Recherche:Réseaux sociaux et extrémisme
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Introduction
[modifier | modifier le wikicode]Dans le cadre de notre master 60 en anthropologie et sociologie, nous avons choisi de réaliser notre travail de fin d'études en binôme sur le thème des comptes extrémistes sur les réseaux sociaux, et à l'impact que ces derniers peuvent avoir sur les jeunes.
Comme première étape de réflexion, nous nous sommes posé une première question de recherche. Elle sera appelée à évoluer au cours du travail, mais elle nous offre le point de départ suivant :
« Comment la consommation de contenu sur les réseaux sociaux façonne-t-elle les comportements des jeunes et favorise-t-elle l'émergence de tendances extrêmes, qu'elles soient idéologiques, politiques ou sociales ? »
Afin d'y répondre, nous ne réaliserons pas de travail de terrain à proprement parler, mais nous nous appuierons principalement sur des recherches documentaires. Néanmoins, afin de mieux cerner notre objet d'étude, nous avons décidé de passer du temps sur deux réseaux sociaux particulièrement influents qui sont TikTok et X (anciennement Twitter).
Ce sujet nous semble particulièrement actuel et important. De plus, il nous paraît essentiel de sensibiliser à la question des extrémismes et aux dangers qu'ils représentent pour les jeunes. En effet, les réseaux sociaux sont devenus bien plus que de simples outils de communication. Ils permettent aujourd'hui de partager des idées, diffuser des opinions, mais aussi de créer des groupes d'appartenance. Ce faisant, ils constituent également un terrain propice à la diffusion de discours extrêmes. Comme le souligne le site Médias et jeunes :
Sur la Toile, les opinions extrêmes se diffusent beaucoup plus rapidement que dans le monde physique, et le seuil d’inhibition empêchant d’adhérer à des propos extrêmes y est aussi plus bas. L’explication tient notamment au fait qu’Internet permet à tout un chacun d’exprimer publiquement ses idées sans devoir révéler son identité.[1]
À partir de ces constats, nous nous posons les questions suivantes : Comment TikTok et X contribuent-ils à la diffusion de discours extrémistes ? Quel rôle jouent-ils dans cette dynamique ?
Notre intérêt pour ce sujet est ancré dans notre expérience de travail social. Issus d'une formation d'assistants sociaux, nous avons été sensibilisés à de nombreuses problématiques liées à la jeunesse. Nous avons pu constater, lors de nos stages, la vulnérabilité particulière de cette période de la vie. En effet, l'adolescence est primordiale dans la construction du futur jeune adulte. Elle est un moment charnière de construction identitaire, marqué par une forte quête d'appartenance. Or, les réseaux sociaux, par leurs logiques interactives et communautaires, jouent aujourd'hui un rôle central dans cette quête. Ils peuvent contribuer positivement à la socialisation, mais aussi exposer les jeunes à des influences néfastes, à des discours stigmatisant ou même à des formes de radicalisation.
Dans cette perspective, comprendre les mécanismes de diffusion des extrêmes sur les réseaux sociaux nous semble essentiel. Tant pour enrichir la réflexion académique que pour développer une posture professionnelle critique et outillée. Comme futurs travailleurs sociaux, nous savons combien il est important de rester attentif aux mutations numériques et de nous former continuellement afin d'accompagner les jeunes face à des réalités parfois invisibles aux yeux des adultes. Enfin, il convient de préciser que ce travail ne prétend pas à l'exhaustivité. Le sujet étant vaste, complexe et assez récent, nous sommes contraints par le cadre académique et temporel de faire des choix. Nos analyses se concentreront donc volontairement sur certains aspects plutôt que d'en explorer toutes les dimensions.
Les extrêmes
[modifier | modifier le wikicode]1. Définir l'extrême, une question de normes sociales et culturelles
[modifier | modifier le wikicode]Il nous paraît essentiel de commencer par définir ce que sont les extrêmes. Le dictionnaire Larousse nous propose cette définition :
Qui dépasse les limites ordinaires, qui est très éloigné du juste milieu, de la moyenne : Prendre le parti extrême. [2]
Cette définition "simple" permet de donner une base sur le fait que les extrêmes sont éloignés d'une certaine réalité et que donc elles sortent de la norme. Nous pouvons alors nous demander si ce qui nous semble extrême ne dépend pas aussi de notre manière de percevoir les choses qui nous entourent. Si nous en venons à nous demander cela, c'est entre autres que la définition nous parle du dépassement des limites de l'ordinaire, mais ce qui nous parait ordinaire et la norme ne sont pas perçus de la même manière pour chacun. Nous ne vivons pas tous dans les mêmes réalités sociales. Nous pouvons également appuyer nos propos sur cette réflexion avec le site le journal des étudiants. [3]
La définition du Larousse repose sur une norme implicite de ce qui serait "ordinaire". Une norme varie selon les époques et les sociétés. Becker avec sa théorie de la déviance, nous montre que ce sont les groupes sociaux qui définissent ce qui est normal et ce qui est marginal. Cela nous conduit à relativiser la notion même d'extrême.[4]
La catégorisation d'un comportement ou d'une idéologie comme "extrême" est loin d'être sans équivoque. Pisoiu et Ahmed expliquent qu'il n'existe pas une définition consensuelle et universelle de l'extrémisme, car cette notion est toujours située et dépendante de contextes sociohistoriques. Les auteurs affirment que les notions d'extrémismes se définissent par leur écart aux normes considérées comme dominantes. L'extrême renvoie donc à une position relative, à un ordre social donné.[5] Cette approche nous amène à considérer que ce qui est jugé extrême dans un contexte peut être perçu comme ordinaire dans un autre.
Julien Cousin nous explique que définir ce qu'est un extrême n'est pas une tâche facile. Selon lui, la définition varie en fonction d'un individu à l'autre, afin d'expliquer ses propos, l'auteur de l'article prend en exemple la peine de mort. Celle-ci est en effet pratiquée dans certains pays comme une norme, un moyen de rendre justice. Chez nous, la peine de mort n'est pas d'application et elle nous semble être une solution extrême.[3]
Le site du journal des étudiants[3] estime que le terme d'extrémisme peut avoir plusieurs sens, qu'il est complexe et qu'il n'est pas subjectif. Pour l'auteur de ce site, ce qui est extrême est ce qui est marginal et ce qui est jugé "trop" radical. Selon lui, nous effectuons donc un jugement moral lorsque nous utilisons le terme d'extrême pour définir une situation, un groupe ou encore un individu.
Dès lors, ce qui est considéré comme « extrême » varie dans le temps et dans l’espace, aussi bien dans sa dimension objective que subjective[3]
Si ce qui est extrême est marginal et radical, que signifient donc ces termes? Afin de mieux saisir cette définition qui, pour nous, est pertinente, nous allons prendre le temps de les définir. De plus, adopter une posture critique et attentive aux contextes nous apparaît dès lors essentiel pour comprendre les mécanismes de catégorisation de l'extrémisme.
1.1 définition de marginal
[modifier | modifier le wikicode]Le dictionnaire Larousse définit la marginalité comme :
Se dit de quelqu'un qui vit en marge de la société organisée, faute de pouvoir s'y intégrer ou par refus de se soumettre à ses normes.[6]
Cette définition fait écho à une conception courante de la marginalité comme un phénomène d'exclusion ou de retrait volontaire face aux normes sociales dominantes. Si nous nous arrêtons sur cette définition et que nous l'analysons, nous nous rendons compte que d'une certaine façon, tout le monde, à un moment donné, est un marginal. Nous le sommes pour diverses raisons qui varient en fonction de nos normes, de nos valeurs et de nos milieux. Nous avons tous été à un moment en marge avec ce qui se passait autour de nous. Être un marginal c'est donc être une personne qui ne correspond pas aux normes établies et attendues. [7]
«On est tous le marginal de quelqu'un d'autre sur au moins un aspect de nos vies. On est marginal face à une norme, à ce qui est habituel, à ce qui correspond au plus grand nombre, à l'usage général et commun.»[7]
Cependant, il nous semble pertinent de souligner que selon nous, ce n'est pas parce que nous sommes des marginaux dans une certaine situation que, nous sommes pour autant des extrêmes. Cela nous permet de nous rendre compte que ce qui est extrême est donc marginal.
D'un point de vue sociologique, la définition du Larousse est largement discutée par différents auteurs, comme Becker dans son ouvrage Outsiders. Il démontre que la marginalité résulte souvent d'un processus d'étiquetage. C'est-à-dire que ce n'est pas tant le comportement en soi qui définit un individu comme marginal, mais bien le regard porté sur lui. Selon Becker, les groupes sociaux créent la déviance en imposant des normes et en stigmatisant ceux qui les enfreignent. De cette manière, la marginalité est une construction sociale avant d'être une réalité objective.[8]
La pensée de Bourdieu vient compléter cette analyse en introduisant la notion de "violence symbolique". Pour lui, les normes sociales ne sont jamais neutres. Elles sont le produit de rapports de pouvoir. Ce qui est considéré comme normal ou marginal dépend des hiérarchies sociales en place. L'ordre dominant produit des catégories de pensée qui tendent à naturaliser la marginalité tout en invisibilisant les mécanismes sociaux qui la génèrent.[9]
De plus, la marginalité ne doit pas être assimilée directement à l'extrémisme. Comme le souligne Castel dans les métamorphoses de la question sociale, la marginalité peut relever de plusieurs dimensions, telles que l'exclusion politique ou l'isolement social. La marginalité est donc plurielle et peut exister sans prise de position idéologique dite extrême.[10]
1.2 définition de radical
[modifier | modifier le wikicode]La notion de radicalité renvoie au fondement, à ce qui s'attaque à la base même d'un système ou d'un ordre établi. Le Larousse décrit le terme radical comme suit :
Qui appartient à la nature profonde, à l'essence d'un être ou d'une chose : Vice radical d'une constitution.[11]
En ce sens, une idée ou une posture radicale vise à transformer en profondeur une réalité perçue comme problématique. Elle ne se contente pas de corriger ou d'améliorer un système, mais cherche à en modifier les bases mêmes. Le travail de recherche " comprendre et expliquer le rôle des nouveaux médias sociaux dans la formation de l'extrémisme violent"[12] prend le temps de définir le concept de radicalisation et de radical. Pour donner sa définition, l'auteur va utiliser les écrits de Schimd qui est chercheur au centre national de lutte contre le terrorisme. [13] Voici un extrait de ce que nous retrouvons dans le travail pour la définition du concept de radical :
Dans le cadre d'une société démocratique occidentale, ce qui est radical est ce qui se positionne par rapport aux valeurs occidentales et aux politiques traditionnelles.
Ce que nous jugeons pertinent dans cet extrait, c'est vraiment l'idée que ce que nous considérons comme radical est conditionné par nos valeurs et nos environnements. Nous nous faisons donc une idée de ce qui est radical pour nous en fonction de ce que nous connaissons.
