déductive pourraient donc reprocher à ce travail de recherche de n'avoir pas fait l'objet d'une question de départ, alors que j'aurai précédemment expérimenté cette démarche dans le cadre d'un travail de sociologie dont le titre et la question était « Un site de rencontres crée ou dévoile-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? »[B 86]. Cependant, si cette précédente démarche m'avait permis d'apporter des informations très ciblées sur la communauté que j'avais entreprise d'observer, une démarche similaire dans le cadre de ce présent travail de recherche ne pouvait répondre à ma motivation première d'aborder les choses d'un point de vue holistique. Pour rester fidèle à ce souhait une seule question aurait en effet été totalement insuffisante alors que ce sont plus d'une dizaine qui me seront venues à l'esprit durant mon parcours de recherche et qui auront fait pour la plupart d'entre elles l'objet d'un travail universitaire[W 58][N 22].

Dans le cadre de ces travaux, je me suis par exemple demander si Wikipédia n'était pas « une démocratie à deux vitesses »[B 87] ou « un nouveau média de colonisation culturelle occidentale »[B 88] et si aborder le projet sous la « métaphore du jeu »[B 89] pouvait être une approche heuristique. J'ai aussi tenté de savoir si la « démocratie et la responsabilité sociale »[B 90] était présente au sein du projet encyclopédique et si l' « anonymat des contributeurs y était désirable »[B 91]. En abordant de manière plus générale le mouvement Wikimédia, je me suis alors posé des questions sur de probables « dérives éthiques »[B 92] et sur la manière d'y « inclure la culture orale »[B 93] et d'y développer une « économie plus juste »[B 94].

Les réponses à ces questions me sont donc parvenues les unes après les autres pour combler une complète ignorance de départ au sujet de mon sujet d'étude que représente le mouvement Wikimédia. Pour tout dire, lorsque je suis arrivé sur Wikipédia en tant que nouveau contributeur, cette ignorance était telle, qu'il m'a fallu tout un temps pour comprendre que le premier message que je reçus[W 59] sur ma page de discussion[N 23] avait été postés par un bot informatique[N 24]. En visitant la page utilisateur de Salbot, cet autre robot informatique qui avait réagi à mes premières actions sur Wikipédia, j’étais tombé sur un message d'accueil qui me semblait incompréhensible au premier abord puisque je pensais avoir à faire à la page de présentation d'un être humain... (voir figure 1.3 ci-dessous)[W 60]. Au moment de sa lecture, je ne savais d'ailleurs pas ce qu'était un bot et il me fallut donc faire quelque recherche pour comprendre ce qu'il m'arrivait.

Avec un peu d'autodérision, je vois dans cet épisode un lamentable échec au test de Turing[B 95] soumis par le projet Wikipédia lors de mon arrivée. Ceci étant, si je n'avais pas vécu cette expérience, je n'aurai probablement pas non plus compris de la même manière comment l'abandon de la participation de nouveaux arrivants aux projets Wikimédia pouvait être liée à l'arrivée de robots de maintenances[N 25]. Mon ignorance de départ m'avait donc permis de vivre moi-même une expérience naïve de nouvel utilisateur qui me permis par la suite de mieux comprendre et de pouvoir expliquer en me la remémorant et comme je suis en train de le faire à l'instant, ce que peut ressentir un nouvel arrivant lorsqu'il débarque dans le projet Wikipédia

ATTENTION: BOT MÉCHANT
Salebot.png
Ce bot ne respecte pas les trois lois de la robotique.
Vandales: passez votre chemin et ne touchez pas à cette page !

Fig. 1.9. Message d'accueil situé sur la page utilisateur de Salebot un robot informatique chargé de gérer les actes de vandalismes sur Wikipédia. (source: https://w.wiki/$ev)

Voici donc une première raison pour laquelle je trouve intéressant de débuter un terrain d'observation en toute ignorance de ce qui s'y passe. Pour le reste, je partage aussi cette intime conviction qu'une question ou hypothèse de départ peut exposer le chercheur à une perception sélective de la réalité susceptible de faire apparaitre des biais de confirmation. Démarrer une recherche sur base d'une théorie par simple effet de mode comme cela arrive parfois, peut susciter je crois un désir de rationalisation et de réification propice à des corrélations illusoires pouvant potentiellement être renforcées par un effet Einstellung[B 96]. De manière générale, il me semble ainsi que toute connaissance antérieure à une observation de terrain risque de faire apparaitre de nombreux autres biais cognitifs cette fois[N 26] tel que l'erreur fondamentale d'attribution, réputée très puissante dans la culture occidentale[B 97]. Dans certains cas externes enfin, et selon la personnalité du chercheur et la quantité de préjugés qu'il dispose, une certaine illusion de connaissance asymétrique risque finalement de voir le jour et entraîner avec elle une nouvelle forme de violence épistémique apparentées à celles dont il fut déjà question précédemment.

Ceci étant dis, dans le cadre d'une « anthropologie du proche »[B 98], ou lorsque l'on a déjà accumulé une connaissance passive du terrain durant d'autres expériences de recherches par exemple, il est bien évidement impossible d'effacer de sa mémoire tout type de souvenir ou de préjugé. Mais comme cela a déjà été signalé, tel ne fut pas mon cas dans cette présente étude puisque en tout et pour tout, ma seule expérience Wikimédia antécédente au début de mes observations fut celle de vérifier, comme beaucoup doivent le faire, s'il était vrai que tout le monde pouvait modifier Wikipédia. Dans ce réflexe de curiosité, j'en étais même venu à créer un nouvel article au sujet d'un petit groupe d'étudiants appelé « Copyleft ULB », que j'avais réunis en 2008 dans le but de promouvoir les logiciels libres au sein de mon université. Si j'en parle à l'instant, c'est pour signaler que j'avais déjà développé avant le démarrage de mon observation participante une certaine adhésion à la culture libre. Il est donc tout à fait probable que cela aura influencé ma perception du mouvement Wikimédia, même s’il m'est difficile aujourd'hui de m'en rendre compte. Ce que je peux affirmer par contre, c'est que ma connaissance du mouvement du logiciel libre m'aura permis sans aucun doute de mieux cerner les origines profondes du mouvement Wikimédia d'y débusquer les enjeux qui s'y trouvent afin d'y consacré un chapitre entier dans lequel lecteurs trouvera en outre l'occasion de combler d'éventuelles lacune au niveau de ses connaissances de l'espace web.

Une inspiration en provenance des projets Wikimédia

Suite à ces multiples prises de consciences sur la manière de produire et de partager la connaissance, on est en droit de se demander pourquoi les sciences sociales[N 27] tardent tant à tirer profit des multiples possibilités offertes par le numérique et l'espace web. Et pourquoi plus précisément, la plupart des textes de sciences sociales sont rédigés au départ d'un traitement de texte, alors qu'il est aujourd'hui possible avec des compétences très similaires, de produire des articles scientifiques sous forme de pages web ? En disant cela, je ne voudrais bien sur pas passer sous silence les nombreux travaux de l’anthropologie visuelle, mais encore une fois, et même si le procédé narratif cinématographique a toutes ses lettres de noblesse, la publication de travaux socio-anthropologique au sein d'un site web me semble dépasser largement les possibilités d'une simple projection cinématographique. Incruster un extrait vidéo sur une page web ou y placer un hyper lien redirigeant le lecteur vers une autre page où il pourra visionner un document cinématographique est en effet possible. Alors qu'a contrario, rediriger le spectateur d'un film vers un autre document situé en dehors de la captation est impossible, sauf, si précisément la vidéo ou le film en question est diffusé sur un site web, où il pourra dans ce cas bénéficier des nouvelles fonctionnalités de vidéo interactive offertes par l'HTML5.

Produire un document scientifique au sein de l'espace web, a donc pour avantage de concentrer en un seul lieu les pouvoirs de l'écriture à la fois textuelle, sonore, pictural et vidéographique tout en profitant pleinement des capacités de référencement offertes de nos jours pas les moteurs de recherche. Grâce aux hyperliens, c'est ensuite une nouvelle forme d'écriture vérifiable qui voit le jour en offrant la possibilité au lecteur de devenir actif au sein d'une lecture immersive où il pourra dans certains cas observer lui-même un terrain d'étude librement accessible sur le Web, ou encore consulter différentes captations d'un terrain qui ne lui serait pas accessible, mais dont le chercheur aura pris la peine de publier les captations sur le web. Ajouté à cela, vient ensuite la possibilité au lecteur de devenir relecteur dans un processus d'écriture dialogique au sein duquel il peut apporter des commentaires ou critiques suite à sa lecture.

Comme en témoigne le projet HyperNietzsche apparu en 1996 et donc bien avant la naissance de Wikipédia, il n'a pas fallu attendre l'arrivée des projets Wikimédia pour que l'espace Web soit exploité par certains pionniers issus de la recherche. Résumé par son concepteur tel un moyen « d'expérimenter une nouvelle forme d'organisation de la recherche en sciences humaines et de communication de ses résultats, fondée sur un nouveau système de fabrication, de validation et de partage des connaissances directement géré par les chercheurs. »[B 99], le projet HyperNietsche répondait donc déjà à la question de savoir s’il est possible d’utiliser Internet pour la recherche en sciences humaines[W 61]. Cependant en répondant par l'affirmative à cette question, c'est alors tout un ensemble d'autres questions qui seront posées par l'auteur de cette première expérience et qui attendent toujours réponse à ce jour :

nous les savants, nous les dépositaires du savoir certifié [...] quel est notre modèle de diffusion de nos savoirs ? C’est un livre publié deux ans après la conclusion de la recherche, distribué en 300 exemplaires, en payant 4 000 euros d’aide à la publication ? [...] Face à l’incroyable efficacité de la diffusion des savoirs démontrée par Wikipedia, par les blogs, par toutes sortes de communautés sur le Web, qu’avons-nous à proposer ? Disposons-nous d’un modèle qui sauvegarde la complexité et la structuration nécessaires au savoir scientifique, qui tout en étant global et ouvert assure l’évaluation par les pairs, sauvegarde la paternité intellectuelle, garantisse la stabilité du texte et dispose d’un système de navigation plus sophistiqué que les listes d’occurrences ou les articles d’encyclopédie ? Jusqu’à maintenant l’humanities computing, au lieu de concevoir une nouvelle infrastructure de recherche capable d’utiliser le nouveau medium électronique dans tout son potentiel, n’a produit qu’une nouvelle discipline de niche et un ensemble de projets non coordonnés les uns avec les autres. Devons-nous y voir le signe d’un destin des sciences humaines qui seraient réfractaires à jamais aux grands projets de coordination et inexorablement condamnées à la création de nouvelles niches ? [B 100]

Et si cet esprit de niches, n'était rien d'autre que le maintient d'un certain « corporatisme »[B 101] ? Il est en effet connu que la science en général et les sciences sociales en particulier sont victimes d'un manque d'interdisciplinarité[N 28][B 102], qui de plus et dans les rares cas observés, doit faire face à un manque de temps lié au management des recherches et à de nombreuses formes d'instrumentalisation[B 103]. Dans le cadre qui me préoccupe, je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi la sociologie et l'anthropologie ne font pas l'objet d'une science commune réunie par exemple sous la bannière d'une socio-anthropologie à l'image de ce qui se passe au niveau du projet Wikiversité.[W 62]

Yves Grafmeyer[B 104] dans une revue précisément intitulée « socio-anthropologie » nous explique à ce propos qu'à une certaine époque « l'anthropologie, la science de l'homme, s'est consacrée principalement à l'étude des peuples primitifs »[B 105] et qu'à « l'anthropologie incombe l'étude des sociétés sans écriture où se révèlent des cultures exotiques tandis que reviennent de droit à la sociologie les sociétés avancées dans l'urbanisation et l'industrialisation. »[B 106]. Mais alors que l'expression « peuples primitifs » a totalement disparu, comment pourrait-on encore parler d'exotisme aujourd'hui dans des laboratoires d'anthropologies qui rassemblent des chercheurs originaires des quatre coins du monde ?[W 63].

Quant aux sociétés dites « avancées » dans l'urbanisation et l'industrialisation, il y a bien longtemps qu'elles sont apparues en dehors des frontières de l'occident. Alors que pendant ce temps, et dès la fin du vingtième siècle, des anthropologues n'ont cessé de s'intéresser au monde occidental et contemporain. Parmi les premiers travaux du genre figuraient par exemple ceux réalisés par Pierre Bouvier dans le monde du travail[B 107], auquel on peut ajouter ceux de Marc Augé[B 108] qui rejoint Pierre Bouvier pour s'intéresser à la « Socio-anthropologie du contemporain »[B 109]. Mobiliser de nos jours la question d'exotisme et d'un prétendu stade d'avancement des sociétés issu de théories évolutionnistes désuètes pour dissocier l'anthropologie de la sociologie n'a donc plus aucun sens.

Reste alors la possibilité d’opérer la distinction au travers des méthodes. Mais, là aussi, les choses se discutent. Car suite à l'arrivée du courant interactionniste au début du vingtième siècle, notamment au sein de l'école de Chicago, les méthodes anthropologiques, telles que l'ethnographie et l'observation participante furent adoptées par la sociologie. Ceci alors qu'1967 déjà, Harold Garfinkel professeur de sociologie à Harvard, n'hésitait pas à utiliser l'expression « ethnométhodologie »[B 110] pour décrire sa méthode de travail. Il ressort donc de tout ceci qu'au sein d'une société globale où l'humanité toute entière est entrée en interaction, séparer l'anthropologie de la sociologie se justifie difficilement sur base d'une prétendue pertinences des méthodes. Où alors, si tel est le cas et comme cela s'est vu lors « conflit des méthodes en sociologie »[B 111], c'est carrément au sein de chaque discipline que de multiples scissions deviennent justifiables. Et dans un tel cas de figure, pourquoi alors ne pas pousser le raisonnement jusqu'au bout en faisant de la science l'affaire d'individus autonomes et détachés de tout lien institutionnel, libre de choisir son propre objet d'étude et sa propre méthodologie ? Car dans un tel cas, on peut de nouveau se tourner du côté des projets Wikimédia pour découvrir que ce qui s'y passe est bien proche de ce qui vient d'être décrit.

Quoi qu'il en soit, ce qui semble aujourd'hui incontournable, c'est de dépasser ces guerres partisanes entre institutions et clans d'idéologies diverses, que renforce encore la course aux subsides. Car de cette situation dramatique découle l'ingérence du politique et de l'économique au sein d'une science qui en arrive à se voir complètement détournée de sa mission première. Au niveau des ces acteurs, il y règne d'ailleurs un climat exécrable propice à l'abandon[B 112] au sein d'un milieu reconnu pour être un « panier de crabes » selon l'avis d'un employé de cabinet ministériel chargé de la recherche scientifique[N 29]. Pourtant, il est possible de faire science autrement, « loin des guerres de disciplines »[W 64], comme me le confiait un jour Rémi Bachelet, docteur en science de gestion[W 65] et contributeur du projet Wikiversité depuis septembre 2009[W 66]. Mais aussi avec une totale liberté quant au choix de la méthode et du sujet traité, puisque les seules limites apparues au sein du projet Wikiversité francophone jusqu'à ce jour, ont été l'interdiction de produire du contenu religieux, ni de manière explicite[W 67], ni de manière implicite comme au travers d'un raisonnement mathématique par exemple[W 68].

Illustrations sur le thème de WIkipédia et la science
Fig. 2.x Illustrations sur le thème de WIkipédia et la science

Que dire ensuite du projet Wikipédia où toute personne qui y accède participer au recensement du savoir humain ? Car si l'on dépasse les postures d'oppositions de certains milieux intellectuels[B 113] pour prolonger un débat francophone largement entamé[B 114][B 115][B 116][B 117], le projet Wikipédia, ce « trouble-fête de l'édition scientifique » réputée en 2010 comme « porte d’entrée de la connaissance sur Internet »[B 118] et cinq ans plus tard comme « objet scientifique non identifié »[B 119] malgré son déni de l'expertise[B 120], cette « chimère du savoir libre » qui continue à faire face aux hautes exigences de la communication élitiste traditionnelle[W 69], ne devrait-il pas à son tour être perçu comme lieu de rencontre interdisciplinaire ? Avec ses pages de discussions dédiées au contenu de ses articles et les guerres d'édition qui s'y déroulent, n'est-il pas d'ailleurs emblématique de ce système d'évaluation par les paires dont les scientifiques tirent leur orgueil ?

Concernant ce dernier sujet, il est par ailleurs intéressant de savoir qu'au sein même du Wikijournal, il est possible de proposer six personnes comme relecteurs de l'article que l'on propose à la publication[W 70], mais aussi et cela devient plus discutable, d'en signaler six autres comme indésirables[W 71]. En ce sens, le principe d'évaluation par les pairs tel qu'il est proposé par les éditeurs du Wikijournal of humanities, dont il est intéressant d'en relever la diversité eu niveau des disciplines[W 72][N 30] a donc une connotation beaucoup plus partisane que le système d'évaluation proposé par Wikipédia, où chaque lecteur d'un article peut remettre en question son contenu tout en restant parfaitement anonyme.

Comme autre fait troublant, il faut ensuite savoir qu'un article de Wikipédia peut se voir convertis en version preprint du wikijournal[W 70] par une personne qui en assume le processus d'évaluation jusqu'à voir son nom indiqué comme auteur principale de l'article suivit de l'hyperlien labèlisé « et al ». En cliquant sur ce lien, on est alors redirigé vers Xtools, un site d'analyse statistique qui permet de connaître les contributeurs qui ont participé à l'écriture de l'article originale et dans quelles proportions. Une telle pratique de transfère réciproque, puisque le contenu de l'article une fois « scientificisé » retourne au sein de l'encyclopédie, illustre donc bien la proximité qu'il peut y avoir entre Wikipédia et le monde de la recherche scientifique. Et une proximité qui pose d'autant plus question quand on découvre, bien que ce cas ne semble pas généralisable, que l'auteur crédité dans l'article Rosetta Stone[W 73] publié dans le second volume du journal, n'aura pas fourni plus de 50 % des caractères présents dans le texte selon les indicateurs statistiques[W 74], alors qu'il est seul a recevoir les bénéfices de cette publication au niveau de son curriculum vitae.

Ces critiques apportées au Wikijournal, indiquent donc qu'il n'est pas ici question de faire l'éloge des projets Wikimédia à tout pris, mais bien de plaider au départ de faits vérifiables et de diverses démonstrations en faveur d'une évolution de la science en matière d'ouverture aux méthodes, pratiques et changement d'habitudes. Réciproquement, il ne s'agira pas non plus de faire le procès du Wikijournal of Humanities, mais plutôt de poursuivre ici un débat déjà entamé avec des personnes impliquées au sein du projet[W 75] tout en n'oubliant pas de signaler les qualités du journal attestées par la réception de l'Open publishing awards 2019 dans la catégorie « modèle de publication ouverts »[W 76]. Cette distinction me permet d’ailleurs de rebondir sur le fait que de nombreux journaux scientifiques, sont aujourd'hui accusés de prendre en otage la connaissance humaine au travers un processus de marchandisation[B 121]. Ceci alors que ce genre de pratique a pour conséquence inévitable de réduire le nombre de lectures des productions scientifiques et donc par la même occasion leur scientificité au sens Popperien du terme, puisque de ces lectures dépendent leurs évaluations.

