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Binôme de Newton dans le cas d'un exposant impair

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On rappelle la formule du binôme : (x+y)n=i+j=nn!i!j!xiyj=k=0n(nk)xnkyk.

Cet article présente, pour n un entier positif impair, la remarquable forme (𝐱+𝐲)𝐧=𝐱𝐜𝟐+𝐲𝐝𝟐. Son existence se déduit du regroupement symétrique des termes du binôme en (x+y)n=xa+yb. Après avoir établi les expressions algébriques des coefficients (a,b,c,d), nous étudions quelques propriétés dans . D'abord, avec (x,y) 2 entiers copremiers de parité différente, nous montrons que (a,b) et (c,d) sont premiers entre eux. Ensuite nous montrons qu'il y a unicité des (c,d) pour x+y=p premier. Enfin, si l'exposant n est premier, alors les facteurs premiers de (a,b) sont congrus à 1[2n] , et ceux de (c,d) à ±1[2n]. En dernier lieu nous faisons un bref passage par l'exposant n pair, où nous trouvons que pour x+y=p premier, la forme(x+y)n=xc2+yd2 existe seulement pour x=1 ou y=1. Une fois ces résultats établis, nous en donnons quelques applications. Nous sommes alors rapidement amenés à une réflexion historique sur Pierre de Fermat, avec l'idée qu'il aurait pu découvrir ces formules, et s'en inspirer notamment pour son dernier Grand Théorème.

Au départ nous avons cherché comment la puissance d'un nombre pouvait toujours être exprimée en une somme de 2 nombres premiers entre eux. En partant du binôme (x+y)n, avec n impair, nous avons étudié le regroupement symétrique des différents termes. Avec (x,y) copremiers de parité différente, nous aboutissons alors sur 2 expressions telles que (x+y)n=a+b,ab=1 .

Ces expressions utilisent les mêmes fonctions fn(x,y) suivantes :

Exemple:

f3(x,y)=x+3yf5(x,y)=x2+5y2+10xyf7(x,y)=x3+7y3+21x2y+35xy2f9(x,y)=x4+9y4+36x3y+126x2y2+84xy3

Propriétés algébriques

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Tout comme la formule du binôme, ces propositions s'appliquent dans tout anneau commutatif

(x+y)ⁿ=x.a+y.b

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(x+y)ⁿ=x.c²+y.d² - formule des carrés

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Exemples

(xy)3=x(x+3y)2y(y+3x)2(x+y)3=x(x3y)2+y(y3x)2(xy)5=x(x2+10xy+5y2)2y(y2+10xy+5x2)2(x+y)5=x(x210xy+5y2)2+y(y210xy+5x2)2

xᵖ+yᵖ, p premier

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On pourra rappeler ici le résultat de Gauss qui relie la somme de puissance, et donc fp(x2,y2) avec les formes quadratiques:

Le calcul des carrés n'est pas simple[1].C'est plus simple en faisant un changement de variable

Exemples:

(u+v)3+(uv)3=2u(X2+3Y2)X,Y=u,v(u+v)5+(uv)5=2u(X25Y2)X,Y=u2+5v2,2v2(u+v)7+(uv)7=2u(X2+7Y2)X,Y=u(u2+7v2),v(u2v2)(u+v)11+(uv)11=2u(X2+11Y2)X,Y=u(u422u2v211v4),v(3u42u2v2v4)












Nous pouvons observer la régularité suivante:

Par contre, contrairement aux formules (1) et (2), il n'y a pas de régularité sur les facteurs premiers des X ou des Y.

C'est ce que nous allons voir dans le chapitre suivant en étudiant les propriétés dans

(x+y)ᵖ-(xᵖ+yᵖ)

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Afin d'être complet, nous rappelons aussi la factorisation de (x+y)p(xp+yp),p .

C'est apparemment un résultat "classique" en algèbre

Exemples: avec y=1,R=x(x+1),S=x2+x+1

(x+1)3(x3+1)=3x(x+1)(x+1)5(x5+1)=5x(x+1)(x2+x+1)(x+1)7(x7+1)=7x(x+1)(x2+x+1)2(x+1)11(x11+1)=11x(x+1)(x2+x+1)(x6+3x5+7x4+9x3+7x2+3x+1)((x2+x+1)3+(x(x+1))2)=11RS(R3+S2)(x+1)13(x13+1)=13x(x+1)(x2+x+1)2(x6+3x5+8x4+11x3+sym)((x2+x+1)3+2(x(x+1))2)=13RS2(R3+2S2)(x+1)17(x17+1)=17RS(R6+5R3S2+R4)(x+1)19(x19+1)=19RS2(R6+7R3S2+3R4)...

Propriétés dans ℤ

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On supposera dans la suite (u,v) copremiers

(u+v)ⁿ=u.c²+v.d²

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La formule des carrés (2) permet d'écrire n'importe quelle puissance impaire comme combinaison linéaire de 2 carrés copremiers

Exemples:

173=(5+12)3=5×312+12×32=5×(31)2+12×(3)2175=(5+12)5=5×1452+12×3312=5×(529)2+12×(331)2177=(5+12)7=5×69292+12×37672=5×(6929)2+12×(3767)2179=(5+12)9=5×1389112+12×429212=5×(314481)2+12×(3219251)2...

Nous montrerons la coprimalité dans le prochain chapitre

Parité et 2-valuation

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Nous considérerons dans la suite (u,v) copremiers de parité différente

Panneau d’avertissement fn(u,v) et fn(u2,v2) ne sont pas forcément premiers entre eux!

f11(29,18)=6117463571=23×109×2440153f11(292,182)=42623439661994533=23×67×27659597444513


Puissance n première

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Ici on considérera n premier impair

Exemples:

(u,v)=(73×53,22)f3(u,v)=23×1867f5(u,v)=51×18979×19471f7(u,v)=71×643×743×839×28393f11(u,v)=43×1847×977923×1918245063019


Facteurs premiers modulo 2n

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fn(u,v)±1[2n] : Les facteurs premiers tous congrus à ±1[2n]

f5(6,11)=13011[10]f7(6,11)=181×2391×1[14]f11(6,11)=478200791[22]f13(6,11)=8969×1772691×1[26]f19(6,11)=151×3869897471691×1[38]f23(6,11)=5278223×122383178931×1[46]f29(6,11)=233×521×1309699×149328915831×1×1×1[58]...


fn(u2,v)1[2n] : Le nombre de facteurs en 1[2n] est pair.

f5(62,11)=58611[10]f7(62,11)=5078091[14]f11(62,11)=89×6029×71291×1×1[22]f13(62,11)=883×2341×1606271×1×1[26]f17(62,11)=67×187067×1995919691×1×1[34]f19(62,11)=229×683×1901×2963×2464691×1×1×1×1[38]f23(62,11)=367×44575950747373806071×1[46]f29(62,11)=10698387195176734605205802211[58]...


fn(u2,v2)1[2n] : Les facteurs premiers tous congrus à 1[2n]

f5(62,112)=1180611[10]f7(62,112)=341883791[14]f11(62,112)=23×89×2377×5869611×1×1×1[22]f13(62,112)=30187×273422798231×1[26]f19(62,112)=2129×3079×30392253974252091×1×1[38]f23(62,112)=16639640750706335728003322991[46]f29(62,112)=59×11250493×605081546890653407035927631×1×1[58]...

