Utilisateur:RP87/brouillon/Je sais à quoi je travaille

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En post sur le groupe "Transition 2030 Haut de France"

" J'oscille entre cahier papier (bullet journal) et un outils numériques (avec une préférence pour le kanban). Mais le fait de ne pas avoir de relation formelle au sein d'un collectif de production donne un sentiment (et parfois des faits) de dispersion et d'inefficacité ... plutôt déprimant. Alors après un moment (de l'ordre du mois chez moi) on se retourne pour faire un petit bilan, on constate les "Pas prévu - Faits", on se dit "mouais, quand même c'est pas rien" puis on se re- démobilise dans des projections de "Reste à faire" sur des projets sans antériorité (où le reste à faire est donc flou par essence), avant de se remettre à la tâche (alourdi cognitivement de ce flou), cheminant et doutant (doute qui depuis mon entrée dans le monde de la recherche va croissant bien qu'il se structure)...

Pas de recette miracle dans mes placards. Mais je sais que l'action collective délivre des mécanismes d'engagement bien différents. Parfois je pratique les "objectifs publiés à un tiers" (en gros ça donne ça : "Au fait [prénom-copain], le [dead-line, ex:mois prochain] j'essaie de finir [objectif :"Truc-Bidule"] ça te dis de [contrainte morale - sociale, ex : me donner ton avis sur le rendu"].) Ça forme une sorte d'obligation morale-sociale de production et ça permet de se canaliser sur certains projets. Plus vos travaux sont abstraits, moins vous entretenez de liens avec des personnes en capacité ou en intérêt d'interagir à vos travaux.

Pourquoi faisons nous ensemble ? Je cherche encore des méthodes pour "créer de l'agir collectif" sans cadre statutaire formel. Mais je suis plutôt dans le brouillard. En dehors des cadres courants 'contemporains' (salariat, famille proche, communauté religieuse, associatif institutionnellement adossé), les réciprocités sont difficiles à trouver et "valoriser" pour qu'elles entrent dans les boucles de motivations quotidiennes (ex: pourquoi le salarié d'un "bullshit-job" se lève-t-il le matin). Pour T2030 (et beaucoup des cercles que je fréquente et auxquels je contribue) c'est très éloigné de tout cela. Il ne s'agit pas d'associatif "alimentaire" (le bullshit-jober voulant son salaire) ou d'associatif "santé" (ex, le club de sport, qui alimente le capital physique et/ou psychologique), ni d'associatif familiale (ex: parents d'élèves, alimentant le capital social familial et potentiellement le capital culturel de la progéniture), ni d'associatif 'affairiste' (selon les milieux socio-pro : rotary-club, CE, assos de sport "de l'entreprise, assemblée de co-proriétaires immobiliers, groupe de commerçants locaux, syndicat dans un certain sens...). Il s'agit de "formes de capitaux" bien plus larges et qui par leur natures excluent les relations de profits, au sens d'exploitation et d'usure. Patrimoine immatériel de l'espèce : La Connaissance ; Ressources planétaires : climat, milieux 'dits naturels', biodiversité, réserves halieutiques - fossiles -fissiles - minérales etc. ; Forme de gouvernance : monnaies, états, droits etc. )

Les bénéfices à tirer des contributions à ces "Communs" me semblaient (jusqu'à il y a quelques années) excéder la durée de vie du contributeur (commoner). Pourtant la reconnaissance de cette "richesse" est suffisante pour induire la motivation (de certain-e-s). Et si je me tiens à cette vie de contribution, c'est sans doute que je perçois la temporalité différemment après chaque année. Si je vous livre cette réflexion, c'est parce que bien plus qu'un kanban ou un bullet journal, c'est cet artefact, cette réflexion là, qui me fait avancé, me fait tenir jusqu'à ces heures tardives, durant ces journées solitaires... je sais à quoi je travaille."

--RP87 (discussion) 23 janvier 2019 à 22:44 (UTC)