Encore une fois, ce débat sur le libre accès des publications scientifiques n'est pas nouveau et ne concerne pas non plus de la même manière tous les pays du monde[B 122]. 1999 déjà, un mouvement en faveur de l'Open Science fut lancé au départ du projet The OpenScience Project dont le but est d' « encourager un environnement collaboratif dans lequel la science peut être poursuivie par quiconque est inspiré à découvrir quelque chose de nouveau sur de monde naturel »[W 77][N 31]. Cette idéologie d'ouverture et de partage traduite en français par l'expression francophone « science ouverte » à ne pas confondre avec « Science libre »[N 32], apparu ainsi dans la continuité d'un philosophie et de valeurs préalablement diffusé par le mouvement du logiciel libre initié par Richard Stallman[N 33] qui en son temps insista sur le fait que :

quelle que soit la catégorie de l'œuvre, la liberté de copier et de redistribuer de manière non commerciale devrait s'appliquer intégralement et en tout temps. Si cela signifie de laisser les internautes imprimer une centaine de copies d'un article, d'une image, d'une chanson ou d'un livre et ensuite d'en distribuer par courriel les copies à une centaine d'étrangers, alors qu'il en soit ainsi »[B 123].

À ces considérations initiales, qui mettent en exergue le partage au sein du paradigme du savoir, s’ajoutent ensuite « le défi de la transparence » telle qu'il se voit décrit par le virologue Bernard Rentier :

« Bien au-delà de l'accès ouvert, la science ouverte s'étend sur un champ très vaste et prend en compte, dans un effort de rénovation et de modernisation, l'ensemble des problématiques de la recherche et de ses conséquences, telles que l'ouverture et la gestion des données de recherche, l'ouverture et l'inter-opérabilité des logiciels, la transparence des évaluations, l'encouragement de la participation citoyenne à la recherche et la liberté d'accès aux matières d'enseignement. »[B 124]

Face à de telles revendications, il est à nouveau possible de s'inspirer du fonctionnement des projets Wikimédia. Car il faut ici savoir que tous ces projets reposent sur un logiciel libre, MediaWiki pour ne pas le citer, qui fait figure de référence en matière de participation et de transparence au sein de l'espace Web. Grâce à l'archivage automatisé de tout ce qui se passe au sein de son espace numérique et grâce ensuite à la restitution de toutes ces informations sous forme d'historique librement accessible à tous les utilisateurs, ce logiciel répond en effet de manière très efficace aux besoins de transparence réclamé par le mouvement de la science ouverte. Loin d'être un « fantasme de la technologie »[B 125], cette environnement de travail constitue donc en ce sens, une nouvelle inspiration en faveur d'une évolution de la science.

Une plaidoirie en faveur d'une évolution de la science

Comme annoncé, c'est donc en formulant une plaidoirie en faveur d'une évolution de la science que je tiens à clôturer mon propos. Mais avant toute chose, il est bon de définir précisément ce qu'il faut entendre au travers du mot « science ». puisque celui-ci peut se définir dans un sens premier, comme « somme de connaissances qu'un individu possède ou peut acquérir par l'étude, la réflexion ou l'expérience. », mais aussi dans un sens second, comme « ensemble structuré de connaissances qui se rapportent à des faits obéissant à des lois objectives (ou considérés comme tels) et dont la mise au point exige systématisation et méthode »[W 78]. Sauf que ce sens second pose problème dans un premier temps, si l'on se remémore que Jean-Claude Passeron et Karl Popper ne sont pas d'accord sur la manière de définir un énoncé scientifique, et dans un second temps, lorsque l'on sait que pour Paul Feyerabend la méthode et la systématisation ne représentent pas des critères pertinents pour définir ce qui fait science[B 126].

Or, si l'on se limite au sens premier du terme science, cette vision d' « Imaginer un monde dans lequel chaque être humain puisse partager librement la somme de toutes les connaissances »[W 79] défendue par le mouvement Wikimédia devrait donc suffire à faire de ce mouvement un projet scientifique à part entière. Ceci alors que d'un autre côté, les universités, habituellement reconnues comme principal siège de la science, seraient en train de « perdre le nord »[B 127] au même titre certainement que tout les institutions apparentées et actives au niveau de l'enseignement supérieure. Elles se reconnaissent souvent d'ailleurs par leur prétention à l'excellence, mais une excellence sujette à caution comme en témoigne encore un chercheur du centre de recherche sur la médiations à l'université de Lorraine.

On peut alors parler de dérives pour les universités, qui mettent en péril les modes de travail des universitaires et des personnels académiques en général. Sous ces coups de boutoir, les universités se liquéfient, elles se bureaucratisent, entrent stérilement dans un esprit de compétition mal placé, de sorte qu’un sentiment d’aliénation professionnelle s’empare de plus en plus des personnels, chacun se sentant dépossédé de son outil de travail et perdant progressivement le pouvoir de définir le sens des missions de l’université. Ces dérives sont lourdes de conséquence et la qualité de la recherche et du service rendu aux étudiants ne peut que s’en ressentir[B 128].

Mais comment expliquer ce phénomène de déclin si ce n'est que par l'oubli d'un principe fondamental selon lequel « l'épistémologie est une conséquence de l'éthique et non l'inverse »[B 129]. Car il est vrai que la notion d'éthique souvent dissimulée dans le cadre de la recherche scientifique par une charte déontologique devrait toujours reposer sur une réflexion idéologique première et fondamentale que représente la philosophie politique et parfois dans certains région du monde sur toute forme de croyance ou de religions qui la substitue. N'oublions pas en effet que lorsque François Rabelais faisait écrire par la main de Gargantua une lettre à son fils Pantagruel pour le mettre en garde sur le fait que « selon le sage Salomon, Sapience nentre point en ame malivole, et science sans conscience nest que ruyne de lame. » il faisait référence à l'idée de « servir, aymer, et craindre dieu et en luy mettre toutes tes pensees, et tout ton espoir »[B 130].

Étant donné qu'en occident, la religion fut écartée des affaires de l'état suite à sa sécularisation, on peut alors raisonnablement penser que la science constitua un espace propice à la sauvegarde d'avantages économiques et sociaux. En 1993, Paul Nizan expliquait d'ailleurs à ce titre dans un ouvrage intitulé Les chiens de garde que « Les philosophes d’aujourd’hui [de son époque donc] rougissent encore d’avouer qu’ils ont trahi les hommes pour la bourgeoisie »[B 131]. Soixante cinq ans plus tard dans un ouvrage intitulé Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi dénoncait à son tour un journalisme perverti par « une société de cour et d'argent, en se transformant en machine à propagande de la pensée de marché »[B 132]. Près de quinze ans plus tard encore, c'est sous le titre « Les marchands de doute » que Naomi Oreskes, Erik M. Conway et Jacques Treiner dénoncèrent cette fois une certaine connivence entre « experts indépendants » et « médias naïfs ou complaisants »[B 133], soit les chiens de garde anciens et nouveaux, dans le but de troubler délibérément les débats et d'atteindre l’opinion publique au sujet de débat de société aussi important que sont le tabagisme et le réchauffement climatique.

Suite à ce flash-back historique effectivement troublant, à toutes ces expériences, démonstrations, observations et réflexions apportées tout au long de ce travail de recherche, je terminerai donc à présent en m'accordant à cette idée de Paul Feyerabend selon laquelle :

la science est beaucoup plus proche du mythe qu'une philosophie scientifique n'est prête à l'admettre. C'est l'une des nombreuses formes de pensée qui ont été développées par l'homme, mais pas forcément la meilleure. La science est indiscrète, bruyante insolente ; elle n'est essentiellement supérieure qu'aux yeux de ceux qui ont opté pour une certaine idéologie, ou qui l'ont accepté sans avoir jamais étudié ses avantages et ses limites. Et comme c'est à chaque individu d'accepter ou de rejeter des idéologies, il s'ensuit que la séparation de l'État et de l'Église doit être complétée par la séparation de l'État et de la Science : la plus récente, la plus agressive et la plus dogmatique des institutions religieuses. Une telle séparation est sans doute notre seule chance d'atteindre l'humanité dont nous sommes capables, mais sans l'avoir jamais pleinement réalisée[B 134].

Or, il se fait justement qu'au cours de la pandémie de Covid-19, la promiscuité entre la science et l'état n'aura jamais été aussi forte[B 135] et même dans des circonstances très particulières puisque en Belgique par exemple des mesures de droit d’exception prise par le gouvernement furent condamnées le 31 mars par le tribunal de première instance de Bruxelles[B 136]. Certains diront que la gravité de la situation justifie cette incrustation de la science aux sein des prises décisions politiques. Et si tel est le cas, il faut alors admettre c'est le principe même de la démocratie qui est mis en jeux. Et il faut ensuite se rappeler que si il existe au sein du premier paragraphe de l'article 26 de la Déclaration des Droits de l'Homme, un principe démocratique selon lequel « l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite », celui-ci ne sera toute fois repris, ni par la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, ni par la Convention américaine relative aux droits de l'homme, ni même par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Un constat bien décevant sommes toutes, qui regard du mouvement Wikimédia et de ses médias de la « connaissance démocratique »[B 137], appel justifie donc une réelle évolution de la science.

Notes et références


[N]otes

  1. À côté de mes quatre ans d'activités doctorales prenaient place d'autres priorités tels que prendre soin de mon fils et de mon entourage.
  2. Mon parcours doctoral n'a malheureusement pas pu faire l'objet d'un financement. Le délai entre la fin de mon master et le début de mon doctorat était trop long pour que je puisse déposer ma candidature au fond national de recherche scientifique (FNRS). Parallèlement, Imagine_un_monde/Recherche_de_partenaires_et_de_financements&oldid=785231 les recherches au niveau d'autres organismes ont été infructueuses. Par la suite, mes deux dossiers de candidatures pour un fond de développement pédagogique au sein de mon université (FDP) furent rejetés tout comme de Lionel_Scheepmans&oldid=20183287 nombreuses demandes de financement au sein du mouvement. Les seuls financements que j'ai pu obtenir furent quelques remboursements de frais de transport en Belgique lors de diverses réunions ou ateliers, et de manière plus conséquente, une bourse de Wikimedia Suisse qui me permit de participer sans frais à ma première rencontre internationale Wikimania de 2014, une autre en provenance de l'association française qui me permit d'assister à celle de 2016 et une dernière de l'association belge pour l'édition 2019.
  3. En plus du français comme langue maternelle, les seules langues dans lesquelles je peux communiquer plus ou moins aisément sont l'anglais et le portugais.
  4. L'ensemble des fichiers que j'ai importés est accessible sur la page: https://commons.wikimedia.org/wiki/Special: ListFiles?limit=500&user=Lionel+Scheepmans
  5. Dans le but de donner un aperçu complet sur mon observation participante, mon parcours wikipmédien est retracé de façon exhaustive au niveau de ma page d'utilisateur sur le site Meta-Wiki.
  6. À noter que dans une version imprimée d'un travail, il est aussi possible de recopier les adresses URL, ou mieux encore d'afficher des codes QR pour permettre aux lecteurs de cette version papier d'accéder aux pages web référencées par les hyperliens grâce à un navigateur et dans le cas des codes QR d'un ordinateur équipé d'un capteur d'image, smart phone ou autre.
  7. L'idée de s'intéresser au concept de réfutabilité de Popper au niveau de l'étude de Wikipédia fut en effet largement développé dans le sixième chapitre de cet ouvrage qui ne mentionne malheureusement pas mon mémoire de master.
  8. Texte original avant traduction par deepl.com version gratuite : « that not the verifiability but the falsifiability of a system is to be taken as a criterion  of  demarcation.*3  In  other  words:  I  shall  not  require  of  a scientific system that it shall be capable of being singled out, once and for all, in a positive sense; but I shall require that its logical form shall be  such  that  it  can  be  singled  out,  by  means  of  empirical  tests,  in  a negative sense: it must be possible for an empirical scientific system to be refuted by experience »
  9. Lorsque des pages Web affichent des graphiques ou tableaux mis à jour en temps réel par exemple, ou lorsqu'un site l'interdit, l'archivage devient alors malheureusement impossible.
  10. Cet exemple choisi correspond à l'hyperlien pointant vers l'archivage du 5 décembre 2020 de la page principale de ce travail de recherche. L'adresse permettant l'accès direct à la dernière version mise à jour sur Wikiversité est donc:https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche: Imagine_un_monde
  11. Cette licence creative commons représente donc une véritable aubaine pour les chercheurs et surtout pour les statisticiens comme pourra en attester l'existence d'une multitude de sites web présentant des analyses effectuées parfois en temps réel au départ de données récoltées sur les sites Wikimédia via une interface de programmation d'application (API). À leurs tours, licence oblige, ces analyses statistiques sont publiées sous licence CC. BY. SA et reviennent donc disponibles pour les chercheurs sous les mêmes conditions que celles évoquées précédemment.
  12. À remarquer que la chute brutale du pourcentage de la rubrique « Frais de fonctionnement » en 2014 est due à l'apparition d'une nouvelle rubrique intitulée « Frais de service professionnels » au départ de la scission de la rubrique précédente.
  13. Je reviendrai sur cette information contradictoire dans le courant du chapitre 6.
  14. Publiés sur des sites Web séparés ou parfois intégrés dans certaines pages des projets éditoriaux, ces projets statistiques bénéficient la plupart du temps d'une interface de programmation d'application (API) qui permet une automatisation de la récolte et du traitement des informations. Les résultats statistiques produits par ces traitements seront aussi publiés sous licence CC. BY. SA.
  15. À noter que interprétation de ce graphique doit se faire en tenant compte que la courbe illustre l'addition du nombre d'apparition. Une position verticale signifie donc une grande apparition du mot tandis qu'une courbe parfaitement plate signifie que le mot n'apparaît pas durant cette période.
  16. Pour ne pas alourdir cette section, une présentation plus approfondie des requêtes syntaxiques, notamment type SQL, rendue plus puissante grâce à une lemmatisation des corpus sera détaillée en annexe.
  17. La question de harcèlement sera traitée plus en détails dans le chapitre 5 consacré à la vie communautaire Wikimédia.
  18. En premier plan de cette photo figure Katherine Maher, directrice de la fondation Wikimédia de mars 2016 à avril 2021 et moi-même et en arrière-plan Florence Devouard sa présidente de 2006 à 2008.
  19. Je profite de l'occasion pour anticiper une éventuelle discrétisation de mon travail au départ d'une accusation d'auto-plagiat, utilisé dans certains milieux académiques pour condamner la récupération de ses propres écrits dans un autre contexte d'édition dans le but d'accroitre son nombre de publications. L'intérêt pour l'auteur étant bien entendu de faire croire à une plus grande expérience d'écriture dans le cadre d'une candidature à un post académique ou un financement quelconque. Il se fait cependant que la rédaction de l'article encyclopédique ne sera jamais, à tort ou à raison, considérée comme une production scientifique et qu'elle ne fera donc jamais l'objet d'une reconnaissance quelconque en milieu universitaire. Son écriture par contre aura représenté une charge de travail importante dans le but de répondre aux attentes éditoriales de Wikipédia qui n'ont rien en commun avec celles établies pour l'écriture d'une thèse de doctorat. Sur Wikipédia, il fut me fut par exemple reproché d'utiliser trop de sources primaires, alors que ces sources sont au contraire très attendues dans le cadre d'un travail socio-anthropologique.
  20. À la clôture du vote, le label ne fut pas attribué puisque que seulement 4 des 9 personnes votantes étaient en sa faveur alors que la labellisation requière 66 % de votes favorables et au moins 5 votes positifs.
  21. Texte originale avant traduction par deepl.com version gratuite : « Griaule's initiatory trajectory has never been parallele or even approximated by any of his student »
  22. Tous ces travaux produits durant un master en anthropologie, un certificat en éthique sociale et économique et ce récent parcours doctoral, tout comme ce présent ouvrage et bien d'autres travaux encore, furent publiés dans l'espace recherche du projet Wikiversité francophone pour être ensuite référencé sur ma page d'utilisateur commune à tous les projets Wikimédia conjointement au résumé toute ma participation au sein du mouvement. Une fois son compte créé sur les projets Wikimédia, il est en effet possible d'éditer librement une page de présentation tant que son contenu est en lien avec le mouvement Wikimédia. Pour les versions imprimées de cet ouvrage, une copie de ma page de présentation au sein des projets Wikimédia sera disponible au niveau des annexes.
  23. Sur les projets Wikimédia, un espace de discussion personnel constitué d'une page web est créé lors de l'ouverture d'un nouveau compte utilisateur. D'autres fonctionnalités offertes aux utilisateurs enregistrés seront vues en détails dans les prochaines sections de cet ouvrage.
  24. Un bot informatique est un agent logiciel automatique ou semi-automatique qui interagit avec des serveurs informatiques.
  25. La réduction de la participation des nouveaux arrivant sera illustré plus en détails dans la partie de cet ouvrage consacré à l'histoire du mouvement.
  26. En parcourant la catégorie biais cognitif sur Wikipédia, bon nombre d'entre eux semblent applicables à notre cas de figure:biais d'attention, de cadrage, de conformisme, d'anticonformisme, d'équiprobabilité ou effet de halo et de primauté.
  27. N'étant pas familier avec les autres domaines de la science, je ne me risquerai pas à généraliser mes propos à l'ensemble de la science à ce stade de la discussion. D'autre le feront peut-être en suivant mon inspiration.
  28. Voir aussi au niveau de Wikipédia les articles au sujet de la transdisciplinarité, la pluridisciplinarité, la mutliversalité.
  29. Cette expression m'est venue d'une observation participante au sein d'un cabinet ministériel en 2010 dans le cadre d'un cours portant sur les lieux de médiation.
  30. En mai 2021 ce comité était en effet composé d'historiens, de juristes, de pédagogues, d'anthropologues, de sociologues, de politologues, d'archéologues et même d'un biochimiste.
  31. Texte original avant traduction par deepl.com version gratuite : « We are a group of scientists, mathematicians and engineers who want to encourage a collaborative environment in which science can be pursued by anyone who is inspired to discover something new about the natural world. »
  32. L'expression « Science libre » fut en effet récupérée par un magazine publié sous copyright
  33. L'histoire et les enjeux du logiciel libre et des idées de Richard Stallman son créateur sera présenté plus en détails dans le prochain chapitre consacré à la préhistoire du mouvement Wikimédia.

