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Théorie des groupes/Exercices/Groupes monogènes, ordre d'un élément

Leçons de niveau 13
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Groupes monogènes, ordre d'un élément
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Page d'exercices no 6
Leçon : Théorie des groupes
Chapitre du cours : Groupes monogènes, ordre d'un élément

Exercices de niveau 13.

Exo préc. :Sous-groupes de Z, divisibilité dans N et dans Z
Exo suiv. :Conjugaison, centralisateur, normalisateur
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Exercice : Groupes monogènes, ordre d'un élément
Théorie des groupes/Exercices/Groupes monogènes, ordre d'un élément
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.




a) Soit G un groupe cyclique d'ordre , soient et deux diviseurs naturels de tels que divise D'après le chapitre théorique, G a un seul sous-groupe d'ordre et un seul sous-groupe d'ordre Prouver que l'unique sous-groupe d'ordre de G est contenu dans l'unique sous-groupe d'ordre de G.

b) Soit G un groupe cyclique d'ordre , où est un nombre premier et un nombre naturel. Prouver que l'ensemble des sous-groupes de G est totalement ordonné par inclusion.

Remarques. 1° On déduit facilement du point a) que si G est un groupe cyclique d'ordre , l'ensemble des sous-groupes de G, ordonné par inclusion (autrement dit le treillis des sous-groupes de G), est isomorphe (comme ensemble ordonné) à l'ensemble des diviseurs naturels de , ordonné par la relation « divise ». Le point b) est un cas particuler de cette isomorphie.
2° Ce problème nous servira dans le chapitre Sous-groupe de Frattini.

Soient G un groupe, x et y deux éléments de G. Prouver que xy et yx ont le même ordre[1].

Indication : utiliser le fait que si l’ordre d'un élément z est fini, cet ordre est le plus petit nombre naturel n > 0 tel que zⁿ = 1.

Soient f un homomorphisme d'un groupe G dans un groupe H et x un élément de G. Montrer que l’ordre de f(x) divise celui de x. (On admet que la notion de divisibilité peut s'étendre aux cardinaux infinis, un cardinal a étant dit diviser un cardinal b s'il existe un cardinal c tel que ac = b.) Si, de plus, f est injectif, montrer que x et f(x) ont le même ordre.

Soient f un homomorphisme d'un groupe G dans un groupe H d'ordre fini a. Soit x un élément de G d'ordre fini premier avec a. Montrer que f(x) = 1.

a) Soient G un groupe, a et b deux entiers rationnels premiers entre eux. Prouver que si x est un élément de G tel que x peut se mettre sous la forme avec , et que y peut être pris égal à une puissance de x.

b) Soit G un groupe fini d'ordre a, soit b un entier rationnel premier avec a. Prouver que l’application de G dans lui-même est une permutation de G (et, bien sûr, un automorphisme de G si G est commutatif).

Remarque : l'énoncé b) nous servira dans le chapitre Théorème de Gaschütz.

Problème 6. Ordre du composé de deux éléments commutant entre eux

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Soient G un groupe, a et b deux éléments de G, d'ordres finis r et s respectivement. On suppose que a et b commutent.

a) Prouver que l’ordre de ab est fini et divise le ppcm de r et s.

b) Montrer que l’ordre de ab n’est pas forcément égal à ppcm(r, s).

c) On suppose que ⟨a⟩ ⋂ ⟨b⟩ = 1 (où ⟨x⟩ désigne le sous-groupe de G engendré par l'élément x de G). Prouver que l’ordre de ab est égal à ppcm(r, s).

d) Dans le groupe des permutations de l’ensemble à trois éléments {1, 2, 3}, on considère la permutation (1 2) qui échange 1 et 2 (c'est-à-dire applique 1 sur 2 et 2 sur 1 et laisse 3 fixe) ; on considère de même la permutation (2 3) qui échange 2 et 3 et laisse 1 fixe. Montrer que l’ordre de (1 2)(2 3) ne divise pas le ppcm des ordres de (1 2) et (2 3). (Ceci montre que l'énoncé du point a) devient faux si on en supprime l'hypothèse selon laquelle a et b commutent.)

e) Prouver que si r et s sont premiers entre eux, l’ordre de ab est rs.

f) Montrer qu'il existe deux entiers u et v tels que l'ordre de aubv soit égal à ppcm(r, s).

g) Soient G un groupe, soit un nombre naturel non nul, soient et des éléments de G tels que

(i) et commutent entre eux;
(ii) les ordres de et de sont finis;
(iii) l'ordre de est divisible par et l'ordre de est premier avec .

