Littérature de jeunesse en anglais : Andrew Lang, Princesse Personne/La punition

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C'est ainsi que le Prince fut puni de sa curiosité et de son espionnage.
Vous me direz qu'il est naturel qu'un homme désire appeler sa femme par son nom. Mais les Fées l'interdisaient, et il y a d'ailleurs pire, il existe encore des nations qui interdisent aux femmes de mentionner le nom de leur mari.

Enfin, la situation était bien triste : la Princesse était perdue une fois de plus et le Prince Charmant était redevenu le Prince Ridicule. Le Scarabée Noir soupirait nuit et jour et mêlait ses larmes à celles du Prince. Mais ni l'un ni l'autre ne trouvait une issue. Ils erraient dans la Vallée Magique, toujours aussi belle mais elle avait perdu tout son charme et sa beauté à leurs yeux. Le pire était que le Prince endossait toute la responsabilité de la situation. Après avoir remporté la plus grande des victoires et la plus chère des épouses, il s'était débarrassé de tout par bêtise. Il marchait en pleurant :
– Oh, Gwen..., pardon Niente ! Ma chère Niente ! Viens retrouver ton Prince Ridicule et tout sera pardonné !

Que serait-il arrivé ? Le Prince serait probablement mort de chagrin et de faim, car il ne mangeait plus rien.

Mais il arriva qu'un jour le Scarabée Noir rencontra une chauve-souris qui était la monture favorite de Puck. Et Puck, comme tout le monde le sait, est le grand Bouffon de la Cour du Pays des Fées. Il sait faire rire Obéron et Titania – le Roi et la Reine – de ses plaisanteries et de ses tours, aussi ils l'adorent et ne sauraient rien lui refuser. Et donc le Scarabée Noir se mit à parler du Prince, son maître, à la Chauve-souris favorite de Puck et celle-ci qui était charitable, raconta à son tour toute l'histoire à Puck.

Ce jour-là Puck était de bonne humeur, sauta sur le dos de la Chauve-souris et s'en fut consulter le Roi et la Reine du Pays des Fées. Ils compatirent au sort du Prince qui n'avait fait que transgresser une toute petite loi de Fées, après tout et ils chargèrent Puck d'un message : le Prince devait repartir à la recherche de l'Oiseau Bleu et lui demander de le guider jusqu'au royaume de la Fée des eaux qui était la marraine de la Princesse.

Il erra longtemps et un peu partout mais finit par retrouver l'Oiseau Bleu une fois de plus. Et l'Oiseau, qui avait bon cœur, lui promit de le guider jusqu'à la splendide rivière où la Fée des Eaux tenait sa cour. Ils finirent par l'atteindre et l'oiseau Bleu s'attela au chariot de la Fée des Eaux formée par la corolle d'un Nénuphar. Il tira et tira le chariot jusqu'à la rive où attendait le Prince.

Le voici tirant le chariot.

Au début, quand elle le vit, elle se mit en colère :
– Pourquoi avez-vous cherché le nom de ma filleule ?
Le Prince n'avait aucune excuse, il rougit et soupira. Cette réaction plut à la Fée des Eaux.
– Aimez-vous la Princesse ? lui demanda-t-elle.
– Oui, plus que tout au monde.
– Alors, retournez au Pays des Champignons et vous la retrouverez à son ancienne adresse. Mais peut-être qu'elle n'aura pas envie de vous pardonner au début.

Le Prince pensa qu'il y arriverait mais ne dit mot. Il se pencha très profondément en remerciant la Fée et s'envola au Pays des Champignons guidé par l'Oiseau Bleu.