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Cendrillon (Arthur Rackham)/Le retour à la maison

Leçons de niveau 5
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Le retour à la maison
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Chapitre no 3
Leçon : Cendrillon (Arthur Rackham)
Chap. préc. :Lise va à l’école
Chap. suiv. :La baronne et ses filles
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Cendrillon (Arthur Rackham)/Le retour à la maison
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Une demi-heure après son arrivée, Lise était seule dans le grand salon et son cœur était tout triste. Elle n'avait encore vu ni sa belle-mère, ni ses sœurs, qui étaient en visite. Mais elle avait déjà trouvé beaucoup de traces de leur présence dans la maison.
D'abord, lorsqu'elle entra dans sa propre chambre, elle constata avec consternation que quelqu'un d'autre s'y était installé. Tous les tableaux qui ornaient les murs avaient été remplacés par d'affreuses gravures. L'armoire qui contenait ses jouets avait disparu et, à sa place, on avait mis un grand tiroir. Disparue également la chaise sur laquelle elle s'asseyait pour lire ou pour regarder par la fenêtre dans le jardin. Les jolis rideaux de Perse qui drapaient cette fenêtre étaient remplacés par un horrible brocart rouge si épais et si sombre qu'il rendait obscure toute la chambre ! En face de la fenêtre était une coiffeuse qui supportait des flacons de parfums, des boites à poudre, des pots de fards, des bâtons de rouge, une boite pleine de ces petites rondelles noires que les dames se collent sur les joues quand elles vont en visite ou dans le monde, des pattes de lièvre, des houppettes, des fers à friser. Le plus étrange était des mèches de cheveux rouges enroulées sur un bâton à papillotes et qui semblaient le devant d'une perruque. Des vêtements étaient épars sur le parquet et un chapeau orné d'une énorme plume reposait sur une chaise. Le divan était malpropre et poussiéreux et un livre gisait sur le tapis.

Lise se tenait debout, regardant de tous les côtés, quand elle entendit des pas dans l'escalier. Bientôt la porte s'ouvrit et Belinda, la servante, parut avec les paquets.
« Oh ! Belinda, s'écria Lise, qu'est-il arrivé à ma chambre ?
– Ce n'est plus votre chambre, mademoiselle, répondit Belinda, Mademoiselle Euphrasie l'a prise pour elle parce qu'elle était jolie et que, de la fenêtre, on a vue sur le jardin. Elle a fait mettre vos affaires dans les mansardes.
– Je me plaindrai à mon père, s'écria Lise. Il ne souffrira certainement pas que je sois à ce point méprisée.
– À votre place, je ne me plaindrais pas, mademoiselle, dit Belinda. Votre père aussi est bien changé. Il n'est plus maître dans sa propre maison et c'est pitié de voir comme il se laisse dépouiller. La seule pièce où le pauvre homme peut se réfugier, c'est sa bibliothèque ; et encore, la Baronne – ici Belinda poussa un profond soupir – vient-elle le déranger au moins une douzaine de fois par jour. L'infortuné seigneur mourrait de faim si je ne prenais soin de lui, car il aimerait mieux pénétrer dans la tanière d'un lion rugissant que de se trouver à table en face de la Baronne – un autre soupir – de Mademoiselle Charlotte et de Mademoiselle Euphrasie. Et je ne peux pas le blâmer, car ce sont certainement les trois femmes les plus désagréables que j'aie jamais rencontrées dans ma misérable vie. Croyez-moi, mademoiselle, ne vous plaignez pas à votre père ; essayez de prendre votre mal en patience. »

Ce fut une très malheureuse Lise qui monta l'escalier pour se rendre aux mansardes remplies de poussière et de toiles d'araignées. Belinda lui en avait aménagé une et l'avait rendue aussi confortable que possible ; elle en avait même orné les murs de quelques peintures, mais la pièce n'en gardait pas moins un aspect misérable. Quelle différence avec la jolie chambre qui était autrefois la sienne. Lise, désespérée et le cœur gros, s'assit sur son pauvre petit lit et se mit à pleurer. Son chagrin était tel qu'elle n'avait pas la force de défaire ses paquets. Enfin, elle sécha ses larmes qui coulaient abondamment de ses yeux, et changea de vêtements. Elle mit sa plus jolie robe faite d'une mousseline blanche ornée de broderies bleues et d'une large ceinture de soie. Puis elle descendit au salon et y attendit le retour de sa belle-mère.

Au bout de quelques instants, elle entendit le grincement des roues de la voiture qui franchissait la porte d'entrée. Le carrosse s'arrêta, et une voix aigre parvint jusqu'à elle. Il lui sembla qu'une querelle s'élevait et des paroles coléreuses et furieuses résonnaient.
« Je vous le dis, c'est moi qu'il saluait.
– Stupidité et idiotie ! Il ne vous a jamais remarquée. Il me regardait lorsqu'il croisa la voiture et je lui rendis son sourire.
– Malheureuse créature ! Vous ne le connaissez seulement pas. »
Et la dispute continua jusqu'à ce qu'une autre voix se fit entendre.
«  Pour l'amour du ciel, cessez vos querelles et aidez-moi à enlever ma coiffure. Je suis sûre qu'il ne saluait ni l'une ni l'autre ; du reste, peu importe, car il n'est que le fils d'un seigneur du pays qui n'a pas un sou en poche. Je m'étonne que la marmaille du Baron ne soit pas encore ici. »
« C'est ma belle-mère, pensa Lise, et la marmaille du Baron, c'est moi. Dieu, que je voudrais être encore dans ma pension ! »
Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre du jardin et courut à la porte. Mais, juste à ce moment, la porte s'ouvrit et la Baronne entra, suivie de ses deux filles.

Répondre à ces dix questions

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  1. Les deux images sont énigmatiques, que veulent-elles représenter ?
  2. Que veut dire en visite ?
  3. À quoi ressemblent des rideaux de Perse et du brocart rouge ?
  4. Quel est le thème des modifications apportées à sa chambre, du point de vue de Lise ?
  5. Pourquoi Belinda soupire-t-elle chaque fois qu'elle prononce le titre de Baronne ?
  6. À quoi Belinda compare-t-elle le trio des nouvelles venues ?
  7. Qu'est-ce qu'une voix aigre ? Quel bruit annonce ce type de voix ?
  8. Pourquoi la troisième voix dit ne pas être intéressée par le fils du seigneur, sujet de la querelle ?
  9. Que veut dire marmaille ? Pourquoi est-ce péjoratif ?
  10. Où Lise est-elle prête à s'enfuir ?