Leçons de niveau 9

Nouvelle/Introduction

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Leçon : Nouvelle
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La nouvelle est un genre littéraire écrit en prose, tout comme le roman.

La spécificité du contenu[modifier | modifier le wikicode]

Le sujet de la nouvelle peut-être aisément résumé : il tient généralement en une phrase ou une formule lapidaire et parfois provocante. Cette formule, bien souvent le titre la donne. Le sujet est restreint. Il repose souvent sur un élément ponctuel et anecdotique. Mais l'anecdote doit être singulière, frappante. Elle peut-être choquante. En tout cas, elle entraine le lecteur loin de son univers familier; elle représente une rupture. Plus précisément l'univers décrit par la nouvelle peut-être familier au lecteur, mais la manière dont il est perçu au moment où le narrateur déroule l'histoire est, elle, troublante. Par ailleurs, la mise en place de l'univers de la nouvelle est plus rapide que celle du roman. Dans une nouvelle, il n'y a pas de détail superflu. Le narrateur va a l'essentiel. L'action est resserrée autour des éléments importants. Ce caractère constitutif de la nouvelle dérive de ses origines orales : la nouvelle doit théoriquement être lue d'une traite. Le narrateur ne cherche pas à convaincre par des vertus du raisonnement mais par celle de l'émotion. Le genre exclut par principe la multiplicité des points de vue : tout est singulier dans la nouvelle, tout est unique. Il s'agit du récit d'une expérience étrange, dont seul le narrateur connait le dénouement et dont il veut bien nous faire part. La nouvelle s’apparente au récit d'une crise qui est censée tenir le lecteur en haleine car seule comte l'issue, le coup de théâtre ou la résolution de l'énigme (quand le narrateur raconte, l'histoire est terminée). Le récit doit sans cesse faire impression et flatter la curiosité. Ce que l'auteur de nouvelles recherche par dessus tout c’est l'effet : il veut surprendre le lecteur, l'ébranler avec un minimum de moyens. Seul compte pour lui le trouble qu’il introduit dans son esprit. Dans la nouvelle, la frontière entre le réel et l'imaginaire devient rapidement indécise et il emporte de maintenir jusqu'au bout le lecteur dans une atmosphère de séduction diffuse.

Les personnages[modifier | modifier le wikicode]

Les personnages sont tous directement impliqués dans le nœud de l'intrigue. Ils sont assez peu nombreux; les personnages essentiels apparaissent généralement plus vite que dans les romans. Le personnage central est, lui, fortement caractérisé; il inquiète ou intrigue. Les personnages secondaires gravitent autour de lui. Ils forment ce qu'on pourrait appeler un "paysage psychologique", où le détail compte moins que l'impression d'ensemble : le nouvelliste peut, en un laps de temps très court, fournir une représentation satisfaisante des personnages concernés (âge, traits physique et moraux et éventuellement passé) dans la mesure où leur présence sert uniquement à mettre en valeur le personnage central et ses agissements ou réactions.

Le traitement de l'espace et du temps[modifier | modifier le wikicode]

Il repose sur le même principe : une stricte économie de moyens. Les lieux dans lesquels se meuvent les personnages sont peu nombreux et ils ne font pas l’objet d'une attention particulière de l'auteur. En effet l'action principale se situe généralement dans un lieu propice au surgissement de l'inconnu, de l'inattendu (auberge, rue, jardin etc.), un lieu de rencontre. La description de ce lieu est purement décorative : chaque détail compte car il a des incidences sur l'intrigue. La recherche de l'unité de temps est encore plus spectaculaire : 20 années de vie peuvent être résumées en quelques pages. Le récit a pour but de développer et d'amplifier un instant, parfois très bref un moment (ou des moments) de la vie d'un (ou de plusieurs) personnage(s). Le temps de la nouvelle est celui de la narration orale : on supprime tous les détails inutiles afin de ne pas ennuyer le lecteur. D'une certaine manière doit être précipité vers la fin. Maïs ce souci de l'ellipse doit-être également mis en relation avec la manière dont le narrateur lui-même a vécu l'expérience qu’il raconte. L'aventure inouïe qu’il relate a représentée pour lui un évènement inopiné : elle a pris la forme d'une rencontre inattendue, d'un spectacle inattendue. La nouvelle est avant tout le récit d'un souvenir, d'une "chose vue". À partir de cet évènement, l'écrivain introduit au cœur même de la nouvelle un temps particulier, fondé sur des raccourcis, de nombreuses interruptions, des retours en arrière etc. Tous ces procédés sont destinés à restituer le mieux possible l'émotion initiale et à la faire partager.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

La nouvelle a des ambitions différentes de celles du roman. Elle révèle la manière dont un aspect du monde est brusquement apparu aux yeux du narrateur à un moment donné de son existence.

Ce qui importe dans ce genre littéraire, c’est ce qu'on peut appeler l'éclairage par lequel l'auteur cherche à mettre en valeur un élément dramatique extrait du réel mais faisant l’objet d'une expérience unique, difficilement communicable. Toutes les nouvelles sont l’objet d'une expérience unique, théoriquement incommunicable (toutes les nouvelles sont plus ou moins marquées par le sceau du secret).

Le charme de la nouvelle réside dans le fait que tous les acteurs impliqués dans le récit sont ou deviennent des êtres doubles, marqués par une révélation. Cette révélation, parce qu'elle est une infraction à la loi du silence, revêt un charme trouble : des destinées en apparence banales ou médiocres sont jetées en pleine lumière et leur éclat contraint le lecteur à méditer sur la bizarrerie de l'existence, son imprévisibilité. La nouvelle a, d'une certaine manière, une valeur initiatique.