Recherche:Ce que le mouvement Wikimédia nous apprend sur l'Homme et la Société globalisée

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Wikimedia Community Logo.svg
Appréhender la société globalisée et l'impact du numérique au travers du mouvement Wikimédia

Toute réaction ou commentaire par rapport à ce travail de recherche sont les bienvenus sur cette page de discussion.

Cette page fait partie de l’espace recherche de la Wikiversité et dépend de la faculté socio-anthropologie. Pour plus d'informations, consultez le portail de l'espace recherche ou rendez-vous sur l'index des travaux de recherche par faculté.

Ce travail de recherche est une thèse de doctorat en socio-anthropologie (Click here to see the English part of this PhD thesis).

Université : Université catholique de Louvain (lettre d'admission).

Doctorant : Lionel Scheepmans (parcours de vie détaillé).

Promoteur de thèse : Olivier Servais.

Membres du comité d’accompagnement : Pierre-Joseph Laurent, Christophe Lazaro, Emmanuel Wathelet.

Laboratoire universitaire : Laboratoire d'anthropologie prospective.

Laboratoire wikiversitaire : Laboratoire d'études du mouvement Wikimédia.


Image logo indiquant que la page n’est pas fini
Lionel Scheepmans (lui écrire) vous informe que cette page, ou cette section de page, n’est pas finie et qu'elle est en phase d’écriture ou de restructuration importante.
  • Son état actuel est provisoire et doit être pris avec prudence.
  • Une version améliorée est en préparation et devrait être disponible prochainement.

Pour en suivre l’avancement ou y participer, veuillez consulter la page de discussion.

Sommaire

Le mouvement Wiki quoi ?[modifier | modifier le wikicode]

Vidéo promotionnelle du projet Wikipédia au Cameroun (Epaka, Talla, Pensa, 2014)[1].

Quand on entend le mot Wiki, dans le monde occidental francophone et probablement dans toute les universités du monde, on pense directement à Wikipédia, parfois à Wikileaks, plus rarement à Wiktionnaire voir WikiHow[N 1]. Il faut cependant savoir que dans certains coins du monde où je me suis rendu lors de travaux exploratoires, en Inde, au Cap Vert, au Ghana, en Tunisie, les gens que j'ai rencontrés en dehors du milieux de l'éducation, ne connaissent généralement pas Wikipédia. D'ailleurs, pour pallier à ce manque, des vidéos promotionnelles ont vu le jour au Cameroun (voir un exemple ci-contre).

Par contre, toutes les personnes que j'ai rencontrées équipées d'un smart-phone connaissent Google, souvent Facebook aussi, et encore selon les régions du monde Whatsapp ou un autre réseau social en vogue. Beaucoup d'entre elles aussi utilisent Wikipédia sans le savoir. Pour elles, Internet s’appelle Google et représente dans leur imaginaire quelque chose à qui on pose des questions et qui apporte des réponses. Quand on a déjà beaucoup de difficultés pour obtenir un accès au Web, il est normal je pense de ne pas chercher à en savoir plus.

A l'inverse, ce travail cherchera à en savoir beaucoup et pas seulement sur Wikipédia mais aussi et même surtout, sur le mouvement Wikimédia qui lui succède. Un mouvement peu connu finalement et certainement bien moins connu que le projet encyclopédique libre autour du quel il gravite et qui constitue jusqu'à ce jour le projet phare et la partie visible d'un iceberg organisationnel.

Mais donc, Wikimédia c'est quoi ?

Et bien plutôt que de vous l'expliquer ici, je propose de le faire en éditant l'article du projet Wikipédia qui lui est dédié. Cela sera quelque part une occasion de vous présenter mon sujet d'étude dans mon terrain d'étude. Dans l'encyclopédie francophone, Wikimédia se présente à ce jour comme synonyme du mouvement Wikimédia[2]. En cliquant sur l'un de ces deux hyperliens, vous accéderez donc sur la même page encyclopédique que je vous invite à lire avant de poursuivre ce présent ouvrage.


Notes

  1. Wikileaks et WikiHow, comme de nombreux autres projets utilisent le préfixe Wiki, mais n'ont par contre aucun liens avec le mouvement Wikimédia ni la Fondation qui le supporte.

Quand un terrain ethnographique bouleverse les pratiques d'une science[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

On pensait en avoir fini avec les enjeux méthodologiques en ethnographie du virtuel (Pastinelli, 2011)[3]. Mais ma participation active au sein des projets Wikimedia ne m'a pas laissé d'autre choix que de remettre en question ceux-ci au vu d'un ensemble de valeurs et de pratiques rencontrées sur mon terrain d'étude.

Alain Testart ne disait-il pas :

« La méthode, en tant que moyen, ne peut être que subordonnée à une finalité : l'étude d'un objet scientifique. L'objet justifie la méthode. C'est donc par lui qu'il faut commencer lorsque nous nous demandons : comment définir l'anthropologie sociale ? » (Terstart, 1986, p.139)[4]

Ce chapitre illustre donc, section par section, les différentes remises en cause méthodologiques, épistémologiques et déontologiques suscitées par mon terrain d'étude. Cela commence par le choix du terme qui qualifiera la science dans laquelle s'inscrit mon travail et se termine par mon positionnement au niveau d'une discipline scientifique (ré)émergente. Entre les deux se trouve une série de prises de position concernant la façon de traiter, de produire et de diffuser l'information que je reçois et le nouveau savoir qui en découle, tout en les situant au niveau du réel et de l'imaginaire.

Plaider pour une socio-anthropologie et se tenir à l'écart du corporatisme[modifier | modifier le wikicode]

Dès mon arrivée dans les projets du mouvement Wikimédia, j'ai tout de suite été confronté à une première remise en question de l'intitulé même du champ d'étude dans lequel j'entamais mes travaux ethnographiques. Mais, avant de présenter cette première remise en cause, laissez-moi tout d'abord vous raconter l'histoire qui l'a précédé.

En avril 2011, J'ai eu pour idée d'écrire mon mémoire de fin de Master intitulé : Culture FR Wikpédia, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l'espace francophone de Wikipédia (Scheepmans, 2011)[5] au sein même de Wikipédia. Mon souhait était de faire d'une pierre deux coups en exprimant ma vision de l'ethnographie au sein même de mon terrain d'observation participante, autrement dit, d'écrire ma vision de l'ethnographie tout en la pratiquant.

Malheureusement, il s'est avéré que cela n'était pas possible en référence au premier des cinq « principes fondateurs »[S 1] du projet encyclopédique qui se résume en cette phrase : « Wikipédia est une encyclopédie »[S 2]. Une affirmation triviale de première abord, mais qui derrière un simple mots et sa définition permet de définir tout « Ce que Wikipédia n'est pas »[S 3]. J’apprenais donc à mes dépends que :« Les essais personnels et travaux inédits (TI)[N 1] n'ont pas leur place sur l'espace encyclopédique de Wikipédia.»[S 2].

On m'a alors redirigé vers Wikiversité un site internet faisant partie de la quinzaine des « projets frères de Wikipédia »[S 4] que je ne connaissais pas et « qui se dédie au partage de contenus pédagogiques et à la rédaction de travaux de recherche »[S 5]. Après avoir annoncé mon arrivée dans la salle café[S 6], la page de discussion centrale sur le site, j'ai ensuite cherché dans quel endroit du projet je pouvais situé mon travail. Au cours de cette recherche, Crochet.david[S 7], un enseignant en électrotechnique[S 8] qui avait sympathiquement[S 6] répondu à mon message d'arrivée, me proposera dans un échange effectué sur son espace de discussion utilisateur[N 2], de placer mon travail dans l'espace « Travaux de recherche en sociologie »[S 9]. Tout d'abord surpris, je découvrais par la suite dans l'organigramme du projet Wikiversité, que l'anthropologie était cantonnée au sein d'un département au niveau d'une faculté de sociologie[S 10]. Suite à l'impasse de pouvoir écrire mon travail sur Wikipédia, ce fut donc pour moi une nouvelle déconfiture. Non seulement je devais demander l'accord de mon promoteur pour écrire mon mémoire en ligne d'une façon absolument non conventionnelle, mais de plus je devais lui dire qu'il serait publié dans une faculté de sociologie...

J'ai alors tenté de placer mon travail au niveau du département d'anthropologie, mais Crochet.david est revenu vers moi pour m'a averti sur ma page de discussion cette fois, que « Les projets sont associés aux facultés et non aux département »[S 11]. S'entame alors un débat qui fut par la suite transférée dans la salle café[S 12]. Au terme des discussions, nous sommes finalement arrivé à la conclusion qu'il fallait que je lance une prise de décision[N 3] pour proposer à la communauté wikiversitaire de renommer la faculté de sociologie. Ma proposition fut alors de renommer cette faculté en faculté de socio-anthropologique. Lors de cette prise de décision[S 13], JackPotte[S 14], un ingénieur en informatique[S 15] faisant partie des administrateurs du projet Wikiversité avec Crochet.david[S 16], avait déposé un message[S 17] qui nous tenait informé de la classification décimale universelle. Dans cette version de la CDU[N 4], le terme anthropologie y apparaissait plusieurs fois et notamment une fois dans le champ des sciences sociales (anthropologie culturelle) et une autre fois dans le champ de la biologie (anthropologie physique). En choisissant le terme « socio-anthropologie » nous pouvions donc avec un seul mot et de façon explicite, regrouper la sociologie et l'anthropologie au sein d'une codisciplinarité, tout en excluant de celle-ci l'anthropologie physique. La proposition fut donc adoptée selon le système de prise de décision consensuel[S 18] en vigueur au niveau de la gouvernance du projet.

Cette prise de décision fut donc ma première grande participation au sein de l'univers Wikimédia, mais aussi une première occasion de me questionner sur des convictions établies au cours de ma formation scientifique. Comment en effet un clivage entre la sociologie et l'anthropologie a-t-il pu existé et pourquoi se maintien-t-il encore de nos jour ?

Je finirai par trouver réponse à cette question, de nouveau grâce au terme socio-anthropologie nommant cette fois une revue fondée en 1997 par Pierre Bouvier et dont le but est d'aborder « les déstructurations et les recompositions qui sont au cœur du monde contemporain »[S 19]. Dans le premier numéro de cette revue[N 5], on s'y remémore effectivement qu'à une certaine époque « l’anthropologie, la science de l’homme, s’est consacrée principalement à l'étude des peuples primitifs » (Grafmeyer et Joseph, l984, par. 12[6] cité par Hamel, 1997, p.2-3)[7]. On y découvre ensuite l'idée selon laquelle « l’anthropologie incombe l’étude des sociétés sans écriture où se révèlent des cultures exotiques tandis que reviennent de droit à la sociologie les sociétés avancées dans l’urbanisation et l’industrialisation, ces moteurs d’une « culture moderne » (Hamel, 1997, par. 9)[7]

Cependant, l'expression peuples primitifs a disparu depuis longtemps et la question d'exotisme elle aussi tend à disparaître au sein de laboratoires comme le mien qui rassemble des anthropologues originaires de différent endroits du monde[S 20]. Quant à la sociologie, elle est aujourd'hui pratiquée partout dans un monde où l'urbanisation et l'industrialisation se répand comme une traînée de poudre. D'autre part, depuis la fin du vingtième siècle déjà, les terrains anthropologiques n'ont cessés de se diversifier et de s'intéresser de plus au plus au monde occidental et au monde contemporain. Parmi les premier écrits francophones attestant de cette mouvance, on retrouve notamment les travaux publiés suite à des observations participantes effectués dans le monde du travail par Pierre Bouvier (1989)[8] déjà cité précédemment. Avec Marc Augé (1995)[9], il sera aussi un des premier anthropologue francophone à parler d'une « Socio-anthropologie du contemporain » (Bouvier, 1995)[10]. Mobiliser de nos jour la question du lieu pour dissocier l'anthropologie de la sociologie n'a donc plus aucun sens.

Dès lors, il ne reste que la question de la méthode pour distinguer l'anthropologie de la sociologie. Mais, là aussi, les choses ont changé, précisément suite à l'arrivée du courant interactionniste au sein de l'école de Chicago, quand des sociologues on décidé d'intégrer des pratiques méthodologiques issues de l'anthropologie, telles que l'ethnographique et l'observation participante, pour constituer in fine une nouvelle approche sociologique que Harold Garfinkel intitulera « ethnométhodologie » (Garfinkel, 2016©1967)[11].

« L’école de Chicago constitue d’ailleurs un véritable laboratoire des méthodes anthropologiques, et le crédit dont celles-ci bénéficient lui assure la suprématie sur la sociologie américaine jusqu’en 1935. A cette date, elle est en butte à la vive concurrence des sociologues de Columbia University de New York qui prennent prétexte des méthodes utilisées pour contester sa domination. Le « conflit des méthodes » s’exacerbe alors et verra bientôt la victoire des méthodes quantitatives puis, en conséquence, le déclin des méthodes qualitatives - des méthodes anthropologiques en sociologie pour être précis - ainsi que la fin de l’hégémonie de l’école de Chicago » (Hamel, 1997, p.3)[7].

Une victoire, certes, mais qui finalement n'a de valeur qu'au niveau de certaines institutions conservatrices, partisanes, voir « corporatiste » selon la vision d'Olivier de Sardan (2008, p.36)[12] lui aussi adepte du terme socio-anthropologie. Car aujourd’hui et objectivement parlant, on se demande bien ce qui pourrait encore empêcher les sociologues de pratiquer des méthodes dites « anthropologiques » et le socio-anthropologue que je suis de mobiliser des méthodes et théories de disciplines diverses au profit de mon travail ethnographique.

Bien que je fonctionne dans une université où sociologues et anthropologues ne se côtoient pas de manière formelle alors qu'ils partagent le même sujet d'étude et les mêmes méthodes, je plaide donc pour le rassemblement de l'anthropologie et de la sociologie au sein d'une discipline socio-anthropologique unique. Et je me réjouis donc au finale, d'écrire cette thèse de doctorat au sein du projet Wikiversité, un endroit où, selon Rémi Bachelet[S 21], maître de conférences à l'École Centrale de Lille[S 22] et membre de la communauté des contributeurs actifs au sein du projet Wikiversité francophone depuis septembre 2009, « On est loin des guerres de disciplines !»[S 23].

Conjuguer quantitatif et qualitatif dans une sociographie du Big Data[modifier | modifier le wikicode]

Suite à cette première remise en question où je fus amené à repenser la nomination du champs scientifique dans lequel je voudrais inscrire mon travail, vient maintenant une nouvelle remises en questions portant cette fois sur la manière d'intégrer dans un travail ethnographique et au sein d'une étude qualitative, tout un ensemble de données quantitatives librement accessible sur mon terrain.

Pour clarifier les choses, la donnée quantitative se caractérise par quelque chose de mesurable comme par exemple le nombre d'entailles présentes sur os de Lebombo, un os vieux de plus de quarante mille ans avant notre ère, qui corroborent l'hypothèse que les premières manifestations scripturales humaines étaient d'ordre quantitative. Une donnée qualitative quand à elle sera une donnée non quantitative par défaut et donc non mesurable bien que tout aussi utile et intéressante. Pour prendre un exemple lié au précédent, David J Darling supposera que les 29 encoches présentes sur l'os de Lebombo, représentaient les 29 mois lunaires ressentis dans le corps d'une africaine durant ses périodes de menstruation (Darling, 2007)[13]. Être une femme est en effet une donnée qualitative qui serait difficilement mesurable dans l'absolu.

Cette petite démonstration permet donc de mettre en évidence que les données quantitative et leur analyse statistique peuvent être productrices d'informations et de théories qualitatives. En sens inverse, on peut aussi déduire d'une donnée qualitative (être une femme), des données quantitatives génotypiques au niveau de sa composition génétique ou phénotypiques au niveau de cycles physiologique tel que la menstruation. Il semble important dès lors, de souligner que le fait de réaliser une étude qualitative ne pourait justifier le fait que l'on ne prenne pas en considération ou que l'on néglige de données quantitatives ou des informations statistiques produites au départ de ces données.

Il se fait justement que le mouvement Wikimédia et particulièrement au niveau de ses activités au sein de l'espace numérique regorge d'une quantité insondable de données quantitatives et d'analyses statistiques librement accessibles. Concrètement parlant, un socio-anthropologue, au même titre que tout internaute, une fois connecté à l'interface d'un projet Wikimédia, devient capable d'observer tout ce qui s'y passe et même tout ce qui s'y est passé depuis la création du site.