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[V]idéographiques

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[W]ebographiques

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  77. « The OpenScience Project », sur web.archive.org, (consulté le 22 novembre 2019)
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  79. Meta-Wiki, « Vision » (consulté le 25 octobre 2020)

La galaxie Wikimédia comme reflet de l'hypercomplexité de la société globale et numérique contemporaine


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Bienvenu dans cette découverte du mouvement Wikimédia, ou plutôt ce voyage au sein de cette galaxie comme on s'amusait à le dire en 2011 lors du dixième anniversaire du projet Wikipédia[B 1] (voir figure 2.1 ci-dessous). J'aurai pour ma part commencé ma propre découverte de cet univers au départ de son espace numérique à partir du 26 février 2011 et suite à la création d'un compte utilisateur au sein des projets éditoriaux[W 1]. Ce fut pour moi le début d'une première avanture captivante dans laquelle je découvris successivement de nouveaux espaces au fur et à mesure que je cliquais sur les liens présents sur mon navigateur Internet. Lors d'une toute première étape, j'ai d'ailleurs produit une étude portant sur la communauté active au sein du projet Wikipédia francophone dont la lecture peut être conseillée à ceux qui voudraient en savoir plus sur la troisième planète la plus active au sein de l'espace numérique Wikimédia[W 2].

Suite à cette première étape et tout en poursuivant mes observations en tant qu'internaute, je me suis ensuite lancé dans la découverte de la sphère hors ligne du mouvement Wikimédia. Elle débuta le 10 octobre 2011, lorsque je choisis de rejoindre l'équipe des membres fondateurs de l'association Wikimédia Belgique[W 3]. Bien que l'espace hors ligne et en ligne du mouvement évoluent chacun dans un environnement bien distinct, ils me sont toute fois apparus fortement interconnectés. Il y a en effet pas mal de personnes actives simultanément dans chacune de ces deux sphères. Et de plus, tout l'ensemble du mouvement partage une mission commune, celle d' « apporter au monde des contenus éducatifs gratuits. Grâce à divers projets, chapitres et à la structure de soutien de la Wikimedia Foundation à but non lucratif, Wikimedia s'efforce de créer un monde dans lequel chaque être humain peut partager librement la somme de toutes les connaissances. »[W 4],[N 1]

Représentation graphique de la galaxie Wikimédia faite par l'association Wikimédia France à l'occasion du dixième anniversaire de Wikipédia.
Fig. 2.1. Représentation graphique de la galaxie Wikimédia faite par l'association Wikimédia France en 2011 à l'occasion du dixième anniversaire de Wikipédia[B 2] (source : https://w.wiki/32Ga).

Découvrir la galaxie wikimédia, c'est aussi découvrir un reflet de l'hypecomplexité d'une société humaine[B 3] globale et interconnectée au travers du réseau que l'on nomme Internet [B 4]. Car même pour les plus expérimentés, il n'est en effet pas du tout évident de s'y retrouver dans l'organisation du mouvement Wikimédia, tout comme il est aujourd'hui extrêmement difficile de comprendre le fonctionnement de notre société humaine de plus en plus cosmopolite, connectée et interconnectée. La crise écologique et plus encore la pandémie de Covid-19, nous rappelle en outre de manière quelque peu brutale à quel point, au sein de l'écoumène, les êtres humains forment aujourd'hui une communauté universelle, une société mondiale du risque à risque comme certains aiment à le souligner[W 5]. Aborder la complexité de l'organisation du mouvement Wikimédia permet donc de comprendre au départ d'une échelle beaucoup plus réduite la complexité qu'engendre la mondialisation structurelle de nos sociétés et la globalisation économique de notre humanité[B 5]. C'est aussi partir à la découverte d'enjeux de première importance, puisque dans les deux cas de figure, le manque de transparence et de clarté ainsi que la perte de contrôle sur son environnement, aident certains acteurs à tirer un profit personnel de la situation qui parfois joue au détriment des autres.

Introduction à l'espace numérique du mouvement Wikimédia

L'espace numérique Wikimédia le plus connu du grand public est certainement Wikipédia qui en octobre 2020 se voit développé en plus de 300 versions linguistiques[W 6]. Mais au delà de ces 300 sites web, la Wikimedia Foundation en héberge aussi plus de 600 autres représentant pour la plupart, différentes versions linguistiques de sept autres projets frères de l'encyclopédie libre[W 7]. Si l'on ajoute à cela d'autres projet multilingues soutenu par la mouvement, en date du 23 octobre 2020, c'est ainsi pas moins de 917 sites web qui sont hébergés par la fondation Wikimédia dans le but de diffuser un total approximatif de 430 millions de pages Web[W 8][N 2].

Cependant, tout ces sites ne se ressemble pas, en date du 25 janvier 2021 par exemple, le nombres de contributeurs au moins actif une fois sur un de ces sites peut en effet varier de 113 personnes pour le dictionnaire en niha à 40 167 243 pour le projet Wikipédia en anglais [W 9] ? De plus, chacun de ces sites fonctionne sur un système de gestion de contenu différent et même si ils se ressemble à première vue en apparence, il sont chacun configuré différemment comme en témoigne les codes informatiques qui en est partiellement responsable[W 10]. Ils sont aussi tous potentiellement différents au niveau de leurs finalités (encyclopédie, dictionnaires, guide de voyage, répertoires des êtres vivants, de citation, de livres, etc.), mais aussi des règles de fonctionnement établies dans chaque projet par des communautés de contributeurs autonomes[B 6].

Le projet Wikipédia germanophone par exemple, possède des règles beaucoup plus strictes que le projet francophone. Le fair use n'y est pas d'application, les ébauches d'article ne sont pas conservées et le bannissement d'utilisateur nécessite un vote public à la majorité des deux tiers[W 11]. Le projet Wikipédia en Portugais qui a la particularité d'avoir sur toutes ses pages un lien pointant vers la boutique en ligne Wikimédia, est aussi le seul depuis octobre 2020 à interdire la modification de l'espace encyclopédique aux personnes qui ne bénéficient pas d'un compte utilisateur. Quand au contenu de Wikipédia, une étude de 2010 qui aura comparé 74 versions linguistiques différentes, aura mit en évidence que 74 % des articles encyclopédiques n'existaient que dans une seule langue ![B 7]

Devant tant de diversité, il est donc indispensable de faire un classement parmi tous ces projets afin d'en facilité une vision d'ensemble. Pour ce faire, je vais donc aborder respectivement et distinctement par la suite, les projets de partage de la connaissance, de sensibilisation au activité Wikimédia, d'administration interne, de développement technique,[W 12] pour présenter ensuite les espaces en ligne dédié à la communication en interne du mouvement mais aussi avec son extérieur comme dans le cadre de la gestion des demandes par courriels par exemple.

Les sites de partage de la connaissance

Il existe donc à côté de Wikipédia tout un ensemble de projets destinés au partage de connaissances. On trouve parmi ceux-ci certains projets multilingues comme le projet Wikispecies. D'autres projets en plus d'être multilingues sont aussi centralisateurs de contenus qui s'affichent dans les autres projets Wikimédia sans pour autant devoir les dupliquer. Dans ce dernier cas de figure, se trouve le projet Wikimedia commons chargé de centraliser les fichiers image, audio, vidéo, etc[V 1]. Il y a ensuite le projet Wikidata qui centralise des informations factuelles dans une immense base de données sémantique éditable de manière automatisée[B 8]. Les projets Wikimedia Incubator et Wikiversity Beta et Wikisource multilingue sont eux aussi multilingues, mais seulement destinés cette fois à la création, au test et au lancement respectif de nouveaux projets éditoriaux et de versions linguistiques[B 9].

Chaque année, de nouvelles versions linguistiques et de nouveaux projets éditoriaux sont donc susceptibles de voir le jour. Le projet WikiJournal, récompensé de l'Open Publishing Awards en 2019[W 13], espère par exemple de recevoir le consentement du conseil d'administration de la fondation lui-même en attente d'une évaluation de son personnel pour pouvoir lancer son site[W 14]. Parmi les demandes, certains projets tel que WikiLang[W 15] reçoivent des réponses négatives alors que d'autre comme Abstract Wikipedia en attente d'un logo définitif[W 16], a déjà reçu leur autorisation de s'implanter au cœur du projet Wikidata en mai 2020[W 17] dans le but d'éditer des articles informatifs qui pourront être automatiquement traduits dans toutes les langues[B 10].

Comme le démontre Wikidata, certains projets peuvent donc se développer au sein du site Internet d'un projet déjà existant. Certains parlent alors de sous projet. Comme autre exemple, il y a le projet Wikijunior qui s'est développé au sein des projets Wikilivres pour se spécialisant dans la littérature pour enfants de 0 à 12 ans. Quoi qu'il en soit, tous les projets de partages de contenu actifs en début d'année 2021 repris dans le tableau ci-dessous, sont tous libres, collaboratifs, indépendant dans leurs gestions, en tout grande majorité soumis à la licence CC. BY. SA et toujours développé au départ du logiciel MediaWiki [B 11]. Cette liste est bien sûr susceptible d'évoluer en fonction, d'une liste de nouveaux projets proposés à la création sur une page du projet Meta-Wiki[W 18], mais aussi d'une autres liste de projets proposés à la suppression[W 19].

Tableau de synthèse des projets Wikimédia de partage de la connaissance avec leurs logos[N 3]
Accueil de Commons
Wikimédia Commons est une médiathèque multilingue qui centralise les fichiers utilisés sur les projets Wikimédia. Les fichiers y sont sous licence libre CC.BY.SA. et les descriptions sous la licence CC.0.
Accueil de Wikidata
Wikidata est une base de donnée multilingue sous licence libre CC0 lue et éditée par des humains ou des machines dont les informations sont collectées ou distribuées au niveau des projets Wikimédia.
Accueil de Wikisource
Les projets Wikisource sont des bibliothèques numériques de livres tombés dans le domaine public.
Accueil de Wikispecies
Wikispecies est un répertoire multilingue des espèces vivantes de la faune et de la flore.
Accueil de Wiktionnaire
Les Wiktionnaires sont des dictionnaires descriptifs et illustrés.
Accueil de Wikivoyage
Les projets Wikivoyage sont des guides de voyage touristique.
Accueil de Wikiquote
Les projets Wikiquote sont des recueils de citations sous licence libre.
largeAccueil de Wikilivres
Les projets Wikibooks sont des collections d'ouvrages pédagogiques.
Les projets Wikinews sont des sites journalistiques collaboratifs qui résume l'actualité sur base d'un point de vue neutre.
Accueil de Wikiversité
Les projets Wikiversité sont des collections de matériaux pédagogiques et des espaces dédiés aux travaux de recherches.
L'incubateur Wikimédia est le lieu de test et de lancement des nouveaux projets linguistiques Wikimédia à l'exception de Wikiversity.
Wikiversity Beta est la plate-forme de lancement des nouvelles versions linguistiques des projets Wikiversité.
WikiJunior est l'espace de Wikilivres qui reprend la littérature pour enfants.
Accueil de Wikisource
Wikisource multilingue est la plate-forme de lancement des nouvelles versions linguistiques des projets Wiksources.

Les sites de gouvernance, d'aide et de coordination

Au-delà des projets de partage de contenu, il existe aussi tout un ensemble d'espaces numériques destinés à organiser les activités internes au mouvement Wikimédia. La plate-forme Meta-Wiki par exemple, qui recense le plus d'utilisateurs après Wikipédia en anglais[W 9], est l'espace de gestion de tout ce qui est commun à l'ensemble des projets éditoriaux, mais aussi un lieu de traitement des questions administratives et politiques relatives à l'ensemble du mouvement Wikimédia[B 12]. Ce site ou souvent prend naissance d'autres projets numériques internes au mouvement[B 11] est aussi un espace de discussion et de prise de décision important concernant l'allocation de subventions et certaines élections et les orientations stratégiques du mouvement.

Parmi les projets actifs, les sites Wikimania ont pour fonction de préparer les conférences internationales annuelles dédiées au mouvement Wikimédia[W 20]. Le site Wikimedia Outereach se focalise pour sa part sur la promotion des projets Wikimédia au niveau de l'éducation, des galeries, librairies, archives et Musées (GLAM), tout en encourageant l'échange de bonnes pratiques et de réussites au sein du mouvement[W 21]. Au sein des projets inactifs en 2020, figure le site Wikimedia strategy planning utilisé pour élaborer la stratégie du mouvement durant la période 2010-2020 et gardé accessible par la suite en tant qu'archive[W 22]. le site Wikimedia Usability qui fut lui aussi mis en archive suite à la fin de son financement par la Stanton Foundation[W 23] et le site survey.wikimedia.org/ une plate forme de sondage en ligne abandonnée aux alentours de 2013[W 24].

Il existe aussi au sein de l'espace numérique Wikimédia différents projets qui ne possèdent ni site ni nom de domaine, mais qui se développent et se coordonnent au sein d'autres projets préexistant. On y retrouve aussi le projet WikiMooc[W 25] chargé de la production un cours en ligne gratuit et ouvert pou apprendre à contribuer à Wikipédia. Plus proche du contenu encyclopédique, on rencontre aussi tout un ensemble de projets thématiques[W 26] et de portails[W 27] qui valorisent certaines thématiques, mais aussi des projets de sensibilisation tel que « Noircir Wikipédia »[W 28] dédié à combler les lacunes concernant l’Afrique.

Tableau de synthèse de projets d'aide, de coordination, de gestion et de partage d'information interne au mouvement Wikimédia[N 3]
Screenshot logo wikimedia gouvernance wiki.png
Wikimedia Foundation Governance Wiki est le site sur lequel la Fondation Wikimédia met à la disposition du public des documents relatifs à la gouvernance.
Screenshot logo wikimedia board.png
Wikimedia Board est un site wiki dont l'accès est réservé aux membres du conseil d'administration de la fondation Wikimédia pour leur communication interne.
Accueil de Meta-Wiki
Méta-Wiki est le site de gestion et de coordination générale du mouvement Wikimédia (accès au site).
Le site Wikimania est dédié à la préparation des cycles de conférences annuelles dédiées au mouvement Wikimédia.
Wikimedia Outreach est un site Web destiné à coordonner la promotion des projets Wikimédia et les partenariats au sein du mouvement.
Wikimedia Space était une plateforme d'information, de discussion, de collaboration et de support qui se réduira par la suite à un blog destiné aux acteurs du mouvement Wikimédia.
Wikimedia Community Logo-Mailservices 2.svg
Wikimedia Mailservices est le service d'hébergement de toutes les listes de diffusion gérées par la fondation Wikimedia.
Nuvola mimetypes log.svg
Statistiques Wikimédia rassemble des plates-formes d'informations statistiques au sujet de tous les projets Wikimédia gérés par la fondation Wikimedia.
Wikipedia Usability Initiative Logo.png
Wikimedia Usability (archivé) est un espace de travail dédié à l'amélioration de la convivialité de Wikipédia pour les nouveaux contributeurs.
Logo du site Wikimédia strategy
Wikimedia strategic planning (archivé) fut le site utilisé de 2009 à 2010 pour l'élaboration le plan stratégique 2010-2015.

Les sites de gestion technique

Afin de gérer les questions techniques au sein du mouvement, un ensemble de sites ont vu le jour tel que celui reposant sur le programme Phabricator, lancé en septembre 2014 en remplacement de Bugzilla dans le but de poursuivre la résolution des bugs au sein des projets mais aussi autres tâches au sein du mouvement qui ne sont pas forcément liées à l'informatique[B 13]. Le site MediaWiki pour sa part est une autre plateforme multilingue dédiée au développement collaboratif et à la documentation du logiciel MediaWiki. Ce moteur Wiki en tête de classement parmi ses homologues[W 29] est utilisé sur tous les projets éditoriaux Wikimédia ainsi que par des milliers d'autres site Web[W 30] dont certains gestionnaires se rassemblent lors de conférences annuelles[B 14]. Le site Wikitech, quant à lui, est une plateforme d'information et d'orientation technique au sujet du Wikimedia Cloud Services (WMCS)[W 31]. Il est utilisé en janvier 2020 par plus de 16000 personnes[W 32], pour avoir accès aux dumps et systèmes de gestion de bases de données des projets Wikimédia[W 33]. Le projet Kiwix, enfin, offre un logiciel qui permet d'avoir accès hors ligne et en prison par exemple[B 15] aux contenus des projets Wikimédia et bien d'autres ressources éducatives[B 16]

Tableau de synthèse des projets de gestion technique du mouvement Wikimédia[N 3]
Accueil de Phabricator
Wikimedia Phabricator est une plateforme de collaboration ouverte à tous les contributeurs et contributrices de Wikimedia pour gérer le travail lié aux logiciels mais des initiatives non techniques sont les bienvenues.
Le site MediaWiki est une plate-forme de développement et de documentation attribué au logiciel MediaWiki utilisé par tous les projets éditoriaux Wikimédia.
Wikitech est une plate-forme destinée à documenter les projets et infrastructures informatiques d'aide au mouvement Wikimédia, hébergés sur le cloud par la fondation Wikimedia.
Accueil de « Test Wiki »
Test Wiki est un site Wikimédia utilisé par les développeurs du logiciel afin de tester leurs codes avant de les appliquer à d'autres sites.
Toolforge (anciennement toolserver), est le lieu de gestion du cloud computing Wikimédia dédié à l'hébergement de projets assistés par la communauté.
Wikimedia Cloud Services logo.svg
Wikimedia Cloud VPS est l'espace de gestion du cloud computing Wikimédia destiner à l'hébergement de projets autonomes.

Les espaces de communication et d'information

Logo du service des listes de diffusion Wikimédia
Logo du service des listes de diffusion Wikimédia

Dans le but de communiquer au sein du mouvement, le mouvement Wikimédia héberge des centaines de listes de diffusion[W 34] privées ou publiques répertorier sur la page https://lists.wikimedia.org, ainsi que des centaines de salons de conversation (IRC)[W 35] chacun destiné à une thématique ou à un groupe de personnes actives au sein du mouvement. En septembre 2019, une nouvelle plate-forme basée sur WordPress et Discourse intitulée « Wikimédia Space » a aussi vu le jour comme espace d'échanges d'informations et de conversations entre les personnes actives au sein mouvement Wikimédia[B 17], mais elle se transforma finalement en fin février 2020 en espace de bloging[B 18] intitulé Diff[W 36] qui se veut être un espace de publication d'actualités faites par le mouvement, pour le mouvement avec une attention particulière accordée aux communautés sous-représentées. Les articles peuvent y être traduits en plusieurs langues et son soumis à un processus éditorial simplifié[W 37].

Dans le but de communiquer avec le grand public cette fois, la fondation Wikimedia possède un site d'information officiel au concernant sa gouvernance[W 38], mais aussi un site vitrine[W 39] muni d'un espace espace blog[W 40] publiant les nouvelles de l'ensemble du mouvement Wikimedia[W 41]. Certaine associations tel que Wikimédia France[W 42] et Wikimédia Suisse[W 43] possèdent aussi un site officiel auto-hébergé tandis que d'autres, tels que l'association belge[W 44] et canadienne[W 45], utilisent un wiki hébergé par la fondation. Un blog similaire mais dédié à la communauté technique Wikimédia appelé Wikimedia Techblog[W 46] est aussi tenu par une équipe de soutien aux développeurs des projets Wikimédia[W 47]. Toujours au niveau technique, mais en interne cette fois, la plateforme Phabricator héberge aussi une quinzaines d'espace blog[W 48].

