Littérature de jeunesse en anglais : Andrew Lang, Princesse Personne/Princesse Niente

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche




White open book.svg

Il était une fois, à l'époque où les fées étaient beaucoup plus nombreuses que maintenant, un domaine où régnaient un roi et une reine. Leur royaume était tout près du pays des fées et très souvent les petits elfes passaient la frontière et pénétraient dans les jardins et les champs du roi. Les petites fées jouaient à secouer les cloches des fuchsias, à se balancer sur les feuilles et boire les petites gouttes de rosée qui coulaient le long des tiges.

Voici toutes les petites fées pique-niquant sur un fuchsia et un vilain nain grimpant à une tige.
Voici le roi, désespéré, Elles essaient de le distraire, sans succès.

Le roi et la reine étaient très riches et s'aimaient beaucoup mais il manquait quelque chose à leur bonheur, un enfant, garçon ou fille, pour prendre leur suite sur le trône après leur mort. Combien de fois la reine ne demanda-t-elle pas un enfant, même pas plus gros qu'un pouce, en espérant que les fées l'entendraient et réaliseraient son vœu. Mais personne ne l'entendit. Un jour, après toute une journée passée à faire ses comptes (c'était le jour où les taxes étaient versées), il se sentit épuisé. Il enleva sa couronne et descendit dans son jardin. Il fit le tour de son royaume en soupirant :
-- « Je donnerais tout ça pour avoir un BÉBÉ. »
Il venait juste de prononcer ces mots qu'il entendit une petite voix coasser :
-- « Vous aurez vraiment un adorable bébé si seulement vous m'accordez ce que je demande. »
Le roi abaissa le regard et aperçut un nain comme il n'en avait jamais vu. Il avait un bonnet rouge pointu comme une fleur, une grosse moustache et une barbe qui se retournait vers l'extérieur. Sa cape était rouge comme son bonnet, sa veste verte et il chevauchait une grenouille verte. La plupart des gens en auraient eu peur, mais pas le roi car il était habitué à voir les habitants du domaine des fées.
-- « Vous aurez vraiment un adorable bébé si seulement vous m'accordez ce que je demande, » répéta le Nain.
-- « Je vous promets tout ce que vous voulez, » répondit le roi.
-- « Alors promettez-moi de me donner NIENTE, »
-- « Certainement » répondit le roi qui n'avait aucune idée de ce que voulait dire NIENTE ? « Comment en prendrez-vous possession ? »
-- « Je le prendrai à ma manière, le jour de mon choix » répliqua le nain.
Sur ces paroles, il éperonna sa monture qui d'un bond sortit du chemin et disparut aussitôt parmi les fleurs.

Mais les enfants étaient toujours aussi gais, sauf un petit méchant mais qui se faisait quand même câliner, comme vous le voyez.
Et voici un lutin prêt à combattre nains et fantômes.

Or il advint que le lendemain la guerre éclata entre les Fantômes et les Géants et que le roi dut partir soutenir ses amis les Géants. Il resta absent longtemps, longtemps, près d'un an. Quand il revint dans son pays, il entendit que toutes les cloches des églises carillonnaient : « Que peut-il bien se passer ? » se demanda le roi en se précipitant jusqu'à son palais : les courtisans s'empressèrent à sa rencontre en lui disant que la Reine venait d'avoir un BÉBÉ.
-- « Fille ou garçon ? » demande le roi.
-- « Une princesse, majesté, précisa l'infirmière, en faisant une profonde révérence.
Alors, vous imaginez le bonheur du roi, bien qu'il eut préféré un garçon.

Regardez tous les petits oiseaux Régalant de leurs chants leur Reine Niente !

-- Comment l'avez-vous appelée ? demanda le roi.
-- « En attendant le retour de votre Majesté nous avons préféré ne pas baptiser la princesse, répondit l'infirmière, aussi lui avons-nous donné le nom italien pour Rien : Niente ; la Princesse Niente, votre Majesté. »
Quand le roi entendit ces mots terribles, il se souvint qu'il avait promis de donner NIENTE au Nain ; il se voila la face en gémissant. Personne ne comprenait ce qui se passait et les raisons de son chagrin, aussi préféra-t-il se taire. Il entra dans le palais pour réconforter la Reine et regarda le BÉBÉ. Il n'avait jamais vu de bébé aussi beau, on aurait dit un enfant de fée, elle était si menue et si légère qu'elle aurait pu s'asseoir sur une fleur sans l'écraser.
Elle avait des petites ailes dans le dos et tous les oiseaux l'adoraient. Pour les paysans et le peuple, c'était Princesse Personne parce qu'ils ne voyaient vraiment pas pourquoi le premier bébé royal devait s'appeler le 90ème. Sa marraine était la fée des eaux, mais, pour des raisons de féerie, on avait caché son vrai nom et naturellement elle ne fut pas baptisée Niente.

Regardez la enseigner le chant aux petits oiseaux. Ils font cercle et chacun chante de son mieux.
Avec tous ses petits camarades elle passait le temps de bien agréable façon avec les oiseaux. Regardez les chevaucher les oiseaux et dégringoler quand l'un d'eux les pique du bec.
Regardez la Princesse encore bébé chevauchant un perroquet pendant qu'une de ses demoiselles d'honneur taquine une chouette endormie.

C'était vraiment le pays du bonheur, oiseaux et bébés jouant et chantant tout au long de la journée.
Ce bonheur dura jusqu'à ce que la Princesse Niente devienne une jeune fille et approche de ses quatorze ans.