Pour situer les choses, il faut savoir que les projets wikimédia sont gérés par un moteur de wiki appelé MediaWiki, et que ce programme informatique enregistre spontanément et instantanément la totalité des actions faites par les contributeurs ou les programmes informatiques qu'ils y mettent en œuvre. Par la suite, toutes ces archives sont rendues accessibles, à quelques exceptions près[N 6], sous forme de pages d'historiques publiées sous licence créative commons CC.BY.SA. Grâce à cette licence, toute l'information archivée est libre d'exploitation et libre de republication, tel quel, ou dans des travaux dérivés, sous deux conditions : premièrement, « créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'œuvre », deuxièmement, « diffuser l'œuvre modifiée dans les même [sic] conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'œuvre originale a été diffusée »[14].

Dans un tel contexte de transparence l'ethnographe se voit confronté à une telle masse de données quantitatives et qualitatives qu'il lui serait impossible de les exploiter de façon attentive et exhaustive. Au niveau quantitatif, il y a bien sûr la science statistique qui permettra d'extraire des informations synthétisées et ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'il existe de nombreuses analyses statistiques des projets numériques Wikimédia, parfois effectuées en temps réel sur une multitude de sites spécialisés soumis à la licence CC.BY.SA[N 7]. Mais lorsque la surabondance apparaît au niveau textuel le chercheur ethnographe se trouvera dès lors confronté à un nouveau questionnement. Ce questionnement, Olivier Servais le formulera déjà en ces termes : « Comment dès lors concilier cette gestion de données massives avec cette ambition qualitative ? Comment faire du big data textuel qualitatif dans ce contexte numérique ? » (Servais, p.61, à paraître)[15].

L'auteur et la littérature nous laissant sans réponse à ces questions, l'ethnographe des espaces numériques pourrait se voir confronté à un dilemme méthodologique. Soit faire l'impasse sur le traitement exhaustif des données textuelles au risque de passer à côté d'informations cruciales, et d'offrir une vision partielle et potentiellement fausse de la réalité. Soit se lancer dans un traitement informatique des corpus linguistiques au risque cette fois de s'embarquer dans un entreprise demandant de nouvelles compétence, un nouveau temps d'investigation et l'accès à un matériel informatique suffisamment performant. Deux positions extrêmes, au milieux desquelles il faut donc tenter de trouver un juste équilibre.

Dans le cadre de mon travail, je tenterai pour ma part de trouver cette équilibre dans un processus d'aller-retour récursif entre un traitement informatisé des corpus textuel et un travail ethnographique plus classique reposant sur des entretiens semi-directifs et une observation participante. Dans un sens le dispositif de traitement informatisé des corpus permettra d'extraire des informations utiles à la préparation du travail ethnographique, dans l'autre sens, les informations récoltées durant les observations de terrain et les entretiens permettront de configurer le logiciel informatique pour extraire de nouvelle données et informations utiles à la recherche. Au final, en plus de solutionner le dilemme, cet aller-retour sera aussi une belle occasion pour le socio-anthropologue de prendre régulièrement distance par rapport à son terrain (Fassin, Bensa; 2008).

Prenons un exemple qui sera abordé en détails en annexe[N 8] de ce travail. Au sein du mouvement Wikimédia, toutes les listes de diffusion actives sont aussi archivées, historicisées et rendues librement disponibles sous licence CC.BY.SA au niveau d'un site hébergé par la fondation Wikimédia[16]. En téléchargeant ces archives, il est donc possible de constituer rapidement des corpus que l'on peut ensuite soumettre à un logiciel de traitement automatique du langage naturel. Grâce à ce dernier, il est alors possible de repérer via un traitement statistique les acteurs et actrices de terrain les plus actifs ou actives qui seront quelque par les plus aptes à fournir une vision globale de ce qui se passe dans ces listes de diffusion réparties en fonction des projets ou des sphères linguistiques du mouvement.

Au-delà du choix des actrices et acteurs, une analyse textométrique plus poussée peut aussi mettre en évidence les occurrences, cooccurrences et concordances de mots ou d'expressions au sein des discussions, ainsi que leurs dispositions et évolutions dans le temps et dans les espaces de discussions. Grâce à ces nouvelles informations statistiques, il devient alors possible de repérer des mots ou associations de mots, qui représenteront autant de concepts ou valeurs utilisés par les personnes actives au sein du mouvement. En plus de repérer ces expressions régulières, le logiciel permet aussi d'en observer leur variations en fonction des années, des époques, et même de les situer au niveau des différentes listes de diffusion distribuée selon les différents groupes linguistiques actifs au sein du mouvement. Dans un traitement plus poussé encore, il devient alors possible de focaliser toutes ces analyses au niveaux des acteurs ou des lieux d'activités en séparant le corpus initiale en autant de sous corpus séparés pour isoler tel auteur ou catégorie d'auteurs (employés, bénévoles, etc.) ou en séparant tel lieu ou tel époque en choisissant tel espace de discussion durant tel période. Au final donc, toute ces informations produites seront autant d'informations utiles pour le chercheur ethnographe dans la conduite de ses observations de terrain et lors de ses entretiens avec les personnes qui y sont actives.

Dans une démarche réciproque enfin, les données issues du travail ethnographique pourront aussi servir de base à de nouvelles recherches logométriques cette fois. Les logiciels de textométrie possèdent en effet des moteurs de recherche intégrés permettant des requêtes syntaxiques (SQL par exemple) très efficaces pour retrouver, au sein des corpus linguistiques, des mots, ou concepts, récoltés durant le travail ethnographique. En allant plus loin, une analyse du discourt des personnes interviewées est aussi possible en confrontant par exemple ce qui a été dit lors des entretiens à la réalité de terrain, ou encore à ce qui est dit dans les corpus linguistique issus d'autres lieux de discussions. Par exemple si ma recherche vient à s'intéresser à la question du vandalisme en raison du fait que c'est un sujet abordé couramment sur mon terrain, il me sera possible de retrouver dans toute les espaces de discussion rassemblé en corpus les passage ou l'on cite le mot vandalisme. Dans un autre cas de figure, si j'apprends dans un entretien que l'acteur se sent sujet à du harcèlement au sein d'un projet, je peux alors voir si lui ou d'autre personne en parle dans les lieux de discussion publiques repris dans le corpus et même voir à quel moment le sujet a été abordé.

Les corpus textuels en provenance du terrain (liste diffusion, espace de discussion, etc.) offrent ainsi une plus grande capacité d'action au chercheur, mais aussi malheureusement un surplus de travail au niveau du traitement de l'information et de son analyse sémantique et conceptuel. Le fait de pouvoir comparer les discours des acteurs ou actrices avec la réalité de terrain, ouvre de plus un nouveaux questionnements et nouvelle remise en question, celle de se positionner entre réalité de terrain et « imaginaire social » (Castoriadis, 1975)[17].

Négocier réalité et imaginaire dans un terrain multi-situé[modifier | modifier le wikicode]


Image logo indiquant que la page n’est pas fini
Lionel Scheepmans (lui écrire) vous informe que cette page, ou cette section de page, n’est pas finie et qu'elle est en phase d’écriture ou de restructuration importante.
  • Son état actuel est provisoire et doit être pris avec prudence.
  • Une version améliorée est en préparation et devrait être disponible prochainement.

Pour en suivre l’avancement ou y participer, veuillez consulter la page de discussion.

Cette troisième remise en question issue de mon terrain se base donc sur un constat qui ne date pas d'hier. Peut-on faire confiance à nos interlocuteurs de terrain, informateurs dirons certain, pour rendre compte de la réalité ? L'histoire de la socio-anthropologie nous a en effet appris que l'ethnographie en tant que méthode de description d'une réalité de terrain pouvaient atteindre certaines limites, voir même dans certains cas les plus extrêmes, produire des omissions ou des erreurs flagrances. Parmi les exemples les plus connus figurent les travaux de Marcel Griaule en pays Dogon, et notamment son ouvrage intitulé Dieu d'eau : entretiens avec Ogotemmeli (Griaule 1948)[18] contesté par Wouter Eildert Albert van Beek (1991)[19]. Un autre exemple, dans la sphère anglophone cette fois, constituera les travaux de Margaret Mead et son ouvrage intitulé Coming of age in Samoa : a psychological study of primitive youth for western civilisation (Mead, 1928)[20], critiqué lui aussi à maintes reprises et finalement remis en cause lors d'une enquête menée par Serve Tcherkésoff. Dans celle-ci, on y apprend par exemple que la chercheuse « habitait au poste américain de l’île et conduisait des entretiens, par interprètes, avec une cinquantaine de jeunes filles » (Tcherkésoff 1997, p.3)[21]. On est donc ici bien loin d'une observation participante et d'un recoupement avec un corpus linguistique originale.

Ces deux leçons d'histoire proviennent de terrains ethnographiques que l'on pourrait qualifier de classiques, menées bien avant l'arrivée des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les choses ont bien changé depuis et les socio-anthropologues aujourd'hui se retrouvent parfois dans des contextes bien différents les uns des autres. Ces différences peuvent être encore plus marquées pour les anthropologues qui travaillent dans des espaces numériques, ou avec des outils numériques.

Comparons à ce titre l’expérience de Thierry Boissière qui travaille sur le conflit syrien à la mienne. D'une part, nous avons une « socio-anthropologie à distance » avec des « informateurs skype » (Boissière, 2015, p.124)[22], tenant des propos parfois difficiles à vérifier ou recouper. D'autre part, apparaît une socio-anthropologie hyperpanoptique dans laquelle il est possible d'observer librement, en temps réel ou de manière asynchrone, clique par clique, l'historique complet de presque tous ce qui se passe sur un terrain d'observation numérique. D'un coté, il n'y a d'autre option que d'accorder une certaine confiance aux informateurs, avec comme nous l'avons vu précédemment tous les risques liés au « syndrome narratif » (Farrugia, 2009)[23] et au « reflet déformé du réel » (Kaufmann, 2011, p.63)[24]. De l'autre, le socio-anthropologue pourrait presque s'abstenir de s'entretenir avec les acteurs tant l'information qu'il dispose sur la réalité de terrain est précise, exhaustive, facile et libre d'accès.

Deux cadres de recherches diamétralement opposés donc, mais qui se rejoignent pourtant au niveau de certaines attentes liées au travail scientifique. Dans le cadre d'une socio-anthropologie à distance, et comme le préconise l'auteur, il ira de soi par exemple que les informations récoltées par skype soient recoupées par d'autres informations provenant d'autres sources. Dans le cadre de mon travail, ce que je préconise moi sera d'établir des entretiens avec les acteurs et actrices de terrain, non pas pour décrire ce que je peux observer moi-même, mais bien pour accéder à l’intériorité et l'imaginaire de ceux-ci. En effet, au delà d'une réalité tangible, on attendra d'un socio-anthropologue qu'il décrive aussi « La construction sociale de la réalité » (Berger, 1996)[25], produite par « L'imaginaire comme tel » (Castoriadis, 2008)[26] des acteurs avec toutes les dissonances cognitives (Festinger, 1957)[27] qu'elle pourrait contenir.

Faire la part des choses entre l'imaginaire et la réalité est en effet quelque chose d'indispensable à la compréhension du social. Le réel est ce qu'il est, mais l'imaginaire est par contre très variable et pourra parfois prendre une grande place dans la reconstruction du passé, dans la considération du présent, mais aussi et peut-être surtout dans la construction de l'avenir. En 1938, William Isaac Thomas écrivait : « si l'homme définit les situations comme réelles, elles seront réelles dans leurs conséquences »[N 9] (Thomas, 1938, p.572)[28]. Cette phrase devenue célèbre, Robert King Merton en fit le théorème de Thomas et s'en inspirera pour produire le concept de prophétie autoréalisatrice (Merton, 1948)[29] avec pour classique exemple celui d'une banque que l'on fait croire en faillite et qui le deviendra vraiment quand tous ses clients se précipiteront pour récupérer leur argent. En 1962, John Langshaw Austin, s’intéressera aussi à la construction du future au départ du présent en produisant le concept de performativité qui apparaîtra au sein de son ouvrage Things with Words[N 10] (Austin, 1970)[30]. Dans celui-ci, l'auteur explique en effet que la parole peu aller bien au-delà d'une simple description du réel et devenir un acte d’auto-réalisation comme dans cette phrase qu'il choisit pour exemple : « je vous déclare uni par les liens du mariage ».

Après avoir pris en considération le réel et l'imaginaire sur mon terrain d'étude, je dois aussi tenir compte que mon travail ethnographique est « multi-situé » (Marcus, 1986, p.171)[31]. Cette nouvelle situation particulière, Chistophe Lazaro la décrit mieux que ce que je pourrais le faire dans un ouvrage consacré à l'ethnographie des pratiques d'échange et de coopération au sein de la communauté Debian. À la relecture de cette ouvrage, j'ai en effet découvert que chercheur était confronté à un environnement de recherche très similaire au mien :

« paysage réticulaire au multiples dimensions, sa propension à la délocalisation rend illusoire toute observation strictement locale ; l'hétérogénéité des acteurs empêche d'appréhender dans son ensemble la portée de certains événements ; la volatilité et la fugacité des contenus [ce qui n'est pas le cas de mon terrain] rendent l'analyse particulièrement délicate [ce qui le cas de mon terrain par contre] ; enfin, la multiplicité des canaux de communication et des flux qui les parcourent finit par créer des enchevêtrement subtils qu'il s'avère difficile de démêler » (Lazaro, 2008, p.10)[32].

Dans une telle situation et pour ne pas perdre le lecteur dans un voyage multi-situé, ma stratégie sera donc de limiter mes descriptions ethnographiques à un seul espace. Cet espace sera le site et le projet Meta-Wiki qui représente à mes yeux, mais aussi probablement aux yeux des acteurs Wikimédia, l'espace numérique central du mouvement Wikimédia. Cependant, mes informations récoltées hors ligne ou lors d'entretiens privés, ne seront pas perdues pour autant, car je tenterai autant que possible de les mobiliser en les resituant au niveau de l'espace choisi. Par exemple, je n'hésiterai pas à décrire les incidences que peuvent avoir des décisions prises dans l'espace numérique Meta-Wiki sur les activités hors ligne du mouvement et réciproquement de marquer l'influence des activités hors ligne sur ce qui se passe au sein de l'espace numérique. Au final, en plus de simplifier la vie du lecteur, un tel choix stratégique m'offrira aussi l'opportunité d'approcher une épistémologie sans doute innovante en science sociale basée sur le concept de réfutabilité.

Offrir de la réfutabilité dans une recherche sitographique[modifier | modifier le wikicode]

Partant du constat qu'en science rien ne peut être considéré comme définitif, le concept de réfutabilité proposé par Karl Popper (1963)[33], comme je le comprends, propose aux scientifiques d'offrir à la communauté toute les informations possibles et nécessaires à la ré-expérimentation des travaux fournis pour permettre d'en confirmer ou d'infirmer les faits, propos ou théories. Face à cette position épistémologique, Jean-Claude Passeron fera objection dans un essai dédié au raisonnement sociologique :

« la pertinence empirique des énoncés sociologiques ne peuvent être définies que dans une situation de prélèvement de l’information sur le monde qui est celle de l’observation historique, jamais celle de l’expérimentation. » (Passeron, 2006, p. 554)[34]. « Aucune des propriétés logiques qui rendent possible la réfutabilité (« falsifiability ») d’une proposition théorique n’appartient stricto sensu aux propositions qui composent une théorie sociologique, du seul fait que le sens de l’information sur laquelle elles assertent reste toujours solidaire d’une série de configurations historiques singulières » (id. , p. 575).

Autrement dit, en sciences sociales, il semble impossible au terme d'un travail de recherche, d'offrir à la communauté la possibilité de reproduire l'expérience d'une observation à l'identique. Tant au niveau spatial que temporel, le lecteur d'un ouvrage en science sociale ne pourra jamais revivre exactement, au même endroit et de surcroît au même moment, une expérience ou un phénomène décrit par un auteur. Pour cette raison, Jean-Claude Passeron considérera donc les sciences sociales comme sciences historiques devant répondre à un régime de vérité différent des sciences dites de la nature (id.).

Cette impasse épistémologique tel qu'elle vient d'être décrite est particulièrement présente en socio-anthropologique lors de travaux ethnographiques réalisés sur des terrains très éloignés. Dans le cas d'écrits produits dans de telles circonstances, on parlera d'ailleurs d'un « pacte ethnographique » (Olivier de Sardan, 2008, p.28)[35] grâce auquel « seuls les ethnologues se sentent libérés d'expliquer comment ils ont su tirer d'une expérience unique un ensemble de connaissances dont ils demandent à tous d'accepter la validité. » (Descola, 1993, p.480)[36]. Mais un tel pacte a-t-il encore lieu d'être au sein d'une socio-anthropologie hyperpanoptique ? Assurément pas.

