Leçons de niveau 18

DMS 1/Développement mental sémantique

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Développement mental sémantique
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Chapitre no 5
Leçon : DMS 1
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Monographie n°5 Développement mental sémantique[modifier | modifier le wikicode]

    Nous sommes des êtres de sens, des êtres sémantiques. Aussi nous ne pouvons pas concevoir de développement personnel autre que sémantique. Quelles que soient nos convictions métaphysiques et quelles que soient nos représentations de nous-mêmes et du monde, nous n'éprouvons et ne vivons que du sens, des sèmes et des architectures de sèmes. Nous sommes et nous vivons dans un monde mental personnel non physique. Nos désordres et nos souffrances sont mentaux, nous ne pouvons les résoudre que mentalement par des transformations et une évolution de notre architecture sémantique. 

Notre développement mental sémantique[modifier | modifier le wikicode]

    Avant de pouvoir espérer une évolution sémantique saine et l'acquisition de capacités mentales efficaces, nous devons nous débarrasser des aliénations mentales qui nous entravent. Ces aliénations sont de trois types :
    a) L'aliénation sociale
    b) L'aliénation physique
    c) L'aliénation linguistique
    Si vous êtes libéré de ces trois aliénations, vous n'êtes plus un être social formaté par les médias, vous n'êtes plus un corps physique et ses diverses images, vous n'êtes plus un homme quelles que soient ses représentations philosophiques, vous êtes vous-même : un être vivant singulier libre, vous êtes libre.

Sémantique et linguistique[modifier | modifier le wikicode]

    La sémantique est la science du sens, la linguistique la science des signes d'un langage. Ce serait une erreur de faire de la linguistique la science des signifiés d'une langue, à supposer que ces signifiés existent, ce que semble contredire l'évidence de la singularité de notre sens personnel. Au désespoir des convictions des linguistes, les signifiés collectifs sont un fantasme et n'existent pas.
    La langue est un facteur culturel d'aliénation des trois types si vous pensez exclusivement dans un langage comme la novlangue dans 1984 d'Orwell, heureusement ce n'est pas le cas, c'est seulement ce qu'on cherche à vous faire croire. Regardez les hiéroglyphes de l'ancienne Egypte : ils impliquent des dieux, un système social et la souveraineté du pharaon. Toute langue est en quelque sorte une novlangue naturelle manipulée par les médias qui véhiculent ces aliénations, raison pour laquelle elle est si importante pour le pouvoir politique, le système économique en place ou la religion comme l'arabe en terre d'islam, le français n'y échappe pas. Heureusement vous ne pensez pas exclusivement dans un langage, sinon vous ne pourriez pas conduire votre voiture, ni exercer votre métier qu'il soit manuel ou intellectuel. Pour diriger vos gestes, vous pensez vos gestes sans passer par la langue mais par des percepts. Il en est de même pour diriger votre mental. Comme pour votre corps, vous ne pouvez diriger votre mental que par des percepts mentaux, pas avec les mots d'une langue qui ignorent l'existence même de votre mental et ses immenses capacités. Pour diriger votre mental vous devez donc apprendre les percepts de gestes mentaux, sinon vous ne saurez rien faire et resterez pratiquement impuissant face aux problèmes que vous rencontrez dans votre monde mental. Ces percepts, sèmes ou qualia, constitueront alors un champ sémantique dans votre mémoire, hors de tout langage.

Développons notre champ sémantique[modifier | modifier le wikicode]

    Le langage ordinaire ne nous offre guère de termes pour exprimer nos percepts mentaux et, quand il en offre, ceux-ci  sont si polysémiques qu'ils ne nous sont guère utiles. Pour exprimer nos pensées à d'autres, nous sommes contraints de créer des signes ou de les détourner des sens que d'ordinaire on leur prête. C'est ce que j'ai fait en donnant des noms à nos fonctions mentales, des termes comme pathologique ou analytique ont un tout autre sens en psychologie ou en mathématiques. Mais tout ceci n'a pas d'importance car nous n'avons pas besoin de signes pour penser. 
    Pour développer notre champ sémantique il faut approfondir nos perceptions mentales intimes, ne pas se satisfaire du flou ordinaire que nous éprouvons, ne pas croire que cet état est naturel et immuable dans ses lacunes. Mais au contraire s'attacher à goûter la moindre émergence de sens fuyante. Plonger dans ce flou avec notre concentration, sans l'analyser conceptuellement, éprouver et éprouver notre intention d'éprouver. Car dans cette intention, il y a du sens, de la révélation de nous mêmes qu'aucun mot ne peut décrire. Ici c'est notre fonction volontaire dont nous pouvons remarquer les errements et les caractéristiques, et nous pouvons le faire pour toutes nos fonctions mentales, dans un état que certains nomment la pleine conscience.

