Leçons de niveau 13

Chronologie philosophique/La Grèce antique

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La Grèce antique
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Chapitre no 1
Leçon : Chronologie philosophique
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L'invention de la philosophie[modifier | modifier le wikicode]

À l'origine et avant l'invention de la philosophie, les récits expliquant les phénomènes matériels et les destins humains étaient justifiés par la volonté des Dieux, représentée selon un modèle de comportement humain.

Ainsi, les premiers philosophes, appelés « Théoriciens de la nature », durent faire d'énormes efforts pour remplacer ces croyances par des mécanismes naturels; les mythes alors en vigueur depuis des lustres ayant du mal à être oubliés.

Les premiers philosophes, pratiquant le discours rationnel, prétendaient alors expliquer la façon dont le monde s'était formé, sans recourir à des personnages surnaturels mais bien à des éléments naturels (eau, feu, air, etc.)

Étant l'un des premiers, Platon, écrivant sous la forme de dialogues, exprime un aspect essentiel de la philosophie : La vérité dépend des raisons et des arguments qu'on avance. Aristote, quant à lui, propose rapidement sa logique aristotélienne qui se veut être une théorie du raisonnement formel (Syllogistique) fournissant les règles et les vertus du raisonnement correct. Elle est aussi une théorie de la démonstration et de la connaissance scientifique.

Le problème du savoir[modifier | modifier le wikicode]

Le monde étant constitué de phénomènes à la fois relatifs et changeants, comment est-il possible de tenir un discours « vrai » - sachant que la vérité se définit par sa permanence et son universalité ?

La philosophie grecque distingua deux types de réponses à cette question:

  • Protagoras d'Abdère, repris ensuite par l'école sceptique, propose la "Solution phénoméniste". Selon lui il est possible d'atteindre une vérité objective car il n'y a que des phénomènes.
  • Les idées de Protagoras sont dénoncées par Platon dans le Théétète car selon lui, il faut distinguer l'opinion, changeante et relative, de la science, une et immuable (les phénomènes ne pouvant être des objets que pour l'opinion et non pour la science).

Aristote, lui, se plaça au milieu, en rejetant la théorie de son maître Platon mais en dénonçant également la solution phénoméniste. Il réhabilite cependant le rôle de l'expérience et de l'observation, qu’il juge indispensables à la construction de connaissances de la nature. Cela le conduit, par exemple, à consacrer une partie importante de son œuvre à l'étude et à la classification des espèces animales… Une espèce de Linné de l'Antiquité…

Idéal contemplatif et métaphysique[modifier | modifier le wikicode]

La connaissance la plus haute est contemplative.

Cette conception n’est pas propre à Platon ; elle est même une caractéristique générale de la pensée grecque.
Aristote distingue ainsi trois sciences :

La Métaphysique s'occupe des réalités au-dessus de la physique, c’est donc en quelque sorte la science du divin. Elle procure à l'homme ses satisfactions les plus intenses.

Morale et politique[modifier | modifier le wikicode]

L'idéal d’un philosophe est de devenir un sage. Une question nous vient alors à l'esprit: Qu'est-ce véritablement qu'un sage? La sagesse (sophia) est un savoir et par là même, peut-être assimilée à une science.

Platon souhaitait que les philosophes deviennent « rois » de la cité : après avoir contemplé les vérités éternelles du monde intelligible, il leur faut redescendre dans la caverne qu'est le monde sensible pour éclairer les hommes et les guider[1].

La conception platonicienne de la politique s'oppose à la démocratie. En effet, c’est une conception républicaine: l’intérêt général est une chose trop sérieuse pour être confié au peuple. Celui-ci doit donc être confié aux meilleurs, non pour qu’ils le confisquent à leur profit mais parce que leur sagesse est profitable à l’ensemble de la cité.

Les deux grandes écoles que furent le Stoïcisme et l’Épicurisme refusaient quant à elles toute dimension politique de l'action humaine. Néanmoins, leur pensée rejoint Platon dans l’idée que seule la connaissance peut déterminer l'action.

Leur avis divergent notamment lors de la qualité émotionnelle de la politique ; Platon défendant que la condition du bonheur se retrouve dans la politique (les sagesses stoïciennes et épicuriennes considèrent à l'inverse que la politique entraîne plutôt un repli sur soi[2]).

On retrouve l'impact qu'ont eu ces deux grandes écoles sur les grands noms de la Rome impériale. Ainsi, Sénèque, Épictète ou encore l'empereur Marc Aurèle partageaient un point commun: ils étaient tous stoïciens.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Sur les autres projets Wikimedia :

    Platon (trad. T. Karsenti et Y. Prélorentzos), La République, vol. VII, Hatier, coll. « Les classiques de la philosophie », 2000, 60-65 p., p. 514b-517c 

  2. Sur les autres projets Wikimedia :

    Épicure (trad. P. Pénisson), Lettre à Ménécée, Hatier, coll. « Les classiques de la philosophie », 1999, 10-12 p.