Nous savons en effet que grâce au système de sauvegarde d'historiques librement accessibles, il est possible, dans la grande majorité des cas[N 11], d'offrir aux lecteurs, disposant d'un accès Internet, la possibilité de retrouver eux-mêmes l’information exactement dans l'état où elle a été trouvée lors de la recherche. Concrètement parlant, il suffit pour cela de fournir les hyperliens ou adresses URL pointant vers les pages Internet où l'information fut récoltée[N 12]. Une telle disposition aura donc pour effet positif de rende opérationnel le concept de réfutabilité prôné par Karl Popper, tout en rendant la parole aux actrices et acteurs de terrain. De plus ce dispositif offrira aussi la possibilité aux lecteurs non seulement d'avoir accès à la source des informations, mais aussi de repartir ce celle-ci à la recherche d'autres informations adjacentes.

Vidéo explicative au sujet des sources primaires et secondaires destinée au éditeurs francophone de Wikipédia et produite dans le cadre d'un MOOC[37].

Au final, un tel type de recherche pourrait donc se qualifier de « recherche sitographique » en référence à l'expression « recherches bibliographiques ». Dans le cadre d'une recherche bibliographique, les sources principales seront listées au sein d'une bibliographie, alors que dans le cadre d'un recherche sitographique, elle le seront au niveau d'une sitographie. Avec une différence importante cependant, c'est que dans le cas d'une bibliographie la liste de référence sera composée de sources secondaires, alors que dans le cas d'une sitographie tel que je la propose au niveau de ce travail, la liste de références sera composée de sources primaires.

La distinction de ces deux types de source est une chose bien connue dans le projet Wikipédia où il est préférable d'éditer les articles encyclopédiques au départ de sources secondaires voir tertiaires plutôt qu'au départ de source primaire. Par exemple, le courrier quotidien ne sera pas reconnu comme source fiable dans l’encyclopédie[38]. La question des sources à une telle importance pour la communauté wikipédienne qu'elle en est venue a éditer une page d'aide pour aider les contributeurs à s'y retrouver. Sur cette page on y trouvera une vidéo (voir ci contre) produite dans le cadre d'un MOOC curieusement produit par et pour la communauté wikipédienne en dehors de l'espace numérique Wikimédia[39].

Malheureusement et faute de contributeurs, tous ces projets frères sont beaucoup moins actifs et productifs que Wikipédia. Pour produire leur encyclopédie libre les éditeurs doivent donc avoir recourt à un savoir qui ne l'est pas toujours en raison d'une dramatique marchandisation. Pour accéder au savoir nouveau, les éditeurs comme tout autre personne se voient donc parfois confrontés à des prix, parfois exorbitants, dans l'acquisition d'un ouvrage papier ou un accès en ligne à une revue scientifique. De la apparaissent donc des « Questions d'éthique concernent la publication scientifique » (Scheepmans, Wolf, 2016)[40] au sein d'une production scientifique peu accessible et donc peu réfutable et moins scientifique aux yeux d'une épistémologie poppérienne. De là, apparaît donc la nécessité d'une science ouverte, dans laquelle toute information serait inconditionnellement accessible dans le but de mettre un terme à ce que les scientifiques imposent, et s'imposent au sein d'un « oligopole d’éditeurs qui tire un profit maximum du fait que laboratoires scientifiques et chercheurs sont évalués en fonction des revues ou des maisons d’édition où ils publient leurs résultats »[41].

Plaider pour une science ouverte à la participations et respectueuse de la vie privée[modifier | modifier le wikicode]

Classement des différentes licences, de la plus moins ouverte à la plus libre.
Classement des différentes licences, de la moins ouverte en bas à la plus ouverte en haut.

La distinction entre science ouverte (traduction du terme anglais open science introduit par Steve Mann) et science libre au même titre que la distinction entre logiciel libre et logiciel open source peut faire l'objet de tout un débat philosophique qui ne pourrait avoir lieu ici.

Dans le cadre du logiciel, ce débat s'est principalement établit entre deux figures importantes du milieu des hackers. D'un côté, Richard Stalleman créateur du premier logiciel sous licence libre, défendra les quatre libertés fondamentales du logiciel libre que sont : l'usage, la compréhension et adaptation, la modification et l'incorporation dans une œuvre dérivée et sa diffusion y compris dans un cadre commercialement (voir schéma illustratif ci-contre), mais aussi la notion de copyleft dont il sera question dans un prochain chapitre. De l'autre, Éric Raymond auteur de La Cathédrale et le Bazar[42] popularisera le terme open source en se détachant des aspects éthique et politique liés aux logiciels. Il préférera pour sa part se concentrer sur le programme informatique et l'accès et l'utilisation de son code source. Au finale, des personnes désireuse de se tenir à distance du conflit idéologique, se réuniront autour de l'expression inclusive : « Free/Libre Open Source Software »[N 13].

Concernant la science ouverte, l'article encyclopédie Wikipédia francophone en date du 11 mars 2019 en donne cette définition : « un mouvement visant à rendre la recherche scientifique, les données et leur diffusion accessibles (à tous les niveaux d'une société « apprenante »). »[43]. Cependant, mécontent de cette introduction, j'ai pris la liberté de la reformuler de la sorte : « un mouvement visant à rendre la recherche scientifique et les données qu'elle produit accessibles à tous et dans tous les niveaux de la société » en laissant pour résumé : « Reformulation de la première phrase en vue d'une meilleure compréhension. »[44].

Cette petite expérience d'édition, que chacun peut reproduire de façon similaire sur l'ensemble des projets Wikimédia, suffit à démontrer que la science peut, non seulement être pensée sous un aspect du libre accès[N 14], mais aussi d'une libre utilisation et encore d'une libre participation. Aussi, pour éviter les frais d'un débat philosophique similaire à celui présenté dans le premier paragraphe de cette section, je proposerai donc dans le cadre de ce travail, d'intégrer toutes ces notions de liberté, sans pour autant mobiliser le terme de « science libre », qui par ailleurs est déjà utilisé comme titre du magazine « Science libre »[45] publiée sous licence... copyright.

Dans cette optique de libre participation, j'ai pour ma part pris l'initiative de créer sur Wikiversité un Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia[46], dans lequel j'invite tout un chacun, et sans aucune forme d'élitisme, à s'investir dans l'étude du mouvement Wikimédia. En plus d'une invitation, cet espace représente aussi pour moi l'occasion de partager publiquement tout un ensemble de ressources découvertes lors de mes travaux de recherche et qui ne peuvent trouver leur place dans ma thèse de doctorat. Parmi ces ressources figurent notamment, un état de l'art sur le mouvement Wikimédia, un répertoire des acteurs du mouvement et de nombreuses listes d'hyperliens pointant vers des sources d'informations statistiques ou des sources et outils d'analyse divers.

Au delà de nous permettre d'imaginer une science ouverte à la participation, les projets Wikimédia offrent aussi, nous l'avons déjà abordé, une grande traçabilité dans la production et la reproduction du savoir. Concrètement cela s’opère via un mécanisme d'archivage rendu visible dans des pages d'historiques similaire à celle liée à l'article « science ouverte » que j'ai édité sur Wikipédia [47]. Sur cette page dont l'image figure ci-dessous, se trouve l'enregistrement de toute une séries d'informations produites lors de ma modification de l'article « Science ouverte »[N 15]. Ceci est une constante dans l'espace des projets numérique Wikimédia où chaque page de contenu possédera une page historique qui reprendra la liste chronologique de toute les actions et modifications faites par les éditeurs depuis sa création[N 16]. Soit une ligne par modification dans laquelle figure :

  • la page de contenu tel qu'il se présente actuellement (lien « actu »)
  • un page dans laquelle apparaît en gras (ajouté) et surligné (retiré) les modification faites au contenu (lien « diff »)
  • la page de l'article telle qu'elle figurait à la date de modification (sous format de la date et l'heure exacte de la modification)
  • la page utilisateur de l'auteur de la modification
  • sa page de discussion
  • une page reprenant l'historique de toutes les contributions de ce dernier
  • des pages d'informations techniques sur les balises

Comme informations supplémentaires, apparaissent aussi le volume de données en nombre d'octets que représente la page sur les serveurs informatiques, ainsi que le nombre d'octets ajoutés ou retirés lors de la modification, avec au final une note facultative de l'auteur de la modification résumant son action.

Page historique de l'article « Science ouverte »
Évolution de l'article Pomme sur le projet Wikipédia francophone, du 20 novembre 2002 date de création au 26 janvier 2012.

Au départ de ces pages d'historiques, il sera aussi possible de comparer l'état d'un pages au fil du temps (voir pour vidéo ci-contre), mais aussi de comparer les changements entre deux éditions choisies et quelque soit le temps qui les sépare.

Un tel dispositif, nous nous en rendons compte, va bien au-delà du « défi de la transparence » d'une science ouverte largement explicitée par Bernard Rentier (2019)[48]. En fait, ce que l'environnement numérique Wikimédia démontre, c'est qu'il existe une réponse positive à un certain fantasme lié à la technologie : « tout savoir sur autrui, figer le flux du monde et de la pensée dans une imaginaire d’immédiateté, contrôler tout également, et, enfin, faire preuve de ce qui est, mais que le commun des mortels ne peut d’emblée percevoir. » (Mazzocchetti, Servais, Boelllstorff, Maurer, 2015)[49].

Si cette réponse est positive, c'est parce qu'elle repose sur un cadre éthique très strict appliqué sur l'ensemble de l'espace numérique Wikimédia. On peut y accéder facilement au départ d'un hyperlien présent en bas chaque page des projets et qui sera libellé sur les projets francophones : « condition d'utilisation »[50]. Sur cette page d'information, le lecteur attentif trouvera ensuite un autre hyperlien qui lui permettra de se rendre sur une page consacrée cette fois à la politique de confidentialité[51].

A la lecture de tous ces contenus légaux, on s’aperçoit que la fondation Wikimédia légalement reconnue en Italie[52] comme dans de nombreux pays du monde, comme hébergeuse des projets Wikimédia ne laisse donc rien au hasard. Sur le projet Wikipédia francophone par exemple, il existe même une page consacrée au droit de disparaître[53] répondant quelque part à une certaine « écologie déséquilibrante de l'oubli » (do Kim, 2012)[54] propre à l'espace Web. Un droit à l'oubli qui, rappelons-le, fait l'objet du règlement no 2016/679, dit règlement général sur la protection des données (RGPD) édité par la commission Européenne.

Ainsi, au niveau du respect de la vie privée, plusieurs options s'offrent donc aux utilisateurs de l'espace numérique Wikimédia. La première, et la plus populaire, consiste à créer un compte utilisateur avec pseudonyme de telle sorte que les modifications et actions faites ne soient pas attribuées à sa propre identité. La seconde option plus fréquente parmi les utilisateurs moins actifs, est celle de contribuer aux projets sans utiliser de compte utilisateur et donc sans se connecter. Dans ce cas de figure, en lieu et place du pseudonyme utilisateur, apparaîtra l'adresse IP de la connexion Internet utilisée par l'utilisateur.

Cette deuxième option est donc moins respectueuse de la vie privée, car il faut savoir qu'au départ d'une adresse IP, il est possible de retrouver l'identité d'une personne dès le moment ou on en a l'autorité (judiciaire par exemple) et ce en contactant le fournisseur d'accès Internet (FAI). Ce dernier est en effet tenu obligé selon les lois en vigueurs dans les états, de conserver les informations nécessaires à l'identification de l'auteur d'un contenu ou d'une action apparus sur le Web. A titre d'exemple, en France, ces informations doivent être gardées un an[55], alors que sur le projet Wikipédia francophone, l'adresse IP des éditeurs connectés est confidentiellement gardées au niveau des serveurs informatiques pendant trois mois seulement pour être ensuite perdues à jamais[56].

Comme dernière option enfin, il est aussi possible de créer un compte utilisateur dans lequel on dévoile sa propre identité. Cela représente alors un choix personnel qu'il faut assumer tout en gardant à l'esprit qu'une partie de sa vie s'expose dès lors au yeux du monde connecté et de façon potentiellement irréversible. On le sait, sur le Web toute information publique peut toujours être sauvegardée par un internaute et réapparaître quelque part sur la toile après effacement. Les vidéos interdites de diffusion sur le Net, qui disparaissent et apparaissent sans cesse d'une page à l'autre en est un bonne exemple. Ceci dit, afficher sa réelle identité offre aussi l'avantage d'assurer la paternité de tout ses écrits et de les publier dans la plupart des cas[N 17] sous licence CC.BY.SA. Un tel choix peut être opportun par exemple : pour une personne en recherche de reconnaissance publique, quelqu'un qui voudrait éviter toute accusation de plagiat sur ses propres écriture, ou encore un chercheur tenu par un devoir de déontologie.

Toutes ces raisons réunies furent à l'origine de mon choix de créer un compte dévoilant mon prénom, mon nom et mon identité réelle, le 26 février 2011, jour du début de mon observation participante au sein de l'espace numérique Wikimédia[57]. Cette option, il faut le savoir, n'est pas forcément définitive. Il y a tout d'abord le droit de disparaître, cela a déjà été dit, mais aussi la possibilité technique de créer un ou plusieurs comptes anonymes à côté d'un compte qui ne l'est pas. D'autre part, il est aussi possible d'éditer les projets Wikimédia en prenant le soin de se déconnecter[N 18]. Au final, toutes ces options et dispositions garantissent donc le respect de la vie privée des acteurs wikimédiens, mais aussi, chose très utile pour le chercheur, le respect selon le souhait de ces derniers d'une anonymisation des données disponibles sur l'espace numérique Wikimédia.

Il existe enfin un autre dispositif socio-technique au sein de l'espace numérique Wikimédia qui m’apparaîtra très utile en tant que chercheur désireux d'expérimenter un nouvelle science ouverte tel qu'elle fut définie précédement. Ce système est un outil de notification appelé Echo. Il fut progressivement mis en place au sein des projets Wikimédia pour permettre aujourd'hui de notifier un utilisateur enregistré à partir de n'importe quelle page des sites Wikimédia. Cette notification se fait soit par courriel quand la fonction a été activée par l'utilisateur, soit par message dès que ce dernier se connectera à n'importe quel site Wikimédia.

Concrètement, il me suffit par exemple au sein de ce présent texte que je suis en train d'écrire sur Wikiversité de produire l'hyperlien : « Psychoslave » pour que l'utilisateur répondant au pseudonyme « Psychoslave » soit averti que je le mentionne ici. De la sorte, il saura que je désire attirer son attention sur cette page, avec pour intention dans ce cas-ci, le remercier de l'intérêt qu'il porte sur mes travaux. Pour ne pas attirer son attention, je pouvais écrire son nom d'utilisateur sans créer cet hyperlien caractérisé sur les projets Wikimédia par un affichage en bleu. Sans notification, Psychoslave devra alors faire une recherche laborieuse à l'aide d'un moteur de recherche interne ou externe à Wikiversité pour savoir que je parle de lui. Au contraire, si je le notifie, il recevra dans son mail ou son message de notification un hyperlien qui lui permettra d'accéder directement, grâce à un lien et sur un simple clique, à la partie de texte où j'ai placé son nom d'utilisateur. Grâce à un tel dispositif, les acteurs cités dans ma thèse directement écrite en ligne, pourront donc une fois tenu au courant des propos que je tiens sur eux, régir à ceux-ci pour exprimer par exemple des souhaits extra légaux au sujet du respect de leur vie privée.

Au final, ce qui apparaît comme un renforcement efficace des mesures déontologiques, permettra aussi d'établir un dialogue avec les acteurs et actrices de terrain, au sujet du contenu de mon travail. Tom Boellstorf anthropologue dans Second Life y avait pensé avant moi quand il invitait ce que je considère comme lui, des « collègues » et « interlocuteurs », à débattre dans sa maison virtuelle baptisée « Ethnographia » (Boellstorf, 2013, p.9,22 et )[58]. Un tel choix d'ouverture dans le cadre d'une science ouverte donne donc à penser une réelle co-construction dans la production de connaissances ethnographiques mixant le point de vue « émique » des acteurs (Olivier De Sardan, 2008, p.105)[12] à la production épistémique du chercheur.

Construire le savoir ethnographique de manière dialogique[modifier | modifier le wikicode]

« alors que traditionnellement, par l’observation participante, l’anthropologue contrôle la trame contextuelle de son terrain et le positionnement de ses informateurs, ce n’est plus le cas ici. Cette dissociation entre le contexte perçu par l’observateur immergé et le texte produit par le terrain, nécessite d’interroger à nouveau frais l’articulation des méthodologies d’enquête de terrain. » (Servais, p.62, à paraître)[15]

Une socio-anthropologie hyperpanoptique, c'est aussi une socio-anthropologie où le socio-anthropologue ne se retrouve pas seul en position d'observation à l'image du gardien de prison dans une architecture panoptique. Apparaît donc ici l'importance du préfixe « hyper » pour bien souligner le fait que l'observation devient réciproque entre chercheur et interlocuteurs. Ensuite et à partir d'une telle situation, naîtra donc l'idée d'établir un dialogue constructif entre observateurs et observés basé sur une transparence similaire et réciproque dans le but de produire un savoir ethnographie de qualité.