Forme (u+v)ⁿ=u.a+v.b

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Nous allons étudier s'il y a d'autres décompositions possibles (u+v)n=u.a+v.b , avec (u,v) premiers entre eux de parité différente, et (a,b) n'ayant que des facteurs premiers en 1[2n]. Nous considérons aussi le cas n|uvn(a)=2.

L'exemple z=75 suivant nous montre que oui. L'informatique en trouve 114, dont voici une partie:

Dans ce dédale, la première formules du wiki atteint "uniquement" :

75=1×(6841)+6×(11×151)=3×(2801)+4×(11×191)=5×(5×11×31)+2×(41×101)

Pourtant l'exemple montre l'existence de beaucoup d'autres formes en 1a+6b,3a+4b, 5a+2b

Question: Existe-t-il des formules permettant de les atteindre?


Remarque:

Ici la formules des carrés ne compte pas, puisqu'elle donne des 1[2n].

75=1×(112)2+6×(19)2=3×(31×19)2+4×(59)2=5×(5×11)2+2×(29)2

Mais attention, sur d'autres nombres, il peut arriver qu'elle donne aussi des 1[2n].Par exemple:

95=1×(241)2+8×(11)2155=7×(191)2+8×(251)2

pⁿ=(u+v)ⁿ=u.c²+v.d² avec p premier

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Dans ce cas, nous allons pouvoir donner une proposition très intéressante. En effet, les puissances de nombres premiers ont une unique forme en carré. L'existence est donnée par la formule des carrés. Et elle est unique

Exemples:

les premières formes (à gauche) sont données par la formule des carrés. Celles supplémentaires à droite trouvées par l'informatique

33=152+21253=1112+412=332+272153=1412+14112=7172+8132=1112+4292=11172+472=1372+2372=1312+2412















Remarques sur l'exposant pair

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L'idée est de rechercher des formes z2m=(u+v)2m=uc2+vd2 avec (c,d) copremiers.

Pour tous z et m , l'informatique sort systématiquement une solution du type z2m=c2+(z1)d2, soit u=1 ou v=1

Pour les nombres premiers, c'est la seule et unique forme:

72=(5)2+6(2)274=(1)2+6(2×2×5)276=(5×47)2+6(2×3×17)278=(2399)2+6(2×2×2×5)2

Pour les nombres composés, on observe des doublons comme:

212=(19)2+20(2)2=(11)2+20(2×2)2216=(11×11×19)2+20(2×17×59)2=(11×839)2+20(2×2×43)2154=(113)2+14(2×2×13)2=(223)2+14(2×2×2)2


Et parfois apparaissent d'autres cas que u=1 ou v=1, avec éventuellement des doublons

212=17(5)2+4(2)2332=31(1)2+2(23)2=17(7)2+16(2×2)2216=17(5×13×29)2+4(2×1259)2336=17(5×7×13)2+16(2×2×2243)2=31(7×449)2+2(5×23×193)2


Comme le cas des puissances impaires, l'idée est de chercher une formule en partant du binôme.

On arrive alors à une forme (x+y)2m=A2+xyB2

Exemples:

(x+y)2=(xy)2+xy(2)2(x+y)4=(x26xy+y2)2+xy(4x4y)2(x+y)6=(x315x2y+15xy2y3)2+xy(6x220xy+6y2)2


Si on cherche (u+v)2m=uv2+bd2, alors la formule ne va être applicable que pour les cas u=1 ou v=1. Et pour m impair elle offre peu d'intérêt puisqu'on retombe sur un des cas impair donné par la formule des carrés. En effet:

176=(3×3×5×11)2+16(2×13×47)2=2893=225(3×11)2+64(13×47)2

236=(3×3×7×59)2+22(2×5×13×19)2=5293=441(3×59)2+88(5×13×19)2

Le seul intérêt ici est donc l'étude des puissances paires n=2k

Exemples:

172=1(3×5)2+16(2)2174=1(7×23)2+16(2×2×3×5)2178=1(79×401)2+16(2×2×2×3×5×7×23)2
















On peut toutefois donner ici la preuve de l'observation que nous avons faites sur les nombres premiers:


Exemples: On observe des doublons sur des nombres composés. Avec parfois l'existence d'autres formes, ou aucune autre pour 35

212=(19)2+20(2)2=(11)2+20(2×2)2=17(5)2+4(2)2332=(31)2+32(2)2=(17)2+32(5)2=17(7)2+16(2×2)2=31(1)2+2(23)2352=(3×11)2+34(2)2=(1)2+34(2×3)2















Panneau d’avertissement La réciproque est fausse

39 a une unique forme sur (1,38), mais une autre sur (25,14), ce qui "trahit" sa non-primalité.

392=(313)2=(37)2+38(2)2=25(5)2+14(2×2×2)2

Par contre, 87 est le plus petit nombre composé à n'avoir qu'une seule forme en au2+bv2. Puis ensuite 93

872=(329)2=(5×17)2+86(2)2932=(331)2=(7×13)2+92(2)2

Cependant ils "trahissent" leur non-primalité sur les cubes où il existe 2 forme sur un même couple (a,b)

873=85(79)2+2(11×23)2=85(17)2+2(563)2933=91(5×17)2+2(271)2=91(37)2+2(11×53)2

Remarques sur le trinôme

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on rappelle ici la formule du trinôme (x+y+z)n=i+j+k=nn!i!j!k!xiyjzk

On peut en effet se demander ce qu'il se passe sur le trinôme.

  • Déjà l’existence de triplets (a,b,c) tels que (x+y+z)n=x.a2+y.b2+z.c2 avec les facteurs premiers de (a,b,c) en ±1[2n] ?

Et bien oui, il en existe. Mais pas tout le temps . A priori il n'apparaît aucun schéma simple. Ne serait-ce que sur le nombre de solutions.

