Recherche:Sur l’extension des genres grammaticaux en français/⟨termes de classes ontologiques⟩
Cette section, à l'instar de celles des désignatifs biotiques aux phylophénies hétérolexicales, analyse plus spécifiquement les paradigmes qui connaissent des formes supplétives plutôt que simplement allomorphiques, tout en se consacrant plus précisément sur les termes qui ont trait à des êtres humains où qui sont conçus spécifiquement en opposition à quelque notion anthropomorphique.
| Notion
ambigüe |
Notion
équivoque |
|---|---|
| blonde | chum |
| bru | gendre |
| chick | lad[1] |
| dame | dom |
| dame | messire |
| dame | sieur |
| femme | homme |
| fille | ⟨divers⟩ |
| garce | ⟨divers⟩ |
| ⟨divers⟩ | garçon |
| ⟨divers⟩ | gars |
| girl | boy |
| femelle | mâle |
| fenotte | gone
gonne |
| gynoïde | androïde |
| ana[2] apa[2] | aga agha aqa[2]
gan ghan khan |
| lady | lord |
| madame | monsieur |
| madone | ⟨exocène[N 2]⟩ |
| madre | padre |
| mambo
manbo |
hougan
houngan |
| maman | papa |
| mamie | papy |
| marraine | parrain |
| mère | père |
| nana | mec |
| moniale
nonne |
moine |
| nonnette | moinillon |
| nymphomane | satyriasis |
| queen | king |
| sister
sis |
brother
bro |
| sœur | frère |
| tante | oncle |
| virago | femmelin |
Réflexions paradigmatiques
[modifier | modifier le wikicode]L'association de blonde et chum se fait sur une sémantique synonyme de chou dans la sphère intime ou d'alter ego[10][11][12] dans la sphère collective ; ces deux termes peuvent donc potentiellement faire emploi lorsqu'un synonyme épicène est recherché. Cela étant ici le paradigme proposé opte pour une extension simultanée des deux bases en supplétion. Pour blonde, l'alternance équivoque se contente de reprendre le terme blond dont l'association en ce sens est moins courante sans être inédite[13][14][15][16]. Elle s'étend assez trivialement avec un isonèphe en blöņde (/blɔnd/), à comparer à la prononciation de eurobond (/ø.ʁo.bɔnd/). Les ostentatoires suivent une matrice en bl*nde, ce qui évoque d'ailleurs parfois des homéolexies avec les cognats germaniques supposés dans certaines hypothèses étymologiques tels blandan, blend, blondo, blundus[17]. Pour chum (/tʃɔm/), qui dérive vraisemblablement de l'anglais chambermate[18] ( /ˈtʃeɪmbə(ɹ).meɪt/), d'où un c- initial rendu en /tʃ/. Cette apomésie[N 3] phonétique du c- initial ouvre une voie évidente pour employer tchaï (/tʃaj/) comme alternance ambigüe. En effet ce terme est déjà en usage avec le sens générique de femme ou fille. Il peut être complété par un ostentatoire et une série ostentatoire utilisant la matrice tch*m, outre le thélyphène pour lequel et tchûm et tchúm semblent trop proche de atchoum et atchume, d'où le basculement vers une finale en /n/, qui donne tchúņ à comparer à pitchoune.
L’alternance entre dame et sieur est également agglutiné dans le terme m'sieurs-dames[19][20][21]. Étant donné l'origine de ces termes en tant que marqueur de prépondérance sociale, poursuivre l'alternance avec un isonèphe comme gentre semble pleinement séant. Voir la notion de gentrification, de gentry, ce dernier venant de l'anglais qui le dérive lui-même de l’ancien français genterie ou gentelise : noblesse. Pour la série ostentatoire, une matrice en g*ņtre (/ʒ*ntʁ/) est trivial à décliner, avec simplement la nécessité de maintenir un -e- entre le g et la consonne suivante dans certains cas pour éviter le passage d'une suggestion de vocalisation en /g/ plutôt que /ʒ/. Les dérivés comme madame et monsieur suivent évidemment le même paradigme. Une approche distinct fait également montre d’emploie dans le terme isonèphe monestre[22][23], homographe d’un terme évoquant par ailelurs un monastère ou la vie monacale[24][25][26], voir un monstre[27], et dont le sens indécis le ferait ossiller sémantiquement entre un isonèphe et un allophène, bien que morphologiquement il serait sans conteste à rattacher à un équivoque[28]. Quand à dame alternant à messire, il est attesté de la sorte bien que messire ai pu quelque temps potentiellement avoir connu un usage épicène ou tout au moins fusse-t-il le cas pour sire dans des expressions comme douce sire[29][30].
Les termes femme et homme peuvent être vue comme en association sur de nombreuses notions, d'où une section dédiée -femme-, -homme-.
Le terme humanoïde constitue un terme déjà en usage et pleinement pertinent pour servir d'isonèphe[31] pour l'alternance entre gynoïde et androïde. Le terme innaspiroïde se construit sur aspir- comme dans aspiration, avec le préfixe privatif in- et le suffixe -oïde signifiant qui ressemble à, donc sous-entendu ce qui ressemble à une chose dénué d'aspiration propre et n'inspire aucun rapprochement à un quelconque être doué d'un souffle vital. Arrhénoïde et thélyoïde désignent respectivement des individus ayant des traits évoquant les notions de mâles et femelles. Le terme panoïde évoque évidemment la notion de complétude classiale[32][33][34][35], donc toute chose rattachable à une forme potentiellement existante, autrement dit toute chose qui saurait être discutée hormis le néant et ce qui lui est synonyme. Quand à alteroïde[36][37], il fait évidement référence à la notion d'altérité.
Pour les termes issus du du mongol хан/ᠬᠠᠭᠠᠨ : dirigeänte, souveraïne, seignarque, prinçurge[N 4], les formes ambigües et équivoques servent de modèle pour les matrices générales en agh*, ghan*me et khan*me. Seul l'isonèphe qui alterne entre ana et agha, entre autres variations, se voit conféré ici une forme qui les amalgame en angha (/ɑ̃.ɡa/). Les seules formes épicènes en -oi étant hors-la-loi, renoi et sans-emploi, tous ayant des connotations plus ou moins négatives selon le contexte, il paraissait ici plus pertinent d'éviter une forme comme aghoi.