Plan du panopticon, une prison conçue par Jérémy Bertham dans laquelle le gardien a vue sur toutes les cellules des détenus sans qu'il soit vu par les détenus eux-mêmes.

Conscient d'un tel phénomène, Sylvain Firer-Blaess n'hésitera pas à qualifier Wikipédia de : « modèle pour une société hyperpanoptique » (Firer-Blaess, 2007)[59]. L'idée d'une société hyperpanotpique lui sera venue de Nancy Fraser qui avait imaginé avant lui, et même avant l’existence de Wikipédia et des Wikis une « société disciplinaire parfaite [...] totalement 'panopticisée' [dans laquelle] tous se surveilleraient et se contrôleraient les uns les autres » (Fraser, 1985, p.178)[60]. La vision de Nancy Fraser quand à elle, avaient été inspirés des travaux de Michel Foucault et plus particulièrement de son travail sur l'univers carcéral (1975)[61]. Dans ceux-ci, l'auteur faisait référence à un concept architectural de Jeremy Bentham (1791)[62] intitulé panopticon, traduit en français par terme panoptique (voir illustration ci-contre). Ce que je propose à mon tour, c'est de récupérer le terme hyperpanoptique pour l'associer au terme socio-anthropologie dans le but de pouvoir mobiliser l'expression « socio-anthropologie hyperpanoptique » lorsque je veux faire référence au type de socio-anthropologie si particulière que m'invite à produire mes travaux ethnographique au sein d'un environnement numérique géré par le logiciel MediaWiki.

Dors et déjà, il est intéressant de resituer l'hyperpanoptisme au niveau de l'encyclopédie Wikipédia déjà décrite comme un lieu de « connaissance démocratique » (Foglia, 2008)[63]. Au sein de Wikipédia, la construction dialogique du savoir n'est pas toujours d'application, mais apparaît par souvent lors de conflits d'éditions entre auteurs d'un même article, conflits communément appelés au sein des communautés : « guerre d'édition »[64]. Lorsque deux éditeurs sont en désaccord sur le contenu d'une page, la communauté attend d'eux qu'ils cliquent sur l'onglet « Discussion » présent en haut de toutes les pages des projets Wikimédia. Une fois sur place, chaque protagoniste se trouve alors en position d'argumenter ses souhaits ou objections au sujet de l'article. On attendra aussi des utilisateurs que la discussion se fasse dans le respect d'un code de bonne conduite[65] qui sera rapidement notifié en cas de débordement. Si jamais le conflit d'édition venait à devenir un conflit entre utilisateurs, le débat sera alors normalement déplacé vers d'autres lieux de discussions dédiés à la résolution de conflits inter-personnels tel que le salon de médiation[66] ou dans les cas plus conséquent, en faisant appel à un comité d'arbitrage[67].

C'est donc dans ce même esprit de débat et en espérant ne jamais entrer en conflit avec quiconque, que j'invite tout un chacun à s'exprimer au sujet de mon travail et par rapport aux écrits que je publie directement sur le projet Wikiversité. Cette invitation ne concerne pas seulement les personnes de mon terrain d'étude, mais aussi toute autre personne qui le désire : membres de mon comité d’accompagnement, autres chercheurs ou même tout Internaute intéressé par le sujet. Les dialogues et débats, pourront avoir lieu sur plusieurs pages de discussion. Un premier espace de discussion principale[68] portant sur l'ensemble de ma thèse existe et bénéficie d'un système de discussions structurées qui permettra de simplifier les échanges avec les lecteurs pouvant être perturbés par la nécessité d'écrire en wikicode. En complément de cette page de discussion centrale, d'autres pages de discussions associées à chaque chapitre de ma thèse seront accessibles au départ d'hyperliens situés en dessous de chaque titre de chapitre avec cette exemple actif pour ce présent chapitre : « [ Réagir au contenu de ce chapitre ] ». Ses sous-espaces de discussion seront particulièrement destinés aux personnes actives au sein des projets Wikimédia étant donné que l'édition ne peut actuellement se faire qu'en wikicode. Cela permettra cependant d'établir un dialogue plus structuré et plus approfondi. Enfin, pour inciter les acteurs du mouvement à entrer en dialogue, je posterais dans différents espaces de discussion présents au sein de l'espace numérique Wikimédia, des messages qui notifieront les contributeurs à chaque fois qu'une nouvelle partie de mon travail sera prêt pour une relecture. A titre d'exemple, un premier message fut déposé dans le bistro, sorte de forum général du projet Wikipédia francophone, sous le titre « Avis de travail en cours »[69].

Remarquons toute fois que l'idée d'une écriture dialogique n'est pas une chose nouvelle dans le champ de la socio-anthropologie. Un anthropologue tel que Mondher Kilani parlait déjà dans les années nonante d' « une écriture dialogique plaçant le témoignage personnel et la voix des autres au centre du récit anthropologique » (Kilani, 1999, p.101)[70]. Il citait pour exemple dans la sphère francophone, les écrits de Philippe Descola (2006)[36], de Jeanne Favret-Saada (1977)[71] et les siens (Kilani, 1992)[72]. Mais il me semble toute fois que ce qui se dessine dans mon travail de recherche, va au-delà d'une écriture dialogique. J'y vois en effet quelque chose de plus proche de l'expérience vécue par Mondher Kilani lorsqu'il écrit :

« Mon texte n'est pas l'évocation d'une expérience subjective irréductible. Il est autant le produit d'une "vérité" négociée avec les oasiens qu'une construction explicitement adressée à un public lointain pour lequel je reconstruis les différents contextes de cette négociation » (Kilani, 1994, p.53)[73].

Une négociation donc que j'ai moi aussi en attente du processus dialogique mis en place au sein de ma thèse. Mais co-construction ne veut bien sûr pas dire coécriture. Une thèse de doctorat est en effet une épreuve qualifiante qui se doit d'être écrite par un seul auteur dans son intégralité. En raison de ce cadre institutionnel, il ne pourra donc s'agir que d'une co-construction des idées, mais en aucun cas du texte, même si des retouches au niveau orthographique ou syntaxique seront toujours les bienvenues et ce pour peu qu'elle restent identifiables comme telles.

Remarquons enfin, qu'un processus dialogique ne garantit pas à lui seul une construction dialogique du savoir. Pour que cette construction soit pleinement effective, il faut encore s'assurer que le dialogue puisse s'établir dans les deux sens. Joseph-Marie de Gérando, l'un des précurseurs de l'anthropologie moderne, écrivait ceci dans un texte publié au sein de la société des observateurs de l'homme : « Le premier moyen pour bien connaître les Sauvages [expression courante de son époque], est de devenir en quelque sorte comme l'un d'entre eux ; et c'est en apprenant leur langue qu'on deviendra leur concitoyen. » (de Gérando, 1800, p.13)[74].

Pour appliquer cette idée au niveau de la sphère internationale du mouvement Wikimédia, il me faut donc pratiquer sa langue véhiculaire qui n'est que l'anglais. Au niveau des projets éditoriaux par contre, la plupart de ceux-ci possèdent une version en langue vernaculaire, soit le français pour les projets francophones, le portugais pour les projets lusophones et ainsi de suite. Face à mes capacités linguistiques, je tenterai donc d'établir le dialogue en français, en anglais et en portugais. Mais avant de sentir « l'un d'entre eux »dans une des communautés d'éditeurs, encore faut-il maîtriser un autre composante du langage vernaculaire que représente le jargon Wikimédien et une autre composant du langage véhiculaire que constitue le wikicode. Sans connaître ce jargon, il peut s'avérer parfois difficile de tout comprendre tandis que la connaissance du wikicode apparait indispensable à la mise en forme de ses écrits.

Tout cet apprentissage me permet donc de communiquer aisément au sein du mouvement Wikimédia, mais pour qu'un processus de co-construction s'installe, je dois encore veiller à ce que mes écrits soient accessibles à tout public. Pas question donc d’adapter un style d'écriture ampoulé, rempli de jargon ou de néologismes scientifiques, faisant référence à un foisonnement d'auteurs et de théories pour au final rendre mon discours incompréhensible ou imbuvable à toute personne non initiée à ce genre de littérature. J'ai donc choisi autant que possible, d'adopter un langage familier aux éditeurs des projets wikimédia et finalement proche du style encyclopédique développé sur Wikipédia. Autrement dit, un langage simple, concis dans lequel je ferai apparaître un hyperlien pointant vers la page d'un des projets Wikimédia, à chaque fois qu'un concept ne me semble pas compréhensible par tous.

Une autre décision propice au dialogue sera d'entamer ou de poursuivre l’édition de certaine pages que je relierai à mes travaux d'écriture. Plus précisément, l'idée sera notamment de déplacer le dialogue et la co-construction de ma thèse au sein même d'un terrain d'observation que je côtoie depuis bientôt dix ans[75]. Pour ce faire, je prendrai un soin particulier à éditer d'une part, les articles consacrés au mouvement Wikimédia et à la fondation Wikimédia dans différentes versions linguistiques de Wikipédia, et d'autre part, les articles consacrés à une version linguistique de Wikipédia dans sa version linguistique. Par exemple, je travaillerai sur l'article Wikipédia en français au niveau de l'encyclopédie francophone, de l'article English Wikipedia sur l'encyclopédie anglophone, ect.

Afin d'aider le lecteur non Wikimédien à mieux comprendre l'espace numérique Wikimédia, je ferai aussi appel à une « métaphore heuristique ». Cette technique qualifiée de « redescription heuristique de la réalité » par Guy Bouchard (1987)[76] a aussi inspirée Paul Ricœur dans son ouvrage « La métaphore vive » de (2002)[77]. Le but du procédé en ce qui me concerne, sera de décrire l'espace numérique Wikimédia et l'espace Web dont il fait partie, avec des mots compréhensibles par tous. Pour ce faire, je choisirai comme métaphore celle du village, directement inspirée d'une émission radio bien connue en Belgique francophone intitulée « Le monde est un village »[78].

Il me restait enfin un dernier aspect important en matière de dialogue au sein du mouvement Wikimédia Pouvoir dialoguer correctement avec les acteurs impliqués dans la gestion informatique des projets, j'ai du aussi apprendre les langages informatiques qu'il utilisent le plus souvent. Les langages informatiques sont des langages en soi au même titre que les langages parlés et j'ai donc du apprendre, lors de formation à distance, le vocabulaire et la grammaire HTML, CSS, JavaScript, PHP et Lua.

Au finale, tous ces langages de programmation me permettent non seulement de mieux communiquer avec les acteurs du mouvement Wikimédia, mais aussi de mieux comprendre les enjeux d'un espace Web qui envahit tous les jours un peu plus le quotidien des êtres humains. « Code Is Law » (Le code fait loi[79]) écrivait Lawrence Lessig (2000)[80] au sujet de « la liberté dans le cyberespace ». Cette maxime dédiée à Internet et l'espace Web, garde pour moi tout son sens dans le mouvement Wikimédia. Cette espace numérique en pleine construction, il est parfois difficile de le décrire avant que les choses ne changent. D'où sans doute l'intérêt de produire une ethnographie en ligne avec une mise à jour perpétuelle au sein d'un espace ouvert et collaboratif. A ce choix stratégique s'ajoutera un autre : celui de se projeter dans le futur au cœur d'une démarche prospective.

S'inscrire dans une socio-anthropologie prospective[modifier | modifier le wikicode]

L'expression écrite « anthropologie prospective » semble être apparue pour la première fois en 1888 dans un cours de George Vacher de Lapouge (1888, p.29)[81], mais le concept à proprement parlé d'« anthropologie prospective » fut créés par Gaston Berger (1956)[82]. « Dès 1955, il trace les contours d'une méthode nouvelle [la prospective] qui réconcilie savoir et pouvoir, finalités et moyens, en donnant à l'homme politique la possibilité de transformer sa vision de l'avenir en actions, ses rêves en projets. » (Durance, 2008, p.13)[83]. Au sein d'une humanité encore inconsciente d'un réchauffement climatique naissant, Gaston Berger observait déjà une dangereuse accélération :

« L'homme est devenu capable d'actes irréversibles (Berger, 1960a)[84]. Par ailleurs, cette accélération n'affecte pas tout, ni tout le monde, de la même façon ; des " décalages ", des tensions, apparaissent un peu partout, qui renforcent encore ce sentiment de transformation du monde (Berger, 1957a)[85]. » (Id.)[83].

En parlant d'accélération, Gaston Berger devait certainement faire référence à la révolution industrielle, déjà conscientisée en 1799 par Louis-Guillaume Otto, lorsqu'il affirmait dans lettre que « La révolution industrielle est commencée en France » (Otto, 1799 cité par Teich, 1996)[86].

Définie par son auteur comme science de « l'homme à venir (Berger, 1956b)[87]» (Durance, 2008, p.17)[83], l'anthropologie prospective aura donc pour objet d' « élaborer de nouvelles formes d'études prospectives, qui auraient comme sujet les différentes situations dans lesquelles l'homme pourrait se trouver dans l'avenir [...] Ces études devront s'attacher à dégager les structures profondes des phénomènes, puis faire jouer l'imagination pour esquisser les premier schémas des situation à venir » (Id.). Dans l'esprit de Gaston Berger, « Cette " mission " devra être confiée à des spécialistes de divers horizons (psychologie, sociologie, économiste, pédagogue, ingénieurs, médecin, statisticien, démographe, etc.). » (Id.)[83].

Afin de rassembler toutes ces disciplines un « Centre International de la prospective » fut créé en mai 1957, trois ans avant le décès de Gaston Berger qui en fut le premier président (Durance, 2008, p.19)[83]. D'autre centres naîtront ensuite sous la même impulsion, tel que le Centre d'études prospectives (Association Gaston-Berger)[88] ou encore le le centre d'anthropologie prospective de Rouen qui produira en 1973, une première et dernière publication[89] contenant les actes d'un premier colloque axé sur le thème « La psychanalyse d'aujourd'hui »[90] dans lesquels l'anthropologie prospective restera présenté comme un « projet d'unification et de synthèse » (Clancier, 1974, p.15)[91]. Pour la suite, Gaston Berger restera cité dans la littérature mais de moins en moins durant les vingt ans qui suivront son décès[92]. Mais le concept de « prospective » aura marqué les esprits et le huit avril 1968, le club de Rome connu pour son rapport sur Les limites à la croissance (Meadows, 1972)[93], mais aussi pour ses préoccupations au sujet d'une « crise planétaire » naissante.

Quand à l'anthropologie prospective, on n'en parlait déjà plus en 1979 dans un titre de la collection Que sais-je pourtant intitulé « La prospective » (Decouflé, 1979)[94]. Cependant, le concept réapparu soudainement en 2001, dans le titre de la revue Recherche Scociologique de l'Université Catholique de Louvain. Sous la direction de Mike Singleton (2001)[95], cette revue marquera les débuts d'un laboratoire d'anthropologie prospective dont je suis actuellement membre actif et quelque part héritier. L'anthropologie prospective, venait donc d'être réinventée quarante-cinq ans plus tard et de façon « inédite » (id., p.3)[95], comme le croyaient ses nouveaux fondateurs, ignorant à l'époque l’existence des travaux de Gaston Berger tombés dans l'oubli au cours des années 70. Un fait quelque peu amusant, puisqu'il s'agissait pour ces créateurs d'un acte de « réincarnation » (id., ), non pas de l'anthropologie de Gaston Berger, mais bien d'une anthropologie dont « on prédisait sa mort imminente » (Worsley, 1966[96] cité par Singleton, 2001, p.2)[95].

C'était aussi pour les créateurs de ce laboratoire, l'occasion d'établir une science transdisciplinaire (id., p.4)[95], et non plus interdisciplinaire telle qu'elle avait été conçue par Gaston Berger lorsqu'il rassembla au sein de son projet différentes disciplines scientifiques. A contrario, la stratégie du laboratoire d'anthropologie fut de rassembler au sein d'une unique discipline que représente l'anthropologique, des personnes originaires d'horizons scientifiques différents (droit, agronomie, histoire, économie, communication, astrophysique, etc.). Une autre stratégie adoptée par ce laboratoire influencé par son chef de fil, Mike Singleton, fut aussi de retrancher le fait anthropologique derrière un « fait d'anthropologues » (id., p.3) ou autrement dit, d'accorder plus d'importance et de reconnaissance aux travaux des anthropologues qu'à l'anthropologique elle même.

Si la stratégie de Mike Singleton était différente de celle de Gaston Berger, leur vision de l'anthropologie prospective convergeaient toute fois vers une perception holistique de la société humaine. Ce point de vue, je l'adopterai à mon tour dans l'étude du numérique comme partie intégrante de l'humanité (Heather, 2013, p.15)[97]. Contrairement à ma précédente étude ethnographique (Scheepmans, 2011)[5] où j'avais opter pour une observation « immersive » (id. p.120)[97] au sein de l'espace numérique Wikipédia, je choisirai donc cette fois, de mener mes observations[N 19] aussi dans les espaces hors ligne du mouvement Wikimédia, et même partout où j'aurai l'occasion de m'y rendre.

