Leçons de niveau 9

Point de vue/Point de vue externe

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Début de la boite de navigation du chapitre
Point de vue externe
Icône de la faculté
Chapitre no 2
Leçon : Point de vue
Chap. préc. :Introduction
Chap. suiv. :Point de vue interne
fin de la boite de navigation du chapitre
Icon falscher Titel.svg
En raison de limitations techniques, la typographie souhaitable du titre, « Point de vue : Point de vue externe
Point de vue/Point de vue externe
 », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.

Explication[modifier | modifier le wikicode]

Il s'agit là du procédé le plus neutre, le plus objectif. Le regard à travers lequel l'histoire se découvre peu à peu est celui d'une personne extérieure à l'action, bien souvent non identifiée par rapport aux divers autres protagonistes. Ce « témoin » que l'auteur a choisi pour raconter son histoire décrit les choses telles qu’il les voit sans être tenté de les transformer par manque d'implication directe ou d'intérêt dans l'action. Ce choix de narration est assez rarement choisi car il ne permet d'exposer de l'action que ce qui est vu ou entendu de « l'extérieur », d'où le nom de point de vue (ou focalisation) externe. Il confère au lecteur une grande place dans l'avancée de l'action, ce dernier étant contraint, par manque d'informations, d'imaginer ce que pensent les personnages d’après les faits observés.

  • Les récits utilisant le point de vue externe ont une apparence d'objectivité.

Exemple de texte au point de vue externe[modifier | modifier le wikicode]

« Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert. Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses étalait en ligne droite son eau couleur d'encre. Il y avait au milieu, un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques. Au delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers le grand ciel pur se découpait en plaques d'outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d'ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait du loin dans l'atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désœuvrement du dimanche et la tristesse des jours d'été. Deux hommes parurent. L'un venait de la Bastille, l'autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue. Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s'assirent à la même minute, sur le même banc. Pour s'essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi ; et le petit homme aperçut écrit dans le chapeau de son voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet. » [...] ..


Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1881