Pour lady et lord qui empruntent à l'anglais, il peut être ici fait un glissement sémantique du troisième emprunt laird[38][39] (/lɛʁd/). En effet ce dernier est traditionnellement plutôt un titre équivalent écossait. Mais vue la proximité du -aird à l'épicène -aire, il paraît intéressant de le proposer comme isonèphe et par suite construire la série ostentatoire sur la matrice l*rd. À noter que dans l'anglosphère d'autres alternatives flexionnelles ont déjà été proposées, dont jarl, lard, layd, ledan, legent, legiant, lerd, liege, liegent, lordy, lory, regent[40][41][42]. À noter qu'étymologiquement ni lady ni lord n'ont trait à une sémantique relative au genre[43][44][45].
Le terme madone n'a guère d'équivalent équivoque pré-existant bien établi. Du sens de représentation picturale du personnage mythologique de la Vierge, il tire également le sens de très belle femme jugée pure et innocente ou de femme importante. Sur le plan sémantique une équivalence arrhénotypante d'inspiration religieuse pourrait par exemple être apollon, ou en ne conservant que l'origine antonomastique une autre alternance possible serait adonis. Sur le plan morphologique, il faut d'abord rappeler que madone dérive de l'italien madonna, et plus avant ma donna. Donc par analogie il serait possible de s'inspirer de mio don, mio signore ou mio uomo. Cela dit, avec des constructions analogiques naïves les termes obtenus de la sorte portent tous quelques lacune : miouome comporte plusieurs hiatus et évoque difficilement son étymologie tout en ouvrant une homéophonie à mi-homme ; miosignore n'a pas la concision bisyllabique de madone ; quand à miodon désigne déjà un poisson à petites dents. Ce dernier peut néanmoins servir de base, avec passage de don à dom[N 5], et passage de mio- à mon- (/mə/[N 6]), pour aboutir à mondom (/mə.dɔ̃/). Pour le passage de dame à dom, voir -ame, -om.
Pour mambo, manbo, hougan, houngan tous réfèrent à une figure exerçant une autorité spirituel vaudou, d'où un isonèphe commun en vaudouäste, et la reprise de la série ostentatoire associée aux termes en -aste.
La proposition faite pour compléter l'alternance chick et lad, est elle-même inspirée de la mise en contraste du chick lit et du lad lit, soit littérature pour nana et pour mec, avec la connotation d'une personne séduisante dans les deux cas dans le cas des noms communs dérivés de l'adjectif. Hors la glam lit est également une catégorie littéraire en usage, sachant qu'en plus un glamour est une créature polymorphe des contes gaéliques écossais et de surcroît les termes glam girl et glam boy sont courant dans la presse people, ce qui fait d'autant de justifications pour une forme isonèphe[46][47][48][49][50][51]. La série ostentatoire fait donc simplement une alternance vocalique sur la matrice gl*m.
Une garce, au sens ou il est prépondéramment employé de personne jugée vile car débauchée, désagréable ou manipulatrice, généralement sous-entendant un gynotypage que favorise une interprétation féminisante du pragmème fémentien, n'a d'usage qu'à l'ambigu. En ce sens il n'a pas d'équivalent courant avec lequel alterner à l'équivoque. Ce, bien qu'il put être mis en alternance avec un gars, quand les deux termes étaient également exempt de connotation péjorative. Il sera donc généralement plus pertinent d'alterner un gars avec une fille quand aucune connotation n'est souhaitée. Et comme c'est généralement le cas avec les insultes haplogestes, il est tout à fait possible de traiter une personne de garce, quel que soit sa phylotypie, ses penchants sexuels et son genre social.
Sans verser dans le néologisme, un terme sémantiquement assez proches à l'équivoque seraient un salaud, dont l'alternance ambigüe salaude est d'ailleurs rarement employée — pour rappel salope dérive d'une étymologie indépendante et n'a donc avec salaud aucun lien diachronique malgré la confusion courante qu'entraîne leur proximité morphologique doublée du fait qu'ils servent tout deux d'injure.
En creusant plus loin l'étymologie commune à garce et gars, via l'ancien français où il a le sens de misérable, se trouve l’ancien bas vieux-francique *wrakkjo : banni, vagabond, ce qui l'apparente à l’allemand Recke : guerrier et à l’anglais wretch : scélérat[52]. D'ailleurs un wretch est employé en français contemporain notamment dans le milieu du jeu vidéo pour désigner certain types de créatures ou de personnages, et peut parfois être traduit par le terme épicène rebut[N 7][53][54][55][56][57], dont un autre synonyme haplogeste équivoque est un fretin. D'où un isonèphe et une série ostentatoire calés sur une matrice en fret*ne, inspirée par -ine, -in.
Du côté morphologique en cherchant dans les termes de la forme g*r*, il ressort notamment un groin, qui par métonymie désigne un porc, nom d'animal largement associé à une personne androtypée jugée malpropre ou faisant preuve de mœurs sexuelles débridées avec généralement une connotation de répugnance. Et dans cette lignée, par inspiration de l'onomatopé, grouik peut servir d'isonèphe, d'autant qu'il est déjà en usage substantivé épicène[58][59]. Le terme ambigu grognasse a un sens assimilable, d'où sa mise en parallèle ici, et son emploi comme source d'inspiration de la matrice grogn*sse dont procède les ostentatoires.
Une approche plus néologique peut se baser sur un schlague et sa variante un schlag, empruntés à l'allemand, qui désignent une personne sale, vile, ou inadaptée à son époque. L'argot en tire déjà le terme gueush comme synonyme de junky, via un verlan apocopé. Dans le même ordre d'idée, il sera donc possible de dériver un galsch ou un gash comme équivalent équivoque prépondéramment androtypé à garce. Et donc gueulsh pour l'isonèphe, et g*lsh comme matrice de la série ostentatoire.
Pour gars, dans un sens générique de personne croisée dans la rue, l'ambigu néologique retenu ici est gynz (/gɛ̃z/[N 8]), qui peut à la fois évoquer le morphe -gyn- : femme, et le terme gonz, qui selon qu'il est apocope de gonzesse ou de gonze évoque plutôt une personne gynotypée ou androtypée. La série ostentatoire s'en suit sur une matrice g*nz.
Pour l'alternance entre fille et gars ou mec, notamment pour les cas qui explicitement ou implicitement y donne l'épithète pauvre : pauvre fille, pauvre gars, pauvre hère. À noter la série alphabétique contigüe des initiales fille, gars, hère en f, g, h qui peut servir de moyen mnémotechnique. La série ostentatoire se construit donc sur une matrice en h*re, et de même pour les paradigmes dérivés comme fillette, garçonnet, qui se poursuit alors par un isonèphe en hèrète, et une matrice ostentatoire en h*rète. Quand il alterne avec quille, au sens populaire péjoratif de fille, fillette[60], le terme gars prend donc une sémantique qui l'approche alors plus de garçonnet, d'où la mise en commun de l'isonèphe et de la série ostentatoire.