Effectivement, nous pouvons faire un lien direct avec la notion d'extrême et de radical. La notion de radical signifie le fait de remettre en question le fondement même d'une idée, d'un comportement ou encore d'un système en proposant des actions concrètes afin d'en modifier la nature profonde. Une position extrême est donc radicale, puisqu'elle ne cherche pas à réformer ou ajuster quelque chose, mais à le modifier ou encore le transformer totalement. Une fois de plus, tout ce qui est radical n'est pas spécialement extrême.
Il est également important de ne pas confondre radicalité et radicalisation. La radicalité désigne une orientation intellectuelle ou politique. La radicalisation désigne un processus dynamique, souvent graduel, par lequel un individu ou un groupe vient à adopter des idées ou des comportements de plus en plus extrêmes.
1.3 définition de radicalisation :
[modifier | modifier le wikicode]La définition de la radicalisation varie selon les sources. Par exemple, la définition du Larousse est la suivante :
Action de radicaliser, fait de se radicaliser.[14]
Un autre site nous donne cette définition expliquée différemment que celle que le Larousse propose :
La radicalisation est un processus par lequel une personne adopte des positions toujours plus extrêmes sur les plans politiques, sociaux ou religieux pouvant aller jusqu’au recours à la violence extrême pour atteindre ses buts. Elle peut s’opérer dans les groupes les plus divers : des organisations politiques ou religieuses aux mouvements endoctrinant (sectes, groupes djihadistes), en passant par les bandes de hooligans ou les groupes extrémistes de droite ou de gauche.[15]
Le plan global de sécurité et de la prévention de la Région de Bruxelles-Capitale nous propose cette définition tirée d'un autre ouvrage de Farhad Khorskhavar sociologue :
est un processus par lequel un individu ou un groupe adopte une forme violente d'action, directement liée à une idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l'ordre établi sur le plan politique, social ou culturel[16]
Donc, la différence première entre la définition de radical et de radicalisation est le fait que l'un désigne une position tandis que l'autre est un processus. Dans le cas de radical, il y a vraiment l'idée que l'individu souhaite une transformation qui lui semble nécessaire alors que dans le cas de radicalisation, l'individu adopte une idéologie extrême. Donc toute radicalisation passe par une forme de radicalité tandis que tout ce qui est radical n'est pas une radicalisation.
Si la radicalisation est un processus, elle comporte alors plusieurs étapes ou du moins s'appuie sur différents facteurs : structurels, psychologiques, sociaux et contextuels. Dans le travail de recherche[12] cité plus haut , l'auteur en identifie certains. Il nous semble important de nous y pencher car comprendre les facteurs de risques permet de mieux intervenir et accompagner les individus concernés. Ignorer l'existence de ces facteurs de risques réduit les possibilités d'accompagnement adapté. Voici un tableau synthétique des facteurs présents dans le travail de recherche :
| Catégorie | Facteurs |
| Contextuels | Ségrégation, surpopulation, chômage,inégalités sociales,marginalisation, processus globaux |
| Push factors | Impulsivité, recherche de sensations fortes, émotions, injustices,insécurité,besoin d'identité ou de reconnaissance |
| Pull factors | Promesse,sentiment d'appartenance, sécurité, impression d'avoir un rôle important, idéologie justifiante |
| Catalyseurs | Événements déclencheurs : traumatismes,ruptures, violences subies influencent des groupes. |
Les facteurs contextuels rassemblent les conditions sociales, économiques et politiques. Ils sont à la fois globaux ou structurels. Ils échappent au contrôle de l'individu. Souvent, ils nourrissent un sentiment d'injustice. Les push factors rassemblent plusieurs mécanismes psychosocio ou encore des dynamiques plus individuelles. Ils rendent les individus plus vulnérables à la radicalisation, ce sont vraiment des ressentis individuels et sociaux. Les pull factors renvoient à l'offre que les groupes peuvent proposer et qui répond aux demandes et besoins des individus. L'idéologie sert généralement de point de départ et donne un cadre de justification. Et pour finir, les catalyseurs peuvent être vus comme ayant le rôle de déclencheur chez l'individu. Il s'agit souvent d'éléments marquants qui modifient la vision de l'individu.[12]
1.4 définition d'extrémisme
[modifier | modifier le wikicode]Même si les deux notions d'extrême et d'extrémisme sont proches, ils n'ont pas tout à fait la même signification. Il nous semble donc important d'également définir ce terme afin de se rendre compte de la distinction qu'il peut avoir entre les deux.
Le Larousse nous propose cette définition :
Comportement politique consistant à défendre les positions les plus radicales d'une idéologie ou d'une tendance.[17]
Le conseil de l'Europe nous propose cette définition pour l'extrémisme violent :
l'extrémisme violent consiste à promouvoir, encourager ou commettre des actes pouvant mener au terrorisme et qui visent à défendre une idéologie prônant une suprématie raciale, nationale, ethnique ou religieuse ou s’opposant aux valeurs et principes fondamentaux de la démocratie. [18]
Un autre site nommé la toupie nous propose cette définition :
L'extrémisme est la tendance à adopter une attitude, une opinion extrême, radicale, exagérée, poussée jusqu'à ses limites ou à ses conséquences extrêmes. Ces opinions extrêmes peuvent servir de fondements théoriques qui prônent le recours à des moyens extrêmes, contraires à l'intérêt général, voire agressifs ou violents.[19]
Ce même site nous explique que l'extrémisme peut également servir pour définir une idéologie ou encore une doctrine et que celui-ci possède plusieurs domaines. En effet, les extrémistes ont des comportements bien arrêtés sur certaines questions. Pour eux, ils pensent connaitre la vérité absolue sans se remettre en question, nous pouvons donc parler de dogmatisme.[19]
La théorie de l'action situationnelle pour expliquer l'extrémisme
[modifier | modifier le wikicode]Ce travail de recherche[12] que nous avons mobilisé à plusieurs reprises, propose d'analyser l'extrémisme à travers la théorie de l'action situationnelle. Cette approche constitue un cadre explicatif permettant de comprendre pourquoi certaines personnes commettent des actes criminels, y compris des formes d'extrémisme violent, tandis que d'autres dans des conditions similaires, ne le font pas.
La théorie de l'action situationnelle[20] (TAS) est une théorie générale explicative utilisée en criminologie. Elle est développé par Per-Olof H. Wikström et est initialement utilisée pour expliquer la criminalité. Cette théorie part du postulat que la criminalité est avant tout une forme particulière d'action morale. Pour être plus précis, la criminalité est un comportement intentionnel qui viole les règles morales inscrites dans la loi.[21] Elle s'appuie sur deux dimensions complémentaires: le modèle situationnel et le modèle social.
Voici ce qu'on nous dit pour le modèle situationnel[20] :
La TAS comporte un premier modèle, dit situationnel, qui analyse les causes directes du crime en se focalisant exclusivement sur le moment de l'action et sur le rôle joué par la situation. Celle-ci correspond à l'interaction entre l'individu et l'environnement immédiat dans lequel il commet un passage à l'acte.
Pour le modèle social[20] voici ce qu'on nous explique :
Le modèle situationnel de la TAS met en lumière les raisons pour lesquelles certains individus, percevant le crime comme une option possible, passent à l'acte dans un environnement donné. Toutefois, il ne rend pas compte des processus sous-jacents qui conduisent à l'émergence des causes du passage à l'acte. C'est pourquoi la TAS intègre également un second modèle appelé modèle social ou sociodéveloppemental. Ce dernier s'intéresse aux causes indirectes du crime en analysant les facteurs situés en amont du moment de l'action.
Donc selon cette théorie, le passage à l'acte résulte d'une interaction entre deux éléments qui sont la propension individuelle à violer la loi et l'exposition à des environnements favorable à ce type d'action. Un passage du travail de recherche nous dit ceci:
Wikström définit le crime comme «des actes qui enfreignent les règles morales au sens de la loi». C'est ce que toutes les formes de criminalité ont en commun. Selon cette définition, le focus reste sur la rupture de la règle morale (telle que définie dans la loi) et non sur la règle morale elle-même[12]
Nous pouvons alors faire un lien avec l'extrémisme violent, pour que celui-ci soit possible, il est important de considérer l'extrémisme comme un comportement criminel. Il est possible de l'analyser comme une forme de violation intentionnelle des règles morales facilitées par certaines conditions situationnelles. Cette approche peut aider à comprendre le passage à l'acte et les facteurs qui favorisent ce passage. De plus, cette perspective permet d'expliquer donc non seulement le passage à l'acte, mais aussi la formation progressive d'attitudes et de justifications morales qui le rendent possible.[12]
La théorie de l'action situationnelle repose sur quatre concepts qui s'articulent autour du processus "perception-choix".
Nous avons d'abord la propension individuelle. Elle correspond à la moralité personnelle, c'est-à-dire ce qu'un individu considère comme acceptable ou innacceptable, et à sa capacité d'autocontrôle. D'après les données empiriques analysées par Khalfa dans son article "Right-wing extremism and its determinants : a theoretically integrative approach", une faible capacité d'autocontrôle, couplée à des convictions morales plus tolérantes envers la violence accroît significativement le risque d'adhésion à des idéologies extrémistes.[22]
Le second point, est celui de l'exposition environnementale. Il fait référence aux normes morales prévalentes dans l'environnement et au degré de leur application effective. Autrement dit, à la manière dont les règles morales en vigueur sont réellement appliquées et respectées dans un environnement donné. De plus, un individu est plus susceptible de s'engager dans des actes extrémistes lorsqu'il évolue dans des contextes où ces comportements sont tolérés, encouragés ou valorisés.
Le troisième point est l'interaction entre la propension et l'exposition. L'effet de ces deux dimensions détaillées plus haut, est interactionnel. Par exemple, un environnement propice ne produira pas nécessairement des comportements extrémistes si l'individu n'a pas la propension à les adopter. A l'inverse, une forte propension ne débouchera pas automatiquement sur un passage à l'acte si l'exposition à un environnement extrémiste reste faible. En d'autres termes, c'est la combinaison de ces deux facteurs qui augmente significativement la probabilité d'un engagement extrémiste. Dans cette optique, la prévention de la radicalisation suppose d'agir simultanément sur le développement de la propension par l'intermédiaire de l'éducation morale, de l'inclusion sociale et sur la limitation de l'exposition, en réduisant par exemple l'accès aux contextes extrémistes que ce soit en ligne et hors ligne.
Le quatrième et dernier concept est celui de l'existence de facteurs plus distants pouvant être nommé les causes des causes. Il s'agit de déterminants structurels ou biographiques tels que l'éducation, les inégalités socio-économiques, les discriminations. Ces facteurs en tant que tels, ne provoquent pas directement un comportement extrémiste. L'influence de ces derniers est indirecte, ils modifient la propension individuelle. Par exemple en fragilisant les barrières morales ou en favorisant l'adhésion à des idéologies justifiant la violence.
