Leçons de niveau 2

Breton/Grammaire/Pronoms

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Pronoms
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Chapitre no 7
Leçon : La grammaire bretonne
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Exercices :

Pronoms
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Breton/Grammaire/Pronoms
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Dans une phrase, un pronom remplace un substantif de sens précis déjà exprimé, dont il prend le genre et le nombre : Anna et sa sœur sont arrivées, elles sont là, je les vois. Les pronoms se distinguent des adjectifs en ce sens qu'ils n'accompagnent pas les substantifs, puisqu'ils les remplacent.

Personnels[modifier | modifier le wikicode]

Il y a en breton sept pronoms personnels, dont deux pour les 3èmes personnes du singulier de la conjugaison d'un verbe ; il n'y a pas de pronom indéfini correspondant au français on.

  • Comme en français, les pronoms personnels bretons prennent des formes différentes selon qu'il sont sujets ou complément directs : hi a wel (elle voit)me he gwel (je la vois). [1]
  • Dans la majorité des cas, le pronom personnel sujet ne s'exprime pas ; c'est la désinence du verbe qui indique la personne : gwelout a ran (je vois)bemdez en o gwelit (vous les voyez tous les jours).
  • Un pronom personnel sujet s'emploie devant un verbe conjugué, avec la particule verbale a ; le verbe subit alors les mutations par adoucissement : me a wel (je vois). [2] Il n'y a pas de particule si un autre pronom se trouve entre le sujet et le verbe : me o gwel (je les vois).
L'emploi du pronom sujet souligne l'importance de ce sujet : me a wel signifie en fait moi, je vois ou c'est moi qui vois selon le contexte ; moi j'ai un flingue et toi tu creuses se dirait me am eus ur gegel ha te a gleuz. Les autres sens s'expriment par la désinence du verbe : ur gegel am eus ha kleuziañ a rez (j'ai un flingue et tu creuses), littéralement "un flingue j'ai et creuser tu fais". [3]
  • Une autre façon d'insister sur le sujet est de placer le pronom après le verbe conjugué, via un tiret : te a hado warc'hoazh (c'est toi qui sèmeras demain) → warc'hoazh e hadi-te (c'est demain que toi tu sèmeras)Notez la différence de sens entre ces deux phrases ; le mot le plus important est toujours placé au début d'une phrase bretonne correcte.
Crystal Projec icons.png  Pronoms personnels sujets et compléments directs
sujets
compléments

me
te

hi
ni
c'hwi
i, int

je
tu
il
elle
nous
vous
ils, elles

ma, 'm
da, 'z
e, el, en , er
he, hec'h
hol, hon, hor
ho, hoc'h
o

me, -moi
te
le
la
nous
vous
les

— Le pronom complément ma est va en Pays de Léon ; l'élision est toujours 'm .

— La règle des finales est celle des articles.



— Le pronom sujet i, int signifie ils et elles ; il ne s'agit pas de deux pronoms différents.

1ère personne du singulier

Comme en français, ce pronom sujet fait référence à celui ou celle qui émet la phrase.

  • Le pronom sujet est me (je) : me a wel (moi je vois, c'est moi qui vois)me am eus gwelet (moi j'ai vu).
  • Le pronom complément ma (me) s'emploie devant un infinitif, un participe passé, un impératif à l'affirmatif : evit ma gwelout (pour me voir)ma gwelet hoc'h eus (vous m'avez vu·e)ma lezit da ober (laissez-moi faire).
Devant un infinitif après la préposition da (pour), c'est la forme 'm qui convient : *da ma gwelout → da'm gwelout.
Devant les autres formes de verbes, c'est encore 'm qui convient : • na 'm selaouit ket (ne m'écoutez pas)ne 'm gwelez ket (tu ne me vois pas).
À l'impératif affirmatif, on peut employer le pronom sujet placé après le verbe via un tiret : ma lezit da ober → lezit-me da ober (laissez-moi faire).
La forme 'm se soude aux particules verbales a et e : Yann am gwelas (Yann me vit)bremañ em gwelez (maintenant tu me vois).
2ème personne du singulier

Ce pronom remplace la personne à qui l'on s'adresse famiièrement. [4]

  • Le pronom sujet te s'utilise dans les mêmes conditions que me : te a wel (toi tu vois, c'est toi qui vois)te ac'h eus gwelet (toi tu as vu).
  • Le pronom complément da, 'z suit les même règles que précédemment, hors impératif : evit da welout (pour te voir)da welet he deus (elle t'a vu·e).
Comment dire écoute-toi ? Pas *da selaou, qui signifie à écouter car ce da-là est une préposition ; l'action étant exercée par le sujet sur lui-même, le verbe est réfléchi et c'est la particule en em qui convient : en em selaou (écoute-toi).
  • Autres formes de verbes et particules verbales : ne 'z kwelez ket (tu ne te vois pas)Yann az kwelas (Yann te vit)bremañ ez kwelez (maintenant tu te vois)deuit d'am gwelout (venez me voir).
3ème personne du singulier masculin

Ce pronom désigne une tierce personne masculine, un animal mâle ou une chose de genre masculin.

