Littérature de jeunesse en anglais : William Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été/Épilogue

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Quand le roi des elfes vit l'âne dans les bras de sa reine, il la réveilla et lui reprocha son infidélité.
Prise sur le fait, elle ne put récuser l'accusation et quand son mari réclama l'enfant, elle n'osa refuser et le fit transporter par les airs par une de ses fées.
Ayant obtenu ce qu'il voulait, Obéron eut pitié de la voir avec cet âne et lui versa un autre philtre sur les paupières, ce qui la ramena instantanément à la raison.
Obéron enleva aussitôt la tête d'âne de Bottom et laissa le comédien finir sa sieste avec sa tête d'origine.

Après leur réconciliation, Obéron raconta à Titania les querelles nocturnes des deux couples d'Athéniens et elle fut d'accord pour les réconcilier et mettre fin à leurs mésaventures.
Ils finirent par les trouver endormis dans la même clairière : c'est Puck, pour faire amende honorable, qui avait réussi à les y mener sans qu'ils en soient conscients. Puck avait également réussi à verser l'antidote sur les paupières de Lysandre.

C'est Hermia qui se réveilla en premier et fut surprise de trouver son Lysandre allongé près d'elle. Puis Lysandre s'éveilla et retrouva sa raison (perdue par la faute du philtre) et sa passion pour Hermia. Ils s'expliquèrent sur les évènements de la nuit, se demandant si cela s'était passé pour de vrai ou s'ils avaient tout simplement fait le même songe incroyable.

De leur côté Héléna et Démétrius s'éveillèrent à leur tour. Le sommeil avait apaisé la colère d'Héléna et elle écouta les déclarations de Démétrius avec ravissement. À sa grande surprise, et à son grand plaisir, elle se rendit compte qu'il était sincère.

Les ennemies de minuit avaient cessé d'être des rivales et étaient redevenues amies sincères. Tous les reproches, toutes les insultes étaient oubliés et elles se concertèrent paisiblement pour décider de la suite. Comme Démétrius n'était plus intéressé par Hermia, il promit d'aller voir son père pour lui demander d'abandonner les projets de mariage et de sentence de mort.

C'est à ce moment-là qu'Égée, le père d'Hermia, pénétra dans la forêt à la recherche de sa fille enfuie. Quand il comprit que Démétrius n'était plus un prétendant pour sa fille, il cessa de s'opposer aux demandes de Lysandre et accepta qu'ils se marient dans quatre jours, le jour prévu pour la mise à mort et pour le mariage d'Héléna et Démétrius, redevenu fidèle à ses premières amours.

Bottom endormi.
— J’ai eu une bien étrange vision ! j’ai fait un songe… il est au-dessus des facultés de l’homme de dire ce qu’était ce songe. L’homme n’est qu’un âne, s’il veut se mêler d’expliquer ce rêve. Il me semblait que j’étais….
— Il n’y a pas d’homme qui puisse dire ce que j’étais. Il me semblait que j’étais… et il me semblait que j’avais…
— Mais l’homme n’est qu’un fou en habit d’Arlequin, s’il entreprend de dire ce qu’il me semblait que j’étais. L’œil de l’homme n’a jamais ouï, l’oreille de l’homme n’a jamais vu ; la main de l’homme ne peut goûter, ni sa langue concevoir ni son cœur exprimer en paroles ce qu’était mon rêve. Je veux aller trouver Pierre Quince pour qu’il compose une ballade sur mon songe : on l’appellera le rêve de Bottom, parce que c’est un rêve sans fond ; et je le chanterai à la fin de la pièce, devant le duc : et peut-être même, pour rendre la pièce plus agréable, le chanterai-je à la mort de Thisbé. (Il sort.)

Acte Vème - Scène II - Entre PUCK.
Voici l’heure où le lion affamé rugit,
Où le loup hurle à la lune,
Tandis que le lourd laboureur ronfle
Épuisé de sa pénible tâche.
Maintenant les tisons consumés brillent dans le foyer ;
La chouette, poussant son cri sinistre,
Rappelle aux malheureux, couchés dans les douleurs,
Le souvenir d’un drap funèbre.
Voici le temps de la nuit,
Où les tombeaux, tous entr’ouverts,
Laissent échapper chacun son spectre,
Qui va errer dans les sentiers des cimetières.
Et nous, fées, qui voltigeons
Près du char de la triple Hécate,
Fuyant la présence du soleil,
Et suivant l’ombre comme un songe,
Nous gambadons maintenant. Pas une souris
Ne troublera cette maison sacrée.
Je suis envoyé devant, avec un balai,
Pour balayer la poussière derrière la porte.

(Entrent Oberon et Titania avec leur cour.)
-- OBERON.
Qu’une faible lumière éclaire cette maison
Par le moyen de ce feu mourant ;
Que tous les esprits et toutes les fées
Sautent d’un pied léger, comme l’oiseau sur la branche.
Répétez après moi ce couplet :
Chantez et dansez rapidement à sa mesure.

-- TITANIA.
D’abord, répétez ce couplet par cœur ;
Et à chaque mot une cadence ;
Les mains enlacées, avec la grâce des fées,
Nous chanterons et nous bénirons cette demeure.
(Chant et danse.)

-- OBERON.
À présent, jusqu’à la pointe du jour,
Que chaque fée erre dans ce palais.
Nous irons au beau lit nuptial,
Et il sera béni parmi nous ;
Et la lignée qui y sera engendrée
Sera toujours heureuse.
Ces trois couples d’amants
Seront toujours sincères et fidèles,
Et les taches de la main de la nature
Ne se verront point sur leurs enfants.

Jamais signe, bec de lièvre, cicatrice,
Ou marque de sinistre augure, qui sont
Si pénibles à voir au jour de la nativité,
N’existeront pour leurs enfants.
Fées, dispersez-vous ;
Qu’avec la rosée des champs
Chacune voue chaque appartement
De ce palais à la douce paix,
Il subsistera toujours en sûreté,
Et le maître en sera toujours béni.
Allons, vite,
Ne tardons plus
Venez me rejoindre au point du jour.
(Oberon et Titania sortent avec leur cour.)

-- PUCK.
Si nous, légers fantômes, nous avons déplu,
Figurez-vous seulement (et tout sera réparé),
Que vous avez fait ici un court sommeil,
Tandis que ces visions erraient autour de vous.
Seigneurs, ne blâmez point
Ce faible et vain sujet,
Et ne le prenez que pour un songe :
Si vous faites grâce, nous corrigerons.
Et comme je suis un honnête Puck,
Si nous avons le bonheur immérité
D’échapper cette fois à la langue du serpent,
Nous ferons mieux avant peu,
Ou tenez Puck pour un menteur.
Ainsi ; bonne nuit à tous.
Prêtez-moi le secours de vos mains si nous sommes amis
Et Robin vous dédommagera quelque jour.
(Il sort.)