On donne quelques exemples ici :

195=(1+7+11)5=1×9112+7×2512+11×3312255=(7+5+13)5=7×7012+5×5712+13×601297=(3+5+1)7=3×4492+5×9112+1×134

  • Ensuite, l’existence de formes xn+yn+zn=(x+y+z)fn(x,y,z) avec les facteurs premiers de fn(x,y,z) en 1[2n]

Oui. Quelques exemples ici :

83+113+143=(8+11+14)×13985+115+145=(8+11+14)×2217187+117+147=(8+11+14)×3848419

Mais cela s'arrête pour la puissance 11. Donc a priori pas de formule générale

Afin de généraliser à "toutes les puissances", nous pouvons condenser les résultats trouvés dans la proposition suivante :

Soit p un premier impair et n un entier positif. Alors il existe 2 uniques entiers positifs (c,d) premiers entre eux tels que pn=c2+(p1)d2. De plus, si l'exposant n est premier impair, les facteurs premiers de (u,v) sont congrus à ±1[2n].

L'existence est assurée par les relations p=12+(p1)12 et (au2+bv2)(ax2+bu2)=(aux±bvy)2+ab(uyvx)2 , où ici (a,b)=(1,p1). Mais on peut s'étonner de l'unicité qui perdure sur les puissances, constituant une sorte de "ligne de crête" remarquable si on fait le parallèle avec le théorème des 2 carrés. En effet, si pour les premiers p1[4] il existe 2 uniques (a,b) tels que p=a2+b2, alors il se crée une ramification lorsqu'on passe aux puissances, les (p2k1,p2k) ayant exactement k décompositions différentes en somme de 2 carrés. Une autre remarque concerne l'accessibilité de cette ligne de crête. Car si on choisit un premier p1[4], il n'existe pas de formule pour trouver directement les (a,b), mais des algorithmes. Le chemin pn=c2+(p1)d2 est directement accessible, avec des formules explicites pour les (c,d). Enfin, sur la congruence des facteurs premiers à ±1[2n], nous ne ferons qu'admirer la beauté de cette étrangeté mathématique.


Points rationnels des coniques du type ax²-by²=a-b

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Soient les coniques du type ax2by2=ab

En réécrivant aabx2baby2=1. Alors d'un point (1,1) solution , on en déduit une infinité d'autre par mise à la puissance n et l'utilisation de la formule des carrés : a(ab)(fn(a,b)(ab)m)2b(ab)(fn(b,a)(ab)m)2)=1n=1

Un exemple ici : On remarque que les points apparaissent en "tournant"

Construction de points rationnels par application des fn(x,y) à partir de (1;1)
Les points reliés reforment une ellipse semblable de demi grand axe 1


Équation de Bachet-Mordell

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Pour rappel, ce sont les équations en nombre entier du type y2=x3+k,k (un bon résumé ici http://villeminen posant.gerard.free.fr/aMaths/ThNb/Bachet.htm , qui référence d'autres excellents sites).

Ici nous travaillons pour k<0 (équation de Bachet)

Nous donnons 3 paramétrisations de solutions: pour k=(3n2+1)n , k=(3n21)n et k=((n1)(n4)2)n

On part de l'identité remarquable :


(a+b)3=a(a3b)2+b(b3a)2


2 possibilités:

1) On pose (a,b)=(1,x1), et on obtient cette magnifique formule du partage d'un cube:


x3=(3x4)2+(x1)(x4)2(E3)x3=y2+k


Voici les solutions pour b=1,2,3,4,5,...(E3):(x,y,k)=(1,1,0),(2,2,4),(3,5,2),(4,8,0),(5,11,4),(6,14,20),(7,17,54),(8,20,112),(9,23,200),...

On remarque ici que ce "partage" du cube donne les solutions aux cubiques qu'a étudié Fermat, à savoir y2=x32 et y2=x34. Est-ce un hasard ou avait-il découvert ces formules? Même si cela ne dit pas que ce sont les seules solutions, ce qu'il dit avoir démontré.


2) On change bb2, ce qui donne (a+b2)3=a(a3b2)2+(b(b23a))2

On a un premier carré.

On y est presque en simplifiant le carré de gauche en posant (a3b2)2=1, soit a=3b2+1 ou a=3b21


a=3b2+1(4b2+1)3=(3b2+1)+(b(8b2+3))2(E1)a=3b1(4b21)3=(3b21)+(b(8b23))2(E2)x3=k+y2


Ce qui donne comme solutions pour b=1,2,3,4,5,...

(E1):(x,y,k)=(5,11,4),(17,70,13),(37,225,28),(65,524,49),(101,1015,76),...(E2):(x,y,k)=(3,5,2),(15,58,11),(35,207,26),(63,500,47),(99,985,74),...






Le grand théorème de Fermat

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Une remarque presque anodine

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n>2znxn+yn : "« Décomposer un cube en deux autres cubes, une quatrième puissance, et généralement une puissance quelconque en deux puissances de même nom au-dessus de la seconde puissance, est une chose impossible, et j’en ai réellement trouvé l’admirable démonstration. La marge trop exiguë ne la contiendrait pas. »

C'était un "simple" commentaire à une question du livre de Diophante. Sa date est inconnue. Mais Fermat n'en reparlera jamais. Pendant les 25 ans d'une correspondance très fournie avec ses contemporains, aucune allusion autre que les les cas n=3 et n=4. . Plus aucune trace. Un mystère total.

Rappels historiques

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Des investigations historiques déjà été faites par de nombreux spécialistes, comme Tannery[5] , Itard[6], Rashed[7], Goldstein[8] , Bachmakova[9]. Mais consulter tous ces remarquables travaux ne suffit pas. Il faut aller relire quelques pages de la correspondance de Fermat[10], ne serait que pour s’imprégner de son style si courtois, précis et honnête. On peut retenir les jalons suivants:

