Utilisateur:Necnom/Métisse Fille

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

METISSE FILLE

Amorce[modifier | modifier le wikicode]

La Guadeloupe est un très beau pays. Elle est magnifique et resplendissante avec son parc national, ses merveilleuses rivières, ses plages irrésistibles, mais aussi sa culture et son histoire qui sont très riches, vivantes et pleines et d'émotions. Mais l’homme en l’occurrence le guadeloupéen ne s’aperçoit pas toujours voire rarement de la splendeur de l’île « papillon ». C’est alors qu’intervient la littérature. Les auteurs, les écrivains locaux s’évertuent à sensibiliser le peuple et essayent de mettre en place la meilleure harmonie possible entre les guadeloupéens et leur pays. Puisque la Guadeloupe est une pure beauté et que l’écrivain tente d’harmoniser le peuple avec son pays pour une avenir meilleur, la poésie est donc un moyen efficace pour assurer cette mission d’autant plus qu’elle permet la traduction des messages qui émanent du cœur de l’île. Mon objectif en vous présentant un recueil poétique purement Guadeloupéen, est de montrer que la Guadeloupe est une île poétique, et que les œuvres de ses enfants poètes ont le mérite d’être connues et reconnues. La Guadeloupe est une île française, il est donc certes intéressant d’explorer les ouvrages français et autres, mais il est encore plus pertinent de s’instruire et de se cultiver des œuvres locales, propres à une histoire, une culture, un patrimoine, une vie, dont nous faisons partie. Le recueil poétique que j’ai choisi est Métisse Fille, une œuvre digne de la Guadeloupe qui regroupe de splendides poèmes d’Ernest Moutoussamy.

Metisse Fille[modifier | modifier le wikicode]

Introduction[modifier | modifier le wikicode]

Métisse Fille est un recueil poétique édité en 2001 qui comporte environ une soixantaine de poème d’Ernest Moutoussamy. E. Moutoussamy, né en 1941 dans la commune de Saint-François, est élu maire de celle-ci de 1989 à 2008. Son mandat ne l’a pas empêché d’écrire, en effet, auteur de romans, d’essais, de poésies, il écrit depuis 1980 et continue tous les jours de mettre son talent au service du peuple. Chaque année, Moutoussamy écrit un poème dédié aux femmes, à l’occasion de la fête des mères. Dans son dernier recueil, Métisse Fille, notre poète fait l’éloge de cette île d’amour à laquelle il appartient, il vante la beauté et le mérite de la femme, femme indienne, femme guadeloupéenne, tout en empreignant d’histoire, celle du métissage, son authentique œuvre. Métisse Fille est divisée en 3 parties : « ÎLE D’AMOUR », « FEMMES ET MAMMANS DES ÎLES » et « TOUJOURS DANS LE FEUILLAGE ». On cherchera à savoir en quoi Métisse Fille représente dignement la Guadeloupe. Si ce recueil est ce qu’il veut prétendre, c’est parce qu’il s’agit d’une œuvre historique, culturelle, car il donne au peuple des messages forts de son identité.

Œuvre historique[modifier | modifier le wikicode]

  • Le recueil est historique en ce qu’il propose des poèmes évoquant l’histoire de la Guadeloupe. Dans le poème « ANTILLES », le poète décrit la mémoire des Antilles comme « toujours en nasse » et évoque les souvenirs rudes de l’esclavage. Il n’hésite pas à citer « Delgrès » et « Solitude » grands personnages guadeloupéens morts pour la liberté. L’idée que l’origine des guadeloupéens est ailleurs, est bien présente, « On est tous des rescapés d’aventure ». En outre, c’est l’origine africaine qui est présentée.
  • Mais l’histoire veut qu’après l’esclavage, les indiens soient ceux qui arrivent sur l’île pour s’occuper des champs. Issu lui-même de parents d’origine indienne, Moutoussamy à plusieurs reprises raconte le voyage, le débarquement et la vie des indiens. Dans son poème, « LIBELLULE EN SARI », notre poète fervent défenseur de l’histoire décrit l’histoire d’une fille de Pondichéry qui, après avoir passé plusieurs semaines dans les calles de l’Aurélie est arrivé aux Caraïbes sous le nom de « Latchman Sounder no24931 ». La présence de l’Inde es très voire extrêmement importante dans l’histoire que nous présente l’auteur, alors qu’en réalité, elle est beaucoup moins représentée.
  • Le poète s’est donc servi de ces deux origines pour former le métissage de son recueil. Le métissage c’est la formation de la Guadeloupe. La Guadeloupe est une « Fille Métisse ». C’est ce qu’explique Moutoussamy dans toute la première partie de son œuvre. « Oui, Karukéra, tu es le pays natal du monde » dit-il dans le poème « Métisse Fille ». «  Tu as dompté tous les continents ». Ernest Moutoussamy veut sûrement indiquer que l’histoire de la Guadeloupe est celle de toutes les civilisations guadeloupéennes, que ce soit l’esclavage, l’arrivée des indiens, des africains, des colons et que cette histoire est indéniable, du fait qu’elle forge l’identité guadeloupéenne et qu’elle détermine la culture du pays.

