Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention/L'économie de l'attention comme espace-problème

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L'économie de l'attention comme espace-problème
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Chapitre no 1
Leçon : Nouvelles figures de l’utilisateur dans une économie de l’attention
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Dans ce chapitre, il sera question d'exposer ce qu'est l'économie de l'attention en tant que discipline, avant de préciser la place qu'elle occupera dans ce cours, à savoir celle d'un espace-problème.

L'économie de l'attention comme discipline[modifier | modifier le wikicode]

Traditionnellement, c'est à Herbert Simon qu'on attribue la paternité de l'économie de l'attention, qui formulait le constat que :

Cette pénurie, nous la sentons tous, à chaque instant. D'ailleurs, en ce moment même, le cours que vous êtes en train de lire consomme une partie de votre attention, que vous n'aurez pas à investir dans d'autres contenus comme un article de presse ou un fil Twitter. De la même manière qu'en microéconomie chaque euros dépensé ne peut être investi pour acquérir un autre bien ou service, en économie de l'attention, chaque minute passée à lire un contenu ne peut utilisée pour en lire un autre.

Dès lors, on peut parler d'une économie de l'attention puisque celle-ci :


Les designers comme économistes de l'attention[modifier | modifier le wikicode]

Très vite, cette jeune discipline a vu l'émergence d'un courant intellectuel affirmant que cette économie de l'attention était basée sur :

"les effets aliénants des manipulations attentionnelles induites par les technologies de l'attraction " [3]

Ces technologies de l'attraction prennent corps à travers des petits mécanismes qui nous semblent anodins tant ils sont ancrés dans notre quotidien. Parmi eux, citons tous les systèmes de récompense variable intermittente. Basés sur le concept psychologique de renforcement., ce sont eux qui nous amènent à consulter notre téléphone plus de 150 fois par jour.

Notifications - read and not read notification (Flow) - January 2016.png

Le principe est relativement simple : nous sommes d'autant plus enclins à appuyer sur un bouton si celui-ci nous donne parfois une récompense, parfois rien du tout. Quand nous allumons l'écran de notre smartphone, ou bien nous avons plusieurs messages à consulter, ou bien rien du tout. Dans tous les cas, nous voulons savoir toutes les 10 minutes si nous avons de nouveaux messages. L'aliénation venant du fait que cette envie est incontrôlable puisqu'elle est suscitée par des mécanismes psychologiques automatiques et indépendants de nos processus de contrôle qui passent sous le radar de notre conscience.

Dans ce cadre, il est apparu évident pour Richard A. Lanham, que les véritables économistes de l'attention n'étaient pas à chercher dans les départements d'économie des universités, mais plutôt dans ceux qui s'intéressent aux dispositifs stylistiques qui régulent et orientent notre attention, à savoir les designers. Charge à eux de construire des interfaces où :

" la substance rencontre le style. Le design d'un produit nous invite à nous en occuper d'une certaine façon, à lui prêter un certain type d'attention " [4]

Règle du jeu nº1 : Tout participant à ce cours sera considéré comme un designer en pleine démarche de conception d'un dispositif s'appuyant sur les mécanismes connus en économie de l'attention. Or, à la différence de nombreuses initiatives industrielles, l'objectif ne sera pas d'essayer de capter ou de consommer un maximum d'attention des utilisateurs du dispositif mais plutôt de leur permettre de regénérer leur capital attentionnel de façon qualitative et ainsi éviter de nombreux maux contemporains connus sous le nom de surcharge ou d'angoisse informationnelle [5]. Cette situation de surexploitation de notre attention dans laquelle nous plonge l'économie de l'attention est ici considérée comme l'espace-problème auquel le designer sera confronté.

L'économie de l'attention : un espace-problème à solutionner[modifier | modifier le wikicode]

L'économie de l'attention sera ici considérée comme un espace-problème, qu'en tant que designers vous devrez solutionner.

La notion d'espace-problème prend ses racines dans les travaux de Newell et Simon (1972) [6], qui l'envisagent comme un intermédiaire entre l'état initial dans lequel un utilisateur se trouve et un état-but qu'il souhaiterait atteindre. Cet intermédiaire, c'est l'espace dans lequel le designer peut agir en faisant passer l'utilisateur par différents états intermédiaires (dits "mental states") qui l'amèneront jusqu'à l'état-but recherché.