Au sens de jeune personne, sans connotation péjorative, mais néanmoins dans un registre argotique, peuvent s'alterner garce et gars puis gerce comme forme isonèphe, et une matrice ostentatoire en g*rce. Voir aussi -erce pour d'avantage de détails sur le terme gerce lui-même.
Pour gars, au sens synonymique de gusse, pitre, etc., un ambigu est proposé qui retient la forme guysse (/ɡis/[N 9]). La majorité des ostentatoires se génèrent trivialement de la matrice g*sse, sauf pour le thélyphène qui retient gúrste pour éviter les homophonies à gus ou gousse. Le terme gusse et ses allographies servent aussi d'inspiration à l'isonèphe gẏs, gẏss, gẏsse (/gajs/).
L'usage retient déjà gow comme alternance de gars[61][62][63], notamment au sens de personne avec qui une relation amoureuse est entretenue, donc proche de l'alternance entre nana et mec en ce sens. Par inspiration du terme jules, il viendrait spontanément le thélyphène gúle, cependant homophone à goule, ce qui peut se contourner en visant une prononciation du g en /d͡ʒ/ ou /dʒ/, ce qui peut être explicité par diacritisation[64][65] d'un accent grave à l'instar de l'emploi de ĝ en Espéranto, donc ĝúle, bien que même brut le g initial se prononce déjà /dʒ/ dans divers mots comme gemelli, gender, gentleman, gentry, gianduja, gimlet, gin et giorno. De là le reste de la série ostentatoire découle majoritairement trivialement d'une matrice en ĝ*le, sauf pour l'inanimé qui nécessite d'éviter l'homophone à geôle, d'où geǫï (/d͡ʒɔj/) à comparer à l'anglais joy. Pour l'isonèphe ĝẏle (/d͡ʒajl/) outre la reprise déjà établie du ẏ à l'isonèphe, peut aussi se comparer phonétiquement à tchaï comme mnémotechnique qui évoque une notion semblable.
Pour le sens de jeune personne que peut prendre gazelle en alternance avec gars, outre jeune lui-même comme synonyme monosyllabique épicène substituable à l'isonèphe, la série des alternatives peut se construire sur la matrice g*zelle, confer fraticelle et rebelle pour des exemples de termes épicènes en -elle. Le terme garzelle (/ɡa.zɛl/) peut aussi être envisagé comme forme équivoque homophone à l'ambigu, le -r- muet pouvant s'appuyer sur celui de gars.
Pour le sens de personne drue, robuste, vigoureuse, vivace le terme gars peut être mis en alternance avec un ambigu comme fougue ou flamme, ce dernier évoquant d'ailleurs femme par paronymie[66][67][68]. Pour l'isonèphe il est possible de s'inspirer de drue pour employer drẏe (/dʁi/[N 10]), à comparer à l'anglais dry : sec, et à la notion de masse sèche dans le culturisme. Pour l'équivoque une forme supplétive en raccord à flamme pourra s'inspirer du flamant nommé pour la couleur de ses ailes, qui donne aussi flamet, issus de l'occitan flamenc dérivé de flama, lui-même du latin flamma : flamme, ardeur, vif éclat, forme latine rattaché à la reconstruction en indo-européen commun flagma elle-même donnée comme apparentée à flagro : être enflammé, au grec ancien phlégma/φλέγμα : flamme, et phlégô/φλέγω : être en feu, être éclatant de, ainsi que φλέγμα/phlegma : flegme. D'où un terme équivoque monosyllabique en flogme, qui laisse le champ libre à l'emploi de fleaume pour l'isonèphe et qui peuvent dès lors se rapprocher de la série femme, homme, fheaume. Pour les ostentatoires, la série peut donc s'appuyer sur une matrice en fl*me. L'allophène retient fliẽme et l'arrhénophène fluìme pour éviter toute homophonie à flim, métathèse courante de film souvent à fin humoristique[69].
Au sens filiale, une fille alterne avec un fils, voir -ille, -ils pour plus de détails sur ce paradigme.
Au sens de personne référé par la notion de tranche d'âge plus ou moins juvénile, fille alterne avec notamment avec garçon, ou éventuellement petit gars et sa variante p'tit gars. Ils sont en ce sens synonymes des termes épicène enfant, gosse, jeune, môme. Pour un équivoque néologique spécifique à y rattacher, il est possible de s'inspirer des autres formes dérivées de filius[70], dont le corse figliu, l'italien figlio et le romanche figl, dont dérivent trivialement figlarcque et figle. Le premier mêle d'avantage de lettre tirés de fi[g/l]l(e) et garç(on) tout en conservant un ordre d'apparition conforme aux deux termes affluents. À noter le glissement vers une finale en /k/ se motive par un éloignement accrût du terme garce, pour en limiter l'influence péjorative. Le second à pour sa part le bénéfice d'une concision monosyllabique. De là ce construisent les deux matrices de séries ostentatoires f*glarcque et f*gle.
Le terme garçon donc peut alterner avec fille, mais également avec demoiselle, notamment dans le terme demoiselle d’honneur qui en l'occurrence ne transpose vers damoiseau d'honneur. Pour ce contexte précis quelques noms épicènes monosyllabiques sont envisageable pour former l'isonèphe, comme chantre, pleige et chantre. En effet Historiquement en droit les pleiges sont les personnes qui servent de caution ou de garant dans une transaction. Le mot à l’avantage d’être monosyllabique et épicène, tout en convoyant un sens similaire à celui de témoin. Tous comme les personnes préposées à ce rôle, les chantres glorifient de louange d’une autre personne. De plus ces rôles sont généralement attribués à des proches. De manière plus générique, il est possible de s'appuyer sur une formation par amalgame littéral comme dærçoisellone (/dɛʁ.swa.zlɔn/) à comparer à un terme épicène comme francophone. Les flexions ostentatoires de la matrice dæçoisell*ne peuvent ensuite s'appuyer sur le paradigme présenté dans -one ou -onne, -on, -oine.
Le terme garçonne reprend évidement la base garç- et l'alternance -onne, -on, ce qui mène donc immédiatement à un premier isonèphe en garçoine. Comme pour le paragraphe précédent c'est via les langues affines que se trouve l'inspiration pour l'équivoque figlon, et les trois isonèphes qui en dérivent spontanément figloine, figlarçoine, garçoine. De là l'inspiration pour quatre matrices de séries ostentoires : figl*ne, figlarç*ne, figl*rce, garç*ne.
