Recherche:Imagine un monde/Economie

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Dérive économique du mouvement Wikimédia
L’esprit de partage face à une économie opportuniste
Sixième chapitre de l'ouvrage Imagine un monde

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De Lionel Scheepmans.

Les interdépendances économiques au sein du mouvement[modifier | modifier le wikicode]

Si le mouvement semble particulièrement indépendant financièrement et politiquement par rapport aux acteurs externes, il est aussi intéressant de voir à quel point la fondation est dépendante de sa communauté d'éditeurs bénévoles. D'une part, ce sont effectivement eux qui donne sens à sa mission puisque sans cette communauté à qui la fondation pourrait-elle bien donner ses services ? Mais aussi d'autre part, pour garantir ses rentrées financières qui reposent en grande partie, sur la gratitude des lecteurs des projets Wikimédia envers le contenu produit et fourni gratuitement par cette même communauté[réf. nécessaire]. Une sorte de contre don asymétrique pour ainsi dire.

Ceci alors que de l'autre côté et même si les moyens de productions actuels du mouvement (infrastructure, nom de domaine, nom de marque, etc) appartienne à la fondation, la communauté bénévole se trouve dans une position moins critique par rapport à cette dépendance. Il apparait en effet facile pour la communauté et même une partie de celle-ci comme la menace est apparue du côté espagnole et allemand, de se détacher de la fondation et de ses moyens de productions sous licence libre au niveau du contenu et des logiciel et donc réplicables librement et sans frais. De cette situation asymétrique découle donc sans doute l'autorité supérieure de la communauté envers celle de la fondation comme on a pu le constater à mainte reprises.

Au terme de cette section, j'aimerais enfin attirer l'attention sur l'utilisation quasi exclusive de l'espace web comme support de partage de la connaissance au sein du mouvement wikimédia demande effectivement de sérieux investissements financiers. Que ce soit au niveau de l'infrastructure matérielle et plus encore au niveau de al main d’œuvre hautement qualifiée, le maintien et le développement des activités au sein du mouvement justifie, comme cela a été vu, la moitié de l'argent dépensé au sein du mouvement. Il est donc important à présent de rendre visible et compréhensible l’activité technique au sein du mouvement Wikimédia au travers son histoire.

Une résistance à l'encontre de la publicité[modifier | modifier le wikicode]

Après la naissance du projet Wikipédia, l'un des premiers fait historique marquant fut sans aucun doute l'apparition d'un fork de la version espanophone de Wikipédia intitulé Enciclopedia Libre Universal en Español. Ce site fut crée le 26 février 2002, soit un peu plus d'un an après la création de Wikipédia et commença à être développé par un groupe diaspora dont Edgar Enyedy était le principal interlocuteur. Ce contributeur hispanophone avait en effet quitté le projet Wikipédia alors qu'il était question de placer de la publicité au sein de l'encyclopédie dans le but d'apporter un profit financier à la firme Bomis[B 1]. Dans une lettre adressée à la communauté, Enyedy manifestait aussi d'autre part un doute quant à la création d'une « fondation, que l'on promit de créer tant de fois, pour chapeauter Nupedia et Wikipédia ». Durant ses conversations avec les responsables de la firme Bromis, il avait enfin pour sentiment que le "malentendu" entretenu par ceux-ci faisait partie de la désinformation[W 1].

Peu avant le lancement du fork espagnol, Edgar Enyedy avait réagi à un commentaire de Larry Sanger qui justifiait quant à lui l'arrivée d'annonces publicitaires dans Wikipédia dans le but de maintenir son salaire. La réponse de Enyedy à Sanger fut celle-ci :

« Personne ne va gagner un seul dollar en plaçant des annonces sur mon travail, qui est clairement destiné à la communauté. De plus, je diffuse mon travail en termes de liberté, dans les deux sens du terme, moi et [sic] voulons le rester. Personne ne va utiliser mes efforts pour payer des salaires et/ou maintenir des salaires. Et je ne suis pas le seul à ressentir cela. J'ai quitté le projet. […] Bonne chance avec votre wikiPAIDia »[B 2][N 1]

Cette première crise fut à l'origine d'un tournant décisif au sein du mouvement Wikimédia, car c'est grâce à elle que Jimmy Wales décida de renoncer aux revenus publicitaires sur le site Wikipédia et de finalement créer la fondation Wikimédia. Cette décision fut tout à fait déterminante si l'on en juge au sort qui est advenu d'un autre projet encyclopédique en suédois apparu en octobre 2001 sous le nom de domaine Susning.nu. Concurrent direct du projet Wikipédia en suédois, la popularité acquise par l'encyclopédie Susning, qui pourtant avait été lancé cinq mois après Wikipédia, avait dans un premier temps fortement ralenti le développement du projet Wikipédia. Mais à partir du 21 novembre 2002 et suite à l'apparition de bannières publicitaires et de l'absence d'une gestion claire au niveau des droits d'auteurs, les éditeurs de Susning décidèrent de migrer en masse vers le projet Wikipédia en emportant avec eu leurs écrits[W 2]. Selon un article de Wikipédia en anglais[W 3], l'encyclopédie Susning fut ensuite soumise à de récurrentes attaques de spammeurs jusqu'à disparaitre en août 2009, alors qu'à cette même époque, le projet Wikipédia en suédois continuait son développement jusqu'à devenir en début d'année 2021 la troisième version linguistique Wikipédia au niveau du nombre d'articles[W 4].

Renoncer à la publicité sur les projets Wikimédia semble donc être une bonne chose, mais obligea alors la fondation Wikimedia à se tourner vers d'autres solutions pour financer la maintenance et le développement des serveurs informatiques. À partir de 2007, ce fut en plus le salaire de ses employés qu'il fut ensuite financer en commençant par celui d'une directrice générale, d'un directeur technique et quelques développeurs[B 3]. Étant donné que les rentrées financières issues de la vente de produits dérivés et des services rendus à des entreprises étaient insuffisantes pour couvrir ces frais[B 4], la récolte de dons est alors apparue comme solution viable.

La croissance économique de la fondation Wikimedia[modifier | modifier le wikicode]

L'analyse[W 5] des rapports financiers de la fondation Wikimédia[W 6], démontre que les campagnes successives de récoltes de dons n'ont cessé de maintenir en hausse les rentrées financières au sein du mouvement. Alors que les revenus de la fondation étaient de 80.129 USD en 2004, ils passèrent ensuite à 379.088 USD en 2005, puis à 1.508.039 USD en 2006[W 7], pour atteindre enfin 2.734.909 USD en juin 2007[W 8] et poursuivre ensuite une ascension considérable que l'on peut visualier sein du graphique présenté ci-dessous.

Graphique illustrant l'évolution de l'actif net, des recettes et des dépenses de la fondation Wikimedia en dollars américains.
Fig. 4.3. Graphique illustrant l'évolution de l'actif net, des recettes et des dépenses de la fondation Wikimedia en dollars américains (source : https://w.wiki/3Y54).

Cette impressionnante progression financière débuta donc avec une campagne de récolte de dons de 2007 quelque peu particulière, puisque d'une part, elle fut la première mais la dernière aussi à envisager un jumelage avec une entreprise externe au mouvement, Virgin Unite pour ne pas la citer, alors que d'autre part ce fut aussi la première fois que fut affiché en tête de chaque page des projets éditoriaux Wikimedia un message d'appel aux dons[W 9]. Une situation quelque peu nouvelle donc qui ne manqua pas de susciter quelques réactions parmi les éditeurs puisque certains considérèrent rapidement que l'existence d'un hyper pointant vers le site Virgin Unie dans le message d'appel aux dons était un acte « publicitaire » (Advertising ) qualifié de « spam de donneur » (donor Spam)[W 10]. Alors que certains membres de la communauté menaçaient déjà de suspendre leurs activités, ce lien fut rapidement retiré[W 11] et plus aucun jumelage de ce type n'apparut dans la campagne de dons suivantes.

Les bannières d'appels aux dons continuèrent cependant à apparaitre chaque année depuis 2007 et permirent à la fondation de poursuivre sa croissance. Entre l'année 2007 et 2008, le budget dédié au salarié de la fondation passa effectivement de 415.006 à 1.147.679 dollars US et ne cessa de croitre ensuite de façon régulière comme en témoigne le tableau et le graphique repris ci-dessous.

Tab. 4.1 Évolutions des dépenses de la fondation Wikimedia par rubriques
Années Salaires et traitement Prix et subventions Frais de fonctionnement Frais de service professionnels Traitement des dons Amortissement et dépréciations Voyages et conférences Hébergement Internet Frais de service en nature Évènements spéciaux
2004[W 7] - 495 - - 10.641 293 8.958 -
2005[W 7] 1.693 - 18.067 - - 41.018 27.798 40.273 22.493 -
2006[W 7] 107.122 - 47.777 - - 143.394 76.545 189.631 114.589 -
2007[W 8] 415.006 - 310.334 - - 34.939 264.361 389.417 316.723 -
2008[W 12] 1.147.679 - 952.019 - - 233.314 307.679 537.204 333.125 -
2009[W 13] 2.257.621 - 1.259.161 - - 419.947 223.193 822.405 578.279 -
2010[W 14] 3.508.336 208.662 3.846.420 - - 524.341 476.663 1.056.703 502.558 70.407
2011[W 15] 7.312.120 47.106 5.761.273 - - 1.000.400 1.159.200 1.799.943 349.516 36.282
2012[W 16] 11.749.500 2.106.752 9.198.892 - - 1.888.856 1.533.150 2.486.903 296.599 -
2013[W 17] 15.983.542 2.791.378 10.017.121 - - 2.706.841 1.395.013 2.549.992 260.909 -
2014[W 18] 19.979.908 5.704.791 3.861.708 7.117.519 1.505.654 2.722.007 1.965.854 2.529.483 370.602 143.219
2015[W 19] 26.049.224 4.522.689 4.449.764 7.645.105 2.484.765 2.656.103 2.289.489 1.997.521 23.557 266.552
2016[W 20] 31.713.961 11.354.612 4.777.203 6.033.172 3.604.682 2.720.835 2.296.592 2.069.572 1.065.523 311.313
2017[W 21] 33.731.089 11.214.959 6.307.987 6.972.048 3.809.286 2.762.175 1.954.772 2.169.861 214.581 -
2018[W 22] 38.597.407 13.555.339 7.033.513 7.059.832 4.512.139 2.903.910 2.389.279 2.342.130 2.781.234 267.482
2019[W 23] 46.146.897 12.653.284 9.005.744 8.998.261 4.977.583 2.856.901 2.867.774 2.335.918 1.361.958 20.969
2020[W 24] 55.634.912 22.893.806 10.047.127 11.670.125 4.857.199 1.951.405 2.309.068 2.400.286 407.711 317.758
Graphique illustrant l'évolution des dépenses de la fondation par rubrique et en dollars américains
Fig. 4.. Graphique illustrant l'évolution des dépenses de la fondation par rubrique et en dollars américains (source : https://w.wiki/3Y4u)[N 2]

Suite à ces observations, il apparait donc clairement que les dons offerts à Wikipédia et au mouvement Wikimédia sont utilisés en grande partie pour payer les salaires des travailleurs engagés par la fondation Wikimedia. Bien que les publicités n'auront jamais vu le jour au sein des projets, les inquiétudes d'Edgar Enyedy concernant l'arrivée d'annonces placées sur le travail des bénévoles furent finalement fondées. Cette prédiction il la confirme lors qu'une interview de 2011 ou il explique que :

Wikipédia a créé une grande base de salariés, et chaque année, elle doit demander des sommes toujours plus importantes. C'est ce que je ne voulais pas : une grande organisation centrée sur l'argent rendu possible grâce au travail gratuit de la communauté.[B 5][N 3]

Mais il reste cependant une chose importante à considérer concernant les dépenses de la fondation Wikimédia, car une autre représentation graphique reprise ci-dessous, démontre qu'il est possible de mettre en évidence le fait que les frais administratifs de la fondation Wikimédia, toujours proches de ceux dédiés à la récolte de fonds, ont évolués nettement plus lentement que ceux destinés aux programmes et aux projets. Cette information est donc importante puisqu'elle démontre que le développement de la fondation reste bien basé sur le développement de programme et de projets destiner à favoriser la mission de libre partage de l'information.

