Leçons de niveau 15

Introduction à l'architecture/Introduction à l'architecture

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Introduction à l'architecture
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Chapitre no 1
Leçon : Introduction à l'architecture
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Nous profitons de l'opportunité de la création de cette communauté d'apprentissage libre pour proposer aux personnes qui le souhaitent de s'engager dans le développement d'une approche alternative de l'architecture.

Nous partons de l'hypothèse que la pensée architecturale d'hier et d'aujourd'hui peut être décrite comme le produit de deux types de concepts :

Selon les époques, ces modèles ont été plus ou moins explicités. Soit par des théories exprimées sous forme de traités d'architecture, soit par des ensembles de règles et de savoir-faire transmis par les métiers de la construction. Ils sont aussi parfois demeurés à des degrés relativement implicites, exprimés par des ensembles peu organisés de notions conceptuelles, comme c’est le cas aujourd'hui, ou fondus dans les conceptions et les manières de vivre de certains peuples dont l’architecture peut être qualifiée de "vernaculaire".

Nous faisons le constat que la doctrine architecturale contemporaine est implicite et qu’elle entend le rester. Ce refus général de la théorie, tant de la part de la profession que du monde de la recherche engagé dans ce champ d’étude, s'explique de 2 façons :

  • D’un point de vue social et psychologique, le milieu demeure encore sous l’effet du traumatisme qu’il a connu suite à l’avènement et à l’application massive des pseudo-théories modernes du XXe siècle : un certain relativisme de précaution domine aujourd’hui le champ de l’architecture.
  • D’un point de vue épistémologique, l’histoire récente des arts et des sciences appliquées a vu l’émergence des sciences de l’ingénierie d’une part et de modes de recherche qui se veulent purement esthétiques d’autre part ; toutes voies qui se sont rendues progressivement autonomes, se détachant petit à petit des arts et des métiers, et de l’architecture en particulier.

Certains n’hésitent d’ailleurs pas à réduire l’architecture actuelle à un ensemble plus ou moins divers de pratiques professionnelles. Nous pensons, tout au contraire, qu’il serait non seulement possible mais tout à fait bénéfique, pour la profession des architectes, que ses membres décident de penser, de constituer et d’organiser un ensemble de théories architecturales s’appuyant, pour commencer, sur les matières conceptuelles aujourd’hui disponibles.

Car l’état implicite et inassumé des doctrines architecturales contemporaines entraîne le genre d'effets, peu heureux, que l’on observe chez toute pratique qui a cessé de trouver son fondement dans une connaissance qui lui est propre :

  • la nécessité de réinventer ou de s’imaginer inventer à chaque occasion les modèles que l’on met en œuvre, provoquant l’impossibilité de partager ces concepts tant à l’intérieur de la discipline qu’à l’extérieur de celle-ci ;
  • une certaine superficialité et un manque considérable de consistance des modèles, c'est-à-dire une absence presque complète de maîtrise des conséquences de leur mis en œuvre, tant du point de vue des usages que du point de vue de la construction ;
  • l’imitation inconsciente et donc littérale des modèles courants, leur faible nombre ainsi que leur faible articulation qui conduisent à l’uniformisation de la production architecturale et partant, à sa faible capacité à répondre aux besoins des maîtres d’ouvrages ;
  • l’interprétation morale des modèles qui brise le fondement essentiellement politique qui lie normalement un maître d’œuvre à son maître d’ouvrage ;
  • un afflux de normes en tout genre, toutes extérieures à la discipline et laborieusement élaborées pour éviter le pire : des contraintes que les concepteurs subissent faute de pouvoir les intégrer dans une pensée des modèles de leurs pratiques dont ils n'ont pas conscience ;
  • en bref l’incapacité de la profession à faire un usage sensé et raisonné des modèles architecturaux dès lors que l’on postule que ceux-ci sont ou devraient être inexistants.

Nous souhaitons donc :

  1. Reconnaître l’existence de modèles implicites et sous-jacents aux pratiques de l'architecture contemporaine.
  2. Imaginer le rôle que pourraient jouer de tels modèles et de tels processus de modélisation à l'intérieur d'une conception intelligente et intégrée du métier d'architecte.
  3. Initier un travail coopératif de co-construction des connaissances et des pratiques architecturales consistant à formuler, éprouver et développer des ensembles de modèles architecturaux et de modèles architectoniques partageables.