Leçons de niveau 18

Linguistique DMS/Incohérences

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Incohérences
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Chapitre no 17
Leçon : Linguistique DMS
Chap. préc. :Science du langage
Chap. suiv. :Règles
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Incohérences[modifier | modifier le wikicode]

    Par contre, quand je tente de décrire notre réalité mentale avec le même cadre conceptuel, cela ne marche pas. Si nous n'étions que des actes dans ce monde, c'est à dire si nous n'existions pas (ou si nous existions sans vivre ni éprouver, à la manière d'une machine), cela irait encore, mais nous éprouvons, et ma réalité intime n'est ni spatiale, ni temporelle, mais l'éternelle présence d'un être singulier.
    Le problème se pose peu en économie et en politique car nous demandons à ces sciences de nous considérer comme des acteurs sociaux : producteurs, consommateurs, entrepreneurs, décideurs, et ceci indépendamment de toute autre chose, bien que même là nous avons besoin de nous comprendre en évitant les confusions inhérentes au langage, que la réalité de nos êtres déborde dans ces domaines et y provoque des désordres, et donc que nous avons besoin de la comprendre.
    Or quand je lis que nous sommes « doués de raison et de conscience (morale) », je ne comprends rien, je ne trouve rien de tout cela en moi, qu'un vide de sens, je ne sais pas ce que c'est, j'aurais préféré que l'article premier de la Déclaration universelle, que j'admire pourtant, dise : « capables de juger, de décider, d'analyser et de comprendre », utilise des verbes plutôt que des concepts obscurs car nous sommes avant tout des pouvoirs opératifs. Heureusement la suite est meilleure : « et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » car elle fait référence à ma fonction volontaire.
    Quand je tombe sur l'expression « le sens de la vie » nœud de problèmes sémantiques : (sens) est un signe très multivalent, aussi je ne l'utilise que pour signaler du sens, alors forcément dans mon sens j'ai beau chercher je ne trouve rien, ma vie n'aurait donc pas de (sens), ce n'est pas très grave car je n'ai pas non plus de (vie), je ne vis pas dans la durée, dans la temporalité des horloges. Je continue à fouiner et enfin j'en appelle à  ma foi qui me réponds de suite : « ne te préoccupes pas, tu n'a pas besoin de sens à ta vie, car tu as : l'objectif fondamental de l'éternelle présence de ton être singulier, et cet objectif n'est pas un sens mais un nuage de sens ». Je suis rassuré. « N'oublie pas que la connaissance la plus précieuse est de savoir pouvoir mourir à tout instant dans la joie et la sérénité de la maîtrise de soi-même ». 
    Le signe (je) est un désignatif accessoire de l'ensemble de mon contexte mental dont il ne peut être dissocié sous peine de perdre tout sens. Ainsi ce signe est nécessairement suivi du verbe qu'il désigne sans être le sujet de ce verbe, qui n'en a pas besoin car ce verbe signale l'expression d'un opératif mental qui est son propre sujet. Aussi si « que suis-je? » peut encore signaler l'existence d'un ensemble de pouvoirs opératifs, « qui suis-je? » ne signale plus rien, sinon un acteur social ou une aliénation, une appartenance à un groupe.