Évolution de la répartition des dépenses de la fondation Wikimedia en dollars américains

Comme autre fait rassurant, il faut savoir ensuite que la fondation est soumise à des audits financiers annuels depuis novembre 2006[B 6]. Malheureusement, alors que la fondation et les finances apporté au mouvement ne cessent de croître, en mars 2007[W 25], apparut un déclin de participation au sein des projets Wikimédia qui suscita beaucoup d'inquiétudes d'autant plus qu'il fut découvert tardivement. sans qu'il ne soit je me suis donc demandé un jour s’il n'existerait pas une corrélation entre ceux-ci.[W 26]

Le déclin de participation et de rétention des nouveaux arrivants[modifier | modifier le wikicode]

L'observation graphique (voir figure 5.4) du déclin de participation démontrent que pour une certaine tranche des contributeurs actifs sur le projet Wikipédia anglophone la baisse de participation fut brutale et ne pouvait donc à mes yeux être déclenché que par un évènement ponctuel. Ceci alors que les multiples graphiques visibles dans la figure 5.5 reprise ci-dessous démontre que bien d'autres versions linguistiques de Wikipédia ainsi que d'autres projets Wikimédia auront aussi victime d'un déclin souvent moins abrupt mais toujours au cours de la même période[W 27].

Graphique des éditeurs actifs inscrits sur la Wikipédia anglaise au fil du temps.
Fig. 4.5. Graphique illustrant le nombre des éditeurs actifs inscrits sur la Wikipédia anglaise au fil du temps (source : https://w.wiki/34o4).
Capture d'écran de la page d'accueil de Wikiscan un site d'analyse statistique du nombre de contributions effectuée sur les projets Wikipédia dans le temps.
Fig. 4.6. Capture d'écran de la page d'accueil de Wikiscan un site d'analyse statistique du nombre de contributions effectuée sur les projets Wikipédia dans le temps (source : copie d'écran de la page http://wikiscan.org le 12/12/2020).

La corrélation dans le temps du déclin de participation au sein des projets Wikimédia et de l'apparition des bannières de récoltes de dons annuelles, me suscita un jour la question de savoir s’il n'existerait pas une corrélation entre ces deux évènements.[W 28]. Cette idée fut retenue comme hypothèse de recherche lors d'un sommet organisé à Stockholm le 19 août 2019[W 29] par l'organisme de recherche The Citizens and Technology (CAT) Lab[W 30] mais ne fut jamais développée au sein du mouvement. Elle repose en outre sur une étude qui semble la corroborer, et dans laquelle on découvre les résultats d'une enquête canadienne réalisée précisément en 2007 pour répondre, tout aussi précisément, à des questions liées au « don en temps » comparé au « don en argent ». En parcourant cette étude on y découvre en effet qu' « une probabilité relativement élevée (0.354) est observée pour que la personne de référence soit un donateur mais pas un bénévole »[B 7].

Il existe ensuite un troisième indicateur en faveur de l'hypothèse d'une corrélation entre l'apparition des demandes de dons au sein des projets et la baisse de participation. Celui-ci se trouve dans le contenu de la première bannière francophone de récoltes de fond qui reprenait le texte suivant : « Participez à la libre-diffusion de la connaissance en faisant un don à Wikipédia ! »[W 31]. De manière implicite donc, ce texte offrait la possibilité inexistante au par avant, d'échanger sa participation en écriture au sein des projets par une participation financière. Une traduction littérale du message diffusé en anglais repris ci-dessous[W 9] confirme que le message était similaire en anglais : « Vous pouvez faire le don de connaissance en donnant à la fondation Wikimédia ».

Par la suite, et dans le courant de l'année 2015, une étude statistique se pencha plus précisément sur la date d'arrivée et de départ des éditeurs actifs au sein des projets[W 32]. Celle-ci aura produit différent graphiques[N 4] qui permettent alors de constater que le déclin de participation du début 2007 concerna essentiellement les nouveaux arrivants et que cela aura donc favorisé l'apparition de noyaux durs d'anciens contributeurs aux seins des projets.

Graphique illustrant le pourcentage d'éditeurs actifs dans les mois qui ont suivi leur arrivée.
Fig. 4.7. Graphique illustrant le pourcentage d'éditeurs actifs sur Wikipédia en anglais dans les mois qui ont suivi leur arrivée. La ligne diagonale indique la date d'arrivée d'un groupe d'éditeurs, les premiers arrivés se trouvant dans le coin supérieur gauche. Le prolongement horizontal indique le taux d'édition de chaque groupe. (source : https://w.wiki/34o5)

Avant cette étude statistique de 2015, la fondation Wikimedia inquiétée par ce phénomène de déclin avait déjà ordonné en 2013 une précédente étude[B 8] qui se concentra uniquement sur le site Wikipédia en anglais.dont le but était de définir les causes du phénomène de déclin combiné à la baisse de rétention des nouveaux contributeurs qui furent illustrées à l'époque par différentes représentations graphiques telles que celles affichées ci-dessous qui auront grandement inquiété la directrice de la fondation Lila Tretikov à une époque où il était question de sauver Wikipédia[B 9].

Fig. 4.8. Taux de rétention vs. éditeurs actifs sur le projet Wikipédia en anglais de 2004 à 2009 * Les éditeurs actifs (en bleu) correspondent au nombre de comptes d'utilisateurs effectuant au moins 5 modifications au cours du mois * Le taux de rétention (rouge) fait référence au pourcentage d'éditeurs qui ont effectué leur première édition au cours du mois spécifié et qui ont également effectué des éditions 12 mois plus tard. (source :https://w.wiki/$fE)
Taux de rétention après une année et nombre d'éditeurs actifs sur la Wikipédia en français
Fig 4.9. Taux de rétention après une année et nombre d'éditeurs actifs sur la Wikipédia en français (source :https://w.wiki/$fF).

Les conclusions de cette étude publiée en furent les suivantes[B 8][N 5] :

  • Cette baisse représente un changement dans le taux de rétention des nouveaux arrivants désirables et de bonne foi.
    • La proportion de nouveaux arrivants de bonne foi qui rejoignent Wikipédia n'a pas changé depuis 2006.
    • Ces nouveaux arrivants de bonne foi sont plus susceptibles de voir leur travail rejeté.
    • Ce rejet permet de prédire la baisse de rétention observée.
  • Les outils semi-autonomes (comme en:WP:HUGGLE) sont partiellement en cause.
    • Il est de plus en plus probable que les outils de retour en arrière fassent revenir le travail des nouveaux arrivants de bonne foi.
    • Ces réversions automatisées exacerbent les effets négatifs du rejet sur la rétention.
    • Les utilisateurs de Huggle ont tendance à ne pas s'engager dans les meilleures pratiques pour discuter des retours.
  • Les nouveaux utilisateurs sont écartés de l'articulation des politiques.
    • Le processus formalisé d'approbation des nouvelles politiques et des changements de politiques garantit que les changements des nouveaux venus ne survivent pas.
    • Les nouveaux venus et les autres éditeurs se dirigent de plus en plus vers des espaces moins formels.[W 33][N 6]

Sans parler de l'arrivée des messages des récoltes de fonds et de leur probable influence négative, cette étude a donc pour mérite de mettre en évidence, au niveau de l'encyclopédie anglophone pour le moins, la particularité multifactorielle dès l'origine du déclin de participation. On y tient compte en effet de l'arrivée de nouveaux sites éditoriaux et d'expression publique (espaces moins formels) tel que Facebook et Tweeter qui monopoliseront progressivement les activités d'écriture et de partage offertes par l'espace Web, alors que des changements de la politique éditorial au sein du projet combinés avec l'arrivée de programmes automatiques de maintenance auront très probablement renforcé la motivation des utilisateurs du Web frustrer lors d'une première expérience de se diriger vers les réseaux sociaux qui contrairement à Wikipédia sont conçus pour être le plus conviviales possible afin d'accroitre leurs nombres d'utilisateurs dans le but d'accroitre au maximum le profit commercial qui en découle.

La question du déclin de participation fut donc abordée tardivement au sein du mouvement et traité par la fondation seulement 5 ans après l'apparition du phénomène. Au niveau du grand public sa révélation fut faite par Jimmy Wales lors de la 7ᵉ rencontre Wikimania de 2011[W 34] et cela ne fut ensuite que deux ans plus tard seulement, en 2013, qu'une première publication scientifique traita du sujet. En plus du déclin, ce texte dénonçait aussi de nombreux autres problèmes observé au sein du projet tel qu'une importante disparité de genre avec une communauté à 90 % masculine, mais aussi « une bureaucratie écrasante et une atmosphère souvent abrasive qui dissuade les nouveaux arrivants »[B 10][N 7].

Ces années furent certainement une époque réjouissante pour les détracteurs de l'encyclopédie libre, mais sur un ton mitigé toute fois, car la baisse de participation puis sa stabilisation du nombre d'éditeurs n'aura pas empêché les projets de maintenir un taux de production régulier au niveau de la publication de nouveaux articles tel que l'on peut l'observer au sein de l'encyclopédie en français dans le graphique repris ci-dessous.

Utilisateurs actifs et nouveaux articles par mois sur Wikipédia en français
Fig. 4.10. Utilisateurs actifs et nouveaux articles par mois sur Wikipédia en français (source :https://w.wiki/$f9)

Dans d'autres versions linguistiques de Wikipédia et comme l'indique le graphique suivant, des systèmes de création de contenu automatisés auront ensuite contribué à de spectaculaires croissances de contenu comme cela fut le cas dans le projet Wikipédia Suédois suite à l'arrivée du programme Lsjbot. Selon son auteur, Sverker Johansson, ce programme est en effet capable de produire 10 000 articles par jour afin dit-il, de lutter contre les biais de représentativités linguistique, géographique et de genre[W 35].

Graphique illustrant la croissance régulière du nombre d'articles pour les plus importantes versions linguistiques du projet Wikipédia.
Fig. 4.11. Graphique illustrant la croissance du nombre d'articles pour les plus importantes versions linguistiques du projet Wikipédia (source : https://w.wiki/34o6)

Cette régulière croissance de publication des connaissances humaines, gratuites exemptes de publicité eu bien entendu des répercussions majeures au sein du monde de l'édition. L'arrivée de l'encyclopédie Wikipédia et par la suite des autres projets Wikimédia furent sans conteste des évènements importants dans l'histoire plus ancienne encore de l'édition numérique. Car il est vrai que si Wikipédia à 20 de nos jours, ce fut déjà 30 ans avant son apparition qu'apparurent déjà les premiers livres numériques[W 36] et le projet Gutengerg qui collecte et distribue gratuitement aujourd'hui plus de 65 000 livres numériques issus du domaine public[W 37].

