Aller au contenu

Réduction des endomorphismes/Diagonalisabilité

Leçons de niveau 15
Une page de Wikiversité, la communauté pédagogique libre.
Début de la boite de navigation du chapitre
fin de la boite de navigation du chapitre
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Réduction des endomorphismes : Diagonalisabilité
Réduction des endomorphismes/Diagonalisabilité
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.

Soit φ(E).


En effet, si f_=(f1,,fn) est une base de vecteurs propres, alors en notant λi la valeur propre correspondant au vecteur propre fi (les λi ne sont pas nécessairement deux à deux distincts), on obtient que la matrice de φ dans la base f_ est :

Mφ(f_)=(λ1λ2(0)(0)λn1λn)

Théorème de diagonalisation

[modifier | modifier le wikicode]

On suppose E de dimension n finie et l'on note p=card(Sp(φ)) le nombre de valeurs propres de φ.

Début d’un théorème
Fin du théorème


Interprétation matricielle

[modifier | modifier le wikicode]
Contre-exemple
Si AMn(K) n'a qu'une valeur propre λ, d'ordre n — en particulier, si A est triangulaire et si ses éléments diagonaux sont tous égaux à λ — mais n’est pas diagonale, alors elle n’est même pas diagonalisable.
En effet, la seule matrice diagonale ayant λ comme valeur propre d'ordre n est λIn, et PλInP1=λIn.
Début d’un théorème
Fin du théorème


Il faut enfin faire le lien entre les deux points de vue (matrice et endomorphisme) :

En effet, si A=Mφ(e_) alors, en notant f_ une base de vecteurs propres pour φ, la formule de changement de base donne :

Mφ(e_)=P(e_,f_)Mφ(f_)P(f_,e_) et donc P=P(e_,f_) et D=Mφ(f_).

Méthode pratique de diagonalisation

[modifier | modifier le wikicode]

En pratique, si l’on cherche à diagonaliser A𝕄n():

  • on calcule le polynôme caractéristique pA(t)=det(AtIn) (ou,dans des situations plus théoriques, le polynôme minimal)de A en cherchant à le factoriser le plus possible (car on cherche ses racines, qui sont les valeurs propres de A );
  • pour chaque valeur propre λ , on détermine le sous-espace propre Eλ(A)=Ker(AλIn) (ou, si l’on préfère, on résout le système (AλIn)X=0 ) et on obtient une base de Eλ(A) , c'est-à-dire une base de vecteurs propres pour la valeur propre λ ;
  • si le polynôme caractéristique est scindé, et que pour toutes les valeurs propres λ , dimEλ(A) est égale à la multiplicité de λ dans le polynôme caractéristique pA , alors A est diagonalisable et on a D=diag(λ1,,λn) (les valeurs propres sont mises chacune dimEλ(A) fois) et P est la matrice dont les colonnes sont les vecteurs propres rangés dans le même ordre que l’ordre des valeurs propres dans la matrice D. On a alors A=PDP1D=P1AP .

Exemple :Soit A=[031211002]𝕄3()
pA(X)=det(AXI3)=|X3121X1002X|=(2X)2(3+X)
Donc les valeurs propres sont :

  • 2 de multiplicité 2
  • -3 de multiplicité 1


Calcul des sous-espaces propres :
Calcul de E2(A) : On cherche les X=[x1x2x3] tels que :
(A2I3)X=0
[231231000][x1x2x3]=02x1+3x2x3=0
Donc E2(A)=Vect{[013],[102]}
On procède de même pour E3(A) et on obtient :
E3(A)=Vect{[110]}
On a bien : dim(E2(A))=2 et dim(E3(A))=1, donc cette matrice est diagonalisable.
Une diagonalisation possible est : D=P1AP=[200020003], avec P=[011101320]