Cinétique chimique/Loi de van 't Hoff
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Cinétique chimique/Loi de van 't Hoff », n'a pu être restituée correctement ci-dessus.
Sommaire |
[modifier] Introduction
- Après la lecture de cette leçon, vous pourrez tester votre compréhension sur l'exercice 1.
Jusqu'ici, nous avons essentiellement abordé la cinétique chimique d'un point de vue expérimental. Les lois de vitesse, les ordres partiels ou globaux, demeurent des données de l'expérience.
Parfois, il est possible de justifier la cinétique d'une réaction comme le résultat d'un mécanisme microscopique. C'est ce que nous présentons dans ce chapitre.
[modifier] Mécanisme chimique
Pour ce qui suit, nous pouvons très abusivement assimiler les atomes ou molécules à des particules : leurs propriétés quantiques n'ont ici aucun rôle théorique, autant les considérer comme des boules en mouvement.
[modifier] Étape élémentaire
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Définition : Étape élémentaire |
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Une étape élémentaire (ou réaction élémentaire) correspond à une collision entre un, deux, ou très rarement trois atomes ou molécules, qui aboutit à la formation d'un ou plusieurs produits. |
Une telle réaction est relativement heureuse, des réactifs « activés » sont plus susceptibles d'intervenir :
- les radicaux (comme HO·) ;
- les atomes excités (H*) ;
- les ions exotiques (C+) ;
[modifier] Approximation des états quasi-stationnaires
Sauf quelques exceptions, on fait souvent l'hypothèse suivante au sujet de ces réactifs :
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Approximation des états quasi-stationnaires (AEQS) |
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L’approximation des états quasi-stationnaires, ou approximation de Bodenstein, consiste à considérer que la vitesse de formation des espèces activées (radicaux, ions exotiques…) est nulle. En d'autre termes, il est supposé qu'ils sont consommés aussitôt qu'ils sont formés, d'où une concentration nulle. |
Pour de nombreux intermédiaires radicalaires, cependant, la durée de vie est faible :
(radical méthyle) survit environ 5 ms ;
environ 10 ms ;
de 0,1 à 1 ms ;
Il est possible de détecter des radicaux par différentes méthodes, généralement indirectes, comme le « miroir de plomb » de Paneth (1929) qui a démontré l'existence du radical méthyle.
[modifier] Mécanisme chimique et cinétique
Les réactions élémentaires s'enchaînent, jusqu'à ce que les produits ne réagissent plus aussi rapidement.
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Définition : mécanisme chimique et équation bilan |
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On appelle mécanisme chimique une chaîne d'étapes élémentaires qui aboutit à des produits relativement stables. Une équation bilan récapitule uniquement les réactifs consommés et les produits formés, sans tenir compte des espèces intermédiaires. |
En quelques sortes, une équation bilan « masque » la réaction chimique, alors que le mécanisme la détaille. En thermodynamique, on peut généralement étudier les propriétés d'une transformation en connaissant uniquement l'état de départ et l'état d'arrivée — en cinétique, le chemin joue un rôle décisif.
Les étapes au sein d'un mécanisme peuvent être plus ou moins rapide.
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Définition : Étape cinétiquement déterminante |
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On appelle étape cinétiquement déterminante (ECD) l'étape la plus lente d'un mécanisme (celle dont la constante de vitesse est la plus faible). |
| On ne peut jamais appliquer l'AEQS à un composé impliqué en tant que réactif dans une ECD ! |
Une ECD possède généralement le dernier mot sur la cinétique d'une réaction, c'est elle que l'on vise à améliorer par l'utilisation de solvants ou de catalyseurs adaptés. Certains mécanismes ne possèdent pas d'étape significativement plus lente que les autres, aussi la notion d'ECD n'est pas systématiquement utile.
Les mécanismes peuvent parfois être observés. La cinétique permet d'éliminer certains mécanismes, mais ne peut pas distinguer plusieurs propositions équivalentes. Comme nous allons le voir, connaître le mécanisme d'une réaction permet d’établir la loi de vitesse associée.
[modifier] Chemin réactionnel
Au cours d'une réaction, chaque étape nécessite une certaine énergie pour se produire. Cela joue un rôle du point de vue cinétique.