L'alternance nana et mec se fait sur une large variété de nuances sémantiques que le contexte permet généralement de préciser. Au sens assez général de personne croisée dans la rue, il peut être considéré comme synonyme de brave, lascar, quidam, quidam, zigoto, zigue, sachant que ces derniers sont tous épicènes il peuvent donc tous servir d'alternance pseudo-isonèphe avec là aussi des subtilités sémantiques divergentes. Alternativement une approche néologique peut se fonder sur l'amalgamation de nana et mec en mnæc ou næcnæc. Le premier mêle l'ensemble des lettres des deux mots en un terme monosyllabique, tandis que le second évoque simultanément le nec de nec plus ultra, donc ni dite celle-ci ni dit celui-là[N 11]. La forme redoublé peut aussi servir d'inspiration à l'emploi d'un équivoque comme nénecte, où la notion de nage porté par -necte peut évoquer celle d'un individu qui semble à l'aise, comme un poisson dans l'eau. Et côté ambigu monosyllabique en /m*k/ le terme macque semble plutôt pertinent pour une personne qui en impose. D'abord évidemment par son homophonie à mac qui est apocope de maquereau. Mais le terme peut être pris comme métaphore de ce qu'il désigne littéralement, soit une masse en bois cannelée destinée à rompre des plantes, soit une grosse presse munie de mâchoires servant à la compression des loupes de fer sortant du four, soit un écheveau de fil de laine d'une longueur de 69 mètres. Voilà qui ne sciera donc guère pour des profils fragiles et prudes. Les séries ostentatoires se dérivent assez trivialement des matrices m*cque et nén*cte. À noter la paronymie phonétique du thélyphène mûcque avec muxe, personne de sexe masculin qui adopte les vêtements et comportements associés au genre féminin dans la culture des Zapotèques, qui reste cependant préférable à une homophonie complète avec mook ou MOOC.
L'alternance nana et mec au sens de personne en fréquentation avant d’être officiellement en couple, il connaît déjà le terme d'argot épicène apocopique freq. Le terme fréquentation venant lui-même du latin frequens (/ˈfre.kʷens/) : fréquent, peuplé, assidu. D’où une matrice pour la série ostentatoire en fréqu*ņse.
L'alternance nana et mec au sens de personne très proche peut être rendu par le synonyme épicène intime ou dans un registre plus argotique cop's[71][72][73][74][75][76]. D'où, après bascule de l'ellipse sur la première syllabe donc c'pine à la suite du paradigme déjà présenté pour -ine, -ain, un isonèphe en c'piaigne, et la matrice c'p*ne pour les ostentatoires.
L'alternance nana et mec au sens de personne qui est au service de quelqu’un d’autre ou qui en est compagnoine, peut aussi être rendu par les synonymes épicènes acolyte, comparse et sbire[77][78][79][80]. Pour les ostentatoire c'est ce dernier qui sert de source d'inspiration pour former une matrice de termes monosyllabiques en sb*[lr]e, le glissement de -r- à -l- évitant les formations comme sbiẽre et sbiāre trop homéolexical de bière et billard.
L'alternance nana et mec peut aussi intervenir au sens de personne amusante en titre dans un groupe, ou individu dont les pitreries n'inspire guère confiance pour des situations jugées comme requérant une aptitude pour une plus sobre sérieux. Par exemple dans des énoncés comme « c'est quoi cette nana ? », « c'est quoi ce mec ? ». En ce sens ils peuvent être aussi vue comme synonymes de termes épicènes comme clown, pitre, loustic, zouave. Ce dernier est retenu ici pour former un série ostentatoire sur la base de la matrice zou*ve, en retenant l'option d'employer un -l- épenthétique pour éviter toute homophonie dans le cas du générique.
Par ailleurs l'alternance mequesse et mec est également attestée, paradigme qui peut être étendue en suivant -esse, -e avec les ajustements liés au basculement de -c- à -qu- pour rendre /k/ en fonction de la voyelle qui suit.
Pour l'alternance de moniale ou nonne et moine, un passage par les étymologies respectives paraît des plus utile. Ainsi si nonne est souvent donné comme d'origine incertaine, le CNRTL indique une attestation pour des inscriptions de nourrice en parallèle à nonnus : moine, et notamment son emploi comme nom conféré par des moins aux plus anciens d'entre eux, d'où est tiré l'ancien français nunne[81]. Quand à moine il provient du latin monachus de même sense, du grec monachos/μοναχός : homme solitaire, dérivé de monos/μόνος : seul. Sur ce point il serait donc plus à rapprocher avec ermite ou anachorètesse et anachorète, religieux vivant en retrait, mais en pratique les personnes concernés vivant souvent en communauté le terme de cénobite serait plus pertinent. Les termes monastique et monastère pondèrent en faveur d'un isonèphe en monaste. La série ostentatoire se dérive assez trivialement de la matrice mon*ste, en prenant gard cependant à la distinguer de la série associée à moniste qui retient pour elle la matrice moni*ste. Aussi dans les cas où l'aspect monosyllabique de nonne et moine est considéré plus important, un amalgame lexicale comme mnione fournira un isonèphe plus pertinent ; à comparer au nom carpione, épicène par l'hésitaton de l'usage. La série ostentatoire sur la mastrice mn*ne s'en dérive trivialement. De même pour l'alternance de nonnette à moinillon, auquel il est au passage trivial de proposer les alternatives moinillonne et nonnet, peuvent s'appuyer sur les choix précédent pour former les isonèphe monastione et mnionillone (/mnjɔ.njɔn/) ainsi que les séries ostentatoires basées sur les matrices mon*stione et mn*nillone.
Pour l'association entre nymphomane et satyriasis, le terme érotomane vient assez spontanément comme synonyme pouvant faire office d'isonèphe et sur lequel peut ensuite se caler la série ostentatoire déjà présentée dans la section dédiée aux termes en -ane, dont les prémisses sont d'ailleurs confirmées par l'emploi attesté du terme érotomanesque[82][83].
Pour queen[84][85] et king[86] emprunté à l'anglais, il est possible d’alterner en isonèphe avec d'autres emprunts comme quing, royalty, sovereign[87], sovrum ou son abbriavtion en sov[88]. Pour les ostentatoires la matrice qu*ng se prête assez aisement à la dérivation d'une suite complète. Voir aussi ⟨issu du proto-indo-européen *h₃reǵ-⟩ pour le cas de reine et roi.
Les termes girl et boy sont des emprunts à l'anglais, tous comme les mots dérivés qui l'affixent comme dans boyscout, cover-girl, girlfriend et waterboy[89]. L'anglais pourvoit déjà également des alternances comme hem et kid[90] qui peuvent être repris en isonèphe. Pour faire pleine mesure, il paraît ici plus judicieux d'étendre l'ensemble de ces formes provenant de radicaux distincts.
