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Implication de la vitamine B12 dans les démences

Leçons de niveau 17
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Structure de la Vitamine B12 (Cobalamine)
Structure de la Vitamine B12 (Cobalamine)

Introduction générale

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Des déficiences en Vitamine B1 (thiamine), B6 (pyridoxine), B9 (folate) et B12 (cobalamine) sont souvent impliquées lors d’anomalies neurologiques, mais les effets d’un taux anormalement bas de ces vitamines n’ont été réellement analysés que durant les dix dernières années. La recrudescence d’individus végétariens a mis en exergue la question de la carence en vitamine B d’origine animale, c’est pourquoi la question d’une supplémentation en vitamines du groupe B était nécessaire.
Le but de cette leçon est d’observer l’implication de la vitamine B12 ainsi que l’effet de sa supplémentation sur les démences et les troubles cognitifs associées à celles ci.

La vitamine B12

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La vitamine B12, ou cobalamine, est une vitamine hydrosoluble du groupe B d’origine bactérienne. Elle est essentiellement fabriquée dans les tissus animaux, ainsi, lorsque nous consommons viande, poisson, oeufs ou produits laitiers nous ingérons la vitamine B12 nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. Notre corps, lui aussi, est capable de produire cette vitamine : en effet, au sein de notre flore intestinale se fabrique une petite quantité de la bactérie responsable de sa production.
Les besoins journaliers de cette vitamine sont relativement faibles (de l’ordre de 2,5 à 3µg,). Toutefois, on estime que 40% de la population souffre d’une carence en B12. Ce pourcentage peut être en partie expliqué par le processus d’absorption et de synthétisation de cette vitamine. Celui-ci est particulièrement complexe car il nécessite un équilibre intestinale quasi parfait.
L’absorption de la vitamine B12 se fait au niveau de l’iléon terminal. Le mécanisme d’absorption est très lent : il faut entre 6 et 8h pour qu’elle se retrouve dans le sang. A forte dose, une diffusion passive le long de l’intestin peut avoir lieu.

Vieillissement, alimentation et vitamine B12

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Afin de permettre au corps de fonctionner correctement tant sur le plan physique qu’intellectuel, des réactions chimiques permettant l'apport en nutriments sont nécessaires. Outre sa fonction primitive liée à la survie, l’alimentation rythme la journée et intervient comme vecteur de relations sociales. Après 65 ans, environ 20% des personnes sont atteintes de troubles cognitifs légers ; ce stade encore négligeable peut potentiellement évoluer vers quelque chose de moins réversible: la démence.
La démence est un syndrome qui se caractérise par des troubles de la mémoire ainsi que d’autres domaines de la cognition, suffisamment sévères pour avoir un retentissement sur les activités de la vie quotidienne et donc sur les repas. Un stade avancé de démence peut entrainer des difficultés pour gérer le budget, préparer les repas mais aussi pour simplement porter l’aliment à la bouche. C’est pourquoi il est admis que la démence s’accompagne souvent d’un état de dénutrition.
La principale cause de démence est la maladie d’Alzheimer. Les lésions neuropathologiques typiques de cette maladie (accumulation de protéine beta-amyloïde dans les plaques séniles et hyperphosphorylation de la protéine tau) sont responsables de la dégénérescence neurofibrilaire qui se forme depuis des années, bien avant que les premiers symptômes cliniques n’apparaissent. Il existe donc une période pendant laquelle des facteurs environnementaux tels que l’alimentation peuvent précipiter le déclin cognitif. C’est pourquoi l’alimentation suscite un intérêt croissant.
Lorsque le stade de la démence est atteint, de nombreux facteurs physiopathologiques, cognitifs, fonctionnels et psycho-comportementaux viennent s’intriquer pour entrainer une altération de l’état nutritionnel global, celui- ci s’aggraverait donc avec l’évolution de la démence.
L’accumulation de protéines beta-amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer s’accompagne le plus souvent d’un phénomène que l’on nomme stress oxydant (ou oxydatif) qui va ajouter une inflammation chronique au vieillissement cérébral. Pour combattre ce phénomène, il est nécessaire de consommer des nutriments qui ont un effet contraire, soit un effet anti inflammatoire ou antioxydant. Cependant, la plupart des études ayant administré des combinaisons d’anti-oxydants ou de vitamines B dans des doses bien supérieures au rapport nutritionnel conseillé se sont avérées inefficaces pour ralentir le déclin cognitif. On suppose donc que des quantités de nutriments antioxydants et de vitamines du groupe B à doses alimentaires seraient les plus susceptibles de ralentir le vieillissement cérébral.

