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Recherche:Sur l’extension des genres grammaticaux en français/-aï

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Dans le corpus considéré concerne Ahwaï, Lushaï, Maassaï ou Maasaï ou Masaï ou Massaï, mandaï, samouraï, Songhaï ou Sonrhaï, Tchaghataï, et Thaï.

Réflexions paradigmatiques
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Les termes rendus avec une majuscules peuvent désigner simultanément l'appartenance à une ethnie, un peuple, une communauté linguistique.

Pour mandaï, il s'emploie de façon épicène aussi bien dans cette graphie que dans ses allographes mandaye, mannedaye, mandaille [1]. Il dérive du Wallon où il a notamment le sens d'esclave[2], d'où un sens dans l'emprunt en français de manœuvre, personne bonne à tout faire.

Pour Massaï si l'usage fait bien vivre un rendu sans flexion allusive, l'alternance ambigue avec Massaïe est également attestée[3].

Le terme Tchaghataï connaît l'usage de flexions en Tchaghataïe[4][5][6].

Le terme Ahwaï semble être employé uniquement de façon épicène.

Le terme Songhaï connaît aussi une alternance en Songhaïe[7][8][9], et de même pour Sonrhaïe[10][11][12].

Le terme samouraï, issu du japonais, est attesté dans un emploi épicène, en parallèle de quoi vie également l'usage qui le fléchie en samouraïe[13][14][15][16].

Le terme attaï, qui connaît aussi les allolexies ahrtaï, attay et atay est un terme vulgaire et injurieux employé notamment dans la sphère culturelle francomaghrébine pour désigner un homosexuel androtypé. Pour l’homosexuelle gynotypée trouver un équivalent semble rendu ardu par le tabou qui règne sur le sujet du saphisme dans cet espace[17]. Il existe sans surprise pléthore de termes dégradant et insultant, y compris visant particulièrement les femmes comme qahba/قَحْبَة et ses variantes cahba, cava, karba, kahba, équivalents de pute ou salope dans le vocabulaire d'origine latine[18][19]. Il y a par ailleurs des termes comme sahiqa, sahhaqa, et musahiqa[20] pour parler des lesbiennes dans le monde arabe médiéval. En prenant une approche d'homologie étymologique, comme attaï vient de l’arabe maghrébin , ʿaṭṭāy/عطاي : donneur, lui-même de l’arabe ʾaʿṭā/أَعْطَى : donner, le cheminement correspondant serait donc de partir de la traduction de donneuse en arabe maghrébin, soit semble-t-il معطية, prononcé muʿṭiya, ce qui pourrait se transcrire moutiya. Cela étant l'usage ne fait pas emploie d'un tel terme. Pour l'isonèphe khawal (خَوَّل) paraît plutôt approprié sur le plan de la connotation, bien qu'originillement il designe des dansurges traditionneaules égyptẏnes natẏves travestẏes, il prend par la suite un sens péjorative pour désigner les personnes homosexuelles[21].

Dans le contexte de l'époque coloniale française, une congaï désigne une jeune femme d'Indochine, puis par extension une concubine indigène d’un colon. Le terme provient du vietnamien con gái, jeune fille, dont le pendant androtypé est con trai (/kɔn.t͡ʃaɪ̯/) aussi par analogie étymolo-phonologique le terme contchaï pourrait être employé. L'usage n'a semble-t-il cependant rien employé de tel. La langue source connaît également conngười pour être humain[22], qui pourra aussi être translitéré de façon simplifié connguoï comme forme isonèphe et par suite former la base de la série ostentatoire en conngu*ne.

L'adjectif lié aux lushaï, bien que documentairement donné pour invariant en genre et nombre, est parfois fléchie en lushaïe[23][24].

Le terme ourdi raï/رائے désigne un titre de noblesse attesté dans certains contextes historiques du sous-continent indien. Dans le même type de contexte le pendant gynotypé peut être rendu par bégum, begüm, tandis que maharani, littéralement la grande reine, alterne avec maharaja, et procède de rani dont la morphologie lexicale et l'étymologie est accointante de raï. Ceci étant exposé, dans le corpus considéré il ne semble pas y avoir de terme qui vienne nettement se présenter comme alternance à raï. Cela étant il est trivial il est trivial de dériver les formes homophone raïe et rẏ.

Le titre de tao-taï designes des personnes occupant un poste de gouvernance provincial en Chine impérial. S'il a jamais été attribué à une femme, cela n'a pas pu être déterminé par quelques recherches sommaires. À peine cela permet-il de trouver des termes comme Huanghou, impératrice, et Pinqing. Tout au moins il ardu de trouver quelconque alternance employé en francophonie.

Le terme argotique d'alsace-lorraine une tchaï pour désigner une femme ou une fille n'a pas d'alternance stricte évidente, cependant des équivalents dans le même registre ne manquent pas et certains peuvent se retrouver en proximité dans quelques d'attestations discursives comme keum[25], encore que ce dernier répondra plus régulièrement à meuf, et chum aura l'avantage d'une plus grande proximité morphologique.

Pour Thaï, en plus de l'usage épicène, il faut tenir compte de l'existence de la forme ambigüe Thaïe, et des synonymes Thaïlandaise et Thaïlandais, en plus des termes plus spécifiques comme thaïphone et thaïlandophone[26][27].

Pour la série ostentatoire, l'inspiration est puisée dans ce ce que fournie déjà la variante allographe mandaille de mandaï, d'où est tiré un rapprochement à un suffixe en -*lle. Soit -ẽille, -uìlle (/wij/), -āllene (/ajn/), -ǫlle, -ûlle qui permet de construire par exemple samourẽille, samouruìlle, samourāllene, samourǫlle, samourûlle. Pour l'isonèphe toujours sur la même base d'inspiration le suffixe -ẏ reprenant la même convention d'alternance vocalique déjà employé par ailleurs donne de plus ici également lieu à la même homophonie que celle déjà présente par ailleurs.