Parfois inclus dans son site officiel comme c'est le cas pour l'association française[W 49], de nombreux blogs sont aussi maintenus par diverses associations locales comme l'association belge par exemple[W 50], mais aussi par des groupes d'utilisateurs voir même par de simples utilisateurs actifs au sein du mouvement. La dizaine de blogs tenus par des éditeurs francophones[N 4] semblent toute fois inactifs en 2020 à l'exception du blog Wikirigolé reconnu comme « l'un des blogues ayant le plus influencé la communauté de Wikipédia en français »[W 51] et celui de Theoliane[W 52] une contributrice et patrouilleuse depuis 2007.

Certains journaux sont aussi apparus au sein des projets Wikimédia avec au niveau francophone, le journal Wikimag[W 53] et l’info-lettre Regard sur l'actualité de la Wikimedia (RAW)[W 54], qui sont deux périodiques publiés par la communauté d'éditeur et principalement à l'intention de la communauté Wikipédia s’ils sont accessibles par tout internaute, ainsi qu'un journal homologue sur le Wiktionnaire accessible sur la page Wiktionnaire:Actualités[W 55]. Parmi la trentaine de journaux produits au sein du mouvement repris au sein d'une liste est disponible sur le site Meta-Wiki[W 56], le mensuel Signpost est le plus ancien et probablement le plus connu offre une synthèse des évènements importants apparus au sein du projet Wikipédia anglophone[W 57]. Il fut inauguré en janvier 2005 par Michael Snow qui devint ensuite membre du conseil d'administration Wikimédia durant deux ans avant de rejoindre le conseil consultatif[W 58]. Tous ces espaces de communication sont en grande partie regroupés en une seule page du site web Planet un agrégateur de flux RSS[W 59].

Le système de traitement des courriels

Logo du service OTRS Wikimédia

Depuis septembre 2004, le mouvement Wikimédia a installé un système de traitement des demandes adressée par courriel aussi appelé gestion OTRS reposant sur le logiciel Open-source Ticket Request Systeme qui évoluera ensuite vers Znumy LTS en cours d'année 2021[W 60]. Toutes les requêtes, plaintes, commentaires, et autre types d'information contenu dans les e-mails est alors traité par des bénévoles bénéficiant de la confiance de la fondation pour pouvoir accéder aux files d'attentes du système et offrir une réponse courtoise, utile et précise aux courriels envoyés[W 61]. Au sein de ce système, 160 volontaires[W 62] répondent ainsi à plusieurs centaines des messages journaliers rédigés dans une quarantaine de langues différentes[W 63].

Introduction à l'espace hors ligne du mouvement Wikimédia

Comme instance hors ligne du mouvement Wikimédia il faut entendre tous les lieux d'activités dont le siège principal ne figure pas en ligne. Il va de soi que les activités de ces instances peuvent aussi se dérouler en ligne et certainement depuis l'arrivée de la pandémie de Covid-19 en début d'année 2020 et des différents confinements qui lui succédèrent. Mais toutes ces instances n'en restent pas moins distinctes des projets présentés précédemment tant de par leur fonction que par leur fonctionnement. Comme autre distinction importante par rapport à la sphère en ligne du mouvement apparait aussi le fait que dans une grande majorité des cas, les gens qui s'y côtoient connaisse la propre identité de chacun alors qu'en ligne celle-ci est souvent masquée derrière l'utilisation d'un pseudonyme.

La fondation Wikimedia

La Wikimedia Foundation Inc (WMF) est quelque part le siège central du mouvement dont les bureaux se situent dans la ville de San Francisco, non loin de la Silicon valley. Elle possède les noms de domaine des projets Wikimédia, les marques déposées et est responsable de la majeure partie des collectes de fonds effectuées au sein du mouvement[B 19]. Cette organisation sans but lucratif, catégorisée ONG par l'Union européenne[W 64], est supervisée par un conseil d'administration reconnu comme l'organe décisionnel le plus élevé du mouvement responsable de sa stratégie et supervisant la Fondation[B 19].

Au sein d'un organigramme relativement classique, les employés de la fondation se répartissent au sein de huit départements[W 65] supervisés par une équipe de direction[W 66]. Voici la liste les départements et leurs équipes avec entre parenthèse et selon le site de la fondation consulté le 4 février, le nombre de salariés et/ou d'indépendants qui se totalise à plus de 500 personnes[W 67][N 5] :

Le département progrès (48 personnes) s'occupe de la collecte de fonds, des partenariats stratégiques et des programmes de subventions qui alimentent le mouvement[W 68]

  • Ressource communautaire (6)
  • Fondations, dons majeurs et fond de dotation (9)
  • Récolte de fonds en ligne (11)
  • Récolte de fond opérationnelle (9)
  • Partenariat (8)
  • Projet Okapi (1)

Le département communication (26 personnes) assure le partage des informations au sujet du du mouvement Wikimedia, des projets Wikimedia et du travail de la Fondation Wikimedia elle-même[W 69].

  • Engagement du public et perspectives (5)
  • Marque (7)
  • Équipe de communication (8)
  • Communication mouvement (4)

Le département finance et administration (28 personnes) a en charge la gestion des fonds et des ressources de la Wikimedia Foundation, en accord avec ses valeurs fondamentales de transparence et de responsabilité[W 70].

Le département juridique (20 personnes) s'occupe des supervisions juridiques pour la Fondation sans prendre pour autant le rôle d'avocat pour la communauté et les organisations affiliées[W 71][W 72].

  • Développement communautaire (2)
  • Résilience et durabilité des communautés (2)
  • Affaires juridiques (10)
  • Politique publique (3)
  • Confiance et sécurité (1)

Le département opération (12 personnes) exécute la stratégie et la vision de l'organisation en se basant sur la connaissance du marché, les points de preuve des données et l'excellence opérationnelle[W 73].

  • Évènement (3)
  • Données et perspectives mondiales (5)

Le département public (117 personnes) construit, améliore et gère les fonctionnalités des sites Wikimédia[W 74].

  • Application mobile (6)
  • Ingénierie communautaire (9) :
  • Programmes communautaires (9)
  • Relation communauté (6)
  • Gestion des produits des contributeurs (8)
  • Ingénierie d'édition (9)
  • Langages et traduction (11)
  • Analyse des produits (9)
  • Conception de produits (21)
  • Gestion des programmes (2)
  • Lecteurs (6)
  • Données structurées (15)
  • Gestion du programme technique (5)
  • Web et infrastructure (8)

Le département talent and Culture (19 personnes) prend en charge le recrutement, le leadership, le développement organisationnel et la gestion du personnel[W 75].

  • Diversité et inclusion (1)
  • Apprentissage et développement (4)
  • Opérationnel (5)
  • Recrutement (7)

Le département technologie (116 personnes) construit, améliore et maintient l’infrastructure des sites Wikimédia[W 76].

  • Analyse statistique (6)
  • Architecture (4)
  • Gestion opérationnelle des data center (4)
  • Gestion technique pour la levée de fonds (10)
  • Machine learning (5)
  • Performances (5)
  • Gestion des plates-formes (17)
  • Test et qualité (7)
  • Versions logiciel (9)
  • Recherche et études (7)
  • Plateforme de recherche (7)
  • Sécurité (6)
  • Fiabilité (29)

Les travailleurs de chaque équipe peuvent ensuite se mélanger en se répartissant dans différent projet tel que :

À ces équipes de travail permanentes faut-il encore ajouter des équipes temporaires comme celle crée à l'occasion des campagnes d'élaboration de la stratégie du mouvement. Pour le processus d'élaboration de la stratégique de 2018 à 2020 en plus d'une équipe « fondamentale » de cinq employés[W 81] permanent et 8 personnes furent par exemple engagées temporairement[W 82].

Le conseil d'administration

En début d'année 2021, le conseil de la fondation Wikimédia est composé de 10 sièges dont l'un est attribué à Jimmy Wales en tant que membre fondateur et les 9 autres sont répartis en 4 cooptés, 2 élus par les organismes affiliés (chapitres et groupes d'utilisateurs) et 3 choisis par la communauté des contributeurs des projets éditoriaux en ligne[W 83]. Ce conseil d'administration est soutenu dans son autorité suprême par premièrement, une équipe cosmopolite de volontaires[W 84], deuxièmement, plus de 350 salariés[W 85] répartis dans 9 départements[W 86] et supervisés par une directrice générale[W 87], troisièmement, un conseil consultatif composé jusqu'au 30 juin 2018 de 16 membres invités par le conseil[W 88], quatrièmement, une commission de médiation composée de membres volontaires désignés par le conseil d'administration[W 89] et cinquièmement enfin, un comité électoral composé de volontaires supervisés par un membre du conseil d'administration et conseillé par quatre membres du personnel[W 90].

De récentes modifications apportées au statut de la fondation le 21 janvier 2021[W 91] vont cependant changer la composition et l'organisation du prochain conseil d'administration. En raison de l'accroissement de l'effectif salarié de la fondation mais aussi du fait que la fonction d'administrateur est bénévole le nombre de sièges va effectivement passer de 10 à 16. Le nombre de personnes élues le seront cette fois dans un scrutin commun au projet en ligne et hors ligne en veillant à ce que les personnes cooptées ne dépassent jamais la moitié de la composition du conseil[B 20]. Chaque nouvelle résolution[W 92] approuvée lors des réunions du conseil d'administration[W 93] est consignée depuis 2006 sur le wiki dédié à la gouvernance de la fondation[W 94].

Les comités et groupes de travail

Le mouvement Wikimédia comprend aussi un ensemble de 8 comités[W 95] dont quatre d'entre eux sont composés uniquement de membres du conseil d'administration de la fondation Wikimedia soutenus par des conseillers non votants et une personne assurant un relais avec l'équipe de salariés active au sein de la fondation. Parmi ceux-ci, le comité de gouvernance du conseil s'assure que le Conseil s'acquitte efficacement de ses responsabilités[W 96], le comité d'audit assure la surveillance des questions financières et comptables[W 97], le comité des ressources humaines supervise enfin les politiques et les pratiques en matière de rémunération et de personnel[W 98] et enfin le comité des affaires communautaire dont l'objectif est d'évaluer, explorer et aborder les efforts actuels et futurs liés à la communauté tout en améliorant continuellement les relations entre la fondation et sa communauté au sens large pour réaliser la mission et la vision du mouvement[W 99].

Quatre autres comités décisionnels indépendants sont formés de personnes issues de différentes parties du mouvement dans le respect d'une certaine diversité géographique, linguistique et culturelle. Ces comités sont souvent assistés par du personnel de la fondation et surveillé par certains membres du conseil d'administration de la fondation Wikimedia. Parmi ces comités il y a celui de la distribution des fonds (CDF)[W 100], celui des langues[W 101], celui des affiliations (AffCom)[W 102] et une commission de médiation[W 103]. Un dernier comité enfin, est consacré aux relations publiques de la fondation. Il est géré par des salariés de la fondation, quelques bénévoles et du personnel des associations affiliées[W 104].

Il existe ensuite, différents groupes de travail rassemblant bénévoles et employés au sein du mouvement. Un groupe consultatif pour l'élaboration de la stratégie 2020-2030 fut par exemple mis en place rassemblant 10 personnes. À côté de celui-ci et toujours dans le cadre du processus stratégique prend place aussi un comité de pilotage de 11 personnes[W 105] et un groupe de rédaction de 17 personnes. Les personnes qui y sont actives sont soit volontaires (simple éditeur, membre d'un groupe d'utilisateurs, d'un conseil d'administration d'une association nationale, etc.) soit salariées avec parfois des personnes hautement placées dans la hiérarchie statutaire tel que la directrice générale de l'association nationale Wikimedia Nederland (groupe consultatif)[W 106] ou encore celle de la fondation Wikimédia (groupe de rédaction)[W 107].

Les associations nationales

Carte de répartition des chapitres Wikimédia en 2019
Fig. 2.2 Les chapters Wikimedia en janvier (Souce : https://w.wiki/32GY).
  •      Chapters existants
  •      Chapters approuvés, mais pas encore fondés
  •      Chapters dont la création est planifiée
  •      Chapters en discussion

On trouve au sein du mouvement Wikimédia une quarantaine d'associations appelées chapitres (de la traduction littérale du terme anglais chapter) qui représentent autant de satellites nationaux de la Wikimedia Foundation. Ils sont administrativement indépendants et autorisés à utiliser les marques déposées de la fondation pour la collecte de fonds propres et l'organisation d'évènements[B 19].

L'objectif de ces partenaires locaux est d'assurer un support local aux communautés d'éditeurs, tout en assurant la promotion et un certain lobbying au sein des autres institutions locales[B 21]. Ces organisations assurent aussi le recrutement local de nouveaux contributeurs, lors de réunions hors ligne mélangeant de nouveaux contributeurs avec des contributeurs très actifs[B 22].

Au même titre que l'association Wikimédia France crée le 23 octobre 2004 sous la loi 1901[B 23], toutes les associations sont toutes à buts non lucratifs et différentes les unes des autres au niveau de leurs tailles, financements, infrastructures, nombres de membres ou d'employés. Certaines profiteront d'un financement d'état comme c'est le cas de l'association polonaise[W 108] et italienne[W 109]. D'autre comme l'association suisse et allemande qui fut la première à voir le jour[B 24] ont le privilège de gérer de façon indépendante la collecte et l'utilisation des dons offerts par les résidents de leurs pays récoltés lors des campagnes de donations assistées par la fondation Wikimédia[W 110]. Les autres associations trouvent leurs financements soit par des dons directs bien souvent fiscalement déductibles, soit au près de la fondation en suivant un processus rigoureux de demande et de rapport d'activités[W 111].

Associations nationales actives en janvier 2019[W 112] au sein du mouvement Wikimédia[N 3]
Pays Titre officiel Présence sur le web Date de reconnaissance Affiliation Membres
Icons-flag-za.png Afrique du Sud Wikimedia South Africa wikimedia.org.za 2017-02-05 Active 18
Icons-flag-de.png Allemagne Wikimedia Deutschland wikimedia.de 13/06/2004 Active 80 000 +
Icons-flag-am.png Arménie Wikimedia Armenia www.wikimedia.am 2013-05-14 (2013-03-26) Active 16
Icons-flag-ar.png Argentine Wikimedia Argentina wikimedia.org.ar 01/09/2007 Active 65~
Icons-flag-au.png Australie Wikimedia Australia wikimedia.org.au 01/03/2008 Active 150~
Icons-flag-at.png Autriche Wikimedia Österreich wikimedia.at 26/02/2008 Active 47
Icons-flag-bd.png Bangladesh Wikimedia Bangladesh wikimedia.org.bd 2011-05-24 Active 41
Icons-flag-be.png Belgique Wikimedia Belgium be.wikimedia.org 08/10/2014 Active 90+
Icons-flag-ca.png Canada Wikimedia Canada ca.wikimedia.org 24/05/2011 Active 60~
Icons-flag-co.png Colombie Wikimedia Colombia wikimediacolombia.org 2019-06-28 Active -
Icons-flag-cl.png Chili Wikimedia Chile wikimediachile.cl 16/07/2011 Active 486
Icons-flag-kr.png Corée Wikimedia Korea wikimedia.kr 2015-11-10 Active 35~
Icons-flag-dk.png Danemark Wikimedia Danmark wikimedia.dk 03/07/2009 Active 20
Icons-flag-es.png Espagne Wikimedia España wikimedia.org.es 07/02/2011 Active 110~
Icons-flag-et.png Estonie Wikimedia Eesti et.wikimedia.org 31/08/2010 Active 45
Icons-flag-fi.png Finlande Wikimedia Suomi fi.wikimedia.org 21/09/2009 Active 21
Icons-flag-fr.png France Wikimédia France wikimedia.fr 23/10/2004 Active 250
Icons-flag-hk.png Hong Kong 香港維基媒體協會 wikimedia.hk 01/03/2008 – 2017-02-01 Perdu -
Icons-flag-hu.png Hongrie Wikimédia Magyarország wiki.media.hu 27/09/2008 Active 40~
Icons-flag-in.png Inde Wikimedia India wikimedia.in 03/01/2011 – 2019-09-14 Perdue -
Icons-flag-id.png Indonésie Wikimedia Indonesia wikimedia.or.id 07/10/2008 Active 46
Icons-flag-il.png Israël Wikimedia Israel wikimedia.org.il 26/06/2007 Active 35~
Icons-flag-it.png Italie Wikimedia Italia wikimedia.it 17/06/2005 Active 410~
Icons-flag-ke.png Kenya Wikimedia Kenya - sans – 2013 Absente -
Icons-flag-mo.png Macao Wikimedia Macau - 2009-04-09 – 2017-08-01 Perdue -
Icons-flag-mk.png Macédoine du Nord Викимедија Македонија mk.wikimedia.org 01/02/2010 Perdue -
Icons-flag-mx.png Mexique Wikimedia Mexico mk.wikimedia.org 03/08/2011 Active 15
Flag of New York City.svg New York Wikimedia New York City nyc.wikimedia.org 12/01/2009 35
Icons-flag-no.png Norvège Wikimedia Norge no.wikimedia.org 23/06/2007 Active 108
Icons-flag-nl.png Pays-Bas Wikimedia Nederland nl.wikimedia.org 27/03/2006 Active 200
Icons-flag-ph.png Philippines Wikimedia Philippines - 12/04/2010 – 2017-02-28 Perdue -
Icons-flag-pl.png Pologne Wikimedia Polska pl.wikimedia.org 18/11/2005 Active 130
Icons-flag-pt.png Portugal Wikimedia Portugal wikimedia.pt 03/07/2009 Active 40~
Icons-flag-cz.png République tchèque Wikimedia Česká republika wikimedia.cz 06/03/2008 Active 64
Icons-flag-gb.png Royaume-Uni Wikimedia UK uk.wikimedia.org 12/01/2009 Active 360~
Icons-flag-ru.png Russie Wikimedia РУ wikimedia.ru 24/05/2008 Active 17
Icons-flag-rs.png Serbie Wikimedia Србије rs.wikimedia.org 03/12/2005 Active 80~
Icons-flag-se.png Suède Wikimedia Sverige se.wikimedia.org 11/12/2007 Active 629
Icons-flag-ch.png Suisse Wikimedia CH wikimedia.ch 14/05/2006 Active 486
Icons-flag-th.png Thailande Wikimedia Thailand - 2019-06-28 Active -
Icons-flag-tw.png Taïwan 中華民國維基媒體協會 wikimedia.tw 04/07/2007 Active 30
Icons-flag-ua.png Ukraine Wikimedia Україна ua.wikimedia.org 03/07/2009 + 17/05/2017 Active 360~
Icons-flag-uy.png Urugay Wikimedia Uruguay wikimedia.uy 2017-03-12 Active 18
Icons-flag-ve.png Venezuela Wikimedia Venezuela wikimedia.org.ve 2016-01-14 Active 15~

Les organisations thématiques

Les organisations thématiques regroupent des « organisations indépendantes à but non lucratif créées pour soutenir et promouvoir les projets Wikimédia dans un domaine prioritaire et spécifié »[W 113]. Il existe actuellement deux organisations thématiques au sein du mouvement. La première est catalane et s'intitule l' Amicale Wikimedia (CAT)[W 114] alors que la seconde est internationale et répond au nom de Wiki Projet Med (WPM)[W 115].