  • Lettre à Domini de Sainte-Croix en 1636 ou 1637 : Fermat le met "au défi" de trouver des entiers tels que z3=x3+y3 et z4=x4+y4. Il a donc déjà les cas n=3 et n=4 de son théorème. Le cas n=3 prend probablement sa source à la question a3+b3=c3+d3 du Diophante. Celle-ci amène naturellement à la question de diviser un cube[11]. Mais c'est impossible. Fermat en fait l'annonce d'une preuve grâce à sa nouvelle technique révolutionnaire appelée "descente infinie". Malheureusement il n'en laissera aucuns détails pour ce cas précis[12]. C'était coutume à son époque, où il ne fallait pas trop dévoiler ses secrets. D'ailleurs, dans toute sa correspondance, il n'expliquera qu'une seule fois la démarche, au moment de prouver qu'un triangle pythagoricien ne peut pas avoir une aire carrée.[13] Et c'est ce résultat qui implique directement le cas n=4. Ainsi, les cas n=3 et n=4, s'ils se ressemblent par la forme, sont a priori complètement indépendants. Le grand théorème znxn+yn n'arrive donc pas d'un seul bloc.
  • Lettre à Mersenne en décembre 1638: pour la recherche de nombre premiers, Fermat dit ne ne connaître que le "vulgaire" crible d'Ératosthène[14]. Et que ça le rebute.
  • Lettre à Frenicle en avril 1640 : Fermat se plaint des innombrables divisions pour trouver les facteurs premiers[15]
  • Lettre à Mersenne de mai 1640 : il veut vérifier si Frenicle "ne procède point par tables" en le mettant au défit des 2 problèmes précédents. Il veut signifier qu'il en a trouvé une véritable démonstration mathématique, que ça n'est pas une conjecture déduite de tables de calcul.
  • Lettre à Mersenne de juin 1640 : il annonce que 2n1 n'a que des facteurs premiers en 1[2n][16]
  • Lettre à Frenicle d'aout 1640 : il annonce que 2n+13 n'a que des facteurs premiers en 1[2n][17]
  • Lettre à Roberval d'aout 1640[18] : Il annonce que si un nombre est composé de deux quarrés premiers entre eux, il ne peut pas être divisé par un premier congrus à 3[4]. Et qu'on pourra donc se passer des divisions par 3, 7, 11, ...
  • Lettre à Frenicle d'octobre 1640 : il a élargi 2n à an, et annonce son "petit" théorème pour p premier : a,p|(ap11)[1]
  • Lettre à Mersenne en décembre 1640 : il annonce son théorème des 2 carrés : p premier et congrus à 1[4] est unique somme de 2 carrés[19]. Mais aussi il étend aux puissances en précisant que (p2k1,p2k) ont exactement k décompositions différentes en somme de 2 carrés.

Il quasiment certain que Fermat a continué son travail sur les puissances. Notamment que xp+ypx+yne contient que des facteurs premiers congrus à 1[2p]

Avant de rentrer dans le cercle de Mersenne, Fermat a lu Diophante, qui sort en 1621 par la traduction commentée de Bachet de Méziriac . Il a probablement aussi déjà lu les Notae priores de François Viète sorti en 1631[20]. Il connaît donc:

  • le développement de (x+y)n=xn+nyxn1+...+nxyn1+yn , le fameux binôme de Newton.
  • le fait que les coeffcients sont tous des multiples de l'exposant lorsque n est premier.
  • la factorisation xnyn=(xy)(xn1+xn2y+...+xyn2+yn1) .
  • les relations coefficient-racines, dites Formules de Viete


Il a donc pu aller beaucoup plus loin : notamment la factorisation de (x+y)p(xp+yp) pour p premier, détaillé dans le chapitre "relations algébriques", qu'on rappelle ici par la forme;

(x+y)p(xp+yp)=pxy(x+y)(x2+xy+y2)kQ(x,y), k=1 pour p1[6],k=2 pour p1[6]

La première question qu'on peut se poser à ce niveau est: perçoit-il une incongruité en subsituant une puissance à xp+yp

On aurait alors:

(x+y)pzp=(x+yz)P(x,y)

L'éclair lui vient-il à au moment d'égaliser les deux formes ?

Nombres premiers

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S'il a pu faire des manipulations algébriques sophistiquées, Fermat n'a pas encore vu leur propriétés autour des nombres premiers. On le lit se plaindre du crible d'Ératosthène. C'est vers 1640 qu'il commence à voir des lumières salvatrices, avec la possibilité d'un tamis: utiliser uniquement des facteurs premiers en 1[2p] pour factoriser 2p1, ou des 1[4] pour la somme des carrés.

S'il fait quelques tables de calcul, il peut rapidement s'apercevoir que les valuations des facteurs premiers sont loin d'être des puissances. On peut en douter, lui qui se dit "paresseux". Éventuellement pour p=5, la table étant très belle, avec des facteurs premiers se terminant tous par le chiffre 1

Peut-il avoir un déclic pour généraliser les cas n=3,n=4 à xp+ypzp ? Ça paraît léger. Avec ça, on postule beaucoup plus large, par exemple xp+ypzr,r>3 . Ce qui est conjecturé encore aujourd'hui. Or Fermat reste "coincé" sur la même puissance. On présume donc qu'il utilise les factorisations dans

  • xp+yp=(x+y)P(x,y)=zp donne
    • (x,y,z) forcés d'avoir des facteurs premiers en 1[2p] .
    • (x+y,zx,zy)=(ap,bp,cp), soit 2z=bp+cpap
  • (x+y)p(xp+yp)=pxy(x+y)(x2+xy+y2)kQ(x,y) donne qu'on se retrouve à gauche avec une différence de puissance, et donc à droite des facteurs premiers en 1[2p] sur Q(x,y). Mais il n'y a pas de régularité sur les Q(x,y). Leur expression devient compliquée, voir imprédictible, au fur et à mesure que l'exposant grandit. Donc sans vraiment de généralisation possible à toutes les puissances. Un seul motif est commun, à savoir ce x2+xy+y2=(xy2)2+3(x+y2)2 , dont tous les facteurs premiers sont congrus à 1[6]. Mais ça ne les interdit pas d'être aussi congrus à 1[2p][21].

Au final, toutes ces contraintes filtrent énormément les éventuels nombres "candidats" qu'il faudrait tester, devenant alors beaucoup trop grands pour un calcul à la main. Mais aucune impossibilité ou absurdité n'apparaît clairement. Tout cela sera reprise et étudié par les plus grands mathématiciens du 18ème siècle. Mais sans aboutir à une généralisation à toutes les puissances. C'est la factorisation dans qui va s'en suivre et initier beaucoup de progrès. Mais toujours sans atteindre une preuve générale. Ce qu'on peut relever, c'est que ces nouvelles mathématiques vont rapidement dépasser les connaissances supposées de Fermat. On peut résolument penser qu'il a existé un chemin plus "simple", autre que la factorisation, qui a éveillé son intuition.

