Leçons de niveau 13

Sport, mondialisation et géopolitique/Annexe/Mondialisation des échecs

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Mondialisation des échecs
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Annexe 6
Leçon : Sport, mondialisation et géopolitique

Annexe de niveau 13.

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Mondialisation des échecs

Un jeu médiéval[modifier | modifier le wikicode]

Jeu figuratif d'Iran du XIIe siècle.
Symboles des pièces d’échecs.

Origine mythique[modifier | modifier le wikicode]

Petite histoire d'un sage nommé Sissa[1],[2]

Le créateur du jeu d'échecs serait un brahmane nommé Sissa, qui vivait au Ve siècle de notre ère. Il aurait inventé le chaturanga pour distraire son prince/roi (Belkib, Indes, 3 000 ans avant notre ère) de l'ennui, tout en lui démontrant la faiblesse du roi sans entourage. Souhaitant le remercier, le monarque propose au sage de choisir lui-même sa récompense. Humblement, Sissa demanda « juste un peu de blé ». Il invite le souverain à placer un grain de blé sur la première case d'un échiquier, puis deux sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit sur la quatrième, et ainsi de suite jusqu'à la soixante-quatrième case en doublant à chaque fois le nombre de grains. Cette demande semble bien modeste au souverain fort surpris et amusé par l'exercice. Mais le roi n'a jamais pu récompenser Sissa : sur la dernière case de l'échiquier, il faudrait déposer 263 graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains précisément), et y ajouter le total des grains déposés sur les cases précédentes, ce qui fait un total de 18 446 744 073 709 551 615 grains (la formule de calcul est alors 264-1) ou bien plus de 1 000 fois la production mondiale de 2012 !

Origines et diffusion[modifier | modifier le wikicode]

La première forme des échecs est apparue dans l'Inde vers VIe siècle sous le nom de chaturanga ( le jeu « des quatre rois » ou « des quatre saisons »). Il comportait un lancé de dés et faisait s'affronter deux équipes de deux personnes. Chaque camp ne disposait que de quatre pièces et de quatre pions. Les pièces, hiérarchisées, étaient disposées aux quatre coins du damier. Elles représentaient le roi, l'éléphant, le cheval et le navire. À cette époque, la conduite du jeu dépendait beaucoup plus du hasard que de la réflexion. La victoire ne tient pas à la mort du roi, mais au nombre de points obtenus par les joueurs[3].

Vers 570, le jeu indien se transforme et passe en Perse avec le nom shatrandj. Les Arabes font ensuite connaissance avec ce jeu en 642 en conquérant la Perse. Vers 660, les échecs musulmans deviennent non figuratifs. Seuls les chiites ont continué à jouer avec des pièces figuratives[4]. Aux VIIe et IXe siècles, les échecs orientaux sont diffusés dans tout le monde islamique jusqu'en Espagne musulmane. Le jeu est également introduit en Chine et au Japon par voies commerciales. C'est notamment en 842 qu'a lieu le premier traité échiquier arabe. Autour de l'an 1000, le jeu est introduit depuis la mer Noire vers le Scandinavie et la Russie, puis est diffusé dans l'Occident chrétien par l’Espagne et la Sicile. La première mention du jeu d'échecs dans un texte occidental a lieu en 1008. En XIe siècle, l’Église condamne les échecs en la qualifiant de « jeu de hasard » puisqu’il se joue alors avec des dés.

Aux XIIe et XIIIe siècles, les pièces se transforment : le jeu de guerre devient alors un jeu de cours. Les échecs se popularisent et gagnent toutes les couches de la société occidentale. Vers 1200 le pape Innocent III tente une première moralisation du jeu d'échecs : les joueurs sont enjoints d’abandonner les dés. Saint Louis condamne en suite, en 1254, le jeu d'échecs qui se joue encore avec des dès. En s'inspirant des compositions arabes antérieures, le Lombard Nicolas de Nicolaï compose en latin, en 1275, le premier traité occidental échiquéen diffusé sous le nom de Bonus Socius. Vers 1315, le Lombard Jacques de Casseloes compose en latin Le Livre des échecs moralisés. Les dés sont définitivement abandonnées.

Évolutions[modifier | modifier le wikicode]

Vers 1475, les règles sont transformées pour accélérer les parties. En 1574, Philippe II d'Espagne est le mécène du premier tournoi occidental, entre champions italiens et espagnols. En 1619, les compilations de parties entreprises par Gioachino Greco, dit le Calabrais, s'imposent comme normes. En 1715, le café de la Régence à Paris devient le haut lieu des parties d'échecs jusqu'en 1920.

Le jeu des échecs moralisés[5] : lors de leur apparition en Europe, les échecs se jouant avec les dés et pour de l'argent, sont fortement condamnés par l'Église. Pourtant, à partir de 1200, la popularité croissante du jeu force l'Église à lever l'interdiction. Les ecclésiastiques entreprennent alors une moralisation des échecs sous la forme de traités allégoriques. Le premier de ces traités, Innocente Moralité, attribué à Innocent III, pape de 1198 à 1216, exerce une influence prépondérante sur les membres du haut clergé. Il influence également les auteurs de moralités comme ce moine dominicain, Jacques de Cessoles, qui propose chaque dimanche des prêches s'inspirant du jeu d'échecs. Vers 1315, il décide de compiler ses sermons par écrit qui fut traduit en français par Jean de Vignay sous le titre Le Jeu des échecs moralisé dans lequel les échecs se jouent sans dés. Le jeu d'échecs sert de base à l'instruction civique des jeunes aristocrates, qui prennent ainsi connaissance des différentes catégories de la société médiévale symbolisées par les pions.

Lorsque les Arabes envahissent la Perse, ils l’adoptent sous le nom de shatranj. Les échecs connaissent alors un développement remarquable. C’est au cours des Modèle:S2 qu’apparaissent les premiers champions et les premiers traités. Les pièces sont stylisées en raison de l’interdiction de représenter des êtres animés. On retrouve alors :

  • le roi (Shâh, c’est lui qui donne son nom au jeu) se déplace d’un pas dans toutes les directions ;
  • le conseiller (Farzin ou Vizir) dont le mouvement est limité à une seule case en diagonale ;
  • l’éléphant (Fil, cf. sanskrit pīlu) avec un déplacement correspondant à un saut de deux cases en diagonale ;
  • le cheval (Faras), identique au cavalier moderne ;
  • le (Roukh), semblable à la tour actuelle.
  • le soldat (Baidaq, cf. sanskrit padāti : piéton, fantassin), l’équivalent du pion, mais dépourvu du double pas initial.

(Le Roukh était parfois représenté comme un char de guerre. Les Arabes y voyaient un général commandant l’armée. Mais son sens littéral reste obscur. Il semble que pour les Arabes, ce mot n’avait pas d’autre sens que celui de désigner cette pièce au Shatranj, un peu comme le mot rook pour les anglophones aujourd’hui. Le lien étymologique avec le sanskrit ratha : char est peu évident).

Mondialement diffusé aujourd’hui[modifier | modifier le wikicode]

Aujourd'hui, grâce au développement des technologies ( ordinateurs, téléphones, tablettes etc. ) nous pouvons jouer aux échecs sur tout type d'interfaces, que ce soit contre un réel adversaire ou contre l'ordinateur. Moins pratiqués, les échecs avec des vraies figurines joués par deux joueurs situés en face continuent tout de même d’avoir lieu que ce soit un jeu entre amis ou un jeu compétitif lors de championnats.

Références[modifier | modifier le wikicode]