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Brouillons en vrac

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À tous les chercheurs :

Retrouver une sérénité[modifier | modifier le wikicode]

Je voudrai vous partager un petit ‘système’ qui m’a bien servi à une époque, et qui me sert encore parfois. Il pourra être utile à d’autres personnes. Il ne fonctionne pas forcément sur tout le monde, surtout si l'on n'a pas un minimum de pratique de l’auto-analyse. J’ai découvert cet « algorithme » à 44 ans, au cours d'une randonnée de 34 km en allure rapide (à la pause casse-croûte/repos) sur des chemins très boueux (après un bel effort physique donc), mais sous le soleil et entouré de randonneurs sympathiques et détendus que je rencontrais souvent. Il a mis à peine un dixième de seconde à fonctionner — et encore : il m'a suffi, après avoir réalisé que « c'était la bonne pensée à avoir  », à « l'injecter », et hop ça été instantané, même si je n'avais injecté que le 1) : « S’obliger à… ». Il m’a ensuite fallu trois ans pour le mettre au point avec le paragraphe 2) car il ne fonctionnait plus toujours à tous les coups. Une amie a revu la formulation de ce paragraphe en le divisant en 3 phrases précises et courtes.

Cette méthode n'est pas vraiment « gratuite », car pour qu'elle soit vraiment efficace il faut faire un effort sur soi, en essayant de ne faire appel qu'à l'intellect, à la logique, en mettant le plus possible de côté ses affects. Cet effort ne peut parfois être accepté qu'au bout de quelques minutes, quelques jours, voire plus, et parfois on ne pense même pas à l'utiliser : l'inconscient utilise parfois des ruses insoupçonnées, il sait très bien que l'homme est partisan du moindre effort.

Si l’on se sent déprimé sans raison apparente, et que cela dure depuis plusieurs jours déjà :

1. S’obliger à prendre quelques minutes pour se détendre, et chercher quelle a pu être l’idée négative (idée triste ou angoissante, désespérante), et fausse, que l’on s’est mise en tête ces derniers temps, avant les premiers symptômes de mal-être (qui ont commencé quand ? après quel événement ? quel constat ?ou quelle réflexion ? y a-t-il un une décision à prendre, que l'on retarde peu-être ? un changement à effectuer ?). Essayer au cours de cette réflexion de ne faire appel qu'à l'intellect, en mettant de côté l'affectif.

2. Lorsque l’idée déclencheur est trouvée, il est parfois difficile d’admettre, surtout si le mal-être est installé depuis quelque temps :
– D’une part que cette idée puisse être fausse – c’est ici la plus grande difficulté.
– D’autre part qu’elle puisse être la cause d’un tel malaise.
– Enfin qu’il existe sans doute une autre issue que ce mal-être.
Se demander alors si cet état – un état négatif – a vraiment sa place dans la dynamique constructive de la vie. On voit immédiatement que non, et on admet mieux alors que l’idée négative déclencheur est une idée fausse.

3. Il peut être troublant de constater que l’on ait pu se mettre en tête une telle idée, parfois saugrenue. Se demander alors si lorsqu’elle est survenue on n’était pas déjà dans un état de fragilité. Si c’est le cas, cette découverte est rassurante, qui nous permet de mieux comprendre pourquoi la déprime a pu survenir.

  • Nous fantasmons parfois sur le présumé futur idyllique que nous procurerait un évènement tardant à venir. L’attente est alors difficile. Cette idée fausse d’un avenir sans souci contrarie beaucoup notre manière de vivre le présent, qui paraît terne en comparaison.
  • À l’inverse, face à une épreuve difficile il nous arrive de penser : « Ah ! Si ce n’était pas arrivé… ». Là aussi, au lieu de chercher une solution nous vivons mal le présent.
  • Si décidément on n’arrive pas à trouver l’idée négative, se poser la question : « Dans tout ce que j’ai pu ressentir récemment, où puis-je dire qu’il y a eu pulsion de mort ? »

L’idée fausse est toujours liée à l’impression (souvent inconsciente) de ne plus se sentir aimé. Quand une forte adversité survient, on pense que personne au monde – et surtout pas Dieu ! – ne pourra nous assister dans cette épreuve. Se sentir abandonné nous ramène à nos abandons d’enfance. Se les remémorer, en reprendre conscience, nous donne une explication qui réconforte. La psychanalyse nous enseigne qu’il est tout à fait humain, honnête envers soi-même, urgent et libérateur, de réveiller en nous (mentalement) l’agressivité que l’on éprouve, tout au fond de soi, envers les personnes (souvent très proches) par qui on s’est senti abandonné – même si elles ne pouvaient faire autrement, de leur point de vue. Ce sentiment d’abandon ramène à l’idée fausse – inconsciente – d’un abandon total de la part du Projet de l’Univers, ou de Dieu.
La médecine chinoise nous enseigne qu’une douleur à la hanche est révélatrice d’un sentiment d’abandon douloureusement vécu – courant chez les personnes âgées. La symbolique en étant que si la jambe veut bien partir en avant – il faut bien avancer dans la vie –, le reste du corps, non participatif, se sentant abandonné, préfère rester sur place : s’installe une dysharmonie pouvant à la longue provoquer une lésion irréversible si l’on continue à vouloir nier ses problèmes. Alors que tenter d’y remédier favorise la guérison. Si j’ai abandonné ou négligé une personne, ou un projet, je peux aussi ressentir un manque très déstabilisant.

L’idée fausse peut être la crainte de ne pouvoir retrouver cet amour (un tel amour), cette amitié (une telle amitié), ce grand projet (un aussi grand projet), qui nous tenait tant à cœur.

Quand on a compris le caractère illusoire de cette idée négative enfin mis au jour, un changement de polarité se produit dans notre esprit, du négatif vers le positif. À un sentiment de fatalité déprimante, voire désespérante, se substitue l’idée libératrice et dynamisante qu’il est normal qu’on ait toujours, comme un sportif, à lutter (mais à chaque jour suffit sa peine), car la vie est un sport de combat, nombreux sont ceux qui l’ont déjà dit. Et l’on pourra être, davantage qu’auparavant, le véritable acteur de notre vie. Car c’est quand l’homme agit qu’il est vivant.
Cette idée ouvre le chemin à une nouvelle, très belle, disponibilité. Un sentiment de plénitude survient.


algorithme : suite finie d’opérations élémentaires
constituant un schéma de calcul
ou de résolution d’un problème.


Remarque : la méthode décrite ci-dessus devrait en principe valoir aussi pour une dépression profonde. Ce serait négliger qu’une recherche solitaire et ponctuelle ne possède pas la puissance réparatrice suffisante. Il pourrait être avantageux alors de réexaminer tranquillement, avec un médecin de l’âme, en un dialogue bienveillant, une écoute respectueuse, les pensées erronées (et leurs implications) que l’idée fausse déclencheur, placée là en germe – souvent ancienne et considérée depuis longtemps comme une fatalité –, a suscitées et laissé se développer. Et déposer là, « en un dépôt sacré », l’idée déclencheur qui a essaimé, plus ou moins profondément. Cette petite méthode peut cependant aider à éclaircir une situation de mal-être, à donner des pistes de réflexion. Les tournants difficiles de l’existence recèlent des malles au trésor insoupçonnées. Qui ne demandent qu’à être ouvertes. Le tout est de trouver la bonne clé. Bonne chance !

Claude Mariotti