L'incidence des projets Wikimédia sur le marché de l'édition[modifier | modifier le wikicode]

À partir de 2005, les projets Wikipédia ne cessèrent de gagner en réputation. Cela commenca tout d'abord par une étude publiée dans la revue scientifique Nature qui affirmait qu'en moyenne et pour chacun des 42 articles de thématiques scientifiques repris par l'étude[B 11], « Wikipédia contenait environ quatre inexactitudes ; Britannica, environ trois » [B 12],[N 8]. La réaction de l'Encyclopædia Britannica à l'égard de cette étude fut très vive et mit ainsi clairement en évidence la concurrence économique que représentait l'arrivée de Wikipédia dans le secteur des encyclopédies. Par la suite et notament grâce à l'arrivée de processus de labellisations inspirés de ce que faisait déjà sur Wikipédia en anglais fin 2005[W 38] au niveau des articles de qualités et début 2006[W 39] pour les bons articles, la fiabilité de l'encyclopédie libre ne fit qu'aurgmenter pour finalement apparaitre 15 ans tel « un acteur incontournable de la médiation de connaissances »[W 40].

Graphique illustrant l'augmentation des articles de haute qualité sur le projet Wikipédia en anglais et en allemand
Fig. 4.12. Graphique illustrant l'augmentation des bons articles sur le projet Wikipédia en anglais (vert), allemand (rouge), et des articles de haute qualité en anglais (jaune) et en allemand (bleue) (source : https://w.wiki/34oC)

Dès 2008, la concurrence apportée par Wikipédia faisait déjà naître des inquiétudes chez des personnes tel que Pierre Assouline qui se demandait si « les encyclopédies vont-elles mourir ? »[B 13]. Au niveau des encyclopédies papier, la réponse à cette question fut oui, mais la raison principale n'en fut probablement pas l’arrivée de Wikipédia mais plutôt le développement de la micro-informatique. L'accès à l'information rapide et surtout très peu encombrant offert par les ordinateurs portables, tablettes, smartphones, remis en question l'utilité pratique de posséder chez soi des étagères remplies de tomes encyclopédiques[W 41]. Et cette informations aurait très bien pu être consultée au départ des sites Web développés par les maisons d'édition traditionnel si Wikipédia n'avait pas surplombé le marché des encyclopédies en ligne. Parmi les premiers faits notoires engendré par cette concurence figure certainement la fermeture de l'encyclopédie Encarta de Microsoft le 31 octobre 2009[W 42] à une époque où Wikipédia drainait 97 % des visites sur Internet parmi les cinq premiers sites de référence[W 43].

Viendra ensuite la fermeture en mai 2012 de l'encyclopédie Knol lancée en 2007 par Google, un deuxième géant du domaine informatique, mais abandonné suite à ce qui fut considéré comme un échec commercial[W 44]. Dans l'ombre de Wikipédia, ne persistent ainsi que quelques rares sites d'encyclopédies généralistes qui tentent la plupart du temps de se démarquer par l'expertise des auteurs ou la présence d'examinateurs. Les deux exemples les plus connus sont écrits en anglais avec d'un côté, le projet Citizendium lancé par Larry Sanger et de l'autre, le projet Scholarpedia tout deux lancé en 2006. Mais en date du 13 décembre 2020, le premier projet ne comprenait 76 090 articles[W 45], le deuxième en n'avait que 1812[W 46], alors qu'à cette même période, Wikipédia propose plusieurs millions d'articles répartis dans plusieurs versions linguistiques[W 4].

Au niveau francophone, il fut aussi un temps où un comité d'experts groupé autour d'une encyclopédie canadienne intitulée :Encyclopédie de l'Agora se réjouissait d'être « toujours les premiers dans Google »[W 47]. Fondée en 1998 par le philosophe Jacques Dufresne, cette encyclopédie perdit pourtant rapidement son privilège suite à l'apparition de Wikipédia. Ce fut au regret de son fondateur qui, sans aucune forme de rancœur selon lui, verra dans cet évènement une forme de « domination culturelle »[W 48] et de « soft power » [W 49]. Plus tard et toujours au niveau francophone, surviendra en 2015, le sauvetage in extrémise de la célèbre Encyclopædia Universalis menacée par un redressement judiciaire[W 50].

Si les encyclopédies généralistes ont toutes souffert de l'arrivée de Wikipédia, d'autres encyclopédies thématiques spécialisées poursuivent quant à elles leurs développements. Parmi les plus connues trouvées au sein d'une liste de plus de 80 encyclopédies en ligne disponible sur Wikipédia[W 51], je me limiterai ici à citer le projet MusicBrainz, une base de données musicale collaborative et universelle, Ékopédia, une encyclopédie dédiée à l'écologie au quotidien et trois autres projets issues du milieu universitaire cette fois, que sont la The Stanford Encyclopedia of Philosophy, l'Encyclopédie de la Vie et Anthropen un dictionnaire spécialisé dans le domaine de l'anthropologie.

Bien évidement, la concurrence économique apportée par les projets Wikimédiane ne se limite pas à l'arrivée de Wikipédia. Le projet Wikiquote par exemple, un receuil de citations, fut en 2005 inquiété par une plainte adressée à Wikimédia France et relayée sur Meta-Wiki qui accusait le projet de récupérer de manière illicite le contenu d'une base de donnée protégée par un droit d'auteur[W 52]. À la suite de cette plainte, l'idée de clôture du projet ne fut finalement pas retenue, mais un redémarrage complet fut nécessaire pour mettre en place une politique de traçabilité des citations plus exigeante[W 53].

Comme autre exemple dans le secteur des dictionnaires cette fois, il y eu aussi l'arrivée Wiktionnaire qui apparait aujourd'hui comme l'une des principaux projet au sein des produits de niche du Web que sont les disctionnaires en ligne[B 14]. En juillet 2015, ce projet fut lui aussi inquiété par une plainte en provenence de l'entreprise 3M et adressée par courriel à l'un de ses administrateurs du site. Elle concernait la présence des noms de marque post-it et scotch au sein du dictionnaire libre. La réclamation non officielle fut toute fois laissée sans suite vu que les termes étaient repris dans le langage courant et qu'ils trouvaient donc tout naturellement leurs places au sein d'un dictionnaire. Dans un réflexe typiquement conservateur, l'entreprise n'avait donc pas compris que la présence de ses marques de produit dans un dictionnaire, était à la fois une preuve de réussite commerciale et une publicité gratuite.

Le projet Wikimedia commons à son tour, fut aussi marqué par une affaire économique d'importance en 2011. Celle-ci prit naissance suite au téléchargement sur le site d'autoportraits produits par des macaques nègres avec le matériel photographique de David Slater, un photographe animalier. Alexandre Hocquet décrit en détail cette histoire dans l'une des vidéos produites au sein d'un projet dédié à enseigner Wikipédia par les anecdotes[V 1]. On y découvre que les demandes de suppression des clichés et du paiement de droit d'auteur du photographe furent refusées par la fondation Wikimédia. Celle-ci rejoighit en effet l'avis de sa communauté de contributeurs validée plus tard par le bureau américain du droit d'auteur[W 54] selon laquelle les œuvres produites par des êtres non humains et donc non reconnus comme personnes physique ou morales, ne peuvent faire l'objet d'un droit d'auteur.

Vidéo 4.13. Vidéo : Enseigner Wikipédia par les anecdotes :Le Selfie du Macaque (source : https://w.wiki/34oD)[V 2]

Heureusement, l'économie n'est pas seulement faite de conflit et de compétition. En 2019 par exemple, le Wiktionnaire en français qui est le deuxième projet francophone le plus actif après Wikipédia[W 4], sa communauté d'éditeurs, l'association Wikimédia France et les éditions Garnier, s'associèrent tous ensemble pour produit le Dico, un dictionnaire broché qui reprendra les définitions des 40 000 mots de la langue française les plus recherchés en 2018 selon des statistiques produites au départ de 11 millions de recherches faite au sein du Wiktionnaire[W 55]. La publication du Dico faut ainsi une belle occasion de démontrer que le mouvement Wikimédia est capable de collaborer avec d'autres acteurs économiques, sans but lucratif, mais aussi commerciaux, sans que cela ne pose problème ni aux communautés ni à la fondation et associations affiliées au mouvement. Car de fait, tout ceci ne représente en fin de compte que de petites aides techniques ou financiers face à la très grande indépendance financière de la fondation Wikimédia dont la réserve budgétaire en 2020 dépassait déjà les 166 million de dollars[B 15].

Le financement du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Avant de s'intéresser aux finances du mouvement, il est intéressant de savoir qu'en mai 2003 et donc avant même la création de fondation Wikimedia, les projets Wikipédia en anglais, en français, en chinois et en Japonais, avaient mis en place une WikiMoney gérée au sein de WikiBanques. Le principe reposait sur une sorte de crédit mutuel basé sur une devise virtuelle frappée du sigle ψ et comptabilisé entre les éditeurs désireux d'en faire usage pour motiver d'autres utilisateurs à contribuer sur certaines pages. Mais alors que le projet tombait déjà en désuettude dans l'encyclopédie anglophone dès septembre 2004[W 56], il disparut ensuite en février 2007 au niveau du projet francophone après une période d'inactivité de huit mois[W 57] et quelques mois plus tard au niveau du Wikiversité[W 58]. Il est d'ailleurs amusant de savoir à ce sujet qu'au niveau de la communauté francophone, cette disparition fut en partie provoquée par la présence d'un groupe d'une centaine d'éditeurs opposés à la WikiMonnaie de manière et rassemblés sous l'appellation des « WikiSchtroumpfs ». De manière humouristique, leur activisme était en effet basé sur l'album Le Schtroumpf financier qui témoigne des conséquences désastreuses que peuvent avoir l'arrivée de l'argent dans une communauté qui avait toujours vécu sans[W 59].

Bien sûr et comme cela a déjà été vu, si l'usage d'une monaie n'aura finalement pas eu de succès au sein des projets éditoriaux, cela n'aura évidement pas empèché d'autres espaces web hébergés par le mouvement de parler ouvertement d'argent. Il y a tout d'abord le site de la fondation où l'on trouve des rapports financiers, ensuite le site Meta Wiki ou l'on discute des projets de subvention, le site wikimediaendowment.org dont on parlera prochainement et enfin sur la page donate.wikimedia.org qui sert d'espace d'accueil pour les personnes qui décident d'offrir un soutien financier au mouvement.

Cette page qui est accessible au départ d'un hyperlien présent dans la collone de gauche de tous les projets éditoriaux Wikimédia et qui est aussi proposé lors des campagnes anuelles de récolte de fonds, fit l'objet d'un premier archivage au sein d'Internet archive le 22 septembre 2004 pour sa version en français[W 60] et le 29 septembre pour la version en anglais[W 61]. Dans cette ancienne version on observe par exemple que tous les projets du mouvement y étaient cités, alors qu'une version plus actuelle de 2021 ne parle plus que du projet Wikipédia uniquement.

En comparant ensuite la page en français[W 62] et en anglais[W 63] de 2021, on s’aperçoit aussi que le texte présenté sur la page n'est pas un simple traduction et que celui écrit en anglais est nettement plus direct et culpabilisant que le texte en français, qui pour sa part est très proche de la version portugaise[W 64]. Dans chaque version linguistique apparait ensuite un texte explicatif sur l'utilisation des dons cette fois très semblable d'une version linguistique à l'autre. On y apprend tout d'abord que les dons servent à payer les frais d'infrastructure et ensuite qu'il servent aussi à rénumérer un certain nombre d'employés dont le nombres divergent d'une version linguistique à l'autre, tout en restant obsolètes au niveau des trois langues observées.

