Leçons de niveau 13

La liberté/Sociologie de la liberté

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Sociologie de la liberté
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Chapitre no 7
Leçon : La liberté
Chap. préc. :Connaissance et expérience de la liberté, enjeux
Chap. suiv. :Sommaire
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Sommes-nous plus libres sans les autres ? Comment penser la liberté par rapport aux libertés ? La liberté pour tous est-elle une véritable liberté ? La réalisation de la liberté, sa pratique politique, crée de nombreuses tensions.

L'autonomie politique est incarnée par la figure du citoyen, qui abandonne son indépendance naturelle pour se soumettre volontairement à des lois qui sont, au moins idéalement, les mêmes pour tous (Hobbes, Rousseau). C'est à cette condition que, selon cette théorie, les hommes peuvent être libres ensemble. Mais les lois peuvent être ressenties comme une aliénation par les individus.

Le paradigme du « bon sauvage »[modifier | modifier le wikicode]

Il existe cependant un point de vue opposé à cette vision de l'éducation défendant les libertés. Ainsi au XIIIe siècle, Montesquieu défendait un paradigme du bon sauvage, considérant l'éducation comme une domestication de l'homme, et la société comme un carcan. Ce point de vue, qui sera développé par Sigmund Freud dans son essai Malaise dans la civilisation (1929), a été discuté dès la Révolution française. Un ouvrage comme Sa majesté des mouches de William Golding suggère au contraire que l'homme privé des contraintes sociales n'en devient pas nécessairement meilleur.

Définitions[modifier | modifier le wikicode]

On distingue au niveau de l'individu plusieurs « types » de libertés :

  • la liberté naturelle : l'homme a le droit naturel d'employer ses facultés comme il l'entend ;
  • la liberté civile : elle s'inscrit dans le cadre d’un homme citoyen, étant libre de ses actes tant que ceux-ci ne sont pas contraire à la Loi, ou ne nuisent pas à autrui. Cette liberté est très délicate d'application, en particulier en ce qui concerne le droit de la concurrence, puisque toute création de commerce nuit par principe aux commerces antérieurs existants dans le voisinage. On y associe souvent la maxime suivante : « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres » ;
  • la liberté individuelle : dans la même optique que la précédente, elle reconnait à l'homme le droit d'aller et venir librement sur le territoire national, ce qui inclut la possibilité d'y entrer ou d’en sortir. Cette liberté a été étendue en Europe grâce aux accords de Schengen, permettant la libre circulation des personnes dans l'espace de la Communauté Européenne ;
  • la liberté de culte (ou liberté de conscience) : elle permet à chaque individu de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas avoir de croyance religieuse, dans la mesure où l’expression des croyances en question ""ne trouble pas l’ordre public" (déclaration des droits de l'homme).
  • la liberté d'expression : elle permet à chacun d'exprimer ses pensées sans censure préalable, mais non sans sanctions si cette liberté porte préjudice à quelqu’un. Elle va de pair avec la liberté de la presse, qui est celle d’un propriétaire de journal de dire ce qu’il veut dans son journal. Elle a subi un revers avec la loi Gayssot, qui a ébréché le droit fondamental au nom de la lutte contre le négationnisme. Il faut toutefois observer que si cette loi n’est pas conforme à la déclaration des Droits de l'Homme, elle a cependant été votée en France sans aucune voix d'opposition (ce qui est rarissime, la loi sur le RMI y constituant le seul autre exemple connu).
  • la liberté économique : elle permet à chacun de percevoir des revenus et de dépenser ces revenus : liberté de travailler et de consommer. Ce droit reste évidemment bien théorique lorsque la conjoncture ne permet pas à tous de trouver un emploi, mais précise au moins que nul ne peut se voir refuser par principe un emploi pour des considérations autres que de qualification professionnelle (par exemple sexe, origine ethnique, âge ou religion).

« Liberté de penser »[modifier | modifier le wikicode]

On désigne parfois en abrégé sous le terme de « liberté de penser » la liberté de communiquer ses pensées. Dans l'état actuel de la technique, il est n'est en effet pas possible actuellement d'empêcher qui que ce soit de penser quoi que ce soit (voir tout le même l’article Minority report). Pierre Bourdieu en est un précurseur, conscient de la nécessité de communiquer mais aussi de penser pour faire avancer la société et lui permettre de répondre au mieux aux besoins des générations suivantes.

De la Liberté aux droits de l'homme[modifier | modifier le wikicode]

Le mouvement ouvrier, au XIXe siècle, ajoutera la distinction entre la liberté formelle et la liberté réelle.

Car la liberté existe aussi à un niveau plus global, plus collectif, avec par exemple la liberté de la presse, qui permet une libre publication, c'est-à-dire sans subir de censure arbitraire ou autoritaire.

Les différentes libertés collectives :

  • la liberté de la presse : elle permet à chacun de publier librement ses pensées ou ses opinions, sans être sujet à la censure ou à tout autre mesure arbitraire ou autoritaire ;
  • la liberté de réunion : elle permet aux individus de se réunir librement pour débattre de leurs opinions ;
  • la liberté syndicale : elle permet aux salariés de former et d'adhérer ou non à des organisations syndicales pour les représenter et faire valoir leurs droits.
  • la liberté économique : elle permet la création d'entreprises.
  • la liberté de mœurs : elle permet a chacun de vivre sa sexualité comme il l'entend.

Paradoxalement, la notion de liberté peut parfois à ce niveau, nuire à la liberté de l'individu. Comme dans le cas de la liberté de la presse, par exemple. Ainsi les moyens techniques et financiers importants nécessaires aujourd’hui aux organes d'information, en particulier radiophoniques ou audiovisuels, tendent à la formation de cartels pratiquant l'autocensure, réduisant par là même le pouvoir de contrôle et de critique de l'individu sur ces vecteurs d'information… L'abolition de la censure n'est donc plus un gage de liberté, car si les publications ne sont plus soumises à des décisions arbitraires, les vecteurs de l'information deviennent en revanche de moins en moins accessibles à la grande masse des individus, réduisant de ce fait leur capacité à exprimer leurs opinions, ainsi que la variété des points de vue exposés. C'est pour cette raison que la presse est considérée comme le quatrième pouvoir (à l'instar des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire).

Dans cette même optique, les brevets logiciels, qui entraineraient la formation de trusts surpuissant juridiquement, seraient une négation des libertés individuelles. Alors que des mouvements tels l’Open Source ou Logiciel libre tendent à favoriser l'accès à la connaissance et aux techniques de manière universelle, ce qui, à l’heure de la mondialisation, représente un élément primordial pour la défense des libertés individuelles dans les pays émergents, les rendant techniquement indépendants des pays « déjà développés ».