Littérature de jeunesse en anglais : Le nain jaune/L'oranger fatidique

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Chapitre 1 : L'oranger fatidique
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Il était une fois une Reine qui avait une fille unique, et elle était tellement en adoration devant elle qu'elle ne corrigea jamais ses défauts. Si bien que la Princesse devint si orgueilleuse et si fière de sa beauté qu'elle méprisait tout le monde. La Reine lui donna le nom de Toutebelle ; elle à plusieurs rois de ses amis qui en voyant ce portrait en tombèrent tous amoureux. Mais la Reine fut incapable de la décider en faveur de l'un ou de l'autre, et ne sachant que faire, s'en fut prendre conseil d'une puissante Fée, la Fée du Désert. Mais elle était gardée par des lions et l'atteindre n'était pas chose aisée. Elle n'aurait jamais réussi si elle n'avait su comment préparer un gâteau qui les rassasierait. Elle en fit un elle-même, le mit dans un petit panier et se mit en route. Fatiguée de marcher, elle s'allongea au pied d'un arbre et s'endormit. Mais au réveil, le panier était vide, le gâteau avait disparu et les lions rugissaient de façon terrible. « Hélas, que va-t-il m'arriver ? » s'exclama-t-elle en s'accrochant à l'arbre. À cet instant précis, elle entendit : « Psitt ! Hem ! »  et en relevant les yeux, elle aperçut dans l'arbre un petit homme pas plus haut que deux pieds qui mangeait des oranges et lui dit : « Je vous connais bien, Reine : vous avez bien raison d’avoir peur des lions, ils ont dévoré maint visiteur avant vous et vous n'avez plus de gâteau. » « Hélas, » cria la pauvre Reine, « je mourrais moins triste si ma chère fille était seulement mariée ! » « Comment ! Vous avez une fille ! » s'exclama le Nain Jaune. (Il portait ce nom à cause de la couleur de sa peau et parce qu’il vivait dans un oranger.) « Je suis ravi de l'apprendre, je cherche une femme par mer et par terre sans succès. Si vous m'offrez sa main, je promets de vous sauver des lions. » La Reine le regarda et fut à peine moins effrayée de son horrible figure que de l'approche des lions. Elle ne répondit rien mais tout à coup elle les aperçut au sommet d'une colline, se précipitant sur elle. À cette vue, la pauvre Reine cria : « Sauvez-moi ! Toutebelle est à vous. » Le tronc de l'oranger s'ouvrit immédiatement ; la Reine s'engouffra à l'intérieur, le tronc se referma et les lions furent privés de leur proie. La pauvre Reine tomba au sol, inanimée, et fut transportée de la sorte jusqu'à son palais et recouchée dans son propre lit. Quand elle se réveilla et se souvint de ce qui lui était arrivé, elle essaya de se persuader que ce n'était qu'un rêve et qu'elle n'avait jamais vécu pareille aventure ; mais elle tomba dans une profonde mélancolie, incapable de parler, de manger ou de dormir ou à peine.

La Princesse, qui aimait sa mère de tout son cœur, en fut très attristée. Elle la supplia de lui en dire les raisons à maintes reprises, mais la Reine lui avança des raisons qui n'en étaient pas. Incapable de surmonter son anxiété, elle décida d'aller à la rencontre de cette fameuse Fée du Désert, dont elle souhaitait si vivement prendre conseil car tout le monde la pressait de prendre un époux. Elle prit bien soin de préparer elle-même le gâteau et faisant un soir semblant de se coucher de bonne heure, elle sortit par un escalier dérobé et s'en fut seule à la rencontre de la Fée. Mais en arrivant au pied de l'oranger, elle fut prise du désir de ramasser des fruits. Elle posa son panier à terre et cueillit quelques oranges ; mais quand elle voulut le reprendre, il avait disparu. Affolée et désespérée, elle aperçut soudain l'horrible petit Nain. « Que vous arrive-t-il, belle dame ? » lui dit-il. « Hélas ! » répondit-elle, « j'ai perdu le gâteau qui m'aurait permis d'arriver saine et sauve chez la Fée du Désert. » « Et que lui voulez-vous ? » lui demanda le Nain ? « Je suis un proche parent et aussi intelligent qu'elle. » « La Reine, ma mère, » répliqua la Princesse, « est en pleine dépression depuis quelque temps. Je pense que c’est à cause de moi, car elle veut me marier. Mais je n'ai rencontré personne digne de moi. C'est pour cette raison que j'aimerais prendre conseil de la Fée. » « Ne prenez pas cette peine, Princesse, » dit le Nain : Je peux vous conseiller bien mieux qu'elle. La Reine regrette de vous avoir promise en mariage. » « La Reine m'a promise en mariage ! » s'écria la Princesse. « Oh, vous devez faire erreur. » « Belle Princesse, » dit le Nain en se jetant à ses pieds, « Je suis l’heureux bénéficiaire de ce bonheur. » « Ma mère, vous prendre comme gendre ? » s'exclama Toutebelle en reculant ; « a-ton jamais vu pareille folie ! » « Je fais peu de cas de cet honneur, »répliqua le Nain en colère. « Les lions arrivent ; en trois bouchées, je serai vengé. » Au même moment, la pauvre Princesse entendit les rugissements des fauves. « Que vais-je devenir ? » s'écria-t-elle. Le Nain la regarda et éclata d'un rire méprisant. « Ne vous mettez pas en colère, »lui dit la Princesse, « j'aimerais mieux épouser tous les nains du monde plutôt que de mourir dans d'aussi effrayantes conditions. » « Regardez-moi bien en face, Princesse, avant de me donner votre parole, » répliqua-t-il. « Je vous ai bien assez regardé comme ça, » lui dit-elle. « Les lions approchent, sauvez-moi ! » A peine avait-elle prononcé ces mots qu'elle s'évanouit.

Au réveil, elle se retrouva dans son lit et à son doigt un petit anneau fait avec un cheveu rouge était si bien ajusté, que sa peau risquait de s'arracher avant la bague. Quand la Princesse vit tout cela et se souvint de la scène, elle perdit toute joie ce qui peina toute la Cour.