Toutes ces observations mettent ainsi en évidence une volonté d'efficacité dans cette récolte de fonds qui repose sur de nombreux tests pouvant aller jusqu'à des changements de typographie[W 65]. Tout ce travail est réalisé au niveau de la fondation par une équipe qui rassemblait en 2020, 31 salariés pour objectif principal est d'assurer une augmentation constante des recettes[W 66]. Grâce aux rapports annuels produit par cette équipe depuis 2014[W 67], on peut découvrir par exemple que depuis 2015, le montant moyen des dons se sera stabilisé autour de 15 USD comme cela s'illustre sur le tableau ci-dessous.

Taille moyenne des dons au mouvement Wikimédia pour les années fiscales allant de 2012 à 2020
Fig. 4.14. Taille moyenne des dons au mouvement Wikimédia pour les années fiscales allant de 2012 à 2020 (source : https://w.wiki/34oF)

Toujours au départ des rapports produit par l'équipe chargé de la récolte des dons, il ensuite possible de constituer un le tableau qui permet de constater une relative stabilité entre les collectes la proportion des dons reçus suite à un transfère d'une association locale, une visite des projets éditoriaux au départ d'un ordinateurs de bureaux, d'un appareil mobile, d'un courriel reçu, d'une dommicialisation banquaire, ou encore de grands donnataires. La seule évolution notoire s'observe au niveau des dons récoltés au départ des projets éditoriaux, où l'on voit une diminution de ceux offerts au départ d'un ordinateur de bureau compensée toute foi de manière proportionnel par l'accroissement de ceux fait au départ d'appareils mobiles et par domiciliations bancaires.

Tab. 4.2. Évolution des dons en US Dollars à Wikimédia selon leurs origines et par années
Années 2014/15[W 68] 2015/16[W 69] 2016/17[W 70] 2017/18[W 71] 2018/19[W 72] 2019/20[W 73]
Bureaux 35 900 000 28 800 000 29 200 000 26 885 173 24 812 000 23 566 298
Courriels 8 300 000 16 900 000 23 500 000 24 465 793 29 224 326 30 774 715
Mobiles 7 600 000 6 300 000 8 200 000 13 562 575 19 194 528 21 942 428
Grands dons 10 700 000 9 500 000 10 200 000 11 595 033 14 130 163 14 879 276
Chapitres 6 600 000 6 600 000 8 200 000 11 238 929 9 454 198 10 186 345
Domiciliations 4 400 000 5 200 000 5 524 673 8 599 002 12 684 393
Autres 6 200 000 4 700 000 6 500 000 5 524 673 7 575 655 10 097 593
Totaux 75 300 000 77 200 000 91 000 000 98 796 849 112 989 872 124 131 048
Tab. 4.3. Évolution des dons à Wikimédia en pourcentage, selon leurs origines et par années
Années 2014/15 2015/16 2016/17 2017/18 2018/19 2019/20
Ordinateurs 48 % 37 % 32 % 27 % 22 % 19 %
Courriels 11 % 22 % 26 % 24 % 26 % 25 %
Mobiles 10 % 8 % 9 % 14 % 17 % 18 %
Grands dons 14 % 12 % 11 % 11 % 12 % 12 %
Chapitres 9 % 9 % 9 % 12 % 8 % 8 %
Virements 6 % 6 % 7 % 8 % 10 %
Autres 8 % 6 % 7 % 5 % 7 % 8 %
Graphique issu du rapport d'activité de l'association Wikimédia France illustrant la répartition des dépenses pour l'année 2011
Fig. x.x. Graphique issu du rapport d'activité de l'association Wikimédia France illustrant la répartition des dépenses pour l'année 2011 (source : https://w.wiki/3aV5)

Il est donc important de savoir que la fondation Wikimédia n'est pas la seule entité à récolter des dons au sein des projets Wikimédia. L'association Wikimédia Suisse et Wikimédia Allemagne par exemple sont deux organisations nationales qui ont le privilège de gérer directement les dons offerts par leurs compatriotes lors de ces campagnes[W 74]. C'était aussi le cas de l'association Wikimédia France dont la récolte était passée de 515 000 € en 2010 à 1 048 000 € en 2011 en rassemblant près de 38 000 dons de 25 € de moyenne[W 75]. Cependant, dans le courant de 2012 et après qu'une part importante des dons reçus en 2011 (472 000 €), furent transfèré comme chaque année, à la fondation Wikimédia afin de palier au maintient de l'infrastructure informatique des projet, Wikimédia France décida de rejoindre la situation des autres associations nationales[W 76] qui se financent principalement au travers de demandes de subventions adressées chaque année au comité des fonds de la Fondation[B 16][B 17]. En complément à cette principale source d'argent, s'ajoutent alors d'autres dons récoltés en dehor des projets et avec cet avantage pour la France comme de nombreux autres pays, d'être fiscalement déductibles[W 77][V 3]. Certaines associations locales enfin, telles que Wikimédia Italie[W 78] et Wikimédia Pologne[W 79], bénéficient directement d'un soutien financier de l'état au départ d'un pourcentage des impôts communautaires que les citoyens sont libres d'attribuer à des organismes d'intérêt public.

Tout cet argent est alors investi de manière locale, autonome et de façon très variée selon que l'organisation possède ou non, des employés, des locaux, un ou plusieurs sites web à gérer, etc. Qu'il s'agisse de la fondation (figure 4.15) ou des chapitres tel que celui situé en France[W 80], une partie des dépenses est toujours destinée à des projets collectifs ou individuels propice au bon fonctionnement des projets et à l'amélioration de la participation. Dans le cas de la fondation, ces subventions ont ainsi atteint 20 % des dépenses totale en 2020 alors qu'en 2013-2014 et avec l'aide d'un logiciel d'aide à la prise de décision ces subventions ont été distribuées dans 60 pays du monde et 30 communautés linguistiques ou thématiques[B 18]. Mais comme on le constate encore en 2020-2021[W 81], ce système de financement est toute fois remis en question régulièrement. Car il est vrai que les compétences nécessaires pour constituer les dossiers de demande de financements n'est pas un activité à la portée de tous et que cela favorise bien souvent la redistribution des fonds à des organismes spécialisés et souvent extérieurs au mouvement[B 19]. Ensuite, des délais important entre l'acceptation de la demande et la réception des fonds peuvent parfois apparaitrent, ce qui alors complique d'autant plus le lancement d'un projet pour peu que l'on ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour palier à cette attente[N 9].

Analyse économique du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Tout en étant peu sensible aux intimidations faites par d'autres acteurs économiques (selfie du macaque, plainte à l'encontre de Wikiquote, Wiktionnaire), la communauté des éditeurs Wikimédia se sera donc toujours opposée à toute forme de publicité au sein de leurs projets (Virgine Unite), ou sur les lieux de retransmission (Orange). Ces communautés furent ensuite réfractaires ou dans tout les cas peu motivées au développement d'une monnaie virtuelle au sein de leur activités (Wikistroumpfs). Face à ce dédain envers les pratiques économique marchandes et commerciales, qui pourtant façonnent quotidiennement la vie hors ligne de ces acteurs, il peut alors apparaitre paradoxale que des partenariats entre le mouvement et des firmes commerciales aient pu voir le jour. Et il est peut-être plus étonnante encore de savoir que la licence libre CC.BY.SA appliquée sur l'ensemble des informations contenues au sein des projets éditoriaux en autorise l'utilisation commerciale[N 10].

Cette vision paradoxale des choses disparait cependant dès que l'on tient compte de la clause de partage à l'identique abrégée SA pour Share Alike contenue dans les termes de la licence CC.BY.SA. Cette clause indique en effet que les contenus en provenance des projets Wikimédia ne peuvent être utiliser qu'à partir du moment ou les produits dérivés de cette utilisation, qu'elle soit commerciale ou non, restent sous licence CC.BY.SA. Suite à un partenariat établit avec la fondation, des contenu récupérer sur Wikipédia sont par exemple publiés au format papier par la firme PediaPress[W 82], mais à conditions seulement de (1) maintenir le contenu des pages imprimées libres d'usages et de reproductions (clause CC), (2) de créditer les auteurs (clause BY), et de publier le tout sous la licence originale (clause SA). Il en découle donc que si la licence CC.BY.SA permet la commercialisation de nouveaux support médiatique pour le contenu des projets Wikimiédia, elle n'en autorise pas pour autant la commercialisation les informations qui en aucun cas ne pourront être placé sous copyright ou tout autre droit d'auteur incompatible avec la licence CC.BY.SA.

Dans ces conditions, les partenariats avec des firmes commerciales et la récupération du contenu Wikimédia sur des support commerciaux tel que des manuels scolaire par exemple, n'empêche donc pas de maintenir le travail des éditeurs bénévoles à l'écart du système marchand, ni le mouvement de rester fidèle à sa mission de libre partage de l'information. Percevoir les subtilités de licence CC.BY.SA, permet donc de comprendre comment l'encyclopédie Wikipédia et potentiellement d'autres projets Wikimédia tel que le Wiktionnaire, en sont venus à bouleverser les secteurs économiques dans lesquels ils se sont inscrits, tout en empêchant par la suite le développement d'une concurrence, quand bien même soit-elle financée par un acteur aussi puissant que Google. Il est donc possible de conclure cette première analyse en disant que clause de partage à l'identique share alikie appelée aussi copyleft par opposition à notion de copyright contre laquelle elle s'oppose par un subtil transfère des droits d'exploitation à la communauté d'utilisateurs, est en fin de compte la clé de voûte d'un système révolutionnaires garantissant la pérennité du libre partage de l'information parmi les êtres humains.

Une deuxième analyse économique du mouvement peut ensuite partir du fait que les projets Wikimédia firent preuve d'une grande capacité de résilience à partir de 2007, suite à une importante baisse de rétention des nouveaux contributeurs. Cette capacité d'adaptation fut d'autant plus remarquable que cette chute de participation fut brutale et tardivement prise en compte par la fondation Wikimédia. C'est en effet à partir de 2015 seulement que de multiples explications à de ce déclin, mais sans jamais établir une relation concomitante pourtant évidente entre l'arrivée des récoltes de dons au sein des projets et la baisse de participation. Et il est tout à fait surprenant du reste, de constater qu'en 2021, la fondation Wikimédia n'engage que deux personnes au sein de l'équipe Community Résilience and Sustainability pour travailler sur le maintien et de la résilience de la communauté, alors que plus de 7 % de son personnel, soit 32 personnes, techniciens non compris[N 11], s'activent autour de la récolte des fonds[W 83].

Cette nouvelle observation pourrait alors expliquer pourquoi depuis 2007, les budgets récoltés chaque année par la fondation ne font qu’augmenter d'une manière impressionnante (figure 4.16), alors que suite à des chutes de participation parfois importantes (cfr. figure 4.6), les populations de contributeurs bénévoles au sein des projets, ne font que se maintenir la plupart du temps[W 84], ou même continuer à décroître comme c'est spécifiquement le cas dans le groupe des administrateurs bénévoles du projet Wikipédia en anglais depuis 2010.

Graphique illustrant les recettes, les dépenses et l'actif net ou capitaux propres (argent de réserve) à chaque fin l'année, de la fondation Wikimédia.
Fig. 4.16. Graphique illustrant les recettes, les dépenses et l'actif net ou capitaux propres (argent de réserve) à chaque fin l'année, de la fondation Wikimédia (source :https://w.wiki/3Xo4).
Évolution annuelle du nombre d'administrateurs sur le projet Wikipédia en anglais.
Fig. 4.. Évolution annuelle du nombre d'administrateurs sur le projet Wikipédia en anglais (source:https://w.wiki/3XoA)

Grâce à un nouveau graphique statistique produit ci-dessous, on peut ensuite observer que depuis 2015 et suite à une augmentation constante, les salaires représentent près de 50% des dépenses totales annuelles de la fondation Wikimedia et que ce pourcentage pourrait s’accroître à 75 %, si on y ajoute les frais de fonctionnement, de voyage et les services en nature. Comparé à ceci et toujours selon ce même graphique, le pourcentage des frais d'hébergement Internet par rapport au total des dépense n'a jamais cessé de chuté pour passer de 30% environ en 2006, à près de 2% seulement en 2020, alors que les frais liés au traitement des dons sont pour leur part resté proche de 5 % des dépenses totales depuis 2015[N 12]. Depuis 2014 et comme il était déjà possible de le voir dans la figure 4.15, un ratio relativement stable variant de 3,03 % à 4,63 % se sera d'ailleurs installé entre le coût des campagnes et le total des dons récoltés[W 85].

