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Premiers secours en équipe/Le relevage et le brancardage/Choix du mode de transport

Leçons de niveau 11
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Choix du mode de transport
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Chapitre no 1
Leçon : Le relevage et le brancardage
Chap. suiv. :Aide à la marche et portage manuel
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Le mode de transport dépend :

  1. Du matériel et du personnel à disposition.
  2. De l'environnement.
  3. De l'état de la victime ou du malade.

Vocabulaire[modifier | modifier le wikicode]

  • Brancard :
    1. (Rare) Hampe d'une civière.
    2. (Par synecdoque) (sens général) Synonyme de civière.
  • Brancardage : le fait de transporter une victime sur un brancard.
  • Chariot : plateau sur roue, supportant un brancard à une hauteur d'environ 1,10 m du sol.
  • Civière : dispositif permettant de transporter une personne allongée.
  • Portage : le fait de transporter une victime sans matériel.
  • Rachis : colonne vertébrale. Traumatisme rachidien : traumatisme de la colonne vertébrale.
  • Relevage : opération consistant à déposer une victime sur une civière ou autre dispositif de transport.

Démarche[modifier | modifier le wikicode]

Le choix du mode de transport dépend de l'évaluation de la situation :

  • le bilan de la victime permet de déterminer ce dont elle souffre et donc :
    • les gestes à effectuer avant le transport ; en dehors de dégagement d'urgence ou d'une dégradation rapide de l'état ne pouvant être traité qu'en milieu hospitalier, le transport n'est jamais une priorité,
    • les précautions à prendre avant le transport : immobilisation de certaines partie, administration d'oxygène en cours de transport, parties du corps à surveiller…
  • le bilan circonstanciel s'accompagne d'une évaluation du cheminement pour le transport : quel chemin emprunter, présence d'obstacles et de dangers, état du sol (lisse ou accidenté, propre ou glissant, présence de débris…), escaliers, ascenseur, passages étroits…

La décision dépend aussi de l'équipe : y a-t-il suffisamment de personnes pour les manœuvres ? Sont-elles formées et entraînées à l'utilisation de matériel spécifique ?

Le matériel à disposition[modifier | modifier le wikicode]

Le matériel à disposition dépend de l'état de préparation de l'équipe : le matériel doit être acheté, vérifié et entretenu ; l'équipe doit être formée à son utilisation ; le matériel doit pouvoir être amené jusqu'à la victime. C'est donc une question qui concerne l’organisme au sein duquel évolue l'équipe de secouristes (association, entreprise, corps d'État).

Les moyens typiquement à disposition sont :

Brancard normalisé, ou brancard pliant à compas sans têtière
Un brancard normalisé est un brancard pliant destiné à transporter une personne couchée. Il est composé de deux hampes, ou « brancards », munies de poignées et reliées entre elles par des compas, et sur lesquelles est fixée une toile. C'est un matériel simple, robuste et facile à produire. Il est porté à la main, par deux à quatre équipiers.
Certains modèles sont articulés pour permettre de relever le haut du corps et ainsi de transporter la victime en position semi-assise, et parfois en position avec les jambes relevées. Certains modèles sont munis de sangles pré-installées pour prévenir les risques de chute de la victime lors de son transport.


