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Clarinette/Histoire de la clarinette

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Histoire de la clarinette
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Chapitre no 6
Leçon : Clarinette
Chap. préc. :La clarinette dans les styles musicaux
Chap. suiv. :Physique de la clarinette
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Clarinette/Histoire de la clarinette
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La clarinette a été créée vers 1690 par Johann Christoph Denner (1655-1707) à Nuremberg sur la base d'un instrument à anche simple plus ancien : le « chalumeau ».

Les ancêtres de la clarinette[modifier | modifier le wikicode]

  • Comme les instruments anciens ont souvent perdu leur embouchure, il est difficile de trouver avec certitude des ancêtres de la clarinette. On peut cependant citer avec prudence :
- des clarinettes doubles dans l’Égypte ancienne - la zummara - l'arghoul arabe - la launeddas (ou konsertu, clarinette polyphonique à triples tuyaux et à anche simple de Sardaigne)


Un joueur de Zummara - époque médiévale (à gauche)
Zummāra Sittawiyya
Launeddas -
clarinette polyphonique à triples tuyaux et à anche simple de Sardaigne
  • En fait, le chalumeau européen du Moyen Âge est sans doute l'ancêtre le plus direct de la clarinette. Aujourd’hui encore, le registre grave de la clarinette est appelé registre du chalumeau.

L'instrument était joué avec huit trous bouchés par les doigts, ce qui permettait à l'instrumentiste de jouer la gamme depuis le fa grave jusqu'au sol médium. Les musiciens les plus doués pouvaient provoquer le quintoiement du chalumeau par une modification de l'embouchure. Le registre atteint est alors celui dit du clairon. La gamme ne se poursuivait sur le registre supérieur qu’à partir du do. Le chalumeau avait donc un défaut de deux notes sur la gamme : le la et le si étaient absents.

Un Chalumeau
d'après l' "Encyclopédie" de Diderot & d'Alembert (1767)
Un Chalumeau moderne

La clarinette[modifier | modifier le wikicode]

Ancienne clarinette à 4 clefs

Johann Christoph Denner (1655-1707) a inventé la clarinette vers 1690 quand il a ajouté un pavillon et deux clés au chalumeau français.

L'ajout de la « clé de 12e» permit de tirer parti de l'aptitude de l'instrument au quintoiement,
La deuxième clef, celle « du la », étend vers le haut le registre du chalumeau.

Le si est obtenu par quintoiement d'une note plus grave (le mi) grâce au pavillon prolongeant la clarinette et l'ajout d'une clef actionnée par l'auriculaire de la main gauche alors inoccupé.

Avec ces deux clés, la gamme diatonique est alors complète et le changement de registre se fait sans discontinuité.

La clarinette de J.C Denner
Clarinette à 12 clés de Heinrich Baermann
on ajoute des clés =
  • 1760 = le fils de Denner ajoute une 3e clé
  • ensuite on a Barthold Fritz (4e clé), Joseph Beer (5e clé), en 1791, Xavier Lefèvre (6e clé - do dièze), Simiot (8 clés à Lyon en 1808), ...
  • Iwan (ou Ywan) Müller y apporta en 1812 treize clés supplémentaires offrant enfin la gamme chromatique complète. Ces nouveautés permirent d'abandonner peu à peu la collection d'instruments dédiés aux tonalités distinctes dont disposaient les musiciens pour interpréter les différentes pièces.
les systèmes =
  • Un autre système à treize clés mis au point par Eugène Albert au XIXe siècle, le système Albert, est encore utilisé de nos jours en Europe centrale et en Turquie.
  • La clarinette fut amenée à son degré de perfectionnement actuel par le facteur d'instruments français Louis Auguste Buffet en collaboration avec le clarinettiste Hyacinthe Klosé. Tous deux adoptèrent le principe des anneaux mobiles que l'Allemand Theobald Boehm avait imaginé pour la flûte : le système Boehm. Aujourd'hui, le système Boehm est très utilisé par les clarinettistes.
  • Les clarinettistes allemands et autrichiens utilisent beaucoup le système Oehler. Il s'agit d'un système de clés de clarinette développé par Oskar Oehler. Basé sur le système de clarinette Müller (le plus répandu), celui-ci ajoute des trous toniques pour améliorer l'intonation et corriger des déficiences acoustiques, notamment les notes fourchues (si et fa).
Clarinettes système Boehm - (la, mi et si)
Clarinettes système Oehler

Les améliorations de la clarinette[modifier | modifier le wikicode]

  • On a souvent cherché à «améliorer» la clarinette moderne mais ceci doit se faire sans remettre en cause les sonorités particulières de l'instrument ni sa technique de jeu. On peut étudier le matériau de tube, l'anche, la cléterie, ...
Différentes vues d'une clarinette à quarts de tons de Fritz Schüller (1883-1977)
exemples de recherche =
* le système Double Boehm (brevet déposé par Houvenaghel en mai 1948)
* le système Marchi (brevet en janvier 1975)[1]
Il s'agit ici de percer un trou dans la zone de formation du nœud des 5èmes harmoniques (i.e. au niveau du barillet). Un exemplaire de ce système a été réalisé par Selmer.

Origine du nom[modifier | modifier le wikicode]

Plusieurs hypothèses sur l'origine du nom :

1. - Le registre aiguë du chalumeau avait une sonorité qui se rapproche de la clarine, petite trompette du XVIIIe siècle, qui aurait donné son nom à la clarinette.
2. - Le nom clarinette viendrait du provençal clarin, « hautbois » ( Étymologie et histoire sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  • Daniel Bariaux, Quelques aspects de la physique de la clarinette , Bulletin du Groupe d' Acoustique Musicale, n° 70, Université Paris VI, novembre 1973.
  • Au début on jouait de la clarinette en appliquant la lèvre supérieure sur l'anche. En 1810, Heinrich Bärmann (1784-1847) proposa le retournement du bec, positionnant ainsi l'anche sur la lèvre inférieure du musicien. Ceci adoucit et garantit la sonorité.
  • La clarinette soprano (en si♭) est le modèle le plus commun.
  • Une clarinette utilisant le système Boehm, peut disposer de près de 22 éléments mobiles utiles, auxquels il faut ajouter les paliers, les axes, les vis et les ressorts. L'ensemble dépasse la centaine de pièces mécaniques, et participe à la manipulation de 17 tampons obturant autant d'orifices inaccessibles avec les doigts.
  • Le nombre de clés annoncé par les facteurs correspond au nombre de points de commande intentionnelles (les anneaux n'en font donc pas partie puisqu’ils sont actionnés en même temps qu'un trou est bouché). La clarinette Boehm comporte donc 17 clés, parfois 18 avec la clé de rappel de mi♭ main gauche. Il existe deux variantes du système Oehler comportant respectivement 19 et 27 clés.
  1. J. Marchi, La clarinette système MARCHI , Bulletin du Groupe d' Acoustique Musicale, n° 96, Université Paris VI, février 1978.