Évolution des dépenses de la fondation Wikimédia par rubriques et en pourcentage de ses dépenses totales
Fig, 4.15. Évolution des dépenses de la fondation Wikimédia par rubriques et en pourcentage de ses dépenses totales (source :https://w.wiki/3Y4h).

De telles analyses ont donc de quoi susciter certaines inquiétudes comme celles exprimée par Guy Macon, un contributeur actif depuis 2005 sur le projet Wikipédia anglophone qui publia en 2017 dans le journal The Signpost édité au cœur même du projet Wikipédia en anglais, un billet intitulé Wikipedia has cancer (Wikipédia a le cancer)[B 20]. Sans reprendre ici toutes les critiques portés à la fondation que ce texte contient, cette métaphore souleva dans tous les cas des inquiétudes quand à la capacité de la fondation de subvenir financièrement à son développement exponentielle, pour suggérer ensuite la création d'un fonds d'investissement pour palier à ce risque. Katherine Maher, directrice de la fondation à cette époque fut toute fois rassurante sur ce point en signalant qu'un fond de dotation Wikimedia (Wikimedia Endowment)[W 86] existait déjà depuis 2016 avec le but d'atteindre 100 millions de dollars américain en 2026, alors que le 2 janvier 2021, il atteignait déjà les 90 millions de dollars US[W 87].

Si l'on ajoute à cette somme l'actif net de la fondation de 180 millions de dollars, cela constitue donc un matelas financier de 280 millions de dollars, soit de quoi couvrir les frais actuels de la fondation pour une période d'au moins deux ans. Une telle aisance financière face au contenu parfois alarmant des appels aux dons annuels n'aura évidement pas manqué de susciter des commentaires dans la presse anglophone d'une part, avec de nombreux articles recensés dans une version mise à jour de l'article de Guy Macon[W 88], mais aussi dans la presse francophone comme en témoigne encore ce récent article de l'Express qui souligne que les quatre plus gros salaires annuels de la fondation dépasse les 1.2 millions de dollars et que le salaire de Katherine Maher directrice de la fondation jusqu'en avril 2021 était de 374 milles dollars US, hors compensation[B 21]. Une information confirmée par ailleurs par le formulaire Return of Organization Exempt From Income Tax de 2018 publié sur le site la fondation dans lequel on retrouve de nombreux détails au sujet des finances tel que le montant de 19.502 dollars US comme revenus de compensation pour la directrice et de 37.009 pour celui du trésorier dont le salaire annuel est de 275.495 dollars US, l'existance 64 millions de titres boursiers et des dépenses externes de 621.481 dollars US en service juridique, 533 990 en stratégie de marque, 363 489 en relation publique, 290 748 en service de collecte de fonds[W 89].

Face à toute ces informations concernant les finances de la fondation, il n'est donc pas étonnant qu'un journal tel que le Washington Post en arrive à s’interroger sur la raison de donner de l'argent à une organisation qui en a déjà « une tonne » tout en remarquant au passage que les messages d'appel aux dons sont abusivement alarmants[W 90]. Les messages d'appel aux dons sont en effet basés sur de recherches pointues réalisées par une impressionnante équipe d'employés déjà présentée qui sous l'influence de partenaire externes au mouvement auront donc choisi de mettre en scène Jimmy Wales au sein d'une lettre qu'il signe en tant que fondateur de Wikipédia après avoir demander de protéger et de préserver l'encyclopédie. À côté de ce message figure ensuite, des informations sur la destinations des dons avec en premier lieu l'infrastructure et en second, le personnel dont l'efficacité se trouve vantée[W 62][N 13].

Circulation des dons offert à Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Personnellement, je n'ai jamais donné d'argent à la fondation Wikimédia, et je ne pense pas que cela m'arrivera un jour en raison du temps que j'y ai déjà consacré. Et puis, comme on vient de le voir, l'argent n'est pas la priorité absolue du mouvement qui a bien plus besoin d'éditeurs que de donateurs. Il m'est par contre arrivé de payer de ma poche la location d'une sale pour organiser un atelier de présentation suivi d'une séance d'édition[W 91] à Charleroi, ainsi que d'en annulé une autre rencontre cinq ans plus tard[W 92], suite au refus d'une demande de financement adressée à la fondation[W 93].

En raison de tout ceci, quand quelqu'un me demande s’il faut « donner de l'argent à Wikipédia » lors des campagnes de récoltes de fonds, je réponds qu'il est bien plus profitable d'offrir de son temps en éditant les projets. Mais tout le monde n'a pas de temps disponible, ou peut-être n'a pas envie de le prendre surtout lorsque l'on est déjà fortement engagé dans une vie professionnelle et familiale. Je peux donc tout à fait comprendre que le don d'argent, d'autant plus qu'il est sollicité chaque année et présenté comme tel, apparaisse comme seule contribution personnelle possible en faveur du mouvement Wikimedia.

Pour y voir plus claire sur l'origine de ces dons, il est possible de consulter les rapports produits par le service fundraising de sa fondation ainsi que les analyses statistiques qui en découlent[W 94]. Grâce à ceux-ci on se rend alors compte que les régions du monde ne participe pas de la même manière aux collectes de dons. Il apparait en effet qu'en 2010, 80 % de ces dons provenait des États Unis (figure 5.8) alors que cette proportion se réduit en 2011 à 60 % (figure 5.9) et même à 45,6 % si l'on observe les choses sur l'ensemble du mouvement et seulement au niveau des dons offerts à la fondation (figure 5.10). À partir de 2013 ensuite, le pourcentage des dons en provenance du continent nord américain s'est stabilisée autour des 60 %, alors que pour le reste du monde et selon cette fois un tableau 5.4 repris ci-dessous et produit au départ des rapports annuels de 2013 à 2020, l'Europe contribue en moyenne à la hauteur de 32 % du total, l'Australie et la Nouvelle-Zélande à 3.5 %, l'Asie à 3.5 %, l'Afrique à 0.2 % et l'Amérique Latine selon un taux beaucoup moins stable, de 0.03 à 1.2 %.

Donation au mouvement Wikimédia par pays en 2011
Fig. 5.8. Donation au mouvement Wikimédia par pays en 2010 (source :https://w.wiki/382w)
Graphique illustrant les donations par pays à l'ensemble des acteurs du mouvement en 2011
Fig. 5.10. Graphique illustrant les donations par pays à l'ensemble des acteurs du mouvement en 2011 (source:https://w.wiki/382y)
Donations à la fondation Wikimédia par pays en 2011
Fig. 5.9. Donations à la fondation Wikimédia par pays en 2011 (source:https://w.wiki/382x)
Tab. 5.3. Dons offerts à la fondation Wikimédia par exercice financier, continents, et en US Dollars
Années 2013/14[W 7] 2014/15[W 4] 2015/16[W 62] 2016/17[W 95] 2017/18[W 60] 2018/19[W 61] 2019/20[W 96]
Afrique 82 000 150 000 148 700 195 157 236 603 236 004 145 880
Amérique du Sud 180 000 50 000 865 700 485 931 712 238 667 970 39 586
Asie 1 500 000 2 700 000 2 600 000 3 600 000 3 600 000 2 900 000 4 600 000
Australie et Nouvelle Zélande 2 000 000 2 700 000 2 700 000 3 100 000 3 000 000 3 900 000 4 400 000
Europe 15 400 400 23 400 400 25 800 000 28 700 000 33 000 000 36 800 000 35 300 000
Amérique du Nord 31 000 000 45 300 000 43 000 000 55 000 000 58 200 000 68 500 000 73 000 000
Total des dons par colonnes 50 162 400 74 300 400 75 114 400 91 081 088 98 748 841 113 003 974 117 485 466
Totaux des dons reçus selon les rapports 52.600.000 75.500.000 77.200.000 91.000.000 100.000.000 112.900.000 124.131.048
Tab 5.4. Pourcentages des dons offert à la fondation Wikimédia par années fiscales, continents et en USD
Années 2013/14 2014/15 2015/16 2016/17 2017/18 2018/19 2019/20 Moyenne
Afrique 0.2 % 0.2 % 0.2 % 0.2 % 0.2 % 0.2 % 0.1 % 0.2 %
Amérique du Sud 0.4 % 0.07 % 1.2 % 0.5 % 0.7 % 0.6 % 0.03 % 0.5 %
Asie 3 % 3.6 % 3.5 % 3.9 % 3.6 % 2.6 % 3.7 % 3.4 %
Australie et Nouvelle Zélande 4 % 3.6 % 3.5 % 3.4 % 3 % 3.5 % 3.5 % 3.5 %
Europe 31 % 31.5 % 34 % 31.5 % 33.4 % 32.6 % 30 % 32 %
Amérique du Nord 62 % 61 % 57 % 60.4 % 60 % 60.7 % 62.1 % 60.5 %

Au départ cette fois des fromulaires 990, il est aussi possible de voir vers quelles destinations géographiques les subventions accordées par la fondation se dirigent.

Tab. 5.5. Répartition des subventions offertes par la fondation selon les régions du monde et en USD[W 89]
Région Employé Programme Organisation Individu Bourse Total Pourcentage
Europe 44 7 421 547 4 266 695 245 315 16 261 11 949 818 71.8 %
Asie de l'est et pacifique 7 586 617 409 135 84 077 8 168 1 087 997 6.5 %
Asie du Sud 9 441 458 486 595 80 299 30 154 1 038 506 6.2 %
Amérique du Nord 4 789 853 204 299 7 227 1 001 379 6 %
Moyen-Orient et Afrique du Nord 2 284 770 295 059 8 547 11 306 599 682 3.6 %
Afrique subsaharienne 5 136 399 118 486 123 907 20 601 399 393 2.4 %
Amérique du Sud 4 121 793 121 797 51 230 4 559 299 379 1.8 %
Russie et états indépendants 2 10 800 234 743 7 808 10 222 263 573 1.6 %
Vidéo 4.1 Clip de Jimmy Wales dans le cadre de la campagne de récolte de fond de 2007.

Suite à ces statistiques, il est permis de voir au travers le mouvement Wikimédia et de sa fondation, reconnue par l'Union européenne en tant qu'ONG[W 97], quelque chose qui serait proche d'une organisation d'aide au développement dans laquelle les pays du Nord apporteraient une aide au pays du sud en couvrant la grande majorité des dépenses du mouvement et donc de la connaissance gratuite qui y est diffusée mais aussi de façon plus substantielle des programmes, projets et bourse dans toutes les régions du monde. En outre, si le mouvement Wikimédia ne s'affiche pas ouvertement aujourd'hui comme organisme d'aide au développement, la vidéo affichée ci-contre et produite dans le cadre de la récolte de dons de 2007, semble pourtant y faire allusion de façon relativement explicite. De plus, en août de cette année, Jimmy Wales n'hésitai quant à lui à exprimer le souhait de faire de Wikimédia « une croix-rouge de l'information »[B 22].

