Leçons de niveau 2

Japonais/Grammaire/Alphabet/Système graphique

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Chapitre no 1
Leçon : L'alphabet japonais
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Introduction[modifier | modifier le wikicode]

La langue japonaise s'écrit avec trois types de graphèmes : les kanji, qui sont des sinogrammes, les hiragana et les katakana, des kanas, graphèmes syllabiques qui en découlent.

Les kanji portent un sens. Un kanji peut avoir plusieurs prononciations, soit vernaculaires (kun-yomi 訓読み) soit sino-japonaises (on-yomi 音読み).

Les hiragana sont des graphèmes dont la prononciation correspond à une syllabe et inversement. Ils permettent à l'écrit de compléter le sens du kanji ou tout simplement de s'y substituer (puisqu'un kanji possède une prononciation il est possible de l'écrire en hiragana).

Les katakana sont semblables aux hiragana, mais leur utilité première réside dans la transcription phonétique de mots étrangers, de noms propres étrangers, d'onomatopées, ou de noms d'animaux dans les ouvrages scientifiques.

L'écriture se fait de gauche à droite et de haut en bas, ainsi que sur le mode occidental, ou bien de haut en bas et de droite à gauche.

Application[modifier | modifier le wikicode]

Exemples de kanjis :  (yama) : montagne ; (ki) : arbre ; (ichi) : 1

Syllabaire hiragana[modifier | modifier le wikicode]

Rōmaji suivant la méthode Hepburn. Les kanas marqués en rouge ne sont plus utilisés aujourd'hui.

a i u e o ゃ ya ゅ yu ょ yo
ka ki ku ke ko きゃ kya きゅ kyu きょ kyo
sa shi su se so しゃ sha しゅ shu しょ sho
ta chi tsu te to ちゃ cha ちゅ chu ちょ cho
na ni nu ne no にゃ nya にゅ nyu にょ nyo
ha hi fu he ho ひゃ hya ひゅ hyu ひょ hyo
ma mi mu me mo みゃ mya みゅ myu みょ myo
ya yu yo
ra ri ru re ro りゃ rya りゅ ryu りょ ryo
wa wi we wo
n
ga gi gu ge go ぎゃ gya ぎゅ gyu ぎょ gyo
za ji zu ze zo じゃ ja じゅ ju じょ jo
da ji zu de do
ba bi bu be bo 'びゃ bya びゅ byu びょ byo
pa pi pu pe po ぴゃ pya ぴゅ pyu ぴょ' pyo

L'allongement de la voyelle pour la série de kanas avec o ou u se fait à l'aide du kana (u) : exemple : とうきょう = Tōkyō, sauf dans quelques mots où l’on redouble le kana (o) ; ex: おおきい ōkī, « grand ». Il s'agit en fait d'anciens *owo.

Ordre de classement

L'ordre des gojūon (les kana de base) est important puisque c’est aujourd’hui l’ordre le plus utilisé pour le classement dans les dictionnaires, les annuaires téléphoniques, etc., au Japon. On trouve encore parfois l’ordre traditionnel Iroha, du nom du poème pangramme qui en donne l'ordre.

Les kana avec des diacritiques ou de petit format sont assimilés aux kana de base pour le classement. Si deux mots ont les mêmes kana de base, la priorité est donnée au kana simple, puis à celui avec le diacritique dakuten, puis à celui avec le diacritique handakuten, puis à celui de petite taille. Les katakana et les hiragana sont traités de la même façon pour le classement.

Syllabaire katakana[modifier | modifier le wikicode]

Les katakanas (片仮名 « kanas fragmentaires ») sont un des deux syllabaires utilisés en japonais. Comme les hiraganas – l'autre syllabaire – les katakanas sont des signes correspondant à des syllabes (ka, ki, ku, ke, ko, etc.). Ils sont utilisés dans le système d'écriture japonais pour transcrire les mots étrangers, les noms propres étrangers, les noms scientifiques des plantes et animaux, et les onomatopées japonaises. Ils peuvent également servir à mettre en valeur dans un texte des mots qui s'écrivent normalement en kanjis ou en hiraganas.