  • Le sujet suit la règle générale : eñ a wel (il voit)eñ ho kwelo (il vous verra).
  • Le complément direct e s'emploie devant l'infinitif et le participe passé : deuit d'e welout (venez le voir)hag e lazhet hoc'h eus ? (et vous l'avez éteint ?)e zihuniñ a rin (je le réveillerai)e renket he deus (elle l'a classé).
  • Les formes el, en, er sont des pronoms neutres qui remplacent des notions abstraites : el lennet em eus er gelaouenn (je l'ai lu dans le journal)en damveizet o deus (il l'ont à moitié compris)er gouzout a rit ervat (vous le savez bien).
  • À l'impératif affirmatif, on place le pronom sujet après le verbe : gwelit eñ ! (voyez-le !).
3ème personne du singulier féminin.

Ce pronom désigne une tierce personne féminine, un animal femelle ou une chose de genre féminin.

  • Le sujet hi suit la règle générale : hi a wel (elle voit)hi ho kwelo elle vous verra.
  • Le complément direct he s'emploie dans tous les cas : deuit d'he gwelout (venez la voir)hag he lazhet hoc'h eus ? (et vous l'avez éteinte ?)he dihuniñ a rin (je la réveillerai)he renket he deus (elle l'a classée).
  • Le complément féminin he se prononçant [e] comme le complément masculin e, il tend à devenir hec'h devant une voyelle ou un /h/ muet pour bien marquer le féminin, mais ce n'est pas obligatoire si le contexte féminin est clair : Anna eo, he anavet em eus / hec'h anavet em eus (c'est Anna, je l'ai reconnue / je l'ai reconnue)Anna ? N'he harluit ket ! / n'hec'h harluit ket ! (Anna ? Ne l'exilez pas ! / ne l'exilez pas !).
  • À l'impératif affirmatif, on place le pronom sujet hi après le verbe : gwelit hi (voyez-la !).
1ère personne du pluriel.

On utilise ce pronom pour désigner un groupe auquel on appartient.

  • Le pronom sujet est ni ; il suit la règle générale : ni a wel (nous voyons)ni ho kwelo (nous vous verrons).
  • Le complément direct est lui aussi décliné en fonction de la lettre qui le suit : hol lezel (nous laisser)hon tamall (nous blâmer)hor gwelout (nous voir).
À l'impératif affirmatif, on peut employer le pronom sujet placé après le verbe via un tiret : hol lezit da ober → lezit-ni da ober (laissez-nous faire).
2ème personne du pluriel.

Ce pronom sert à vouvoyer une personne seule ou à s'adresser à un groupe de personnes.

  • Le pronom sujet s'emploie normalement : c'hwi a wel (vous voyez)c'hwi hor gwelo (vous nous verrez).
note
En forme d'insistance, placé après le verbe, chwi peut devenir hu : Lena a welit-hu ? (Est-ce que vous, vous voyez Lena ?)N'he gwelit-hu ket ? (Est-ce que vous, vous ne la voyez pas ?).
  • Le pronom complément direct ho tend à devenir hoc'h devant une voyelle ou un /h/ muet : ho kwelout a ran (je vous vois)ho aliañ a ran / hoc'h aliañ a ran (je vous conseille)ho harluet o deus / hoc'h harluet o deus (ils, elles vous ont exilé·e·s).
3ème personne du pluriel.

À la différence du français qui distingue le genre (ils, elles), le pronom sujet breton est indifféremment i ou int. La règle générale s'applique : i a wel / int a wel (ils, elles voient)i hor gwelas / int hor gwelas (ils, elles nous virent) ; le contexte permet de distinguer le masculin du féminin, puisque le pronom remplace un substantif masculin ou féminin.

  • Il existe une forme d'insistance sur le pronom sujet : int-i a welas (c'est eux, là, qui virent, pas eux là-bas).
  • Le pronom complément direct est o ; il ne change pas devant une voyelle ou un /h/ muet : o gwelout a ran (je les vois)o aliañ a ran (je les conseille)o harluet o deus (ils, elles les ont exilé·e·s).
note : ce pronom complément o ne peut être confondu avec la particule verbale o : le pronom reste inchangé et provoque les mutations par spiration, la particule verbale se décline en oc'h et ouzh et induit les mutations mixtes.
À l'impératif affirmatif, on met le pronom sujet i après le verbe : lezit i da ober (laissez-les faire).

