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Introduction à la théorie des nombres/Approximation diophantienne et fractions continues

Leçons de niveau 16
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Approximation diophantienne et fractions continues
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Chapitre no 2
Leçon : Introduction à la théorie des nombres
Chap. préc. :Nombres premiers et fonctions arithmétiques
Chap. suiv. :Séries et produits infinis formels

Exercices :

Approximation diophantienne et fractions continues
Devoir :Nombres équivalents
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Introduction à la théorie des nombres/Approximation diophantienne et fractions continues
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Soit x un réel.

Approximation d'un réel par des rationnels

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Application du principe des tiroirs

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On cherche à approcher x par des rationnels p/q « raisonnables » (de dénominateur q et numérateur pxq « pas trop grands »). Comme est dense dans , plus on s'autorise q grand, plus on peut se rapprocher du réel x. La taille nécessaire pour q en fonction de l'erreur tolérée dépend de x, mais pour tous les réels on a déjà :

Début d’un théorème
Fin du théorème


Image logo représentative de la faculté Faculté de Mathématiques Faites ces exercices : Exercice 2-2.


Application
On en déduira (dans l'exercice lié) que si x, alors il existe une infinité de fractions p/q — et a fortiori de couples (p,q) — vérifiant |xp/q|<1/q2.
Remarques

Mesure d'irrationalité

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Plus cette « mesure » est grande, mieux x est approchable par des rationnels différents de x, et moins il est algébrique. Plus précisément :

  • Elle vaut 1 si x (voir l'exercice 2-1), et elle est supérieure ou égale à 2 sinon (voir supra).
  • Elle est finie si x est algébrique, d'après le théorème de Liouville ci-dessous[1]. Les nombres de Liouville sont donc transcendants.


Exemple de nombre de Liouville : la constante de Liouville n110n! (voir l'exercice lié).

On démontrera en exercice la proposition suivante :

Cette définition équivalente de la mesure d'irrationalité est plus commode pour démontrer le théorème suivant :

Début d’un théorème
Fin du théorème

Fractions continues

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Wikipédia possède un article à propos de « Fraction continue ».

Réduites, ou fractions continues finies

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La preuve de la propriété suivante est laissée en exercice.

Remarques
  • En particulier, [a0,,ap]=[a0,,ap1+1/ap], ce qui fournit une définition récursive équivalente à la précédente.
  • On n'a pas imposé pour l'instant que les ai soient des entiers, ni pris la précaution de supposer non nulles les quantités qu'on inverse. Cette définition est donc à prendre au sens formel, c'est-à-dire en considérant les ai comme des indéterminées et en se plaçant dans leur corps de fractions rationnelles. Par exemple :
    [a0,a1,a2]=a0+1a1+1a2=a0+a2a1a2+1=a0a1a2+a0+a2a1a2+1(a0,a1,a2).

Les deux fractions continues (finies) d'un rationnel

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Pour tout rationnel r, l'algorithme d'Euclide fournit un développement de r en fraction continue finie « simple », c'est-à-dire avec a0 et ai pour i>0.

Le développement r=[a0,,an] obtenu ainsi a la particularité que les ai pour i>0 sont même strictement supérieurs à 1. On en déduit un second développement de r en fraction continue simple, qui n'a plus cette particularité : r=[a0,,an1,1].

Image logo représentative de la faculté Faculté de Mathématiques Faites ces exercices : Exercice 2-5.


Ce sont les deux seuls (cf. exercice lié).

La fraction continue (infinie) d'un irrationnel

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Dans l'algorithme d'Euclide ci-dessus, si l'on note xj=pj/pj+1 (en particulier x0=r), aj était la partie entière de xj et 1/xj+1 sa partie fractionnaire. Pour tout irrationnel x, le même algorithme donne une fraction continue simple infinie :

x0:=x,an:=xn,xn=:an+1xn+1.

Ainsi, x=[a0,,an,xn+1] et l'algorithme ne s'arrête évidemment jamais. L'irrationnel xp (>1 si p>0) et sa partie entière ap sont appelés le quotient complet et le quotient partiel de x d'indice p.

Numérateurs et dénominateurs des réduites

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On a déjà observé que les réduites associées à une suite (an) s'expriment rationnellement en fonction des ai. On peut systématiser l'exemple qui l'illustrait :

On obtient ainsi :

Remarques
  • Comme dans la définition des réduites (voir supra), ces formules sont à prendre au sens formel, les ai étant des indéterminées et les hp,kp des polynômes en ces indéterminées. On peut donc y remplacer à volonté les indéterminées par des entiers ou même des réels, tant que cela ne remplace pas les dénominateurs par 0.
  • En particulier, pour une fraction continue simple infinie :
    • pour tout p0 : hp et kp ;
    • hpkp=1 ;
    • la suite d'entiers (kp)p1 est strictement croissante[2] donc tend vers l'infini.

Bijection entre irrationnels et fractions continues infinies

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Les résultats de cette section sont centraux dans la théorie des fractions continues : ils établissent une bijection entre l'ensemble des fractions continues infinies simples et l'ensemble des irrationnels[3], et montrent au passage que les réduites d'un irrationnel en constituent une « bonne approximation », en un sens qui sera précisé dans la section suivante.


Début d’un théorème
Fin du théorème

Meilleure approximation

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Remarque
La fraction p/q approche alors mieux x, au sens ordinaire (plus faible que celui de la définition), que toute autre fraction de dénominateur plus petit, car
si qq et |qxp|>|qxp| alors |xp/q|>|xp/q|.


Début d’un théorème
Fin du théorème

Fraction continue d'un irrationnel quadratique

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descriptif indisponible
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Wikipédia possède un article à propos de « Fraction continue d'un irrationnel quadratique ».


Début d’un théorème
Fin du théorème

Pour un tel développement, on introduit la notation suivante :


  1. La mesure d'irrationalité d'un irrationnel algébrique est en fait exactement égale à 2 : c'est le théorème de Thue-Siegel-Roth (Axel Thue (1909), Carl Ludwig Siegel (1921), Freeman Dyson (1947), et enfin Klaus Roth (1955), médaille Fields en 1958), plus précis que celui de Liouville. Par ailleurs, d'après un théorème de Khinchine de 1924, la mesure d'irrationalité de presque tout réel est égale à 2.
  2. La croissance stricte n'est garantie qu'à partir de p=1, car k0=k1 si a1=1.
  3. Ceci fournit une preuve explicite du fait que l'ensemble des irrationnels a la puissance du continu. C'est d'ailleurs cette méthode qui permit à Cantor, en 1878, de démontrer directement que [0,1]n est équipotent à [0,1], au lieu d'utiliser que |[0,1]|=|𝒫()| et que (via une bijection canonique) |𝒫(A)×𝒫(B)|=|𝒫(AB)|.
  4. Avec une licence pour le numérateur de la première réduite h0/k0=a0/1, puisque l'entier h qui minimise |xh| peut être a0+1.
  5. À ne pas confondre avec la notion de conjugué d'un nombre complexe.