Utilisation[modifier | modifier le wikicode]

On écrit en katakanas :

  • les mots d'origine étrangère ; il s'agit le plus souvent de mots anglais :
    • ビール bīru : « bière »,
    • フランス Furansu : « France »,
    • ズボン zubon : « pantalon » (ce mot vient du français « jupon ») ;
  • les onomatopées ou petits mots expressifs, très fréquents en japonais :
    • フアフア fuafua : bruit de ce qui est tendre et moelleux,
    • ペコペコ pekopeko : bruit de gargouillis,
    • コケコッコ kokekokko : « cocorico » ;
  • les noms d'animaux dans les ouvrages scientifiques ; dans l'usage courant, on utilise plutôt les kanjis ou les hiraganas :
    • イルカ iruka : « dauphin »,
    • サル saru : « singe » ;

Certains mots japonais peuvent être écrits en katakana pour produire un effet particulier, comme en adoucir le sens. Par exemple, ダメ dame, qui signifie « cela ne convient pas » ou « ce n’est pas possible », terme potentiellement offensif, peut être écrit en katakana pour paraître moins brutal.

  • les mots mis en évidence, à la manière de notre italique.

Tableau des katakanas[modifier | modifier le wikicode]

Rōmaji suivant la méthode Hepburn. Les kanas marqués en rouge ne sont plus utilisés aujourd'hui.

a i u e o ya yu yo
ka ki ku ke ko キャ kya キュ kyu キョ kyo
sa shi su se so シャ sha シュ shu ショ sho
ta chi tsu te to チャ cha チュ chu チョ cho
na ni nu ne no ニャ nya ニュ nyu ニョ nyo
ha hi fu he ho ヒャ hya ヒュ hyu ヒョ hyo
ma mi mu me mo ミャ mya ミュ myu ミョ myo
ya yu yo
ra ri ru re ro リャ rya リュ ryu リョ ryo
wa wi we wo
n
ga gi gu ge go ギャ gya ギュ gyu ギョ gyo
za ji zu ze zo ジャ ja ジュ ju ジョ jo
da ji zu de do
ba bi bu be bo ビャ bya ビュ byu ビョ byo
pa pi pu pe po ピャ pya ピュ pyu ピョ pyo

Autres caractères[modifier | modifier le wikicode]

  •  : marque de prolongation du son. Cette marque se place après les voyelles pour noter qu’elles sont longues (voir ci-dessous) ;
  •  : marque d'itération. On l'utilise pour éviter de répéter un même kana. Par exemple, クク pourrait être écrit クヽ ;
  •  : marque d'itération pour une syllabe sonore. Ainsi, on peut abréger ググ en グヾ.

Caractères étendus[modifier | modifier le wikicode]

Ces combinaisons de katakana servent à noter des mots étrangers utilisant des phonèmes qui n'existent pas en japonais.

  a   i   u   e   o
イェ ye
ウィ wi ウェ we ウォ wo
ヴァ va ヴィ vi vu ヴェ ve ヴォ vo
シェ she
ジェ je
チェ che
ツァ tsa ツィ tsi ツェ tse ツォ tso
ティ ti トゥ tu
ディ di ドゥ du
ファ fa フィ fi フェ fe フォ fo
フュ fyu

Ce tableau ne présente pas toutes les combinaisons. Certaines sont en effet très rares ou d’usage critiqué.

Orthographe[modifier | modifier le wikicode]

Les katakanas peuvent s'utiliser pour écrire des mots japonais ; dans ce cas les règles orthographiques sont les mêmes que pour les hiraganas, notamment pour l'allongement des voyelles (トウキョウ = ToukyouTōkyō). Il faut donc noter que le rōmaji – la romanisation du japonais – peut masquer certains faits inhérents à l'écriture en kanas.