Près de dix an plus tard en 2016, lorsque je me suis vu attribuer le rôle d'intervenant lors d'une rencontre avec Jimmy Wales face aux étudiants de mon université dans le cadre de sa remise du grade de docteur honoris[W 98], j'avais eu l'occasion d'exprimer mes inquiétudes concernant un éventuel « soft power »[B 23] occidental entretenu par le mouvement Wikimédia, similaire à ce qui s'observe déjà au niveau linguistique et culturel[B 24] dans les réseaux sociaux[B 25]. Face à mes craintes, le cofondateur de la célèbre encyclopédie me répondit alors qu'il s’agissait aussi d'un « soft gift » ou d'un « amazing gift for humanity » comme il le dira plus tard durant la cérémonie officielle[V 4]. Un «  incroyable cadeau » dont les pays du Sud ne sont pas seul à profiter, puisque les personnes qui décident d'offrir des dons à la fondation se reconnaissent aussi comme bénificiaires. Sue Gardner, première directrice en date de la fondation, en avait d'ailleurs déjà parfaitement conscience lorsqu'elle disait en 2012 que « les gens se servent de Wikipédia et l'apprécient, ils donnent donc un peu d'argent pour qu'elle continue de se développer »[W 99].

Tableau illustrant les motivations des donateurs au mouvement Wikimédia.
Fig. 5.8. Tableau illustrant les motivations des donateurs au mouvement Wikimédia.

Ce sentiment de gratitude perçue chez les donateurs du mouvement sera ensuite confirmée par des analyses d'une enquête menée aux États-Unis, au Canada, en Australie/Nouvelle-Zélande et en Angleterre publiée par la société Lake Research Partners en février 2015[B 26]. Sur la page 9 du rapport de l'enquête situé ci-contre, on remarque effectivement que ce qui motive les donateurs dans une grande majorité des cas, c'est le fait qu'ils ont un usage fréquent de Wikipédia. Ceci alors qu'en revanche, l'idée d'une quelconque adhésion ou d'un quelconque support à l'idéologie du partage de la connaissance n'apparait que dans moins de 10 % des votes.

Il semblerait donc que l'héritage philosophique en provenance du mouvement des logiciels libres n'aura donc pas atteint les personnes qui sponsorisent le mouvement. Plutôt de perçevoir une philosophie du partage, les donateurs semble plutôt voir dans le projet Wikipédia, un produit offert par le mouvement que l'on pourrait alors considérer comme un don premier si on le situe dans que l'on appel couramment l'économie du don ou encore pour reprendre les termes choisis par Alain Caillé, le « paradigme du don »[B 27]. Sauf que selon ma propre perception des choses, le paradigme du don pose problème dans le cadre du mouvement Wikimédia puisqu'il pervertit en fin de compte la philosophie du libre dont le mouvement Wikimédia aura hérité pour la transposer de manière inappropriée dans un système économique dangereusement proche du système marchand.

Une perversion du partage par un contre-don asymétrique[modifier | modifier le wikicode]

En comparaison à un organisme tel que Médecins Sans Frontières, le financement du mouvement Wikimedia ne repose pas sur une attitude altruiste et désintéressé des donateurs. Lorsque l'on donne de l'argent à MSF, ce n'est effectivement pas parce que l'on a reçu quelque chose préalablement, ni parce que l'on va recevoir quelque chose en retour. Au niveau du mouvement Wikimédia, ce n'est pas pareil puisqu'il apparait clairement que l'argent offert à la fondation est principalement un geste de remerciement envers un accès gratuit et sans publicité à Wikipédia. Au départ d'une telle perspective, il est donc tentant de croire que les premiers donateurs au sein du mouvement seraient donc les contributeurs bénévoles au sein des projets, et qu'ensuite, les personnes qui offrent de l'argent au mouvement seraient alors des seconds donateurs dans une sorte de « paiements et de repaiements, ou plutôt de dons et de contre-dons » comme l'exprimait Marcel Mauss dans son célèbre ouvrage intitulé:Essai sur le don[B 28].

Fig 5.9. Ta

Cependant, il se fait qu'à la lecture de la page 10 du rapport précédemment cité et présentée ci-contre, on découvre que seulement 1 à 4% des donateurs interrogés offrent leur argent pour supporter le travail de la communauté d'éditeurs bénévoles, alors que dans plus de 70 % des cas, l'argent vise à remercier et supporter le projet Wikipédia. L'argent offert au mouvement n'est donc visiblement pas un contre-don en réponse à un premier don offert pas la communauté d'éditeurs bénévoles mais plutôt en remerciement d'un produit offert. D'ailleurs, la communauté de bénévoles est tout à fait invisibilise au sein des projets Wikimédia pour ceux qui ne font que lire les articles produits ce qui explique sans doute que les lecteurs ne pense même pas à les remercier.

Dans ce conditions, le don et de contre-don théoriser par Mauss se voit donc inadapté à l'analyse du mouvement Wikimédia. La première raisons est qu'il n'existe aucun lien entre les éditeurs, supposés donateurs de premier ordre, et les lecteurs qui offrent de l'argent au mouvement. La deuxième raison ensuite est que le supposé premier don libre et désintéressé fait par les contributeurs bénvoles actifs au sein des projets, n'est en fait pas un don, mais bien un partage. Mais un partage qui se voit par la suite transformer en en produit offert par par les diverses actions de marketing de la fondation encore illustrées dans la section précédent, dont le but principal est de tirer les recettes nécessaires au fonctionnement du mouvement au travers des campagnes qui se présentent explicitement sous forme de récoltes de dons[N 14]. Ce processus a donc pour conséquence placer les lecteurs en position de consommateurs des projets Wikimédia pour ensuite les soumettre à une demande de réciprocitéétudiée sur base d'expérimentations[W 100] dans le but de faire payer a posteriori un produit préalablement reçu gratuitement, ou encore de fournir a priori l'argent nécessaire pour pouvoir maintenir ce produit sans publicité.

Grâce à ce raisonnement il est donc plus facile de comprendre le mécanisme de dérives du mouvement présentée en dixième et dernière section du précédent chapitre, qui consiste à adopter insidieusement des pratiques du secteur marchand, qui ont pour conséquences fâcheuses d'éloigner progressivement le mouvement de sa mission première de partage. Car de fait, la vision du mouvement n'est autre que de « partager librement [et non pas de donner ou de vendre] la somme de toutes les connaissances humaines »[W 101] qui commence au sein des projets par un partage d'opinions et de compétences au sein des communautés bénévoles activent au sein des projets. En ce sens, le mouvement Wikimédia ne s'inscrit pas et gagne à ne pas s'inscrire dans le « paradigme du don » mais bien dans celui du «  partage ». Un tout autre paradigme donc que celui dont débat depuis des années la revue Mauss, et dans laquelle apparait pourtant un article d'Étienne Autant qui souligne le fait que l'idée du partage semble plus adaptée pour « comprendre la complexité de nos sociétés modernes, leur évolution, et éclairer ainsi les choix fondamentaux à faire »[B 29] en commençant déjà par comprendre que « Si donner c’est toujours partager, partager ce n’est pas seulement donner. » et que :

Dès lors, au lieu d'opposer les trois grands paradigmes qui s’efforcent de rendre compte de la vie économique et sociale, ne serait-t-il pas préférable de reconnaître qu’ils peuvent se compléter ? Chacun des trois paradigmes n’éclaire vraiment qu’un domaine particulier:l’individualisme, le marché ; le holisme, les interventions de l’État ; le paradigme du don, les relations de personne à personne. Ne serait-t-il pas intéressant, alors, de situer ces trois paradigmes dans le cadre plus vaste de ce qui pourrait devenir un paradigme du partage, puisque le partage est leur point commun ?[B 29]

En tout cas, cette piste de réflexion permet déjà de sortir l'impasse du don agonistique en se tournant cette fois vers les théories d'Alain Testart, et en particulier celles présentée dans la dernière œuvre magistrale qu'il publia de son vivant et qui s'intitule Avant l'histoire, L'évolution des sociétés, de Lascaux à Carnac[W 102]. Tout comme Marcel Mauss, dans cette Testart s'inspire de l'observation des peuples de chasseurs cueilleurs sur base d'études ethnographiques qu'il complètes contrairement à Mauss par des d'autres données en provenance de l'archéologique pour finalement considérer que :

les sociétés néolithiques seraient des sociétés où la propriété de la terre est « usufondée », c’est-à-dire fondée sur l’usage et non sur la considération du fonds – cas de la propriété « fundiaire » –, ce qui n’en fait donc pas un enjeu majeur, voire pas même une source de revenus. L’origine de cette forme de propriété remonterait très probablement au temps des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, de sorte que l’auteur fait se succéder trois grands ensembles, ou « trois mondes »:« un “monde I” [de] sociétés sans richesse et tout au plus propriété usufondée ; “un monde II” [de] sociétés avec richesse et propriété usufondée ; un “monde III” [de] sociétés avec richesse et propriété fundiaire »[B 30]

Après avoir rendu compte de la grande distribution spatial des peuples de chasseurs-cueilleurs et de leur principe coutumier, Testart distingue alors deux types de structures sociales parmi ceux-ci. D'un côté, se trouvent les peuplades de « type A », dont il cite pour seuls représentant contemporains les aborigènes d'Australie, où la conception usufondée des richesses naturelles empêche les chasseurs et les cueilleurs d'être propriétaire des biens qui collecte. Le chasseur n'est en effet ni maitre de la répartition de la viande de son gibier, ni maître dans le choix des bénéficiaires[N 15]. De l'autre, se situent les peuplades de « type B », des chasseurs cueilleurs quand à eux propriétaire de la nourriture qu'ils trouvent et maître de son usage et de son partage. De la pratique des ces peuples de type B, découle alors la pratique don agonistique avec le potlatch au niveau de la forme la plus ostantatoire, ainsi que le desire de poursuivre la recherche de nouvelles techniques qui permettront d'accroître la production de biens matérielle et le prestige que cela apporte au travers de leur dons[B 31]

Appliquée au mouvement Wikimédia, cette différenciation des peuples de chasseurs cueilleurs permet alors de reconnaître au sein des contributeurs bénévole les caractéristiques des communautés de type A, et non celles de type B. De plus, l'adoption par le mouvement Wikimédia des licence libre présentée en cinquième section du chapitre 3, empêche de par leurs nature d'attribuer une quelconque propriété sur ce qui est produit par la communauté d'éditeurs bénévoles au sein de projets Wikimédia, qui tout comme les peuples de type A à nouveau, exprime très peu d'intérêt, voir occasionnellement des résistances, par rapport à l'évolution technique du logiciel MediaWiki qu'ils utilisent. Pendant ce temps, et du côté de la fondation et de ses mécènes, le paradigme du don apparait et même de manière quelque peu agonistique, puisque comme cela a été vu dans la onzième section du précédemment chapitre consacré à la dérive de la mission Wikimédia, le projet Wikipédia apparait comme le projet phare de la fondation profitant d'une promotion disproportionnée et non justifiée par rapport aux autres projets Wikimedia « rivaux ».

Comme on la vu précédemment dans la première section du troisième chapitre consacré au logiciels libre, que ce fut Richard Stallman qui implémenta le paradigme du partage lorsqu'il justifia la démarche du logicile libre en disant que : « si j'apprécie un programme, je dois le partager avec d'autres personne »[W 103]. Cette règle de base sur laquelle repose toujours aujourd'hui, comme nous allons le voir, la motivation des éditeurs Wikimédia débouche donc sur une réciprocité sociale non pas basée sur ce Jacques Godbout décrit comme une « dette mutuelle positive », dans laquelle « les acteurs valorisent le plaisir dans le don »[B 32], mais mais plutôt comme un partage altruiste réciproque[B 33]. Car les contributeurs des projets Wikimédia ne donnent pas, il partagent quelque chose dont ils ne sont pas propriétaire et dont la maîtrise dépend de la communauté toute entière selon des règles sophistiquées qui seront abordées plus tard dans le prochain chapitre.

