Recherche:Mise au point d'un drone subaquatique/Fiche/Aspects éthiques

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Fiche mémoire sur les aspects éthiques
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Mise au point d'un drone subaquatique/Fiche/Aspects éthiques
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Pour des raisons d'éthique environnementale ainsi que de pertinence scientifique des données et images acquises, le drone ou robot doit perturber aussi peu que possible les écosystèmes, le milieu et les organismes qu’il observe.

Nous souhaitons par ailleurs qu'il ne soit pas détourné pour faciliter la capture ou mise à mort d'animaux ou d'autres êtres vivants.

introduction[modifier | modifier le wikicode]

A juste titre, des réflexions éthiques accompagnent l'intrusion des robots et d'un début d'intelligence artificielle dans l'environnement naturel[1].

Il a notamment été constaté que les drones aériens (leur présence, leur bruit, leurs mouvements voire le passage de leur ombre à la surface du sol, de l’eau ou de la canopée) peuvent perturber de nombreuses espèces d'animaux vivant dans l'air, l'eau ou les sols.

Selon nos retours d'expérience, après un temps d'habituation, s'il ne fait pas de mouvements brusques, n'éclaire pas brutalement son environnement (de nuit), il semble qu'un drone subaquatique puisse être moins perturbant qu'un drone volant ou un plongeur sous-marin, mais il pourrait exister des exceptions.

L'utilisateur peut déjà se référer à un « guide de bonnes pratiques » produit par Jarrod C. Hodgson et Lian Pin Koh, deux chercheurs de l’Université d'Adélaïde (Australie) pour les drones aériens ou terrestres utilisés pour l'observation environnementale, afin qu'ils perturbent aussi peu que possible la faune sauvage. Ce guide a été publié le 23 mai 2016 dans la revue Current Biology[2] a été présentée en 2016 par Valentine Delattre le 25 mai 2016 dans la revue de vulgarisation scientifique Science et avenir, dans un article intitulé « Drones et faune sauvage : 7 conseils »[3].

La première version de ce guide contient sept principes et recommandations, qui pourraient être adaptées au milieu subaquatique de la manière suivante :

principes et recommandations de bonnes pratiques :[modifier | modifier le wikicode]

Appliquer le principe de précaution[modifier | modifier le wikicode]

Même s'il n'y a pas obligations de minimiser les nuisances dans le contexte d'une mission ou d'observations ponctuelles, l'opérateur doit faire preuve de prudence, notamment en présence (certaine ou potentielle) d'espèces inconnues, vulnérables ou menacées.

Faire valider son plan d'étude ou protocole expérimental par un comité d'éthique[modifier | modifier le wikicode]

Les opérateurs sont encouragés à expliquer les enjeux, avantages et éventuels inconvénients de l'utilisation d'un drone ou robot dans le contexte de l'étude, par rapport à d'autres méthodes classiques de récolte des données ou d'échantillons (observation in situ par plongeur, prélèvement manuels, utilisation d'un bateau à moteur, avion ou images satellitaires, etc.

Appliquer la législation locale, nationale et internationale[modifier | modifier le wikicode]

Se renseigner sur la législation en vigueur et demander les autorisations nécessaires, notamment dans les aires marines protégées et autres aires protégées, canaux, carrières, etc.

Utiliser l'appareil, les capteurs et accessoires adéquats[modifier | modifier le wikicode]

Le drone ou robot doit réduire autant que raisonnablement possible les stimuli (visuels, électromagnétique, électriques, vibratoires et auditifs) susceptibles de gêner des espèces cibles ou non cibles, tout en permettant d'atteindre les objectifs de l'étude.

Une piste proposée par Jarrod C. Hodgson et Lian Pin Koh (et mainte fois efficacement testées par des photographes) consiste à « déguiser les drones en animaux », mais un petit drone ressemblant trop à un animal peut devenir la proie d'un prédateur ; Un drone ressemblant trop à un prédateur peut aussi stresser des espèces observées ou étudiées. Une possibilité est alors de déguiser le drone en un objet passivement dérivant ; il peut évoquer un morceau de bois dérivant entre deux eaux (à éviter en présence de castors), une méduse morte ou une touffe de végétaux (à éviter en présence d'herbivores affamés).

Pilotage doux[modifier | modifier le wikicode]

Il est recommandé de procéder à une immersion douce et faite hors de la vue de l’espèce étudiée (de même pour sortir le drone de l’eau).

Le pilotage doit être aussi doux que possible dans les conditions du milieu (donnant idéalement l'impression que le drone n'est qu'un objet passif et non menaçant, balloté ou porté par le courant).

Jarrod C. Hodgson et Lian Pin Koh recommandent en outre de respecter une « distance de sécurité » avec les animaux ou d'éviter les trajectoires d'approche pouvant être perçues comme menaçantes pour les espèces et/ou individus observés.

Stopper l'observation en cas de stress visible[modifier | modifier le wikicode]

Si le comportement des animaux révèle ce qui semble être un stress important pour eux (Le pilote ou un assistant devrait avoir une expérience des espèces observées ou des connaissances en éthologie).

En cas de nuisance visiblement excessive (sauf si l'expérience portait sur la mesure du stress provoqué par des drones ou robots subaquatiques) il est recommandé de cesser l'observation.

Rem : Une mission peut être préparée à l'avance avec un temps d'accoutumance des espèces observées au drone ou robot (dont une imitation peut par exemple être laissée en suspension dans l'eau à l’endroit où l'utilisera ensuite).

Détailler les procédures et les résultats[modifier | modifier le wikicode]

Publier les données de procédures, résultats (y compris échecs) permettra de constituer une base de retours d'expérience utile aux futurs opérateurs et concepteurs d'expérimentations ; pour observer en respectant le milieu et la faune sauvage.

De l'open data raisonnée[modifier | modifier le wikicode]

L'un des principes est qu'en échange de l’assistance du robot, les images faites par lui puisse être disponibles à tous, en veillant toutefois à ce que cette donnée environnementale ne soit pas détournée pour des intentions ou usages non-soutenables. Les images pourraient contenir un tatouage numérique.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. La restauration et la conservation de l’environnement peuvent-elles être gérées par la technologie ?, fast coexite 17 mars 2017
  2. Jarrod C. Hodgson and Lian Pin Koh (2016), Best practice for minimising unmanned aerial vehicle disturbance to wildlife in biological field research ; Current Biology ; DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2016.04.001(résumé)
  3. http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/20160524.OBS1113/drones-7-conseils-pour-respecter-la-faune-sauvage.html