On utilise comme pour les hiraganas les diacritiques (dakuten) et ゜ (handakuten) pour former des syllabes dérivées ou nigori ( ka + ga).

Bien que cette écriture ne soit pas bicamérale, elle fait usage de caractères de petit format. Ceux-ci servent à créer des syllabes qu'on ne pourrait pas noter, sinon, directement (que ces syllabes existent ou non en japonais). Le kanas qui précède n'a alors pas de valeur syllabique pleine (on les lit sans voyelle). Par exemple, ニャ ne se lit pas niya (qu'on écrirait ニヤ) mais nya. Du fait d'évolutions phonétiques, il faut connaître des équivalences qui ne sont pas forcément évidentes : ainsi, チョ vaut phonologiquement chi-yochyo mais se lit cho. De plus, le sert comme en hiragana, à noter les consonnes géminées : ベッド se lit donc beddo, « lit » (de l'anglais bed) et non betsudo.

Quand les katakanas servent à transcrire des mots étrangers ou des onomatopées, ils suivent une série de règles supplémentaires :

  • tout d’abord, l'allongement de la voyelle se fait systématiquement, pour toutes les voyelles, avec le signe d'allongement de voyelle (ligne horizontale dans le cas de l'écriture horizontale, ligne verticale dans le cas de l'écriture verticale), par exemple : フリー百科事典, furī hyakkajiten (encyclopédie libre) où フリー est en fait la transcription en phonétique japonaise du mot anglais free ;
  • de nouvelles combinaisons avec les kana de petit format ont été inventées, pour permettre de mieux transcrire des phonèmes qui n'existent pas en japonais ; ainsi, fu est rendu par , et pour les autres voyelles on utilise ce kana suivi du petit kana de la voyelle : ファ fa, フィ fi, フェ fe, フォ fo ;
  • le kana  tsu est utilisé de même : ツァ tsa, ツィ tsi, ツェ tse, ツォ tso ;
  • pour retranscrire la consonne v absente du japonais, on utilise le kana spécial vu et, suivant la même méthode, on a ヴァ va, ヴィ vi, ヴェ ve et ヴォ vo (mais cette série est peu utilisée ; en général on se contente de ba, bi, bu, be et bo à la place) ;
  • le kana u est utilisé pour : ウィ wi, ウェ we, ウォ wo (wu n'existe pas ; on utilise tout simplement à la place ; wa a son propre kana standard, ) ;
  • les syllabes avec ch (prononcé comme tch français), sh (prononcé comme ch français) s'écrivent :
    • pour les voyelles a, u, o, suivant les règles standards comme les hiragana, c'est-à-dire en écrivant le kana avec i suivi d’un petit ya, yu ou yo.
    • pour la voyelle e, en plaçant un petit kana e après la syllabe en i : チェ che, シェ she et ジェ je ;
  • les syllabes ti et di sont rendues par te ou de suivi d’un petit i : ティ ti et ディ di ;
  • enfin, comme en hiragana, les syllabes avec la semi-voyelle y pour les voyelles a, u et o sont possibles pour toutes les consonnes ayant une syllabe en i (sauf ji, shi et chi) en lui ajoutant un petit ya, yu ou yo.

Exemples de mots étrangers transcrits en katakana :

  • デューティ・フリー = dyūti・furī = duty free
  • クリスマス = Kurisumasu = Christmas = Noël

Sens d'écriture des katakana[modifier | modifier le wikicode]

Tableau montrant le sens d'écriture des katakanas

Les katakanas, tout comme les caractères chinois, ont un sens d'écriture défini. Ordre d'écriture des traits qui prend son importance dans la calligraphie japonaise.

On peut ainsi écrire « montagne » comme suit : , やま, ヤマ (yama = montagne)