La CAT s'intéresse à la langue et la culture catalane et a pour mission première de faire en sorte « que la somme de toutes les connaissances humaines soit librement disponible en catalan et que toutes les connaissances sur la culture catalane soient accessibles à tous dans n'importe quelle langue »[W 116][N 6]. Elle est lauréate du prix national de la culture délivré par le Conseil de la Culture et des Arts (CoNCA)[W 117]. La WPM quant à elle, a pour vision un monde dans lequel « chacun aurait un accès libre à la totalité des connaissances biomédicales »[W 118]. Elle se voit chapeautée par la Wiki Med Foundation Inc[W 119] qui travaille en étroite collaboration avec l'association Traducteurs sans frontières dans un réseau international intitulé Healthcare Information For All[W 120].

Les groupes d'utilisateurs

Un groupes d'utilisateur Wikimédia est une possibilité d'affiliation simple et flexible qui demande moins de prérequis qu'un chapitre ou qu'une organisation thématique bien qu'ils doivent rassembler au moins trois éditeurs actifs et accepter le code de conduite établit au sein du mouvement[W 121]. Former un groupe d'utilisateurs et comme ce fut le cas pour l'association Wikimédia Belgique, apparait donc souvent comme une étape antérieure à la création d'un chapitre ou d'une organisation thématique.

À la mi-janvier 2021 ces groupes étaient au nombre de 138[W 121] et pouvaient se répartir comme suite[N 3] :

Groupes internationaux et interétatiques

  1. WikiFranca
  2. ESEAP Hub
  3. Iberocoop
  4. South Asia Hub
  5. WALRUS
  6. Northern Europe
  7. United States Coalition
  8. Central and Eastern Europe

Groupes nationaux

  1. Bangladesh
  2. Azerbaijan
  3. Biélorussie
  4. Cameroon
  5. Égypte
  6. Guinée Conakry
  7. Hong Kong
  8. Afghanistan
  9. Islande
  10. Iran
  11. Irak
  12. Maroc
  13. Birmanie
  14. Bosnie
  15. Tanzanie
  16. Ouzbékistan
  17. Viêt Nam
  18. Brésil
  19. Algérie
  20. Irlande
  21. Burundi
  22. Côte d'Ivoire
  23. Éthiopie
  24. Géorgie
  25. Mali
  26. Malte
  27. Pakistan
  28. Sri Lanka
  29. Tchad
  30. Turquie
  31. Uganda
  32. Éthiopie
  33. Ghana
  34. Kosovo
  35. Tunisie
  36. Chine
  37. Nigeria
  38. Bachkirie
  39. Congo RDC
  40. Lettonie
  41. Luxembourg
  42. Mali
  43. Nepal
  44. Bolivie
  45. Colombie
  46. Équateur
  47. Bénin
  48. Slovenie
  49. Haïti
  50. Philippines
  51. Émirats arabes
  52. Grèce
  53. Nouvelle-Zélande
  54. Roumanie et Moldavie

Groupes régionaux

  • États-Unis
  1. Allegheny
  2. Nouvelle Angleterre
  3. New York
  4. Caroline du nord
  5. San Diego
  6. Piedmont
  7. Tennessee
  8. Indiana
  9. Pays de Galles
  10. Iowa
  11. Chicago
  12. Colorado
  13. Los Angeles
  14. Minnesota
  15. Ohio
  16. Carolin du Nord
  • Inde
  1. Bengal Occidental
  2. Goa
  3. Karavali
  4. Kerala
  • Russie
  1. Caucase du Nord
  2. Cosaques du Don
  3. Saint-Pétersbourg
  4. Tyva
  • Autres
  1. Afrique de l'Ouest
  2. Caraïbes
  3. Delta du Niger
  4. Europe centrale et orientale
  5. Levant (Proche-Orient)
  6. Macedoine
  7. MENA et Asie centrale
  8. Nord-Ouest Pacifique

Groupes linguistiques

  1. Arabe
  2. Basque
  3. Hausa
  4. Hindi
  5. Igbo
  6. Kiswahili
  7. Kurde
  8. Maithili
  9. Odia
  10. Persan
  11. Punjabi
  12. Bèrebère
  13. Kazakh
  14. Tatar
  15. Languages de Russie
  16. Albanien
  17. Esperanto
  18. Erzya
  19. Santali
  20. Langues turques
  21. Arménien occidental
  22. Urdu
  23. Yoruba
  24. Latin
  25. Indigènes d'Amérique du Nord
  26. Indigènes d'Amérique latine
  27. Finno-Ugric

Groupes thématiques

  1. Antiquité
  2. Open Knowledge For All
  3. Wiki Cemeteries
  4. Disaster Response
  5. H-GAPS
  6. Wikipedia Asian Month
  7. WikiJournal
  8. Wikipédia & Éducation
  9. Wiki World Heritage
  10. Gender Diversity Visibility Community
  11. North-West Russia Wiki-Historians

Groupes identitaires et de sensibilisation

  1. AfroCROWD
  2. Art+Feminism
  3. Artandfeminism
  4. Black Lunch Table
  5. WikiBlind
  6. Whose Knowledge?
  7. WikiDonne
  8. Wikiesfera
  9. Wikigrannies
  10. LGBT
  11. Les sans pagEs
  12. WikiWomen's
  13. Para-Wikimédiens
  14. Femmes espanophones
  15. Femmes latino-américaines
  16. Développement durable

Groupes de soutiens aux projets

  1. Stewards
  2. Wiki Math
  3. GLAM Macedonia
  4. GLAM-Wiki US
  5. Wikinews
  6. Wiki Support
  7. Wiktionaire
  8. Wikibase
  9. Wikidata
  10. Wiki Network
  11. Wikisource
  12. WikiToLearn
  13. Wikitongues
  14. Wiki Librairies
  15. WikiConference en Amérique du Nord
  16. Wikimediens en résidence

Groupes de soutiens techniques

  1. Commons Photographers
  2. Indic MediaWiki Developers
  3. MediaWiki Stakeholders
  4. Android
  5. Digitization
  6. Offline wikis
  7. India technica
  8. Wikimaps
Carte de répartition géographique des chapitres et des groupes d'utilisateur Wikimédia
Fig. 2.3 Carte de répartition géographique des chapitres et des groupes d'utilisateur Wikimédia (source :https://w.wiki/32GW).

Les projets d'assistances

Au niveau de la sphère francophone, il existe par exemple le projet Wikifranca, axé sur la francophonie[W 122], l'ancien projet Afripedia[B 25] et l'actuel projet WikiAfrica[B 26] associé au projet Wiki In Africa[W 123] tous axés sur le continent africain, ou encore le projet Lingua Libre qui vise à produire un corpus audiovisuel multilingue collaboratif sous licence libre[W 124].

Projets d'assistance technique au mouvement Wikimédia[N 3]
Logo de Kiwix
Kiwix, est un logiciel informatique pour lire les projets Wikimédia hors ligne (accès au site).
Logo du projet Wikipedia Zero
Wikipedia Zéro (archivé) fut un projet visant à fournir un accès gratuit au projet Wikimedia sur téléphone portable pour les populations ne pouvant financer un accès à Internet.
Logo projet Wikiafrica
WikiAfrica vise à africaniser Wikipédia à travers différents réseaux, recherches, publications et événements.
Logo projet Wiki In Africa
Wiki In Africa a pour mission de rééquilibrer le type et la diversité des informations et des perspectives qui sont disponibles en ligne sur et à partir de l'Afrique.
Logo Afripédia
Afripédia (archivé) fournissait un accès hors-ligne aux projets Wikimédia dans les pays africains.
Logo Ligua Libre
Lingua Libre a pour but de produire un corpus audiovisuel multilingue collaboratif sous licence libre.
File:Wikimedia Indigenous Languages - Map.svg Diversité linguistique dans Wikimedia vise à soutenir les communautés linguistiques autochtones, minoritaires, marginalisées, et leurs savoirs en péril.

Les wikimédiens en résidence

Parmi les personnes actives au sein du mouvement Wikimédia, certaines deviennent wikimédien.e.s en résidence, en étant engagées au sein d'une institution, souvent de type GLAM (Galeries, Librairies, Archives et Musées) ou impliquée dans le domaine de l'éducation. Les wikimédiens en résidences aident les organisations hôtes à éditer les projets Wikimedia tout en encourageant la publication de documents sous licences libres et la mise en places de liens entre l'institution hôte et le mouvement Wikimédia[W 125]. En 2019 et de par le monde, environ 170 wikimédiens en résidence ont été recensés avec des contrats allant de quelques heures par semaine à plusieurs mois[B 27].

Carte interactive des wikimédien.e.s en résidences listé.e.s sur Wikidata et coloré par année
Fig. 2.4. Carte interactive des wikimédien.e.s en résidences listé.e.s par an (source : https://w.wiki/AxF)

Les organisations partenaires

Outre les institutions d'accueil pour les wikimédiens en résidence, d'autres organisations sans but lucratif et souvent impliquées dans le mouvement du logiciel libre, furent partenaires du mouvement Wikimédia comme en témoigne déjà en 2005, l'intégration de certains contenus de Wikipédia dans la distribution linux KDE[B 28]. Par la suite, d'autre partenariats verrons le jours avec des fournisseurs de services tel que le projet OpenStreetMap[B 29], la free software foundation, l'Open Knowledge Foundation, l'association Creative Commons [W 126] et aussi avec d'autres organisations qui ont des missions similaires au mouvement Wikimédia tel que WikiToLearn. Dans un autre cas de figure, la fondation Wiki Education a aussi prit naissance avec pour objectif de servir de trait d'union entre le monde universitaire et Wikipédia[W 127]. Toujours du côté académique, le Citizens and Technology Lab quant à lui travaille avec plusieurs communautés Wikipédia pour améliorer par exemple la rétention des nouveaux éditeurs tout en améliorant l'expérience et la motivation des éditeurs expérimentés[W 128].

Du côté étatiques ou publiques certains projets plus ponctuels auront aussi vu le jour tel que Noongarpedia[W 129], un projet collaboratif en partenariat avec le conseil australien de la recherche dont le but fut d'ajouter du contenu en langue Noongar aux projets Wikimedia tout en améliorant leurs contenu au surjet de cette culture. Dans une perspective à plus long terme, une convention fut aussi signée entre l'association française et les Archives l'Hérault dans le but d'enrichir la médiathèque Wikimédia Commons et enrichir par la même occasion Wikipédia au sujet des notices concernant les fonds d'archive[B 30], tandis qu'au niveau de l'association suédoise se sera avec l'UNESCO et l'association Cultural Heritage without Borders qu'un partenaria sera mis en place dans le but de mettre sous licence libre des informations traitant de certaines formes d'héritages culturels en péril[B 31]. Comme autre cas de figure encore apparu en 2019 cette fois, un autre partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et la fondation afin d'améliorer la qualité et la quantité du contenu relatif aux droits de l’homme sur Wikipédia[W 130]. Plus récemment encore, en 2020, c'est avec l'organisation mondiale de la santé qu'une entente fut établie dans le but de rendre gratuit et d'une mise à jour automatique des informations textuelles, graphiques et audiovisuelle produite par l'OMS dans le cadre de la pandémie Covid-19[B 32].

Il est aussi important de signaler que le mouvement au travers de la fondation Wikimédia ou d'autres organisations affiliées notamment, n'est pas réfractaire à l'idée de collaborer avec des entreprises commercial que ce soit pour bénéficier d'un support financier ou technique. Dès 2005 par exemple, un partenariat avec la firme Yahoo! permit au mouvement d'agrandir ses capacités d'hébergement en Asie[B 33] alors que dans le cadre du projet Wikipédia Zéro, la fondation aura par exemple collaboré avec des producteurs de hardware[W 126], des entreprises actives sur le Web ainsi que des opérateurs de télécommunication[B 34]. Comme autre exemple apparu en 2007, un partenariat commercial établi avec la société allemande Pediapress[W 131] donna l'autorisation à celle-ci de vendre des livres au format papier compilés au départ d'articles en provenance des projets Wikimédia[B 35], alors qu'en 2013 ce fut avec Coinbase qu'une entente fut établie pour gérer les dons en bitcoin offerts à la fondation[B 36]. Plus récemment encore, en 2019, Google qui était déjà sponsor de la fondation à une hauteur de plusieurs millions de dollars[B 37], offrit au mouvement la possibilité de créer plus de contenu en langue locale grâce à l'intégration de Google translate aux outils de traduction Wikimédia[B 38]. Bien qu'ils apportent tout une séries d'avantages non négligeables au sein du mouvement, tous ces partenariats avec des firmes commerciales provoque toute fois une certaine promiscuité entre un monde sans but lucratif comme est réputé l'être le mouvement Wikimédia et le monde des affaires. De cette proximité découle parfois un certain mimétisme qui se voit à l'origine d'une certaine dérive de la mission du mouvement analysé dans un autre endroit de ce travail de recherche.

Les enjeux de la complexité

Au terme de ce chapitre, le mouvement Wikimédia apparait donc comme une très vaste organisation au sein de laquelle on peut distinguer deux sphères d'activité, une première en ligne bien connue grâce à son projet phare Wikipédia et une seconde hors ligne moins connue et qui a pour centre névralgique la fondation Wikimédia. Dans ces deux sphères apparaissent ensuite deux types de personnes actives que sont d'une part les bénévoles majoritairement actifs au sein des projets éditoriaux et les salariés ou autres travailleurs rémunérés de l'autre qui pour la plupart sont rattachés aux instances hors lignes du mouvement dont l'activité consiste à soutenir celle des bénévoles non pas tant d'un point de vue organisationnel puisque les communautés de chaque version linguistique d'un projet a tendance à s'organiser d'elle même, mais plutôt d'un point de vue logistique, administratif et juridique.

Bien que moins nombreux, il existe aussi des volontaires actifs hors ligne dans le cadre d'activités de promotion, de formation, de gestion, de coordination et mise au point de la stratégie au sein du mouvement. Réciproquement, un bon nombre de personnes rémunérées au sein du mouvement sont aussi actives dans l'espace numérique dans le but d'améliorer les fonctionnalités des sites, d'en faire la maintenance, l'observation statistique ou encore pour aider la communauté bénévole a organiser ou a financer des projets. Cependant, alors que les bénévoles sont susceptibles d'avoir accès à l'ensemble des activités possibles au sein du mouvement, y compris les postes d'administrateurs au sein des institutions telle que la fondation et les associations locales, les salariés quant à eux ont pour interdiction dans le cadre de leur fonction rémunérées d'ajouter du contenu aux projets éditoriaux. Ceci en gardant à l'esprit bien sûr que cela restera toujours possible en dehors du cadre professionnel et ce d'autant plus facilement que la contribution au sein des projets peut être anonyme.

Cette dernière disposition est en effet la seule manière de préserver la fondation et les associations affiliées de toute responsabilité envers les contenus des sites web Wikimédia. Grâce à cette disposition, la fondation n'est en effet responsable que de l'hébergement des informations situées sur ses serveurs et en aucun cas de la nature de celles-ci. Elle sera pour exemple tenue responsable du retrait d'un contenu litigieux, mais sans pour autant devoir assumer la responsabilité des éventuels préjudices engendré par ce dernier. En conséquence de cette mesure de précaution, il faut donc comprendre que les dons faits à la fondation ou aux associations locales ne peuvent jamais en principe, être utilisé pour rémunération directement des éditeurs des projets Wikimedia.

Au sein de cette double dichotomie entrelacée bénévoles/salariés, en ligne/hors ligne, dans laquelle de simples bénévoles en arrivent a collaborer avec la direction de la fondation ou d'associations locales, s'est donc constitué un système complexe[B 39], dont il serait fastidieux je pense de pousser plus loin la descriptions[N 7]. Je ne me risquerai pas non plus comme certain l'auront fait au sujet de Wikipédia de mobiliser des concepts nomades tel la stigmergie[B 40][B 41] pour décrire le mouvement d'une façon plus spéculative. Ce qui m'interpellent par contre ce sont les enjeux que soulève une telle complexité du mouvement Wikimédia illustrée de nouveau par cette représentation graphique du mouvement reprise ci-dessous. Même avec l'aide de celle-ci, il me semble facile d'admettre que beaucoup de personnes actives au sein du mouvement n'en bénéficie pas une perception globale. Cela ne nuit pas forcément à leurs activités, tout comme la méconnaissance d'Internet n’empêche pas son utilisation, mais ce manque de compréhension me semble pourtant avoir, dans les deux cas de figure, un effet direct sur les capacités de contrôle, d'anticipation et donc d'autodétermination.

Organisation du mouvement Wikimédia perçu en 2013 par Florence Devouard et Ziko van Dijk.
Fig. 2.5. Organisation du mouvement Wikimédia perçu en 2013 par Florence Devouard et Ziko van Dijk. (source : https://w.wiki/32GV)

Fort heureusement, au sein d'un mouvement géré par un ensemble d'associations à buts non lucratifs, la question des intérêts financiers ne se pose que dans une moindre mesure. Mais il ne faut pas en ignorer pour autant les questions de pouvoir et d'autorité qui restent des enjeux important aussi bien dans la sphère en ligne que dans celle hors ligne. Des controverses et des polémiques diverses sont déjà apparues au sein du mouvement et elle auront mené à des situations délicates et qui risque d'être d'autant plus délicate que le mouvement prend de plus en plus d’ampleur et qu'il gère des sommes d'argent de plus en plus importantes.

Il est donc important que les différentes instances du mouvement reste accessible et transparentes par tous les membres du mouvement afin d'en prévenir les risques de dérive par la surveillance et le contrôle de chacun envers chacun tel que cela se fait au sein de projet collaboratifs en ligne. Il serait regrettable en effet que Wikimédia tombe dans les mêmes travers qu'une grande partie du web récupèré pas de grandes firmes commerciales. Nous avons vu que la promiscuité était déjà grande avec ces firmes commerciales et on peut découvrir dans historique du mouvement qu'une certaine dérive est déjà observable sans qu'elle n'apparaissent forcément au yeux de tous en raison précisément de la taille toujours croissante du mouvement et de sa complexité. Cette vision d'un libre partage de toutes les connaissances humaine portée par le mouvement au sein d'un monde où la marchandisation du savoir par le éditeurs et les établissement d'enseignement supérieurs est connue de tous, fait de Wikimédia un modèle d'inspiration pour le développement de la science qu'il vaudrait mieux éviter corrompre à son tour.