Fermat et les carrés

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Par les traductions de livre de Diophante[22], Fermat hérite des questions de ces prédécesseurs autour des carrés et des cubes. Mais il marque une vraie rupture par rapport à la tradition diophantienne. Il se focalise sur les nombres entiers, là où les autres cherchent des nombres rationnels. Lui voit apparaître de la structure avec les nombres premiers. Une fois lancé, il continuera de s'intéresser aux combinaisons linéaires de carrés entiers, avec notamment les familles de nombres premiers de la forme a2+b2, a2+2b2, a2+3b2. Ainsi que l'équation x2ny2=1 [23], ... Il a également innové dans les méthodes de résolution de systèmes doubles ou triples d'équations aix+bi=y2 . En algèbre, il s'intéresse aux techniques d'élimination, où il publie même un papier[24]. Ces méthodes consiste à supprimer des inconnues, et réduire le degré des équations. On renvoie aux explications d'Erwan Penchevre[25]. Enfin, il était expert en carrés magiques. Et même des carrés magiques en 3 dimensions, nommés cubes magiques[26]!

Bref, il y a beaucoup d'indices pour penser que Fermat avait découvert la forme des carrés (𝐱+𝐲)𝐧=𝐱𝐜𝟐+𝐲𝐝𝟐

En effet, pour n=3, on (a+b)3=a(a3b)2+b(b3a)2

Soit une belle formule pour les cubiques (a2+d)3=(a(a23d))2+d(d3a2)2

Or Fermat a travaillé sur x3=y2+2 et x3=y2+4.

Pour d=2, dans on trouve uniquement a=1 et la solution (3,5)

Pour d=4, là encore a=1, soit la solution (5,11). Mais on peut aussi considérer d=1,13a2=±2 qui donne l'autre solution (2,2).

Surtout Fermat dira avoir réussi à prouver par descente que ce sont les seules.

Notons qu'il aurait pu citer à ses correspondants x3=y2+1, qui donne a=0 , et la (seule) solution (1,0). Peut-être était-ce moins spectaculaire. Ou qu'il n'a pas réussi à le montrer par descente[27].

La formule des carré donne également directement la forme servant à la descente pourz3x3+y3 [12]:

(u2+3v2)3=(u(u29v2))2+3((v(3v23u2))2=(u(u3v)(u+3v))2+3((3v(vu)(v+u))2

L'idée de Fermat?

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Je ne propose pas ici preuve du Grand théorème, mais plutôt une idée originale que Pierre de Fermat aurait pu avoir en lisant la question du Diophante avec cette formule des carrés dans la tête. Car il faut un déclencheur fort pour générer ce sentiment "admirable", dont on ressent toute la puissance dans le commentaire. Allez, pour cela, retour aux triplets pythagoriciens, puisque c'était la question originelle, à savoir comment partager un carré en 2 carrés, soit z2=x2+y2 .

Considérons un entier w quelconque tel que w<x et w<y et p un premier supérieur ou égal à 5

Dans zp=xp+yp, Substituons (w+x,w+y,w+z) à (x,y,z).

Cela donne:

(w+z)p=(w+x)p+(w+y)p

Avec la formule des carrés, cela devient:

we2+zf2=wa2+xb2+wc2+yd2

avec (a,b,c,d,e,f) des entiers ne contenant que des facteurs premiers congrus à ±1[2n], 3 et 5 étant exclus.

On peut réécrire l'expression sous la forme:zf2xb2+yd2=w(a2+c2e2)

Si pour w0 on arrive à annuler le terme gauche, alors on obtient e2=a2+c2 .

Soit des triplets pythagoriciens absurdes. En effet, Dans la relation e2=a2+c2, 3 et 5 divisent forcément le produit eac.

L'idée n'est-elle pas séduisante? Maintenant est-il possible d'en faire quelque chose? Si on peut obtenir des équations avec des carrés, Fermat, le spécialiste, en a-t-il fait quelque chose? Existe-t-il un certain w qui fonctionne[28]? Sinon peut-on construire un système d'équation avec plusieurs valeurs de w? Cher lecteur, si tu as des idées, n'hésite pas à te manifester!

Plausibilité historique

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Voici pourquoi Je trouve cette hypothèse assez intéressante du point de vue historique :

- Si ça "fonctionne" pour p5 , cela ne s'applique pas aux cas n=4 car il faut que p soit premier impair. Et pour le cas p=3 , la formule des carrés engendre des facteurs premiers en ±1[6]. Or c'est le cas de tous les nombres premiers supérieurs à 3. Donc 5 n'y est pas exclu. Il faut donc une autre technique. En l’occurrence la nouvelle descente infinie inventée par Fermat lui-même! Les cas n=3 et n=4 restent particuliers. C'étaient les premiers qu'il a prouvés, et ils ne se font pas englobés. Chronologiquement, ça se tient.

- C'est suffisamment expéditif pour qu'on puisse trouver cela "admirable".

- Avec du recul, Fermat a pu se dire que finalement ça ne marcherait pas. C'est l'hypothèse de l'historien Jean Itard, afin de justifier qu'il ne citera plus jamais le cas général à ses correspondants. J'en doute car il était honnête homme. Il n'aurait pas laissé la remarque dans le Diophante. S'il a réussi à aller au bout de l'idée, n'était-ce juste simplement pas si important? Rappelons que le bébé de Fermat, c'est la descente infinie. On le voit bien dans sa correspondance. C'était l'invention de sa vie! Dans ses dernières lettres à Wallis, Digby, ou Carcavi, il n'énoncera quasiment plus que les résultats qu'il aura démontrés par descente. Les autres sont presque laissé au second plan.

- La descente infinie est très compliquée pour n=5. Fermat n'a pas pu y arriver, Dirichlet et Legendre en venant à bout en 1825[29]. Pire, la technique devient quasi inopérante pour les exposants supérieurs[1]. Or on sait que Fermat a toujours été suffisamment honnête pour avouer à ses correspondants qu'il n'arrivait pas (encore) à démontrer un résultat[30]. Par exemple, il n'hésite pas à avouer sa peine pour prouver sa (fausse) conjecture sur la primalité des 22n+1 [31]. Or pour le Grand Théorème, jamais il ne fera mention d'un essai pour des puissances supérieures. Non. Ici avec la formule des carrés, il n'y a pas besoin de descente infinie!

Malheureusement un tout autre scenario est envisageable. Dans l'hypothèse précédente, il faut supposer que Fermat a écrit son commentaire bien après sa première lecture de la question de Diophante. Ou qu'il l'a écrit pour les cas n=3 et n=4 , puis qu'il a complété son commentaire une fois son travail sur les puissances effectué. Qu'il y serait donc revenu quelques années après. Ça paraît étrange.