Stress et vitamine B12

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Nombreuses sont les raisons à l’origine d’un stress chez l’individu : choc émotionnel, angoisse, activité sportive, détresse, maladie etc… Cependant, en cas de stress, les besoins en vitamine B12 augmentent. Ces besoins s’expliquent par le fait qu‘en période de stress, la vitamine B12 est bien moins absorbée que d’ordinaire, les organes digestifs étant perturbés et ne fonctionnant pas de manière optimale. De plus, la vitamine B12 participe à la formation d’hormones telles que la noradrénaline ou la sérotonine. Néanmoins le stress lui-même nécessite la sécrétion d’une grande quantité de noradrénaline qui peut être responsable de l’épuisement d’une partie importante des réserves en cobalamine.
Il ne faut pas confondre le stress psychologique, qui atteint l’organisme et le stress oxydant, qui lui agit au niveau cellulaire. En effet, lors d’une démence de type Alzheimer, l’accumulation de protéines beta-amyloïdes s’accompagne d’un phénomène inflammatoire et le stress oxydant va concourir à l’augmentation de cette inflammation. Les nutriments à effets anti-inflammatoires ainsi que le sport, permettant l’oxygénation des cellules, devraient pouvoir limiter l’impact des lésions de type neurodégénératives et ainsi retarder la progression de la maladie. Or, des études très récentes montrent que la vitamine B12 pourrait avoir un rôle central dans les processus anti-inflammatoires fondamentaux du corps humain.

Les actions métaboliques de la vitamine B12

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Si une carence en vitamine B12 est jugée inquiétante c’est que ses actions nutritives et métaboliques sont essentielles au bon fonctionnement du corps humain. La cobalamine a effectivement des actions métaboliques diverses mais parmi la multitude d’affections que celle-ci peut entrainer, les deux qui nous intéressent sont le processus de myélinisation et le phénomène de macrocytose.

La myélinisation

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Afin d’optimiser la vitesse de conduction des signaux électriques, les fibres nerveuses sont parfois recouvertes d’une gaine de myéline formée de membranes plasmiques particulièrement isolantes et riches en lipides (cholestérol, phospholipides, glycolipides). On distingue ainsi des fibres amyéliniques (dépourvues de myéline) dont la vitesse de conduction n’excède pas 2,3 m/s, des fibres myélinisées pour lesquelles la vitesse de conduction peut atteindre 120 m/s.
Le processus de myélinisation se met déjà en place chez le foetus au cours de la vie intra-utérine et continue après la naissance.
La production de myéline est assurée par les oligodendrocytes au niveau du système nerveux central (SNC) et par les cellules de Schwann au niveau du système nerveux périphérique (SNP).
La vitamine B12 a pour rôle de maintenir cette gaine de myéline et ainsi de protéger les nerfs au niveau du système nerveux. Lorsque ceux-ci ne sont pas protégés on voit apparaitre un phénomène de démyélinisation qui est à l’origine de nombreuses pathologies neurodégénératives impliquant des cellules gliales telle que la sclérose en plaques.
Par conséquent, une carence en vitamine B12 se distingue souvent par des troubles d’ordre nerveux par démyélinisation.

Les symptôme typiques sont:

  • Sentiment d’engourdissement ou de fourmillement des parties du corps, allant jusqu’à des douleurs intenses dans les extrémités (mains, bras, jambes, pieds)
  • Perte de sensation dans les extrémités (mains, bras, jambes, pieds)
  • Fatigue chronique
  • Problèmes neurologiques de toutes sortes (ex: langue rouge qui brûle)
  • Dépression.

La macrocytose

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La macrocytose est une anomalie sanguine principalement due à une carence en vitamine B12 et en vitamine B9 (folate). Cette anomalie est la résultante d’une augmentation de la taille des macrocytes (type de globules rouges présents dans le sang). Elle est souvent associée à la présence d'une anémie (diminution du nombre de globules rouges dans le sang) et comme les globules rouges servent au transport de l'oxygène, à une diminution de l'oxygénation des organes et des tissus.
Toujours concernant les globules rouges, la vitamine B12 est en partie responsable de l’assimilation du fer nécessaire à leur formation : elle participe au maintien de leur qualité.