Biotique haplogeste
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Du côté du biotique haplogeste se trouvent notamment :

  • un abaï, plante ;
  • un açaï, arbre ;
  • un aï, mammifère ;
  • un aï-aï, ou aye-aye, mammifère ;
  • un bonsaï, ou bonzaï arbre ;
  • un chortaï, ou khortaï, chien ;
  • un kiwaï, plante ;
  • un maasaï, ou masaï ou masaï, bovidé ;
  • un ngaï-ngaï, plante ;
  • un saï, singe ;
  • un wacaï, arbre ;
  • un yama-maï, insecte.


  1. « {Mandaye, mannedaye, mandaille ou mandaï}: une orthographe à tout faire », sur Le Soir, (consulté le 15 novembre 2025)
  2. (wa) « mandaye », dans Wiccionaire, (lire en ligne)
  3. Xavier Péron, « Flamands roses, éléphants blancs et idées noires : conservation en pays maasaï », Politique africaine, vol. 53, no  1, 1994, p. 37–51 (ISSN 0244-7827) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2025-11-15)]
  4. Johann Strauss, « Éva Á. Csató, Gunilla Gren-Eklund, Lars Johanson, Birsel Karakoç (eds.), Turcologica Upsaliensia. An Illustrated Collection of Essays », Bulletin critique des Annales islamologiques, no  37, 2023-03-15 (ISSN 0259-7373) [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2025-11-15)]
  5. Karl Reichl, « L’épopée orale turque d’Asie centrale. Inspiration religieuse et interprétation séculière », Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines, vol. 32, no  1, 2001, p. 7–162 [texte intégral lien DOI (pages consultées le 2025-11-15)]
  6. Makbule Nur Ayan, « La première traduction de Shajara-i Türk d’Aboulgazi Bahadur Khan dans la langue turque occidentale par Ahmet Vefik Pacha au XIXe siècle », {{{périodique}}} [texte intégral (page consultée le 2025-11-15)]
  7. Modèle:Fr-CA David Baché, collaboration spéciale, « Les Songhaï, laissés-pour-compte du conflit malien », La Presse, 2013-01-10 [texte intégral (page consultée le 2025-11-15)]
  8. « AGADEZ.ORG », sur trenteseptbis.free.fr (consulté le 15 novembre 2025)
  9. « D’où vient le nom de Tombouctou ? », sur JeuneAfrique.com (consulté le 15 novembre 2025)
  10. Philippe Théallet, « Quimper, faïence, artistes etc.: Quimper, colonial - Quatrième partie », sur Quimper, faïence, artistes etc., (consulté le 15 novembre 2025)
  11. La-Croix.com, « Tombouctou, terre de culture et de friction », sur La Croix, (consulté le 15 novembre 2025)
  12. « Quimper, faïence, artistes etc. », sur quimper51.rssing.com (consulté le 15 novembre 2025)
  13. « Les enquêtes du samouraï Matsuyama Kaze - Tome 1 Tome 1 - La promesse du samouraï - Dale Furutani, Katia Holmes » : « Plongée dans le Japon des années 1603, entre éducation samouraïe, un poil de fantastique, l'honneur, le droit, les sentiments, un bonheur absolu. »
  14. Upton Close, Le péril japonais, Payot, 1936 [lire en ligne] 
  15. Annik Mahaim, Gameuse, Isca, 2022-07-14 (ISBN 978-2-940723-35-5) [lire en ligne] 
  16. Alexis comte de Gabriac, Course humoristique autour du monde: Indes, Chine, Japon, Michel Lévy frères, 1872 [lire en ligne] 
  17. Mahfoud BOUDAAKKAR, « Les amours indésirables dans la culture maghrébine », sur Proximeety Maghreb, (consulté le 21 novembre 2023)
  18. https://www.amazingtalker.fr/blog/fr/arabe/77722/
  19. Mahfoud BOUDAAKKAR, « Amours, tabous , interdits et obscénités dans la culture maghrébine », sur Proximeety Maghreb, (consulté le 21 novembre 2023)
  20. « Lesbianisme dans le monde arabe médiéval », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  21. (en) « 🆚What is the difference between "خال" and "خيل" and "خول" ? "خال" vs "خيل" vs "خول" ? », sur HiNative (consulté le 15 novembre 2025)
  22. (en) « con người », dans Wiktionary, the free dictionary, (lire en ligne)
  23. Encyclopædia Universalis, « Définition de lushai - étymologie, synonymes, exemples », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 22 novembre 2023)
  24. Autour du monde avec le vice-président (2ème partie) — BIBLIOTHÈQUE EN LIGNE Watchtower
  25. « Notre-Dame de Paname, le ter-ter de Quasimodo le cheum », sur www.grrif.ch (consulté le 24 novembre 2023)
  26. Pornsawan Phengpit, Stratégies d'enseignement/ apprentissage de la compréhension écrite dans le cadre d'un public thaïphone au niveau secondaire., Université de Franche-Comté, 1990 [lire en ligne] 
  27. F. Chemla, F. Ferreira et B. Roy, « Synthesis from Hal/Hal, Hal/O, Hal/S, O/O, S/S, or O/S Acetals », dans Acetals: Hal/X and O/O, S, Se, Te, Georg Thieme Verlag KG, (ISBN 978-3-13-118811-3, lire en ligne), p. 1