Chaise de transport
La chaise de transport est une chaise à roulette pliable. Elle permet de transporter une victime assise, si son état le permet. Elle peut passer dans des passages étroits et peut être portée dans les escaliers, par deux à quatre secouristes. Sur terrain plat, elle peut être manipulée par un seul ou une seule secouriste.
Brancard principal
Le brancard principal est un brancard muni de roues, ce qui facilite les méthodes de pont. Il a une têtière articulée pour permettre de placer la victime en position semi-assise ; il est parfois articulé aux pied pour permettre de relever les jambes. Dans certains cas, il possède un chariot porte-brancard, ce qui permet d'en faire un brancard-chariot.
Brancard-chariot, ou civière d'ambulance
Le brancard est posée sur un châssis roulant, le chariot, ce qui permet le transport par une seule personne. Ce châssis s'abaisse pour permettre le relevage, s'élève pour permettre le transport avec un équipier ou une équipière marchant debout, et les pieds se replient pour permettre de le rentrer sur son support dans l'ambulance. Il peut être porté lorsqu'il n’est pas possible de le faire rouler ; pour ce faire, il est parfois possible de séparer le portoir du châssis, on a alors une civière similaire au brancard normalisé ou bien un brancard principal, plus léger que la civière complète. La civière est articulée pour permettre le transport de la victime en position semi-assise, et parfois en position avec les jambes relevées. Elle est munie de sangles qui permettent de retenir la victime en cas d'accident d'ambulance.
Portoir souple, ou alèse portoir
Le portoir souple est un moyen de relevage. Il est léger et permet de relever une victime dans un endroit où il n'est pas possible d'amener un brancard. Il ne peut servir que si la victime ne présente pas de fracture ; dans le cas contraire, on utilisera un plan dur ou un matelas immobilisateur à dépression. Après le relevage, il sert à transporter la victime jusqu'à la civière. En « mettant des poignées » à la victime, il permet aux secouristes d'avoir une meilleure position et donc de réduire le risque de blessure, ou bien de lever une charge plus lourde (victime obèse). Il permet éventuellement un relevage à deux personnes.
Plan dur
Dans le cas le plus simple, un plan dur est une planche munie de poignées (planche Olivier, planche Berbier-Kind). Elle peut être en forme de gouttière pour un meilleur maintien de la victime, et être munie d'un immobilisateur de tête. C'est un des moyens privilégiés en cas de suspicion de traumatisme de rachidien. C'est aussi un moyen robuste, léger et facilement lavable, donc utile dans les situations difficiles : passages étroits, sol couvert de débris, extraction d'un véhicule accidenté… En « mettant des poignées » au patient, il permet aux secouristes d'avoir une meilleure position et donc de réduire le risque de blessure, ou bien de lever une charge plus lourde (victime obèse). Il permet éventuellement un relevage à deux personnes.
C'est normalement un moyen de relevage et de transport jusqu'à la civière ; en cas de traumatisme du rachis, il est posé sur la civière, sinon, la victime est normalement transférée sur la civière, pour des raisons de confort.
Gouttière Bellisle
La gouttière Bellisle, ou portoir corset, est un plan dur disposant de bords relevables. Il est utilisé notamment dans la marine car il facilite le transport dans des coursives étroites et les échelles. La rigidité longitudinale est assurée par des lames, et lorsque l'on replie les bords, les lames viennent entourer le dos de la victime et former une gouttière, ce qui assure le maintien latéral. Il est muni de poignées et on peut lui adjoindre des hampes pour l'utiliser comme un brancard classique.
Matelas immobilisateur à dépression