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Définition : chemin réactionnel, coordonnée de réaction |
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Le chemin réactionnel d'une réaction est une représentation, abstraite ou non, de l'évolution suivie par les réactifs entre l'état initial et l'état final. On appelle coordonnée de réaction une variable abstraite qui parcourt le chemin réactionnel (c'est-à-dire qui varie de manière continue et strictement croissante entre l'état initial et l'état final de la réaction considérée). |
Le chemin réactionnel peut être un « véritable » chemin, bien que ce ne soit souvent pas le cas. La coordonnée de réaction peut être, selon le cas considéré : le temps, la distance entre molécules (cas d'une dissociation), le nombre de liaisons (lorsqu'on en forme)… Parfois, choisir une coordonnée de réaction est difficile. Néanmoins, elle permet de se représenter ce qui se passe pendant la réaction : elle parcourt le chemin réactionnel.
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Définition : diagramme de réaction |
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Le tracé de l'énergie en fonction de la coordonnée de réaction est appelé diagramme de réaction. |
Un diagramme de réaction, comme celui affiché à droite, présente généralement les caractéristiques suivantes :
- les réactifs sont sur un palier d'énergie au début de la réaction (à gauche) ;
- les produits sont sur un palier d'énergie à la fin (à droite), plus bas que celui des réactifs : cela signifie que la réaction est spontanée (comme une balle qui descend une pente) ;
- entre les deux extrémités, une ou plusieurs « collines » : des pics d'énergie qu'il faut franchir pour effectuer la réaction, qui correspondent à la formation d'intermédiaires réactionnels instables (hautement énergétiques).
Cette représentation permet une vision très intuitive du processus chimique : il s'agit de gravir le ou les pics pour passer la « montagne ». Généralement, l'énergie nécessaire pour réaliser cela est fournie par l'agitation thermique : plus la température est élevée, plus les réactifs possèdent d'énergie pour effectuer la réaction.
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Définition : énergie d'activation |
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On appelle énergie d'activation d'une réaction l'énergie nécessaire pour la réaliser. |
On peut alors comprendre le résultat semi-empirique d'Arrhénius :
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Résultat : loi semi-empirique d'Arrhénius |
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La constante de vitesse d'une réaction chimique varie avec la température, de la manière suivante : avec Ea l'énergie d'activation de la réaction. |
Il s'agit d'un résultat « semi-empirique » car la loi expérimentale formulée par Arrhénius a depuis trouvé une justification théorique, que l'on mentionne à titre culturel : l'équation d'Eyring-Evans-Polanyi. Il s'agit d'un résultat théorique, qui montre que la loi d'Arrhénius est une conséquence des lois de la thermodynamique :
avec ΔGa / < math > l'enthalpielibred'activation,''h''laconstantedePlancket < math > kB la constante de Boltzmann.
[modifier] Loi de van 't Hoff
La loi de van 't Hoff — à ne pas confondre avec l'équation de van 't Hoff en thermodynamique — relie le mécanisme chimique à la cinétique d'une réaction :
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Loi de van 't Hoff |
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Pour une étape élémentaire d'un mécanisme chimique, les ordres partiels sont égaux aux coefficients stœchiométriques. |
| Attention ! Cette égalité n'est généralement pas vérifiée pour des réactions qui ne sont pas élémentaires ! |
Chaque étape possède donc sa propre loi cinétique avec sa propre constante de vitesse. Pour illustrer ce principe, abordons l'exemple très classique de la synthèse du bromure d'hydrogène HBr.
[modifier] Exemple classique : synthèse de HBr
[modifier] Mécanisme réactionnel
Voici le mécanisme réactionnel :
L'équation bilan s'écrit :
Quelques remarques préliminaires :
- Le composé M est appelé « partenaire de choc » : il s'agit d'un porteur d'énergie (paroi, atome, photon…) susceptible de former un radical par collision avec le dibrome ;
- Il s'agit ici d'un mécanisme radicalaire : c'est la formation de radicaux qui est responsable de la réaction ;
- Il s'agit ici d'une réaction en chaîne : des radicaux formés aux étapes 3 et 4 peuvent servir dans les étapes précédentes, prolongeant la réaction.