Car vu le ton employé, on peut aussi avoir l'impression que cela est venu d'un bloc, avec toutes les puissances sans distinction de cas, sans séparation entre les cas n=3 ou n=4, ou n premier. Autrement dit, on peut supposer qu'il sait immédiatement, en s'appuyant sur des travaux antérieurs[32], que le problème est impossible dans , puisque c'est implicite chez Diophante: on cherche comment diviser un carré en somme de 2 carrés rationnels. Ainsi Fermat affirmerait haut et fort dans son commentaire que xn+yn=1 n'a pas de solution dans . Ce qui fatalement rend le problème impossible dans  ! Ce serait ensuite que Fermat essaie de le montrer dans , avec des raisonnements spécifiques aux nombres entiers qu'il a inventé, comme la descente infinie. Il le dit dans ses lettres. Il a eu beaucoup de difficulté à appliquer la technique pour le cas n=3[33]. Mais il s'est accroché et ça n'était pas pour rien. Car il savait que le résultat était vrai.

Ce travail a été motivé par ces polémiques autour du Grand théorème de Fermat, ravivées par la démonstration de Wiles en 1994. Fermat avait donc dit vrai[34][35]! Faisons un bref rappel ici. Fermat lit Diophante. Ce chapitre où il y est question de partager un nombre carré en une somme de 2 carrés[36]. C'est à dire reconstituer un triangle rectangle alors qu'on en connait que son hypoténuse. Géométriquement, les sommets de ces triangles sont sur le cercle de diamètre l'hypoténuse. Mais ici c'est d'arithmétique qu'il s'agit. Diophante donne une méthode pour trouver deux fractions, mesures des deux côtés[37]. A cette lecture, on s'imagine Fermat qui bouillonne et s'arrête un temps. Il a une idée. On imagine sa fulgurance, vu la la clarté et la brillance de son annotation. Il écrit, en latin, ces mots célèbres : "aucune puissance supérieure au carré ne peut être partagée en deux du même nom". Fermat en avait-il une preuve? Était-elle arithmétique[38] ou géométrique? En existe-t-il une démonstration plus simple que celle de Wiles[39]? Cette prétendue "marge trop petite" est-elle vraiment la bonne traduction, comme le démentent certains latinistes[40]? Bien avant ces querelles légitimes, une question plus fondamentale s'impose immédiatement à n'importe qui revisite le théorème : comment un homme pourrait-il recevoir une vérité si vaste, si générale, sans sa démonstration[41]? Difficile à croire, même si nous savons qu'en mathématiques, il n'est pas rare que l'intuition devance la preuve[42]. Cependant il y a toujours un terreau préparatoire à toute découverte. Un long travail préliminaire, qui peut durer des années. Une maîtrise d'outils novateurs, à la portée aussi générale que la découverte qui s'en suivra. D'où cette question : quelles pouvaient être les connaissances de Fermat englobant "toutes les puissances"[43]? . On rappelle qu'il n'y avait point de calculatrice. On factorisait à la main. On décomposait de tête. Pour arriver à ses nombreux résultats, Fermat a dû développer des techniques de calcul prodigieuses. Lui qui se disait le plus paresseux des hommes. Mais il les dévoilait peu dans ses correspondances. Doué d'une acuité sans pareil, il fut un génie en son temps.

Ici nous avons essayé de reprendre Fermat "au mot". Que signifie "partager une puissance"? Tout comme il aurait pu le faire, nous sommes parti du binôme[20]. Nous avons cherché d'éventuels regroupements des termes. Dans le cas n impair, la symétrie des termes nous guide. En utilisant ce regroupement, nous avons remarqué des régularités sur les décompositions en facteurs premiers. Et l'apparition de carrés. Ces propriétés générales n'ont probablement pas pu échapper à Fermat.



Merci aux équipes du forum www.ilemaths.net (notamment elhor_abdelali et jandri pour les démonstrations)

Merci à math.stackexchange.com (notamment ScratchingTheSurface , Thomas Andrews et Mastrem pour les démonstrations)

Merci à Yohann C. pour son aide et ses relectures

Merci à C. Goldstein d'avoir pris le temps de lire la partie sur Fermat et de m'avoir indiqué des imprécisions historiques.

Merci à la distribution Linux Mageia , toujours là depuis toutes ces années. Et le bureau XFCE

Merci au site dcode.fr pour la décomposition de grands nombres

Merci à Geogebra pour le calcul formel

Merci à Math-gpt.org et Mistral pour les calculs et les références historiques.

