Représentations et cartes du monde/Fiche/Plan et arguments (chapitre 3)

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Fiche mémoire sur les cartes
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Représentations et cartes du monde/Fiche/Plan et arguments (chapitre 3)
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Quelle représentation ?[modifier | modifier le wikicode]

La plus simple, plus courante et avec un minimum d'erreur : représentation des contours des continents sur un sphère (« globe terrestre ») avec négligence du faible aplatissement de la Terre. Ce mode est adapté aux petites échelles mais pas pour des grandes échelle, la cartographie détaillée ou lorsque représentation de la Terre doit être insérée dans un texte.

La carte[modifier | modifier le wikicode]

La carte : représentation de la Terre plate, la plus efficace et donc la plus courante, nécessite l’aplatissement de la surface de la surface du monde réel sur un plan

Toute carte est fausse[modifier | modifier le wikicode]

  • Une carte est par définition fausse car il est impossible de représenter en 2D la surface d'une sphère sans faire d'erreurs, d'où la projection de Fuller.
  • La précision dépend de l'échelle utilisée (plus elle est grande, plus la carte est précise).
  • La surface de la Terre évolue continuellement, de façon naturelle ou artificielle. Les cartes doivent donc être mises à jour régulièrement.

La projection[modifier | modifier le wikicode]

Il existe deux types de projections :

  • Les projections équivalentes, qui conservent les surfaces (projection de Peters).* Les projections conformes qui conservent les angles (projection de Mercator).

Familles de projections[modifier | modifier le wikicode]

  • projections azimutales
  • projections coniques
  • projections cylindriques
  • multitude d'autres projections (cordiforme, orthographique, etc.)

Choix de la projection[modifier | modifier le wikicode]

  • En science de la Terre: 1e données géophysiques préviennent de la mer donc on choisit majoritairement des projections de Mercator pour raisons historiques
  • Projections coniques: souvent utilisée pour cartes de petite taille car sont conformes et ont une faible déformation des surfaces entre les parallèles de référence
  • SIG (Système d'information géographique) laisse un plus large choix du type de projection car il est important de choisir le bon type de représentation pour pouvoir observer le phénomène que l’on étudie

L'échelle[modifier | modifier le wikicode]

échelle cartographique : rapport entre réalité et sa représentation (la carte), désigne la « hauteur » de la carte soit le niveau de détails qu'elle présente. ex :

  • 1/25 000 : 1 cm sur carte représente 25 000 cm dans la réalité, soit 250 m (cas de la représentation d'un canton)
  • 1/10 000 000 : 1 cm sur la carte représente 10 000 000 cm dans la réalité, soit 100 km (cas de la représentation de la France métropolitaine)
  • 1/100 000 000 : 1 cm sur la carte représente 100 000 000 cm dans la réalité, soit 1 000 km (cas de la représentation de la planète)

Le choix de l'échelle est important selon l’utilisation qu'on projette de faire avec cette carte. 1/100 000 000 (= 0,00000001) : « petite échelle » 1/25 000 (= 0,00004) : « grande échelle »

En 1978, Jorge Luis Borges, écrivain argentin de prose et de poésie, a eu l’idée de la carte absolue en termes de précision : il suffit de la faire à l'échelle 1/1. Les difficultés de sa réalisation ont été étudiées par Umberto Eco, linguiste-philosophe italien, de façon très sérieuse.

Généralement l'échelle est représenté par une règle sur la carte mais du fait de la déformation de la projection, elle n’est pas tout à fait la même en tout point de la carte. La règle représentative est donc fausse, pour cela des règles variables sont parfois représentés mais elles restent approximatives.

Problème du temps[modifier | modifier le wikicode]

Terre n’est pas stable et en continuel évolution :

  • dans sa forme physique : déforestation, montée des eaux, volcanisme, etc.
  • humaine : urbanisation, déplacements de frontières, épaves, découvertes des nouveaux îles, etc.

carte : représentation de la Terre à un instant fixe: presque immédiatement périmée et doit être mise à jour régulièrement

Question de points de vue[modifier | modifier le wikicode]

  • Toute carte est subjective, elle exprime le point de vue de son créateur. Il n'y a donc pas de bon planisphère.
  • Selon son pays, une carte aura un méridien d'origine sur lequel elle sera centrée. Il a beaucoup évolué au fil des siècles (M-Â = la Mecque, 1884 = méridien de Greenwich).
  • Selon l'hémisphère, une carte aura le sud orienté vers le bas ou vers le haut car pas de haut ou de bas dans l'espace (ex: McArthur).
  • Le choix des éléments indiqués sur la carte sont également subjectifs car lorsque deux pays entrent en conflits, l'auteur doit prendre partie. Ex : le Kosovo (Union européenne vs Serbie) ou encore le Sahara occidental (essentiellement occupé par le Maroc depuis 1976), ne pas le représenter c’est se fâcher avec les Sahraouis, le représenter ferait grincer les dents des Marocains.

La géodésie[modifier | modifier le wikicode]

  • planisphère : représentation de la planète non fidèle et forcément déformée => solution : cartographie en 3 dimensions
  • Terre : sphère non parfaite : « sphéroïde » (forme géométrique vaguement sphérique) = le géoïde
  • géoïde = « surface équipotentielle de pesanteur » = référence pour l’altimètre et la gravimètre mais aussi la surface moyenne des océans car la mer suit presque parfaitement le géoïde
  • systèmes géodésiques (ex: GPS) utilisent un ellipsoïde qui a l'avantage d’être plus régulier mais qui s'éloigne un peu de la géoïde (d’où la marge d'erreur des GPS et du RGF en termes d'altitude)

Enjeux des cartes[modifier | modifier le wikicode]

  • carte = instrument de pouvoir (économique, politique et militaire)
  • cas différents aspects se combinent lors de l’essor du commerce maritime au XIIIe siècle : pour les monarchies espagnole et portugaise la cartographie relève du secret d’État
  • Sur terre : délimitation, l'appropriation territoriale et d'inventaire des richesses disponibles en surface ou souterrain (cartes géologiques)
  • Usage militaire (à partir du XIXe siècle) : évolue avec le progrès l’artillerie qui suppose « voir » l'ennemi derrière les reliefs et de localiser précisément les objectifs. Ce même usage pousse à dissimuler certaines informations
  • Au XXe siècle : contrôle politique échappe au pouvoir politique (l'aviation et satellites d'observation rendent inefficaces les tentatives de dissimulation)
  • L'informatique, reliée aux réseaux de diffusion sur Internet : démultiplie la capacité à produire les cartes et les rendre accessible à tous
  • « pouvoir des cartes » = capacité de délivrer un message. Celui-ci appelle à un recul nécessaire du lecteur par rapport à une carte

Influence des cartes[modifier | modifier le wikicode]

Carte :

  • répond aux différents objectifs: rend compte, donne à voir (à travers des cartes de localisation ou routières à priori neutres mais elles dépendent toujours de choix de représentation), montre et met en évidence.
  • oriente le regard [du lecteur] sur l'espace, dans le sens voulu par l'auteur se servant des techniques cartographiques.
  • livre ou suggère une vision sur le monde
  • exerce une influence sur le lecteur et l'utilisateur qu'elle chercher à convaincre ou tromper par omission ou fausses indications.