Ainsi, des inégalités structurelles ou des expériences répétées de discrimination peuvent affaiblir la légitimité perçue des normes et des institutions. Ce qui a pour conséquence de rendre les alternatives radicales plus attractives. Cependant, des trajectoires marquées par des opportunités éducatives, des relations sociales positives et une justice perçue comme équitable va voir tendance à réduire à la fois la propension et l'exposition. Comprendre ces facteurs plus distants permet donc de comprendre pourquoi certaines populations sont plus à risques face à la radicalisation.[12]
1.5 Définition du dogmatisme
[modifier | modifier le wikicode]Selon le Larousse, voici la définition de dogmatisme :
Attitude philosophique ou religieuse qui, se fondant sur un dogme, rejette catégoriquement le doute et la critique.[23]
Le site la toupie nous propose cette définition :
Le dogmatisme est le caractère de doctrines qui présentent leurs affirmations comme des vérités fondamentales, incontestables et intangibles, sans esprit critique. Le plus souvent dans le domaine politique ou religieux (dogmes), ces doctrines peuvent, dans certains cas, être imposées par la force.[24]
Ces deux définitions convergent vers l'idée que le dogmatisme implique un rejet systématique du doute, de la remise en question et de toute critique d'une croyance ou d'un principe considéré comme la seule vérité possible. Cette posture fige donc les convictions en certitudes absolues, considérées comme allant de soi, sans nécessiter de justification rationnelle ou empirique. Dans cette perspective, l'extrémisme peut être compris comme une forme exacerbée du dogmatisme. Il repose sur l'adhésion inconditionnelle à une idéologie perçue comme unique et indiscutable. De surcroît, il tend à exclure toute possibilité de dialogue ou de compromis avec des positions divergentes.
Les réseaux sociaux
[modifier | modifier le wikicode]Les réseaux sociaux sont apparus dans les années 2000[25]. Ils sont des applications que nous retrouvons sur le web ou encore sur nos smartphones. Ceux-ci permettent d'effectuer de nombreuses fonctions comme la messagerie, les appels, ou encore la création et le partage de contenus. Ils ne sont pas qu'utilisés pour des aspects de loisirs ou de relations sociales mais aussi dans les milieux professionnels comme le réseau LinkedIn.
Un réseau social désigne un site web ou une application offrant à ses membres la possibilité de créer une page personnelle pour partager et échanger des informations, des photos ou des vidéos avec un réseau d'utilisateurs, ainsi que de consulter leurs publications. Cette définition englobe des plateformes numériques aussi variées que eBay, Wikipédia, LinkedIn, Youtube, Twitter, Ask ou encore Snapchat. Le plus connu d'entre eux est Facebook et possède de multiples usages comme le partage, l'expression, la rencontre ou même le jeu.[26]
Ils permettent de mettre en relation des individus du monde entier puisque ceux-ci sont pour la plupart internationaux. Ils sont donc également destinés à permettre des rencontres d'individus via des groupes ou encore des rencontres amoureuses comme avec Tinder par exemple.
Voici un récapitulatif de différentes catégories de réseaux sociaux qui existent [27]:
- Divertissement
- Commerce
- Messagerie
- Professionnel
- Microblogging, forum
Certains des réseaux sociaux se retrouvent dans plusieurs catégories puisqu'ils couvrent de nombreuses fonctionnalités. La catégorie principale de Twitter est celle du Microblogging puisque l'un de ses principes est de publier des postes avec un nombre de caractères limités. Twitter se retrouve également dans le divertissement tout comme TikToK puisqu'il y a moyen de regarder des vidéos. Comme twitter est utilisé pour la publicité, nous pouvons le classer dans le commerce. Nous le retrouvons pareillement dans la messagerie puisqu'il est aussi utilisé pour envoyer des messages instantanés. De plus, l'application Twitter possède un grand réseau de professionnels qui l'utilisent régulièrement, cela permet de la catégoriser dans le type professionnel.
Avec cette liste non exhaustive que nous retrouvons dans cet article[28] , nous nous rendons bien compte qu'il existe une grande diversité de réseaux sociaux et souvent ceux-ci possèdent des bases communes qui sont: la création d'un profil, partage de contenu , l’interaction par les likes et communication entre utilisateurs.
Dans le cadre de notre travail de fin d'étude, nous nous retrouvons dans l'obligation de sélectionner des réseaux sociaux afin de fournir une analyse plus complète sur notre sujet. De plus, il n'est pas possible pour nous de nous attarder sur chacun des réseaux sociaux. Et c'est entre autre pour cette raison que nous nous sommes limités à TikTok et X anciennement twitter.
Les jeunes et les réseaux sociaux
[modifier | modifier le wikicode]Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la vie quotidienne des jeunes et des jeunes adultes. Pour beaucoup d'entre eux, ces plateformes numériques constituent à la fois un espace de divertissement, un outil de communication et un lieu d'expression personnelle. Ils sont utilisés quotidiennement pour entretenir des liens avec des amis, des proches, découvrir de nouvelles communautés, partager des contenus ou même s'informer sur l'actualité. En ce sens, les réseaux sociaux sont devenus des outils incontournables tant pour l'épanouissement personnel que pour la construction identitaire.[25]
De ce fait, ces plateformes numériques participent activement à la socialisation des jeunes, processus que nous allons désormais interroger à l'aune des sciences sociales. D'autre part, nous nous posons la question, "comment les réseaux sociaux participent- ils à la socialisation des jeunes?"
Qu'est-ce que la socialisation?
Avant de répondre à cette question, il est pertinent pour nous de prendre un temps pour définir ce que signifie le concept de socialisation. La définition que nous avons apprise lors de notre cursus scolaire, nous explique que la socialisation est un processus d'apprentissage qui se fait à travers nos groupes de pairs primaire et secondaire. Cela est donc un processus par lequel un individu va intégrer des normes et des valeurs via ses groupes de pairs.
La socialisation doit être envisagée comme un processus permanent qui accompagne les individus tout au long de leur existence. On distingue traditionnellement la socialisation primaire de la socialisation secondaire. La première correspond à la période de l'enfance et s'opère en premier lieu au sein de la famille. Elle constitue l'instance principale et son rôle est déterminant dans la formation de l'identité sociale. L'école constitue une autre instance centrale de cette socialisation. Selon Emile Durkheim, cette socialisation méthodique de la jeune génération par la génération adulte permet de transmettre les normes et valeurs qui forment le socle commun de la société. L'enfant se socialise également de manière plus informelle au contact du groupe de pairs. La socialisation secondaire, quant à elle s'appuie sur les acquis de la socialisation primaire, les prolonge et peut parfois les transformer. Elle permet aux adultes de s'intégrer à des groupes spécifiques comme le travail ou des associations par exemple. Chaque individu étant ainsi socialisé aux différents rôles sociaux et statuts qu'il occupera au fil de sa vie. Bien qu'elle soit particulièrement intense durant l'enfance, la socialisation n'est donc jamais achevé car ses effets demeurent provisoires et peuvent toujours être remis en question.[29]
Pour répondre à cette question: "comment les réseaux sociaux participent-ils à la socialisation des jeunes? Il est pertinent de souligner que nous allons y répondre en parlant des jeunes en période d'adolescence. Cette période, particulière qui est l'adolescence est une phase importante dans le développement. Elle s'accompagne de nombreux changements qui ont des effets plus au moins grands sur le jeune. Les groupes de pairs prennent lors de cette période une place plus importante.
Les réseaux sociaux aident les adolescents dans leur socialisation parce qu'ils contribuent à :
- La construction de soi: cette construction s'effectue par l'adolescent à travers les autres. Les jeunes ont besoin d'avoir l'approbation des autres afin de se construire, de s'affirmer et de profiter . Nous trouvons cette forme d'approbation sur les réseaux sociaux, ceux-ci permettent d'avoir un espace propre à chacun où nous pouvons partager aux autres ce que nous faisons.
Les réseaux sociaux sont pour les adolescents un lieu où combler leur désir d’extimité (désir de se montrer et se dévoiler aux autres) accompagnant la construction identitaire. Serge Tisseron, psychiatre, définit le désir d’extimité comme étant le fait de divulguer des fragments de soi (pensées, photos, vidéos), dont la valeur est encore incertaine, afin de les faire valider par son entourage, ou par les réactions d’autres internautes. [26]
- Créer et garder des liens avec les groupes de pairs. Les groupes de pairs, lors de la période de l'adolescence, jouent un rôle crucial: appartenance à un groupe, compréhension des codes, premières expériences,... Les réseaux sociaux permettent aux jeunes de rester en contact plus facilement avec leurs amis et de rencontrer d'autres jeunes, leurs groupes de pairs. Ils offrent la possibilité de communiquer et de partager avec eux à tout moment.
- L'apprentissage des codes de la vie en société, en effet les réseaux sociaux étant pour tout le monde, il faut alors les considérer comme un espace public. Il y a donc un apprentissage via les réseaux sociaux des codes, des règles et des comportements à avoir afin de respecter les autres. [26]
Ces espaces numériques permettent aux jeunes d'avoir le sentiment d'appartenance à un groupe, ou encore de partager du contenu et des idées importantes pour eux, ils peuvent également exprimer leurs avis sur des sujets qui leur tiennent à cœur ou encore se renseigner sur ces mêmes sujets. Les réseaux sociaux contribuent ainsi à la formation de leur identité, au renforcement de leur opinion et aussi à, la diffusion de leurs convictions auprès de nombreux utilisateurs. Les réseaux sociaux offrent une liberté d'expression plus grande . [25]
Cependant, tout n'est pas positif sur les réseaux sociaux. En effet, ceux-ci suscitent de nombreuses inquiétudes et questionnements face à certaines problématiques comme l'anxiété qui peut naitre de leur utilisation, la pression sociale, les addictions pour les réseaux ou encore du harcèlement en ligne que nous pouvons nommer cyberharcèlement. Derrière un écran, il est pour certain plus facile de dénigrer ou de propager des mauvaises idées via des trends par exemple ou encore des discours de haine. Ils viennent également nous interroger sur notre rapport aux autres et à nous-mêmes. [25]
Un extrait d'un article vient confirmer ce que nous avançons lorsque nous parlons des problématiques que nous pouvons retrouver sur les réseaux sociaux :
La course aux likes, à la reconnaissance par les autres de leur appartenance au groupe tout autant que de leur singularité, risque parfois de se heurter à la réalité : désintérêt d’une publication, commentaires négatifs, moqueries… et peut engendrer un profond sentiment de solitude. Ce que les réseaux leur renvoient peut les rendre vulnérables, fragiliser leur estime d’eux-mêmes. La connexion permanente englue ceux qui subissent déjà humiliations et insultes à l’école. La violence ne s’arrête plus aux portes de l’école, elle perdure quel que soit le lieu. Difficile alors de reprendre son souffle, de se sentir à l’abri une fois à la maison.[30]
Ces plateformes nous viennent nous interroger sur notre rapport à l'image de soi mais pas. C'est donc pour cette raison que nous nous posons cette question:
"Les réseaux sociaux façonnent-ils notre perception de nous ou ne font-ils que renforcer une logique déjà présente que nous pouvons retrouver à travers les films, les publicités ou encore dans la culture populaire?".