Notes et références

[N]otes

  1. Texte original en anglais avant traduction avec deepl.com (version gratuite) :« Wikimedia is a global movement whose mission is to bring free educational content to the world. Through various projects, chapters, and the support structure of the non-profit Wikimedia Foundation, Wikimedia strives to bring about a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge. »
  2. Le nombre des sites web hébergés par la fondation est en constante évolution comme ne témoigne une précédente observation du site wikiscan.org partagée dans le premier chapitre de cette recherche qui indiquait l'existence de 913 wikis et 425 millions de pages. Dans un espace de temps d'environ deux mois, couvrant la période du 20 août 2020 au 23 octobre 2020, cinq nouveaux projets seront donc apparus ainsi que 5 millions de nouvelles page web. Une liste exhaustive et mise à jour automatiquement des versions linguistiques présentes au sein des projets est aussi disponible sur la page https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cial:Matrice_des_sites
  3. 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 et 3,5 Les informations reprises dans ce tableau ou cette liste sont susceptibles d'évoluer avec le temps. Leur mise à jour est toute fois possible au départ des sources contenues dans le texte antérieur.
  4. Voici une liste non exhaustive des blogs privés francophones tenus par des wikipédiens selon trois catégories : Le blog de Theoliane de Theoliane, Ainsi-va-wikipedia de Hamelin de Guettelet, Chroniquesduwiki, Coyau.blogspot de Coyau, Les échos d'en bas de Frakir, Poulpy.blogspot de Poulpy, Darkoneko's Weblog de Darkoneko, Jur@astro, Garfieldairlines de Garfieldairlines, Gratusfr,Wikibuster, Wikiconneries, Wikipedia-un-mythe,et Wikirigoler dont l'URL est interdite d'usage sur le Wikipédia en français  : http://web.archive.org/web/20201103065439/http://wikirigoler.over-blog.com.
  5. Il est a noté que les informations trouvées sur le site de la fondation ne correspondait pas toujours à celle trouvée sur le site Meta-Wiki et qu'il me fut impossible d'en distinguer les bonnes ou les plus récentes.
  6. Texte original avant traduction ; « Que la suma de tot el coneixement humà estigui disponible lliurement en català, i que tot el coneixement sobre la cultura catalana estigui disponible per a tothom en qualsevol llengua. »
  7. Une description plus complète du mouvement Wikimédia pourrait tout fois trouver sa place des travaux de recherche plus ciblé tel que celui que j'aurai réalisé au sujet du projet Wikipédia francophone lors de mon travail de fin d'étude de master.

[B]ibliographiques

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[W]ebographiques

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Préhistoire du mouvement Wikimédia et la naissance d'une résistance au pouvoir centralisé


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Sans le savoir, c'est grâce au site Framasoft [W 1] que j'ai découvert les racines du mouvement Wikimédia avant d'en connaître l’existence. Créé moins d'un an avant la version francophone de Wikipédia, ce réseau francophone d'éducation populaire à qui je dois toute ma reconnaissance, m'aura véritablement offert une documentation complète sur les enjeux du développement de l'informatique, d'Internet et des applications qui s'y développent. C'était en 2005 lors de mes premiers pas sur le Net. La démocratisation de l'ADSL était à ses débuts dans mon pays et je venais de faire l'acquisition d'un ordinateur d'occasion équipé d'un microprocesseur Pentium et fonctionnant sur Windows XP.

Le site Framasoft avait retenu mon attention parce qu'il répertoriait toute une liste de logiciels librement téléchargeables en les catégorisant et les décrivant sommairement. Après avoir profité de toute cette gratuité indexée par le site, je me suis ensuite intéressé à la philosophie de partage qui en fut à l'origine. Au fil de mes lectures,j'ai fini par découvrir l'existence des logiciels libres et de Richard Stallman qui en fut l'initiateur. Un an plus tard, déjà passionné par le sujet, j'ai décidé de réaliser un travail consacré aux Nouvelles formes de management dans la création de produits numériques[B 1] dans le cadre de ma première année d'études universitaires en socio-anthropologie.

Ces premières expériences m'ont donc permis de découvrir une partie de la préhistoire du mouvement Wikimédia, avant d'en apprendre bien d'avantage sur ce qui apparait finalement à mes yeux comme un mouvement de prolongation d'une révolution culturelle ou « contre-culturelle » numérique. En étudiant l'histoire, la valeur et la pratique Wikimédia, je réalisais à quel point les logiciels libres et la préhistoire de cette espace numérique, transculturel et participatif appelé Web 2.0 représentaient les fondements du projet Wikipédia et du mouvement qui se développa tout autour.

Les logiciels libres

Le premier fait historique lié aux logiciels libres est certainement à dater du 27 septembre 1983, quand Stallman lança, dans la newsletter :« net.unix-wizards » adressée aux utilisateurs du système d'exploitation Unix, un appel à soutien pour un projet de création d'un système d'exploitation intitulé GNU. Ce projet consistait à produire une suite de programmes qui permettrait d'utiliser un ordinateur dans des tâches multiples et de les offrir librement à quiconque voudrait les utiliser. Dans son message transmis via ARPANET, le premier réseau informatique de longue distance qui précédant Internet, Stallman mobilise la règle d'or pour décrire sa motivation. Il s'exprime en ces termes :

Je considère comme une règle d'or que si j'apprécie un programme je dois le partager avec d'autres personnes qui l'apprécient. Je ne peux pas en bonne conscience signer un accord de non-divulgation ni un accord de licence de logiciel. Afin de pouvoir continuer à utiliser les ordinateurs sans violer mes principes, j'ai décidé de rassembler une quantité suffisante de logiciels libres, de manière à pouvoir m'en tirer sans aucun logiciel qui ne soit pas libre.[W 2]

J'appris par la suite que le projet de Stallman, qui reçut rapidement le soutien nécessaire à son accomplissement, était en fait une réaction à l'arrivée des logiciels propriétaires qui, selon Stallman, ne respectaient pas les quatre libertés fondamentales de leurs utilisateurs :

la liberté de faire fonctionner le programme comme vous voulez, pour n'importe quel usage (liberté 0) ;

la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de le modifier pour qu'il effectue vos tâches informatiques comme vous le souhaitez (liberté 1) ; l'accès au code source est une condition nécessaire ;

la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider les autres (liberté 2) ;

la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité de profiter de vos changements ; l'accès au code source est une condition nécessaire.[W 3]

Il faut savoir qu'à cette époque, le marché de l'informatique était en pleine mutation, que l'habituel partage des programmes et des codes informatiques entre quelques rares étudiants ou chercheurs qui bénéficiaient d'un accès à un ordinateur était mis à mal. La fin de cette tradition de partage était liée à la commercialisation croissante des logiciels informatiques et l'apparition de nouveaux moyens techniques et juridiques visant à la privatisation de leurs codes sources. Apparurent ainsi des brevets, copyrights, et clauses de non-divulgation sur les contrats des employés au sein des firmes commerciales. Le climat de solidarité et d'entraide qui existait précédemment dans le monde de la recherche en informatique faisait donc rapidement place à celui de la concurrence et de la compétition du secteur commercial.

Photo prise en mars 1957 au Centre de recherche Langley capturant l"image d'une femme et d'un homme qui travaillent sur machine de traitement électronique de données IBM type 704 utilisée pour la recherche aéronautique
Fig. 3.1. Photo prise en mars 1957 au Centre de recherche Langley capturant l"image d'une femme et d'un homme qui travaillent sur machine de traitement électronique de données IBM type 704 utilisée pour la recherche aéronautique (Source : https://w.wiki/377h).

L'origine de cette mutation fut sans aucun doute l'arrivée d'un nouveau marché né de l'essor des premiers ordinateurs domestiques tel que le commodore 64, apparu en 1982, le plus vendu au monde selon le livre Guinesse des records, avec plus de 17 millions d'exemplaires[B 2], ou encore l'IBM Personal computer (PC), produit à partir de 1981, et dont l'architecture ouverte fut à l'origine de l'apparition de toute une gamme d'ordinateurs personnels. Ce nouveau type d'ordinateurs de tailles réduites répondait aux besoins de matériel informatique au sein des engins de l'industrie aérospatiale. Leurs mises au point ne purent se faire qu'après l'arrivée des premiers circuits intégrés dont le coût s'est progressivement réduit durant les années 70, jusqu'à en faire un produit accessible sur les marchés publics. Une dizaine d'années furent encore nécessaire pour que la technologie informatique devienne un produit de vente à usage domestique.

Commodore 64 avec disquette et lecteur
Fig. 3.2. Commodore 64 avec disquette et lecteur (Source : https://w.wiki/377 g)

En 1975 une société répondant au nom de Microsoft fut créée dans une optique tout à fait opposée à celle du projet GNU. En 1998 cette société fut accusée de « hold-up planétaire »[B 3] dans un ouvrage rédigé par la journaliste Dominique Nora et par le maître de conférences en informatique Roberto Di Cosmo. À la lecture de celui-ci, je découvris qu'à cette époque, « 41 % des bénéfices des dix premiers mondiaux du logiciel » étaient réalisé par cette société et que les systèmes d'exploitation de Microsoft équipaient plus de 85 % des micro-ordinateurs de la planète. Plus de 20 ans plus tard, soit en 2020, cette situation de « quasi-monopole »[B 4] semble toujours d'actualité avec 76.56 % des ordinateurs de bureau fonctionnant sur Windows[B 5], un chiffre confirmé au dessus des 70 % par les statistiques de fréquentation du Web produites par la W3schools[W 4].

Ce monopole faisait suite à la signature d'un contrat entre IBM, constructeur des premiers ordinateurs personnels (PC) et la compagnie Microsoft, choisie pour fournir le système d'exploitation nécessaire au fonctionnement de ces ordinateurs. Le programme installé par Microsoft proviendra du Q-DOS, acronyme humoristique de « Quick (rapide) and Dirty (sale) Operating System » acheté à une PME, appelée Seattle Computer, pour la somme de 50 000 dollars. Après quelques modifications sommaires, il fut rebaptisé MS-DOS dans le but d'honorer le contrat[B 6]. Comme explique Di Cosmo interviewé dans Le hold-up planétaire :

IBM n'a jamais pris cette affaire de PC au sérieux : le mammouth n'a pas pris la peine d'acheter MS-DOS, ni même de s'en assurer l'exclusivité. Résultat : Microsoft a ensuite pu vendre MS-DOS – puis son successeur Windows – à tous les concurrents de « Big Blue », comme on surnommait alors IBM. À l'époque, les constructeurs de machines dominaient l'industrie. Personne ne se doutait qu'avec la standardisation autour des produits Intel et Microsoft et l'apparition des cloneurs asiatiques, tous les profits – et le pouvoir – de la micro-informatique se concentreraient dans les puces et les systèmes d'exploitation.[B 6]

En parlant de puces, Di Cosmo fait ici allusion à un autre monopole, moins connu peut-être, apparu cette fois sur le marché des circuits intégrés. Il s'agit de celui de la société Intel Corporation le premier fabriquant mondial de semi-conducteurs destinés à la production de matériel informatique (microprocesseurs, mémoires flash, etc.), qui, à titre indicatif, a atteint un record de 96.6 % sur le marché des serveurs informatiques en 2015[B 7]. Le monopole atteint par Intel, tout comme celui de Microsoft dont il sera bientôt question, fera l'objet de contentieux portant sur des pratiques anticoncurrentielles. Dans ce cadre, et suite à un versement de 1.25 milliard de dollars d'Intel à la société Advenced Micro Devices (AMD) en 2009, cette dernière s'engagea à abandonner les poursuites[B 8].

Mais pendant que Microsoft et Intel développaient leurs monopoles économiques, un nouvel évènement majeur allait marquer l'histoire du logiciel libre. Son déclenchement fut de nouveau un appel à contribution, posté cette fois le 25 août 1991 par Linus Torvalds, un jeune étudiant en informatique de 21 ans. Le message fut transmis via Usenet, une application de messagerie reposant sur le récent réseau Internet et apparu cette fois sur la liste de diffusion du système d'exploitation MInix, une sorte de UNIX simplifié dans un but didactique par Andrew Tanenbaum.

À juger de la modestie du premier paragraphe, son auteur ne semblait aucunement anticiper que les mots qu'il écrivait allaient entamer une collaboration qui ferait de lui une nouvelle célébrité dans le monde du Libre[B 9] :

Je fais un système d'exploitation (gratuit) (juste un hobby, ne sera pas grand et professionnel comme gnu) pour les clones 386(486) AT. Ce projet est en cours depuis avril, et commence à se préparer. J'aimerais avoir un retour sur ce que les gens aiment ou n'aiment pas dans minix, car mon système d'exploitation lui ressemble un peu (même disposition physique du système de fichiers (pour des raisons pratiques) entre autres choses).[B 10][N 1]

Mascotte du projet GNU à gauche et du projet Linux à droite.
Fig. 3.3. À gauche la mascotte du projet GNU ; à droite celle du projet Linux appelée Tux (source : https://w.wiki/377i)

Bien qu'il fût présenté comme un passe-temps, le projet répondant au nom de « Linux », fut rapidement soutenu par des milliers de programmeurs de par le monde, pour devenir bientôt la pièce manquante du projet GNU. Le système d'exploitation développé par Richard Stallman n'avait en effet pas encore terminé la mise au point de Hurd, son noyau de système d'exploitation, ou autrement dit la partie du code informatique responsable de la communication entre les logiciels et le matériel informatique. La fusion du code produit par le projet GNU et Linux aboutit donc rapidement à la mise au point d'un système d'exploitation complet, stable et entièrement libre intitulé GNU/Linux.

Au départ du code issu de l'union des deux projets, la communauté des développeurs aura ensuite vite fait de personnaliser les choses en créant de nombreuses variantes au système d'exploitation original que l'on appelle communément distributions. C'est l'une de ces distributions, intitulée Debian, et dont le projet semble être le seul grand distributeur GNU/Linux qui ne soit pas une entité commerciale[B 11], qui fut choisie pour le fonctionnement des serveurs qui hébergent l'ensemble des projets Wikimédia[W 5]. Ce choix apparait donc tel un double héritage en provenance du mouvement des logiciels libres. Le premier d'ordre technique assurera la fourniture de programmes informatiques pour faire fonctionner ses serveurs, tandis que le deuxième d'ordre économique, permettra au mouvement de s'acquitter du paiement de licences d'exploitation.

À ces deux héritages s'ajoute un troisième, méthodologique cette fois que j'avais découvert en lisant un article intitulé « La cathédrale et le bazard »[B 12], dans lequel Éric S. Raymond oppose, d'un côté, l'organisation du travail dite « cathédrale », pyramidale, rigide, statutairement hiérarchisée et habituellement présente dans les entreprises, et de l'autre, l'organisation dite « bazar », horizontale, flexible et peu hiérarchisée statutairement, qu'il avait expérimentée lui-même dans le développement de son propre logiciel libre en se ralliant au « style de développement de Linus Torvalds – distribuez vite et souvent, déléguez tout ce que vous pouvez déléguer, soyez ouvert jusqu'à la promiscuité »[B 13].

Photo de Richard Stallman lors du premier rassemblement Wikimania de 2005
Fig. 3.4. Photo de Richard Stallman lors du premier rassemblement Wikimania de 2005 (source : https://w.wiki/377f).

Par la suite, en réalisant un travail de fin de master consacré à l'étude de la communauté des éditeurs actifs sur le projet Wikipédia francophone[B 14], je me suis rapidement rendu compte que ce dernier projet qualifié de « bazar libertaire » par le journal Le soir au cours de l'année 2012[B 15] avait hérité du mode organisationnel des logiciels libres. Un simple extrait de l'un des cinq principes fondateurs sur lesquels s'est construit l'encyclopédie suffit, je pense, pour illustrer cet héritage :

N'hésitez pas à contribuer même si vous ne connaissez pas l'ensemble des règles, et si vous en rencontrez une qui, dans votre situation, semble gêner à l'élaboration de l'encyclopédie, ignorez-la ou, mieux, corrigez-la. [W 6]

Le mouvement Wikipédia semble donc bel et bien un proche héritier des « héros de la révolution informatique » et des valeurs d'universalité, de liberté, de décentralisation, de partage, de collaboration et de mérite décrites par Steven Levy dans son ouvrage L'Éthique des hackers[B 16]. Quant à la venue de Richard Stallman en tant qu'invité de prestige de la première rencontre mondiale du mouvement Wikimédia de 2005 (voir figure 2.4), elle aura certainement symbolisé ce rapprochement identitaire entre les logiciels libres et le mouvement Wikimédia, qui furent tout deux tributaires du réseau Internet dans leur développement.

Le réseau Internet

D'un point de vue technique, on peut considérer qu'Internet est né avec la suite des protocoles Internet (TCP/IP) mis au point par Bob Kahn et Winton Cerf et dont la première mise en pratique fut réalisée en 1977[B 17]. L'aboutissement du projet aura donc pris près de cinq ans puisque sa première présentation eut lieu en 1973, lors de la conférence internationale sur les communications informatiques de l'International Network Working Group.

Contrairement à certaines idées reçues, le réseau Internet ne fut donc pas produit par les forces armées américaines. Celles-ci ont par contre participé au financement de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA)[B 18] qui fut à l'origine du réseau ARPANET qui, par ailleurs, fonctionnait sur un protocole différent de celui d'Internet intitulé Network Control Protocol (NCP), élaboré en décembre 1970 par le Network Working Group, un groupe informel d'universitaires[B 19]. Ce groupe d'acteurs fut aussi celui qui mit en place au sein d'ARPANET la procédure Request For Comments (appels à commentaires en français), toujours en application au sein du mouvement Wikimédia et qui représente « incontestablement l’un des symboles forts de la « culture technique » de l’Internet, marquée par l’égalitarisme, l’autogestion et la recherche collective de l’efficience. »[B 20]

L'armée américaine, pour sa part, aura fait le choix de développer son propre réseau appelé MILNET en le séparant du réseau ARPANET, qui restera un « réseau pour la recherche et le développement »[B 21]. Cette séparation s'effectua en 1983, précisément l'année où Richard Stallman lança le projet GNU via ARPANET qui comprenait alors moins de 600 machines connectées[B 22]. Internet s'est ensuite développé avec l'apparition de l'Internet Society, une ONG créée en 1992 par les pionniers de l’Internet chargés de l'entretien technique des réseaux informatiques et chargés du respect des valeurs fondamentales du réseau[B 23].

D'un point de vue culturel donc, le logiciel libre et la culture libre sont apparus bien avant la naissance de ce que j'appellerais l' « Internet interculturel » et représente à mes yeux un réseau de communication international, neutre et indépendant, ouvert à tout type d'utilisations et d'utilisateurs. Ce réseau ne verra en effet le jour qu'à la suite de l'installation des premières Dorsales Internets transnationales, fin des années 80, et bien sûr, suite à l'ouverture du protocole TCP/IP et son adoption au travers le monde qui restera certainement l'étape la plus importante de l'histoire d'Internet.

