Leçons de niveau 13

Mondialisation : processus, acteurs et territoires/Annexe/Guyane française

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Guyane française
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Annexe 2
Leçon : Mondialisation : processus, acteurs et territoires

Annexe de niveau 13.

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La Guyane française par rapport à la métropole.
Localisation des villes et des routes en Guyane.

La Guyane est une région et un département français d'outre-mer (DOM, le terme « DROM » n’est pas officiel) d'Amérique du Sud située juste au nord de l'équateur[1]. Avec une superficie de 83 846 km2, la Guyane est le plus grand département français. C'est également le plus boisé, 96 % du territoire étant couvert d'une forêt équatoriale, la forêt amazonienne, qui est parmi les plus riches et les moins écologiquement fragmentées du monde. La Guyane appartient aux régions ultrapériphériques (RUP) de l'Union européenne du fait de son éloignement avec la mégalopole européenne.

Problématique : quel est la place de la Guyane française dans la mondialisation ?

Nous aborderons premièrement l'intégration locale puis l'intégration dans la mondialisation.

Intégration régionale[modifier | modifier le wikicode]

Le mot intégration provient du verbe latin integrare, qui signifie rendre entier. L'intégration correspond au fait d'entrer dans un ensemble, dans un groupe ou dans un pays. Nous verrons d’abord comment la Guyane française s'intègre vis-à-vis des territoires sud-américains, puis vis-à-vis des autres régions françaises.

Échelle locale[modifier | modifier le wikicode]

La Guyane française est limitrophe de deux États d'Amérique du Sud :

Ces deux fleuves (plutôt larges), la forêt amazonienne (dense) et les faibles densités de population sont de tels contraintes que les échanges avec les deux États voisins sont très limités. Pour l'instant, ces échanges se limitent le long des deux fleuves au trafic par bacs et en pirogues, auxquels se rajoutent les franchissements en pleine forêt par les populations amérindiennes et des orpailleurs (considérés comme immigrés clandestins).

Deux routes bitumées permettent de rejoindre les frontières à partir de Cayenne : la RN1 vers l'ouest (de Cayenne jusqu'à Saint-Laurent-du-Maroni) et la RN2 vers l'est (de Cayenne jusqu'à Saint-Georges-de-l'Oyapock). Un pont sur l'Oyapock de 378 mètres de long a été construit de 2009 à 2011, à 60 kilomètres au sud de l'embouchure à hauteur de Saint-Georges (et d'Oiapoque côté brésilien) avec inauguration prévue en 2013. Mais après avoir franchi le fleuve, la route devient une piste en pleine forêt brésilienne, d'où le retard pris pour l'inauguration...

La Guyane est donc enclavée par rapport au reste du continent sud-américain, les échanges avec les deux voisins ne représentent en 2006 à eux deux qu'un peu moins de 4 % des importations et exportations guyanaises[2].

Échelle nationale[modifier | modifier le wikicode]

Mygale blonde de Guyane.

La métropole française (la partie européenne du territoire français) a beau être à 7 000 kilomètres de la Guyane, cette collectivité territoriale fait partie de la République française au même titre que les autres régions[3] : l’ensemble des lois françaises y sont applicables. Si l'État français envoi de nombreuses subventions dont la région guyanaise est dépendante, en échange le reste de la France dispose de matières premières exotiques (une spécialisation héritée de la période coloniale) et de bases en Amérique du Sud. La Guyane exporte du bois (les essences rares de la forêt amazonienne), quelques produits agricoles et certaines espèces animales (comme par exemple des mygales vivantes ou mortes).

Les échanges d'humains à l'échelle nationale se font essentiellement par la voie aérienne, en effet un aéroport existe à Cayenne depuis 1943, appelé d’abord Cayenne-Rochambeau, puis aéroport international Félix Éboué, avec une capacité de 600 000 passagers par an. Les seules destinations quotidiennes sont Paris, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et Fort-de-France (Martinique). Les statistiques montrent l'accroissement du nombre de passagers chaque année.