Le matelas immobilisateur à dépression (MID), ou matelas coquille, est un moyen de relevage. Il assure un maintien en position de la victime et joue donc le rôle d'attelle ; il est privilégié en cas de fracture, en particulier du rachis, ou de brûlure étendue (pour limiter la douleur liée aux mouvements). Comme le portoir souple, il est destiné au relevage et au transport jusqu'à une civière. Il est composé d'une enveloppe souple qui doit rester étanche, c'est donc un matériel très sensible aux coupures. Il présente un meilleur confort qu'un plan dur, mais est plus fragile.
Barquette
La barquette est une civière à bords relevés. Elle est très sécurisante pour la victime et permet le transport dans des conditions difficiles. En revanche, elle est dure et donc inconfortable, elle n’est pas adaptée pour les longs trajets ; la victime doit ensuite être transférée sur un brancard.
Brancard cuiller, ou civière de relevage à lames
La civière de relevage à lame, ou civière à aubes, ou encore portoir cuiller, est un moyen de relevage. Il vient se glisser sous la victime ; étant plus fin que les mains, il permet de relever la victime en limitant risque d'aggravation d'un traumatisme rachidien. Il sert ensuite à transporter la victime jusqu'au moyen d'immobilisation et de transport : plan dur ou matelas immobilisateur à dépression posé sur un brancard. En évitant de mettre les mains au sol, il permet également aux secouristes de moins se baisser et limite donc le risque de blessures, ou bien d'effectuer un relevage à seulement deux secouristes. Il permet aussi de travailler sur un sol présentant des risques de coupure ou de contamination.
Gouttière Sked
La gouttière Sked® (Sked stretcher) est une civière semi-rigide utilisée aux États-Unis. Elle se présente sous la forme d'une feuille plastique. Le fait de relever ses bords — la forme étant maintenue par des angles — lui confère sa rigidité longitudinale. Légère et facilement lavable, elle est recommandée pour les situations de contamination nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC). C'est aussi une alternative à la barquette pour les évacuations en hauteur.
Brancard Piguilem
Brancard monté sur patins, permettant une évacuation à ski.
Civière pour hélicoptère
C'est une civière plus étroite que le brancard normalisé. Seuls les hélicoptères lourds peuvent transporter un brancard normalisé.
Attelle cervico-thoracique
l'attelle cervico-thoracique (ACT), parfois désignée par son nom commercial KED (Kendrick extrication device), est un moyen de relevage. Il sert à extraire une victime en position assise tout en immobilisant la colonne vertébrale, pour la transférer sur un brancard. Il est notamment utilisé en cas d'accident de la circulation. Outre le fait d'immobiliser le rachis, il « met des poignées » à la victime et facilite son transfert.
Sangle
Les sangles, ou à défaut des cordes, peuvent servir à trois choses :
  1. Aider au relevage : en se glissant sous la victime, elles permettent de la soulever sans que les secouristes aient besoin de placer leurs mains sous le corps. Ils et elles ont ainsi une meilleure position, ce qui évite les blessures et permet de porter des charges plus lourdes (victime obèse).
  2. Sangler la victime sur la civière : cela permet d'éviter la chute de la victime en cours de brancardage.
  3. Porter le brancard : elles sécurisent le brancardage à deux équipiers et équipières. Elles permettent également d'assurer le brancard depuis un point haut sur une forte pente.
Moyens improvisés
En situation de catastrophe ou en situation d'urgence, il peut être nécessaire d'utiliser des moyens improvisés. Cela présente un risque pour la victime : le moyen n’est pas éprouvé et peut donc céder, il n'est pas spécifiquement prévu pour être porté et donc les secouristes risquent de le lâcher… Par mi les moyens possible, citons :
  • une porte, utilisée comme plan dur ;
  • une couverture ou un drap, utilisé comme portoir souple ;
  • des vestes solides, typiquement des vêtements de travail ou des parkas : en retournant la veste et en faisant passer des bâtons dans les manches, ils peuvent servir de civière ;
  • le portage manuel, avec les mains en chaise ou bien portage à dos ;
  • chaise d'ameublement, utilisée comme une chaise de transport.