Michel Elie, pionnier de l'informatique et responsable de l'Observatoire des Usages de l'Internet, témoigne de cette époque et de la naissance d'Internet dans un article intitulé « Quarante ans après : mais qui donc créa l'internet ? ». Il écrit ceci :

Le succès de l'internet, nous le devons aux bons choix initiaux et à la dynamique qui en est résultée : la collaboration de dizaine de milliers d'étudiants, ou de bénévoles apportant leur expertise, tels par exemple ces centaines de personnes qui enrichissent continuellement des encyclopédies en ligne telles que Wikipédia. [B 24]

Carte partielle d'Internet, basée sur les données de opte.org du 15 juin 2005.
Fig. 3.5. Carte partielle d'Internet, basée sur les données de opte.org en date du 15 juin 2005 (source : https://w.wiki/377ᵉ)

Cette comparaison entre Internet et le projet Wikipédia fut bien sûr très interpellante dans le contexte de mes travaux. Elle me permit au bout de recherches plus approfondies de réaliser à quel point le mouvement Wikimedia pouvait apparaitre quelque part comme une nouvelle résurgence de la contre-culture des années 60 apparue aux États-Unis dans le contexte de la guerre du Viêt Nam. Dans son ouvrage titré :« Vers une contre-culture : Réflexions sur la société technocratique et l'opposition de la jeunesse » [B 25][N 2], Theodore Roszak. définit la contre-culture de la sorte :

Le projet essentiel de notre contre-culture : proclamer un nouveau ciel et une nouvelle terre, si vastes, si merveilleux que les prétentions démesurées de la technique soient réduites à n'occuper dans la vie humaine qu'une place inférieure et marginale. Créer et répandre une telle conception de la vie n'implique rien de moins que l'acceptation de nous ouvrir à l'imagination visionnaire. Nous devons être prêts à soutenir ce qu'affirment des hommes tels que Blake, à savoir que certains yeux ne voient pas le monde comme le voient le regard banal ou l'œil scientifique, mais le voient transformé, dans une lumière éclatante et, ce faisant, le voient tel qu'il est vraiment. [B 26]

À la lecture de ce texte datant de 1970, il est intéressant de voir que le mouvement de la contre-culture au même titre que le mouvement Wikimédia utilisent un vocabulaire similaire pour se décrire en utilisant chacun une vision qui imagine autrement le monde. Il semble cependant paradoxal qu'une culture qui voit dans la technique quelque chose d' « inférieur et marginale » et qui porte sur la science un regard « banal » puisse avoir influencé le milieu scientifique et technique responsable de la naissance d'Internet. Ce paradoxe fut toutefois résolu par Fred Turner dans son ouvrage intitulé :« Aux sources de l'utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence »[B 27][N 3]. Dans ce livre qui retrace la vie de Steward Brand, Turner réussira en effet à établir un lien direct entre la culture Hippie des années 60 et l'esprit de la cyberculture au sein de laquelle Internet prit naissance.

En complément de la démonstration faite dans cet ouvrage, je citerai pour ma part les propos de David D. Clark qui, à mon sens, illustrent parfaitement l'influence de la contre-culture américaine au niveau des pensées de ceux qui furent les précurseurs d'Internet. Lors d'une plénière de la 24ᵉ réunion du groupe de travail sur l'ingénierie Internet David Clark prononça, en effet, cette phase cruciale qui marquera les valeurs techniques et politiques des ingénieurs à qui il s'adressait[B 28] :« Nous récusons rois, présidents et votes. Nous croyons au consensus et aux programmes qui tournent »[B 29][N 4].

Cette courte citation semble donc indiquer que le mépris de la contre-culture des années 60 envers la technique et la science, aura fini par faire place à un refus d'autorité qui caractérise encore aujourd'hui la communauté des contributeurs actifs au sein des projets Wikimédia. En effet, alors qu'Internet continue de lutter pour conserver la neutralité de son réseau, le mouvement Wikimédia pour sa part, continue de lutter pour préserver ses projets éditoriaux de toute forme de contrôle élitiste intenté par des autorités extérieures à sa communauté. Au-delà du réseau Internet et des projets Wikimédia, ce désir d'autonomie est aussi observable au niveau de l'espace Web et ce, depuis sa création.

L'espace web

Une autre figure importante dans la préhistoire du mouvement Wikimédia est celle de Tim Berners-Lee l'inventeur du World Wide Web que l'on désigne souvent par l'expression « Web » ou « toile » en français. Actif au sein du conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN), il eut en effet l'idée de créer un espace d'échange public au sein du réseau Internet. Pourcela, il mit au point un logiciel intitulé « WorlWideWeb » capable de produire et de visiter des espaces numériques intitulés site Web. Composés de pages Web, ces sites Web sont alors hébergés sur des ordinateurs séparés mais tous reliés entre eux grâce au réseau Internet. Son programme fut rebaptisé Nexus par la suite, pour éviter la confusion avec l'expression Worl Wide Web[W 7].

Au sein du Web et grâce à un système intitulé hypertexte, les pages Web indexent des informations présentes dans une même page, un même site, mais aussi sur des pages et des sites situées sur des ordinateurs distants. Pour permettre ce transfert d'information d'un ordinateur à un autre, Berners-Lee mit au point un protocole appelé Hypertext Transfer Protocol ou HTTP. Ainsi donc apparu l'espace Web que l'on peut décrire comme un espace global et numérique formé par l'ensemble de ces pages et sites Web situés sur les disques durs de multiples ordinateurs connectés entre eux via le réseau Internet.

« Where the WEB was born », plaque comémorative du CERN 2004
Fig. 3.6. « Where the Web was born », plaque commémorative du CERN 2004 (source : https://w.wiki/377d)

La description du Web est complexe et un amalgame entre le Web et Internet est très courant. C'est pourquoi, j'aime pour ma part utiliser la « métaphore vive »[B 30] d'une ville électro numérique[B 31] afin d'opérer une « redescription heuristique de la réalité »[B 32]. Cette méthode permet d'une part de rendre l'espace numérique plus compréhensible, mais aussi d'autre part, de comprendre plus facilement qu' au même titre que l'espace urbanistique, la modification de l'espace numérique affecte directement la vie de la communauté qui le fréquente. Voici donc le portrait métaphorique de l'espace Web dans lequel les termes techniques repris entre parenthèses auront été substitués par des termes courants dans la description d'une ville.

L'espace Web est une « grande ville numérique » dans laquelle sont construit des « bâtiments » (sites Web), composé de pièces (pages Web) que l'on peut répartir sur plusieurs étages (répertoires). Ces bâtiments sont fabriqués grâce à un « engin de construction » (éditeur HTML), qui respecte des « normes de constructions ainsi que des réglementations » (hypertext Transfer Protocol). Tous ces édifices sont répartis dans un ensemble de quartiers (serveurs informatiques), possédant chacun leur propre « code postal » (adresse IP). Dans ces quartiers, chaque pièce numérique possède sa propre adresse (Uniform Resource Locator ou URL). Pour circuler d'un quartier à l'autre,, on utilise un « réseau routier » (Internet) et un « véhicule » (navigateur Web) équipé du « GPS » de son choix (moteur de recherche). Les endroits de la ville qui sont inconnus par les GPS ne sont accessibles que si on connaît leurs adresses (IP ou URL). Ce sont donc des endroits publiquement inconnus considérés comme sombres et qui se situent dans les profondeurs de la ville (dark Web ou deep Web).

Les GPS (moteurs de recherche), qui nous dirigent vers diverses adresses (pages Web) en fonction de ce que l'on cherche, peuvent aussi être comparés des « taxis numériques ». Comme dans une ville, ceux-ci sont la plupart du temps la propriété de firmes commerciales qui, en fonction des plus offrants, n'hésitent pas à diriger leurs clients vers les quartiers (serveurs informatiques), ou les adresses (pages Web) lorsqu'ils auront été rétribués par leurs propriétaires. Tant qu'à faire, certaines sociétés de taxis (Google, Yahoo!, Microsoft, etc.), n'hésitent pas non plus à enregistrer le profil, la provenance et la destination de leurs clients, dans le but de vendre ces informations à des personnes ou organismes désireux de les utiliser bien souvent à des fins de marketing commercial ou politique.

Dans la ville numérique, certains changements urbanistiques, tels que l'installation d'une barrière ou d'un Mosquito (mot de passe ou système de contrôle parental), ou encore l'ajout ou la suppression d'espace de rencontre et de partage (site de rencontre et réseau peer to peer), peuvent enfin directement affecter la vie des personnes qui la fréquente. C'est pour cela que certaines institutions se sont vue chargées de veiller à l'application de règles standards dans le développement du Web. Alors que le réseau routier (réseau Internet) fut confié à l'association Internet Society, la gestion de l'espace urbanistique (espace Web) fut confié pour sa part à un consortium international fondé par Berners-Lee sous le sigle W3C.

Ayant la fondation Wikimédia comme nouveau membre depuis 2019[B 33], cette organisation a une devise : « un seul Web partout et pour tous »[W 8]. Si celle-ci semble bien naturelle à ce jour, il s'en est fallu de peu pour que le premier éditeur de site WorldWideWeb et par conséquent, l'idée même du World Wide Web, ne devienne un produit commercial voire un service payant. À partir du 30 avril 1993, ce risque était effectivement très élevé puisque le logiciel WorlWideWeb avait été déposé dans le domaine public par Robert Cailliau qui assistait Berners-Lee dans le développement du Web. Dans un ouvrage intitulé Alexandia[B 34], Quentin Jardon explique cet épisode critique de la naissance du Web de la sorte :

Pour François, la philanthropie de Robert, c'est très sympa, mais ça expose le Web à d'horribles dangers. Une entreprise pourrait s'emparer du code source, corriger un minuscule bug, s'approprier le « nouveau » logiciel et enfin faire payer une licence à ses utilisateurs. L'ogre Microsoft, par exemple, serait du genre à flairer le bon plan pour écraser son ennemi Macintosh. Les détenteurs d'un PC devraient alors débourser un certain montant pour profiter des fonctionnalités du Web copyrighté Microsoft. Les détenteurs d'un Macintosh, eux, navigueraient sur un Web de plus en plus éloigné de celui vendu par Bill Gates, d'abord gratuit peut-être, avant d'être soumis lui aussi à une licence. […] En plus de devenir un territoire privé, le Web se balkaniserait entre les géants du secteur. […] Mais le jeune Bill Gates ne croit pas encore à la portée commerciale de ce système. […] Ce dédain provisoire est une bénédiction pour Tim et Robert, car la stratégie de Microsoft, au début des années 1990, obéit à la loi du "embrace, extend and stay at the top" [B 34]

Heureusement, en octobre 1994 et après avoir repris les responsabilités de Tim Berners-Lee, suite à son départ du CERN[B 35], François Flückiger, dont Jardon faisait mention, eut la présence d'esprit de se rendre à l'Institut fédéral de la propriété intellectuelle suisse pour retirer du domaine public le code de l'éditeur HTML et le placer sous licence libre, en y apposant de la sorte la propriété intellectuelle du CERN. La licence libre eut ainsi pour effet d'interdire la modification et l'amélioration du code de l'éditeur dès lors que la version transformée n'est pas elle-même soumise à une licence identique. De manière récursive et anticipative, le dépôt sous licence libre du code source qui aura donné naissance à l'espace Web rendit donc peu probable l'apparition d'une bataille commerciale comparable à celle qui arriva peu de temps après dans le secteur des navigateurs Web.

Les navigateurs

L'espace Web une fois créé, l'offre sur le marché des navigateurs web s'est ensuite développée avec l'apparition de plusieurs logiciels aux performances diverses. Au départ du code et des fichiers disponibles sur les serveurs informatiques, les navigateurs doivent en effet restituer les pages web dans leur interface graphique, et ils ne le font pas tous de la même manière, ni avec les mêmes ressources. Ces différences auront donc pour conséquence de créer une compétition entre les producteurs de navigateurs, basée sur la rapidité, la légèreté et la fiabilité de leur produit. Quant aux consommateurs, ils seront toujours à la recherche d'un navigateur capable d'afficher sur l'écran de leurs ordinateurs une page Web respectant le plus possible les désirs de son créateur ou administrateur, et ce au moindre frais possibles.

Le site 3WSchools chargé de l'étude du marché des navigateurs fournit un classement en fonction du pourcentage du nombre d'utilisateurs :(1) le logiciel Chrome de Google en première position avec 80.4 %, (2) Firefox de Mozilla avec 7.1 %, (3) edge/Internet explorer de Microsoft avec 5.2 %, (4) Safari de Apple avec 3.7 % et finalement (5) Opera de Opera Software avec 2.1 %[W 9]. Dans le courant du même mois, le site StatCounter indiquait quant à lui :66.12 % pour Chrome, 17.24 % pour Safari, 3.98 % Firefox, 3.18 % pour Samsung Internet, 2.85 % pour Edge et 2.08 % pour Opera[W 10][N 5]. Dans ces deux classements et malgré les reproches qui peuvent lui être attribués[B 36], le navigateur Chrome apparait donc finalement comme le logiciel préféré des utilisateurs aux alentours de l'année 2012 (voir figure 2.7 ci-dessous).

Graphique illustrant l'évolution des parts de marché des navigateurs Web depuis 2009 à septembre 2020
Fig. 3.7. Graphique illustrant l'évolution des parts de marché des navigateurs Web depuis 2009 à septembre 2020 (source : https://w.wiki/377c)
Évolution de la part respective des navigateurs entre 1996 et 2009
Fig. 3.8. Évolution de la part respective des navigateurs entre 1996 et 2009 (source : https://w.wiki/377b)

Mais avant 2010 et selon un second graphique (figure 2.8 ci-dessous), on découvre que le marché des navigateurs fut le théâtre de ce que certains appelleront la « bataille commerciale des navigateurs Web »[W 11] opposant le logiciel Netscape Comunications de l'entreprise du même nom au programme internet produit par la firme Microsoft. Sans entrer dans des détails qui sont accessibles dans un article Wikipédia consacré à l'évolution de l'usage des navigateurs Web[W 12], je retiendrai ici au sujet de cette guerre commerciale, qu'il ne fut pas difficile pour la société Microsoft de conquérir la presque totalité du marché.

Ce nouveau monopole s'établit effectivement en 5 ans seulement, et fut amorcé dès le moment ou Microsoft prit conscience un peu tardivement de l'enjeu commercial que représentait l'espace Web. La position de monopole de la firme, au niveau des systèmes d'exploitation, lui donna évidemment une puissance inégalable tant en matière de distribution de son navigateur qu'au niveau du financement de son développement. D'ailleurs, alors qu'Internet Explorer dépassait la barre des 90 % de parts de marché, et même si un recours en appel blanchira par la suite cette accusation, la firme Microsoft fit l'objet d'un verdict de première instance validant le fait qu'elle avait abusé de sa position dominante dans les systèmes d'exploitation pour évincer illégalement ses concurrents dans les logiciels de navigation internet[B 37].

Entre-temps et au cours de l'année 1998 la société Netscape Communication, reconnaissant sa défaite, avait déposé le code source de son navigateur sous licence libre et permit ainsi la naissance d'un nouveau navigateur intitulé Firefox[B 38]. Soutenu par la communauté libre au niveau de son développement, ce nouveau logiciel reprit petit à petit des parts de marché sur Internet explorer. Cependant, et comme cela fut déjà expliqué, l'arrivée de Google Chrome, un autre logiciel libre développé cette fois par la société commerciale Google, signa la fin d'un nouveau duel entre Firefox et Internet Explorer.

Cet épisode de la révolution numérique m'a permis de comprendre à quel point le logiciel libre pouvait devenir une alternative capable de concurrencer les plus grands acteurs commerciaux. Il me permit aussi de découvrir que Wikipédia ne fut pas le premier projet libre né d'une première initiative commerciale. J'y ai découvert aussi cependant qu'un phénomène inverse pouvait apparaitre dès lors qu'une grande entreprise commerciale telle que Google, faisant fi d'un éventuel profit tiré au départ de la production d'un logiciel, récupère sa mise en récoltant des informations sur les utilisateurs. En fin de compte, je retiendrai aussi de l'histoire des navigateurs, que l'existence et l'utilisation des licences libres représentent un élément clef au niveau de la révolution numérique.

Les licences libres

e symbole Copyleft, un Copyright renversé.
Fig. 3.9. Le symbole Copyleft, un Copyright renversé. (Source : https://w.wiki/377a).

L'autobiographie autorisée de Sam Williams intitulée :« Richard Stallman et la révolution du logiciel libre. »[B 39], décrit très bien comment Richard Stallman donna naissance au concept de licence libre. En 1985 et suite à une discussion avec le juriste Mark Fischer, le fondateur du projet GNU trouva en effet le moyen de protéger son programme Emacs, un éditeur de texte, en publiant, dans le cadre de son projet GNU, la première version d'une licence intitulée Général Public Licence (GPL).

En 1989, malgré la pression émise par Microsoft à l'encontre de cette licence, et grâce à la participation de John Gilmore et d'une grande communauté d'activistes hackers comprenant aussi certains juristes tels que Jerry Cohen et Eben Moglen, la licence initialement prévue pour le logiciel Emacs devint applicable à tout type de logiciel. Selon les propos retenus lors de la lecture d'une biographie autorisée de Richard Stallman :

« La GPL apparaît comme l'un des meilleurs hacks de Stallman. Elle a créé un système de propriété collective à l'intérieur même des habituels murs du copyright. Surtout, elle a mis en lumière la possibilité de traiter de façon similaire « code » juridique et code logiciel. »[B 40]

Avec la GPL apparut une composante essentielle des logiciels libres qu'est la clause de reproductibilité de la licence sur les produits dérivés. Celle-ci qualifiée de virale ou récursive sera baptisée « copyleft », traduite en français par « gauche d'auteur », suite à une idée qui lui avait été transmise par Don Hopkins dans un échange de courriers[W 13]. Comme cela a déjà été vu dans le cadre du « sauvetage » du Web, la clause copyleft apparait aujourd'hui comme un détail déterminant dans l'histoire de la révolution numérique.

Classification des licences d'exploitation des œuvres de l'esprit.
Fig. 3.10. Classification des licences d'exploitation des œuvres de l'esprit. (source : https://w.wiki/377Y).

Cette notion de copyleft est à mes yeux plus importante que de faire la distinction entre le concept du logiciel libre développé par Stallman, et celui de logiciels open source popularisé par Éric Raymond, qui finalement furent confondus dans l'expression unique Free and open-source software (FOSS) alors que le concept d'open source faisait toujours l'objet d'une controverse sur Wikipédia en français à la fin de l'année 2020[W 14]. En d'absence de clause interdisant l'usage commercial, la clause « Share alike » (partage à l'identique) surnommée copyleft reste en effet la seule garantie pour qu'un travail ne puisse jamais être récupéré complètement, partiellement ou de manière modifiée par une personne ou un organisme désireux d'y apposer un copyright ou autre licence restrictive dans le but d'en tirer profit au détriment d'un usage libre par le reste du monde[B 41] (voir figure).