Faire de l'anthropologie prospective au LAAP (Hermesse, 2011)[98], comme au centre de Gaston Berger (Durance, 2010, p.19)[99], c'est aussi adopter une posture réflexive. Cette réflexivité, je la voudrais particulièrement présente au niveau d'un chapitre autobiographique et auto-ethnographique (Hayano, 1979)[100], qui aura pour but d'aider le lecteur à se situer dans le temps et dans l'histoire d'une révolution numérique vue au travers de ma propre expérience. Une expérience au cour de laquelle, le 3 mars 2011 à 14:05 très précise, je prenais par en créant mon compte utilisateur, à ce que certains ont appelé : « La révolution Wikipédia » (Assouline, )[101].

Opter pour une anthropologie prospective, comme la fait de son temps Gaston Berger (Durance, 2010, p.1)[99] et comme le fait aujourd'hui les membres du LAAP (Hermesse, 2011)[98], sera aussi pour moi une occasion de faire science de façon engagée. Pour ce faire, d'une part j'adopterai un discours direct au niveau des acteurs et actrices de mon terrain, d'autre part, j'utiliserai la première personne du singulier pour exprimer mes propres propos.

Reste en fin cette idée de Mike Singleton selon laquelle « on ne fait pas de l'anthropologie prospective pour satisfaire sa curiosité théorique [...] mais pour activer l'énergie humaine » (Singleton, 2011, p.52)[102]. Je suivrai donc ce dernier enseignement en me reppelant qu'injecter l'énergie humaine dans la théorie comme celui qui a opposé à une époque l'« anthropologie sociale » adeptes d'un structuralisme hérité des pensée d'Émile Durkheim et l'« anthropologie culturelle » attachée au culturalisme et au cultural studies. Et puis au finale, la théorie ne semble pas non plus être la chose la plus utile dans l'étude du mouvement Wikimédia. Car si l'on en croit le dernier mot d'un étude ethnographique précédente et conséquente : « le problème avec Wikipédia, c'est que cela fonctionne seulement en pratique, en théorie cela ne fonctionne pas »[N 20] (Jemielniak, 2015, p.192)[103].


Notes

  1. Sur Wikipédia on parle souvent de « travaux inédits » bien que cette formulation soit ambiguë puisque « éditer un article de l'encyclopédie », comme cela se dit souvent, est forcément faire un travail inédit.
  2. Dans l'espace numérique des projets Wikimédia, chaque page du site Internet possède une page de discussion associée qui permettra par exemple aux utilisateurs du site de s'entretenir entre eux sur le contenu de la page principale. Du fait que chaque utilisateur possède aussi une page pour se présenter à la communauté, la page de discussion attenante à celle-ci représentera alors un lieu où l'on peut déposer un message public à l'utilisateur plutôt que de lui envoyer un courriel. Cette espace représente le seul un moyen d'écrire à un utilisateur quand on ne possède pas son adresse e-mail et que la fonction « envoyer un courriel » n'a pas été activée par ce dernier au niveau de ses préférences personnelles au sujet de la configuration du logiciel informatique sur lequel repose le site et le projet Wikiversité.
  3. Selon les projets éditoriaux Wikimédia, il existe différente façon de prendre une décision collective sur des changements majeurs pouvant toucher toute la communauté. Dans le cas du projet Wikiversité francophone, les prises de décisions sont faites sur des pages du site créées à cet effet et dans lesquelles les membres de la communauté discute en vu d'obtenir un consensus et finissent par voter pour confirmer leurs positions. Pour pouvoir voter, il faut répondre à certains critères d'éligibilités des votants essentiellement déterminés sur base d'une certaine ancienneté et un minimum de participation au sein du projet.
  4. La classification décimale universelle a connu plusieurs éditions depuis sa création en 1905 par les deux juristes belges Paul Otlet et Henri La Fontaine fondateurs de l’Institut international de bibliographie.
  5. Le premier exemplaire de la revue Socio-anthropologie comme ceux qui suivront son disponibles en accès ouvert sur le portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales OpenEdition.org.
  6. Certaines informations récoltées par le logiciel MediaWiki sont en effet masquées pour des raison juridiques liées par exemple au copyright ou au respect de la vie privée.
  7. Pour une liste des statistiques disponible sur le Web, voir la page du laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia.
  8. Pour un exposé plus approfondit sur le sujet, voir en annexe la section consacrée à l'utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique.
  9. Texte original en anglais : If men define situations as real, they are real in their consequences »
  10. L'ouvrage fut traduit sous le titre Quand dire, c'est faire.
  11. L'information pourrait cependant ne plus être accessible au lecteur si entre temps elle a été masquée pour des raisons légales ou, chose encore moins probable, si le site a été victime d'actions malveillantes au niveau des serveurs.
  12. Un acte qui par ailleurs est obligatoire au vu de la licence CC.BY.SA appliquée sur tous ces contenus.
  13. Une démarche qui n'est pas sans rappeler l'expression « anthropologie sociale et culturelle » solutionnant le conflit idéologique et partisan dont il était question dans une section précédente de ce travail.
  14. Pour connaite la situation de la science ouverte en Belgique voir : « Moniteur Belge - Belgisch Staatsblad », sur www.ejustice.just.fgov.be (consulté le 23 mai 2019)
  15. Les modifications faite aux pages sont directement visibles en substance sur une page différenciant le contenu avant et après l'édition. Le sujet sera de nouveau abordé dans la prochaine section de ce chapitre.
  16. Certaines modifications peuvent être masquée pour des raisons légales suite à une plainte par exemple, mais ce cas de figure reste relativement rare.
  17. Dans certains cas comme sur le sites Wikidata et plus récemment sur Wikimédia commons, certaines contributions sont publiées sous licence CC0.
  18. Remarquons que ce qui est librement faisable techniquement, n'est pas forcément autorisé par les règles mises en place au sein des communautés. Créer plusieurs comptes dans dans le but d'influencer davantage la gouvernance des projets est en effet proscrit et fait l'objet de contrôle rendu possible par d'autres dispositif sociotechniques intégrés dans l'espace numérique Wikimédia.
  19. Dans le but de donner un aperçu complet sur mon observation participante, mon parcours wikipmédien est retracé de façon exhaustive au niveau de ma page d'utilisateur sur le site Meta-Wiki.
  20. Texte original : The problem with Wikipedia is that it only works in practice. In theory, it can never work.


Ma révolution numérique[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Il était une foi un monde sans Internet[modifier | modifier le wikicode]

Sans pour autant faire partie des digital native, pour peu qu'ils existent vraiment, ma vie numérique n'a bien sûr pas commencé avec Wikipédia. Pour la petite histoire, je suis né en janvier 1969, un peu plus de 9 mois avant le tout premier message transmis sur Arpanet[104]. C'était l'époque où le transistor était abandonné au profit du circuit intégré dans la construction des ordinateurs. A l'age de deux ans, j'aurais pu assister à la première émission en couleur de la RTBf diffusée dans un épisode du « jardin extraordinaire ». Mais l'arrivée de la télévision couleur arriva plus tard dans notre famille et ce fut l'occasion de recycler notre télévision noir et blanc en jeux d'arcade vidéo. Mon père y avait installé un jeu Ping Pong électronique qui nous enchantait. De mon enfance, je me souviens aussi du plaisir que j'éprouvais lors des ducasses d'été où je dépensais l'argent reçu par ma famille entre les auto-scooter et le Luna Parck. J'avais des amis chez qui je pouvais jouer à pack-man. Leur père s'intéressait à l’informatique et avait fait la possession d'un commodore 64 réputé pour être l'ordinateur ayant été le plus vendu au monde jusqu'à ce jour avec plus de 17 millions d'exemplaire et dont le premier fut fabriqué en 1982. C'était le plein essore de l'ordinateur personnel avec la sortie en 1981 de l'IBM Personal computer et la vente de million d'exemplaires dont l'architecture ouverte fut à l'origine de tous les ordinateurs produite aujourd'hui.

L'arrivée des ordinateurs personnels sonna le glas d'une coopération transparente au sein des informaticiens. De ce nouveau marché découla l'apparition de nombreux brevets et copyrights sur les codes informatiques qui rapidement obligèrent les programmeur à garder secret les codes indispensables au bon fonctionnement des machine. hold-up planétaire[105] don profitat Bill Gate et sa companie Microsoft profitant de la négligence de la société IBM lors de la signature d'un contrat assurant les droits excusifs sur le système d'exploitation équipant les

Pris dans la toile[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

De Wikipédia à Wikimédia, bientôt dix ans[modifier | modifier le wikicode]

Tout a commencé le 11 juin 2008 à 22 h 24 (UTC) très exactement. Ce fut le moment précis où je cliquais pour la première fois sur le bouton « Créer votre compte » affiché sur une des millions de pages que comporte le projet Wikipédia francophone[106]. Si je me souviens de cette instant si précisément, ce n'est pas grâce à ma mémoire, ni à un carnet de notes, mais parce que depuis ce moment, chacune de mes actions au sein du projet furent enregistrées sur les serveurs informatiques de la fondation Wikimedia.

A cette époque, j'étais loin de réaliser que c'était le cas pour toute personnes modifiant un jour l'un des projet hébergé par la fondation Wikimédia. Je ne savais pas non plus que l'on pouvait consulter ces informations de façon publique. Pour tout dire, j'étais comme tout le monde, ignorant de la puissance informatique cachée dans le réseau Internet. Je n'étais qu'un newbe, un peon comme le disent les Wikipien, incapable de cerner les enjeux de cette révolution numérique qui prenait cours sous mes yeux et à laquelle je participais sans même le savoir. C'était le le 11 juin 2008, plus de dix ans avant que je devienne, année de pratique, après année d'apprentissage, un geek au sein de mon laboratoire d'anthropologie prospective, considéré à tord ou à raison comme spécialiste de Wikipédia.

Suite à venir...


Notes


Meta-Wiki, le village numérique du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

une description dense (Geertz, 1998)[107] et un épaississement empirique (Singleton, 2001, p. 15) du mouvement Wikimédia

L'espace Web sous la métaphore heuristique du village[modifier | modifier le wikicode]

L'espace Web est un village et l'une des caractéristiques du village, c'est que tout se trouve à deux pas de là où l'on se situe. En ce sens, la métaphore du village appliquée à l'espace numérique a tout son sens puisque et particulièrement dans l'espace Web, car sur la toile, tout se trouve aussi à deux clique de là où l'on se situe. Un premier clique vers un moteur de recherche, un deuxième clique vers ce que l'on cherche. Dans cette vision des choses, le moteur de recherche, présent à chaque entrée du village numérique planétaire s'identifie aux jeunes natifs que j'ai pu rencontrer dans mes voyages, se tenant à toujours disposition du nouvelle arrivant ou de l'expatrié pour lui donner l'information dont il a besoin. Sorte de guide touristique pouvant dépasser le cadre du tourisme, tout ces jeunes rencontrés me donnaient l'impression, au même titre qu'un moteur de recherche dans l'espace numérique, de tout connaître sur le village. En réalité, tout comme les moteurs de recherche, ils ne connaisse pas tout puisqu'il existe toujours des choses cachée au sein d'un village, et parmi ce qu'il connaisse, ils feront toujours un choisi intéressé, en me guidant par exemple vers un lieu de vente qui leur donnera une commission à chaque foi qu'il apporte un nouveau client.

La communication au village peut se faire par voix orale ou par voix écrite. Si l'on utilise la voix écritre, on se trouve devant deux option similaire à ce qui existe dans l'espace numérique. Soit on envoie une carte postale qui pourra être lue et même photographiée par toute les personnes qui la manipulera tel que les agents de la poste par exemple, soit on envoie une lettre sous plis postal[108]. Dans l'espace numérique la carte postale correspond au message que l'on envoie via sa boite de courriel (e-mail), sur les réseaux sociaux et autres plate-formes permettant l'envoie de message instantané, tandis que la lettre sous enveloppe, correspond aux messages cryptés que l'on ne peut déchiffrer qu'avec une clef de déchiffrage. Il s'agit ici, de courriel ou de message envoyer par des service garantissant le cryptage de l'information (Fournir exemple...)

Wikimédia est au village de tradition écrite ...

Suite à venir...

Les différences entre Wikipédia et Meta-Wiki[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Les espaces politiques et économiques du mouvement[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Groupes et acteurs, motivation et pouvoir[modifier | modifier le wikicode]

« Imagine a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge. »[109]

L'imaginaire Wikimédien[modifier | modifier le wikicode]

À venir...


Notes

Wikimédia, une exception dans l'hypercentralisation du Web ?[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Les enjeux de l'hypercentralisation du Web[modifier | modifier le wikicode]

À l'heure ou les émules créés par la mise en œuvre du Règlement général sur la protection des données (RGPD)[110] se poursuivent, l'hypercentralisation du World Wide Web, dénoncé par son inventeur de 2014[111] à 2018[112], semble rester l'un des enjeux majeurs dans la gestion de l'Internet. Si l'on s'en tient à une traduction littérale de l'anglais, le Web représente un vaste réseau mondial qu'il ne faut pas confondre avec l'Internet. Le mot Internet désigne l'aspect physique du réseau composé de produits informatiques interconnectés à l'aide de protocoles divers : ordinateurs, téléphones, moyens de transport, installations électriques, bracelet électroniques, sex toys, etc. D'où est tirée d'ailleurs l'expression d'Internet des objets.

En dehors des points d'échanges, sortes de nœuds au sein du réseau rationalisant la circulation des informations entre les fournisseurs d'accès, il est donc quelque part absurde de parler de centralisation lorsque l'on parle de l'Internet alors que la question d'hypercentralisation s'applique parfaitement au niveau du Web où l'on voit apparaître toute une série d'acteurs économiques qui gèrent de façon monopolistique toute une série d'applications.

Statistiques d'utilisation des navigateurs Web de 2009 à 2017.

Pour expliquer les choses simplement et sans entrer dans les détails[113], l'espace Web, inventée par Tim Berners-Lee plusieurs années après la création de l'Internet, pourrait se résumer à tout ce qui est accessible au départ d'un navigateur Web pouvant être installé sur un ordinateur, un smartphone, une tablette, une montre, etc. Plus concrètement, le Web se compose d'un ensemble de pages au contenu audiovisuel qui la plupart du temps propose des liens hypertextes pointant vers d'autres pages de même type. Surfer sur la Toile, c'est donc passer d'une page à l'autre en cliquant sur ces liens.

Pour comprendre à présent le phénomène d'hypercentralisation du Web, il faut observer comment s'est développé le marché économique et politique dans cet espace. L'espace Web est actuellement dominé par ce que l'on appelle les géants du Web. Ce groupe est constitué d'un ensemble de cinq firmes réunies sous l'acronyme de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ayant toutes leur siège social en Californie dans la Silicone Valley, à l’exception de Microsoft et Amazon situées dans l'état de Washington, mais toujours au États-unis. Parmi ces firmes, la plus significative pour être bien connue est sans doute la plate-forme de réseau social Facebook. Celle-ci revendiquait en juin 2017 plus de deux milliards d'utilisateurs[114], soit plus d'un quart de la population mondiale. Son directeur général (CEO, Chief Executive Officer') est son jeune fondateur de 34 ans devenu cinquième homme le plus riche au monde en moins de 15 ans.

Le succès de Facebook semble en partie lié au concept de technologie de rupture qui fut établi au départ d'une analyse pionnière menée par Clayton M. Christensen, dans son ouvrage intitulé The innovator's Dilemma[115]. Ce concept, aussi adopté par Google[116], propose l'innovation comme leitmotiv dans la lutte pour l'acquisition de parts de marché. À ce principe d'innovation s'ajouteront d'autres effets favorables tels qu'une communauté de départ valorisante issue du milieu universitaire, une couverture médiatique croissante et finalement un effet de réseau irréversible qui se produit lorsqu'une communauté d'utilisateurs dépassant de loin celle des autres communautés attire vers elle les membres des autres communautés pour des raison évidentes d'efficacité de rencontre[117].

Quant aux bénéfices financiers, il faut comprendre que ce que vendent les géants du Net est, d'une part, un droit à la publicité au sein de leurs site Web et, d'autre part, un accès à un ensemble de données fournies par leurs utilisateurs devenant, sans le savoir, les réels producteurs du travail numérique vendu par ces entreprises. Appelées « le nouvel or noir »[118], toutes les données informatiques produites par les utilisateurs (identités, coordonnées, comportements sociaux, réseaux d'amitiés, etc) sont d'une très grande valeur étant donné qu'elle peuvent être directement traitées par des ordinateurs pour établir des analyses statistiques rapides – parfois en temps réel – au départ d'une quantité colossale de données. Réalisées à l'aide d'algorithmes divers, ces analyses offrent des indications précises pour la mise en place d'un marketing particulièrement ciblé ou pour établir des stratégies de communication extrêmement efficaces et pouvant être paramétrées à une dimension planétaire. Il en résulte que ce marché est extrêmement prisé par les personnes et sociétés les plus riches de la planète, soucieuses de poursuivre efficacement leurs buts lucratifs ou d'accumulation de pouvoir politique.