Un article[31] vient répondre à notre question en disant ceci :
L’estime de soi des adolescents, liée à la perception de leur corps, est réellement influencée par les standards de beauté véhiculés par les médias. L’importance donnée à l’image corporelle n’est pas récente, mais le phénomène s’est considérablement amplifié avec les réseaux sociaux. Réduire l’espace entre les cuisses et/ou perdre du poids très rapidement sont des défis relayés par certaines plateformes, accentuant les troubles du comportement alimentaire (TCA).
Afin de poursuivre notre travail de recherche, nous allons nous intéresser aux réseaux que nous avons décidé d'analyser TiktoK et Twitter.
TikTok
[modifier | modifier le wikicode]Pour rappel, voici une définition du réseau social TikTok anciennement Musical-y :
L’application Tik Tok rencontre un énorme succès auprès des enfants, pré-adolescents et adolescents. Il s’agit d’une application ludique de type réseau social. Tik Tok permet d’interagir avec ses amis un peu comme on le fait avec Facebook, Instagram, Snapchat. Mais la fonction principale de Tik Tok est l’échange de vidéos: des vidéos de playback, à la manière d’un karaoké. En effet Tik Tok permet de se filmer (souvent en selfie) sur un morceau de musique célèbre, en dansant, reproduisant les chorégraphies des clips, en imitant les chanteurs. Tout en ajoutant des effets spéciaux ou filtres afin de rendre les vidéos très attrayantes.[32]
Le fonctionnement de TikTok
[modifier | modifier le wikicode]Le fonctionnement de TikTok se base sur la consommation de vidéos courtes. Le principe est simple, vous regardez une vidéo et puis vous glissez votre doigt vers le bas afin de voir défilez les autres vidéos. L'application propose une infinité de vidéos courtes et dynamiques ce qui favorise une consommation rapide et cela peut expliquer le côté addictif que le réseau social peut avoir. Les utilisateurs passeraient plusieurs heures par mois dessus. [33]
L'algorithme sur TikTok
[modifier | modifier le wikicode]Dans un premier temps, il nous semble important de comprendre l'algorithme des petites définitions :
Un algorithme est la description d'une suite d'étapes permettant d'obtenir un résultat à partir d'éléments fournis en entrée. Par exemple, une recette de cuisine est un algorithme permettant d'obtenir un plat à partir de ses ingrédients! Dans le monde de plus en plus numérique dans lequel nous vivons, les algorithmes mathématiques permettent de combiner les informations les plus diverses pour produire une grande variété de résultats : simuler l'évolution de la propagation de la grippe en hiver, recommander des livres à des clients sur la base des choix déjà effectués par d'autres clients, comparer des images numériques de visages ou d'empreintes digitales, piloter de façon autonome des automobiles ou des sondes spatiales, etc.[34]
Ce même article précise que pour qu'un algorithme fonctionne sur un ordinateur, il faut l'exprimer dans un langage informatique. Celui-ci peut prendre différente forme comme celle d'un logiciel ou encore d'une application. [34]
Comme vu lors du cours de sociologie du numérique[35], il existe différent type d'algorithme.
- Le premier type est celui que nous pouvons nommer le "classique" qui est déterminé par des règles écrites programmées par des humains. L'algorithme dans ce cas-ci applique des instructions fixes et prévisibles données par les instructions.
- Le second type d'algorithme est celui qui va apprendre tout seul. Nous pouvons le nommé l'algorithme à " apprentissage automatique". Il est alors capable de s'adapter et d'apprendre seul à partir de données récoltées sur internet. Dans ce cas-ci le programmeur ne donne pas toutes les instructions et les règles à suivre mais donne un objectif. L'algorithme découvre par lui-même. On retrouve ce type d'algorithme avec chatgpt par exemple. C'est ce que nous pouvons appeler le modèle de la boîte noire, même pour les concepteurs il devient difficile d'interpréter et de comprendre les processus.
L'algorithme de recommandation de TikTok est Monolith, il est développé par ByteDance. Il repose sur l'intelligence artificielle et utilise plusieurs outils open sources dont Keras et TensorFlow. Kesar une bibliothèque conçu pour interagir avec des réseaux neuronaux et un apprentissage automatique profond tandis que TensorFlow lui est une plateforme d'apprentissage automatique utilisée par l'application. Les deux logiciels sont des outils open source. L'algorithme de TikTok est pensé et capable d'analyser en continu les diverses interactions des utilisateurs afin d'adapter les suggestions de contenu en fonction des centres d'intérêt de chaque utilisateurs. De plus, celui-ci se base également sur le temps de visionnage des vidéos des utilisateurs. Monolith est un algorithme personnalisé . L'une des différences avec les autres algorithmes des autres réseaux sociaux est le fait qu'il est capable de s'adapter pour chaque utilisateur grâce à son apprentissage en ligne. [36]
Selon certaines hypothèses diffusées par un jeune youtubeur , Il existerait sur la plateforme une sorte de système de points attribués en fonction de différents facteurs et critères . Plus une vidéo obtiendrait un score élevé plus elle reviendrait dans le fils d'actualité des utilisateurs. Cette hypothèse pourrait se rapprocher des informations données par un témoignage anonyme cité dans un article du New York Times. En effet, cet article avancerait l'existence d'une formule explicative sur le fonctionnement de TikTok.
L'objectif principal de TikTok est d'augmenter son nombre d'utilisateurs quotidien actifs, c'est ce qui ce nomme le "Daily Active Users "(DAU). L'élément central utilisé pour atteindre cet objectif est la rétention c'est-à-dire la capacité à maintenir l'engagement des utilisateurs sur la durée. Le système de recommandation de TikTok jouerait un rôle déterminant dans cette stratégie de rétention.
D'après cette même sources du New York times , l'algorithme favoriserait les créateurs de contenus avec une plus ou moins importante communauté de fidèles. Il est possible d'affirmer que le réseau social TikTok est capable de comprendre ce qui plait aux utilisateurs , tout en continuant de montrer du contenu qui plait l'application propose également de varier le fils de recommandation avec du nouveau contenu afin d'éviter la lassitude des utilisateurs toujours dans l'objectif de maximiser la rétention. Donc l'algorithme de TikTok nous apparait comme un système complexe et sophistiqué conçu dans l'objectif principal de la plateforme: le Daily Active Users. Il est donc possible de conclure en disant que les vidéos qui ressortiraient le plus seraient celles produites et publiés par les créateurs disposant dune communauté fidèle[37] .
Un article[38] vient appuyer les dire de la vidéos youtubes en disant ceci :
On y apprend que l’algorithme de TikTok a acquis une fine compréhension de la nature humaine : notre tendance à nous ennuyer et notre sensibilité à des signaux culturels. L’algorithme de TikTok est particulièrement sensible à deux variables : le temps de visionnage des vidéos et la rétention de l’utilisateur, c'est-à-dire la capacité à le faire revenir vers TikTok. En quelques heures, TikTok comprends nos goûts musicaux et nos attirances physiques.
Quelques chiffres:
[modifier | modifier le wikicode]TiKtoK est considéré comme la vedette des réseaux sociaux chez les jeunes de 16 à 24 . Mais les réseaux sociaux ne sont pas utilisé à la même fréquence en fonction des âges des utilisateurs. Chez les jeunes de 16 à 18 ans TikTok est utilisé par 78 % des jeunes selon cette l'enquête qui regroupe une population de 4715 personnes âgées entre 16 et 39 ans. Le pourcentage chez les jeunes de 19 à 21 ans est lui un peu plus bas puisqu'il est de 71%. En revanche Instagram et Snapchat restent devant Tiktok pour ces mêmes tranches d'âges. Il est également important de souligner que les réseaux sociaux ne sont pas utilisés de la même manière en fonction du genre des individus. D'après cette même enquête, il y aurait plus de femmes (49 %) qui utilise TikTok que d'hommes ( 46,6 %).[39]
L'extrémisme et Tiktok
[modifier | modifier le wikicode]L'ouvrage sur l'extrémisme et les discours de haine sur TikTok de l'Institute for Strategic Dialogue (ISD) nous révèle que la plateforme constitue un espace important pour la diffusion de contenus haineux et extrêmes. Cette étude repose sur l'analyse de pas moins de 1030 vidéos provenant d'environ 491 comptes. Ces comptes promulguaient des idéologies d'extrême droite, des théories complotistes ou encore des discours discriminatoires visant des minorités particulières sur la base de critères tels que l' appartenance religieuse, l'origine ethnique, le genre. Ces contenus s'insèrent souvent dans des formats courts et ludiques (mèmes, musiques ou tendances virales) facilitant donc leur circulation et réduisant la vigilance des spectateurs. L'ISD souligne que plus de 80 % des contenus identifiés comme extrémistes étaient encore accessibles au moment de la publication en 2021. Cela témoigne un décalage entre la vitesse de propagation de ce type de contenu et la capacité de modération de la plateforme.[40]
Le mémoire de Boucher confirme ce phénomène par le biais de son observation de terrain sur la plateforme. L'auteur a créé un compte TikTok vierge, sans historique ni interactions afin d'observer la manière dont l'algorithme façonne l'affluence de contenus à partir du comportement de l'utilisateur. Au début de l'expérience, le compte a été exposé à des vidéos aux thématiques diverses et variées, avec une proportion modérée de contenus politiques. Les interactions comme le fait de liker une vidéo, de commenter ont été limitées afin de ne pas biaiser les recommandations.
Après une courte période, Boucher a observé un changement dans la nature de ses recommandations. Sa "For You Page" s'est remplie de contenus de plus en plus polarisés. Il est exposé à des contenus controversés sous un angle conflictuel. Les thématiques des contenus deviennent de plus en plus homogènes centrées sur des critiques des institutions politiques et médiatiques, tout en introduisant des récits complotistes. Malgré l'interaction minimale de l'utilisateur avec ces vidéos, la proportion de ce types de contenus a nettement augmenté.
Ce que l'auteur met en évidence, c'est une forme de processus cumulatif où l'algorithme interprète chaque interaction comme un signal de préférence, et ajuste donc en conséquence le contenu proposé à l'utilisateur. Les contenus les plus émotionnellement chargés, souvent porteurs d'idéologies radicales, tendent à être priorisés car ils génèrent un engagement élevé. Ce qui a pour effet de renforcer encore plus leur présence dans les recommandations. Par un effet de répétition, le compte se retrouve plongé dans un environnement où les informations sont homogènes. Les discours extrêmes en plus d'être fréquents, deviennent banalisés par le biais de leur coexistence avec des contenus de divertissement.