[modifier] Loi de vitesse
[modifier] Écriture des lois cinétiques
Dans un premier temps, écrivons la loi de van 't Hoff pour chacune des cinq étapes du mécanisme :
Ensuite, appliquons l'AEQS aux radicaux :
Enfin, on définit la vitesse de la réaction comme la vitesse d'apparition de HBr :
[modifier] Résolution mathématique
Les deux équations tirées de l'AEQS montrent que
c'est-à-dire :
d'où :
D'autre part, l'AEQS pour le radical H· indique que
, c'est-à-dire que :
d'où l'on tire :
Il suffit pour terminer de remplacer les expressions pour les radicaux dans
, on obtient :
Pour plus de commodité — et puisqu'on aboutit à des lois similaires dans d'autre cas — on introduit k et k’ de sorte que :
[modifier] Discussion
Nous aboutissons à une loi de vitesse, qui nous donne plusieurs indications :
- Cette réaction n'a pas d'ordre ;
- La loi de vitesse obtenue dépend du produit formé ;
- Cette loi dépend de deux constantes de réaction ;
- …
Observons toutefois que, dans le cas où la concentration en HBr est faible devant la concentration en Br₂, la loi de vitesse peut être simplifiée :
Dans ce cas, la réaction est d'ordre
. Puisque l'on forme HBr, ce résultat n'est valable que dans les tous premiers instants de la réaction, on parle d’ordre initial.
D'autre part, lorsque HBr est formé en quantités non négligeables, il a tendance à s'opposer à la réaction, qui atteint une vitesse limite :
[modifier] Étapes et mécanismes
Il importe de distinguer différents mécanismes et, au sein de ceux-ci, différentes étapes particulières.
[modifier] Étapes élémentaires
Chaque mécanisme possède une certaine structure. Au sein d'un mécanisme, on retrouve :
- Une ou deux étapes d’activation ou d’initiation : elles formes les intermédiaires réactifs et nécessitent généralement un apport d'énergie supplémentaire. Elles sont initiées de l'extérieur. On distingue :
- l'activation thermique : un atome ou une molécule possédant suffisamment d'énergie (partenaire de choc) forme des espèces activées lors de collisions — par exemple, une flamme forme des radicaux ;
- l'activation par irradiation : l'utilisation de rayonnement (ultraviolets généralement) rompt les liaisons et forme des espèces réactives — par exemple, le péroxyde de benzoyle est un initiateur de radicaux très sensible aux UV ;
- l'activation chimique : un acide ou une base suffisamment forte forme un anion ou un cation instable — par exemple, le BuLi forme des carbanions utilisés pour la polymérisation anionique.
- Une ou plusieurs étapes de transfert : facultatives, elles consistent en un échange entre une espèce instable et une espèce stable — par exemple, un échange de charge électrique.
- Une ou plusieurs étapes de propagation : elles combinent des radicaux entre eux ou avec d'autres espèces pour former des produits, qu'ils soient intermédiaires ou finaux. Ces étapes peuvent se répéter tant que les réactifs sont présents.
- Une ou plusieurs étapes de terminaison ou d’inhibition : au cours de ces étapes, les intermédiaires réactionnels (radicaux…) se recombinent en formant des espèces stables. Ces étapes provoquent l'arrêt de la réaction et limitent le rendement.
[modifier] Mécanismes usuels
On distingue :
- les mécanismes en chaîne, caractérisés par la formation d'intermédiaires susceptible de réagir à nouveau ;
- les mécanismes radicalaires, qui font intervenir des radicaux ;
- …








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![v \approx k \left[ \mathrm{H}_2 \right] \left[ \mathrm{Br}_2 \right]^{\frac12}](http://upload.wikimedia.org/math/7/4/5/745d526c91efc48fc4f226ba99ae4f28.png)
![v_{\mathrm{lim}} = \frac{2k_2k_4}{k_3}\sqrt{\frac{k_1}{k_5}}\frac{ \left[ \mathrm{H}_2 \right] \left[ \mathrm{Br}_2 \right]^{\frac32}}{\left[ \mathrm{HBr} \right]}](http://upload.wikimedia.org/math/8/1/d/81d3540f01fbd03b4d5697bab4a3f95c.png)