Signature de la loi USA PATRIOT Act par le président George W. Bush.

Toutes situés au États-Unis, ces sociétés monopolistiques sont aussi soumises à des pressions politiques, juridiques voire financières en provenance de l'État ou d'organismes étatiques. Par exemple, la loi USA PATRIOT Act votée le 26 octobre 2011 à la suite des attentats du 11 septembre 2001, permet aux autorités américaines d'accéder aux données informatiques détenues par les particuliers et les entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs[119].

Au final, l'accaparement de l'espace Web par un nombre restreint d'acteurs commerciaux basés aux États-Unis posera donc les problème suivants :

  • un renforcement de l'influence des plus riches (personnes ou sociétés) sur le reste du monde ;
  • une concentration des capitaux et d'actions dans un seul état du monde ;
  • le renforcement d'une puissance étatique en matière de contrôle des activités humaines.

Gardons enfin à l'esprit, mais sans entrer dans les détails pour ne pas nous éloigner du sujet qui nous intéresse, qu'au niveau de l'informatique le phénomène d'hypercentralisation n'est pas propre au Web. En effet, la société Microsoft, déjà accusée en 1998 de hold-up planétaire[120] au travers l'établissement d'un monopole, reste en janvier 2018 propriétaire du système d'exploitation appelé Windows installé sur plus de 80% des ordinateurs de bureaux[121].

Au final, donc, la question d'hypercentralisation liée au développement de l'informatique et des nouvelles technologies de communication peut aller au delà de l'intérêt que l'on porte aux GAFAM. Le projet d'encyclopédie libre en ligne Wikipédia par exemple, bien qu'il ne réponde pas à un but lucratif institué, se situe en cinquième place au niveau de la fréquentation du Web et bénéficiant de près de 70% du trafic en provenance des moteurs de recherche[122]. À ce titre, ce projet peut légitimement être repris parmi la liste des géants du Web qui ont réussi à établir un certain monopole sur le réseau. Bien sûr, au niveau des enjeux économiques et politiques, Wikipédia ne doit pas être comparé aux GAFAM. Gardons bien à l'esprit qu'il est issu d'un travail bénévole et que de ce projet ne découle aucune vente d'espace publicitaire ou de données produites par ses utilisateurs. Cependant, il n'en reste pas moins vrai que ce monopole est source de revenus financiers provenant d'un ensemble de dons s'élevant à un montant 100 000 000 de dollars américains lors de la dernière récolte 2017-2018[123]. Il est vrai aussi que cette somme d'argent est gérée au niveau d'un ensemble d'acteurs limités gravitant autour de la fondation Wikimédia et que cela peut poser question. Il est tout aussi vrai qu'au delà de l'aspect financier on peut dénoncer au sein de l'encyclopédie, bien qu'elle soit éditée de façon bénévole par un nombre d'acteurs important, une certaine centralisation culturelle liée aux origines ethniques de ses nombreux contributeurs et contributrices.

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Centralisation et décentralisation au sein des projets Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Principe de neutralité de point de vue

Il semblerait toutefois que « l’aspiration à un processus de rédaction convivial et serein soit mise de facto au-dessus de l’examen critique de la présentation pluraliste des points de vue. »[124]

Faire référence à l'article Krisna, eglise catholique. pédagogie Steiner dans différente langue.

Centralisation et décentralisation culturelle

Centralisation possible des contributions sur fr.wikipedia

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Église catholique » sur fr.wikipedia

Une analyse statistique étayée par une observation ethnographique révèle que les articles traitant de la religion catholique sont édités, surveillés et protégés par un nombres restreint d'utilisateurs membres ou présupposés membres de la communauté. Il en ressort ainsi un fait marquant, c'est qu'en date du 5 février 2018, l'article intitulé « Histoire de l'Église catholique »[127] n'apporte aucune information ni liens sur la question des abus sexuels au sein de cette église. [128].

Graphique de répartition des 10 premiers utilisateurs en fonction de la taille du texte ajouté à l'article « Histoire de l'église catholique » sur fr.wikipedia.

Une analyse statistique accessible en ligne[129] de la page Église catholique faite par le laboratoire Wikimedia Toolforge illustre au travers d'un ensemble de diagrammes que près de la moitié du texte de l'article a été ajoutée par un utilisateur, près des trois quarts par deux utilisateurs et plus de 85% par trois utilisateurs. Une autre page d'analyse statistique[130] nous informe que, au niveau de l'article « Histoire de l'Église catholique », 87,4% du texte a été ajouté par un seul utilisateur.

Centralisation et décentralisation au sein du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Dérive de la mission


Documentation à parcourir

Info depuis le formulaire d'inscription conf berlin :

  • Asia Meet-up, CEE Meeting IberoCoop India Conference WikiArabia WikiCon Francophone WikiIndaba Wikimedia Conference North America WikiWomen’s Camp.
  • Sharing best practices (e.g., leading Lightning Talk sessions, facilitating Creative Problem Solving sessions or “Fail fest”)
  • Teaching basics of conflict mediation
  • Anti-harassment tools and protecting Friendly Space
  • Project planning & support (facilitating the pilot project workshop, teaching grant proposal best practices)
  • Measuring and evaluating impact (leading a logic model session, tools demonstrations or rotation)
  • Communications skills (facilitation, presentation, teaching the ABCDs of storytelling)
  • Designing Wikimedia programs and events (e.g., facilitating the Making It Count workshop, sharing program toolkits, designing workshops, teaching others to lead successful events)

Notes

Servitude volontaire ou volontariat serviable ?[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Idées

L'expérience Wikipédia nous oblige à reprendre le débat sur le don au sein des sciences sociales et plus particulièrement au sujet de qu'il est convenu d'appeler le « don pur » selon la formule de Malinowski ou « don aux inconnus » selon la formule de Godbout.

Une chute dans la croissance de nouveaux contributeurs s'est clairement manifestée en 2007. Elle s'explique par plusieurs hypothèses :

  • l'établissement de règle par une communauté de départ qui repousse les nouveaux arrivants.
  • la difficulté de contribuer en raison d'article de plus en plus complets et exhaustif.
  • la migration de l'utilisateur Internet de l'ordinateur vers le smart-phone.

Il existe une quatrième piste qui n'est pas encore exploitée :

  • le démarrage de campagne de récolte de dons : la gratitude des utilisateurs de l'encyclopédie (contre don) anciennement présente au travers de la participation à l'édition est remplacée par le don d'argent plus propice au développement de la fondation qu'au développement de l'encyclopédie.

Bientôt les 500 ans de la servitude volontaire[modifier | modifier le wikicode]

Ressources

  • Discours de la servitude volontaire (de la Boétie, 1574)[131] - Texte audio[132]
  • L’Énigme de la "servitude volontaire" (Lablénie, 1930)[133]
  • La servitude volontaire (Testar, 2004)[134]
  • La question du consentement au travail : de la servitude volontaire à l'implication contrainte (Durant, Le floch, 2006)[135]
  • De la servitude moderne (Brient, 2007 )[136] - Vidéo[137]
  • La servitude volontaire aujourd'hui : esclavages et modernité (Chaignot, 2012)[138]
  • La chaîne invisible : travailler aujourd'hui, flux tendu et servitude volontaire (Durant, 2012)[139]
  • Penser "la servitude volontaire": une anthropologie de notre présent, Gérard Althabe (Traimond, 2012)[140]
  • Du refus de la servitude volontaire (Bernard, 2015)[141]
  • La nouvelle servitude volontaire : enquête sur le projet politique de la Slicon valley (Vion-Dury, 2016)[142]

Dons et contre-dons au sein du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

Volontariat serviable ou servitude volontaire ?[modifier | modifier le wikicode]

La notion de copyleft et de paternité comme garantie d'un volontariat serviable et traçable[modifier | modifier le wikicode]

Le copyleft, c'est la garantie qu'un travail produit au bénéfice de la communauté ne soit pas récupéré par un acteurs pour en faire un produit dérivé non libre et non ouvert dans le but par exemple d'en assurer le monopole d'une utilisation commerciale. Au sein des licence libre le copyleft se manifeste au niveau de la condition « share alike » (CC.SA) traduite en français par « partage dans les même conditions ». Concrètement, cette condition s'exprime en ces termes :

Dans le cas où vous effectuez un remix, que vous transformez, ou créez à partir du matériel composant l'Oeuvre originale, vous devez diffuser l'Oeuvre modifiée dans les même conditions, c'est à dire avec la même licence avec laquelle l'Oeuvre originale a été diffusée.[144]

Dans le cadre d'un travail volontaire au service de la communauté, cette condition apparaît donc comme un élément crucial. Elle permettra par exemple dans le cadre du mouvement Wikimédia d'assurer que les services rendus à la communauté soient porteurs de nouveaux services librement accessibles à cette même communauté. Prenons un exemple :

Si la communauté Wikimédienne produit du contenu informationnel sous condition share alike, la description d'une photographie par exemple, aucune entreprise par la suite ne pourra au départ de ce travail bénévole produire un moteur de recherche d'image sous copyright fonctionnant grâce à un code informatique non ouvert et dans le but de répondre à aux intérêts propres et limités d'investisseurs financiers. Ce cas de figure me semble tout à fait possible à partir du moment ou la condition share alike disparait dans le cas de l'adoption par exemple d'un licence moins restrictive tel que la CC.0 qui s'apparente au domaine public.


Notes

Quel destin pour la culture orale dans le mouvement Wikimédia et l'espace Web ?[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Culture orale populaire et culture écrite savante[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

La culture orale au sein du Web[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

La culture orale au sein du mouvement Wikimédia[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Perspective d'avenir[modifier | modifier le wikicode]

À venir...


Notes

Le mouvement Wikimédia pour imaginer le monde autrement[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

W21-1a.svg

Lionel Scheepmans (lui écrire) est en ce moment même en train de travailler en profondeur sur cette page ou section de page. Merci de ne pas modifier celle-ci afin de limiter les risques de conflit de versions jusqu’à disparition de cet avertissement .


Enlevez ce modèle dès que le travail est fini ; si le travail doit être continué, utilisez le modèle : {{Pas fini}}.

Il existe des imaginaires féconds, il en existe d'autres néfastes. Croire en une hiérarchie statutaire et morale entre les êtres humain apparaît à mes yeux comme un imaginaire néfaste dont l'une des expressions les plus dramatique dans l’historie de l'humanité fut certainement la foi en l'eugénisme et la croyance en une « race supérieur » d'être humain.

Imaginer, comme le fait le mouvement Wikimédia, un monde dans lequel chaque être humain peu librement partager et contribuer à la somme de tous les savoirs[145][146], apparaît à mes yeux comme un imaginaire fécond susceptible de mobiliser l'énergie de l'humanité toute entière dans la construction d'un monde meilleurs. du monde dans lequel je vis, et du milieu dans lequel je travail. Trois espaces distincts, mais qui au finale répondent tous aux même enjeux :

Un monde public transparent, une vie privée secrète[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

La Wikigouvernance comme première démocratique universelle[modifier | modifier le wikicode]

À venir...

Donner et redonner sens à notre humanité[modifier | modifier le wikicode]

À venir...


Notes

Annexes[modifier | modifier le wikicode]

Références bibliographies, sitographiques et vidéographiques[modifier | modifier le wikicode]

