Recherche:Les fonds patrimoniaux des bibliothèques publiques/Généralités de la conservation

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Les fonds patrimoniaux des bibliothèques publiques/Généralités de la conservation
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La conservation est une opération fondamentale : comme nous l'avons vu, la notion de transmission est essentielle dans la définition du patrimoine. Pour autant, la conservation ne peut être privilégiée aux dépends des autres opérations. Il y a souvent conflit entre les impératifs de conservation et de mise à disposition. Chercher aveuglément une conservation optimale conduirait à couper le patrimoine du public - contradictio in verbis.


Définissons brièvement le champ de la conservation :

  • Tout document est sujet à de multiples facteurs de destruction.
  • Sa sensibilité à ces atteintes dépend de la matière, ou plutôt des matières qui le constituent.
  • La conservation préventive, ou préservation, vise à mettre le document à l'abri de ces dégradations.
  • En revanche, la conservation curative, plus couramment appelée restauration, modifie le document lui-même de manière à le rendre plus résistant aux dites dégradations.

Mais il y a de la mauvaise foi à dire que la conservation curative et restauration sont synonymes. Les deux termes illustrent parfaitement le conflit actuel entre la récente science de la conservation et une pratique appuyée sur un savoir séculaire. Le souci de conserver existe depuis longtemps ; avant l'époque moderne et contemporaine le livre était un objet rare et précieux, justifiant une attention particulière. Plusieurs textes en attestent, parmi lesquels on ne peut manquer de citer le Philobiblion, où Richard de Bury, prélat anglais du XIVe siècle, inventorie les outrages infligés par les étudiants aux livres. Conserver ou communiquer, là encore... Les manuscrits corroborent le témoignage des textes : leurs reliures, boulons et fermoirs sont autant de défenses très bien pensées contre les poussières, les moisissures et les insectes.

Aujourd'hui cependant la conservation fait l’objet d'une approche parfaitement scientifique. Les acteurs en sont les laboratoires implantés dans des institutions publiques (BnF) et les services de recherche d'entreprises de restauration industrielle. On se fera une idée de la recherche dans ce domaine en lisant Actualités de la conservation, publié par la BnF. Le développement d'une conservation scientifique, d'un intérêt incontestable, s'accompagne cependant d'un double risque :

  • La compréhension de cette discipline nécessitent une très solide formation scientifique. À défaut, le bibliothécaire doit recourir à des experts (interlocuteurs à la BnF, restaurateurs, conseillers en conservation) plutôt que de croire que quelques lectures le rendront pleinement compétent en ces matières.
  • Les aspects scientifiques de la conservation ne sont pas les seuls à prendre en compte. La pratique de la conservation doit mobiliser tous les aspects de la culture du bibliothécaire. La conservation n’est pas une science mais un humanisme.

Donnons un exemple de la distance critique à garder vis-à-vis d'une approche exclusivement scientifique de la conservation. Celle-ci définit la vie d'un document en bibliothèque comme un inéluctable déclin, que la conservation ne peut que retarder. Le constat est véridique, mais il ne montre qu'un aspect de la réalité. Toute personne familière des bibliothèques sait qu'un document issu des nationalisations révolutionnaires présente généralement de multiples traces de sa gestion durant les deux derniers siècles - traces qui constitue un témoignage unique sur l'histoire de la bibliothèque. Plus généralement, il serait étrange de considérer que les vicissitudes d'un document ne relèvent de l'histoire qu'avant son entrée dans une collection publique.