Aller au contenu

Recherche:Polynômes annulateurs de nombres sous la forme cosinus ou tangente/Méthodes d'obtention des polynômes

Une page de Wikiversité, la communauté pédagogique libre.
Début de la boite de navigation du chapitre
Méthodes d'obtention des polynômes
Icône de la faculté
Chapitre no 1
Recherche : Polynômes annulateurs de nombres sous la forme cosinus ou tangente
Retour auSommaire
Chap. suiv. :Polynômes annulateurs de nombres de la forme 2cos(2kπ╱n)
fin de la boite de navigation du chapitre
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Polynômes annulateurs de nombres sous la forme cosinus ou tangente : Méthodes d'obtention des polynômes
Polynômes annulateurs de nombres sous la forme cosinus ou tangente/Méthodes d'obtention des polynômes
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.

Écriture pertinente d'un multiple rationnel de π

[modifier | modifier le wikicode]

Un réel de la forme

θ=rπ avec r

peut bien sûr toujours être mis sous la forme

θ=mπ avec et m premiers entre eux.

Par paresse d'esprit, on pourrait s'arrêter là.

Mais θ peut aussi, pour tout rationnel non nul s fixé, s'écrire sous la forme

θ=absπ avec a et b premiers entre eux

(ab étant la fraction irréductible du rationnel rs) et l'on peut facilement passer, pour s1,s2 fixés, de la forme d'un même θ associée à s1 à celle associée à s2.

Vu le rôle majeur des racines de l'unité :

la forme la plus naturelle est :

  • θ=2kπn avec k et n premiers entre eux pour l'étude de cosθ ;
  • θ=kπn avec k et n premiers entre eux pour l'étude de sinθ et tanθ.


En effet, Lehmer (1933) puis Ivan Niven (1956) utilisent la forme 2kπn pour les trois fonctions, mais notre choix donne une expression plus simple des degrés de tanθ (Calcut, 2006) et sinθ (voir infra).

Polynômes de Tchebychev et polynômes annulateurs

[modifier | modifier le wikicode]

La remarque simplissime mais fondamentale permettant de déterminer des polynômes annulateurs, voire même minimaux, des cosinus, sinus et tangente d'un tel nombre est :

  • si θ=2kπn alors cos(nθ)=1 ;
  • si θ=kπn alors sin(nθ)=0.

Il s'agit ensuite d'exprimer cette conclusion comme l'annulation, en cosθ, sinθ ou tanθ, d'un certain polynôme.

Les polynômes de Tchebychev (cf. Sommation/Exercices/Formule du binôme#Exercice 5-11), caractérisés par

cos(nθ)=Tn(cosθ)etsin((n+1)θ)sinθ=Un(cosθ),

se calculent facilement par récurrence :

T0=1, T1=X et n1Tn+1=2XTnTn1,
U0=1, U1=2X et n1Un+1=2XUnUn1

ou directement :

Tn(X)=0kn/2(n2k)(X21)kXn2k et si n>0, Tn(X)=n20kn/2(1)knk(nkk)(2X)n2k,
Un(X)=0kn/2(n+12k+1)(X21)kXn2k=Xn0kn/2(n+12k+1)(1X2)k.

Ils permettent dans un premier temps d'obtenir rapidement des polynômes annulateurs (mais non nécessairement minimaux) de cosθ, sinθ et tanθ pour θ (de la forme ci-dessus) de cosinus et sinus non nuls :

  • cos2kπn est racine de Tn(X)1X1 (de degré n1) et même, si n est pair, de Tn(X)1X21 (de degré n2) ;
  • 12sin2kπn=cos2kπn ;
  • tankπn est racine du polynôme qui exprime sin(nθ)cosn1θsinθ en fonction de tanθ :
    (1+X2)(n1)/2Un1((1+X2)1/2)=0k(n1)/2(n2k+1)(X2)k
    (de degré n1 si n est impair et n2 si n est pair).

On peut souvent construire des polynômes annulateurs de degrés plus petits. Par exemple si n est impair, n=2m+1, on a :

  • pour x=cos2kπn1, en posant z=ei2kπ/n :
    0=zmzn1z1=zm+zm+zm1+z(m1)++z+z1+1=1+2i=1mTi(x) ;
  • donc pour y=sinkπn0 :
    0=1+2i=1mTi(12y2) ;
  • et pour z=tankπn :
    0=1+2i=1mTi(1z21+z2),

ce qui fournit des polynômes annulateurs :

  • pour x : de degré n12 (au lieu de n1),
  • pour y : de degré n1 (au lieu de 2n2),
  • pour z : de degré n1 (identique, dans ce cas n impair, à celui mentionné précédemment),

qui sont même de degré minimum si n est premier : cf. sections suivantes et chapitre 3.

Polynôme minimal de cos(rπ)

[modifier | modifier le wikicode]

Plus généralement, les polynômes de Tchebychev, joints aux polynômes cyclotomiques, permettent même de calculer le polynôme minimal de ces nombres. Par exemple, puisque le n-ième polynôme cyclotomique Φn (de degré φ(n), où φ est l'indicatrice d'Euler) est irréductible, le polynôme minimal Pn des φ(n)/2 nombres 2cos(2kπ/n) pour k premier avec n et 0<k<n/2 s'en déduit par :

Pn(z+1z)=zφ(n)/2Φn(z).

Le membre de droite est une combinaison linéaire à coefficients entiers de termes de la forme zk+zk=2Tk(z+1z2).

On a donc démontré :

Début d’un théorème
Fin du théorème



Début de l'exemple
Fin de l'exemple
Début de l'exemple
Fin de l'exemple


Conséquences pour sin(rπ)

[modifier | modifier le wikicode]

Les degrés et polynômes minimaux des sin(rπ) se déduisent de ceux des cos(rπ) :

Début d’un théorème
Fin du théorème

Si n2k n'est pas divisible par 8 (c'est-à-dire si n≢2kmod8), Sn peut donc se calculer à partir de Cn (cf. remarque de la section précédente). Si n2k est divisible par 8 (c'est-à-dire si n2kmod8), le polynôme minimal est Cn/2=(1)φ(n)Cn(X).

Ivan Niven, Irrational Numbers, Cambridge University Press, 1956 [lire en ligne], p. 37-40