D'après le point a), est d'ordre fini. Prouver que l'ordre de est divisible par .

h) Il résulte du point a) que si deux éléments d'un groupe commutent entre eux et sont d'ordres finis, leur composé est d'ordre fini. Puisqu'un élément et son inverse ont le même ordre (voir chapitre théorique), les éléments d'ordre fini d'un groupe abélien G forment donc un sous-groupe de G. Montrer que dans le groupe (groupe multiplicatif des matrices carrées inversibles de taille 2 à coefficients dans ), les éléments

et

sont d'ordres finis mais que AB est d'ordre infini.

Prouver que tout groupe d'ordre 4 est commutatif.

Remarque : nous verrons dans les exercices sur le chapitre Produit direct et somme restreinte que, plus généralement, tout groupe d'ordre p², où p est un nombre premier, est commutatif.

Soient G un groupe fini et p un nombre premier.

a) Montrer que si H et K sont deux sous-groupes distincts d'ordre p de G, H et K ont une intersection triviale, c'est-à-dire que H ⋂ K = 1.

b) Montrer que le nombre des éléments d'ordre p de G est égal à n(p – 1), où n désigne le nombre des sous-groupes d'ordre p de G.

Remarque. On trouvera une démonstration un peu différente et plus générale dans les exercices de la série Automorphismes d'un groupe cyclique.

c) Soit p un nombre premier. Donnez un exemple de p-groupe fini (c'est-à-dire de groupe d'ordre une puissance de p) qui contient exactement p + 1 sous-groupes d'ordre p. (Attention : la solution fait intervenir le produit direct de deux groupes, qui n'a pas encore été défini. Une réorganisation serait peut-être souhaitable.)

Soient G un groupe cyclique d'ordre n noté multiplicativement, k un entier naturel et d le plus grand diviseur de k et n.

a) Montrer qu'un élément x de G est puissance k-ième dans G si et seulement s'il est puissance d-ième dans G.

b) Sous les hypothèses du point a), montrer que si un élément x de G est puissance k-ième dans G, les éléments y de G tels que yk = x sont en nombre d.

Problème 10 (Ordre d'une puissance)

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Soit G un groupe, soit un élément d'ordre fini de G ; on notera cet ordre .

a) Soit un nombre naturel. Prouver que l'ordre de est

b) Soient r et s premiers entre eux tels que |x| = rs. Montrer que x s'écrit de façon unique ab avec a et b éléments de G qui commutent et d'ordres respectifs r et s.

(C'est en quelque sorte une réciproque forte de la question e du problème 6.)

Remarque. La démonstration et l'assertion d'unicité prouvent aussi que a et b doivent être des puissances de x.

c) Soient p un nombre premier et G un groupe. On définit un élément p-unipotent de G comme un élément de G dont l'ordre est une puissance de p et on définit un élément p-régulier de G comme un élément de G dont l'ordre n'est pas divisible par p[2]. (De tels éléments sont donc d'ordre fini.)
Soit x un élément d'ordre fini de G. À l'aide du point b), prouver qu'il existe un et un seul couple (u, t) d'éléments de G satisfaisant aux conditions suivantes : u est p-unipotent, t est p-régulier, x = ut = tu. Prouver aussi que u et t sont alors des puissances de x.

Problème 11 (Ordre d'une racine)

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Soit G un groupe. Pour tout élément , on notera l'ordre de . Soit un élément d'ordre fini de G, soit un nombre naturel dont tout diviseur premier divise (donc n'est pas nul), soit un élément de G tel que yd = x.

a) Prouver que est d'ordre
Indication : on peut utiliser le problème « Ordre d'une puissance » et le théorème de Bézout.

b) Montrer par un exemple que l'énoncé du point a) cesse d’être exact si on supprime l'hypothèse selon laquelle tout facteur premier de divise l’ordre de .

Remarque. L'énoncé du point a) admet le cas particulier suivant (qui peut d'ailleurs se démontrer un peu plus simplement que le cas général) : soit G un groupe, soit un élément de G dont l'ordre est une puissance naturelle de nombre premier, soit cet ordre; soit un élément de G tel que , étant un nombre naturel; alors l'ordre de est Dans la suite du cours, on utilisera ce cas particulier sans référence.

Problème 12 (Sous-groupes à la fois maximaux et normaux)

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a) Soit G un groupe, soit M un sous-groupe normal de G. Prouver que M est un sous-groupe maximal de G si et seulement si M est d'indice (fini) premier dans G.

Remarque. On verra dans un exercice sur le chapitre Groupes alternés qu'un sous-groupe maximal (non normal) n'est pas forcément d'indice premier.

b) Désignons par le groupe additif des nombres rationnels (voir le chapitre Groupes, premières notions). Prouver que n'a pas de sous-groupe maximal.