  1. Michael Epaka, Regis Talla, Iolanda Pensa, English: Video Wikipedia Waht is about - Wikipedia C koi - Dance / Dance. Script Michael Epaka, film director Regis Talla, promoter doual'art, project concept and coordination Iolanda Pensa within What is about - C'est quoi. A series of communication tools about Wikipedia. Cameroon pilot project on meta. This project was funded by an Individual Engagement Grant from the Wikimedia Foundation. Wikipedia and the Wikipedia Puzzle Globe are registered trademarks of the Wikimedia Foundation used with permission., 2014-09-29 [lire en ligne] 
  2. « Mouvement Wikimédia », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  3. Madeleine Pastinelli, « Pour en finir avec l'ethnographie du virtuel ! Des enjeux méthodologiques de l'enquête de terrain en ligne », Anthropologie et Sociétés, vol. 35, no  1-2, 2011, p. 35–52 (ISSN 0702-8997 et ISSN 1703-7921) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-02)]
  4. Alain Testart, « L'Objet de l'anthropologie sociale », L'Homme, vol. 26, no  97, 1986, p. 139–142 (ISSN 0439-4216) [texte intégral (page consultée le 2019-05-09)]
  5. 5,0 et 5,1 Lionel Scheepmans et Olivier Servais, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l'espace francophone de Wikipédia, UCL, 2011 [lire en ligne] 
  6. Yves Grafmeyer, Isaac Joseph et Robert E Park, L'Ecole de Chicago, Aubier, 1990 (ISBN 9782700718577) (OCLC 220803860) [lire en ligne] 
  7. 7,0 7,1 et 7,2 Jacques Hamel, « La socio-anthropologie, un nouveau lien entre la sociologie et l’anthropologie », Socio-anthropologie, no  1, 1997-01-15 (ISSN 1276-8707) [texte intégral (page consultée le 2019-04-30)]
  8. Pierre Bouvier, Le travail au quotidien: une démarche socio-anthropologique, Presses Universitaires de France, 1989 (ISBN 9782130425748) (OCLC 318340463) [lire en ligne] 
  9. Marc Augé, Pour une anthropologie des mondes contemporains, Flammarion, 1999 (ISBN 9782080813732) (OCLC 1097215736) [lire en ligne] 
  10. Pierre Bouvier, Socio-anthropologie du contemporain, Galilée, 1995 (ISBN 9782718604534) (OCLC 33335301) [lire en ligne] 
  11. Harold Garfinkel, Studies in ethnomethodology, 2016 (ISBN 9780745600055) (OCLC 1030121212) [lire en ligne] 
  12. 12,0 et 12,1 Jean-Pierre Olivier de Sardan, La rigueur du qualitatif: les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologique, 2008 (ISBN 9782872098972) (OCLC 1041428324) [lire en ligne] 
  13. David J Darling, The universal book of mathematics: from Abracadabra to Zeno's paradoxes, Castle Books, 2007 (ISBN 9780785822974) (OCLC 797238942) [lire en ligne] 
  14. « Creative Commons — Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International — CC BY-SA 4.0 », sur creativecommons.org (consulté le 13 mai 2019)
  15. 15,0 et 15,1 Olivier Servais, La production écrite du terrain virtuel : Du Big Data qualitatif, Universite Catholique de Louvain, à paraitre 
  16. Les archives des listes de diffusion sont accessibles à l'adresse : https://lists.wikimedia.org
  17. Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la société, Éd. du Seuil, 2006 (ISBN 9782020365628) (OCLC 255006740) [lire en ligne] 
  18. Marcel Griaule, Dieu d'eau: entretiens avec Ogotemmeli, Fayard, 1966 (OCLC 233656659) [lire en ligne] 
  19. Wouter Eildert Albert van Beek, « Dogon restudied: a field evaluation of the work of Marcel Griaule », Current anthropology., vol. 32, 1991, p. 139–167 [texte intégral (page consultée le 2019-05-09)]
  20. Margaret Mead, Franz Boas et Sam Sloan, Coming of age in Samoa: a psychological study of primitive youth for western civilisation, 2014 (ISBN 9784871872348) (OCLC 977239261) [lire en ligne] 
  21. Serge Tcherkézoff, « Margaret Mead et la sexualité à Samoa. Du consensus anthropologique au débat ethnographique », Enquête. Archives de la revue Enquête, no  5, 1997-09-01, p. 141–160 (ISSN 1953-809X) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-13)]
  22. Thierry Boissière, « L’anthropologie face au conflit syrien : replacer la société au cœur de l’analyse », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no  138, 2015-12-15, p. 117–130 (ISSN 0997-1327) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-09)]
  23. Francis Farrugia, « Le syndrome narratif : théorie et terrain », Cahiers internationaux de sociologie, vol. 127, no  2, 2009, p. 269 (ISSN 0008-0276 et ISSN 1969-6787) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-12)]
  24. Jean-Claude Kaufmann et François de Singly, L'entretien compréhensif, Colin, 2011 (ISBN 9782200259907) (OCLC 852936614) [lire en ligne] 
  25. Peter Berger, Thomas Luckmann, Pierre Taminiaux et Michel Maffesoli, La Construction sociale de la réalité, Armand Colin, 1996 (ISBN 9782200014711) (OCLC 37110578) [lire en ligne] 
  26. Cornelius Castoriadis et Arnaud Tomes, L'imaginaire comme tel, Hermann, 2008 (ISBN 9782705667412) (OCLC 635542978) [lire en ligne] 
  27. Lou Festinger, A theory of cognitive dissonance, Stanford University Press, 1957 (OCLC 223001300) [lire en ligne] 
  28. W. I. Thomas, The Child in America, Рипол Классик, 1938 (ISBN 9785872900658) [lire en ligne], p. 572 
  29. Robert K Merton, The self-fulfilling prophecy, 1999 (OCLC 606212855) [lire en ligne] 
  30. J. L Austin et Gilles Lane, Quand dire, c'est faire, Éditions du Seuil, 1970 (ISBN 9782020027380) (OCLC 16051061) [lire en ligne] 
  31. George E Marcus, « Contemporary problems of ethnography in the modern world system », Writing culture : the poetics and politics of ethnography, 1986 [texte intégral (page consultée le 2019-05-21)]
  32. Christophe Lazaro, De la liberté logicielle: une ethnographie des pratiques d’échange et de coopération au sein de la communauté Debian, Louvain-la-Neuve, Academia Bruylant, 2008 (OCLC 1062381193) [lire en ligne], p. 10 
  33. Karl R Popper, Conjectures and refutations the growth of scientific knowledge., Routledge & Kegan Paul, 1963 (OCLC 1070438148) [lire en ligne] 
  34. Jean-Claude Passeron, Le raisonnement sociologique: un espace non poppérien de l'argumentation, A. Michel, 2006 (ISBN 9782226158895) (OCLC 300992564) [lire en ligne] 
  35. Jean-Pierre Olivier de Sardan, La rigueur du qualitatif: les contraintes empiriques de l'interprétation socio-anthropologique, 2017 (ISBN 9782872098972) (OCLC 1041428324) [lire en ligne] 
  36. 36,0 et 36,1 Philippe Descola, Les lances du crépuscule: relations jivaros, Haute Amazonie, Pocker, 2006 (ISBN 9782259001540 et 9782266161459) (OCLC 318814678) [lire en ligne] 
  37. Conception : 0x010C • Alcide talon • Apollinaire93 • Barada-nikto • Benoît Prieur • Binabik • Geugeor • Goombiis • Jules78120 • Nattes à chat • Papischou • Rome2 • Superjuju10 • Thibaut120094 • Trizek • VatadoshuRéalisation : AwasagagaCrédits exhaustifs : Crédits WikiMOOC.pdf, Français : Cette vidéo est la 12ème d'une série de 25 vidéos réalisées dans le cadre du WikiMOOC, un MOOC (cours massif sur internet) en français pour apprendre à contribuer sur Wikipédia., [object HTMLTableCellElement] [lire en ligne] 
  38. Jasper Jackson, « Wikipedia bans Daily Mail as 'unreliable' source », The Guardian, 2017-02-08 (ISSN 0261-3077) [texte intégral (page consultée le 2019-06-06)]
  39. « WikiMOOC : apprenez à contribuer sur Wikipédia ! Session 2 », sur FUN-MOOC (consulté le 6 juin 2019)
  40. « Recherche:Questions d'éthique concernant la publication scientifique — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 16 mai 2019)
  41. « Publications scientifiques, on vaut mieux que ça ! », sur Libération.fr, (consulté le 16 mai 2019)
  42. Eric Steven Raymond, The cathedral and the bazaar, Snowball Publishing, 2009 (ISBN 9781607962281) (OCLC 756489890) [lire en ligne] 
  43. « Science ouverte », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  44. « Science ouverte », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  45. « Science Libre », sur Science Libre (consulté le 5 juin 2019)
  46. « Recherche:Laboratoire d'étude du mouvement Wikimédia — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 23 mai 2019)
  47. « Science ouverte : Historique des versions », dans Wikipédia (lire en ligne)
  48. Bernard Rentier, Science ouverte, le défi de la transparence., Académie Royale de Belgique, 2018 (ISBN 9782803106592) (OCLC 1089213960) [lire en ligne] 
  49. Bill Maurer, Tom Boellstorff, Olivier Servais et Jacinthe Mazzocchetti, Humanités réticulaires. Nouvelles technologies, altérités et pratiques ethnographiques en contextes globalisés, 2015 (ISBN 9782806102492) [lire en ligne] 
  50. « Conditions d’utilisation - Wikimedia Foundation Governance Wiki », sur foundation.wikimedia.org (consulté le 30 mai 2019)
  51. « Politique de confidentialité - Meta », sur meta.wikimedia.org (consulté le 14 mai 2019)
  52. « Victory in Italy: Wikimedia wins lawsuit against former Minister of Defense – Wikimedia Blog » (consulté le 6 juin 2019)
  53. « Wikipédia:Droit de disparaître », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  54. Sung do Kim, « L’écologie déséquilibrante de l’oubli chez Homo Numericus », Netcom. Réseaux, communication et territoires, no  26-1/2, 2012-05-01, p. 111–128 (ISSN 0987-6014) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-02)]
  55. « Durée légale de conservation des logs : 1 an », sur Hébergeur et liberté d'expression (consulté le 14 mai 2019)
  56. « Wikipédia:Vérificateur d'adresses IP », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  57. Voir « Tous les journaux publics », dans Wikipédia (lire en ligne)
  58. Tom Boellstorff, Un anthropologue dans Second life: Une expérience de l'humanité virtuelle, 2013 (ISBN 9782806100665) (OCLC 1015987436) [lire en ligne], p. 9 
  59. Sylvain Firer-Blaess, « Wikipedia, modèle pour une société hyperpanoptique - Homo Numericus », sur homo-numericus.net, (consulté le 19 mai 2019)
  60. Nancy Fraser, « Michel Foucault: A "Young Conservative"? », Ethics, vol. 96, no  1, 1985, p. 165–184 (ISSN 0014-1704) [texte intégral (page consultée le 2019-05-19)]
  61. Michel Foucault, Surveiller et punir: naissance de la prison, Gallimard, 2012 (ISBN 9782070729685) (OCLC 832461927) [lire en ligne] 
  62. Jeremy Bentham et Chaulveron, Le panoptique: Préface et annotation de Chaulveron, Books on Demand, 2018-01-08 (ISBN 9782322149193) [lire en ligne] 
  63. Marc Foglia, Wikipédia, média de la connaissance démocratique?: quand le citoyen lambda devient encyclopédiste, FYP, 2008 (ISBN 9782916571065) (OCLC 635022398) [lire en ligne] 
  64. « Wikipédia:Guerre d'édition », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  65. « Wikipédia:Code de bonne conduite », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  66. « Wikipédia:Le salon de médiation », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  67. « Wikipédia:Comité d'arbitrage », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  68. « Discussion Recherche:Ce que le mouvement Wikimédia nous apprend sur l'Homme et la Société globalisée — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 24 mai 2019)
  69. « Wikipédia:Le Bistro/31 mai 2019 », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  70. Mondher Kilani, « Fiction et vérité dans l'écriture anthropologique », Construire le savoir anthropologique, 1999 [texte intégral (page consultée le 2019-05-03)]
  71. Jeanne Favret-Saada, Les mots, la mort, les sorts, 2014 (ISBN 9782070322817) (OCLC 912495039) [lire en ligne] 
  72. Mondher Kilani, La construction de la mémoire: le lignage et la sainteté dans l'oasis d'El Ksar, Labor et Fides, 1992 (ISBN 9782830906424 et 9782830900644) (OCLC 1023972968) [lire en ligne] 
  73. Mondhler Kilani, Du terrain au texte. Sur l'écriture de l'anthropologie, 1994 (OCLC 1008926573) [lire en ligne] 
  74. Joseph-Marie de (1772-1842) Auteur du texte Gérando, Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l'observation des peuples sauvages , par J.-M. Degérando,..., 1800 [lire en ligne] 
  75. Pour le détaille de mes activités au sein du mouvement voir la page « user:Lionel Scheepmans - Meta », sur meta.wikimedia.org (consulté le 22 mai 2019)
  76. Guy Bouchard, « La métaphore heuristique de l’esclavage dans les textes féministes », Philosophiques, vol. 14, no  1, 1987, p. 112–144 (ISSN 0316-2923 et ISSN 1492-1391) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-05-23)]
  77. Paul Ricoeur, La metaphore vive, Editions du Seuil, 2002 (ISBN 9782020027496) (OCLC 861031220) [lire en ligne] 
  78. « Le Monde est un Village - Accueil - RTBF La Première », sur La Première (consulté le 23 mai 2019)
  79. Alexis Kauffmann, « Code is Law - Traduction française du célèbre article de Lawrence Lessig », sur Framablog, (consulté le 30 mai 2019)
  80. Lawrence Lessig, « Code Is Law », sur Harvard Magazine, (consulté le 30 mai 2019)
  81. Georges (1854-1936) Auteur du texte Vacher de Lapouge, Les sélections sociales : cours libre de science politique professé à l'Université de Montpellier, 1888-1889 ([Reprod. en fac-sim.]) / par G. Vacher de Lapouge, 1896 [lire en ligne] 
  82. Gaston Berger, « L'homme et ses problème dans le monde de demain. Essai d'anthropologie prospective » , Les Études philosophiques, XI, 1, pp. 150-151.
  83. 83,0 83,1 83,2 83,3 et 83,4 Gaston Berger, Jacques de Bourbon Busset, Pierre Massé et Philippe Durance, De la prospective: textes fondamentaux de la prospective française, 1955-1966, L'Harmattan, 2008 (ISBN 9782296041806) (OCLC 470622785) [lire en ligne] 
  84. Gaston Berger, « L'idée d'avenir », Les annales, nouvelles série, août 1960, 118.
  85. Gaston Berger « Sciences humaines et prévision », La Revue des Deux Mondes, 3, 1er février 1957, pp, 417-426.
  86. Mikulas Teich et Roy Porter, The Industrial Revolution in National Context: Europe and the USA, Cambridge University Press, 1996-11-07 (ISBN 9780521409407) [lire en ligne] 
  87. Gaston Berger, « L'avenir des sciences de l'homme », La Nef, XIII, 13 : Condition de l'homme, Paris : Julliard, pp. 215-224.
  88. Selon les informations récoltées sur WorldCat Identities à l'adresse : https://www.worldcat.org/identities/viaf-154004608/)
  89. https://www.worldcat.org/identities/lccn-n50054191/
  90. Colloque du Centre d'Anthropologie Prospective de l'Universite de Rouen, Psychanalyse et anthropologie prospective: actes du colloque du centre d'anthropologie prospective de l'institut de philosophie de l'universite de rouen, (1973)., Presses Universitaires de France, 1974 (OCLC 299962037) [lire en ligne] 
  91. Anne Clancier, Jean Guilhot, Jean Granier et Jacques Natanson, Psychanalyse et anthropologie prospective, Publication Univ Rouen Havre, 1974 (ISBN 9782877759083) [lire en ligne] 
  92. « Google Ngram Viewer », sur books.google.com (consulté le 7 juin 2019)
  93. Club of Rome et Donella H Meadows, The limits to growth, University Books, 1972 (OCLC 36365852) [lire en ligne] 
  94. André-Clément Decouflé, La prospective, Presses univ. de France, 1979 (ISBN 9782130366805) (OCLC 633264854) [lire en ligne] 
  95. 95,0 95,1 95,2 et 95,3 Mike Singleton, Anthropologie prospective, 2001 (ISBN 9782930207131) (OCLC 901415700) [lire en ligne] 
  96. « Peter M. Worsley: The end of anthropology? | Anthropology | Social Anthropology », sur Scribd (consulté le 11 juin 2019)
  97. 97,0 et 97,1 Heather A. Horst et Daniel Miller, Digital Anthropology, A&C Black, 2013-08-01 (ISBN 9780857852922) [lire en ligne] 
  98. 98,0 et 98,1 Julie Hermesse, Michael Singleton et Anne Marie Vuillemenot, Implications et explorations éthiques en anthropologie, Harmattan-Academia, 2011 (ISBN 9782806100214) (OCLC 809147604) [lire en ligne] 
  99. 99,0 et 99,1 Gaston Berger, Philippe Durance et Maurice Blondel, « Les conditions de l'intelligibilité et le problème de la contingence », {{{périodique}}}, l'Harmattan, 2010 [texte intégral (page consultée le 2019-06-07)]
  100. David Hayano, « Auto-Ethnography: Paradigms, Problems, and Prospects », Human Organization Human Organization, vol. 38, no  1, 1979, p. 99–104 (ISSN 0018-7259) [texte intégral (page consultée le 2019-05-23)]
  101. Pierre Gourdain, La révolution Wikipédia: les encyclopédies vont-elles mourir?, Mille et une nuits, 2007 (ISBN 9782755500516) (OCLC 259243094) [lire en ligne] 
  102. Michael Singleton, « Pour une anthropologie de la libération », Recherches sociologiques et anthropologiques, vol. 42, no  42-1, 2011-08-29, p. 45–61 (ISSN 1782-1592) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-03-17)]
  103. Dariusz Jemielniak, Common knowledge?: an ethnography of wikipedia., Stanford University Press, 2015 (ISBN 9780804797238) (OCLC 913498835) [lire en ligne] 
  104. « Leonard Kleinrock's Home Page », sur www.lk.cs.ucla.edu (consulté le 4 mars 2019)
  105. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Le hold-up planétaire: la face cachée de Microsoft, France Loisirs, 1998 (ISBN 9782744121760) [lire en ligne] 
  106. « Tous les journaux publics », dans Wikipédia (lire en ligne)
  107. Clifford Geertz et André Mary, « La description dense: vers une théorie interprétative de la culture », Enquête : anthropologie, histoire, sociologie, 1998 [texte intégral (page consultée le 2019-05-23)]
  108. il fut question à un époque d'enveloppe scèllée d'une coulée de cire marquée d'un seau en unique possession de l'expéditeur et du destinataire du courrier
  109. (en) « Wikimedia Foundation », sur Wikimedia Foundation (consulté le 5 juin 2019)
  110. anglais « Facebook-Cambridge Analytica: les députés poursuivent leur examen | Actualité | European Parliament », {{{périodique}}} [texte intégral (page consultée le 2018-06-07)]
  111. Liat Clark, « Tim Berners-Lee: we need to re-decentralise the web », [texte intégral]
  112. « Tim Berners-Lee, inventeur du Web, appelle à la régulation de Facebook, Google et Twitter », FIGARO, 2018-03-12 [texte intégral]
  113. Une compréhension plus juste et plus fine du réseau est possible mais dépasserait l'exercice de ce travail. Pour les lecteurs désireux d'en savoir plus, je leur conseille la lecture de l'article Web des objets sur Wikipédia.
  114. « Facebook passe la barre des deux milliards d’utilisateurs », sur Le Monde.fr (consulté le 7 juin 2018)
  115. The Innovator's Dilemma: When New Technologies Cause Great Firms to Fail, Harvard Business Review Press, 15 December 2015. Consulté le 07/06/2018
  116. search results et search results, How Google Works, Grand Central Publishing, 2014-09-23 (ISBN 9781455582341) [lire en ligne] 
  117. « Facebook, les raisons du succès », sur InaGlobal, (consulté le 7 juin 2018)
  118. Modèle:Fr-FR « Data, le nouvel or noir », lesechos.fr, 2017-09-11 [texte intégral (page consultée le 2018-06-07)]
  119. (en) « USA PATRIOT Act », sur it.ojp.gov (consulté le 7 juin 2018)
  120. Roberto Di Cosmo et Dominique Nora Calmann-Levy 1998, ISBN 2-7021-2923-4 sur http://www.dicosmo.org
  121. (en) « Desktop operating system market share 2013-2018 | Statistic », sur Statista (consulté le 26 juin 2018)
  122. (en) « Alexa Top 500 Global Sites », sur www.alexa.com (consulté le 7 juin 2018)
  123. (en) « Fundraising/2017-18 Report - Meta », sur meta.wikimedia.org (consulté le 3 janvier 2019)
  124. Rivka Dvira, « L’Éthique du discours dans Wikipédia : la question de la neutralité dans une encyclopédie participative », Argumentation et Analyse du Discours, no  17, 2016-10-15 (ISSN 1565-8961) [texte intégral (page consultée le 2019-01-03)]
  125. Hélène Bourdeloie, « Ressources ouvertes, construction coopérative de la connaissance et fracture numérique. Le cas de l'encyclopédie en ligne Wikipédia », dans Fractures, mutations, fragmentations : de la diversité des cultures numériques, Hermès Lavoisier, (lire en ligne), p. 195–224.
  126. Emanuela Chiriac, « Wikipédia, la chimère du savoir libre », Documentation et bibliothèques, vol. 61, no  4, 2015, p. 159–166 (ISSN 2291-8949 et ISSN 0315-2340) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2019-01-03)]
  127. « Histoire de l'Église catholique », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  128. « Catholicisme », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  129. « Église catholique - Page History - XTools », sur xtools.wmflabs.org (consulté le 5 février 2019)
  130. « Histoire de l'Église catholique - Page History - XTools », sur xtools.wmflabs.org (consulté le 5 février 2019)
  131. Étienne de La Boétie, De la Servitude volontaire, Ou le Contr'un, Nourse (Jean), 2012 
  132. « LA BOÉTIE, Étienne (de) – Discours de la servitude volontaire | Litterature audio.com », sur www.litteratureaudio.com (consulté le 2 janvier 2019)
  133. Edmond Lablénie, L'Enigme de la "servitude volontaire", Champion, 1930 [lire en ligne] 
  134. Alain Testart, La servitude volontaire, Errance, 2004 (ISBN 9782877722742 et 9782877722773) [lire en ligne] 
  135. Jean-Pierre Durand et Marie-Christine Le Floch, La question du consentement au travail: de la servitude volontaire à l'implication contrainte, Harmattan, 2006 (ISBN 9782747599276) [lire en ligne] 
  136. Jean-François Brient, De la servitude moderne, Les éditions de l' épervier, 2016 (ISBN 9782361940287) [lire en ligne] 
  137. « De la servitude moderne », sur AgoraVox, (consulté le 2 janvier 2019)
  138. Nicolas Chaignot, La servitude volontaire aujourd'hui: esclavages et modernité, 2012 (ISBN 9782130642664) [lire en ligne] 
  139. Jean-Pierre Durand, La chaîne invisible: travailler aujourd'hui, flux tendu et servitude volontaire, Éd. du Seuil, 2012 (ISBN 9782021092165) [lire en ligne] 
  140. Bernard Traimond, Penser "la servitude volontaire": une anthropologie de notre présent, Gérard Althabe, Bord de l'eau, 2012 (ISBN 9782356871558) [lire en ligne] 
  141. André Bernard, Du refus de la servitude volontaire, Atelier de création libertaire, 2015 (ISBN 9782351040829) [lire en ligne] 
  142. Philippe Vion-Dury, La nouvelle servitude volontaire: enquête sur le projet politique de la Silicon Valley, 2016 (ISBN 9782364051454) [lire en ligne] 
  143. anglais Clare Talwalker, « What Kind of Global Citizen is the Student Volunteer? », Journal of Global Citizenship & Equity Education, vol. 2, no  2, 2012-10-02, p. 21–40 (ISSN 1927-2669) [texte intégral (page consultée le 2019-01-02)]
  144. « Creative Commons — Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 2.5 Générique — CC BY-SA 2.5 », sur creativecommons.org (consulté le 5 juin 2019)
  145. « Wikimedia Foundation Vision », sur Wikimedia Foundation, (consulté le 15 mai 2019)
  146. Traduit par moi depuis : Imagine a world in which every single human being can freely share in the sum of all knowledge.