Actions métaboliques multiples

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La vitamine B12 participe aussi au métabolisme des glucides, lipides et des protéines, permettant ainsi de fournir aux cellules l’énergie qui leur est nécessaire. Elle participe aussi à la prévention de l’élévation de l’homocystéine. L’homocystéine est un acide aminé soufré, présent dans le sang, responsable, s’il est en trop forte concentration, d’une élévation de risques cardiovasculaires. La vitamine B12 en association avec les vitamines B6 (pyridoxine) et B9 (folate) permet une diminution de la concentration en homocystéine, en prévenant la formation de cet acide aminé.
La vitamine B12, intervient aussi dans la croissance. Elle participe à la division des cellules, notamment aux niveaux de la moelle osseuse, du tube digestif et du cerveau. Elle est de fait impliquée dans la synthèse de l’ADN, de la dopamine, de la sérotonine et du GABA.

Démences et troubles cognitifs

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La maladie d’ Alzheimer (MA) est le type le plus commun de démence. Sa prévalence est très forte chez le sujet âgé. Il est important de faire la distinction entre la MA et les autres formes communes de démence afin de proposer un traitement approprié et d’offrir aux patients comme à leur famille un pronostic plus exact. Il y aurait, dans les démences et les troubles cognitifs, une possible implication de la vitamine B12, que ce soit en tant que co-facteur physiologique ou en tant que conséquence de la mauvaise alimentation inhérente aux sujets atteints de démence. Il s’agit donc pour chaque démence ou trouble cognitif présenté d’identifier l’implication de la vitamine B12 et la cause de la carence.

Définition et Diagnostic

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Le syndrome démentiel

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Les démences constituent un ensemble de maladies dont la fréquence augmente avec l’âge. Elles atteignent environ 800 000 patients en France.
Le syndrome démentiel constitue le noyau commun aux différentes démences. Souvent, des troubles cognitifs accompagnent et noircissent un tableau clinique déjà confus.
Le diagnostic est le plus souvent effectué à l’aide de deux approches, une approche clinique et une approche neuropsychologique à l’aide de bilans (Mini Mental State) et d’IRM cérébraux.
Afin de pouvoir établir le diagnostic d’un « syndrome démentiel », le DSM IV stipule que le patient doit être atteint d’au moins quatre des cinq troubles cognitifs suivants. Tout d’abord, les troubles mnésiques, qui sont pour la plupart observés et relevés à la suite d’une plainte émise à la fois par le patient et par son entourage. Les premières manifestations se caractérisent par des oublis de rendez-vous, des désorientations temporo-spatiales (DTS) ou encore des idées de vol ou de perte d’objets qui peuvent apparaitre comme tout à fait normales mais qui révèlent souvent un trouble de l’inhibition. Il est impératif de caractériser les troubles mnésiques, c’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser des tests afin d’évaluer l’importance des troubles du patient (LR/RI 16 - Grobber & Buschke).
Parmi ces troubles cognitifs, nous pouvons aussi observer l’aphasie. L’aphasie est un trouble du langage qui se caractérise par un manque de mots, une difficulté de compréhension (lorsqu’il s’agit d’une aphasie de Wernicke), un mutisme (c’est le cas pour les stades avancés dans la maladie d’Alzheimer ou pour une aphasie primaire progressive.) L’aphasie est un trouble facilement observable mais qui nécessite tout de même d’être diagnostiqué.
Il est fort probable de voir apparaitre lors d’un syndrome démentiel les différents types d’agnosies (visuelle, auditive, olfactive, tactile). La particularité de ce trouble est l’atteinte de la reconnaissance des stimuli en l’absence d’atteinte sensorielle et en préservant toutes les autres modalités sensorielles, autrement dit, une seule modalité est touchée à la fois.
Nous observons aussi l’apraxie qui se caractérise par l’incapacité du patient à exécuter de manière volontaire des gestes plus ou moins complexes.
Enfin, des troubles du fonctionnement exécutif (FE) peuvent être observés. Ces troubles correspondent à une difficulté pour le patient à s’adapter à des situations nouvelles ou complexes lorsque des activités ne peuvent être réalisées de façon routinière, qu'il n'y a pas de solution toute faite. Elles ont un rôle régulateur dans la gestion, la planification et le contrôle de l'action. Elles intègrent des informations provenant des aires sensitives et associatives du cerveau. Au quotidien, nous remarquons des difficultés à s’adapter sur le plan familial, social, professionnel et à gérer des situations nouvelles.
Par delà les différents troubles présentés, il est courant de voir apparaitre un ralentissement significatif de la personne sur le plan social et ou professionnel, des perturbations qui sont la conséquences de l’altération physiologique qui provoque la démence et il faut pouvoir exclure l’hypothèse d’un syndrome confusionnel.