Sur le plan étymologique girl dérive de gyrle qui pour sa part n'avait pas de trait sexualisant aussi univoque[91][92][93][94][94], puis la philologie poursuit seulement en soulignant le caractère hasardeux des inférences allant au-delà, dont le veil anglais *gyrele, et le proto-germanic *gurwilon- comme diminutif de *gurwjoz[95] ou du vieill anglais gierela : garnement. Aussi pour l'isonèphe gyrle semble tout indiqué, et seul une prononciation en /ʒiʁl/ sera encore à préciser comme légère distanciation à /ɡœʁl/, mais raccord avec les autres termes en gyr-. Cette s'avère d'autant plus commode qu'elle laisse la voit libre à un arrhénophène en guìrle prononcé /giʁl/. Pour sa déclinaison équivoque, par rapprochement au -o- de boy, il serait envisageable de reternir goyrle, mais la proximité lexicale de goy pourrait porter à confusion et la probable difficulté élocutoire de /ɡɔjʁl/ n'y aiderait pas, ce rend cette approche moins probante. Une seconde approche possible seurait de retenir gouerle, mais ce terme connaît déjà un usage distinct[96]. Aussi, bien que cela conserve l'homophonie au précédent, c'est vers gwerle que se fait la proposition retenue, à comparer à follower et reviewer. Pour l'allophène le tilde est porté par un e-dans-l'a déjà associé au phonème /ɛ/ dans des graphies attestées bien qu'en désuétude, comme æternité. Le reste de la série ostentatoire se dérive trivialement.
Pour les dérivations partant de boy, il faut d'abord noter qu'il provient du moyen anglais boye/boie : écuyer, valet, issu de l’ancien anglais bōia : garçon, lui-même dérivé du proto-germanique occidentalbōjō, puis du proto-germanique bōjô : jeune frère, jeune parent masculin, qui remonte à la racine bō- : frère, parent masculin proche, elle-même issue de l’indo-européen commun bʰā-, **bʰāt- : père, frère aîné, frère[97][98]. Pour l'ambigu il est donc assez trivial de reprendre boye, en l'associant cependant à une prononciation en /bwa/, à comparer à aboyeur, boyau, boyer (batîment de charge), flambloyant et giboyeur. Pour l'isonèphe il est possible d'y suffixer alors une semi-consonne conservant l'aspect monosyllabique en /bwaj/ cette fois graphié boylle, à comparer à une broye et une jouaille. L'arrhénophène peut employer buỳ (/kɥi/), à comparer à cuy et le thélyphène employer búy (/buj/), ce qui constrate au moins phonétiquement suffisamment de l'anglais buy (/baɪ/) : achat, acheter. Le reste de la série ostentatoire se dérive trivialement.
Pour boy au sens de domestique, qui alterne avec boyesse, voir -esse, -∅.
Pour le terme hem, les ressources ne manquent pour ce qui est de promouvoir son usage[99][100], mais la documentation lexicographique ne mentionne pas forcément son emploi en ce sens et donc l'origine de son usage en ce sens[101][102][103]. Une conjecture plausible serait un glissement depuis le pronom neutre hem, comme graphie désuète de `em, elle-même éphérèse the them : eux. Cette forme se rencontre aussi dans d'autres constructions historiques, cette fois comme contraction de he et them, et par contraste avec lem et tem[104], en plus d'autres formes employés par ailleurs comme co, e, em, en, he’er, heer, heesh, heme, hemme, heom, heon, herim, herm, hes, hesh, hir, hiser, hoem, na, ons, per, se, shey et tey[105][106][106]. Des termes homéographes mais hétérosémiques comme HeM, acronyme de heterosexual men : hommes hétérosexuels, sont également en usage[107]. Pour éviter toute collision avec les termes retenus pour les pronoms personnels indéfinies singuliers de la troisième personne, une matrice en ho*m semble tout indiquée dans le cas de la série ostentatoire. Pour l'équivoque la forme en hoyme (/ojm/) fait un rappel à boy, et le terme hemme (/hɛm/ ou /am/) pour l'ambigu fait un clœin d'œil à femme d'où la seconde prononciation possible.
Pour le terme kid, sans trop s'attarder sur son étymologie caprine[108][109], ici c'est une matrice en k*i*d qui est retenue. Pour l'ambigu keid (/kɛd/) comparer à la prononciation de eider (/ɛ.dɛʁ/). Pour l'équivoque koid, comparer à la prononciation de roide (/ʁwad/). Le choix de kiúd (/kjud/) pour le théliphène plutôt que kúid évite la proximité phonétique avec couille et rapproche de le rapproche de cute (/kjut/).
Enfin ici comme ailleurs, il faut noter que dans des combinaisons comme girl-boy[110] avec d'autres termes déclinable comme man dans girlyman[111][112] ouvre à toute la panoplie des combinaisons du produit relationnelle allant de girlwoman, en passant par hemwìrmon et jusqu'à kidwifman. Pour le cas spécifique de ce morphe, voir la section dédiée aux termes issus du vieil anglais mann.
Pour l'alternance entre femelle et mâle, elle peut être poursuivi avec un isonèphe en felmæ̂le, qui outre l'amalgame des deux lexies précédentes s'appuie sur un jeu de mot avec pêle-mêle. Pour l'arrhénophène et le thélyphène les termes arrhénale et thélyle se dérivent trivialement des catégories englobantes visées. Pour les trois autres catégories la base -sémiale est formé par amalgamation des divers notions rattachable à la séquence -sém-, qui évoque des notions nettement distincts lorsqu'il apparaît dans sémantique (le sens), sémelfactif (l'hapaxie[113][114]), séminal (la semence) et sémiotique (le signe).
Pour l'association de fenotte à gone ou gonne, un trivial amalgame synchronique permet de former l'isonèphe feghnönte (/fegnɔnt/), qui reprend les lettres et sonorités des deux mots de manière compacte tout en respectant l'ordre d'apparition de celles-ci dans chacun d'eux, et en suggérant une prononciation la plus étroite à ce mixe via le o-tréma et le h épenthétique ; ce dernier étant comparable à son emploi dans yaghnobi. À noter que malgré l'existence des noms communs fonte et font, ponte et pont, dans le corpus considéré aucun lexème ne réunie de bases identiques avec un alternance suffixale en -onte et -ont, aussi le projet ne fournit-il aucune section dédiée à un tel paradigme, qui autrement donnerait déjà par ailleurs source d'inspiration pour les ostentatoires dont l'isonèphe emploi un suffixe en -önte. Ici sans anicroche est retenu l'application d'une matrice en feghn*ņte.
