Leçons de niveau 13

Images satellites/Outils pour les militaires

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Outils pour les militaires
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Chapitre no 2
Leçon : Images satellites
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Depuis toujours, l'armée a cherché plus de vision, sur ses propres troupes (gestion logistique) et sur son ennemi.Les images satellites ont été et sont encore largement utilisées comme des outils par les militaires : d’abord pour aider les cartographes (une spécialité longtemps sous contrôle des militaires), ensuite pour disposer de renseignements actualisés jusqu'au cœur du territoire ennemi (y compris en temps réel) grâce à des satellites-espions. Les satellites sont également très utiles pour la communication et le guidage à distance.

Les satellites ont donc été et sont encore un enjeu militaire important.

Les besoins des militaires sont à l'origine des premiers satellites d’observation : dès 1959, dans le cadre de la guerre froide, les États-Unis et l’URSS ont développé des satellites militaires d’observation, que l’on appelle couramment et abusivement « satellites-espions » (les premiers d’entre eux furent la série des Discoverer). Ils permettaient d'observer les ressources militaires de l’ennemi dans des zones peu accessibles. Aujourd’hui les conflits modernes y font largement appel et ne pourraient certainement plus s'en passer22, employant différents types de satellites militaires23 :

  • les satellites de reconnaissance (par exemple Helios), qui utilisent les techniques optiques, infrarouges, radars pour obtenir des images des installations stratégiques (installations militaires, champs de bataille…). Ces satellites parfois dotés de capacités hors normes (résolution de quelques centimètres, capacité à descendre à basse altitude, masse de plus de 10 tonnes) ont contribué à défricher les techniques utilisées aujourd’hui par les satellites d'observation civile ;
  • les satellites de télécommunications utilisés pour les liaisons militaires généralement cryptées (par exemple satellites Syracuse) ;
  • les satellites d'écoute des télécommunications et des signaux radars qui déploient des antennes dont le diamètre pourrait atteindre plus de 100 mètres (satellites américains Mentor) ;
  • les satellites de suivi des flottes marines (RORSAT) qui repèrent les navires de guerre grâce aux émissions radar ;
  • les satellites d'alerte équipés de senseurs infrarouges (série des satellites américains DSP) permettant de détecter la chaleur émise par le lancement d'un missile balistique ;
  • les satellites de navigation utilisés dans le cadre des opérations militaires (constellation GPS avec un usage mixte civil/militaire) pour le guidage précis des missiles de croisière, des obus et le positionnement des unités de tous types;
  • les satellites de météorologie affectés aux missions militaires.


Premiers usages militaires[modifier | modifier le wikicode]

Image Corona du Pentagone prise le 25 septembre 1967.

Les premiers satellites étaient financés et contrôlés par les forces armées des États participant à la course à l'espace, tous mis sur orbite grâce à une technologie militaire : les fusées servant de lanceurs sont en fait des missiles modifiés, dérivés eux-mêmes des fusées allemandes V2 de la Seconde Guerre mondiale.

La mission de Spoutnik 1, le tout premier satellite artificiel en 1957, était d'émettre un simple « bip-bip » radio, preuve de l'avance soviétique dans le domaine des fusées : le but était d'apeurer l'adversaire américain en ce début de guerre froide (le même lanceur pouvait porter une ogive nucléaire à la place du satellite).

Le « bip-bip » strident de Spoutnik 1.

Satellites-cartographes[modifier | modifier le wikicode]

Avant d’avoir les satellites-photographes, on avait les pigeons-photographes.

Si les photographies aériennes (d'un avion, d'un hélicoptère, d'un ballon, d'un cerf-volant voir d'un pigeon) sont très utilisées en cartographie, celles prises de l’orbite terrestre permettent une couverture globale, couvrant même les territoires impossibles à survoler en avion (l'espace aérien ennemi étant fermé). Des cartes de l'Union soviétique et de toute l'Europe orientale ont ainsi été réalisées par les forces armées américaines en préparation d'un conflit.

À ces satellites cartographiques se rajoutent les systèmes de positionnement par satellites, qui simplifient énormément la localisation des différentes unités ainsi que leur navigation terrestre, maritime ou aérienne (antérieurement le positionnement se faisait à partir de points de repères fixes, tels que des amers ou des balises radio). Chaque grande puissance développe son propre système : les États-Unis dominent grâce au GPS (Global Positioning System), suivis par la Russie avec GLONASS, l'Union européenne avec Galileo, la Chine avec Beidou et l'Inde avec l’IRNSS.

Satellites-espions[modifier | modifier le wikicode]

Une autre catégorie d'images satellites sont fournies par les satellites-espions, permettaient la surveillance de l'ennemi et l'alarme précoce en cas d'attaque. Le programme américain Corona débuté en 1959 permis de rapporter des films photographiques.

On peut regrouper ces satellites selon trois types de missions :

  • d’abord les satellites de reconnaissance qui, avec de bonnes résolutions (quelques centimètres) et plusieurs techniques (optiques, radar ou infrarouges), permettent d'obtenir des images d'installations militaires et de champs de bataille. Helios fut par exemple l'un des satellites français de reconnaissance, remplacé par des satellites européens après sa fin de vie en 2009.
  • Ensuite les satellites qui repèrent les navires de guerre à partir de leurs émissions radar : RORSAT était une famille de satellites espions appartenant à l'Union soviétique qui surveillait les mouvements de tous les navires de l’OTAN. Ils furent lancés en 1970 et moururent en 1988, avec le souci de leurs réacteurs nucléaires et qui causèrent plusieurs accidents comme celui de Cosmos 954, le premier accident nucléaire spatiale.
  • Enfin les satellites d'alerte qui détectent la chaleur d'un missile balistique lors de son lancement grâce aux senseurs à infrarouges.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Yves Lacoste, La Géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, Paris, F. Maspero, 1976, 187 p.