En résumé, nous voyons donc apparaitre d'un côté, une groupe d'acteurs, les contributeurs, qui œuvrent dans le paradigme du partage en interdisent l'attribution de tout forme de propriété sur la connaissance. Pour ce faire, ils partagent cette connaissance sous format numérique et sous licence libre de tel sorte à ce qu'elle puisse devenir un biens anti-rival par excellence. Ils rendent aussi l'usus de la connaissance reproductible à peu de frais et sans conséquence sur la qualité et la quantité du bien d'origine avant et après partage[N 16]. De l'autre côté, les lecteurs donateurs se voient tenus à l'écart du mouvement et de son idéologie de partage par les dons qu'ils offrent dans un acte que Alain Caillé qualifierait de « péché originel puisqu’il crée cette séparation entre moi et autrui »[B 34].

Grâce à ces explications, nous pouvons donc à présent, mieux comprendre pourquoi les lecteurs qui donnent de l'argent au mouvement Wikimédia, ne rejoigne pas la communauté d'éditeurs. Comme cela a été vu en quatrième, cinquième et dixième section du précédent chapitre, le lancement de la récolte de dons au sein même des projets a en effet démarré peu de temps avant le déclin de la rétention des nouveaux contributeurs. Suite à ces nouvelles explications théoriques, il apparait donc maintenant presque évident qu'en donnant de l'argent au mouvement en gratitude d'un partage originairement inconditionnel, mais transformé en produit marchand par les actions marketing de la fondation, les lecteurs des projets Wikimédia se libérent de l'idée de donner de leurs temps pour développer les projets projets Wikimédia en rejoignant leurs communautés de partage. Une perversion d'un partage originel donc que je baptiserais contre-don asymétrique, puisqu'il n'est ni un don agonistique, ni un don de réciprocité, ni même un don créateur de lien.

Comme conclusion à tout ceci, on peut donc dire que c'est bien la notion de propriété qui distingue le don du partage et la connaissance du produit marchand dans le cadre du mouvement Wikimédia. Et il est ainsi remarquable que cette propriété est tout aussi absente chez les aborigène d'Australie faisant partie des peuples de type A décrit par Alain Testart, que chez les éditeurs bénévole au sein du mouvement Wikimédia. Une telle absence de propriété nous renvoie d'ailleurs vers la notion de communs ou res communis, très en vogue actuellement si l'on en juge du foisonnement littéraire qui tourne autour et qui fut déjà répertorié dans un ouvrage de synthèse intitulé Dictionnaire des biens communs[B 35]. C'est donc dans cette direction que pourra se poursuivre le débat, alors que pour ma part je me limiterai à conclure en disant que toute forme de connaissance, même nouvelle, est, et sera toujours le fruit d'un partage de connaissance antérieures et qu'en ce sens, transformer la connaissance en don en lui attribuant un titre de propriété tel qu'on vient de l'observer au sein du mouvement Wikimédia, n'est rien d'autre qu'un acte pervers d'enclosure d'un bien précieux que chacun est en droit de recevoir et en devoir de partager.

Malheureusement, pour les observateur extérieur au mouvement tel le journal Quartz, ce que l'on retient c'est que la fondation Wikimedia ne s'expose à aucun risque financier et que sa marge d'exploitation très saine pourrait faire honte à ses concurrents[W 104]. Cependant, comparée une organisation sans but lucratif à des firmes commerciales a quelque chose d'interpellant. Cela attire en effet l'attention sur de nombreuses dérives de la mission observées au sein d'organisations caritatives par différents auteurs qui s'accordent pour dire que ces organisations sans but lucratif ressemblent de plus en plus à des firmes privées commerciales.

La dérive de la mission Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Épisode de 2019-2020 qui aura rassemblé la communauté des contributeurs et divers responsables d'associations locales[W 105] pour s’opposer au désir de la fondation de rentabiliser la popularité du nom de marque Wikipédia à des fins de marketing. Organisée sur sur le site Meta-Wiki, un appel à commentaire concernant les mesures de rebranding aura attiré l'attention de milliers de personnes pour rassembler au total plus de 500 signatures opposées au changement de marque contre moins d'une cinquantaine de votes favorables[W 106]. L'ampleur de cette protestation contraindra finalement le conseil d'administration de la fondation à suspendre la procédure de changement d'image de marque[W 107].

Plus récemment encore, est apparue l'idée de créer un nouveau projet interdépartemental appelé Wikimedia Enterprise initialement intitulé Okapi[W 108] dans le but d'offrir des services « autofinancés » (pour ne pas dire payants), aux utilisateurs commerciaux à grande échelle du contenu Wikimedia[W 109]. Motivé par un essai qui se veut rassurant[W 110], sur tout un ensemble de principes[W 111] est aussi accompagné d'une série de questions réponses[W 112], qui permettent d'apprendre que le projet sera en open source, mais hébergé dans un premier temps sur Amazon Web Services (AWS) faute d’alternative. Il bénéficiera d'un nom de domaine en « .com » et sera géré par une société à responsabilité limitée (SARL) déjà créée par la fondation qui permettra de protéger cette dernière en cas de litige tout en restant sous le contrôle de son conseil d'administration. Cette entreprise serait enfin sous juridiction américaine et donc tenue de respecter les lois en vigueurs dans cet état tel que certaines interdictions de fournir ses services à certains pays.

La dérive de la mission est une notion très peu mobilisé au niveau francophone à l’exception peut-être du milieu de la microfinance[W 113]. Ce concept qui peut s'appliquer à tout type d'organisation y compris commerciales[B 36], fut pourtant rendu populaire en milieu anglophone par les travaux de Burton Weisbrod, dont le premier ouvrage à traiter du sujet fut publié en 1998 sous le titre To Profit or Not to Profit: The Commercial Transformation of the Nonprofit Sector[B 37]. Voici un extrait du résumé fait par l'auteur :

Les organisations sans but lucratif ressemblent de plus en plus à des entreprises privées. Cette transformation entraîne un déplacement de la dépendance financière des dons de charité vers une activité de vente commerciale, avec des conséquences peu reconnues. To Profit or Not to Profit est un ensemble coordonné d'études sur les raisons pour lesquelles la collecte de fonds pour les organisations à but non lucratif imite celle des entreprises privées. et quelles en sont les conséquences. Les frais d'utilisation et les revenus provenant d'activités "auxiliaires" - à savoir celles qui ne contribuent pas directement à la mission de l'organisation, à l'exception des bénéfices générés - se multiplient, chacune ayant des effets secondaires importants. Les frais liés aux activités auxiliaires peuvent exclure une partie du groupe cible d'en profiter alors que ces mêmes activités peuvent détourner l'organisme sans but lucratif de sa mission centrale.[B 37][N 17]

Alors que le mouvement Wikimédia semble très peu concerné par la Resource dependence theory[B 38] en raison de la très grande décentralisation des dons qu'il reçoit, il est toute fois intéressant de constater que certaines de ses activités pourraient être qualifiées d' « auxiliaires », selon le terme utilisé par Weisbrod, puisqu'elles s'éloignent de la mission officiel de la fondation reprise au niveau de ses statuts[W 114][N 18] et adopter par le mouvement :

La mission de la Wikimedia Foundation est de donner au monde l’envie et les moyens de rassembler et développer des ressources éducatives, sous licence libre ou dans le domaine public, pour les diffuser dans le monde entier. En collaboration avec un réseau de bénévoles et les organisations autonomes de notre mouvement, dont les chapitres, les organisations thématiques, les groupes d’utilisateurs et les partenaires, la fondation fournit l’infrastructure essentielle et le cadre organisationnel pour soutenir et développer les projets wikis multilingues, ainsi que les autres entreprises qui lui permettent de remplir sa mission. La fondation veille à ce que les informations de ses projets soient disponibles gratuitement sur Internet sans limite de temps[W 115].

Parmi ces activités auxiliaires qui ne contribue pas directement à la mission de la fondation, apparaissent dans une certaines mesures tout un travail autour du marketing (Wikipedia zero, clips publicitaires, tentative de changement de nom de marque) et plus récemment de commercialisation (Wikimedia entreprise), développées au sein de l'organisation par des équipes dont les activités de gestion marketing de la marque ou de politique de produit confirme l'idée de Weisbrod selon laquelle « les organisations sans but lucratif ressemblent de plus en plus à des entreprises privées ». Quant aux « effets secondaires » indésirables produits par ces activités au sein du mouvement. Nous avons vu à quelle point la tentative de changement de nom de marque de la fondation ébranla le mouvement pour finalement disparaitre avec tout le travail qui fut fait en amont.

Comme autre activité « auxiliaires » préjudiciables au mouvement apparait aussi la stratégie de gratuité développée par le projet Wikipedia zero qui a exposé le mouvement à des critiques extérieures concernant la neutralité du net. Il fut aussi décrit précédemment à quel point le travail de récolte des finance qui mobilise une part non négligeable du personnel, focalise l'attention des donateurs sur le projet Wikipédia sans doute pour des questions d'efficacité alors que cela nuit à la visibilité des autres projets Wikimédia qui développe d'autres « ressources éducatives » aussi importante, si pas plus, que celle contenues au sein du projet l'encyclopédique.

Toutes ces activités « auxiliaires » ont en outre pour conséquence de faire grossir la fondation au niveau de son personnel et de ses finances à tel point que certain y voit une forme de Cancer, puisqu’il est vrai que dans l'état actuel des choses, la moitié du personnel de la fondation ne participe pas directement au maintien et à l'amélioration de l'espace numérique dans lequel le éditeurs bénévoles produise les ressources éducatives. Le développement excessif de la fondation en dehors des activités propres à sa mission ne serait il pas effectivement quelque chose d'aussi dangereux qu'un cancer au sein de cette organisme vivant que représente le mouvement Wikimédia ?

Alors que les sources de dérives sont multiples[B 39] et poussent la fondation à adopter des valeurs et pratiques en provenance du secteur commercial[B 37], il est tout à fait intéressant par ailleurs, d'écouter les conclusions de deux chercheurs qui ont produit une étude portant sur deux entreprises sociales italiennes :

Notre étude a souligné l'importance de l'engagement des parties prenantes pour contrebalancer le positionnement stratégique d'une entreprise sociale. Cependant, la dérive de la mission peut délégitimer les entreprises sociales auprès des parties prenantes externes, sapant ainsi leur volonté de collaborer avec l'entreprise. Des recherches supplémentaires pourraient étudier les stratégies adoptées par les entreprises sociales délégitimées pour capter l'attention des parties prenantes externes. Enfin, des recherches supplémentaires pourraient étudier comment les variations culturelles affectent l'efficacité de l'engagement des parties prenantes[B 40][N 19].

Or, la première « partie prenante externes» à la fondation Wikimédia est sans aucun doute la communauté des contributeurs bénévoles actifs sur les projets qui aura réussi à maintenir la publicité à l'écart de ceux-ci, mais qui n'aura pas prit garde aux conséquences que pouvaient avoir les campagnes annuelles de récoltes de dons. Pour reprendre les termes utilisés par les chercheurs, ces récoltes de dons furent ainsi une première dérive qui aura eu pour conséquence de « délégitimer » le mouvement Wikimédia auprès de certains contributeur tel qu'Edgar Enyedy qui se sera vu « saper » sa volonté de participation, au même titre sans doute que les nouveaux contributeurs dont la baisse de rétention s'observe depuis 2007. Suite à l'arrivée de la licence CC.00 et par la suite de l'idée de créer un nouveau projet interdépartemental appelé Wikimedia Entreprise, dans le but d'ouvrir des services « autofinancés », ou autrement dit payant, pour les utilisateurs commerciaux à grande échelle du contenu Wikimedia[W 109], c'est alors carrément un double manquement à sa mission officielle de « veiller à ce que les informations de ses projets soient disponibles gratuitement sur Internet sans limite de temps » dont la fondation fait preuve.