Implication de la vitamine B12 dans les différents types de démences et les troubles cognitifs.

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Démences alcooliques

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La démence de type alcoolique est une démence encore assez peu connue. Et pour cause, une absence de consensus prédomine concernant cette maladie. En effet, est-ce la consommation excessive d’alcool qui induit la démence ou, au contraire, la consommation d’alcool elle-même qui est un facteur de risques lors de la présentation, par un patient, d’un syndrome démentiel ? De même, il est difficile de déterminer si une carence vitaminique présente chez un sujet alcoolique est induite par sa mauvaise alimentation due à sa condition d’alcoolique ou bien si elle est la conséquence d’un autre problème physiologique.
Il est important lorsqu’on que l’on s’intéresse à ce type d’atteintes de caractériser le profil cognitif de la personne souffrant d’alcoolisme, car les atteintes cognitives peuvent être à la fois la conséquence de la neurotoxicité directe de l’alcool et de lésions secondaires induites par la carence vitaminique.
Ce dont nous sommes sûr, c’est qu’en l’absence de déficit vitaminique, des troubles cognitifs sont tout de même présentés par les patients.

Démence d’origine métabolique ou d’origine endocrinienne

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Les maladies endocriniennes (ex. : troubles de la thyroïde) sont causées par un dysfonctionnement des glandes endocrines. Chez la personne âgée, l’insuffisance thyroïdienne doit être systématiquement recherchée lors du diagnostic d’une démence. En effet, l'absence d'hormone thyroïdienne va entrainer une anémie des productions de la moelle osseuse, et une mal-absorption intestinale de la vitamine B12. Or, les hormones interviennent partout (notamment dans la digestion) et permettent à l’organisme de résister aux stress physique et psychologique. Les glandes endocrines influencent le système nerveux et réciproquement (inhibiteur ou déclencheur).
Ainsi, le mauvais fonctionnement de ces glandes entraine des dysfonctionnements du système nerveux et de la digestion, ce qui empêche la bonne absorption de la vitamine B12, dont la carence n’est alors plus la cause de la démence, mais sa conséquence.


Les maladies métaboliques empêchent la bonne transformation par l’organisme des sucres, des graisses et des protéines. La vitamine B12 ayant prouvé son implication dans les processus d’assimilation, puisqu’elle intervient comme co-facteur dans le métabolisme de chacune des cellules du corps humain, une carence peut donc être à l’origine de ce type de maladies.  

Démence d’origine inflammatoire

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Selon une étude récente, des infections et des lésions occasionnant des réactions inflammatoires peuvent déclencher des épisodes de délire chez les personnes âgées et les personnes atteintes de démence.
Des expériences ont été menées sur des souris et leurs résultats ont montrés qu’une réaction inflammatoire dégradait davantage l’état général des souris et que le retentissement était aussi notable sur la mémoire et les capacités d’apprentissage. Des chercheurs ont également découvert que la protéine IL-1béta et son augmentation dans le sang étaient associées à un déclin cognitif. Ainsi pour éviter que la démence ne s’aggrave, il convient de prévenir les réactions inflammatoires systémiques chez les personnes âgées.
La vitamine B12 étant une vitamine à effet anti- inflammatoire, sa supplémentation devrait pouvoir stopper (ou tout du moins limiter) le processus de déclin cognitif déjà en marche.

L’effet de la supplémentation.

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À travers les interconnexions métaboliques du corps, le développement d’une carence en vitamine B12 peut entrainer un cercle vicieux. La carence fait apparaitre quelques symptômes qui rendent l’assimilation de la vitamine B12 plus difficile, ce qui entraine une aggravation des symptômes et de ce fait réduit encore l’assimilation de la cobalamine. Ce cercle vicieux doit être rompu le plus rapidement possible. Dans le cadre d’un traitement, on recommande parfois des doses initiales très élevées qui ont pour objectif de combler le déficit accumulé.

Comme évoqué précédemment, la vitamine B12 a un rôle central en ce qui concerne la régénération des cellules, la synthèse des neurotransmetteurs, la formation de la gaines de myéline, etc. Elle parait donc être une option thérapeutique appropriée pour un grand nombre de maladies. De récentes études ont montré qu’une supplémentation en vitamine B12 chez le rat avait pour effet d’augmenter de façon exponentielle la régénération des cellules. Ces résultats semblent prometteurs car la supplémentation en méthylcobalamine pourrait contribuer à la guérison de nombreuses pathologies nerveuses. Toutefois ces études n’ont pas encore été testées sur l’homme.