Merci à Wikiversité



  1. 1,0 et 1,1 Yves Hellegouarch dans son livre "Invitation aux mathématiques de Fermat-Wiles", écrit page 38: "On peut penser que pour les exposants premiers impairs, Fermat associait à son équation la forme quadratique X2+(1)(p+1)/2pY2 . C'est un résultat juste. Mais peut-être anachronique. En effet, cf maths.stackechange pour les calculs qui s'avèrent être fastidieux.
  2. (en) « When $x^n+y^n=(x+y)Q_n$ then $Q_n$ only has prime factors $p=1 \mod n$? », sur Mathematics Stack Exchange (consulté le 8 janvier 2025)
  3. (en) « Numbers with prime factors $p\equiv \pm1\pmod n$ for $n$ prime », sur Mathematics Stack Exchange (consulté le 20 janvier 2025)
  4. (en) « uniqueness-of-pn-abn-a-cdot-u2b-cdot-v2-p-n-odd-primes », sur Mathematics Stack Exchange (consulté le 15 août 2025)
  5. https://www.numdam.org/article/BSMA_1883_2_7_1_116_1.pdf
  6. https://www.persee.fr/doc/rhs_0048-7996_1950_num_3_1_2767
  7. https://dokumen.pub/histoire-de-lanalyse-diophantienne-classique-dabu-kamil-a-fermat-3110336855-9783110336856-9783110337884.html
  8. https://webusers.imj-prg.fr/~catherine.goldstein/STPFermat-GOLDSTEIN.pdf
  9. Isabelle Bachmakova, « Diophante et Fermat », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, vol. 19, no  4, 1966, p. 289–306 (ISSN 0048-7996) [texte intégral (page consultée le 2026-07-23)]
  10. https://archive.org/details/oeuvresdefermat942ferm
  11. En effet, on tombe rapidement sur la formule b3(b3+2a3)3=(a3+b3)(b3a3)3+a3(a3+2b3)3. On n'est pas loin du partage d'une cube! Il suffirait juste de trouver un premier cube c3=a3+b3 , qui engendrerait à lui seul une infinité d'autres solutions. Mais ce cube somme de 2 cubes, il n'existe pas.
  12. 12,0 et 12,1 On peut penser que Fermat passe par la voie qu'empruntera Euler. A savoir: la réécriture du problème x3+y3=(u+v)3+(uv)3=2uf3(u2,v2)=2u(u2+3v2)=z3, avec (x,y) impairs et donc (u,v) copremiers de parité différente. Et la stabilité par multiplication des nombres u2+3v2. Ainsi, en supposant z=a2+3b2, on tombe sur u=a(a+3b)(a3b) et v=b(a+b)(ab). Or 2u est un cube, donc (2a,a3b,a+3b)=(r3,s3,t3) avec s3+t3=r3. Puisque ce sont des diviseurs, |r|<|u|<|z|. La descente est amorcée. Au passage, (x,y) pourraient donc éventuellement être négatifs, mais Fermat n'avait pas de problèmes avec les nombres négatifs. Il appelait les nombres positifs les nombres "vrais", mais ne restait pas bloqué sur les négatifs comme Bachet . (cf Rashed). Et contrairement à ce qu'on entend souvent, les grecs anciens comme Diophante non plus: (cf Bachmakova )
  13. cf Rashed (p321) rappelle que cette explication de la descente à Frenicle sera reprise et même simplifiée en 1676 dans son "Traité des Triangles rectangles en nombres, dans lequel Plusieurs belles propriétés de ces Triangles sont démontrées par de nouveaux principes" Proposition 39.
  14. Pour les nombres, je peux trouver par ma méthode toutes les questions des parties aliquotes, mais la longueur des opérations me rebute et la recherche des nombres premiers, à laquelle toutes ces questions aboutissent. Sur lequel sujet je ne sais point de méthode que la vulgaire, sinon qu'il suffît de faire la division jusques à la plus petite racine quarrée du nombre donné, car si on  n'a point trouvé de  de diviseur jusque là, on n'a garde d'en trouver de plus grands, pouvu que leur quotient seroit moindre que la racine quarrée, ce qui est impossible, par l'expérience qu'on aura déjà faite.
  15. "Pour Monsieur de Frénicle, ses inventions en Arithmétique me ravissent et je vous déclare ingénument que j'admire ce génie qui, sans aide d'Algèbre, pousse si avant dans la connoissance des nombres entiers, et ce que j'y trouve de plus excellent consiste en la vitesse de ses opérations, de quoi font foi les nombres aliquotaires qu'il manie avec tant d'aisance. S'il vouloit m'obliger de me mettre dans quelqu'une de ses routes, je lui en aurois très grande obligation et ne ferois jamais difficulté de l'avouer, car les voies ordinaires me lassent et, lorsque j'entreprends quelqu'une de ces questions,il me semble que je vois devant moi Magnum maris œquor arandum à cause de ces fréquentes divisions qu'il faut faire pour trouver les nombres premiers. Ce n'est pas que mon analyse soit défectueuse, mais elle est lente et que, si longue pour ce regard et j'ose dire sans vanité je pouvois l'accompagner de cette facilité, je trouvois de fort belles choses. Je voudrois avoir mérité par mes services la faveur que je lui demande et ne désespère pas même de la payer par quelques inventions qui peut-être seront nouvelles à Monsieur Frenicle."
  16. Pour les 2n1, Fermat dit avoir trouvé 2371=137438953471=223×616318177 en essayant les premiers 1[74], soit 149 puis 223 .
  17. "Soit le nombre progressif augmenté de l'unité 8193, duquel l'exposant est 13 nombre premier. Je dis que, si vous divisez 8193 par 3, le quotient ne pourra être divisé que par un nombre qui surpasse de l'unité le double de 13 exposant susdit, ou un multiple dudit double de 13, etc, à l'infini."
  18. J'ai démontré ensuite celte proposition, qui sert à l'invention des nombres premiers: : Si un nombre est composé de deux quarrés premiers entre eux, je dis qu'il ne peut être divisé par aucun nombre premier moindre de l'unité multiple du quaternaire. (exemple 10 000 000 000+1  ne peut être divisé par aucun nombre premier moindre de l'unité qu'un multiple de 4, et ainsi, lorsque vous voudrez éprouver s'il est nombre premier, il ne faudra point le diviser ni par '5, ni par 7, ni par 11, etc
  19. Le théorème est énoncé avant par son contemporain Albert Girard . Mais Fermat n'avait rien lu de lui, d'après sa biographie sur Wikipedia.
  20. 20,0 et 20,1 D'après sa biographie, Fermat a lu les écrits de François Viète par son ami Jean de Beaugrand. les Notae priores évoquent déjà les formules du binôme et les factorisations de xnyn . L'édition est datée à 1631
  21. "Chez les premiers, il a toujours un plus petit que soi pour qui ont est quelqu'1. Sauf 5, 17, 257, 65537". Pour n'importe quel nombre premier p impair, alors il existe un plus petit premier q tel que p1[q]. Les seules qui dérogent à cette règle sont les éventuels premiers de la forme 22n+1. Ce sont les nombres de Fermat. Les 4 premiers sont premiers. Et à ce jours, il est conjecturé que ce sont les seuls.
  22. Voir la belle vidéo de Francis Loret sur You tube "Francis Loret : Le dernier théorème de Fermat" partagé par le CIRM
  23. Des solutions rationnelles de x2ny2=1 sont (x,y)=(1+nm21nm2;2m1nm2),m. En effet, en remarquant que l'équation se réécrit (x+1)(x1)=ny2, on pose y=m(x+1) et on se retrouve avec uniquement du 1er degré sur x. Par contre, dans , c'est une toute autre affaire! Fermat cherchera et dira avoir trouvé, sans autre précision, qu'il y en existe quel que soit n
