Aller au contenu

Théorie des groupes/Groupes linéaires

Leçons de niveau 14
Une page de Wikiversité, la communauté pédagogique libre.
Début de la boite de navigation du chapitre
Groupes linéaires
Icône de la faculté
Chapitre no 10
Leçon : Théorie des groupes
Chap. préc. :Produit direct et somme restreinte
Chap. suiv. :Théorèmes de Sylow

Exercices :

Groupes linéaires
fin de la boite de navigation du chapitre
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Théorie des groupes : Groupes linéaires
Théorie des groupes/Groupes linéaires
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.


Dans ce chapitre, nous allons définir les groupes linéaires, qui relèvent de l'algèbre linéaire, et démontrer certaines de leurs propriétés qui nous serviront dans le chapitre Théorèmes de Sylow. Toutefois, nous verrons que les théorèmes de Sylow peuvent également se démontrer sans utiliser l'algèbre linéaire, de sorte que le lecteur peut omettre le présent chapitre en première lecture. Nous retrouverons les groupes linéaires au chapitre Simplicité des groupes linéaires spéciaux projectifs.

Conventions et rappels sur les matrices[modifier | modifier le wikicode]

On définira une matrice à r lignes et à s colonnes (r et s étant des nombres naturels) comme une famille (« double ») indexée par le produit cartésien . Si est une telle matrice, les sont appelés les coefficients de la matrice; plus précisément, on dit que est le coefficient de la i-ième ligne et de la j-ième colonne.

Dans ce qui précède, les mots « ligne » et « colonne » ont un sens purement conventionnel. L'usage de ces mots s'explique par le fait qu'on représente couramment une matrice à r « lignes » et s « colonnes » par un tableau rectangulaire à r lignes et s colonnes, cette fois au sens courant des mots « ligne » et « colonne ». Les lignes de ce tableau étant numérotées de haut en bas et les colonnes de gauche à droite, on met le coefficient de la matrice à l'intersection de la i-ième ligne et de la j-ièmes colonne.

Au lieu de « matrice à r lignes et s colonnes », nous dirons parfois « matrice  ».

Si M et N sont deux matrices dont les coefficients appartiennent à un même anneau A, on définit la somme M + N des matrices M et N (relativement à l'anneau A) de la façon suivante : si , si , alors

où la somme est prise dans l'anneau A.

Si M est une matrice à r lignes et s colonnes à coefficients dans l'anneau A, si N est une matrice à s lignes et t colonnes à coefficients dans le même anneau A (N a donc autant de lignes que M de colonnes), nous définirons le produit MN des matrices M et N (relativement à l'anneau A) de la façon suivante : si , si si , alors

,

le calcul de se faisant dans l'anneau A.

Les seules matrices que nous rencontrerons dans ce chapitre seront des matrices à coefficients dans des corps commutatifs. (Nous éviterons les corps non commutatifs pour ne pas devoir distinguer entre espaces vectoriels à gauche et espaces vectoriels à droite.)

Soit F un corps commutatif, soient V, W des F-espaces vectoriels de dimensions finies s et r respectivement, soit une base numérotée de V (on entendra par là une famille basique de V indexée par l'ensemble {1, ... , s}), soit une base numérotée de W; soit f un F-homomorphisme de V dans W; nous définirons la matrice de f dans les bases et comme la matrice , où désigne la i-ième composante de dans la base .

Si f et g sont deux F-homomorphismes de V dans W, si M (resp. N) désigne la matrice de f (resp. g) dans les bases et , alors la matrice de f + g dans ces bases est M + N.

Soit F un corps commutatif, soient , , des F-espaces vectoriels de dimensions finies, soient respectivement , , des bases numérotées de , et . Si f est un F-homomorphisme de dans , si g est un F-homomorphisme de dans , si M désigne la matrice de f dans les bases et , si N désigne la matrice de g dans les bases et , alors la matrice de dans les bases et est NM.

Les auteurs qui, contrairement au choix fait dans le présent cours, préfèrent les opérations de groupes à droite aux opérations à gauche, composent habituellement les applications de gauche à droite alors que nous les composons de droite à gauche. Autrement dit, ces auteurs écrivent là où nous écrivons . Ces auteurs définissent en général la matrice d'un F-homomorphisme de V dans W dans une base de V et une base de W comme la matrice , où désigne la j-ième composante de dans la base . Cette matrice est la transposée de celle que nous avons définie comme la matrice de f dans les bases de V et de W. Avec la définition donnée par les auteurs en question, on peut énoncer :

« Soit F un corps commutatif, soient V, W, U des F-espaces vectoriels de dimensions finies, soit une base numérotée de V, soit une base numérotée de W, soit une base numérotée de U. Si f est un F-homomorphisme de V dans W, si g est un F-homomorphisme de W dans U, si M désigne la matrice de f dans les bases et , si N désigne la matrice de g dans les bases et , alors la matrice de dans les bases et est MN. »

C'est en raison de l'existence de ces conventions différentes qu'on a fait la présente mise au point.

Groupes linéaires[modifier | modifier le wikicode]

descriptif indisponible
Wikipedia-logo-v2.svg
Wikipédia possède un article à propos de « Groupe linéaire ».


Le groupe GL(V) est donc un sous-groupe du groupe symétrique (groupe des permutations de V, ou, plus exactement, de l'ensemble sous-jacent de V).


Début d’un théorème
Fin du théorème
Début d’un théorème
Fin du théorème

Démonstration : c'est un résultat classique d'algèbre linéaire.

Début d’un théorème
Fin du théorème
Début d’un théorème
Fin du théorème

Notation numérique GL(n, q)[modifier | modifier le wikicode]

On démontre en algèbre que

1° tout corps fini est commutatif;
2° deux corps finis de même cardinal sont toujours isomorphes;
3° tout corps fini a pour cardinal un nombre de la forme , avec premier et ;
4° pour tout nombre premier et tout nombre naturel , il existe des corps de cardinal (tous isomorphes d'après le point 2°).

De cela et de l'énoncé 3, il résulte que si est un nombre de la forme , où est un nombre premier et un nombre naturel , si est un nombre naturel, tous les groupes linéaires GL(n, K), où K parcourt les corps de cardinal , sont isomorphes.
Donc on peut définir, à isomorphisme près, un groupe , dont on se contente de savoir qu'il est isomorphe à GL(n, K) pour tout corps K de cardinal . D'après l'énoncé 2, le groupe est isomorphe à GL(V) pour n'importe quel espace vectoriel V de dimension sur n'importe quel corps de cardinal .
L'énoncé 4 s'écrit alors