Indication : on peut utiliser le point a).

Remarques.

  1. Le point b) sera rappelé dans le chapitre Sous-groupe de Frattini.
  2. Un groupe abélien est sans sous-groupe maximal si et seulement s'il est divisible, notion qui sera peut-être définie un jour dans la présente leçon.

Problème 12bis

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a) On a vu dans le chapitre théorique que si G est un groupe et H un sous-groupe distingué d'indice fini n de G, alors, pour tout élément x de G, appartient à H. Prouver par un exemple que ce n'est plus forcément vrai si au lieu de supposer que H est un sous-groupe distingué de G, on suppose seulement que c'est un sous-groupe de G. (Indication : on peut prendre pour G le groupe des permutations de l’ensemble à trois éléments {1, 2, 3}, pour H un sous-groupe d'indice n = 3 de G = et trouver un élément de G dont le cube n'appartient pas à H.)

b) On suppose toujours que G est un groupe et H un sous-groupe d'indice fini n de G, sans supposer que H soit normal dans G. On vient de voir qu'il n'est pas forcément vrai que, pour tout élément x de G, appartienne à H. Prouver qu'on a tout de même le fait plus faible que voici : pour tout élément x de G, il existe un nombre naturel r (non forcément indépendant de x) tel que et que appartienne à H.

Soient p un nombre premier impair et G un groupe d'ordre p + 1 possédant un automorphisme d'ordre p. Montrer que tout élément de G différent du neutre est d'ordre 2.

Remarque. G est alors abélien et c'est même un 2-groupe abélien élémentaire, c'est-à-dire qu'il est isomorphe à (ℤ/2ℤ)r pour un certain entier r. Cet exposant r est premier puisque p = 2r – 1 est un nombre de Mersenne premier.

Soit G un groupe n'ayant qu'un nombre fini de sous-groupes. Montrer que G est fini.

Soit G un groupe ayant un plus grand sous-groupe propre. On a déjà rencontré les groupes de cette sorte dans un exercice de la série Groupes, premières notions. On a noté qu'un tel groupe a un seul sous-groupe maximal, d'ailleurs égal à son plus grand sous-groupe propre.
a) Soit un ensemble de sous-groupes de G engendrant G (c'est-à-dire que la réunion des sous-groupes de G appartenant à engendre G). Prouver que G appartient à .

Remarque. On a en fait appliqué le principe plus général que voici : si est un ensemble ordonné ayant un plus grand élément , si a lui-même un plus grand élément, si est une partie de admettant pour borne supérieure, alors comprend .

b) En appliquant le point a) au cas où est l'ensemble des sous-groupes monogènes de G, prouver que G est monogène.

c) En utilisant le point b), prouver que G est un groupe cyclique non trivial.

d) Prouver que pour un groupe G, les deux conditions suivantes sont équivalentes :
1° G a un plus grand sous-groupe propre;
2° G est un groupe (fini) cyclique non trivial et son ordre est une puissance de nombre premier.

Remarque. On a vu dans un exercice de la série Groupes, premières notions qu'un groupe fini a un plus grand sous-groupe propre si et seulement s'il a un unique sous-groupe maximal. Il en résulte que pour un groupe fini G, le point d) peut s'énoncer comme suit : G a un seul sous-groupe maximal si et seulement G est un groupe cyclique non trivial et a pour ordre une puissance de nombre premier. B. Huppert[3] déduit cet énoncé du théorème de la base de Burnside, que nous démontrerons au chapitre Sous-groupe de Frattini.

(Une partie de ce problème fait double emploi avec le problème 15.)
a) Soit G un groupe fini non cyclique. Prouver que G est la réunion de ses sous-groupes maximaux.

b) Il résulte clairement du point a) qu'un groupe fini ayant un seul sous-groupe maximal est cyclique. On l'a déjà prouvé au problème 15 et on y a montré que l'ordre d'un tel groupe a un et un seul facteur premier. Prouver que si G est un groupe fini ayant exactement deux sous-groupes maximaux, G est un groupe cyclique et son ordre a exactement deux facteurs premiers.

Remarque : un groupe peut avoir exactement trois sous-groupes maximaux sans être cyclique. Les groupes de Klein, qui seront définis au chapitre Produit direct et somme restreinte, sont un exemple de tels groupes.

  1. J.J. Rotman, An Introduction to the Theory of Groups, New York, 1999, p. 44.
  2. Terminologie conforme à N. Bourbaki, Algèbre, Paris, Masson, 1970, réimpr. Springer, ch. I, § 6, exerc. 28, p. A I.139
  3. Finite Groups I, Springer, théorème 3.16, p. 289.