Leçons de niveau 15

Châteaux forts en France/Évolution des modèles de châteaux forts

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Évolution des modèles de châteaux forts
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Chapitre no 4
Leçon : Châteaux forts en France
Chap. préc. :Comment sont apparus les premiers châteaux ?
Chap. suiv. :Les fonctions du château fort au XIIe siècle
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Les mottes castrales[modifier | modifier le wikicode]

On les appelle aussi « châteaux à motte et basse-cour[1] ». Il s'agit d'un habitat fortifié très courant au Moyen Âge, construit sur un tertre de 10 à 60 mètres de hauteur[1]. Leur pente est plutôt raide. Bâties en terre et en bois selon des plans variés, elles sont soumises aux intempéries (les palissades pourrissent) et aux incendies. Vers l’An 1000, le bois domine dans les constructions du nord de l’Europe. L’Europe méditerranéenne utilise davantage la pierre. Les premières mottes sont aménagées à la fin de l’époque carolingienne entre Rhin, Escaut et Loire. Les mottes apparaissent plus tardivement dans le nord de l’Europe (XIIe siècle au Danemark) et à l’est de l’Elbe (XIIIe siècle)[2] La motte castrale est incluse dans un ensemble fortifié plus vaste qui comprend une basse-cour, séparée par un fossé. Le seigneur exigeait de ses paysans qu’ils participent aux travaux car ces derniers savaient construire leur maison : on commençait par tracer le plan au sol, puis on creusait un fossé dont les débris permettaient l’érection d’un rempart de terre. Le monticule en lui-même était élevé par couches successives, par accumulation de matériaux apportés par chariots ou à dos d’homme dans des hottes. Nul besoin d’une main d’œuvre spécialisée pour élever ce genre de défense. L’habitation du seigneur pouvait être au sommet de la motte (dans une tour) ou bien dans la basse-cour. La tour était encerclée par une palissade ou un muret.

La petite enceinte circulaire[modifier | modifier le wikicode]

Elle mesurait moins de 100 mètres de diamètre et servait d’habitat individuel fortifié dans toute l’Europe ; elle est contemporaine des mottes castrales. La porte était gardée par une tour en bois ou en pierre.

Les châteaux forts entre 1000 et 1150[modifier | modifier le wikicode]

Pendant cette période, on assiste à une progression de la pierre comme matériau de construction vers le nord. Cependant, le bois est toujours utilisé au XIIe siècle. La pierre reste un matériau coûteux. Les premiers donjons de pierre datent de la fin du Xe siècle (Doué, Langeais en 994[3]) ; mais ils se généralisent à partir de 1050[4]. Ils ont souvent un plan quadrangulaire.

Les fortifications dans la deuxième moitié du XIIe siècle[modifier | modifier le wikicode]

À partir de 1150, les techniques castrales s’adaptent aux progrès de la poliorcétique :

  • utilisation du trébuchet à partir des croisades, rendant l’attaque plus redoutable ;
  • multiplication des tours cylindriques, notamment pour protéger les entrées : cela permet de ne laisser aucun angle mort pour le tir. Elles résistent mieux aux projectiles. De plus, leur construction nécessite moins de pierres. Ces tours étaient coiffées de toits coniques. La défense se déplace donc vers les murailles, ce qui rend le donjon inutile ;
  • murailles plus hautes et plus épaisses (Douvres vers 1180 : jusqu’à 7 mètres d’épaisseur pour le donjon[1] ;
  • lignes successives de défense : pont-levis, courtine ;
  • châteaux plus « ramassés », plus « tassés » (réduction de la surface).

Au XIIIe siècle : le château de cour[modifier | modifier le wikicode]

Progrès de l’autorité monarchique ⇒ pacification, fortification des marches et frontières.

Le seigneur de Coucy habite désormais dans un logis, plutôt que dans le donjon. Meilleur confort, plus de raffinement : tapisseries. Encore du froid : papier huilé sur les fenêtres ; jonc et herbes au sols, pavés. Fourrures dans le lit. Torches en résine.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Gauvard (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, page 275
  2. Jean-Pierre Babelon (dir.), Le Château en France, page 21
  3. Dominique Barthélémy, L’Ordre seigneurial, Paris, Seuil, 1990, page34
  4. Jean-Pierre Babelon (dir.), Le Château en France, page 33