Sème[modifier | modifier le wikicode]

    La sémantique linguistique définit le sème comme l'unité minimale des significations à fonction distinctive. Un faisceau de sèmes est nommé sémème. Ces définitions sont dans le cadre des concepts faux de mot et de signifié du mot.
    La réalité du sens est toute différente. Aussi, hors de tout langage, j'associe le signe (sème) aux unités du champ sémantique. Cependant, ces unités sont de simples repères d'une réalité diffuse beaucoup plus complexe, continue, multidimensionnelle, non exhaustive d'une richesse qui se nourrit des relations avec l'ensemble de notre mémoire, et qui s'ouvre en plans successifs dans les soubassements du champ sémantique.
    Les signes que nous rattachons à certains de ces sèmes, mais pas à tous, apparaissent alors comme des miroirs de leur environnement et de la réalité complexe quasiment insondable de notre champ sémantique, que le  pouvoir de notre concentration doit parcourir pour en révéler les multiples aspects. Nous devons donc distinguer le repère indiciel que nous offre le sème pour penser, de son développement sémantique, et nous entraîner à parcourir et voyager au sein de ce dernier pour augmenter notre acuité sémantique.

Exercice[modifier | modifier le wikicode]

    Quand nous nous exprimons verbalement ou par écrit, en particulier sur Facebook, et je prends ce dernier cas pour exemple, nous ressentons simultanément deux choses qui se superposent : notre pensée et les signes de notre dire, qui si nous n’y prenons garde ont tendance à se confondre dans notre conscience et à nous laisser croire que notre dire exprime notre pensée. Deux problèmes se présentent : a) Les signes de notre dire sont ils suffisamment explicites pour que notre dire ait un sens, et que l’autre ne s’exclame pas : « Mais qu’a-t-il voulu dire ? » ? b) Notre dire, c'est-à-dire, ce que nous pouvons interpréter de notre écrit, nos signes, en faisant abstraction de notre pensée initiale, est distinct de l’entendement de l’autre, c'est-à-dire, ce qu’il va interpréter de notre écrit à l’aide de sa mémoire et du sens personnel qu’il associe aux signes, qui résulte de l’affectation arbitraire des signes qu’il emploie à son champ sémantique. Nous devons donc prendre conscience et garder à l’esprit que nous sommes ici en présence de quatre choses bien distinctes : notre pensée, notre expression écrite, notre dire et l’entendement de l’autre, et que notre expression écrite constitue la charnière incontournable entre notre monde de sens et celui de l’autre.
    Pour satisfaire au mieux au problème a), en sachant que notre dire ne puisse jamais égaler notre pensée mais seulement s’en rapprocher (compte tenu que la structure du langage est différente de celle de notre pensée), nous devons veiller à nous exprimer le plus explicitement possible et à éviter d’omettre ce qui rend notre dire intelligible.
    Pour prendre pleinement conscience de la difficulté du problème b), que j’appelle le paradoxe sémantique, je vous propose le petit exercice suivant : Chaque membre du groupe va proposer un signe (ne choisissez pas un désignatif d’objet physique), puis tous les autres vont dire ce qu’ils entendent par ce signe, enfin vous noterez les différences. Vous serez sans doute surpris du résultat. Le signe que j’ai choisi pour vous est : (noble).
    Je vous invite également à faire l’exercice suivant : 

Exercice sémantique[modifier | modifier le wikicode]

    Le mot n'existe pas, il existe des signes collectifs et votre sens personnel. Toute la linguistique repose sur une théorie fausse, il n'existe pas de signifiés collectifs et comme dit Alfred Korzybski dans "Science and Sanity" : La théorie actuelle est probablement nuisible à la santé de la race humaine. Je confirme, cette théorie est nuisible à votre santé mentale et tant que vous ne l'aurez pas rejetée vous ne pourrez pas accéder ni maîtriser vos fonctions mentales. C'est le premier pas.
    Vous créez du sens en permanence, celui-ci évolue sans cesse enrichi de toute nouvelle expérience, c'est ce que démontre Proust dans "La Recherche". Ce sens s'accumule et vient nourrir votre champ sémantique. A ce champ vous associez des signes, des signes collectifs et aussi tous ceux que vous désirez créer. Ces signes sont comme des miroirs qui reflètent votre sens personnel. Votre sens est abondant, complexe, flou et parfois paradoxal, relié à une multitude d'autres sens, et surtout c'est le vôtre. Sachez le distinguer à tous instants du sens de l'autre et des suggestions de sens des dictionnaires. Pour cela descendez vers votre mémoire pour y retrouver les racines de votre sens : votre maison, votre ville, l'école ou l'église de votre enfance, l'amitié, l'amour, le sexe, vos mers et vos montagnes, vos émotions et vos passions, votre éthique et vos savoirs, vous avez l'embarras du choix car votre sens est immense. Renouvelez cet exercice autant de fois que vous pourrez. Construisez votre altérité sémantique. 
    Peu à peu vous verrez s'établir une distinction entre votre sens personnel et celui de l'autre et des autres. Constatez que vous ignorez le sens de l'autre et que vous l'interprétez grâce à votre propre sens, c'est une pratique de votre imagination. Méfiez-vous des concepts, souvent les concepts ne vous appartiennent pas, correspondent à des idées fausses ou sont vides de sens, du pur psittacisme. Rejetez radicalement les dénominations de choses non avérées, de fantasmes de divinités, de mythes, de licornes roses, des concepts erronés de mot, d'inconscient, de peuple, de nation qui appartiennent aux autres mais pas à vous, là encore vous avez beaucoup à faire pour nettoyer votre champ sémantique.