  24. https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_de_Fermat/I/M%C3%A9thode_d%E2%80%99%C3%A9limination
  25. https://images.math.cnrs.fr/wp-content/uploads/2024/02/penchevre-04-elimination.pdf
  26. « MULTIMAGIE.COM - Le cube magique de Fermat, 1640 », sur multimagie.com (consulté le 8 juillet 2026)
  27. C'est en effet une prouesse si on passe par la factorisation y2=x31=(x1)(x2+x+1). cf preuve élémenaire. Alors que ça prend quelques lignes par x3=(x+i)(xi) . Le passage par la formule des carrés est une sorte d'intermédiaire qui donne des solutions (ou pas), mais ne permet pas d'affirmer rigoureusement que ce sont les seules.
  28. Si on refait les calculs pour n=5, avec (w+(zw))5=(w+(xw))5+(w+(yw))5, on arrive à l'expression wQ(x,y,z,w)=0 avec Q(w)=256w4640(x+yz)w3+560(x2+y2z2)w2200(x3+y3z3)w+25(x4+y4z4) Mais n'arrive pas à annuler Q(x,y,z,w) pour une valeur de w entière. Et le but n'est pas forcément de tout redévelopper, puisqu'on perd la généralité
  29. En appliquant la même technique que pour le cas n=3 : (u+v)5+(uv)5=2u((u2+5v2)25(2v2)2). L'accroche ici est qu'on retrouve une forme X25Y2 , stable par multiplication. Ç’aurait pu interpeler Fermat, c'est comme X2+3Y2 dans le cas n=3. Malheureusement ça ne marche plus aussi simplement car on n'obtient pas une expression factorisée de 2u. Voir la démonstration de Dirichlet/Legendre pour constater les nombreuses difficultés à surmonter.
  30. Lettre à Frenicle AOUT 164: Mais voici ce que j'admire le plus: c'est que je suis quasi persuadé que tous les nombres progressifs augmentés de l'unité, des-quels les exposants sont des nombres de la progression double, sont nombres premiers, comme 3 5 17 257 65537 4291967297 et le suivant de 20 lettres 18446744073709551617. Je n'en ai pas la démonstration exacte, mais j'ai exclu si grande quantité de diviseurs par démonstrations infaillibles, et j'ai de si grandes lumières, qui établissent ma pensée, que j'aurois peine de me dédire.
  31. Lettre à Mersenne 23 décembre 1640: Je languissois dans l'attente de vos lettres et de M. de Frenicle. Je suis bien aise qu'il approuve ce j'ai fait; et afin qu'il ne soit plus en lui doute de ce que je lui demande, voici trois questions que je propose, pource que les spéculations que j'y ai faites ne me satisfont pas pleinement 1° La raison essentielle pourquoi 3, 5, 17, 257, etc. à l'infini, sont toujours nombres premiers; 2° Qu'il me donne quelqu'un de ses autres moyens pour trouver à l'infini des nombres premiers de tels nombres de figures qu'on voudra. Sur quoi je voudrois être éclairci si une de mes pensées est vraie, qu'en la progression d'un nombre pair, comme 6, toutes les puissances +1 de la progression qui ont pour exposant 1,2, 4, 8, 16, etc. sont nombres premiers, si elles ne sont pas mesurées par un de ceux-ci: 5, 17, 267, etc.; laquelle proposition, si elle est vraie, est de très grand usage. Si je puis une fois tenir la raison fondamentale que 3, 5, 17, etc sont nombres premiers, il me semble que je trouverai de très belles choses en cette matière, car déjà j'ai trouvé des choses merveilleuses dont je vous ferai part, après que j'aurai eu votre réponse et celle de M. Frenicle.
  32. Fermat a déjà fait énormément de mathématiques avant de s'attaquer à l'arithmétique. D'ailleurs dans sa première lettre à Mersen en 1936, il dit: "Je serai aussi bien aise d'apprendre par votre moyen tous les Traités ou Livres nouveaux de Mathématiques qui ont paru depuis cinq ou six ans." Comme s'il avait dû faire une pause de quelques années. On imagine à cause de son métier très prenant.
  33. Lettre à Carcavi 1659: ... J'ai ensuite considéré certaines questions qui, bien que négatives, ne restent pas de recevoir très grande difficulté, la méthode pour y pratiquer la descente étant tout à fait diverse des précédentes, comme il sera aisé d'éprouver. Telles sont les suivantes : Il n'y a aucun cube divisible en deux cubes ...
  34. il existe des suites des couples (n19+6,(n+1)19+6)n dont on pourrait aisément conjecturer la coprimalité ... poutant, très tardivement, un premier contrexemple apparaît, ici pour n=1578270389554680057141787800241971645032008710129107338825798 cf "premiers entre eux?"
  35. La suite de Perrin (Pn) est un autre exemple de fausse conjecture : https://fr.wikipedia.org/wiki/Suite_de_Perrin#Utilisation_comme_test_de_primalit%C3%A9 . La conjecture est "si n divise Pn alors n est un nombre premier". le premier contre-exemple n'a été trouvé qu'en 1982 pour n=271441=5212 . Le nombre P271441 a 33150 chiffres!!
  36. « arithmetica Livre 2 Question 9 et 10 », sur schemath.com (consulté le 15 juillet 2024)
  37. h l’hypoténuse et c un côté. L'astuce revient à poser h2=c2+(hαc)2 afin que les h2 disparaissent. Ici α un paramètre. Ce qui donne après développement c=2α1+α2h . Et l'autre côté α211+α2h . Ici il faut α>1 pour rester avec des valeurs "positives" et donner un sens géométrique. Notons la transformation inverse αα1 qui donne les mêmes valeurs (au signe près)! Rien qu'en prenant α, on obtient une infinité de solutions.
  38. La méthode de Diophante pour les cubes tombe rapidement dans une impasse. En posant h3=c3+(hαc)3, on arrive à (1α3)c2+3hα2c3αh2=0 . Soit un polynôme du second degré en c avec Δc=3h2α(4α3) . Avec α,α=pq, on arrive à Δc=h2q43p(4q3p3) . Or l'équation diophantienne 3p(4q3p3)=d2 est impossible à résoudre directement. Et justement! On sait qu'il n'y en a pas de solutions grâce au théorème de Fermat!
  39. En logique mathématique, la conjecture de Friedman stipule qu'il existerait effectivement une preuve "élémentaire". Ou plus précisément que la preuve de Wiles n'est pas "élémentaire".
  40. « Dernier Théorème de Fermat, révélation de son idée. », sur franquart.fr (consulté le 15 juillet 2024)
  41. « Recherche:L'énigme de Fermat, le sublime dans tous ses états — Wikiversité », sur fr.wikiversity.org (consulté le 15 juillet 2024)
  42. lire le magnifique ouvrage de Cédric Villani « Théorème vivant », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  43. Fermat est en en fait "tombé" sur un cas particulier. En effet, les arithméticiens ont beaucoup avancé depuis 1994. Désormais, le théorème de Fermat, "xp+yp=zp sans solution pour p>2 et (x,y,z)3", n'est plus qu'un tout petit cas particulier d'une conjecture beaucoup plus vaste,"(Tidjman et Zagier) : xp+yq=zrsans solution pour (p,q,r) tous supérieur à 2 et (x,y,z)3 premiers entre eux.". cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Conjecture_abc#Triplets_(a,_b,_c) . Fermat n'a pas conjecturé qu'aucune puissance supérieure au carré ne peut être partégée en 2 puissances quelconques supérieure au carré. Ce qui nous montre bien qu'il évoluait dans un cadre de pensée particulier.