Mallette pedagogique Enfants Intellectuellement Precoces-Importance des amenagements pedagogiques-les consignes

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Le sens des mots, l'importance des consignes[modifier | modifier le wikicode]

L’EIP prend le mot au pied de la lettre, dans sa définition la plus juste. Cela se ressent au niveau de la compréhension des consignes.

L’enseignant doit être précis dans sa formulation, il doit peser les mots employés.

L’élève EIP peut rester bloqué sur une question, il ne comprend pas ce qu’il doit répondre (autant dans l’acte que dans le niveau de difficulté). 

Pour l'explication des consignes, Jean-Marc LOUIS, propose : "de les simplifier, de les adapter et de dire à quoi elles vont servir."

Pour chaque consigne, penser à :

- faire reformuler la consigne par l'élève,

- utiliser le tableau comme système référentiel,

- mettre en place un affichage didactique spécifique, notamment pour la méthodologie,

- symboliser, schématiser,

- donner du sens.

J-M Louis, "Scolarisé l'élève intellectuellement précoce", ed Dunod.[1] (CTRL+clic gauche ->le lien s'ouvre dans un nouvel onglet) 

Une consigne mal formulée par l’enseignant ou le livret, induit un blocage de l’élève IP face à l’implicite.

La raison  en est la fulgurance d’esprit de l’EIP qui peut provoquer des difficultés pour répondre aux consignes qu’il va rencontrer. Il n’arrive pas à faire le tri, il n’arrive pas à faire la part entre ce qui est ou pas essentiel, entre l’implicite et l’explicite.

Donc souvent l’EIP n’arrive pas à saisir l’implicite des exercices demandés. 

Les élèves précoces prennent la consigne et les mots au sens littéral, au premier degré. C’est souvent ce qui amène à des hors-sujets ou à des réponses étonnantes, parfois mal interprétées par l’enseignant qui pense l’élève impertinent.

Alors que l’EIP est simplement JUSTE dans le vocabulaire employé ! 

Voici quelques erreurs fréquemment rencontrées, à cause d’une consigne ambiguë ou équivoque :

« Ecris les nombres suivants en lettres : (réponse de l’EIP)

            19 : vingt

            63 : Soixante-quatre »

 

« Dans cette phrase, les participes passés s’accordent-ils ?"  Réponse de l’EIP : « oui ou non ». Il n'en donnera pas la raison : ce n'est pas demandé à l'écrit.

 

« Y a-t-il des triangles parmi ces figures ?" Réponse de l’EIP : « oui » mais il ne les entourera pas car ce n’était pas demandé.  

Lucrèce TRESSOL, consultante et présidente de l'AEP81, donne un exemple concret de l’importance du choix du verbe :

« Quand un enfant précoce se trompe sur le sens de la consigne, il faut que l’adulte se recentre sur le sens exact des mots.

Prenons l’exemple du verbe FAIRE (pour un élève précoce c’est un piège) :

                Faire de la musique = jouer de la musique.

                Faire une rédaction = rédiger une rédaction.

                Faire une lettre = écrire un lettre.

                Faire du sport = pratiquer du sport.

                Faire un calcul = effectuer un calcul.

                Faire un carré = tracer un carré.

                Faire un cube = soit dessiner (2D) soit fabriquer un cube (3D).

                Faire à manger = préparer à manger.

Il est important de ne formuler qu’un OBJECTIF à la fois dans les consignes, mis dans l’ordre de réalisation, avec un vocabulaire adapté.

Il ne faut pas pénaliser les élèves EIP pour une erreur de compréhension. Il est plus prudent de prévoir un travail sur la consigne, en aparté. "

Développer l'explicite[modifier | modifier le wikicode]

Un élève dans la norme comprend et sait que quand l’enseignant pose une question il faut se reporter au cours. L’élève doit répondre avec ce qu’il a appris en cours.

L’élève précoce, de par son mode de pensée, fera des erreurs d’interprétation. Il ne pense pas au cours en premier, il va plutôt y mettre son « affect » et ses vastes connaissances personnelles. Il complexifie la demande et ne sait plus quoi répondre au final.

L’EIP ne cerne pas les consignes faciles, simples. Il a besoin de complexité pour comprendre, trouver du sens et de l’intérêt à répondre à la demande.

La complexité le stimule et lui permet de pouvoir répondre.

La simplicité le perturbe et l’empêche de répondre. 

Les raisons :

  •  Les consignes simples avec un verbe trop généraliste (comme « faire ») ne représentent justement aucun intérêt pour l’EIP. Il n’arrive pas à décoder le message.

Il est important de travailler le vocabulaire des termes employés. 

Vous devez définir l’attente sur la copie du mot "employé", par exemple :

-         « calculer » = on doit poser le calcul et écrire les étapes qui amènent au résultat.

-         « justifier » = citer la définition ou la propriété à appliquer.

-         « mesurer » = prendre un instrument de mesure (règle, compas, équerre…) et lire la valeur.

-         …. 

Quelles consignes complémentaires pour les élèves EIP?[modifier | modifier le wikicode]

La clarté de la consigne est impérative, l’élève EIP remettra en question et interrogera le sens des mots. Il sera parfois dans l’impossibilité d’y répondre ne réussissant pas à statuer sur la signification de la demande de l’enseignant.

La reformulation, la contextualisation, l’explicitation, la clarté de la consigne sont indispensables pour spécifier la tâche à réaliser.

Exemple : “Remettre les mots dans l’ordre”. La demande de l’enseignant est de construire une phrase ayant du sens. L’élève EIP peut s’interroger sur la notion d’ordre :

De quel ordre s’agit-il ? L'ordre alphabétique? L’ordre qui donne du sens à la phrase ? L’ordre qui hiérarchise les informations ?

Une  consigne complémentaire peut être apportée pour travailler l’effort de soin : demander à l’élève de copier avec soin pour être lu par un pair, donner un intérêt à la qualité de l’écrit...

Les élèves EIP ont souvent des difficultés à décrire, expliciter leur démarche, une consigne supplémentaire peut donc être proposée : réfléchir / noter / exposer les étapes qui ont permis de trouver cette solution ou ce résultat et ainsi envisager le tutorat.

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  1. J-M Louis, "Scolarisé l'élève intellectuellement précoce", ed Dunod.