Boucher conclut que TikTok, en combinant sa logique algorithmique et ses formats participatifs, est en mesure de faire évoluer un profil initialement neutre vers un environnement qui est marqué par des contenus extrêmes. Ce processus ne s'appuie par sur une exposition massive dès l'entrée sur la plateforme, mais par le biais d'une série d'ajustements progressifs des recommandations. Ces ajustements viennent peu à peu diminuer la diversité des perspectives et accroitre la présence d'une idéologie unique.[41]
En partant de ces constats, nous pouvons faire un lien avec l'ouvrage et la théorie de Philip N. Howard. Dans New Media Campaigns and the Managed Citizen, il décrit comment les technologies de communication numérique façonne les citoyens via la collecte de données et la personnalisation des messages. Au coeur de ce dispositif se trouvent les campagnes d'hypermédias. L'auteur décrit ces dernières comme des environnements de communication multimodaux, c'est-à-dire comprenant du texte, des images, du son, de la vidéo et des liens d'interactions, qui intègrent des contenus politiques filtrés selon les préférences de l'utilisateur. Ces hypermédias ne sont pas seulement des canaux qui sont riches sur le plan technique, ils organisent l'accès à l'information de manière non linéaire et filtrée. Cela a pour effet de produire des sphères privatisées où l'exposition aux idées concurrentes est limitée et où l'engagement est façonné par des choix techniques et algorithmiques.
Howard introduit également la notion de "thin citizenship". Ce terme provient du vocabulaire informatique, le "thin client" est un terminal dépendant entièrement d'un serveur central pour fonctionner. Quand cette définition est appliquée à la participation politique, il désigne un citoyen dont l'implication est réduite à des actions rapides, fragmentées et peu informées. Signer une pétition en ligne, partager une vidéo, liker des contenus militants sont des exemples de "thin citizenship". Ces gestes purement symboliques viennent créer une impression d'engagement sans exiger une compréhension approfondie des enjeux, ni un investissement durable. Sur TikTok, ces interactions viennent influencer l'algorithme et orientent le flux d'informations. Dans le contexte de l'extrémisme, ce processus est particulièrement problématique. Car de simples signes d'intérêt pour un contenu polarisé vont faire fonctionner l'algorithme et exposer l'utilisateur, sans qu'il s'en rende forcément compte, à un seul registre idéologique.
Enfin, le sociologue explique que les choix techniques des créateurs des plateformes ne sont pas neutres et vont favoriser certains types de communication politique et en limiter d'autres.[42] Quand on applique cela à TikTok, cela signifie que les formats courts, les effets visuels et sonores ne sont pas simplement des outils. Ils structurent la manière dont les messages sont perçus, mémorisés et répliqués par les individus. Ce cadre technique invite les utilisateurs à reproduire et diffuser du contenu. En général, cela est inoffensif mais cela permet également à des idéologies extrêmes d'être partagées et de s'ancrer dans des pratiques créatives collectives comme avec le mouvement redpill par exemple.
X anciennement Twitter
[modifier | modifier le wikicode]Créé en 2006 sous le nom de Twitter, le réseau social a été renommé X depuis son rachat par Elon Musk en octobre 2022. Cette plateforme constitue un espace d'observation particulièrement intéressante pour analyser les logiques de radicalisation et d'extrémisme en ligne. A l'origine, le site a été conçu comme un réseau social de "microblogage" permettant de publier des messages de 140 caractères appelés "tweets", aujourd'hui limités à 280 caractères. Twitter s'est rapidement imposé comme une plateforme de référence pour le débat public et diffusion d'information. [43]
Le fonctionnement de la plateforme repose sur un fonctionnement d'abonnement unilatéral, on peut suivre un utilisateur sans que ce dernier nous suive en retour. Cela signifie qu'un utilisateur populaire comme un homme politique ou un influenceur tendance peut être suivi par des millions de personnes sans suivre personne en retour. Il en découle donc une relation asymétrique entre l'auteur du message et son audience.
L'algorithme de X
[modifier | modifier le wikicode]L'algorithme de recommandation de X repose sur l'apprentissage automatique et utilise des bibliothèques open source comme TensorFlow et PyTorch. Son objectif est de sélectionner, parmi des millions de tweets potentiels, ceux qui apparaîtront dans l'onglet "Pour vous", dans l'optique de maximiser l'engagement de l'utilisateur.[44]
L'objectif de X à l'instar d'autres réseaux sociaux, est de maximiser le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens. Il faut donc maintenir l'utilisateur connecté le plus longtemps possible et l'inciter à revenir. Pour y parvenir, l'algorithme alterne entre contenus familiers provenant des comptes suivis par l'utilisateur et des découvertes de nouveaux contenus susceptibles d'attiser la curiosité afin d'éviter la lassitude.[45]
Quelques chiffres :
[modifier | modifier le wikicode]Selon cet article de la rtbf[46], le nombre d'utilisateur sur X aurait baissé depuis qu'Elon Musk possède le réseau social. Le réseau social a vu une perte de 23% des utilisateurs aux Etats-Unis mais cette baisse d'utilisateur s'observe également dans le monde entier, le chiffre en 2024 était de 175 millions d'utilisateurs ce qui représente donc une perte de 15% par rapport à l'année précédente.
Cette baisse du nombre d'utilisateurs actifs de l'application mobile X peut être due à la frustration des utilisateurs face à des contenus flagrants, à des problèmes techniques généraux de la plateforme et à la menace croissante des plateformes de vidéos de courte durée[46]
Selon un autre article[47], les estimations du nombre d'utilisateurs de X dans le monde en 2024 était de 415 millions mais le nombre actif mensuel, lui est de 335 millions d'utilisateurs dans le monde. Selon cette recherche Twitter aurait effectivement un nombre d'utilisateurs actifs moins grand que les années précédentes. Mais le réseau social continuerait selon des prédictions à avoir des nouveaux utilisateurs. Cette légère progression du nombre d'utilisateur fait que X continue de croître.
Le plus grand nombre d'utilisateur de X anciennement twitter se situe aux Etats-Unis avec 106 millions d'utilisateurs en avril 2024. Le second pays qui a le plus grand nombre d'utilisateurs sur le réseau social est le Japon suivi de l'inde. [48]
Selon un graphique[49] des réseaux sociaux les plus populaire dans le monde en janvier 2025, X se retrouve bien bas tandis que Tiktok lui se retrouve au dessus dans le graphique. Nous pouvons donc supposer, que ce réseau social n'est pas celui qui est le plus utilisé mais reste cependant pertinent à analyser.
Un article de janvier 2025 [50]présente le public le plus actif de Twitter comme étant la tranche d'âge des 35-44 ans suivi de près par les 25-34 ans et puis par les 18-24 ans. Les hommes sont également plus nombreux sur la plateforme que les femmes. Le profil avec le plus d'abonnés est celui d'Elon Musk avec 169 millions d'utilisateurs qui le suivent.
Les utilisateurs de la plateforme de X sont principalement des hommes cela vient confirmer ce qu'affirme l'autre article . Le principal public d'utilisateurs du réseau social est des jeunes adultes entre 18-34 ans selon un article de juin 2025. X ne possède donc pas un public principalement adolescent .[47]
L'extrémisme sur X
[modifier | modifier le wikicode]Depuis sa création, X occupe une place centrale dans les dynamiques de communication politique en ligne. Etant une plateforme de microblogage, elle combine des caractéristiques qui en font un environnement propice à la visibilité et à la diffusion rapide de contenus produits par des acteurs politiques et militants, y compris ceux issus de la droite radicale et extrême. Les caractéristiques techniques de la plateforme comme les hashtags, retweets, le fil d'actualité permettent une circulation accélérée de l'information, mais aussi une mise en réseau immédiate entre des individus partageant des orientations idéologiques similaires.[51]
Les études anthropologiques réalisées par Bareither, Harder et Eckhardt insistent sur la nécessité de comprendre X comme une infrastructure socio-technique. C'est-à-dire un ensemble mêlant technologie (algorithmes, interface, fonctionnalités) et pratiques sociales influençant la manière dont les "vérités" politiques sont produites, mises en circulation et reconnues comme légitimes. Dans ce contexte, la vérité n'est pas seulement définie par la correspondance avec des faits objectifs, mais aussi par des critères tels que sa capacité à provoquer des émotions, à s'intégrer dans des récits collectifs et à quel point elle peut être compatible avec une vision du monde propre à la communauté qui la partage. Ainsi, elle est le produit de pratiques situées se construisant au quotidien par l'usage des fonctionnalités de la plateforme au sein d'une culture numérique spécifique, et souvent en opposition aux médias traditionnels.[52]
Froio et Ganesh, dans leur analyse de la transnationalisation des discours d'extrême droite, s'appuient sur le concept de "awareness system". On peut le traduire en "système de conscience". Ce concept est utilisé pour décrire le rôle de X dans la mise en relation d'acteurs politiquement dispersés car il permet à ses utilisateurs de rester continuellement informés des activités, prises de positions et mobilisations de leurs pairs même s'ils sont éloignés géographiquement. Sur X, cette fonction se traduit notamment par la circulation instantanée des contenus signalant ainsi des évènements ou en partageant des positions politiques. L'usage stratégique des hashtags peuvent également fédérer une visibilité collective autour d'un simple mot-clé et créer un espace de discussion transfrontalier. De plus, des évènements sporadiques comme des incidents instrumentalisables, des mobilisations locales peuvent être relayés à l'échelle internationale.
Les auteurs montrent dans leur article que cette interconnexion n'engendre pas pour autant une homogénéisation complète des discours. La majorité des interactions restent confinées dans les espaces nationaux, mais certaines thématiques agissent comme des catalyseurs de diffusion transnationale. Parmi ces thématiques, Froio et Ganesh en distinguent deux particulièrement, l'anti-immigration et l'économie nativiste. La première est souvent articulées à des récits civilisationnels où l'immigration est présenté comme une menace culturelle et sécuritaire pour l'Occident en appuyant sur les différences religieuses et culturels. La seconde, promeut l'idée d'une protection économique des citoyens "de souche" contre les effets de la mondialisation et des politiques migratoires. Ce concept de "système de conscience" permet donc à X d'agir comme une infrastructure d'alerte et de coordination où les évènements nationaux peuvent être réinterprétés et intégrés dans un récit global partagé par des extrêmes.[51]
Une étude développée dans l'article "Algorithmic amplification of politics on Twitter" montre que la hiérarchisation des contenus par les systèmes de personnalisation de X influence significativement la visibilité des messages politiques. L'expérience a été menée dans sept pays et a concerné a peu près deux millions de comptes actifs. Le résultat est que dans six pays sur sept, les partis de droite modérée à conservatrice bénéficient d'une amplification algorithmique plus importante que leurs semblables de gauche. Concrètement, cette amplification se traduit par un accroissement du nombre d'utilisateurs exposés aux messages de ces partis. Les auteurs nous explique que cette asymétrie ne résulte pas nécessairement d'une intention explicite de favoriser une orientation politique particulière. Ils soulignent que les algorithmes optimisent avant tout l'engagement mesurable, c'est-à-dire les likes, retweets, clics et que certains contenus ou modes de communication peuvent générer davantage de réactions. Cela nous démontre que la droite populiste est adepte de ces modes de communication. L'effet de cette optimisation est une visibilité accrue pour des messages articulant dans de nombreux cas, des positions populistes voir hostiles à l'immigration.