Utilité du logiciel de textométrie TXM dans le cadre d'une recherche ethnographique en ligne[modifier | modifier le wikicode]

[ Réagir au contenu de ce chapitre ]

Remerciements

Je tiens à remercier Psychoslave de m'avoir informé de l'existence de la liste de diffusion Wikimedia-l[1], l'équipe du projet "textomerie" développant et supportant le logiciel TXM[2], les professeurs du cours « Méthodologie de l'analyse de corpus en linguistique » dispensé à l'Université catholique de Louvain pendant les années 2017- 2018 et 2018-2019[3][2].

Introduction et contextualisation[modifier | modifier le wikicode]

Avec l'essor des TIC, les anthropologues, comme les autres travailleurs en sciences humaines, sont de plus en plus confrontés à l'utilisation et à l'observation de nombreux moyens de communication mis en œuvre au sein espaces numériques. Les réseaux sociaux, les forums, les groupes de messageries instantanées, les listes de diffusion, les sites collaboratifs, etc. sont devenus des lieux de vie partagés par de nombreuses communautés humaines. Au fils du temps, ces nouveaux espaces numériques produiront de nouveaux terrains ethnographiques qui seront à leur tour à l'origine de nouveaux domaines d'investigations en anthropologie. On parle en effet aujourd'hui d'anthropologie virtuel ou des mondes virtuels, d'ethnographie numérique ou de netnographie, de techno-anthropologie, de cyber-anthropologie, d'anthropologie du numérique ou des espaces numériques, etc. que l'on peut regrouper autour du terme « anthropologie numérique ».

Dans ce contexte, ce présent travail tentera de mettre en lumière l'intérêt d'utiliser des outils informatiques de traitement automatique du langage appliqué sur des corpus linguistiques accessibles accessible au départ de terrain ethnographique. Bien que ce type de logiciel soient généralement conçus et utilisés par les linguistes, nous n'aborderons pas ici les questions liées à l'anthropologie linguistique. Ce travail de recherche ne s'intéressera donc pas à l'analyse linguistique de corpus issus de travaux ethnographies[4], mais bien à l'utilisation d'un logiciel d'analyse de corpus linguistique dans le but d'améliorer ou faciliter un travail de recherche ethnographique en anthropologie. Ces corpus linguistiques peuvent être nombreux (réseaux sociaux, liste de diffusions, blogs, chats autre communication instantanée, etc) et il existe de nombreux logiciels d'analyse de corpus disponibles sur le marché. Dans le cadre de cette étude, nous nous concentrerons uniquement à titre d'exemple aux archives d'une liste de diffusion et à l'utilisation du logiciel TXM.

La liste de diffusion Wikimedia comme corpus linguistique[modifier | modifier le wikicode]

Pourquoi la liste de diffusion Wikimedia ?[modifier | modifier le wikicode]

Une des raisons pour lesquelles j'ai choisi la liste de diffusion de Wikmedia comme corpus est liée au fait que le mouvement de Wikimedia constitue la thématique principale de ma thèse de doctorat. Une autre raison fut la facilité de constitution du corpus par un copié collé des archives publiée sur le Net. Il me fut donc facile de constituer, mois par mois, des fichiers séparés au format.txt pour qu'il soient directement utilisables par le logiciel TXM. Un autre argument taille, c'est que les archives de cette liste de diffusion sont publiées sous licence CC-BY 3.0 license[5], ce qui simplifie grandement les questions d'autorisation d'usage et de diffusions des informations contenues dans les archives.

Description de la liste de diffusion[modifier | modifier le wikicode]

La liste de diffusion de la communauté Wikimedia intitulée "Wikimedia-l"[6] est un lieu de communication au sein mouvement Wikimédia entre différent acteur tel que la Wikimedia Foundation, ses chapitres et autres organisations affiliées, ses partenaires institutionnels, les contributeurs au sein des projets, etc.

Cette liste de diffusion peut, par exemple, être utilisée pour :

  • La planification des nouveaux projets ou initiatives au sein du mouvement.
  • Les questions d'organisation de la Wikimedia Foundation, des sections locales, d'autres organisations affiliés, etc.
  • Discuter de la mise en place des nouveaux chapitres locaux de Wikimedia.
  • Élaborer et évaluer des programmes d'octroi de subventions.
  • Électricité de planification
  • Planification des élections, des scrutins et des votes
  • Discussion sur les projets qui n'ont pas déjà une liste de diffusion
  • Trouver des moyens de collecter des fonds
  • Autres questions liées à Wikimedia
Description du corpus[modifier | modifier le wikicode]

Le corpus est constitué d'un dossier contenant X fichiers (un fichier par mois d'avril 2004 à avril 2018) pour un taille de X Mo et X mots.

Le logiciel gratuit TXM comme outil d'analyse[modifier | modifier le wikicode]

TXM User Manual Version 0.7 ALPHA.
Pourquoi TXM[modifier | modifier le wikicode]

De la même manière que certaines personnes adhère au végétarisme et ne mangent pas de viande, je prétends pour ma part adhérer au mouvement 'libriste et refuse de "manger" ou plutôt de me faire manger par du logiciel propriétaire et donc d'utilisé exclusivement et autant que possible des logiciels libres tes qu'ils furent définis par Richard Stallman. Le logiciel TXM répondait à mes attentes à cet égard. De plus il est développé par une équipe de chercheurs français qui produisent une bonne documentation en français diffusée sur le site Internet du projet [7] notamment sous forme d'un manuel[8] tutorial vidéo[9]. Enfin, le projet a une liste de diffusion [10] et un Wiki[11] qui me donnent la possibilité de recevoir le soutien des membres de la communauté en français...

TXM description[12][modifier | modifier le wikicode]

TXM est un environnement d'analyse de texte/corpus et d'analyse graphique gratuit, open-source, Unicode, XML & TEI compatible et basé sur CQP et R. Il est disponible pour Microsoft Windows, Linux, Mac OS X et comme portail web J2EE. Il prévoit.

Analyse qualitative

  • Concordances de modèles lexicaux basées sur le moteur de recherche plein texte CQP efficace et son langage de requête CQL
  • Listes de fréquence des motifs CQL pour n'importe quelle propriété de mot (type, lemme, pos...) grâce à l'intégration de l'intégration TreeTagger pour la lemmatisation et le tagging de pos.
  • Graphiques d'occurrence de motif CQL
  • Les modèles lexicaux sont exprimés dans le langage de requête CQL, basé sur les propriétés au niveau du mot et de la structure.
  • Navigation riche en édition de texte basée sur HTML avec des liens de tous les autres outils

Analyse quantitative

  • Analyse factorielle des correspondances
  • Spécificités constratives des mots
  • Classification hiérarchique
  • Analyse de mots cooccurrents ou de modèles lexicaux
Modèle de données du corpus[modifier | modifier le wikicode]
  • Indexe les mots et leurs propriétés ainsi que la structure hiérarchique des textes.
  • Répertorie les métadonnées externes ou internes des textes ou des locuteurs.
  • Permet la construction de différentes sous-corpores et partitions (pour l'analyse de structures de texte ou de groupes de mots)
Retour sur l'installation, l'importation et l'utilisation des fonctions[modifier | modifier le wikicode]

Avant TXM, j'avais utilisé très peu de logiciels textométriques et toujours de manière très ponctuelle. Se familiariser avec ce logiciel ne m'a pas semblé excessivement difficile, mais l'aurait peut-être été si je n'avais pas acquis auparavant quelques connaissances en analyse de corpus en linguistique. Sans cette formation préalable, j'aurais dû assimiler en même temps que la découverte du logiciel tout un ensemble de concepts tels que occurrence, lemme, tolken, etc. Ceci dit, au départ du manuel en français et avec l'aide de la communauté, il me semble tout à fait possible de partir de zéro dans l'utilisation de ce logiciel.

Au final, les seuls problèmes que j'ai rencontrés dans cette expérience ont été l'installation et l'utilisation du logiciel d'automatisation Treetagger, qui, contrairement au logiciel de traitement statistique R, n'était pas pré-installé dans TXM. Ces problèmes étaient liés à des erreurs de configuration de ma part et un autre problème probablement lié à un fichier téléchargé et corrompu. Ce problème a cependant disparu depuis la dernière version 0.7.9 du logiciel qui intègre automatiquement le logiciel Treetagger.

Il est à noter que le processus d'importation de mon corpus menant à la création d'un fichier XML contenant les informations de catégorisation et de lemmatisation a pris plus de trois heures sur un ordinateur de bureau ( i5 3.40 GHz 64 bits). A la fin du processus, une surcharge de ma RAM de 8 Go oblige l'ordinateur à utiliser l'espace d'échange sur le disque dur. Enfin, le dossier en format binaire du corpus produit en plus d'une heure de calcul, avait une taille de 6,5 Go et ne pouvait être chargé sur mon ordinateur portable faute d'espace disque alors que plus de 15 Go étaient disponibles.

Il me semble donc important de souligner qu'avant de se lancer dans l'analyse d'un corpus avec TXM, il est nécessaire de s'assurer que le matériel informatique est suffisamment puissant en fonction de la taille du texte. Autre exemple, après avoir créé deux partitions au sein de mon corpus, le démarrage du logiciel est passé de quelques secondes à près de cinq minutes.

Le logiciel m'a semblé relativement stable lorsque vous n'effectuez qu'un calcul à la fois. Face à la taille du corpus et à la puissance de mon ordinateur de bureau, certains processus peuvent atteindre des temps d'exécution élevés, voire excessifs. Lorsque le logiciel se bloque et que son arrêt doit se faire via le système d'exploitation de l'ordinateur, une partie du travail effectué avant l'arrêt peut être perdue. Il est donc conseillé de redémarrer l'application après avoir effectué un travail important.

Fonctionnalités de TXM utiles pour l'ethnographe[modifier | modifier le wikicode]

Une à une, nous discuterons ici des fonctionnalités offertes par le logiciel TXM, et de leur capacité à fournir des informations utiles à l'ethnographe. Pour chaque fonctionnalité utile, nous donnerons un exemple appliqué à l'analyse des archives de la liste de diffusion Wikimedia-l.

Édition[modifier | modifier le wikicode]

La fonction d'édition vous permet de parcourir l'ensemble du corpus en affichage html avec l'affichage d'une bulle d'information sur chaque mot indiquant sa catégorie lexicale. La navigation se fait fichier par fichier avec le nom du fichier comme en-tête de l'onglet et un menu contextuel par clic droit permet l'envoi d'un mot vers le concordancer. Sans quitter le logiciel TXM, cette fonction permet de parcourir l'intégralité du texte pour appréhender sa structure et lancer des recherches plus approfondie sur base de mots clefs choisis. Il est par exemple possible de parcourir facilement toutes les interventions d'un acteur que vous souhaitez suivre dans ses intervention au niveau de la liste de diffusion. Nous reviendrons plus tard sur la fonctionnalité du concordancier..

Lexique[modifier | modifier le wikicode]

Une analyse lexicale (liste des mots classés par fréquence) donne déjà de bonnes informations à l'ethnographe concernant les mots qui sont le plus souvent utilisés par les acteurs de la liste de diffusion, un chercheur peut par exemple obtenir des informations sur :

  • Les principaux sujets de discussion au sein de la communauté et les mobiliser dans les entretiens individuel semi-directif ;
  • Les membres les plus actifs de la liste de diffusion dans le but de choisir des personnes à interviewer ;
  • Les fournisseurs d'adresse courriel les plus utilisés dans le but de connaître les canaux de communication les mieux adapter pour entrer en contact avec les acteurs du mouvement.

Exemple tiré du corpus :

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

  • Autre type de corpus possible.

Ressources théoriques

  • Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE [13].
  • Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List[14].
  • Analyse de complexité des textes coutumostratiques[15]
  • Aperçu du traitement du langage naturel [16]
  • Manuel utilisateur français TXM [17]

Papiers à explorer

  • Explorez, jouez, analysez votre corpus avec TXM[18]
  • Analyse de la littérature anthropologique pourrait être un travail très intéressant en mobilisant par exemple l'archivage numérique fait par la plateforme ODAS[19].

Ressources externes


Note et sources <références />

Autres annexes[modifier | modifier le wikicode]

Icon falscher Titel.svg
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, «  », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.


Erreur de référence : Des balises <ref> existent pour un groupe nommé « S », mais aucune balise <references group="S"/> correspondante n’a été trouvée, ou bien une balise fermante </ref> manque

  1. Wikimedia Mailing List
  2. L'équipe TXM - Projet Textométrie
  3. Méthodologie de l'analyse de corpus en linguistique, 2018
  4. Jannis Androutsopoulos, « Potentials and Limitations of Speech-Centred Online Ethnography », Language@Internet, vol. 5, no  8, 2008-09-04 (ISSN 1860-2029) [texte intégral]
  5. Source : https://lists.wikimedia.org/mailman/listinfo/wikimedia-l
  6. Source : https://lists.wikimedia.org/pipermail/wikimedia-l/
  7. Projet Textométrie
  8. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  9. Atelier d'initiation à TXM de Bénédicte Pincemin du 27 septembre 2012
  10. txm-users - TXM users mailing list - subrequest
  11. index[Le wiki de la liste txm-users]
  12. Présentation - Projet Textométrie
  13. George Kuk, « Interaction stratégique et partage des connaissances dans la liste de diffusion des développeurs KDE », Science de la gestion, vol. 52, 2006-07, p. 1031-1042 (ISSN 0025-1909) [texte intégral lien DOI]
  14. Purchase : Que peuvent nous dire les listes de diffusion OSS ? A Preliminary Psychometric Text Analysis of the Apache Developer Mailing List
  15. Recherche:Analyse de complexité des textes coutumostratiques - Wikiversité
  16. « Outline_of_natural_language_processing&oldid=863062167 », Wikipedia, 2018-10-08
  17. Manuel de TXM 0.7 FR, 2018-02-26
  18. Explore, jouez, analysez votre corpus avec TXM | DHd-Blog
  19. https://www.odsas.net.