Passagers[4]
2000 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
457 168 375 844 374 394 386 979 385 142 400 025 423 849 435 440

En 2006, la métropole française est la destination de plus de la moitié des exportations guyanaise, ainsi que l'origine de 39 % des importations[2].

Intégration globale[modifier | modifier le wikicode]

La mondialisation est un processus touchant de très nombreux aspects de nos vies, que ce soit l'économie, la politique, les technologies, les sociétés ou la culture à l'échelle globale. La mondialisation correspond aux échanges et à la diffusion à l'échelle mondiale.

Maritime[modifier | modifier le wikicode]

Le Dégrad des Cannes.

Pour relier la Guyane au reste du monde, il existe plusieurs mode de transport. Le transport du fret se fait essentiellement par la voie maritime, avec en Guyane de nombreux petits ports. Le principal est le Dégrad des Cannes construit en 1974 et qui a un statut de port autonome. Il se situe à Cayenne et est considéré comme un « port d'intérêt national », gérant 90 % des importations et exportations de la Guyane. Il est constitué :

  • d'un terminal à conteneurs avec un terre-plein pour conteneurs de dix hectares ;
  • d'un terminal pétrolier, qui peut accueillir des navires de taille inférieure à 120 mètres ;
  • d'un poste de roulier pour les navires transportant des véhicules ;
  • d'un poste minéralier pour les navires transportant des minéraux ;
  • d'une cale de cabotage.

C'est dans ce port que sont accueilli les lanceurs Ariane en provenance d'Europe pour le Centre spatial guyanais. On retrouve également une base navale implantée dans le port, avec la gendarmerie maritime[5].

Aérospatiale[modifier | modifier le wikicode]

Le lanceur Ariane 5.

En 1964, le président Charles de Gaulle donne l'autorisation de construire une base spatiale en Guyane, destinée à remplacer la base saharienne située en Algérie et à développer l'économie guyanaise. La position du centre de lancement entre la forêt et l'océan limite les dégâts en cas de retombée du lanceur, tandis que sa proximité avec l’équateur permet de bénéficier de la rotation terrestre (effet de fronde). La Guyane est donc un port spatial excentré de l’Europe avec des lanceurs comme Ariane 4 et Ariane 5 qui permettent la mise en orbite de satellites, le Centre spatial guyanais accueille aussi le programme Vega et depuis 2011 une base de lancement Soyuz construite à Malmanoury.

EADS (The European Aeronautic Defence and Space Company) est la firme transnationale la plus présente en Guyane, à travers sa filiale Astrium qui contrôle Arianespace (commercialisant les lanceurs Ariane 5 et Vega) et Starsem (lanceurs Soyouz). Les fusées sont envoyées en orbite depuis la Guyane, développées et construites en Europe ou aux États-Unis. La Guyane est donc parfaitement intégrée à l'échelle globale de la planète.

Internet[modifier | modifier le wikicode]

La Guyane est connectée au réseau mondial grâce à la fibre optique, les câbles de fibre optique parcourant les océans du monde entier. Le câble auquel la Guyane est connecté[6] passe par les Caraïbes, la reliant à la Floride, de là un autre continu jusqu'en Nouvelle-Angleterre, un troisième traverse l’Atlantique pour aller en Angleterre et enfin un dernier touche la France métropolitaine.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Entre les latitudes 5°44'54" N (la côte près d'Aoura) et 2°06'33" N (dans le massif du Mitaraka).
  2. 2,0 et 2,1 Madeleine Boudoux d'Hautefeuille, « La frontière et ses échelles : les enjeux d’un pont transfrontalier entre la Guyane française et le Brésil », European Journal of Geography, Espace, Société, Territoire, Cybergeo, no  514, 15 décembre 2010 [texte intégral (page consultée le 21 octobre 2012)].
  3. La consultation populaire tenue en janvier 2010 sur la possibilité d'une évolution statutaire s'est soldée par le maintien du statut de département.
  4. « Statistiques de l'aéroport Cayenne-Rochambeau », sur http://www.aeroport.fr/ (site de l'UAF).
  5. « La Marine en Guyane », sur http://www.defense.gouv.fr/.
  6. « Submarine Cable Map », sur http://www.submarinecablemap.com/.