Il est important de préciser que l'étude n'apporte pas de preuve que l'extrême droite en tant que telle bénéficie d'un traitement de préférence par rapport aux partis modérés. Elle nous montre que la combinaison entre des stratégies de discours polarisantes et la logique algorithmique de maximisation de l'engagement peut indirectement amplifier la diffusion de récits politiques portés par certains acteurs. Dans un environnement où la concurrence pour l'attention est si forte, l'amplification algorithmique constitue un levier majeur pour les politiques capables de produire un contenu à forte charge émotionnelle et fédératrice.[53]
L'analyse de X comme un espace de communication politique met en évidence son rôle structurant dans la diffusion et la légitimation des discours d'extrême droite. Trois dimensions apparaissent particulièrement importantes. D'abord, la plateforme doit être comprise comme une infrastructure socio-technique. C'est-à-dire qu'elle est loin d'être un simple outil neutre. Elle façonne et légitime ce qui est considéré comme la "vérité" en politique. Dans ce contexte, ce ne sont pas les faits qui priment mais l'émotion et l'appartenance communautaire. Ensuite, la plateforme agit comme un système de conscience transnational. Elle est capable de relier rapidement des communautés dispersées autour de thématiques fédératrices comme par exemple l'anti-immigration. Enfin, les dynamiques algorithmiques d'amplification tendent à accroître la visibilité des discours populistes lorsqu'ils exploitent des thématiques émotionnelles et polarisantes. X n'est donc pas seulement un espace de circulation de l'information, mais aussi un dispositif de production et de mise en forme du politique. Des logiques techniques, discursives et émotionnelles s'entremêlent et font de la plateforme un terrain privilégié pour comprendre les processus contemporains de radicalisation et de normalisation des extrêmes dans l'espace public numérique.
Analyse croisée entre les deux plateformes
[modifier | modifier le wikicode]En croisant nos recherches sur TikTok et X, nous pouvons mettre en évidence une série de points communs, tout en révélant des différences dans la manière dont ces logiques se déploient. Plutôt que d'opposer les deux plateformes, il apparaît plus pertinent de les envisager comme deux variations d'un même phénomène. Celui de la circulation et la normalisation des discours polarisés au sein de nos espaces numériques.
Les deux plateformes reposent sur des systèmes algorithmiques conçus pour maximiser l'engagement. Ces derniers privilégient automatiquement les contenus capables de susciter des émotions fortes et de générer des interactions rapides comme des likes, des partages, des commentaires. Cette logique entraîne une visibilité accrue des contenus radicaux, non pas par choix idéologique des plateformes, mais parce que ceux-ci répondent particulièrement bien aux critères de viralité. Dans les deux cas, les utilisateurs sont exposés à un espace informationnel homogénéisé limitant la confrontation à des points de vue divergents.
TikTok à l'instar de X contribuent à la banalisation des discours extrémistes, mais par des mécanismes légèrement différents. Sur Tiktok, la proximité entre contenus de divertissement et contenus idéologiques réduit la pensée critique et familiarise les utilisateurs avec des idées extrêmes intégrés dans des formats ludiques et viraux. Sur X, plateforme de microblogging, cette banalisation se passe davantage par la répétition et la visibilité publique de certains thèmes à l'écrit. Ces derniers finissent par apparaître comme des éléments légitimes. Dans les deux cas, les extrêmes s'inscrivent progressivement dans l'espace numérique.
Une différence notable réside dans les profils d'utilisateurs. TikTok attire un public majoritairement de jeunes adolescents en quête de divertissement, d'identification et d'appartenance. Cette audience est plus vulnérable à la banalisation des discours extrêmes circulant au milieu de contenus ludiques et humoristiques. X, en revanche rassemble un public plus politisé composé d'acteurs institutionnels et journalistes. L'exposition aux extrêmes peut y être plus directe et recherché dans un cadre de débat ou de confrontation idéologique.
La notion developpé par Howard de "thin citizenship" s'applique aux deux plateformes. L'engagement est fragmenté et souvent superficiel. Sur TikTok, il prend la forme de petits gestes (liker, reproduire une tendance) qui orientent l'algorithme sans réelle conscience politique.[42] Sur X, on peut également retrouver ces mêmes pratiques sous la forme du partage d'un hashtag par exemple. Les deux réseaux produisent donc un engagement qui oscille entre consommation passive et politisation partielle sans pour autant garantir une compréhension approfondie des enjeux.
Bien que ces réseaux sociaux soient différents dans leur conception, ils aboutissent au même résultat. Accroître la visibilité et la légitimité des discours extrémistes. TikTok joue un rôle de socialisation implicite, où les jeunes intègrent progressivement des représentations radicales dans leur univers quotidien. X, de son côté, fonctionne comme un espace de confrontation numérique où les discours extrêmes circulent, se confrontent et se renforcent par le biais de la dynamique communautaire. Ensemble, ces deux logiques contribuent à la normalisation des extrêmes dans l'espace public numérique.
Quelques concepts:
[modifier | modifier le wikicode]La récupération politique sur les réseaux
[modifier | modifier le wikicode]Avec l'essor des réseaux sociaux, les stratégies politiques de communication ont profondément évolué. Des plateformes comme X et TikTok sont devenus des outils précieux de mobilisation, de persuasion et de mise en scène du politique. Ce phénomène s'inscrit dans une dynamique plus large que l'on peut nommer la récupération politique.
La récupération politique désigne le processus par lequel un acteur politique s'approprie un thème, un support ou une esthétique de la culture populaire dans l'optique d'en tirer un bénéfice électoral ou idéologique. Ce type de stratégie transforme des formats en principe non politiques comme des mèmes, des hashtags, des vidéos, des influenceurs en des outils d'influence. [54]
Les réseaux sociaux sont devenus des terrains stratégiques pour les politiques du monde entier. Les partis comme par exemple le Rassemblement national, y mettent en œuvre des stratégies de communication ciblant directement des jeunes publics. Ces derniers sont souvent peu politisés ou éduqués sur la question du politique. Des plateformes telles que TikTok valorisant les formats courts et engageant offrent l'opportunité d'atteindre une audience par le biais de vidéos virales qui ne pourrait être atteinte via les médias traditionnels. De plus, l'instantanéité des réseaux sociaux permet de créer un sentiment de lien et de proximité avec son public, levier essentiel lorsqu'il s'agit de convaincre.[55]
Dans ce contexte, une stratégie malhonnête et insidieuse mais qui semble de plus en plus fréquente a émergé, l'astroturfing. Ce terme provient de AstroTurf, géant du gazon synthétique en Amérique. Il désigne la simulation d'un soutien populaire spontané, alors qu'en réalité, c'est une opération orchestrée. Selon Kovic, Rauchfleisch, Sele et Caspar, il s'agit d'une activité politique fabriquée, trompeuse et stratégique, initiée de manière descendante par des acteurs politiques sur Internet, qui imite des actions spontanées émanant d'individus autonomes.[56]
Les formes que peut prendre l'astroturfing sont diverses, bots, sock puppets (faux profils, comptes fictifs gérés manuellement). Mais aussi des mobilisations coordonnées de sympathisants. Ces dispositifs sont utilisés pour créer artificiellement l'apparence d'un engouement, d'un consensus ou d'une nouvelle tendance populaire. Cette illusion a un effet direct sur la perception de la légitimité d'une idée ou d'un candidat.
L'article "Poisoning the Well : How Astroturfing Harms Trust in Advocacy Organizations" de Walker et Le met en lumière les conséquences sociopolitiques de cette pratique sur la confiance des individus dans les organisations citoyennes et le débat démocratique. Par le biais de deux enquêtes, les auteurs montrent que la révélation d'une campagne d'astroturfing ne nuit pas seulement à l'organisation qui a eu recours à cette méthode, mais affecte également l'ensemble du secteur y compris ceux qui ne sont pas impliqués. L'astroturfing comme un poison vient dégrader la confiance envers les formes d'expression citoyennes perçues jusque-là comme authentiques. Cela vient ainsi alimenter le cynisme politique et la démobilisation.[57]
En somme, loin d'être une simple stratégie déloyale de communication, l'astroturfing constitue une forme de manipulation politique qui fragilise les fondements de la démocratie participative en brouillant la distinction entre engagement sincère et une mobilisation construite de toutes pièces. De plus, lorsqu'elle est révélée au grand jour, elle vient saper la crédibilité des acteurs politiques aux yeux du public.
Polarisation sur les réseaux sociaux
[modifier | modifier le wikicode]Le concept de polarisation nous vient d'un philosophe hollandais Bart Brandsma. L'auteur qui théorise le concept est un homme possédant de nombreuses figures. En effet, Bart Brandsman aide et effectue de nombreuses tâches diverses. Il travaille donc pour la police ainsi que pour la vie publique ou encore pour des enseignants. Il exprime ne pas être pour ou contre la polarisation, il souligne juste l'importance d'y faire attention afin d'éviter que cela devienne incontrôlable. Pour lui, il est important de distinguer la grande différence entre un conflit et la polarisation. Dans un conflit, il y a ce qu'il nomme les "propriétaires des problèmes": ce sont les individus qui impliquent les autres dans leur conflit. Dans la polarisation, ce sont les individus qui décident s'ils s'impliquent là-dedans. Il y a vraiment cette idée que pour la polarisation, c'est une question de choix qui vient uniquement de l'auteur alors que dans le conflit, ce n'est pas toujours le cas.
Dans sa définition de polarisation, il nous propose trois lois pour caractériser le concept :
- Une construction mentale: il utilise l'image fictive du "nous" et "eux". C'est une opposition entre des réalités sociales existantes. La polarisation vient à exister lorsque les différences sont interprétées comme des caractéristiques essentielles et permanentes des groupes. Elle nait lorsque les groupes sentent leurs identités mises en danger.
- Le besoin d'entretient
- constant: la polarisation a besoin d'être nourrie constamment pour continuer d'exister.
- Une dynamique émotionnelle: le concept est régi par des processus affectifs. Cela a pour effet de limiter les arguments rationnels ou factuels. Parfois, il est possible de contrer les arguments objectifs avec des théories du complot et autres pour continuer à faire vivre la conviction.
