Mallette Motivation et Estime de Soi-La reussite scolaire-Liens avec l estime de soi

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Temps de lecture : 2mn30s

Apprendre, un activité déstabilisante pour l'estime de soi[modifier | modifier le wikicode]

Pour réaliser un apprentissage nous devons accepter de nous tromper, de ne pas savoir, de remettre en cause ce que nous pensions savoir, de nous engager dans une activité ne sachant pas si nous allons réussir ou échouer, de nous confronter avec des choses inconnues jusque là.

Pour toutes ces raisons, apprendre nécessite un bonne dose de confiance en soi.

C’est parce qu’un individu possède une image positive de ses capacités qu’il va oser se lancer et prendre le risque d’apprendre.

Des liens positifs entre estime de soi et réussite scolaire[modifier | modifier le wikicode]

Les travaux de Bandura font état d’un lien important entre ce qu’un individu pense de lui-même dans un domaine (sentiment d’auto-efficacité) et sa performance effective dans ce domaine. Un individu qui possède une conception de soi de réussite aurait des prédispositions à l’engagement, à la persistance et, du coup, à la performance (Helmke et Van Aken). La perception qu’un élève a de lui-même influence la réussite en favorisant la motivation.

A compétences égales, ce que l’on croit être capable ou non de faire, serait aussi important que ce que l’on est réellement capable de faire.

Dans ce domaine, l’école peut tout et son contraire.

La réussite scolaire entre en jeu dans la construction de l’estime de soi, elle en est une composante, plus ou moins importante, selon les élèves.

Le regard que les adultes  (communauté éducative élargie) portent sur les réussites et les échecs des élèves peut être destructeur ou construction de l’estime de soi.

Si l’école veut préserver et développer  l’estime de soi des enfants en tant qu’élèves, elle se doit d’instituer le droit à la non réussite, à l’erreur, aux tâtonnements.

La réussite scolaire occupe une place très importante dans nos sociétés. Elle est pour beaucoup la condition de la réussite professionnelle et sociale.

Les enfants qui sont en situation d’échec scolaire possèdent souvent une faible estime de soi.

Tous les élèves peuvent réussir[modifier | modifier le wikicode]

On peut ici parler de ce que l'on nomme l'effet Pygmalion. Il s'agit de la réalisation dans le réel d'une projection du devenir scolaire d'un élève. La représentation de l'enseignant joue sur le devenir réel de ses élèves. En d'autres termes, si je pense qu'un élève n'apprendra jamais à lire, il y a de fortes chances qu'il n'apprenne jamais à lire !

L'enfant fait sien le jugement de l'adulte et s'y conforme. De nombreuses recherches ont validé ce phénomène. C'est pourquoi il est essentiel de considérer que chaque enfant est capable, intelligent, créateur, chercheur, inventeur...En effet, enseigner, c’est donner aux élèves des capacités et leur donner confiance en leurs capacités.

Il s'agit ici de ce que beaucoup nomment le pari d'éducabilité. Chaque professionnel doit être convaincu des capacités de tous. C'est une posture volontaire et optimiste. C'est aussi une condition essentielle pour que l'école soit une expérience positive et l'occasion pour chacun de développer son estime de soi.

Ne pas réussir à l’école permet parfois de préserver l’estime de soi[modifier | modifier le wikicode]

Il est parfois plus facile pour certains de nos élèves d’adopter des postures d’évitement voire des stratégies d’échec face aux demandes scolaires.

M. Alcorta[1] écrit : “il existerait un seuil au-delà duquel la dévalorisation liée à l’échec scolaire deviendrait intolérable à la survie psychique de la personne”. Les élèves peuvent alors développer tout un panel de stratégies pour éviter de se trouver sans cesse en situation d’échec. Ils pourront diminuer leurs efforts et s’entendre dire qu’ils sont paresseux (et non “peu intelligents”). Ils pourront se désengager progressivement de ce qui se passe à l’école et ne plus être menacés par leur situation d’échec, devenir l’agitateur, l’amuseur, le bagarreur...  Ainsi, la nécessaire et vitale préservation de l’estime de soi va parfois accentuer les situations d’échec scolaire.

C’est aussi ce que soutient  D. Martinot. Pour elle, les élèves en situation d’échec scolaire n’ont pas une estime de soi plus basse que les autres, ils adoptent des mécanismes de défense pour se protéger.

Echouer à l’école peut paradoxalement venir renforcer une estime de soi menacée. De nombreux élèves en difficulté se construisent une image si négative de l’école et du bon élève qu’il devient très ennuyeux pour eux d’avoir une bonne note ou des félicitations d’un enseignant.


< Précédent| Suivant >
  1. Les caractéristiques psychologiques des élèves : la face cachée de l’école; Le journal des psychologues, 2008