Règle du jeu nº2 : L'économie de l'attention est considérée comme l'espace-problème qui permet le passage d'un état initial, en l'occurrence celui où les utilisateurs sont soumis à des manipulations attentionnelles quotidiennes, à un état-but, où les utilisateurs profitent d'applications qui régénèrent et respectent leur capital attentionnel. Autrement dit, il s'agira pour les participants de ce cours de mobiliser les mécanismes et caractéristiques propres à l'économie de l'attention pour permettre aux utilisateurs d'arriver à cet état-but. 

Or, comme le souligne justement Emmanuel Kessous [7] :

"Malgré les efforts de formalisation de certains auteurs, l'économie de l'attention apparaît davantage comme une formule incantatoire, qu'un champ de recherche bien structuré"


La preuve en est qu'il est aujourd'hui difficile de trouver une représentation visuelle de cet espace qu'est l'économie de l'attention. Une représentation où les acteurs et les flux attentionnels seraient représentés de manière à pouvoir saisir rapidement les bases du fonctionnement de cette économie.

En tant que tel, cet absence de schéma apparait comme une frontière dans notre connaissance sur l'économie de l'attention, une frontière que ce cours propose de dépasser. En effet, la premier travail mené dans ce cours consistera à créer un schéma visuel, représentatif de l'économie de l'attention à partir des composants de celle-ci.

Exemples de représentation visuelle de systèmes économiques[modifier | modifier le wikicode]

Représentation visuelles des flux financiers entre agents dans une économie

En macroéconomique[modifier | modifier le wikicode]

En macroéconomie, discipline qui se consacre à l'étude des grandes variables économiques et à leurs relations, on représente le système économique comme un ensemble d'agents reliés entre eux via des flux financiers





En économie comportementale[modifier | modifier le wikicode]

Visual Representation of Events that Make Up Behavioral Analysis.png

En économie comportementale, discipline qui se consacre à l'étude des comportements humains dans des situations économiques, on représente simplement les différentes étapes et les raisons qui amènent tel ou tel acteur à prendre une décision.





Composants de l'espace-problème[modifier | modifier le wikicode]

L'économie de l'attention est formée d'un ensemble de mécanismes listés par Yves Citton. Ceux-ci décrivent à la fois les acteurs qui font partie de cet espace-problème ainsi que les différentes modalités selon lesquelles les flux d'attention sont distribués entre eux. C'est à partir d'eux qu'il s'agira de construire une représentation visuelle de l'espace-problème.

L'espace-problème de l'économie de l'attention[modifier | modifier le wikicode]

Première version[modifier | modifier le wikicode]

V1_Espace-problème de l'économie de l'attention

Dans cette première version de l'espace-problème est représenté sous la forme d'interactions régulières entre les médias, des groupes d'individus et l'attention individuelle de chacun des membres de ces groupes.

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Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. H. Simon "Designing Organizations for an Information-Rich World", in M. Grennberger, Computer, communications and the public interest. Baltimore MD : The John Hopkins Press, 1971, p. 37-72
  2. (en) Goldhaber, M. H. (1996), « Principles of the new economy (Besuch 11.06. 03) »
  3. Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l'attention. Média Diffusion.
  4. Richard A. Lanham, The economics of attention : style and substance in the age of information, University of Chicago Press, 2006 (ISBN 0-226-46882-8, 978-0-226-46882-2 et 978-0-226-46867-9) (OCLC 61253902) [lire en ligne] 
  5. Wurman, Richard Saul, 1935-, Information anxiety (ISBN 978-0-385-24394-0, 0-385-24394-4 et 0553348566) (OCLC 18442022) [lire en ligne] 
  6. Newell, A., & Simon, H. A. (1972). Human problem solving (Vol. 104, No. 9). Englewood Cliffs, NJ: Prentice-hall. Chicago
  7. Emmanuel Kessous, L'économie de l'attention et le marketing des traces, Actes du colloque « Web social, communautés virtuelles et consommation » 79ème congrès international ACFAS, Chaire de relations publiques et communication marketing - UQAM, Université de Sherbrooke, 11 mai 2011.