Car en effet, dès lors que l'on retire la clause de partage à l'identique (S.A pour Share Alike) d'une licence créative commons pour déposer les informations des projets Wikimédia dans le domaine publique, c'est alors la garantie de maintenir la gratuité de ces informations ou les produits qui en seront dérivé qui disparait aussi. Dans ces conditions, les grandes entreprises commerciales peuvent accaparer les information Wikimédia pour nourrir leur programme d’Intelligence artificiel et d'assistance vocale sans ne plus devoir citer la source, mais aussi en étant libre d'apposer un droit d'auteur sur les informations dérivées interdisant toute reproduction sauf en cas de paiement bien entendu. Si en plus, la fondation se charge grâce au projets Wikimedia entreprise de facilité la récupération de ces informations au travers un service payant, on en arrive alors carrément à un cas de figure ou la mission de libre partage se voit abandonné au profit de celle d'une commercialisation du travail bénévoles réalisée au sein des projets Wikimédia. Ce qui ne manquera pas de délégitimer la fondation au yeux de contributeur tel que moi dont la volonté de contribuer se verrait définitivement « sapée ».

De nouvelles actions de la communauté face aux dérives de la fondation serait donc nécessaire au maintien du mouvement. Et pour rectifier les erreurs commises, il est tout à fait envisageable de substituer les récoltes de dons au sein des projets par des récoltes de temps de contribution. Au lieu de solliciter les lecteurs pour le prix d'une tasse de café, pourquoi pas en effet le solliciter le temps qu'il faut pour la boire. Cela fait un moment déjà que des choses sont misent en place pour accueillir les nouveaux contributeurs au sein de Wikipédia, il suffirait dès lors de remplacer lors des campagnes, l'hyperlien pointant vers la page de don par un hyper lien pointant vers la page d’accueil des nouveaux. Quand à la licence CC.0, il serait très simple de la substituer par une licence CC.SA qu'il faudrait relancé suite à son abandon par manque d'utilisation.

Le dangereux coktail CC0, Wikimedia Enterprise et intelligeance artificielle[modifier | modifier le wikicode]

C'est avec l'arrivée du projet Wikidata et sa gigantesque banque de données liées entre elles par un système sémantique sponsorisée par Google[réf. nécessaire], que la licence CC0 vit le jours au sein du paradigme de partage Wikimédia. Elle fut aussi par la sute adoptée au niveau du site Wikimedia commons à partire de telle date[réf. nécessaire] pour tout ce qui concerne la description des fichiers hébergés de manière centralisée sur cette plateforme.

Cette licence fut initialement conçue pour les personnes qui souhaitent renoncer définitivement et dans les limites de ce qu'autorise les lois nationnales, à leurs droits d'auteur en plaçant le fruit de leur travail dans le domaine public. Par rapport à la licence CC.BY.SA, la CC0 permet ainsi aux utilisateurs des informations produites, de ne pas devoir en citer les auteurs. Cette dernière disposition apparait en effet comme un avantage, voir une nécessité pratique dans le cadre de l'utilisation d'une basse de donnée tel que Wikidata dont un extrait est succesptible d'être produit par des centaines voir des miliers d'auteurs.

Cette simplification de l'usage des bases de données produites au sein du mouvement Wikimédia fut donc une bonne chose dans le cadre de la mission de libre partage portée par le mouvement. Cependant, il aurait été préférable de retirer uniquement la clause « BY » de la licence CC.BY.SA sans pour autant retirer la clause « SA » appelée copyleft. Car cette dernière clause d'utilisation garantit effectivement à elle seule que le fruit d'un travail et des travaux qui en seront dérivés ne sera jamais placé sous copyright.

Malheureusement, si il existait à un moment donné une licence CC.SA 1.0[W 116], elle fut finalement abandonnée en raison d'une demande insuffisante[W 117]. Faute d'autre choix, il fut donc décidé d'utiliser la licence CC0 pour garrantir pour permettre l'usage des bases de données produites au sein du mouvement wikimédia sans en devoir en citer leurs nombreux auteurs. Mais, comporte un risque important, puisque la licence CC0 permet aux entreprises commerciales de placer sous copyright ces données après un éventuelle traitement ou mise en forme. La licence CC0 apparait donc en ce sens contraire à la mission de libre partage publiée au niveau de la déclaration d'intention du réglement administratif de la fondation Wikimédia ; «  La Fondation rendra et conservera les informations utiles issues de ses projets disponibles gratuitement sur Internet, à perpétuité. »[W 118]


https://web.archive.org/web/20210826193132/https://phabricator.wikimedia.org/T236446

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

[N]otes

  1. Texte original en anglais avant traduction de Deepl version gratuite :« Nobody is going to make even a simple buck placing ads on my work, which is clearly intended for community, moreover, I release my work in terms of free, both word senses, I and [sic] want to remain that way. Nobody is going to use my efforts to pay wages and or maintain severs. And I'm not the only one who feels this way. I've left the project. […] Good luck with your wikiPAIDia »
  2. Il est à noter qu'au sein de ce graphique, la chute brutale des frais de fonctionnement est due à l'apparition d'une nouvelle rubrique dédiée au frais de services professionnels scindant en deux ce qui était au préalable uniquement repris dans la rubrique précédente.
  3. Texte original en anglais traduit avec l'aide de Deepl.com verson gratuite :« Wikipedia has created a large foundation of wage earners, and each year he has to ask for ever-increasing amounts of money. This is what I didn't want to happen:a large, money-centred organisation made possible by the free work of the community. »
  4. L'ensemble de ces graphiques sont consultables au départ de la page https://cosmiclattes.github.io/wikigraphs/data/wikis.html
  5. Il est important de rappeler que les résultats de cette étude ne portent que sur le projet Wikipédia en anglais, et ne sont donc valable que pour cette version linguistique puisque chaque autre projet, le rappel est ici important, est indépendant au niveau de sa gestion et développera donc sa propre histoire dans son fonctionnement interne.
  6. Texte original en anglais traduit avec www. DeepL.com/Translator (version gratuite) :« The decline represents a change in the rate of retention of desirable, good-faith newcomers. The proportion of good-faith newcomers who join Wikipedia has not changed since 2006. These good-faith newcomers are more likely to have their work rejected. This rejection predicts the observed decline in retention. Semi-autonomous tools (like en:WP:HUGGLE) are partially at fault. Reverting tools are increasingly likely to revert the work of good-faith newcomers. These automated reverts exacerbate the negative effects of rejection on retention. Users of Huggle tend to not engage in the best practices for discussing reverts. New users are being pushed out of policy articulation. The formalized process for vetting new policies and changes to policies ensures that newcomers' changes do not survive. Newcomers and other editors are moving increasingly toward less formal spaces. »
  7. Texte original en anglais avant traduction : « a crushing bureaucracy with an often abrasive atmosphere that deters newcomers ».
  8. Texte original en anglais :« Wikipedia contained around four inaccuracies; Britannica, about three ».
  9. Parmi les quelques subventions et défraiements que j'aurai personnellement reçus, le délai d'attendre pouvait varier entre un mois et plus d'un an avec dans un cas de figure, une subvention accordée, mais jamais reçue. Dans le cadre d'ateliers organisés à Charleroi et alors que j'avais financé moi-même la location de la salle à la première édition, j'aurai décidé d'annuler l'atelier de 2018 après que la fondation a refusé tardivement de subventionner les ateliers de cette année.
  10. La licence CC.0 très proche de ce que l'on entend par domaine public fut aussi introduite au sein du projet Wikidata dans la constitution de banques de cette banque de données et plus tard dans Wikimedia Commons pour les descriptions des fichiers téléchargés sur cette plate-forme. Les questions que soulève l'utilisation de cette licence seront débattues dans le chapitre suivant.
  11. Sont repris sous ce nombre le personnel indiqué en juin 2021 sur le site de la fondation comme faisant partie des équipes suivantes : Fundraising Operations (10), Major Gifts, Foundations and Endowment (11), Online fundrasing (11).
  12. Pour obtenir les chiffres précis au sujet des dépenses de la fondation Wikimédia, il est possible de consulter mon analyse détaillée de ses rapports financiers annuels de la fondation (https://en.wikiversity.org/wiki/Statistical_analysis_of_Wikimedia_Foundation_financial_reports).
  13. Pour plus de précisions, voici le texte contenu sur la page de donation concernant la question de savoir « Où va votre don : Infrastructure : serveurs, bande passante, maintenance, développement ; Wikipédia est l’un des sites internet les plus visités au monde et il fonctionne avec une infime fraction de ce que dépensent d’autres grands sites web. Personnel : les 10 principaux sites web emploient des milliers de salariés ; nous en avons environ 400, ce qui fait de votre don un très bon investissement dans une organisation non lucrative hautement efficace. »
  14. La promotion des projets Wikimédia peut aussi avoir pour but d'aider les internautes à trouver des ressources nécessaires à leur épanouissement ou émancipation. Ce cas de figure renvoie dès lors le débat sur le soft power et la colonisation culturelle précédemment traité dans la section précédente.
  15. La fonction de partage et de distribution est en fait assurée par des conventions complexes qu'il serait trop long d'expliquer ici et pour lesquelles je redirige les personnes intéressées vers l'ouvrage en question.
  16. La démarche de partage altruiste du mouvement Wikimédia est en ce sens toute contraire à celle des maisons d'édition qui transforment la connaissance en un bien rival grâce à sa publication sous copyright et aux clause d’exclusivité signées par les auteurs.
  17. Texte original en angalis avant sa tradcution à l'aide de deepl.com (version gratuite) : « Nonprofit organizations are becoming increasingly like private firms. The transformation is bringing a shift in financial dependence from charitable donations to commercial sales activity, with little-recognized consequences. To Profit or Not to Profit is a coordinated set of studies of why fundraising for nonprofits is mimicking that of private firms and what consequences it is having. User fees and revenue from "ancillary" activities - those not contributing directly to the organization mission except for the profit generated - are mushrooming, with each having important side effects. User fees may price out of the market some of the nonprofit's target group. Ancillary activities may distract the nonprofit from its central mission. »
  18. Texte officiel en anglais repris des status de la fondation : « The mission of the Wikimedia Foundation is to empower and engage people around the world to collect and develop educational content under a free license or in the public domain, and to disseminate it effectively and globally. In coordination with a network of individual volunteers and our independent movement organizations, including recognized Chapters, Thematic Organizations, User Groups, and Partners, the Foundation provides the essential infrastructure and an organizational framework for the support and development of multilingual wiki projects and other endeavors which serve this mission. The Foundation will make and keep useful information from its projects available on the Internet free of charge, in perpetuity. »
  19. Texte original avant sa traduction avec l'aide de DeepL.com/Translator (version gratuite) : « our study has pointed out the importance ofstakeholder engagement to counterbalance the strategicpositioning of a social enterprise. However, mission driftmay delegitimize social enterprises with external stake-holders (Dacin et al. 2011), thus undermining their will-ingness to collaborate with the venture. Further researchcould investigate strategies adopted by delegitimized socialenterprises to capture the attention of external stakeholders.Finally, further research pould investigate how culturalvariations affect the effectiveness of stakeholder engagement. »

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