Leçons de niveau 12

Les Français et la République/Place des femmes

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Place des femmes
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Chapitre no 6
Leçon : Les Français et la République
Chap. préc. :Religions et laïcité
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Un rôle resté longtemps inférieur[modifier | modifier le wikicode]

Au début du XXe siècle, juridiquement, « la femme doit obéissance à son mari ». Quelques dispositions vont dans le sens de son émancipation : droit de disposer d'un salaire, d'ouvrir un compte en banque, et en 1884, de divorcer. Vers 1900, la plupart des femmes travaillent dans les champs avec leur mari ou dans les usines pour des salaires inférieurs à celui des hommes. Ce retard s'explique par l'instruction secondaire très peu développée et par la volonté des familles bourgeoises de faire instruire leurs filles sans les ouvrir au monde professionnel. Certaines professions commencent cependant à s'ouvrir aux femmes : la magistrature, la médecine et surtout l'enseignement.

Les femmes ont participé à l'effort de guerre en remplaçant les hommes partis au front. Dans les usine, les « munitionnettes » s'approprient des postes à responsabilités. Dans les campagnes, elles dirigent les exploitations agricoles à la place de leur mari absent. Elles doivent assumer seules l'éducation de leurs enfants. Avec 370 000 veuves, elles deviennent des chefs de famille. Pendant les Années Folles, elles expriment leur désir de nouveauté et leur revendication d'obtenir le droit de vote.

En 1930, les assurances sociales et les allocations familiales, accompagnées du développement de structures d'accueil en crèche, améliorent la situation des mères et des épouses. En 1938, la loi abroge l'obligation d'obéissance au mari. Avec le progrès de l'instruction, des femmes célèbres apparaissent : Simone Weil, Colette, Hélène Boucher. Les mœurs et la mode évoluent, mais concernent une infime partie de la population féminine.

Vers l'égalité des droits[modifier | modifier le wikicode]

Les femmes obtiennent le droit de vote en 1944. En 1946, la Constitution leur garantit, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux des homme. En 1950, la loi sur les conventions collectives affirme : « travail égal, salaire égal ». En 1945, la femme peut exercer une activité professionnelle sans l'autorisation de son mari. Un secrétariat d’État à la condition féminine est créé en 1974 et confié à Françoise Giroud. La loi Neuwirth (1967) permet la contraception orale et la loi Viel (1975) autorise l'IVG. En 1980, Marguerite Yourcenar devient la première académicienne et, en 1983, Édith Cresson, la première femme Premier ministre.

Avec la tertiarisation de l'économie, les femmes représentent la moitié de la population active (48,5% en 2008 contre 38,5% en 1954). La révolte étudiante de mai 1968 a provoqué une libération des mœurs qui s'est accentuée dans les années 1970. Le féminisme et le MLF entretiennent ce mouvement d’émancipation.

Une égalité encore incomplète[modifier | modifier le wikicode]

L'accès aux responsabilités progresse, mais lentement : 25% de cadres sont féminins dans le secteur privé en 2010 contre 19% en 2000 ; dans la fonction publique, les femmes sont majoritaires (55%) mais n'occupent que 14% des postes de direction. La mixité professionnelle n’est pas totalement réalisée et le taux de chômage est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Si les salaires sont identiques dans la fonction publique, un écart de 20% est constaté dans le secteur privé.

Les femmes sont sous représentées dans la vie associative, syndicale et politique. On compte 18,5 % de femmes à l'Assemblée et 21,8 % au Sénat en 2010.