Leçons de niveau 13

Etude de Essai philosophique concernant l'entendement humain

Une page de Wikiversité.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


P philosophy.svg
 
Interwikis

Sur les autres projets Wikimedia :



Introduction[modifier | modifier le wikicode]

Comment se construit la connaissance humaine et par là même peut-elle être certaine ? À cette question, Locke répond que l’Âme n’est qu’une table rase sans idée et que celle-ci en reçoit de l’extérieur pour former les matériaux nécessaires à la naissance de toutes pensées et indispensable à la construction de la connaissance de l’Homme. Il affirme alors que cet apport d’idées ne vient que de l’expérience. L’auteur explique dans un premier temps que nos Sens perçoivent les informations générées par des éléments de notre environnement, des éléments extérieur à notre être. Nos sens sont pour lui les premiers touchés par ces apports extérieurs. Locke affirme de même que l’entendement se nourrit de ces perceptions transmises par ces derniers pour les digérer et former des idées. Il nomme ce phénomène, la Sensation. Dans un second temps, l’auteur affirme en plus que notre âme reçoit les perceptions de nos Sens et les manipulent, ce à quoi est sensible l’entendement. Ce dernier utilise aussi ces réflexions de l’âme pour produire d’autres idées, il nomme ce second phénomène la Réflexion.



I. La saisie d'information: la Sensation[modifier | modifier le wikicode]

Tout d’abord, par quel moyen les résultats de nos expériences sont-ils récupérés ? Il s’agit d’après Locke de la Sensation. Nos sens sont ici au premières lignes. Ils sont « frappés par certains objet extérieurs et font entrer dans notre âme plusieurs perception distinctes des choses ». En effet ces derniers sont les premiers à recevoir la multitude d’informations, le gigantesque apport, que donne l’environnement dans lequel l’Homme évolue. Ils intègrent alors certaines perceptions de ces informations et les transmettent à l’entendement. Ces perceptions sont distinctes suivant la nature des informations reçues. Il faut entendre par là que nos sens, que sont l’ouïe, l’odorat, la vue, le goût et le toucher et qui nous permettent d’évoluer dans un environnement, fournissent à l’entendement des informations autant variées qu’ils en perçoivent. De cette façon, l’œil d’un individu, à la vue d’une rose, analysera cet élément extérieur comme étant rouge, et l’entendement de l’individu utilisera cette perception pour savoir que cette rose est rouge. Ainsi, nos sens récupèrent-ils ce que l’on peut appeler les résultats de nos expériences. Cependant, cette affirmation mène inévitablement à la question de l’exactitude des perceptions transmises par nos sens. Des années avant Locke, Descartes avait déjà émis l’idée d’une fausse réalité, d’un tromperie de nos sens, il s’agit de l’idéalisme problématique de Descartes. Il exprimait alors l’idée que nous pouvions douter de tout ce que nous entourait et que nous pensions exacte. Il nous faut en effet considérer la possibilité que nos sens puissent fournir à l’entendement des informations erronées. Dans ce cas les idées établies à partir de ces informations par l’entendement et qui constituent le terreau de la connaissance, seront elles aussi erronées. Ce qui implique que la connaissance résultant de ces mêmes idées soit fausse. Dans ce cas, si l’Homme a une mauvaise connaissance d’un élément extérieur, il n’a pas une connaissance exacte de cet élément et donc pas de connaissance. On peut donc dire que l’Homme ne peut avoir une connaissance que si ses sens lui transmettent une information exacte sur la réalité des choses. De plus, il est aisé de constater que les éléments extérieurs peuvent être perçues différemment d’un individu à l’autre. Pour reprendre notre exemple précédent, si un individu perçoit la rose comme étant rouge et somme toute banale, il est tout à fait possible qu’un autre que lui la voit plutôt mauve, la trouve au contraire magnifique et souhaite la prendre en photo. Dans ce cas quel phénomène est à l’origine de ces divergences ? Il s’agit de ce que l’auteur nomme la Réflexion.


II. La manipulation et la digestion des informations: la Réflexion[modifier | modifier le wikicode]

Dans un second temps, Locke nous présente une seconde source qui irrigue notre entendement : les réflexions de l’âme. En effet, l’âme procède à une certaine manipulation et digestion des idées reçues par les sens. Les résultats de cette digestion sont alors récupérés par l’entendement. C’est alors que ces derniers « produisent dans l’Entendement une autre espèce d’idées, que les objets extérieurs n’auraient pu lui fournir ». Effectivement, la digestion que l’âme fait des idées déterminées de nos sens, génère de nouvelles idées de nature arbitraire. On peut dire que ces idées sont les reliquats issus du traitement effectué par l’âme sur les idées que les sens lui apportent. Celles-ci provenant d’une importante diversité d’idées, sont elles-même autant variées et distinctes. Il est possible de comparer ce phénomène à l’extraction d’un minerai précieux. En effet, l’ouvrier va tailler grossièrement dans la roche des blocs, il s’agit là de la Sensation, nos sens sont les ouvriers qui récupèrent la base nécessaire à la production d’idées. Par la suite, c’est au tour du spécialiste de s’intéresser aux blocs de pierres. Ce dernier va minutieusement les analyser, les traiter et les observer, pour en déterminer la composition. L’âme est ici le spécialiste qui va se pencher plus en profondeur sur les matériaux apportés par les sens, c’est la Réflexion. L’âme ne fait donc que réfléchir sur les résultats de nos expériences. L’ensemble des produits des sens et de l’âme sont alors collectés par l’entendement, ce qui forme la connaissance humaine. Toutefois, cette thèse soutenue par Locke pose diverses questions. En effet, si l’on considère que la connaissance humaine se construit de la façons dont Locke nous la présente, on peut se demander si cette connaissance est juste et simplement si une connaissance juste peut exister ? Entendue que la réflexion humaine n’est qu’arbitraire, car elle est propre à chacun, la connaissance obtenue de ces réflexion ne peut donc être qu’arbitraire. En effet tel que le suggère Locke, « l’âme ne reçoit par son moyen que les idées qu’elle acquiert en réfléchissant sur ses propres opérations ». La connaissance s’avère donc être individuelle. Pour qu’une connaissance soit alors admise comme juste, il faut qu’elle soit discutée, ce qui se fait à travers le langage. Le langage qui, si l’on en croit Nietzsche, est lui aussi arbitraire. La finalité d’une telle manipulation de la connaissance est donc une connaissance arbitraire dont l’on ne peut assurer l’exactitude. De plus Kant affirme que la connaissance n’est non pas basée sur l’empirisme mais sur le sujet connaissant. Dans ce cas Kant prend le contre-pied de Locke et affirme que ce ne sont pas les objets extérieurs qui permettent au sujet de les connaître, mais bien le sujet qui connaît l’objet en le définissant. Dans ce cas le problème de la relativité du jugement de l’Homme se pose aussi. On peut donc penser que la connaissance ne peut être exacte mais tend continuellement à le devenir.


Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Ainsi, d’après Locke, la connaissance humaine se base-t-elle sur l’empirisme. Les expériences jouent dans sa théorie le rôle de matériaux de base servant à l’élaboration de la connaissance, une élaboration qui s’effectue par deux phénomène distincts. Tout d’abord, les sens récupèrent les résultats de ces expériences pour en former des premières idée transmises