Pour l'association de sœur et frère, les hyperonymes épicènes adelphe et sibling peuvent tout à fait faire fonction de flexion isonèphe supplétive, le premier ayant l'avantage de connaître en usage des codérivations comme adelphie, adelphité[115]. Dans les cas où un terme monosyllabique spécifique au cas isonèphe de ce paradigme est préféré, un amalgame synchronique trivial à construire est sfrœ̀ur, ou simplement sfrœur sans diacritique[N 12]. L'usage fait déjà vivre frœur[N 13] et d'autres alternatives comme freure, freureen, sère, sibe lui ont également été suggérés par ailleurs[116][117][118][119][120][121][122][123][124][125][126][127][128][129][130][131][132][133][134][135][136][137][138][139][140][141][142][143][144][145][146][147][148][149][150][151][152][153][154][155][156][157][158][159][160][161][162][163][164][165][166][167][168][169][170][171][172][173][174][175][176][177][178]. Cela étant ces usages balbutiant confondent souvent les deux notions distincts qui sont rendu ici respectivement par isonèphe et allophène ; ou tout au moins elles désignent des notions hétéroclites d'un locutaire à l'autre. Pour ne pas l'éluder il peut être rappelé ici que sœur vient du latin soror de même sens, supposé rattaché au terme reconstruit d’indo-européen commun swésōr que la philologie analyse, entre autres hypothèses, comme l'agglutination du pronom réflexif swe : se/son, et sor : possiblement sang ; soit qui appartient au même sang. Pour sa part frère vient du latin frater de même sens, rattaché à la reconstruction de l’indo-européen commun bʰréh₂tēr possiblement interprétable comme celui qui a été porté dans le même sein. Il peut d’ailleurs être noté que adelphe pour sa part renverrait à la notion de naissance du même utérus[179]. Comme la notion de naissance ou d’engendrement est rendu par le morphe -pare[N 14][180][181], une homologie pourra donner sympare[N 15][182] : de même naissance, de même génitaires[183]. Et celui-ci via quelques métaplasmes[N 16] peut être rattaché à une forme comme sphrære (/sfʁɛʁ/[N 17]). Outre l'aspect monosyllabique celui-ci partage avec sœur l'initiale en s-, l'emploi d'un graphème entrelacé de voyelles, et une finale en /ʁ/ tout comme avec frère dont il partage aussi un /fʁ/ partie prenante de la tête de sylabe. De plus l'homéophonie à sphère évoque subrepticement celle du cercle famillial. Pour les ostentatoire les deux matrices sfr*re et sphr*re sont explorés, avec pour cette dernière une adaptation de l'arrhénophène en sphrirphe pour éviter toute homophonie[184].
Pour l'asssociation sœur-de-lait, frère-de-lait, il existe l'hyperonyme épicène agalacte, auquel il est possible d'ajouter des isonèphes et des ostentatoires dédiés reprenant les mêmes bases que les lexies hors composition vues précédemment.
Pour l'association sœurette et frérot, qui dérivent des précédents, là aussi le calque peut être poursuivie avec des isonèphes en sfrœurẏte/sfrœurète ou sphrærote[N 18], et des ostentatoires qui suivent les mêmes matrices.
Pour l'association de sister[185] et brother[186], emprunts homographes directs à l'anglais bien que généralement rendus hétérophoniquement, il paraît approprié d'aller également puiser dans la culture anglophone pour l'isonèphe, celle-ci pourvoyant déjà brister[187], sibling, sibster[188], sibter[189], sother, et de même pour les diminutifs sis et bro qui connaissent les alternances sib[190], sling, zib[187]. De même pour les termes dérivés comme pegasister et brony qui sont déjà complétés par siblicorn[191] en sus d'autres termes plus ou moins courant comme pegasir[192][193]. Pour l'ensemble de ces termes, les ostentoires peuvent se construire sur un noyau de radical en s*b avec alternance vocalique qui calque sur l'apocope de sibling.
Pour l'alternance entre virago et femmelin, l'isonèphe doit fournir un hyperonyme signifiant personne se comportant à la façon d'un stéréotype qui est jugé inattendu pour celle-ci. En s'inspirant de la notion de transgressivité[194][195][196][197][198][199][200][201][202][203][204], il vient assez trivialement transgressivesque ou plus condensé transgressesque, qui peuvent servir tant d'adjectif que de nom commun épicène et se démarque suffisamment de transgresseuse et transgresseur qui alterneront pour leur part avec transgressurge à l'équivoque.
Pour l'alternance entre bru et gendre, sachant que l'usage fait déjà vivre gendresse, une première approche est donc d'alterner des formes sur la base gendr- avec les suffixes retenus pour -esse, -e. Pour l'ambigu, il est possible aussi d'employer alternativement la forme monosyllabique gyņdre (/ʒindʁ/), qui évoque donc plus un stéréotype féminin confer le sens du morphe gyn-, et par suite décliné tous les autres flexions par une matrice en g*ņdre. Pour la base bru elle est cognat entre autres de de Bräid, breid, bride, Bruut, bruid, Braut, brud[205], ce qui suffit à inspirer isonèphe et série ostentatoire. L'isonèphe braude (/bɹod/) est à comparer à l'anglais broad (/bɹɔːd/) : ample, étendu, extensif, général, large, ouvert, varié, vaste, diversifié, et par ailleurs et tout aussi fortuitement meuf[206]. L'équivoque alternatif procède simplement par calque onomaturgique, qui a l'avantage de ne pas entrer en collision avec une autre lexie pré-existante ou proposé ici, tout au moins en excluant le Picard où il désigne une personne gynotypée dont les mœurs sucitent l'oprobre du locutaire qui l'emploie.