Remarques[modifier | modifier le wikicode]

  • Quand un pronom personnel est employé isolément, il prend toujours la forme du sujet : piv a vo Hamlet ? — eñ. (qui sera Hamlet ? — lui.)ha Laertes ? — me eo. (et Laertes ? — c'est moi.)
  • Après les démonstratifs sede et setu (voici, voilà), c'est également le pronom sujet qu'on emploie : setu hi! (la voilà !). [5]

Possessifs[modifier | modifier le wikicode]

Il n'y a pas en breton de pronoms possessifs à proprement parler.

  • Au singulier, on emploie le pronom hini : ma hini (le mien, la mienne)he hini (le sien, la sienne – à elle)o hini (le leur, la leur – à eux, à elles)
  • Au pluriel, on emploie le pronom re : ma re (les miens, les miennes)he re (les siens, les siennes – à elle)o re (les leurs – à eux, à elles)

Démonstratifs[modifier | modifier le wikicode]

En règle générale, le mode démonstratif se construit avec l'article défini suivi de -mañ (-ci), -se (-là) ou -hont (-là-bas) : an dra-mañ (ceci, cette chose-ci)an dra-se (cela, cette chose-là)an dra-hont (cela là-bas, cette chose là-bas).

  • Si le nom est suivi d'un adjectif, celui-ci est apposé au nom : an dra ruz-se (cette chose rouge-là).

Les pronoms démonstratifs remplacent des substantifs selon les mêmes degrés de proximité : ici, et là-bas.

Crystal Projec icons.png  Pronoms démonstratifs

an hini
ar re

celui, celle, le, la
ceux, celles, les

hemañ
hennezh
henhont

celui-ci
celui-là
celui-là là-bas

homañ
honnezh
honhont

celle-ci
celle-là
celle-là là-bas

ar re-mañ
ar re-se
ar re-hont

ceux-ci, celles-ci
ceux-là, celles-là
ceux-là là-bas, celles-là là-bas

  • « Tout ceci, tout cela, tout cela là-bas » se dit kement-mañ, kement-se, kement-hont.
  • Se en début de phrase équivaut à an dra-se ou kement-se : se eo a ranki lavarout (c'est cela que tu devras dire)se zo nevez ! (ça c'est nouveau !).
  • « Ce qui, ce que » se dit ar pezh a (la pièce qui, que) ou simplement pezh a par élision de l'article défini : gaou eo ar pezh a lavarit (ce que vous dites est mensonger)setu pezh zo c'hoarvezet (voilà ce qui s'est passé).
  • « Celui qui, que, celle qui, que » se dit an hini a, et ar re a au pluriel : setu amañ madigoù, kemer an hini a blij dit ha lez ar re a gavez fall (voici des bonbons, prends celui qui te plaît et laisse ceux que tu trouves mauvais).

Relatifs[modifier | modifier le wikicode]

  • Sujet ou complément direct, le pronom relatif breton est a à l'affirmatif et na au négatif : digablus eo ar vaouez a varner (la femme que l'on juge est innocente)dall eo an den na wel netra (la personne qui ne voit rien est aveugle).
Le pronom a est devenu la particule verbale que vous connaissez ; il est sous-entendu à la 3ème personne du singulier du verbe bezañ : zo signifie qui est – dire ou écrire *a zo est un abus de langage. Ce rôle de pronom explique l'emploi de a pour insister sur le sujet quand celui-ci est placé en tête de phrase.

Interrogatifs[modifier | modifier le wikicode]

En français, les pronoms relatifs et interrogatifs ont la même forme ; il n'en est pas de même en breton.

Crystal Projec icons.png  Pronoms interrogatifs

piv ? qui ?
petra ? que, quoi ?
pehini ? lequel ?, laquelle ?
pere ? lesquels ?, lesquelles ?

Indéfinis[modifier | modifier le wikicode]

  • Retournez au début : « il n'y a pas de pronom indéfini correspondant au français on »... et relisez ce chapitre, ce n'est pas du temps perdu Noto Emoji Oreo 1f601.svg.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Les pronoms personnels compléments indirects (à moi) s'obtiennent par des prépositions conjuguées, présentées au chapitre 10.
  2. Rappelez-vous : pas de particule devant le verbe kaout (avoir).
  3. Comme nous le verrons dans le chapitre 12 consacré à la syntaxe, Yoda serait à l'aise en breton.
  4. Le tutoiement n'est pas employé partout : le vouvoiement est de rigueur dans une aire couvrant le sud de la Cornouaille et le nord du Pays de Vannes, approximativement de Pontivy à Quimper et de Carhaix à Lorient ; ma grand-mère trégorroise de Morlaix vouvoyait tout le monde sauf Dieu et, bien qu'ayant son certificat d'études, ne parlait français qu'à son chien (et en le vouvoyant).
  5. Ces démonstratifs sont des contractions de verbes et de pronoms : sede = sell (vois) + te et setu = sellit (voyez) + hu.

Exercices[modifier | modifier le wikicode]

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