Recherche:Sur l’extension des genres grammaticaux en français/-erte, -ert
Cette alternance concerne notamment celle entre experte et expert, et du plus rare binome verte et vert pour désigner une personne associée à un trait symbolisé par le vert, par exemple la filiation politique à une partie écologique[1].
ℹ️ Malgré l'homéomorphie le terme ne concerne pas couverte et couvert, découverte et découvert, desserte et dessert, disserte et dissert, roberte et robert.
Réflexions paradigmatiques
[modifier | modifier le wikicode]La première alternance estê issu du latin expertus : éprouvé, qui a fait ses preuves, participe passé de experiri : faire l’essai de, dont dérivent aussi expérience, expérimenter. Plus avant le verbe latin experior dérive de ex- : hors de, préfixé à la reconstruction perior : essayer, oser, risquer, terme lui-même supposé issu du proto-indo-européen per- traverser ou de pariō : donner naissance, porter, et ultimement supposé du proto-indo-européen perh₃- : fournir, produire[2]. Cela n'ouvre en soit guère à des alternances monosyllabiques pour des finale -*rte, cela étant rien n'empêche de puiser dans la diachronie de termes qui ont un champ sémantique proche comme inepte et apte qui dérivent de latin ars. Sachant que de ars procède également iners : inepte, solerse : habile ce dernier ayant d'ailleurs conduit à solerte en espagnol, en italien et en portugais[3][4][5]. Une autre piste envisageable serait la connexion synchronique entre alerte et alarme, dont l'origine commune est plutôt consensuel bien que les avis entre étymologiste divergent sur les origines de cette ramification. Une autre approche est de partir des synonymes synchroniques du terme expert, comme professionnel ou spécialiste. Ce dernier, tout comme spectre, dérive du latin speciō : regarder attentivement, scruter, qui donne également épier, espion et spectacle. D'où la possibilité d'employer un terme qui tope la matrice *sp*c*te, à l'instar de esparcette qui comme espars dérive du latin spargere : répandre, lui-même du grec ancien speiro/σπείρω : répandre, semer[6][7][8][9]. D'où la proposition d'un isonèphe en esparcte (/ɛspaʁkt/[N 1]), qui renvoie tant à la récolte de ce qui a été semé par la pratique que d'une observation attentive. En parallèle la simple adjonction d'un suffixe en -aire pour mener à expertaire peut suffire si la contrainte du maintien du nombre de syllabes est relaché. C'est d'ailleurs l'approche retenue pour la série des ostentatoires formés donc sur la matrice expert*re. Le choix de la prononciation de l'allophène expertiẽre en /ɛks.pɛʁk.tiɛʁ/ ou /ɛks.pɛʁk.siɛʁ/ est laissé à la discrétion des locutaires.
Pour les termes qui alternent avec verte et vert, les options de flexion sont plus ouvertes étant donné la pré-existence de termes comme verdure pour appuyer un glissement du /t/ vers /d/. L'isonèphe est donc proposé en verde, et tout la série des ostentatoires suit une matrice en v*rde, sauf l'allophène qui retient viẽrte pour éviter toute homophonie avec les autres flexions.
Références
[modifier | modifier le wikicode]- ↑ Conseil d'Etat, « Les membres du Conseil d'Etat », sur www.fr.ch (consulté le 3 mai 2023)
- ↑ (en) « experior », dans Wiktionary, the free dictionary, (lire en ligne)
- ↑ « iners », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
- ↑ « ars », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
- ↑ (en) « sollers », dans Wiktionary, the free dictionary, (lire en ligne)
- ↑ « esparcette », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
- ↑ « épars », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
- ↑ « spargere », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
- ↑ « spargo », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
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