L'alternance entre mère et père découle des termes reconstruits de manière coordonnées átta : père, bʰréh₂tēr : frère, dʰugh₂tḗr : sœur, ph₂tḗr : père, suHnús : fils, swésōr : sœur[207]. En préambule il peut être rappelé que la volonté d'être référé par ce type de nom n'est pas universel[208]. La forme baba[209] évoquera plutôt une alternance à mama et papa. Si parent est envisageable, il n'est ni monosyllabique, ni aussi précis[N 19] et pas même épicène. Certains usages tirent ren de ce dernier[210]. Une alternative peut se chercher parmi les plus de 250 séquences pluriconsonantiques débutant déjà les mots en français[N 20], ce qui peut amener à considérer par exemple dwère, gnère, hrère, lhère, wère et zwère. Le premier est déjà employé comme synonyme de gnaphale nain[211], plante du genre Gnaphalium dont le nom dérive de gnaphálion/γναφάλιον : laine ou coton ce qui peut être plutôt à propos pour un terme évoquant la notion de parentalité auquel s'attache volontiers une dimension hypocoristique. Il inclut également des consonnes scripturalement symétriques au m- et p- de mère et père, soit w- et d-. En partant de cette option, la série ostentatoire peut se former après glissement de -r- à -l- sur la matrice dw*le. Les termes dérivés par adjonction des préfixes invariables grand- et arrière-grand sont donc triviaux, cela étant au moins pour -grand- l'option de fléchir les formes ostentatoires par la même approche que le paradigme -ande, -and peut également s'envisager. Les termes comme commère et compère nécessitent un ajustement du morphème préfixé qui prend la forme co-, col-, con-, cor- en fonction de ce qui suit. Au passage il faut noter que commère au sens de personne bavarde est un emploi métaphorique et haplogeste. Les termes dérivés par redoublement de la voyelle initiale peuvent également trivialement reprendre le même paradigme. Pour la poursuite de l'alternance mama(n) et papa, si baba semble en effet une option convenable, une série ostentatoire en b*b* n'est guère envisageable, confer les termes baba, bébé, bibi, bobo. D'où l'idée de reprendre là aussi le -d- et le -w- mais cette fois chacun assigné à une syllabe séparé dans une matrice en wad*. Si le terme wadi au sens de court d'eau est homophone à wadì, cela ne paraît pas ici très problématique. Pour mamie et papy, c'est en contraste la matrice w*di qui est employé ; tandis que les flexions padre et madre sont complété sur une matrice en w*dre et que pour maman (ou mama[212][213][214][215][216][217]) et papa (ou papan[218][219][220][221]), c'est la matrice ostentatoire wad* qui est retenue avec un isonèphe en baba ou waba.
Dans la même ligné l'alternance de marraine et parrain peut poursuivre avec dwarraïne. À noter au passage que marrain et parraine sont également parfois évoqués et pourraient donc potentiellement être présenté comme isonèphes[222]. Pour la série ostentatoire, elle peut se poursuivre sur la matrice dwarr*ne, conformément au paradigme évoqué par ailleurs pour -aine, -ain, hormis pour l'arrhénophène ou une finale en -uine n'éviterait aucune collision homonymique mais conduirait à un rapprochement avec le terme ruine dont la connotation négative démarquerait des autres flexions qui en sont a priori exempt.
Pour l'alternance de tante à oncle l'analyse diachronique permet également de mettre en exergue l'amalgame qu'opère cette notion en synchronie. En effet le premier dérive de ante : sœur de la mère ou du père lui-même issu du latin amita : tante paternelle, où il contraste avec matertera : tante maternelle. Le second par du latin avunculus : oncle maternel comme diminutif de avus : aïeul, grand-père, où il contraste avec patruus : oncle paternel et barbās[223][224][225][226][227][228]. À noter que le latin connaît aussi thius, dérivé de du grec ancien theîos/θεῖος : oncle[229][230] ; ce dernier étant rattaché à la reconstruction en indo-européen commun dhe : oncle, père, grand-père, qui, redupliqué, donne le latin tata : papa, l’anglais daddy : papa, le tchèque děd : grand-père, le russe djadja/дядя : oncle. Aussi si l'usage évoque déjà le terme tancle[222], il parraît ici plus opportun de fournir des termes spécifique pour les trois axes ainsi dégagés, selon qu'il s'agit :
- de que adelphe de la mère ou du père sans que cela soit explicité ;
- de quelque adelphe de la mère ;
- de quelque adelphe du père
Pour compléter un paradigme en alternance de ante, il est donc possible de s'inspirer de thius et ses dérivés, tío en espagnol, tio en portuguais, cayon en picard pour former thion, dont la sonorité rappelle d'ailleurs tonton. Et de là tirer par amalguame de ante et thion un isonèphe en thiänte (/tjant/) et la matrice th*ņte pour la série ostentatoire. En y adjoignant également tante et oncle comme flexions alternatives supplétives pour l’ambigu et l'équivoque, voilà qui fournie donc une première série complète pour le premier axe. Sur cette même base peut se former les variantes hypocoristiques par préfixation d'une syllabe en t*-, qui s'harmonise bien avec les dérivatifs pré-existant que sont tata, tatan, tati, tatie, tantine, et tonton.
Sur la base de avunculus, à comparer à homoncule dont le suffixe diminutif -cule est de même étymologie, il est trivial de dériver avonçule. Et par suite, avec clin d'œil à l'anglais aunt : tante, former auvontiule (/o.vɔ̃.sjul/) et par suite l'isonèphe auvontiaire. Sur la base de matertera se dérive matertre, à comparer à dextre qui est également relié à la reconstruction de suffixe indoeuropéen -teros[231][232][233][234], et par suite patertre et l'isonèphe wadertre.
De amita il est trivial de dériver l'ambigu amitia (/a.mi.sja/) et par suite l'équivoque amitio (/a.mi.sjo/) et l'isonèphe amitiaire (/a.mi.sjɛʁ/). En dérivation de barbās, avec inspiration du descendant ladin bèrba, il est trivial de former berbe. Et par contraste de stéréotype capilaire, partant de glabre avec emploi du suffixe -aine à l'instar de marraine, former glabaine. Et pour l'isonèphe un simple amalgame suffit à former glaberbe. De patruus et son génitif patruī, il est trivial de tirer patrui, à comparer à autrui, et par suite matrui. Pour l'isonèphe, la même insipiration de glissement consonnantique déjà exposé pour mère et père est reprise pour obtenir wadrui.
Voir aussi
[modifier | modifier le wikicode]Notes
[modifier | modifier le wikicode]- ↑ Zoyâ Pirzâd (trad. Christophe Balaÿ), « On s’y fera »
- ↑ Ici au sens de hors du commun, comparer à épicène, qui fait également usage de -cène comme dérivé de
koinḗ/κοινή: langue commune. Le terme est donc homonyme mais distinct de l'emploi qui prend -cène au sens d'ère, à l'instar de pléistocène. - ↑ Au sens de situation qui pour une caractéristique donnée, se trouve nettement éloigné de la moyenne. Dans le corpus considéré, en excluant les termes débutant par ch-, plus de 12 000 termes débutent par c-, dont seuls environ 80 (0,66 %) termes sont dans le même cas que chum : candrabindu, chabba, cha-cha-cha, chachacha, cha-cha, chacha, chaebol, chainsaw, chai, chalaparta, challenger, challenge, challengeur, changelog, chan, chan, charafi, charcoal, chatbot, chatteur, chatteuse, chat, chavisme, chaviste, cheap, cheat, checklist, checkpoint, checksum, check, check-up, cheerleader, cheerleadeur, cheerleadeuse, cheerleading, cheese-cake, cheesecake, cheesesteak, cheguevariste, cheondoïsme, chessboxing, chiapacan, chibok, chicklit, chik, chill-out, chillout, chill, chillwave, chimichanga, chinatown, chin, chipewyan, chipiu, chipolata, chipset, chip, chiptune, chiricahua, chitlásha, chi, choctaw, chôka, ch’ol, chóptse, chow-chow, chow, chulo, chulupi, churrigueresque, churros, churro, ciabata, ciabatta, cia-cia, cibak, ciluba, czamar.