L'environnement[modifier | modifier le wikicode]

L'environnement détermine, parmi le matériel dont on dispose, ce que l'on pourra utiliser.

Sur une voie publique en bon état et sans obstacle à franchir, on privilégie les moyens roulants — chaise roulante, civière d'ambulance — qui permettent de minimiser les risques de chute pour la victime et les risques de blessure pour les secouristes.

En intérieur, il faut s'assurer que l'on peut cheminer avec le moyen utilisé, en particulier si l'on doit prendre des virages ou un ascenseur. Si l'on doit descendre un escalier, on privilégie les moyens légers comme les chaises de transport et les brancards « simples » (brancard normalisé, plan dur). En France, les constructions récentes doivent permettre le cheminement d'une civière de dimensions 1,97 m × 0,57 m[1].

En terrain accidenté — hors route (champ, forêt, montagne) ou situation de catastrophe —, il n'est en général pas possible d'utiliser de système roulant. On utilise de préférence des moyens légers et robustes comme un plan dur ou une barquette, ou une chaise de transport. En situation de carence de moyens, il peut être nécessaire d'avoir recours à un portage manuel ou un autre moyen improvisé.

L'état de la victime[modifier | modifier le wikicode]

Enfin, la victime doit être transportable avec les moyens à disposition. Si l'état de la victime ne permet pas son transport avec les moyens à disposition, on demande des renforts avec des moyens et une formation appropriés (par exemple pour une évacuation en hauteur), ou bien on demande à ce que des moyens de soins viennent à la victime avant le transport (renfort médical de type smur en France). À moins qu'il ne faille extraire rapidement la victime de son environnement — cas du dégagement d'urgence — ou qu'il ne faille l'amener le plus rapidement possible vers un lieu de soins — notion « d'heure d'or » pour certaines pathologies —, auquel cas la régulation médicale (le Samu-centre 15 en France) peut demander le transport malgré la carence de moyens.

Les risques du transport[modifier | modifier le wikicode]

Si on transporte une victime, c'est que son état nécessite des soins que l'on ne peut prodiguer sur place. Mais le transport en lui-même présente des risques d'aggravation de l’état de la victime. Il convient de connaître ces risques afin de prendre les bonnes décisions et d'agir avec le soin nécessaire.

Si une victime présente une fracture, lors le siège de la fracture risque de bouger. Au niveau de la cassure, les os sont tranchants et risquent de provoquer des blessures internes : déchirer des tissus, provoquer une hémorragie interne, déchirer des nerfs. Cela peut conduire à des séquelles définitives (paralysie, douleur chronique) voire à la mort de la victime. En cas de fracture, il faut donc :

  • immobiliser la fracture, avec une attelle ; rappelons que le terme « attelle » inclue le collier cervical, le plan dur, le matelas immobilisateur à dépression et l'ACT ;
  • transporter avec précautions pour éviter les à-coups.

Les précautions sont les mêmes si elle présente un corps étranger.

Si une victime présente une pression sanguine faible, les organes sont mal irrigués par le sang. Il faut donc transporter la victime allongée, voire tête vers le bas (position « déclive ») pour concentrer le sang vers les organes importants (cœur, poumons, cerveau). Il faut éviter les accélérations longitudinales (vers l’avant ou vers l’arrière) qui peuvent amener le sang vers les pieds ; les mouvements de relevage et de brancardage doivent donc être doux, l'ambulance doit être conduite en douceur.

Le transport est générateur d'angoisse : la personne ne maîtrise pas ce qui lui arrive ; étant immobilisée sur la civière, elle ne voit pas où elle va. L'angoisse augmente le rythme cardiaque et risque donc d'aggraver son état. Il faut donc lui parler et la rassurer : lui expliquer ce qui se passe, les manœuvres que l'on va faire, où l'on est en train de passer.

Si la victime reçoit un traitement en continu, comme une inhalation d'oxygène ou bien une perfusion, certaines manœuvres peuvent venir interrompre le traitement (nécessité d'enlever le masque à oxygène, abaissement de la poche de transfusion qui ne permet plus le goutte à goutte). Ces manœuvres doivent donc être préparées afin de limiter la durée d'interruption.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Art. R162-3 du Code de la construction et de l'habitation, et norme NF EN 1865-1 « Spécification d'équipements pour le transport de patient dans les ambulances routières — Partie 1 : systèmes généraux de brancards et équipement pour le transport de patients ». Voir « Passage du brancard : caractéristiques dimensionnelles des dégagements », sur AQC (Agence qualité construction) (consulté le 11 septembre 2023).