Ce recueil est historique, on comprend alors pourquoi il est aussi culturel.

Œuvre Culturelle[modifier | modifier le wikicode]

  • La culture est venue avec l’histoire. Les coutûmes, tes traditions, les objets symboliques sont volontairement représentés en grande quantité. On retrouve la culture de l’Afrique, en effet, les diverses occurrences au « Ka » dans plusieurs poèmes le confirme, ainsi que les évocations directes de l’Afrique, « L’ébène de l’Afrique » ( « BOUQUET VERT » ).
  • Il fallait s’y attendre, la culture indienne est beaucoup plus représentée. L’attachement du poète à l’Inde est d’autant plus importante que les pomèmes correspondants sont les plus longs. On retrouve le « matalon » qui correspond au « Ka » indien, un petit tambour, le « sari » (vêtement), « le tali » ( bijou en or que le mari fixe au cou de sa femme le jour du mariage), l’auteur montre le riche apport de le culture indienne en Guadeloupe. Cela constitue une partie de la culture guadeloupéenne.
  • La culture guadeloupéenne se veut être le métissage de toutes les cultures de l’histoire. C’est la culture créole. E. Moutoussamy dans son poème « Tu as tout donné » explique ce que la guadeloupe a reçu du monde et ce qu’elle en fait : un mélange. Le « Léwoz », le « Gwoka » comme le « Colombo » ou le « Massalè » appartiennent à la culture guadeloupéenne. La culture guadeloupéenne est aussi riche que belle.

Ce recueil fait l’éloge de l’histoire et de la culture guadeloupéenne, car l’auteur s’en sert pour emettre des messages forts.

Des messages Forts[modifier | modifier le wikicode]

  • Le poète a une mission, il émet donc des messages forts, les messages de la Guadeloupe, les messages qui doivent l’aider dans l’accomplissement de sa tâche. Il semble définir son rôle dans le poème « UNE ÎLE POETE ». Selon lui, la Guadeloupe est poétique avec « ses messages à feuilles ouvertes », la poésie parle d’elle-même à travers la nature, « À travers les rayons d’un soleil.. », mais ces messages ne sont pas toujours perceptibles. Le corollaire est donc que le poète a pour mission de traduire l’histoire profonde que lui révèle la Guadeloupe.
  • Et c’est de cette histoire accompagnée d’une riche culture qu’Ernest Moutoussamy veut que les guadeloupéens soient fiers. Il vante la Guadeloupe, fille du mariage des continents. Dans le poème « BELLE ÎLE », m’anaphore exclamative : « Belle Île !» qui est réitérée tous les deux ou trois vers indique que notre poète veut transmettre l’idée que la Guadeloupe est bellle, malgré son histoire rude dont elle est victime. Mais en réalité, la beauté de Karukéra réside dans son histoire donc Moutoussamy insiste sur cette dernière afin de faire évoluer la Guadeloupe, de mieux préparer « l’avenir ».
  • Cet n’est possible que s’il y a des femmes. E. Moutoussamy consacre toute une partie de son œuvre aux femmes car la femme représente mieux l’amour et la création. Il est évident que le recueil ne pourrait s’appeler « Métisse Garçon » ! On retrouve de multiples facettes de la femme dans les poèmes dont certains sont dithyrambiques. Le poème « Femme » nous donne l’image d’une jeune fille devenue femme trop tôt à cause de la misèer. Dans d’autres poèmes, comme « MAMAN ! MON PREMIER CRI D’AMOUR », on a l’image de la mère, mère qui transmet cet amour de l’île, mère fidèle qui renoue avec ses origines lorsqu’elle cuisine. ( cf « MA MERE ET LE MASSALE » ) et mère de tous les enfants du monde. La femme est le symbole fort du recueil poétique.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Ernest Moutoussamy a réussi à traduire l'âme profonde de la Guadeloupe en renouant ses liens avec celle-ci, pour nous offrir avec brio un recueil poétique ùacéré dans l'histoire et la culture de l'île, un recueil qui a la vocation de toucher le fond intérieur des guadeloupéens, par la révélation des messages de Karukéra. Le talent de notre poète est d'autant plus remarquable que son chef-d'œuvre est la représentation par excellence de ce métissage guadeloupéen, thème fort que l'auteur a voulu partager avec son peuple. Il n’est pas anodin de faire remarquer que Métisse Fille a reçu le prix du meilleur ouvrage insulaire en 2004. Plus qu'être digne d'appartenir à la Guadeloupe, l'œuvre de Moutoussamy appartient à l'Humanité. D'autres personnalités ont cette conviction qu’il faut renouer avec la tradition et que la poésie est un excellent moyen pour guider le peuple. Maryse Condé, en mars 2007, a accepté et a présenté le groupe de musique "INDESTWAS KA", un groupe de gwoka qui sortira un nouvel album prochainement (2007). Segolène Royal a affirmé, dans l'émission "A vous de juger" du jeudi 15 mars 2007 qu'elle aimait la poésie, surtout celle d'Hugo, qui lui permettait d’avoir des idées. La poésie et la politique sont compatibles, du moins, semblent l'être.

Intérêt[modifier | modifier le wikicode]