- ↑ Traduit ici sous les formes isophènes alterantes à dirigeante et dirigeant, souveraine et souverain, seigneuresse et seigneur, princesse et prince.
- ↑ Limitant la confusion possible avec la notion d'offrande portée par don en français, et rapprochant de l'alternance entre dame et dom.
- ↑ Comparer à la prononciation de monsieur (/mə.sjø/).
- ↑ Plus exactement de rebus, dans le cas de la citation donné, ce qui pourrait s'apparenter une confusion entre rebut et refus.
- ↑ Comparer à absynthe (/ab.sɛ̃t/) pour la prononciation.
- ↑ Comparer à ganguy et tanguy pour la prononciation associée à cette graphie.
- ↑ Comparer au terme épicène Blemmye (/blɛ.mi/),
- ↑ À ne pas confondre avec le terme épicène nini qui désigne une personne qui ni n'étudie ni ne travaille alors qu'elle se situe dans une tranche d'age où le modèle social dominant promulgue l'engagement dans l'une ou l'autre activité comme norme de comportement valorisé.
- ↑ À comparer à disfraction ou transfrontalier pour la prononciation de la séquence -sfr- qui est assez rare en français.
- ↑ Qui donc a au moins l'avantage de ne pas employer la séquence -sfr- si rare, et possiblement inédite en position initiale d'une lexie.
- ↑ Du latin
pario: accoucher, enfanter, pondre, produire, créer, inventer, causer, engendrer, procurer, acquérir, se procurer. Supposé issu du radical indo-européen communper-: porter un enfant, enfanter. - ↑ Plutôt que copare, malgré l'étymologie latine de -pare, pour distinguer le terme plus nettement de compère et comparse.
- ↑ Par exemple sympare → spare → sphare → sphrare → sphrære. Il serait aussi possible de poursuivre un cran plus loin avec sphræyre (/sfʁɛjʁ/). Celà aurait l'avantage d'une proximité supplémentaire avec sœur, par rapprochement du -u- au -y-, confère upsilon. Mais la compléxitée élocutoire résultante paraît en faire une option peu judicieuse en pratique : une finale en /ɛjʁ/ est inconnu du vocabulaire endémique du français.
- ↑ Comparer à ære (/ɛʁ/), anæsthésie (/a.nɛs.te.zi/) ou tænia (/tɛ.nja/).
- ↑ Comparer par exemple à pagnote pour un terme épicène en -ote qui amène un sens diminutif.
- ↑ Par exemple employable également dans la notion de proche parent, mais à contrario un terme comme grand-parent rend cette emploi plus pertinent.
- ↑ Notament bd-, bg-, bh-, bhl-, bk-, bl-, bll-, bn-, bq-, br-, bs-, bt-, bw-, bz-, cd-, ch-, chb-, chk-, chl-, chn-, chp-, chr-, cht-, chtch-, chth-, chtr-, chv-, cl-, cn-, cr-, cs-, css-, ct-, cth-, cz-, dh-, dj-, dl-, dn-, dp-, dr-, dv-, dz-, dzh-, dzzz-, fdp-, ff-, fj-, fl-, fq-, fr-, ft-, fw-, gb-, gh-, ghl-, ghr-, gj-, gl-, gll-, gm-, gn-, gq-, gr-, gs-, gt-, gw-, gz-, gzh-, hch-, hl-, hm-, hr-, hs-, ht-, hw-, jd-, jh-, kch-, kgb-, kh-, khl-, khm-, khr-, kj-, kl-, kn-, kp-, kr-, ks-, ksh-, kt-, kv-, kw-, lh-, ll-, lw-, mb-, md-, mgb-, mh-, mk-, mkh-, ml-, mn-, mp-, mr-, ms-, mt-, mv-, mw-, mz-, nbr-, nd-, ndj-, ng-, ngb-, nh-, nj-, nk-, nm-, nt-, ntch-, nz-, pc-, pch-, pf-, pff-, ph-, phl-, phn-, php-, phr-, pht-, phth-, pl-, pll-, pn-, pnl-, pp-, pr-, prz-, ps-, psch-, psh-, pt-, pw-, pwn-, qf-, qw-, rb-, rg-, rh-, rl-, rr-, rrr-, rt-, rv-, rw-, sb-, sbr-, sc-, sch-, schb-, schl-, schm-, schn-, schp-, schpr-, schr-, scht-, schtr-, schtsch-, schw-, scl-, scr-, sd-, sf-, sg-, sgr-, sh-, shk-, shl-, shm-, shn-, shr-, sht-, shtr-, sj-, sk-, skr-, skw-, sl-, sm-, sms-, smss-, sn-, sp-, sph-, sphr-, spl-, spr-, sq-, sr-, ss-, st-, sth-, str-, stv-, sv-, sw-, sz-, szl-, szm-, tb-, tch-, tf-, th-, thl-, thn-, thr-, tj-, tl-, tm-, tn-, tr-, ts-, tsh-, tstch-, tsw-, tt-, tw-, tx-, tz-, vh-, vl-, vn-, vr-, vrb-, vt-, wg-, wh-, wr-, ww-, xh-, zb-, zbr-, zd-, zg-, zgh-, zh-, zj-, zl-, zm-, zr-, zv-, zw-, zz-.
Références
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- ↑ Comparer à syrphe pour un exemple de mot avec finale en /iʁf/. Les autres finales possibles dans le même esprit seraient -irc, -irque, -irge, -irk, -irse, -irme, -irch, -irsch, -irth, -irte, -irthe, -irpe qui se trouvent déjà dans des termes comme AGIRC, birbe, birse, birse, cirque, cirse, diasyrme, dirk, firme, guirch, infirme, kirch, kirsch, mirthe, scirpe, zwischengebirge. Cela étant, pour éviter tout rapprochement à frire, frite, fric, freak, frig'(ide), frime, fripe, friche, c'est une sonorité en /iʁf/ qui est retenue.
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