Classement des différentes licences, de la plus ouverte à la moins ouverte.
Fig. 3.11. Classement des différentes licences, de la plus ouverte à la moins ouverte (source : https://w.wiki/377T).

Cela étant dit, chacun est libre de partager son travail sous les conditions qu'il veut et c'est sans doute pour simplifier ce choix qu'une nouvelle organisation internationale sans but lucratif appelée Creative Commons aura vu le jour pour permettre« le partage et la réutilisation de la créativité et des connaissances grâce à la fourniture d'outils juridiques gratuits »[W 15]. Créée le 15 janvier 2001, précisément le même jour que Wikipédia, cette association offre donc une variété de licences (voir figure ci-dessous) applicables sur du code informatique, mais aussi sur des textes, photos, vidéos, musiques et autres productions de l'esprit. Celle utilisée au sein des projets Wikimedia est la licence CC. BY. SA à l’exception du contenu du projet Wikidata et des descriptions apportées aux fichiers présents sur Wikimédia commons qui reposent, eux, sous la licence CC.0.

L'un des fondateurs de Creative Commons fut Lawrence Lessig, une personnalité marquante de la culture libre qui en assure toujours la présidence jusqu'à ce jour. Lessig est l'auteur d'un célèbre article intitulé :« Code is law »[B 42] dont un extrait repris ci-dessous permet de synthétiser en quelques mots la puissance du code informatique en matière d'autorité et de régulation :

Ce code, ou cette architecture, définit la manière dont nous vivons le cyberespace. Il détermine s'il est facile ou non de protéger sa vie privée, ou de censurer la parole. Il détermine si l'accès à l'information est global ou sectorisé. Il a un impact sur qui peut voir quoi, ou sur ce qui est surveillé. Lorsqu'on commence à comprendre la nature de ce code, on se rend compte que, d'une myriade de manières, le code du cyberespace régule. [B 43]

La protection du code informatique par les licences libres, et la garantie d'une transparence qui en rend le contrôle possible, apparaissent donc comme un enjeu majeur tant pour le réseau Internet, que l'espace Web qui s'y développe. Cette protection permet, entre autres, de vérifier que les logiciels qui prennent le contrôle de nos ordinateurs et qui influencent de plus en plus le déroulement de nos vies, servent bien nos intérêts et pas ceux des personnes qui les produisent[B 44].

Cependant, si une licence libre peut permettre l'utilisation de ce qui est produit dans l'espace numérique Wikimédia, elle n'en permet pas pour autant le contrôle des millions de modifications apportées aux centaines de projets collaboratifs. Cette tâche de contrôle beaucoup plus ardue doit en effet être assumée par d'autres moyens que la simple apposition d'une licence. Pour qu'elle soit possible, il fallut attendre l'arrivée d'un nouveau type de logiciels qui permet la construction d'un site Web par des millions de contributeurs situés aux quatre coins du monde, tout en leur donnant la possibilité de contrôler tout ce qui s'y passe. Le premier logiciel capable d'une telle prouesse fut baptisé WikiWikiWeb, et son préfixe restera présent tout au long de la croissance du mouvement Wikimédia.

Les Wikis

Logo du logiciel MediaWiki, le logiciel Wiki utilisé par les projets Wikimédia et dont le développement est soutenu par la fondation Wikimédia.
Fig. 3.12. Logos du logiciel MediaWiki, le logiciel Wiki utilisé par les projets Wikimédia (source : https://w.wiki/377j).

WikiWikiWeb, fut le premier logiciel libre de type « wiki », créé en mars 1995 par Ward Cunningham. Grâce à l'accessibilité de son code source et la permission de son réemploi, il permit la création de nombreux autres logiciels de même type, produits eux aussi sous licence libre en raison de l'action virale spécifique à celle-ci. L'histoire des wikis apporte donc, en ce sens, une nouvelle illustration de l'importance de cette clause de redistribution à l'identique surnommée copyleft.

D'ailleurs, ce sera quelque part grâce à ce copyleft que les fondateurs du projet Wikipédia purent installer librement et gratuitement le logiciel Wiki qui leur convenait, alors que la société Bomis, qui soutenait le projet, était confrontée à de grosses difficultés financières. Le choix fut porté sur le logiciel UseModWiki qui répondait à leurs attentes en raison de sa simplicité et du peu de ressources informatiques nécessaires à son bon fonctionnement. Il fut remplacé le 25 janvier 2002 par le logiciel MediaWiki dont le développement fut soutenu par la fondation Wikimédia jusqu'à ce jour[B 45].

Après l'apparition du réseau Internet et de son l'espace Web, des systèmes d'exploitations de type GNU/Linux permettant de faire tourner gratuitement des serveurs informatiques, l'arrivée des logiciels Wikis apportait donc la dernière pièce manquante et indispensable au lancement d'une encyclopédie libre et universelle.

L'encyclopédie libre et universelle

En collectant et partageant l'ensemble des connaissances humaines, les projets Wikimédia semblent aujourd'hui concrétiser un vieux projet porté par de nombreux hommes depuis la nuit des temps. Sans entrer dans les détails de l'histoire, je me limiterai ici à citer pour exemple :Ptolémée Ier et la bibliothèque d'Alexandrie (305 – 283 av. J.-C.), Denis Diderot (1713 – 1784) et son Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, et dans un passé plus proche encore, Paul Otlet (1868 – 1944) et son Mundaneum.

Ce Belge peu connu et pourtant cocréateur, en 1905, de la classification décimale universelle toujours en usage à ce jour, rêvait en effet de cataloguer le monde dans lieu qui rassemblerait toutes les connaissances humaines sous la forme d'un gigantesque Répertoire bibliographique Universel[B 46]. À la lecture de son Traité de documentation » paru en 1934, je découvre l'étrange songe visionnaire d'un « homme qui voulait classer le monde »[B 47] :

Ici, la Table de Travail n'est plus chargée d'aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. Là-bas, au loin, dans un édifice immense, sont tous les livres et tous les renseignements, avec tout l'espace que requiert leur enregistrement et leur manutention, […] De là, on fait apparaître sur l'écran la page à lire pour connaître la question posée par téléphone avec ou sans fil. Un écran serait double, quadruple ou décuple s'il s'agissait de multiplier les textes et les documents à confronter simultanément ; il y aurait un haut-parleur si la vue devrait être aidée par une audition. Une telle hypothèse, un Wells certes l'aimerait. Utopie aujourd'hui parce qu'elle n'existe encore nulle part, mais elle pourrait devenir la réalité de demain pourvu que se perfectionnent encore nos méthodes et notre instrumentation. [B 48]

Le répertoire Bibliographique Universel aux alentours de 1900.
Fig. 3.13. Photographie de l'intérieur du Répertoire Bibliographique Universel aux alentours de 1900 (source : https://w.wiki/377k)

Cette utopie décrite par Otlet ressemble effectivement à s'y méprendre à une description du « tandem Google Wikipédia »[B 49] plus de soixante ans avant son apparition : allumer un écran, poser une question dans un moteur de recherche et se voir rediriger dans près de 88.7 % des cas vers Wikipédia[W 16]. Quant à l'idée àproprement parler d'une encyclopédie libre et universelle, ce sera Richard Stallman qui en partagea publiquement l'idée en premier. Dans un message posté sur la liste de diffusion du projet GNU le 18 décembre 2000, il raconte en effet que :

Le World Wide Web a le potentiel de devenir une encyclopédie universelle couvrant tous les domaines de la connaissance, et une bibliothèque complète de cours d'enseignement. Ce résultat pourrait être atteint sans effort particulier, si personne n'intervient. Mais les entreprises se mobilisent aujourd'hui pour orienter l'avenir vers une voie différente, dans laquelle elles contrôlent et limitent l'accès au matériel pédagogique, afin de soutirer de l'argent aux personnes qui veulent apprendre. […] Nous ne pouvons pas empêcher les entreprises de restreindre l'information qu'elles mettent à disposition ; ce que nous pouvons faire, c'est proposer une alternative. Nous devons lancer un mouvement pour développer une encyclopédie libre universelle, tout comme le mouvement des logiciels libres nous a donné le système d'exploitation libre GNU/Linux. L'encyclopédie libre fournira une alternative aux encyclopédies restreintes que les entreprises de médias rédigeront. [W 17][N 6]

En parlant d'un « mouvement » qui se créerait autour d'une « encyclopédie libre et universelle » Stallman anticipait donc tout à fait ce qui allait se passer suite à la création de Wikipédia. Au travers d'une soixantaine de paragraphes, il dévoile ensuite un projet sous licence libre où « tout le monde est le bienvenu pour écrire des articles » et où « en cas de controverse, plusieurs points de vue seront représentés ». Sans le savoir et bien avant l'heure, ce qu'écrivait Stallman ressemblait donc fortement à plusieurs principes fondateurs[W 18] appliqués lors de la création de Wikipédia avec, pour exemple, celui de neutralité de point de vue[W 19] qui apparut sur le projet Wikipédia anglophone le 10 novembre 2001[W 20] seulement .

En fin de compte, Wikipédia n'aura donc pas été une trouvaille, mais plutôt un coup de génie qui permit au projet de prendre le devant sur d'autres projets naissants. Celui-ci apparut lorsque Larry Sanger proposa, malgré le manque d'enthousiasme de son employeur Jimmy Wales, de démarrer une encyclopédie au départ d'un logiciel Wiki[W 21]. La manœuvre avait pour but à son origine d'enrichir Nupedia, l'encyclopédie commerciale de la firme Bomis, lancée quelque temps auparavant, et dans laquelle il était prévu de placer de la publicité pour générer une rentrée financière.

Grâce à la flexibilité du logiciel Wiki, et à l’auto-organisation qu'il permettait de mettre en place, le projet Wikipédia prit ainsi les devants sur le projet GNUPedia lancé parallèlement en janvier 2001 par Stallman et la Free Software Foundation ainsi que sur d'autres projets comme The Info Network , créé par Aaron Swartz à l'age de 12 ans et cinq ans avant la naissance de Wikipédia[V 1]. Pendant que le projet GNUPedia éprouvait beaucoup de difficultés au niveau de la modération de ses contributeurs, Jimmy Wales, qui croyait à la réussite d'une édition par des « gens ordinaires »[B 50], réussit pour sa part à faire confiance à une communauté d'éditeurs bénévoles qui mena le projet à sa réussite. Le projet GNUPedia, quant à lui, fut abandonné, et son contenu fusionné à celui du projet Nupedia dès son passage sous licence de documentation libre GNU[W 22].

Faute de productivité, le projet Nupedia transféra à son tour ses articles dans Wikipédia pour être ensuite abandonné, en septembre 2003, suite à un crash des serveurs qui ne sera jamais rétabli. Démissionnaire du poste de rédacteur en chef sur Wikipédia en mars 2003, soit un mois après la coupure de son salaire, Larry Sanger avait bien tenté de sauver le projet Nupedia qui lui tenait à cœur en raison de sa relecture par des experts, mais en vain[B 51]. De son côté, Jimmy Wales continua à se consacrer entièrement au projet Wikipédia qui finit par atteindre une taille et une visibilité jamais égalée dans l'histoire des encyclopédies. En tant que projet fondateur, la naissance de Wikipédia constituait donc la première pierre du mouvement Wikimédia.

Les enjeux d'un éternel conflit entre liberté et pouvoir ainsi qu'égalité et richesse

Le mouvement Wikimédia apparait donc comme l'héritier direct d'un ensemble de produits numériques libres mais aussi et surtout peut-être, de valeurs et pratiques issues de la contre-culture des années 60 et transmises par les principaux acteurs de la révolution numérique. La photo de Richard Stallman (figure 2.4), personnage emblématique de cette contre-culture hacker, barbe longue et air triomphant, avant son intervention lors de la première rencontre internationale hors ligne organisée par le mouvement, est d'ailleurs un témoignage historique et symbolique tout à fait parlant à ce sujet.

Derrière l'héritage technique transmis par le mouvement du logiciel libre, se trouve donc la transmission d'un enjeu moral et d'une philosophie politique de première importance. Ce fut en tout cas l'avis d'André Gorz, le père de la décroissance et le théoricien de l'écologie politique, lorsqu'il nous confie dans un texte intitulé Le travail dans la sortie du capitalisme que :

La lutte engagée entre les "logiciels propriétaires" et les "logiciels libres" (…) a été le coup d'envoi du conflit central de l'époque. Il s'étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l'existence d'une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme. [B 52]

Aux yeux du philosophe, le mouvement Wikimédia,encore inconnu pour l'heure, serait donc certainement apparu comme nouvel acteur clef dans le conflit central de notre époque. Un conflit qui, par ailleurs, n'est pas facile à cerner en raison de la complexité du domaine informatique mais aussi parce qu'il apparait à la fois instable et ambivalent. Un avis que je partage avec Rémy Rieffel qui nous dit dans son ouvrage intitulé « Révolution numérique, révolution culturelle ? » que :

une révolution technologique telle que celle du numérique est par essence instable et ambivalente, simultanément porteuse de promesse et lourde de menaces. Elle s'inscrit dans un contexte où s'affrontent des valeurs d'émancipation et d'ouverture d'un côté et des stratégies de contrôle et de domination de l'autre. [B 53]

Mais alors que Rémy Rieffel écrivait son texte six ans après celui d'André Gorz et un an avant la sortie de l'ouvrage « Bienvenue dans le capitalisme 3.0 »[B 54], on en est déjà venu aujourd'hui à parler de « L'âge du capitalisme de surveillance »[B 55]. Les enjeux soulevés par les logiciels libres au début des années quatre-vingt sont donc toujours d'actualité vingt ans plus tard, en ce début des années 2020, dans une situation qu'André Gorz qualifierait très certainement d'alarmante. L’alarme fut d'ailleurs déjà tirée à plusieurs reprises par le créateur du Web qui implore sa « décentralisation »[B 56] et sa « régulation »[B 57], ceci alors que l'usage du réseau Internet est de plus en plus commercial suite à l'arrivée de l'Internet des objets et le développement de la 3, 4 et 5G.

Dans un tel contexte, il est d'ailleurs interpellant de constater qu'en fin d'année 2020, le nom de domaine Wikipédia.org, qui se situe en 13ᵉ place du top 50 des sites les plus fréquentés du Web, se voyait isolé au milieu de 49 autres noms de domaines appartenant à des entreprises commerciales[W 23]. Cette simple observation semble donc déjà indiquer que le mouvement Wikimédia grâce à son projet encyclopédique apparait comme dernier bastion de résistance à la commercialisation de l'espace Web.

L'enjeu porté par le mouvement Wikimédia n'est, en outre, pas uniquement commercial et les fréquentes mesures de censure étatique en sont bien la preuve. Analysés comme média de la connaissance démocratique[B 58], les projets Wikimédia et Wikipédia en particulier, furent sujets à des blocages ou limitations d'accès en Chine, Turquie, Russie, Iran, etc.[B 59] et même sujet à des procédures judiciaires en France[B 60].

D'une manière plus intéressante encore, c'est jusqu'au cœur même du mouvement Wikimédia que se joue la confrontation entre un système marchant et hiérarchisé, principalement présent dans la sphère hors ligne, et un ensemble de valeurs d'émancipation, de transparence et d'ouverture, hérité d'un passé que nous venons de parcourir et qui se voit défendu pas la communauté en ligne et bénévole Wikimédia. Afin d'illustrer tout ceci en détails et passons maintenant au prochain chapitre de ce travail de recherche consacré à l'histoire du mouvement et ses dérives.

Notes et références

[N]otes

  1. Texte original avant traduction sur www. DeepL.com/Translator (version gratuite) : « I'm doing a (free) operating system (just a hobby, won't be big and professional like gnu) for 386(486) AT clones. This has been brewing since april, and is starting to get ready. I'd like any feedback on things people like/dislike in minix, as my OS resembles it somewhat (same physical layout of the file-system (due to practical reasons)among other things). »
  2. Titre original : « The Making of a Counter Culture: Reflections on the Technocratic Society and Its Youthful Opposition »
  3. Titre original : « From Counterculture to Cyberculture: Stewart Brand, the Whole Earth Network, and the Rise of Digital Utopianism ».
  4. Texte original : « We reject kings, presidents and voting. We believe in rough consensus and running code ».
  5. Cette comparaison m'aura permis de réaliser à quel point les statistiques au sujet de l'espace Web sont à prendre avec beaucoup de recul.
  6. Texte original avant traduction sur deepl.com (version gratuite) : « The World Wide Web has the potential to develop into a universal encyclopedia covering all areas of knowledge, and a complete library of instructional courses. This outcome could happen without any special effort, if no one interferes. But corporations are mobilizing now to direct the future down a different track--one in which they control and restrict access to learning materials, so as to extract money from people who want to learn. […] We cannot stop business from restricting the information it makes available ; what we can do is provide an alternative. We need to launch a movement to develop a universal free encyclopedia, much as the Free Software movement gave us the free software operating system GNU/Linux. The free encyclopedia will provide an alternative to the restricted ones that media corporations will write ».

[B]ibliographiques

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  3. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Le hold-up planétaire: la face cachée de Microsoft, France Loisirs, 1998 (ISBN 9782744121760) 
  4. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Le hold-up planétaire: la face cachée de Microsoft, France Loisirs, 1998 (ISBN 9782744121760), p. 15 
  5. Shanhong Liu, « • Desktop OS market share 2020 », Statista, (consulté le 21 janvier 2021)
  6. 6,0 et 6,1 Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Le hold-up planétaire: la face cachée de Microsoft, France Loisirs, 1998 (ISBN 9782744121760), p. 27 
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  18. Djilali Benamrane, Biens publics à l'échelle mondiale et Coopération solidarité développement aux PTT, Les télécommunications, entre bien public et marchandise, Une histoire d'Internet, ECLM (Charles Leopold Mayer), 2005 (ISBN 978-2-84377-111-8) (OCLC 833154536), p. 63 
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  20. Id. 488
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[V]idéographiques

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[W]ebographiques

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  23. Alexa, « Top sites », sur www.alexa.com (consulté le 15 novembre 2020)

Conclusion


Image logo indiquant que la page n’est pas finiLionel Scheepmans (lui écrire) vous informe que cette page, ou cette section de page, n’est pas finie.
  • Son état actuel est provisoire et doit être pris avec prudence.
  • Une version améliorée est en préparation et devrait être disponible prochainement.

Pour en suivre l’avancement ou y participer, veuillez consulter la page de discussion.


Notes et références

[N]otes

[B]ibliographiques

[V]idéographiques

[W]ebographiques

Bibliographie

Recherche:Wikimedia/Bibliographie partie 1