Dans son modèle, Bart Brandsma imagine et conceptualise les rôles des individus que nous pouvons retrouver dans une situation polarisée:
| L'incitateur (the pusher) | L'incitateur est convaincu d'avoir raison. Pour lui, ce qu'il croit est légitime et ce que pense les autres est invalide. |
| L'adhérent (the joiner) | L'adhérent accepte ce que l'incitateur dit parce qu'il pense que ce qu'il pense doit être entendu mais ce n'est pas pour autant qu'il accepte tout ce qu'il avance. |
| Le silencieux (the silent) | Souvent ce groupe ne prend pas parti mais l'incitateur fait en sorte de les faire adhérer a ce qu'il croit. L'objectif de l'incitateur est que la majorité le suive et ce même dans le silence. |
| Le bâtisseur de pont ( The bridge-builder) | Son rôle est de réduire les tensions et les divisions. Le bâtisseur tente de maintenir le dialogue entre les différents camps, celui-ci peut même aller à inventer des récits fictifs. |
| Le bouc émissaire | lorsque la situation devient critique, les individus dans aucun groupe sont pris pour cible par les camps.[58] |
La polarisation est un concept de plus en plus mobilisé dans les recherches sur les réseaux sociaux. Ce concept possède de nombreuses nuances, ce qui en fait un therme complexe à définir. Cette polarisation serait une sorte de division de la population par rapport à leurs idées ou encore leurs opinions. Il y a donc une idée de division et de création de groupes qui partageraient les mêmes idées. Le Radicalisation de l'union Européenne nous propose cette définition:
un processus où les groupes de la société deviennent adversaire lorsqu’il y a une division psychologique prononcée entre “eux et nous”. L’aliénation et les confrontations s’accroissent, ce qui engendre un climat politique où les préjudices, les discours de haine et même les crimes de haine prolifèrent [59]
Nous pouvons distinguer plusieurs types de polarisation:
- Idéologique: prise de position politique en fonction de nos convictions et de nos situations. Par exemple, la droite et la gauche.
- sociale: séparation dans la population face aux situations personnelles et identitaires des individus. Par exemple, par rapport au genre ou encore à l'orientation sexuelle.
- affective: ressentiment émotionnel divergent en fonction des opinions et idées que les individus soutiennent. Il y a donc une intensification des sentiments positifs envers son groupe et une intensification des sentiments négatifs envers les groupes opposés.
Il existe différentes façons de mesurer la polarisation. Tout d'abord, il est important d'évaluer le type de polarisation afin de savoir ce que nous devons observer pour proposer une analyse pertinente face à ce que nous recherchons. Les techniques de mesure peuvent être les mêmes mais en fonction de ce que nous recherchons nous ne nous arrêtons pas sur les mêmes détails.
Par exemple pour mesurer la polarisation idéologique, il est possible:
- d'analyser les partis et les votes des individus via un questionnaire
- d'observer des statistiques [60]
Aujourd'hui, dans notre monde, les réseaux sociaux sont devenus une source de divulgation de faits divers et d'opinions en tous genres. N'importe qui peut publier et republier des post sur ces plateformes, ce qui peut poser problème en matière de désinformation et de faux contenus (fake News). On y retrouve tous types d'opinions politiques ainsi que des contenus dit clivants, susceptibles de provoquer des conflits.[61]
Lors du cours de sociologie du numérique à travers un article proposé par l'enseignante[62], nous avons observé que les réseaux sociaux est l'un des premiers médias d'information pour les jeunes. Pour certains, il est devenu le seul moyen d'information même si ce pourcentage datant de 2018 semble faible, il n'en reste pas moins inquiétant. En effet, comme expliqué dans le paragraphe ci-dessus sur les plateformes, il existe la diffusion de "fake news", de rumeurs et des contenus de désinformation. Parmi, les individus qui divulguent sur la toile des fausses informations, il y en a qui le font volontairement avec des mauvaises intentions. dans ce cas-ci le danger est d'autant plus grand. Il n'y a pas que les jeunes qui seraient touchés par ce phénomène, ils ne seraient même pas les plus susceptibles à tomber dans la croyance des désinformations des contenus sur les réseaux sociaux. Mais pour certains jeunes, il est important de s'informer sur ces plateformes numériques afin de rester à la page avec les autres et ne pas créer un décalage entre eux.
Il existerait une différence dans le profil des jeunes ayant un accès à l'information et des jeunes ayant plus facilement accès à la désinformation. Selon l'article, les jeunes les plus susceptibles de croire à la désinformation seraient ceux issus de milieux populaires n'ayant pas spécialement accès à des études supérieures et ayant une éducation moins critique avec les sources d'information utilisées. On se retrouverait donc face à un problème de manque d'éducation par rapport au traitement de l'information. Evidemment, ce que l'article avance reste une généralité et n'est pas une réalité pour tous les jeunes issus des milieux plus défavorisés.
L'une des problématiques de ces opinions et de ces désinformations vient aussi du fonctionnement des réseaux sociaux. L'algorithme peut plonger le fil d'actualité des jeunes dans cette boucle de contenus problématiques. En effet, si un jeune like ou commente des publications avec des opinions dérangeantes, celles-ci risquent de revenir régulièrement. Cela risque de créer des bulles de filtres ainsi que des chambres d'écho et donc d'augmenter le risque de polarisation. [62]
De plus, les réseaux sociaux diffusent également des contenus sortis de leur contexte, ce qui participe à l'augmentation des tensions entre différents groupes d'individus. Tout le monde peut commenter comme il l'entend sur les réseaux, parfois même anonymement. Certes, il existe un bouton permettant de signaler un contenu, mais cela ne garantit pas la disparition de tout contenu diffamatoire.
Ainsi, les réseaux sociaux sont régulièrement perçus comme jouant un rôle dans l'aggravation des dynamiques de polarisation. Cette polarisation que l'on retrouve sur les réseaux sociaux n'est pas celle que nous retrouvons dans la vrai vie. En effet, bien souvent les individus ont des opinions moins prononcées dans leur vie de tous les jours que sur les plateformes numériques. Mais l'une des plus grandes problématiques à propos de la diffusion d'idées, d'opinions et de désinformation créent chez les utilisateurs moins de sensibilités et moins d'empathie pour les autres. De plus, ce genre de contenu participe à renforcer les opinions problématiques chez les individus. Donc, il y a une normalisation sur les réseaux sociaux de contenus problématiques et cela peut avoir des conséquences graves. [61]
Il existe des solutions variées pour contrer ou au moins diminuer la polarisation. Les solutions proposées ne sont pas parfaites parce que le sujet de la polarisation sur les réseaux sociaux commence à se faire connaitre mais la connaissance envers le sujet n'est pas parfaite pour de nombreux gouvernements locaux en Europe. Le concept n'est pas encore clair pour de nombreux individus et comprendre toutes les dynamiques autour de celui-ci n'est pas évident. Donc, dans un premier temps, il est important et pertinent de mieux faire connaitre le concept de polarisation pour mieux saisir ce que cela englobe et proposer des solutions durables. [63]
Bulle de filtres, chambres d'écho et clôture informationnelle
[modifier | modifier le wikicode]1.1 Les bulles de filtres
[modifier | modifier le wikicode]Parmi les mécanismes numériques favorisant la polarisation des opinions, le concept de bulle de filtres est important à comprendre. Il a été introduit par Eli Pariser dans son ouvrage "The Filter Bubble : What the Internet Is Hiding from you". La bulle de filtres désigne le processus algorithmique par lequel les plateformes personnalisent les contenus visibles selon les préférences supposées de l'utilisateur. Cela est fait en analysant nos historiques de navigation et nos interactions avec les contenus (commenter, liker, partager). Ensuite, les algorithmes de recommandation de nos plateformes finissent par nous enfermer progressivement dans un univers sur-mesure. Cette personnalisation presque poussée à l'extrême est optimisée pour maximiser notre engagement et par extension rapporter de l'argent aux détenteurs desdites plateformes. Cette personnalisation a pour conséquence de réduire la diversité des points de vue auxquels les utilisateurs sont exposés et finissant par les enfermer dans une réalité construite sur-mesure. Dans ce cadre, l'individu est moins confronté à des idées contradictoires, ce qui peut faciliter l'engagement idéologique en particulier chez les jeunes utilisateurs, qui sont moins souvent conscients des logiques algorithmiques à l'oeuvre.[64]
Pariser attire particulièrement l'attention sur les risques démocratiques liés à cette personnalisation. Il explique que la menace politique des bulles de filtres réside dans leur capacité à individualiser l'accès à l'information, particulièrement en période électorale. Le ciblage des algorithmes permet de diffuser des messages politiques segmentés à des électeurs qualifiés de "pouvant être persuadés". Ces derniers sont ce qu'on appelle des "swing voters", ce terme désigne une personne qui n'est pas fermement attaché à un parti ou une idéologie et dont le vote peut varier d'une élection à l'autre. L'objectif est donc d'atteindre ces électeurs particuliers tout en excluant potentiellement une partie de la population de toute communication politique. Dans un monde qui serait entièrement personnalisé, certains individus pourraient ne pas être conscients de l'existence d'une campagne politique en cours. L'objectif de Pariser est de nous montrer le risque de dislocation du débat public où chacun accéderait à une version différente et fragmentée de la vie politique.[65]
Cette dynamique est d'autant plus préoccupante qu'elle affaiblit le rôle des médias traditionnels notamment dans leur fonction de garde-fous démocratiques. Par exemple, si les journalistes ne correspondent pas aux profils ciblés par les algorithmes, ils peuvent être exclus du flux informationnel. Rendant donc plus difficile la vérification des messages de campagne. Cela a pour conséquence de créer un environnement propice à la circulation de fausses informations et à la manipulation émotionnelle en partageant du contenu sensationnel.
Enfin, Pariser souligne que la personnalisation ne fragmente pas seulement les canaux de diffusion. Elle transforme la nature même des messages politiques. Ceux-ci ne visent plus à présenter une vision cohérente et globale d'un programme, mais se réduisent à des promesses sur-mesure pour toucher un tranche d'électorat bien précis. Les utilisateurs sont d'autant plus réceptifs à des messages qui confirment leurs opinions préexistantes. Par conséquent, la personnalisation ne se contente pas de refléter les préférences individuelles, elle les renforce et les radicalise potentiellement. Tout en appauvrissant la qualité du débat en accentuant les divisions idéologiques.[65]
Parisser a souligné les effets néfastes des bulles de filtres sur le débat public, d'autres chercheurs comme Longxuan Zhao propose une vision plus nuancée de ces dynamiques. Ce dernier a démontré que les bulles de filtres peuvent également fonctionner comme des espaces protecteurs et communautaires, notamment pour des groupes marginalisés. Par le biais d'une étude menée auprès d'hommes homosexuels sur la plateforme chinoise Zhihu, Zhao a mis en évidence la manière dont ces utilisateurs perçoivent positivement la personnalisation des algorithmes. Pour ces derniers, les bulles de filtres agissent comme une protection, filtrant ainsi les contenus potentiellement hostiles à leurs égards et facilitant l'accès à des communautés LGBTQ en ligne autrement peu visibles dans l'espace public.[66]
Ce point de vue vient mettre en tension la vision de Pariser. La pluralité de l'information, pierre angulaire du discours démocratique peut être perçue comme menaçante par certains groupes marginalisés.