Il est donc avéré que la vitamine B12 occupe un rôle central dans le développement des fonctions cérébrales. Le manque de vitamine B12 empêche le cerveau de se développer de manière homogène. Il est courant de voir apparaitre des troubles cognitifs et des sous-développements à la suite de ce manque.
Des études ont été effectuées sur des enfants strictement végans ou végétarien. On retient principalement de ces études qu’une carence en vitamine B12 due à leur alimentation a un impact très net sur leur masse cérébrale, celle-ci étant d’une taille inférieure. Pour pallier ce constat, une cure en vitamine B12 a été mise en place chez ces enfants. Une disparition des troubles évoqués précédemment a été observée.
Concernant la sclérose en plaque, maladie auto-immune affectant le système nerveux central, les effets d’une supplémentation en cobalamine sont vraiment remarquables. Les chercheurs n’ont pas encore totalement défini le fonctionnement exact du processus de guérison, mais la vitamine B12 participe à la réformation de la gaine de myéline, constituant essentiel de la moelle épinière.
Il y a quelques années, un traitement de la peau à base de Vitamine B12 est apparu comme étant un « traitement miracle ». Son influence sur le stress oxydatif pourrait potentiellement guérir les problèmes de neuro-dermatites. Cependant, les preuves scientifiques ne paraissent pas suffisantes pour prouver l’efficacité de cette supplémentation pour guérir les affections cutanées.
La vitamine B12 étant une vitamine soluble dans l’eau (hydrosoluble), un éventuel excès de supplémentation n’aurait pas d’effet irréversible puisque le surplus pourrait être facilement éliminé par l’urine grâce aux reins. C’est pourquoi, contrairement aux vitamines liposolubles (solubles dans une matière grasse), l’excès en vitamine B12, même avec une consommation quotidienne supérieure à 10µg, n’entraîne pas de risque de toxicité pour un adulte en bonne santé. Il est simplement important de garder en considération que sur le long terme, de fortes doses peuvent affecter les reins.


Pour son implication dans les troubles cognitifs, dans les démences ou pour toute autre sorte d’altérations ou maladies, la question de la vitamine B12, de sa carence et de sa supplémentation, se pose. Les effets thérapeutiques qu’elle présente sont divers et non négligeables. Les mécanismes de guérison qu’elle entraine sont encore très mal compris et connus, même si l’on sait que la cobalamine donne de très bons résultats dans de nombreux domaines, qu’ils concernent les pathologies physiques ou les pathologies émotionnelles.
En dehors de l’étude de la carence en vitamine B12, la découverte de ses applications thérapeutiques met en avant une discipline encore largement inexplorée : la mico-nutrition. Ce domaine qui fait le lien entre les différentes maladies et leurs causes psychiques semble dans l’air du temps. L’émergence de ce domaine s’explique par les tendances végétariennes, végétaliennes et végans en pleine expansion.
L’organisme est un système extrêmement complexe de réactions et d‘interactions biochimiques qui, en cas de troubles de certains mécanismes, entrainent une réaction en chaine prenant la forme de symptômes et de maladies.

Source internet

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  • Traité de nutrition de la personne âgée: [nourrir L'homme Malade]Par Xavier Hébuterne,Emmanuel Alix,Agathe Raynaud-Simon,Bruno Vellas
  • PASCALE BARBERGER-GATEAU et al., « Alimentation et vieillissement cérébral : une relation complexe », Gérontologie et société 2010/3 (n°134), p. 107-121.
DOI 10.3917/gs.134.0107
  • A cross-sectional examination C.C. Tangney, PhD, N.T. Aggarwal, MD, H. Li, MS, R.S. Wilson, PhD, C. DeCarli, MD, D.A. Evans, MD, and M.C. Morris, ScD
  • The Effects of B Vitamins on Behavior and Neurochemistry 1 R.Lalonde (horizons in neuroscience research volume 17)
  • "Distinguer les différents types de démences" Richard Camicioli, M.D., FRCPC
  • Clarke R, Birks J, Nexo E, et al. Low vitamin B-12 status and risk of cognitive decline in older adults. Am J Clin Nutr 2007;86:1384–1391