1.2 Les chambres d'écho
[modifier | modifier le wikicode]Les chambres d'écho constituent à l'instar des bulles de filtres un mécanisme central dans le processus de polarisation politique sur les réseaux sociaux. Ce concept désigne un environnement informationnel dans lequel un individu est principalement exposé à des opinions, des idées ou croyances similaires aux siennes, ce qui tend à renforcer ses convictions préexistantes.[67]
Selon les travaux menées par Hobolt, Lawall et Tilley, les environnements idéologiquement homogènes, c'est-à-dire des espaces dans lesquels les individus ne sont exposés qu'à des opinions similaires aux leurs, tendent à accentuer de manière significative la polarisation affective (hostilité envers le camp opposé) ainsi que la polarisation politique (radicalisation des opinions). Les auteurs nous montrent, à la suite d'une expérience de terrain en ligne, qu'une discussion politique entre personnes partageant la même orientation idéologique renforce non seulement l'adhésion au parti d'origine, mais intensifie également l'hostilité envers le parti adverse. Ce qui n'est pas le cas lors de discussion en groupes mixtes. Cette dynamique, dans laquelle la répétition d'informations renforce à la fois le sentiment d'appartenance et le rejet des points de vue divergents, s'avère particulièrement préoccupante dans un environnement numérique où la personnalisation algorithmique tend à favoriser le regroupement d'utilisateurs au sein de sphères fermées. Ces différentes observations renforcent l'idée que les chambres d'écho ne sont pas simplement des espaces de confort idéologique, mais des catalyseurs actifs de la radicalisation politique en ligne.[68]
Ainsi, bien que distincts dans leur fonctionnement, les mécanismes de bulles de filtres et des chambres d'écho convergent dans leurs effets. Ils favorisent un appauvrissement du débat public, une réduction de l'exposition à des discours divergents, et à une polarisation accrue des opinions. Ce repli informationnel, qu'il soit induit par des logiques algorithmiques ou par des choix conscients, interroge la capacité des réseaux sociaux à soutenir un fonctionnement démocratique fondée sur la confrontation d'idées. Comprendre ces phénomènes ne revient donc pas seulement à saisir des logiques techniques ou sociales, mais à mesurer comment les technologies de l'information modèlent nos manières de penser le politique, de dialoguer avec autrui et de faire société.
1.3 Clôture informationnelle
[modifier | modifier le wikicode]En plus des notions développées plus haut, il nous semble pertinent de nous pencher sur le concept de clôture informationnelle afin de mieux comprendre comment des individus peuvent s'engouffrer dans des idéologies extrémistes. La clôture informationnelle est un concept qui a été théorisé par Bougnoux dans son ouvrage la communication contre l'information et il permet d'aller au-delà de l'explication algorithmique pour notre travail.
Elle désigne la tendance des individus à sélectionner activement les informations qui confirment leurs opinions initiales, tout en écartant celles qui pourraient les contredire. Ce phénomène ne dépend donc pas uniquement de la personnalisation algorithmique, il découle également d'une tendance cognitive et sociale à rechercher des informations conformes à ses croyances initiales tout en évitant les contenus qui les remettent en cause.
La clôture informationnelle est souvent couplée à une clôture sociale, c'est-à-dire à une communication privilégiant un environnement homogène. On interagit principalement avec des personnes partageant les mêmes idées, ce qui vient conforter leurs positions initiales. L'articulation de ces deux dimensions alimente un triple enfermement.
Le premier aspect réside dans la méfiance vis-à-vis de l'information extérieure. Les individus en processus de radicalisation développent une remise en cause systématique des médias traditionnels, des institutions académiques ou des sources officielles. Ces dernières sont perçues comme biaisées, manipulées ou soumises à des intérêts cachés. Cette méfiance, entretenue par les discours complotistes, amène à considérer toute information issue de ces canaux comme suspecte, voire hostile. Les faits rapportés par des sources reconnues peuvent alors être rejetés au profit de récits produits par des acteurs perçus comme "authentiques", mais dont la fiabilité est rarement vérifiée.
Le deuxième point de ce triple enfermement renvoie à la fermeture de la pensée. Cela fait référence à l'adhésion à un système de croyances fermé conduisant à rejeter sur-le-champ tout contre-argument. Les éléments qui pourraient contredire la vision du monde adoptée par ces personnes sont interprétés comme des attaques, renforçant paradoxalement la conviction initiale. Ce mécanisme est proche du biais de confirmation et vient limiter toute remise en question. Cela a pour conséquence de rendre difficile la confrontation avec différents points de vue.
Le troisième et dernier aspect est celui de la structuration d'un groupe d'adhésion. L'isolement informationnel et cognitif s'accompagne souvent d'un renforcement identitaire au sein d'une communauté en ligne. Le groupe devient une référence centrale fournissant ainsi reconnaissance, soutien émotionnel et validation sociale. L'adhésion à ce collectif implique la reprise des codes et des références, ce qui vient créer une solidarité interne mais aussi une opposition envers l'extérieur. Cette dynamique consolide le sentiment d'appartenir à une élite éclairée face à une majorité "endormie" ou de "moutons".[69]
En définitive, les notions de bulles de filtres, chambres d'écho et de clôture informationnelle permettent de mieux comprendre comment l'environnement numérique peut contribuer à la polarisation et dans certains cas à la radicalisation idéologique. Si les deux premiers concepts renvoient à un processus et des logiques algorithmiques, la clôture informationnelle met en lumière des dynamiques où les choix individuels et les interactions sociales jouent un rôle central. Ces mécanismes, qu'ils soient induits par la technologie ou façonnés par des comportements humains, tendent à réduire la diversité des points de vue et à renforcer des convictions préexistantes. En créant des environnements informationnels homogènes pour leurs membres, ces dynamiques affaiblissent la confrontation d'idées et fragilisent le débat public. Cela peut même avoir comme conséquence d'ouvrir la voie à des formes de radicalisation, en particulier chez les publics les plus vulnérables aux discours extrémistes.
Prévention et solutions face à l'extrémisme sur les réseaux sociaux.
[modifier | modifier le wikicode]Plusieurs solutions peuvent être théorisées par rapport à l'émergence de l'extrémisme sur les réseaux sociaux. Les différents ouvrages sociologiques que nous avons utilisés lors de la rédaction de ce travail, nous permettent d'apporter des pistes de réflexion.
Les travaux d'Alava, Najjar et Hussein nous démontrent que l'absence d'une véritable éducation critique aux médias constitue un facteur clé de vulnérabilité. Les auteurs utilisent finement l'expression "digital naïfs" pour expliciter leurs propos :
Les jeunes n’ayant pas une véritable éducation à l’information et aux médias vont facilement se laisser convaincre. Les digital natives sont, bien souvent, des digital naïfs incapables de distinguer les informations objectives issues de sites officiels, d’articles scientifiques et les informations issues de sites conspirationnistes ou suprématistes.[69]
Cette fragilité cognitive favorise donc l'adhésion à des discours de rupture, voir conspirationnistes en raison d'une prétendue incapacité à faire la distinction entre sources fiables et contenus manipulatoires.
De ce point de départ, diverses mesures de préventions peuvent être théorisées comme par exemple, intégrer dans les programmes scolaires un enseignement sur l'identification des sources et la vérification des faits. Comme le note l'UNESCO dans son rapport Social Media and Radicalization of Youth in the Digital Age, cette éducation aux médias ne doit pas se limiter à une approche technique, mais viser aussi à développer une pensée critique et une forme de résilience face aux narratifs haineux.[69]
En complément, les travaux de Pauwels démontrent que la prévention ne peut être efficace qu'en combinant des interventions en ligne et hors ligne. La théorie de l'action situationnelle appliquée à la radicalisation insiste sur la nécessité de prendre en compte à la fois les contextes sociaux et les environnements numériques. De ce fait, les politiques préventives doivent ainsi travailler simultanément sur les vulnérabilités sociales, la cohésion communautaire et la communication en ligne.[20]
Par ailleurs, les différents ouvrages que nous avons utilisés soulignent le rôle central des plateformes et de leurs algorithmes dans la diffusion des contenus radicaux. Par exemple, le rapport HateScape met en lumière comment l'algorithme des réseaux sociaux contribue à l'exposition répétée à des contenus extrémistes.[40] Il pourrait être intéressant de développer des contre-discours pertinents et diffusés selon les mêmes logiques de viralité que les contenus extrémistes. Il s'agirait donc moins de censurer que de rééquilibrer la visibilité des contenus, afin d'empêcher la monopolisation des "For You Page" par des discours extrêmes.
Ces différentes perspectives montrent que la prévention de l'extrémisme sur les réseaux sociaux ne peut pas reposer sur un seul et unique levier. Elle suppose une articulation entre des facteurs diverses et variés. Autrement dit, prévenir la radicalisation en ligne implique de traiter simultanément les facteurs cognitifs, sociaux et technologiques favorisant la circulation des idéologies extrêmes.
Conclusion
[modifier | modifier le wikicode]Au terme de cette recherche, il apparaît que les réseaux sociaux, loin d'être de simples espaces de divertissement ou de communication, jouent un rôle structurant dans la diffusion, la normalisation et parfois la radicalisation de certains discours. L'analyse croisée de TikTok et de X a mis en évidence certaines convergences et spécificités dans leurs logiques et fonctionnement.
D'une part, les deux plateformes partagent un mécanisme commun. Leurs algorithmes privilégient les contenus qui suscitent des émotions fortes et un fort engagement, ce qui favorise la visibilité de discours polarisants et dans certains cas extrêmes. Ce biais n'est pas nécessairement idéologique mais découle plutôt d'une logique économique visant à maximiser l'attention des utilisateurs. Dans ce cadre, la répétition, l'homogénéisation de l'information et la mise en avant de contenus radicaux créent des environnements propices à la mise en place d'une clôture informationnelle.
Ces constats posent un enjeu majeur pour la jeunesse. L'adolescence et le passage à l'âge adulte sont des périodes de grande vulnérabilité identitaire et sociale. L'exposition répétée à des discours de haine ou de rupture, souvent sans contre-discours efficace, peut influencer durablement les représentations, les appartenances et les comportements. Cela interroge non seulement la responsabilité des plateformes mais aussi celle des acteurs éducatifs, sociaux et politiques. Il ne s'agit pas de diaboliser les réseaux sociaux, qui offrent également des espaces d'expression, de socialisation et de créativité pour les jeunes. Mais de reconnaître que leurs logiques techniques, économiques et sociales ne sont pas neutres et peuvent générer des effets néfastes. Les concepts de bulles de filtres, chambres d'écho et clôture informationnelle montrent bien que la polarisation en ligne ne se réduit pas cela à un phénomène individuel. Elle est le produit d'interactions entre algorithmes, comportements humains et dynamiques sociales.
Dès lors, la prévention de l'extrémisme sur les réseaux sociaux doit être envisagée de manière multidimensionnelle. Elle implique une éducation critique aux médias dès le plus jeune âge, un accompagnement social attentif, mais aussi une régulation plus transparente des plateformes numériques .
En conclusion, notre recherche confirme que TikTok et X, par leurs architectures et fonctionnements, constituent des espaces privilégiés de diffusion et d'amplification des discours extrémistes. Comprendre ces mécanismes est une étape essentielle non seulement pour enrichir la réflexion académique mais aussi pour outiller les travailler sociaux, enseignant et éducateurs. Dans l'optique d'accompagner les jeunes face à ces nouveaux risques. Ce travail invite donc à poursuivre l'exploration de ces enjeux afin de construire une réponse collective, à la fois critique et constructive aux défis que posent les extrêmes dans nos espaces numériques.
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